Coucou les mandragores !

Comme d'habitude, vous faîtes exploser les stats : plus de 2000 vues et +27 reviews en un chapitre. Sans compter les 41 personnes qui ont ajoutés la fic dans leurs favoris et les au moins 44 qui la suivent. Ce succès est complètement délirant et je vous remercie pur ça !

La dernière fois j'ai provoqué la haine en coupant le chapitre à un moment précis. Là je pense que vous allez m'adorer ^^

MamateYoru : Merci beaucoup *coeurs* Oh oui, Alex est un connard. Hé hé hé. Qui sait ce qui va se passer si jamais il revient dans l'histoire hein ? ;)))

JustePhi : Je veux cette ERB. Je need ! Je suis illégale, mais tu le sais ça ;))))))) Ils reviendront, ne t'inquiète pas. Je sais pas quand ^^

lina : Si j'ai le droit :p

Guest : Merci ^^ Et tu vas être satisfaite avec ce chapitre :)

Bonne lecture ! =D


Chapitre 5 : Soirée d'anniversaire

A peine le t-shirt d'Antoine était-il tombé à terre que déjà Mathieu laissait voguer ses mains sur la peau à disposition devant lui. Du bout des doigts, il effleura cette partie du corps qui lui était encore inconnue. Antoine, sensible, ne put retenir un premier gémissement plaintif. Il n'était pas habitué à ce que quelqu'un s'occupe de lui ainsi et déjà il se demandait s'il pourrait tenir debout plaqué contre le mur encore longtemps. En attendant, il savourait ce moment et ferma les yeux tandis qu'il recula légèrement la tête.

Le plus âgé, qui poursuivait ses explorations, arriva jusqu'aux tétons et constata avec joie que ceux-ci étaient dressés. Il s'y attarda, joua avec eux. Avec un index, il appuya légèrement dessus avant de tracer des cercles. Le gémissement d'Antoine se fit plus prononcé. Mathieu était frustré de ne pas pouvoir observer son visage extatique ! En attendant, il s'occupa de l'autre téton, qu'il embrassa tendrement. Puis il décida de jouer, donnant des coups de langue.

- Math' !

Antoine haletait à présent. Il avait de plus en plus chaud et il sentait son corps trembler sous l'émotion. Mais surtout, il se sentait serré au niveau de l'entrejambe. Mathieu, qui continuait à molester les tétons à loisir, sentit une bosse contre lui. Il s'arrêta et se recula un peu.

- Je t'en fais de l'effet !

- T-tu t'en étonnes ?

- Non, pas du tout. Laisse-moi t'arranger ça, mais avant…

Sa bouche continua son exploration, embrassant le reste du torse et le cou, tandis que les bras entourèrent la taille non sans une certaine pointe de possessivité. Le rythme était excessivement lent, faisant derechef gémir son amant qui se mit à lui supplier d'arrêter de lui faire subir un tel traitement.

C'étaient les mots qu'attendait avec impatience le plus petit.

Mathieu en était fier et souriait largement. Antoine, qui ne voulait pas rester inactif, s'empara à nouveau de ses lèvres mais ne put approfondir longtemps le baiser avant d'avoir le souffle coupé : les mains de Mathieu commencèrent leur descente, petit à petit. S'aidant de son bon sens, il finit par toucher la braguette d'Antoine. Il sourit en s'emparant de la fermeture éclair et en la baissant. Il ne pouvait voir l'air de son amant, mais il se doutait au vu de ses souvenirs des expressions faciales ce que son visage pouvait exprimer. Et cela lui plaisait.

- Mathieu ?

- Fais-moi confiance.

Les doigts continuèrent à voguer, entourant la taille du plus grand, écartant le jean qui tomba à terre. Alors Mathieu osa toucher la bosse qu'il sentait depuis tout à l'heure, qu'il désirait toucher depuis plusieurs longues minutes. La taille importante lui procura des frissons de plaisir et d'excitation : il se l'imaginait, tentait de se rappeler à quoi cela ressemblait, et surtout, savait déjà ce qu'il allait faire.

A travers le tissu, les caresses se firent douces, lentes. Un véritable supplice pour Antoine qui frissonnait tout autant et qui se retenait de trop gémir. Le petit ricanement qui lui parvint ne le trompa pas : Mathieu savait qu'il imposait un rythme bien trop lent depuis tout à l'heure exprès. Ce démon s'amusait à jouer avec ses nerfs ! Le diable ! Le fourbe ! Le...

- Aaaahhh !

Sans prévenir, Mathieu avait mis sa main dans le caleçon, s'emparant entièrement du pénis à disposition. La main, plus froide que le sexe, fit un contraste qui fit légèrement grimacer Antoine avant que la main commence à se mouver.

C'était toujours aussi lent, mais directement sous la peau, cela démultipliait les plaisirs et Antoine perdait pieds. Mais dans cette vague de plaisir qui lui faisait tourner la tête, une inquiétude refit surface.

- Mathieu, je n'ai jamais... Enfin personne ne m'a jamais fait ça !

Mathieu le regarda sans le voir et chercha à la rassurer. Antoine lui avait déjà avoué qu'il était toujours puceau, contrairement à lui qui avait déjà eu une relation assez sérieuse pour se vanter d'avoir de l'expérience. Cependant, cet écart ne le gênait pas et tout ce qu'il voulait, c'était faire plaisir à l'homme qu'il aimait.

- Antoine, je sais que tu n'es pas habitué, mais fais-moi confiance. Regarde-moi, chasse tes inquiétudes puis ferme les yeux et profite, juste profite.

Tandis que la main continua à bouger sur l'érection, l'autre vogua contre la nuque du plus jeune et il approcha sa tête. Ils s'embrassèrent mais ce baiser avait une signification particulière : rassurer et détendre Antoine. Mathieu se fichait de son inexpérience et voulait profiter de l'instant présent.

Ils rompirent le baiser et Mathieu ne laissa pas à son amant de répliquer. S'agenouillant, il s'occupa d'enlever le caleçon, libérant d'un poids la verge. Mathieu en profita pour explorer le corps, comme il aimait tant le faire.

Les doigts quittèrent le sexe pour se promener, voyageant sur les jambes, les fesses, le bas-ventre... Chaque centimètre de peau était une découverte, un nouveau territoire à découvrir et conquérir. Les doigts traçaient des cercles ésotériques, provoquant une tempête de frissons chez Antoine. Il adorait ces sensations. Comment Mathieu en le frôlant pouvait le rendre aussi fou de plaisir ?

Il s'accrocha au mur derrière lui, craignant de tomber à la renverse. Aucune de ses branlettes, aussi géniales furent-elles, n'arrivaient à un tel résultat. Et Mathieu n'avait encore rien fait ! Car le plus âgé faisait exprès d'éviter son pénis, s'occupant plutôt d'embrasser ses cuisses.

- Tes jambes sont délicieuses...

- Math' je... S'il te plait !

- Oui, Antoine ?

Ce dernier bougea son bassin, presque malgré lui. Il tremblait sous l'émotion. C'était plus qu'évident, mais Mathieu voulait jouer.

- O-occupe-toi d-de moi !

Les lèvres de Mathieu sourirent contre la peau.

- Tout de suite...

Les doigts voguèrent à nouveau contre le sexe, mais ils explorèrent d'une autre manière. Ils tâtèrent les bourses, les massèrent, en même temps que d'autres touchèrent la verge et la caressèrent tout le long en des vas-et-viens réguliers. Mathieu prenait son temps, mais surtout, il se fiait aux réactions d'Antoine pour déterminer comment continuer, où appuyer, où caresser. S'il gémissait plus lors du toucher sur une zone précise, alors il passerait plus de temps sur cet endroit pour rendre son homme encore plus fou.

Il ne décidait pas par lui-même ce qu'il allait faire, il improvisait sur ce que lui renvoyait Antoine. Mathieu en profitait pour apprendre ce qui lui faisait encore plus plaisir en même temps. Il ignorait s'il aurait agi autrement sans sa cécité, mais l'obscurité permanente qui voilait ses yeux lui permettait de mieux comprendre le plaisir de son partenaire.

- Math' je vais...

Refusant cette option, Mathieu retira ses mains, ce qui donna lieu à un grognement.

L'une des mains vint alors se plaquer contre une fesse, la massant, jouant avec cette chaire douce et moelleuse qu'il adorait toucher.

L'autre se fit serrer par celle d'Antoine. Ils s'échangèrent sans le savoir un sourire. Toujours, ce geste venait leur rappeler leur rencontre. Etait-ce pour cela qu'ils agissaient ainsi ? Peut-être.

Mathieu ne chercha pas à en savoir plus.

Il goba le sexe.

Entièrement, dans sa totalité.

Antoine ne put retenir un gémissement de plaisir plus important que les précédents.

Il découvrit que Mathieu maitrisait la technique de la gorge profonde. Il pouvait le faire alors qu'il n'avait eu qu'une seule aventure ? Son ancien amant avait eu une telle connaissance du sexe ?

Antoine ressentit de la jalousie comme de la honte : Mathieu en savait long sur le sexe et savait comment s'y prendre. Lui était un tel débutant ! Jamais il ne pourrait le satisfaire sexuellement comme Alex, Mathieu se lasserait, il le quittera !

Les premiers mouvements le firent cesser de réfléchir. Seul le plaisir de sentir les lèvres bouger et la langue jouer et lécher retint son attention.

- Putain Mathieu !

Mathieu qui augmentait toujours un peu plus le rythme de la fellation, conscient de l'effet qu'il produisait.

Il ne s'était pas attendu à ce que le pénis fut si important et il avait manqué de s'étouffer, mais heureusement pour lui, tout s'était bien passé. Les sons que produisait Antoine l'emplissait de fierté : c'était lui qui mettait son homme dans cet état, et pas cette pouf... cette Caroline qui avait osé dragué son Antoine sous ses yeux – façon de parler.

Le sexe frétilla dans sa bouche. Sentant que la délivrance était sur le point d'arriver, Mathieu serra les joues contre la verge qui palpita davantage. Antoine se cambra et dans un dernier cri, jouissait dans la bouche de son amant. Le plus âgé avala la semence même s'il la trouvait amère et après de derniers coups de langue, se recula et s'assit par terre. Il y avait longtemps qu'il n'avait pas taillé une pipe à quelqu'un et il avait adoré le faire sur Antoine. Ce dernier était tellement différent d'Alex ! Il se rendait compte qu'il préférait pratiquer le sexe avec son nouvel amant, il y prenait plus de plaisir, ressentait celui de son partenaire, et surtout, c'était plus tendre, plus doux. Maintenant qu'il commençait à expérimenter la chose avec quelqu'un d'autre, Alex n'était plus un si bon coup à ses yeux.

Antoine s'assit lui aussi par terre, un peu gêné par son jean et son caleçon, mais tellement heureux et encore sous le coup de l'émotion qu'il n'y fit pas vraiment attention.

- Wow c'était… Wow !

Mathieu sourit. Mais son propre bas-ventre lui faisait comprendre qu'il n'avait pas été de glace face à ce qu'il s'était passé ces dernières minutes et réclamait son attention. Le jeune aveugle ressentait le besoin d'être soulagé mais n'osait le demander à Antoine – il ne voulait pas le mettre mal à l'aise – et il se voyait difficilement demander où se trouvait la salle de bain pour se finir. Mais ça commençait à lui faire mal.

Pendant qu'il continuait à essayer de trancher ce dilemme, Antoine baissa les yeux pour découvrir la bosse qui déformait le pantalon. Il rougit.

- Mathieu, tu…

- Je ne suis pas insensible à ton charme. Ce qui ne doit pas te déplaire.

- Non.

Mathieu eut un hoquet de surprise quand il sentit une main contre son membre.

- Antoine ?

- C'est de ma faute si t'es dans cet état, autant que ce soit moi qui te soulage non ?

Très vite, Antoine défit la ceinture et baissa pantalon et caleçon avant de s'emparer du pénis durci. Mathieu sentit son impatience, ses hésitations et ses doigts parfois malhabiles. Il ne l'avait jamais fait sur une autre personne et cela se ressentait, mais malgré cela, il était capable de laisser échapper des frissons à Mathieu. Ce dernier entoura de ses bras le dos d'Antoine et posa sa tête contre le torse, où il pouvait étouffer les gémissements.

- C'est bon comme ça ? demanda un Antoine peu sûr de lui.

- Ou-oui… continue, plus vi-vite !

Encouragé, les va-et-vient se firent plus rapides. De son autre main, le plus jeune s'empara du visage de son copain et l'embrassa chastement avant de lui faire plein de bisous papillons partout sur le visage. Mathieu n'était pas très réceptif aux baisers et pour cause, le traitement qu'il subissait le rendait fou et il gémissait de plus en plus fort. Ses doigts s'enfoncèrent dans la chaire qui était à sa disposition mais avant qu'Antoine ait pu se plaindre, Mathieu jura, cria un « Antoine » de façon particulièrement débauchée et se déversa en même temps qu'il se cambra.

Le temps semblait s'être suspendu. Ils haletaient tous les deux, heureux et satisfaits. Antoine était content d'avoir pu faire plaisir à son Mathieu et surtout de l'avoir mis dans cet état : il semblait comme mou dans ses bras, et cela uniquement de par son action.

- T'es doué, réussit à articuler Mathieu après avoir repris un peu ses esprits.

- Pas vraiment, malheureusement.

- Arrête, regarde dans quel état tu m'as mis. Et puis ne t'inquiète pas, je t'apprendrai.

Le clin d'œil coquin du plus âgé fit rougir et sourire Antoine.

- T'as pas un mouchoir ?

- Si, attends.

Antoine se leva – et retira au passage son caleçon et son pantalon qui de toute manière étaient déjà presque enlevés pour ne pas tomber par terre – pour fouiller sur son bureau et trouver un paquet de mouchoir. Il en prit quelques-uns et s'essuya avec la main avant d'en donner à Mathieu qui enleva le sperme sur lui.

- Antoine ?

- Mathieu ?

- J'ai entendu les vêtements tomber quand tu t'es levé. Tu es à poil ?

- Euh bah oui.

Presque comme une fusée, Mathieu chercha à tâtons les vêtements et les cacha précieusement derrière lui.

- J'aime bien l'idée que tu sois nu. J'ai pas envie que tu te rhabilles. Pas du tout envie.

- Faudra bien que je le sois quand on ira au bar. Tu veux bien te lever ? J'ai quelque chose à te donner.

Devant son copain qui s'exécutait par curiosité, Antoine sourit tendrement et l'embrassa avant de le prendre dans ses bras. Mathieu comprit que c'était le cadeau et profita de ce moment. Surtout, savoir le plus jeune en tenue d'Adam contre lui procurait des frissons. Que c'était érotique ! Il en aurait presque une nouvelle érection.

- Math, tu n'as pas à te méfier de Caroline, je me fous d'elle.

Le susnommé en sursauta presque. Son visage était-il si expressif pour être aussi rapidement découvert ?

- Toine…

- Je ne te quitterai pas pour elle, d'accord ? C'est une garce, je m'en suis rendu compte. Et je me suis trop attaché à toi pour te laisser filer comme ça. Mais c'est mignon quand tu es jaloux.

- Je ne suis pas jaloux.

- Et les cochons volent.

- Depuis la brebis Dolly tout est possible.

- Tu tiens à avoir le dernier mot ?

- J'ai ton corps sexy et nu contre moi et à ma merci, comment veux-tu que je sois calme ? Je serai prêt à t'attacher au lit et à te faire subir plein de choses qui te feraient tout le temps juter.

- Prétentieux.

- Tentation ambulante.

Antoine éclata de rire et caressa les cheveux de son aimé.

- Et si la tentation ambulante t'emmenait au bar ? L'heure tourne et j'aimerais y être assez tôt.

- Quel est ton lien avec le patron ?

La question ne contenait aucune once de jalousie, mais uniquement de la curiosité.

- Je me rhabille, on sort d'ici et je te raconte tout, d'accord ?

- Ok.

Cinq minutes plus tard, les deux adolescents se trouvaient à marcher dans la rue. Mathieu avait enroulé un bras autour de celui d'Antoine et ils marchaient lentement, ce dernier faisant attention au plus âgé.

- Le patron est quelqu'un de ta famille ?

- On peut dire ça. Mes parents ont divorcé quand j'avais dix ans. Je suis fils unique et je n'avais pas de frère ou de sœur avec qui partagé cette peine. Alors une fois, quand j'ai assisté à une nouvelle dispute de mes parents à propos du partage de leurs biens, je suis parti de chez moi. Comme ça, sans avoir prémédité, sans savoir où aller. J'ai marché et pleuré, je n'allais vraiment pas bien. Et j'ai fini par percuter un parfait inconnu. Bien sûr, il m'a engueulé pour ça, mais quand il a vu mon état, il a arrêté et a cherché à me raccompagner chez moi. Mais je refusais, je ne voulais pas revoir mes parents se déchirer, alors il m'a emmené dans son bar et m'a offert un jus de fruit pour me consoler. Il s'est occupé de moi et a fini par me convaincre de rentrer. Il a été gentil et patient, alors qu'il ne me connaissait pas et que s'occuper d'un gamin pleurnichard, c'est vraiment pas cool, je le reconnais.

- Tes parents ont remarqué ton absence ?

- Même pas, surtout que je n'ai rien dit. Mais j'étais intrigué par cet homme, dont je ne connaissais rien, alors je suis retourné rapidement dans ce bar. Forcément il ne comprenait pas et râlait, mais il m'acceptait toujours. J'ai fini par lui raconter mes mésaventures. Il m'écoutait quand je lui parlais et pour moi c'était beaucoup. Il m'offrait à boire, parfois à manger, et me parlait aussi. J'allais régulièrement le voir et j'ai appris à le connaître. Son bar est devenu mon nouveau chez moi et lui est devenu un second père pour moi et je l'adore, malgré son fichu caractère. Aujourd'hui il fête son anniversaire et m'a invité, et je tenais à ce que tu le rencontres, justement parce qu'il est important pour moi. Tu vas voir, Buscarron est super !

- Attends, le patron, c'est Buscarron ? C'était le bar où on s'était disputé l'autre fois ? Il doit avoir une piètre opinion de moi maintenant.

- Tu as de la chance, il n'était exceptionnellement pas là ce jour-là et le bar était tenu par l'un de ses employés. Il ne sait donc pas qui tu es.

- Il a l'air super important pour toi. Je stress de le rencontrer du coup. Si je ne lui plais pas je…

Antoine arrêta de marcher, forçant Mathieu à faire de même.

- Math, tu vas voir, il est extra, il va t'accepter.

- Mouais…

- Et dans le cas où ce ne serait pas le cas – mais j'y crois pas – ça ne me fera pas changer d'avis pour toi, d'acc ?

Ces paroles ne rassuraient que peu le jeune aveugle, aussi Antoine s'empara délicatement de son menton pour attirer son attention.

- Où est passé le Mathieu si sûr de lui ?

- Il s'est envolé avec les cochons.

- Quels chanceux ceux-là !

Mathieu allait répliquer quand des lèvres se posèrent furtivement sur les siennes. Ce baiser volé le rassura un peu, sans toutefois lui enlever son anxiété. Antoine avait pu agir ainsi librement car ils se trouvaient derrière le bar, du côté de l'entrée du personnel, aussi personne ne put les voir.

- Rassure-toi Math, tout va bien se passer. Non seulement Buscarron est extra, mais tous les autres aussi. On est tout un groupe à prétendre faire partie des proches de Buscarron et on s'entend tous très bien. On est comme une sorte de famille, et comme je suis le plus jeune, je suis un peu leur mascotte, leur protégé en tout cas. L'ambiance est sympa, tu vas adorer. Tu viens ? On entre.

Ce fut ainsi que le duo finit par se trouver dans la grande salle du bar. Tous les habitués des lieux se trouvaient déjà là, la soirée ayant été privatisée pour l'occasion.

- Fils, râla comme à son habitude Buscarron, tu ne pouvais pas utiliser l'entrée principale, comme tout le monde ?

- La flemme !

Cette réponse fit rire tout le monde. Puis vint le moment où tout le monde salua le « fils adoptif » du patron. Mathieu était de plus en plus nerveux, l'idée d'être rejetée par cet homme si important dans la vie de son aimé l'angoissait beaucoup.

- Hey Antoine ! Tu ne nous présentes pas la personne accrochée à ton bras ? finit par demander une femme.

- C'est rare que tu rameutes du monde autre que tes amis habituels, commenta un homme.

- Surtout le jour où il est étrange d'amener un inconnu, rouspéta Buscarron.

Mathieu se ratatina encore plus sur lui-même, voulant disparaître de la surface de la terre.

- Je sais que c'est privé, dit Antoine, mais je tenais vraiment à vous le présenter. Il s'appelle Mathieu et il est important pour moi.

Le plus petit sentit le bras autour du sien s'écarter et avant qu'il ne comprenne ce qu'il se passait, il sentit des doigts entourer les siens. Surpris, il leva la tête là où il pensait que celle de son compagnon se trouvait. Antoine lui tenait la main, comme un vrai couple, devant tout le monde ? Il osait s'afficher en public avec un homme ? Il se montrait ouvertement auprès de personnes importantes à ses yeux avec lui ?

Une vive émotion s'empara de lui : jamais Alex ne lui avait tenu la main, jamais il n'avait prouvé que leur relation comptait pour lui. Et là, Antoine franchissait le pas sans hésiter. Son cœur battit la chamade.

- Ça fait peu de temps et ça n'a pas toujours été facile, mais on est ensemble.

Il y eut un silence, puis…

- Que ce soit une fille ou un gars, je m'en tape, fils. Du moment que tu sois heureux, c'est tout ce qui compte.

- Je le suis.

- Alors sois le bienvenu dans la famille, Mathieu.

- Je… Merci !

Mathieu avait la gorge nouée par l'émotion. C'était si soudain et si nouveau pour lui ! Mais il adorait ça. Et il adorait vraiment Antoine.

- Il était temps qu'Antoine nous ramène quelqu'un un jour, je craignais qu'il ne soit pas assez doué pour draguer.

- Buscarron !

- Installez-vous, je vais vous apporter à boire.

- Attends Buscarron, ne cherche pas à t'accaparer les jeunots, on veut aussi profiter d'eux !

Lui qui avait craint d'être rejeté, voilà que Mathieu voyait tout le monde qui cherchait à faire sa connaissance. Il était accepté tel qu'il était et personne ne vint l'embêter au sujet de sa cécité. Surtout, il entendait Antoine rire et tout faire pour empêcher le groupe de raconter des anecdotes compromettantes à son sujet, surtout au fur et à mesure que les heures s'écoulaient. Il était heureux et flottait sur un petit nuage. Au bout d'un moment, grisé par la folle ambiance, n'y tenant plus, il se jeta dans les bras de son amant. Il sentit avec chaleur les bras se refermer autour de lui.

- Ça va ? lui demanda Antoine.

- Si ça va ? Bien sûr que ça va ! Je passe la meilleure de ma vie depuis longtemps !

- C'est vrai ? Génial !

- C'est grâce à toi Antoine, c'est grâce à toi !

Ce fut le moment que choisit le plus âgé pour se lancer. Dans ses bras et en compagnie de gens tous très gentils avec eux.

- Je t'aime Antoine ! Je veux que tu le saches. Je t'aime !

Son interlocuteur écarquilla les yeux, surpris par cette déclaration mais sourit et serra davantage Mathieu contre lui.

- Moi aussi je t'aime. C'est la première fois que le dis à quelqu'un d'autre de ma famille et crois-moi, j'en suis très heureux.

Il s'empara de cette bouche qui lui faisait tant envie et embrassa passionnément le plus petit, provoquant des sifflements de la part des autres. Antoine et Mathieu étaient heureux et profitèrent de cette soirée, main dans la main. Plus rien ne pouvait ébranler leur couple.

N'est-ce pas ?


Et c'est sur ces mots sibyllins que je vous laisse !

Au programme la prochaine fois : une nouvelle déroutante, une confrontation attendue et... Vous lirez ça XD

Poster une review permettra à Antoine ne de pas être trop malheureux, vu ce qui l'attend.