Disclaimer : Tout appartient à Tolkien. Seuls quelques personnages sont de mon invention. Les chansons citées appartiennent à leurs artistes respectifs.

A partir de maintenant, Ester et Mila se feront respectivement appeler Ceridwen et Ophélie. Je ne sais plus si je l'ai précisé, mais Ceridwen est un prénom gallois qui me semblait valable.

J'essaierai de trouver d'autres artistes que Within Temptation pour mes titres, promis (c'est d'ailleurs le cas ici) ! Le problème est que, comme je l'ai précisé dans un chapitre précédent, leurs chansons s'appliquent à une grande partie de l'histoire, et j'en suis étonnée à chaque fois que je commence à écrire un nouveau chapitre.

Ici, les textes en italique n'indiquent pas de langue étrangère, quelle qu'elle soit.

Bonne lecture :)

Chapitre V : So cold (Breaking Benjamin)

Ceridwen

Radagast et sa consœur voyageaient depuis deux jours. La sorcière en avait vraiment marre et n'attendait qu'une seule chose : fausser compagnie à l'Istar. A cheval, c'était tout à fait faisable. Elle n'avait absolument pas besoin de lui pour retrouver sa fille, au contraire, le magicien la ralentissait. Ceridwen ne pensait pas dire ça un jour, mais elle dût sa tranquillité à des orques. Radagast était tellement pris par le combat qu'il ne la vit pas partir, l'abandonnant à son sort. La sorcière, sans un soupçon de culpabilité, ne s'intéressa absolument pas à la survie ou au décès de l'Istar. C'est après quelques heures qu'elle sentit un violent mal de tête. Tenant son crâne comme s'il menaçait d'exploser, elle descendit de cheval et s'appuya contre un tronc, respira longuement, se retenant de hurler. Elle vit diverses images défiler : d'abord, une carte de la Terre du Milieu. Ensuite, un zoom sur le Rohan, puis plus précisément, un bosquet non loin de Rauros. C'est là qu'elle vit Mila, allongée dans la neige, trop faible pour se relever. Sans perdre de temps, Ceridwen talonna sa monture qui partit au galop vers le sud. Grâce aux pouvoirs de sa cavalière, le cheval put aller deux fois plus vite que la vitesse moyenne. La sorcière était angoissée rien qu'à l'idée que sa fille soit si proche du Mordor. Pourvu que Sauron ne soit pas au courant de sa présence… Ne sachant rien de son père, Mila ne pouvait pas se douter de l'épée de Damoclès qu'elle avait au-dessus de la tête. Pour la première fois, Ceridwen se maudit de ne lui avoir rien dit à ce sujet. Mais sa fille l'aurait-elle cru, cependant ? Comment pourrait-elle concevoir que son géniteur était un personnage qu'elle croyait fictif, mais aussi le représentant de ce qu'elle combattait depuis toujours ? Déterminée à retrouver son enfant, Ceridwen lança un nouveau sort qui fit accélérer sa monture, en priant tous les dieux qu'elle connaissait pour qu'il ne soit pas trop tard.

XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX

Khamûl

Si proche… Les Nazgûl le sentaient, la fille n'était plus très loin. Après cinq jours de chevauchées, ils parvenaient enfin à percevoir l'aura sombre de leur proie. Pourtant, il y avait mêlé à ça une essence plus lumineuse. Comme si l'ombre était la nature de la personne, et la lumière son mental. Un produit du mal tendant vers le bien. Si elle faisait partie du camp adverse, il serait très difficile de l'amener auprès de Sauron. Khamûl s'était plusieurs fois demandé ce qu'elle avait d'extraordinaire. Etait-elle une Maïa ? Encore une hypothèse qui, en s'avérant vraie, leur donnerait du fil à retordre.

Ils approchaient maintenant des chutes de Rauros, lorsque le signal sembla faiblir. La fille fuyait vers le nord. Les Nazgûl changèrent de direction pour la retrouver. Mais en vain, ils ne perçurent plus rien. L'aura sombre avait tout simplement disparu, effacée. Les Spectres poussèrent leur sinistre hurlement. Néanmoins, Khamûl ordonna aux deux autres de le suivre afin de continuer leur mission. Hors de question de retourner au Mordor sans la jeune femme. Tel était l'ordre de Sauron.

XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX

Ophélie

Avant, j'aimais la neige. Avant. Ces petits cristaux blancs rendant les paysages lumineux, même de nuit… C'était une grosse co… Ineptie ! C'est froid, c'est mouillé, ça s'insinue partout ! Pourquoi n'étions-nous pas en juillet ? Je ne pensais pas me la couler douce et bronzer sur les plages de la Terre du Milieu, mais un peu de soleil ne me ferait pas de mal. J'étais à découvert, forme sombre tranchant sur le manteau immaculé de l'hiver. De la neige à la mi-novembre, on aura tout vu… Et dans le sud, qui plus est. Je n'avais aucune idée de l'endroit où je me trouvais, mais la Montagne du Destin luisant au loin m'apprit que j'étais proche du Mordor. Et zut… Le côté positif, c'était la température élevée de cet enfer. Cependant, je n'avais pas très envie d'y aller. Non merci. Je rebroussai chemin, plein nord cette fois-ci. Inutile de dire que j'en avais ras le bol d'errer comme une âme en peine. Tout ça me rappelait les souvenirs désagréables des persécutions et des grandes famines. Il manquait plus qu'une épidémie mortelle, et ce serait le bouquet ! Le bruit d'un cours d'eau attira mon attention. Je marchai dans cette direction et vis un fleuve aux eaux sombres et glacées. Je m'agenouillai, fatiguée, regardant le torrent déchaîné fissurant ce tableau de blancheur. Lentement, je me penchai, jusqu'à ce que mon visage soit plus qu'à quelques centimètres de la surface. Je songeai à me laisser disparaître dans le fleuve. Ce serait si facile… Plus de peur, plus de douleur. Finie cette vie qui n'avait aucun sens. Le froid s'était infiltré dans mon cœur, me privant de tout espoir. Quel futur m'attendait ? La faim, la solitude, la terreur de ma propre ombre. J'avais vécu assez longtemps. Cette décision était plus difficile que prévu, en fait… Avec une incroyable lenteur, je reculai et m'assis, laissant mes larmes couler.

C'est alors que j'entendis des pas derrière moi. Vite, j'essuyai mes joues humides et me tournai vers les nouveaux venus. Il s'agissait de trois hommes portant des instruments de musique que je ne connaissais pas. Ils me regardaient, intrigués. Je me levai et marchai vers eux, car ils ne semblaient pas décidés à s'approcher.

-Messieurs ?

Ma voix était tremblante, mais ils ne s'en aperçurent pas.

-Vous avez besoin d'aide, mademoiselle, m'interrogea le premier (et le plus âgé).

Il devait avoir la trentaine, les cheveux bruns lui arrivant aux épaules, les yeux noisette et une courte barbe lui grignotant le visage.

-A vrai dire, je suis un peu perdue, avouai-je. Je ne sais pas où je suis.

-Vous êtes au nord des chutes de Rauros, me répondit le deuxième.

Il semblait être le plus jeune, pas plus de vingt-cinq ans, et avait de courts cheveux blonds et des yeux bleu foncé.

-Eh bien, merci… Vous êtes des artistes ?

-En effet, répondit le troisième, dont les cheveux noirs étaient en partie tressés et les yeux bruns semblaient me sonder. Nous sommes des musiciens itinérants.

-Et Sauron vous laisse parcourir librement la Terre du Milieu ?

Ils furent effrayés que j'ose prononcer le nom du Seigneur des Ténèbres. Néanmoins, le troisième répondit :

-Pour être honnête, tout le monde s'en moque de nous, ils ne nous pensent pas dangereux.

-C'est une perspective ô combien plaisante, ajouta le plus jeune en souriant.

-Avez-vous besoin d'une chanteuse ou d'une danseuse, demandai-je de but en blanc.

Ils me regardèrent avec des yeux ronds, comme si j'avais dit que je voulais aller sur la lune. Puis ils se consultèrent rapidement. Finalement, le plus âgé parla :

-Si vous le voulez vraiment, alors soyez la bienvenue. Vous serez danseuse, ou chanteuse, ou les deux si vous préférez. Après tout, plus on est de fous, plus on rit.

Je les remerciai chaleureusement. Ils se présentèrent, du plus vieux au plus jeune : Aghan, Dorlas et Eofor*. Je leur dis mon nom ensuite.

-Bienvenue, alors, Ophélie, dit Eofor.

Je lui répondis par un sourire.

-Où allons-nous, leur demandai-je.

-Notre but est Minas Tirith, répondit Aghan. Quelques seigneurs à la solde du Ténébreux y vivent, mais la plupart apprécient l'art et sont des mécènes.

La Cité Blanche… Dangereusement proche du Mordor. Je fus coupée dans mes réflexions par une voix portée par le vent et que moi seule put entendre. Camoufle ton essence, me chuchota-t-elle, Fais disparaître ton aura, Ils te cherchent. Ma longue expérience de la magie me permit de savoir qu'il me fallait obéir à cet ordre, que c'était une question de vie ou de mort. Mais qui me cherchait ? Et pourquoi ? J'avais beau me creuser la cervelle, aucune idée ne me vint. Mes compagnons et moi partîmes donc vers le sud.

XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX

Ceridwen

La cavalière s'apprêta à franchir le gué de Sarn lorsque des orques lui barrèrent la route. Ces monstres étaient partout en Terre du Milieu. Ceridwen stoppa sa monture devant les soldats qui encochèrent leurs flèches.

-Ta route s'arrête ici, lui dit leur chef.

Il fit un signe à l'un de ses compagnons, et sa flèche partit. Avant qu'elle n'ait le temps de réagir, le trait perça le cœur de la sorcière, qui tomba sur le sol boueux. Elle entendit vaguement son cheval partir au galop, effrayé. Elle mourut rapidement, ses vêtements maculés par la grande fleur sombre que formait son sang.

XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX

Ophélie

Nous nous arrêtâmes au sud de Cair Andros, au pied d'arbres nus. Un feu de camp brûlait au milieu du cercle que nous formions. Je m'endormis après Dorlas, engourdie par le froid, mais rassurée de ne plus être seule. Ces quelques jours écoulés avaient été marqués par des rires et des anecdotes racontées par les uns et les autres. Mes compagnons de route m'avaient posé beaucoup de questions sur mon passé, auxquelles j'avais répondu plus ou moins honnêtement. Au final, pour eux, j'étais une jeune courtisane d'un royaume inconnu au nord-est, et j'avais fui mon pays car le Roi devenait un horrible tyran. Bien entendu, ils m'avaient dit que j'avais fait une énorme erreur car ici la situation était pire. Ils avaient aussi testé mes capacités en chant et en danse, et en avaient été impressionnés. S'ils savaient que j'avais eut des siècles d'expérience pour arriver au même résultat que des professionnels…

Je marchais dans un jardin magnifique, où tout aurait pu se trouver dans un décor de film féérique. Les arbres aux feuilles d'un vert éclatant, l'herbe grasse et un peu haute, les lucioles, les fleurs, les petites cascades et les ruisseaux limpides dont le fond scintillait grâce à des pierres précieuses aussi pures et brillantes que les étoiles du ciel nocturne. La pleine lune éclairait le tout de son éclat argenté bienveillant. Ici ou là, des promeneurs marchaient tranquillement, seuls ou discutant avec d'autres, ou bien étaient assis sur de grosses pierres qui servaient de sièges, sur des racines ou allongés sur l'herbe. Une petite musique cristalline accompagnait le chant de l'eau et le doux murmure des conversations ou des rires. Je remarquai que tous portaient des vêtements blancs, simples mais élégants, ainsi que des diadèmes en argent, en V au milieu et incrustés de diamants pour les hommes, torsadés et fleuris d'argent et de perles pour les femmes. Personne ne remarqua ma présence, étant habillée et parée comme eux, je ne tranchais pas dans cette ambiance paradisiaque avec mon jean et mes chaussures militaires. Une femme attira mon attention : assise seule contre un tronc, elle semblait tout simplement profiter de cet endroit merveilleux. Ses cheveux blonds et ondulés comme après des nattes entouraient tel un halo d'or pâle son visage d'ivoire. Ses yeux étaient deux péridots pailletés d'or. Les mêmes que moi, à l'exception du fait que les miens étaient plutôt mouchetés d'argent. Ma mère n'avait jamais eut l'air aussi sereine, et pour de vrai. Ce n'était pas un masque, elle était en paix. Méconnaissable.

-Bonjour, Ophélie, me dit-elle en me montrant une place à côté d'elle.

Je m'assis, secouée.

-Tu sais pour mon nouveau nom ?

-Bien sûr ! Et tu as le droit de connaître ma véritable identité : je m'appelle Ceridwen, servante de Yavanna.

Un instant, je crus avoir mal entendu. Mais non, pour la première fois, ma mère acceptait de me dire la vérité.

-Il t'en aura fallu, du temps, pour me dire ça, répondis-je.

-C'est vrai. Tu dois avoir beaucoup de questions, non ?

-Tu acceptes d'y répondre ?

-Oui.

-Bien… Premièrement, pourquoi ne pas me l'avoir dit ?

-Tu ne m'aurais pas cru, et avec l'évolution du monde dans lequel nous vivions, les chances que tu me croies s'amincissaient à vu d'œil.

-Deuxièmement, Où sommes-nous ?

-Dans une sorte de contrée des rêves, où les Maïar aiment rencontrer les esprits des dormeurs. Tu ne peux cependant pas savoir qui dort et qui est éveillé.

-Que fais-tu ici ?

-J'ai retrouvé ma place. En tant que Maïa, je ne pouvais pas mourir, alors me voilà prisonnière dans cette dimension.

-Mourir ?

-J'ai été tuée par des orques alors que je te cherchais. Ne prends pas cet air affolé, je n'ai pas souffert, et puis, je serais toujours avec toi. D'autres questions ?

-Pourquoi m'as-tu envoyée en Terre du Milieu ?

-Pour te laisser une chance, au lieu de te laisser aller dans les cavernes de Mandos. Mais j'ignorais que Sauron avait gagné la guerre.

-Pourquoi as-tu quitté Valinor au départ ?

Son regard s'assombrit.

-Ophélie, s'il-te-plaît…

-Maman ! Tu m'avais promis la vérité !

-Fort bien. Mais ça ne va pas te plaire, c'était à la fois la pire erreur de ma vie, mais le résultat final fut merveilleux.

Elle prit une boucle de mes cheveux noir bleuté, si différents des siens, et la coinça derrière mon oreille afin de dégager mon visage triangulaire.

-Je suis allée dans la forteresse d'Angband, rejoindre le Seigneur des Ténèbres.

-C'est là-bas que tu as rencontré mon père ?

-Oui, dit-elle d'une voix hésitante, et tu aurais pu y naître.

-Ton choix fut fait par amour, alors…

Mais de qui aurait-elle pu tomber amoureuse au point de quitter ce paradis sur terre ? Je réfléchis à toute vitesse. Hormis les armées de Morgoth, il n'y avait que Sauron et le Vala déchu lui-même dans la terrible forteresse…

-Maman, qui, de Sauron ou de Morgoth, est mon père ?

Elle sursauta comme si elle avait été mordue par un serpent.

-Ophélie, il est temps que tu te réveilles !

Et je fus aspirée par une sorte de tourbillon invisible.

Je me réveillai en sursaut. Le jour commençait à se lever, teignant l'horizon de rose orangé. Un peu de couleur dans ce paysage aussi blanc que le contexte était sombre. Après mon rêve au décor paradisiaque, tout me paraissait encore plus fade, froid, mais aussi dangereux et effrayant. Mes compagnons venaient juste de se lever, bien qu'étant encore à moitié plongés dans leur sommeil. Après avoir éteint le feu, nous repartîmes sans avoir pris le temps de manger. Nous n'avions rien à nous mettre sous la dent de toute façon. Enfin, après deux semaines supplémentaires d'entraînements, de discussions (et d'interrogations intérieures sur l'identité de mon géniteur que ma mère n'avait qu'à moitié révélée), ainsi que des nuits à grelotter en n'ayant que de petits animaux à manger, nous parvînmes à Minas Tirith.

Un chapitre plus long que les précédents, et riche en révélations (pour Ophélie surtout, vous, vous en saviez déjà la plupart). J'espère que le passage du rêve ne vous a pas paru trop niais par rapport au reste de l'histoire. Pour mieux l'imaginer, voyez le niveau du Concile des Fées, premier chapitre du jeu Rayman 3 (sorti en 2003. Nostalgie quand tu nous tiens…) (PEGI 3), avant que notre cher petit héros n'entre dans le château. Si vous ne connaissez pas le jeu, des «let's play» sont disponibles sur youtube.

Jusqu'à maintenant, l'ambiance restait soft, mais c'est à partir du prochain chapitre que les choses vont se corser, et que ce qui est indiqué dans le résumé se vérifiera. Il y aura de fortes chances à ce qu'une romance survienne, c'est même sûr, mais rassurez-vous (pour ceux qui n'aiment pas), ce ne sera pas DU TOUT à la sauce Twilight, bien au contraire. Quant à ceux qui aiment la saga de Stephenie Meyer, tant mieux pour vous, ne vous sentez pas agressés. Chacun est libre de ses opinions (heureusement…)

Oh, on va faire un petit «jeu» : pour que je poste la suite, il me faut minimum une review par chapitre. Juste une seule, peu importe qui se dévoue. Ce n'est pas compliqué, il suffit tout d'abord de voir si le chapitre a été commenté ou non, puis, si ce n'est pas le cas, d'écrire une phrase ou deux dans la case en fin de page. Je ne vous demande pas un commentaire argumenté ou une dissertation, juste quelques mots. Vous pouvez tous le faire, et ça me donnera encore plus envie d'écrire la suite.

Enjoy :)