Le tintement du verre brisé


Réponses aux reviews :

- Mlie : Merci beaucoup, ça me fait énormément plaisir. Tous tes compliments me réchauffent le coeur et j'espère ne pas te décevoir avec ce chapitre plus court que les précédents et également moins bien, à mes yeux.

- Guest : Merci de ta review et de la lecture. A bientôt.


Chapitre 6 :

- Kurt, marche moins vite, marmonna Sebastian en essayant de le suivre.

Le châtain se retourna à l'entente de son nom et trébucha en continuant d'avancer à contre-sens. Il se retint au coffre d'une voiture en riant et se redressa pour observer le jeune homme tituber vers lui aussi rapidement que possible.

- L'alcool ne te convient pas bien on dirait, sourit-il.

- La ferme, Hummel.

Kurt ria en reprenant son chemin jusqu'à son 4x4 garé quelques véhicules plus loin. Sebastian le rattrapa et s'appuya contre le capot tandis que le châtain cherchait son trousseau de clés dans les poches de sa veste en cuir corail.

Il les cherchait toujours lorsque des voix s'approchèrent d'eux. Kurt releva la tête et fronça les sourcils en apercevant Karofsky et Azimio traverser le parking du Scandals, se dirigeant sans le moindre de doute vers eux.

Sebastian se releva et se retourna confus vers le châtain qui ne semblait pas non plus savoir ce que les sportifs faisaient ici. Karofsky s'arrêta devant eux et les observa, s'attardant sur Kurt, et Azimio croisa les bras derrière lui.

- Que peut-on faire pour vous, les mecs ? demanda Sebastian d'une voix ennuyée.

- Tu le sais très bien, siffla Azimio en avançant d'un pas.

Karofsky le repoussa se son bras gauche et se retourna légèrement pour lui lancer un regard noir. Kurt se mordilla la lèvre inférieure et appréhendant la suite de la conversation. Il avait un mauvais pressentiment, les choses ne pouvaient pas bien se passer avec ces deux là. Elles ne se passaient jamais bien quand ils étaient près de lui.

- Je n'ai rien sur moi, avoua Sebastian sans les lâcher du regard une seule seconde.

- Ne te fous pas de nous, Smythe, siffla Azimio en essayant de repousser Karofsky.

Sebastian leva les yeux au ciel et Kurt s'avança doucement vers lui en observant d'un oeil méfiant Azimio le fusiller du regard.

- Je n'ai absolument rien, répéta-t-il d'une voix calme.

Azimio inspira profondément et sembla remarquer Kurt non loin derrière. Son regard s'illumina et le châtain se figea. Il s'avait pertinemment que cela ne présageait rien de bon.

Le sportif contourna Karofsky qui semblait essayer de détecter un mensonge en détaillant Sebastian et il sourit en attrapant rapidement Kurt par le poignet.

- Et si j'arrive à faire pression tu vas soudainement nous retrouver quelque chose dans une de tes poches ?

Karofsky et Sebastian se retournèrent en même temps et Azimio resserra son emprise autour du bras de Kurt qui essayait du mieux possible de s'échapper.

- Lâche-le, ordonna Karofsky.

- Mais David ! s'exclama le sportif en ramenant violemment Kurt vers lui pour qu'il arrête de se tortiller sous sa poigne.

- Laisse-le en dehors de ça, on est là pour voir Smythe.

- Depuis quand tu te préoccupes de lui ?

Kurt lança un regard effrayé à Sebastian qui restait près de la voiture à observer la scène. Karofsky se rapprocha d'eux l'air sévère en fronçant les sourcils.

- Je t'ai demandé de lâcher Kurt, continua-t-il en prenant soin d'articuler chaque sillabe.

- Kurt ? rit Azimio en le dévisageant.

Il le serra encore plus fort et Kurt grimaça de douleur.

- Vas-y explique David, depuis quand toi et Hummel êtes-vous devenus meilleurs amis ?

- Laissez-le, les mecs, intervient Sebastian.

Aucun des deux ne lui porta d'attention. Un sourire en coin s'étira sur les lèvres d'Azimio quand il aperçut les phalanges de Karofsky blanchir et ses ongles griffer la peau de sa paume sous ses poings fermement serrés.

- Tout le monde se bat pour toi ce soir, Hummel, se moqua-t-il. Ca doit te faire drôle, non ?

Il prit son visage en coupe et lui sourit diaboliquement. Kurt frissonna et le repoussa violemment, se retrouvant projeté contre la portière côté conducteur de son véhicule et grimaça de douleur. Azimio s'avança l'air menaçant vers lui et Karofsky le plaqua brutalement à côté de Kurt sous le regard effrayé du châtain et de Sebastian ne se mêlant pas au conflit.

- Ne le touche pas, siffla-t-il.

- Oh ! Il est amoureux, comme c'est mignon.

Karofsky tremblait littéralement de rage et frappa la vitre arrière de la voiture de Kurt qui se brisa sous la puissance du coup. Sebastian attrapa rapidement Kurt par la manche de sa veste pour l'éloigner de la projection des morceaux de verre et ne put détourner le regard de Karofsky s'en prenant désormais au visage et au corps entier d'Azimio. Kurt plaqua ses mains tremblantes sur sa bouche et recula de quelques pas, ses grands yeux céruléens écarquillés.

Kurt stoppa les jets d'eau chaude de la douche le corps agité et le souffle court. Il inspira et expira difficilement le temps de se calmer, insensible à l'air froid qui remplaça la chaleur des traînées d'eau brulante dévalant le long de son corps.

Il ne savait même pas comment il s'était retrouvé à, encore une fois, laisser son esprit revivre cette horrible soirée. Il restait bloqué dans le passé depuis presque un an, incapable de passer à autre chose et de faire comme si ce n'était jamais arrivé, comme Sebastian avait la chance d'y réussir.

Il attrapa une serviette blanche et l'enroula autour de lui en regagnant sa chambre les lèvres encore tremblantes. Inconsciemment, il attrapa un pull ample et un slim noir dans son placard et retourna dans la salle de bain pour s'habiller. Il devait sortir d'ici le plus rapidement possible.

Il avait besoin de s'échapper pour arrêter de penser et de réfléchir à propos de cet affreux souvenir.


Les cheveux encore humides et non coiffés, Kurt passa la porte du lycée McKinley environ quarante minutes après être passé chez lui pour se doucher et se changer. Il n'avait pas pris le temps d'arranger sa coiffure, ni de prendre soin de sa peau et heureusement n'avait pas re-croisé son père en remontant pour s'éclipser.

Il traversa donc le couloir principal, encore à moitié désert, pour récupérer une bombe de laque dans son casier et se dirigea vers les premières toilettes. Kurt posa sa sacoche contre l'un des lavabos et entreprit de soigneusement se laquer les cheveux pour réaliser son habituelle et parfaite coiffure.

Il appliquait une dernière couche pour être certain que ses cheveux ne bougeraient pas jusqu'à la pause du midi, lorsque la porte s'ouvrit brutalement. Kurt souleva un sourcil en se retournant lentement vers l'entrée. Il se figea et laissa tomber la bombe de laque sur le carrelage de la pièce quand il reconnut la silhouette imposante de Karofsky tirer une grande poubelle métallique pour bloquer la porte, empêchant ainsi d'entrer et de sortir.

- Je pense que nous devons avoir une petite conversation toi et moi, annonça l'athlète en se redressant et en avançant d'un pas lent vers Kurt toujours figé.

- Je… je ne veux pas te parler.

Karofsky haussa les épaules et enfouit les mains dans les poches de sa veste de sport aux couleurs des Titans.

- Très bien, je parle et toi tu écoutes.

Il avança lentement vers lui et Kurt se retourna, refermant les mains sur les bords du lavabo. Karofsky l'observa et leurs regards se croisèrent à travers le reflet du miroir.

- Sebastian était plutôt remonté contre toi ce week-end, n'est ce pas ? Kurt ne se donna pas la peine de répondre et le sportif continua. Il a évoqué une histoire entre le nouveau et toi quand il est revenu dans le bar, je pense qu'on a quelques trucs à mettre au clair ensemble.

Kurt inspira profondément, ses doigts se crispèrent encore un petit plus autour de la vasque.

- Tu m'as frappé vendredi soir, puis tu t'es enfoui avec ce mec, annonça Karofsky d'un ton indifférent.

- Et alors ? siffla Kurt, la colère et le mépris ayant pris le dessus sur la peur. Qu'est ce que ça peut te faire ?

- Tu sais très bien ce que ça peut me faire.

Il le prit par les épaules pour le faire pivoter vers lui et l'attrapa par le menton, l'obligeant à le regarder. Kurt frissonna tandis que les doigts glacés du sportif enserraient son visage.

- On ne frappe pas les personnes qu'on aime, Kurt, sourit Karofsky.

Il trembla fortement sous son emprise, incapable de se contrôler et de repousser le dégoût qu'il éprouvait lorsque Karofsky se trouvait près de lui.

Il aurait voulu lui hurler qu'il se trompait, qu'il ne l'aimait pas, qu'il ne l'avait jamais aimé et qu'il ne l'aimerait jamais, mais n'osa rien faire. Le peu de courage qu'il pouvait lui rester s'était évaporé en quelques secondes.

Je ne t'aime pas, pensa-t-il en fermant brusquement les paupières. Jamais. Je te déteste.

- Je refuse que l'on t'approche. Tu es à moi et il serait préférable pour lui que tu t'éloignes.

Kurt contracta la mâchoire en serrant les dents et rouvrit les yeux pour le foudroyer du regard.

Il haïssait ce genre de situations, Karofsky n'avait aucun droit de décider pour lui des personnes avec qui il pouvait passer du temps. Il ne devrait pas s'immiscer ainsi dans sa vie alors qu'il n'y avait pas sa place, qu'il ne représentait que de la peur et du danger aux yeux de Kurt. Mais il savait également qu'il n'avait pas le choix. Il ne voulait pas que quelqu'un d'autre soit blessé. Même s'il n'y avait été pour rien, que tout était de la faute de la stupidité d'Azimio et de la violence de Karofsky, jamais il ne souhaitait revivre quelque chose de semblable. Pire encore, Blaine ne devait pas se retrouver à subir la jalousie excessive de Karofsky.

- Je ne t'appartiens pas, murmura Kurt la gorge sèche.

Karofsky ne répondit pas et le relâcha, un sourire malsain étirant ses lèvres. Il quitta la pièce dans un mot ou un regard de plus, le laissant seul.


Toujours allongé sur le sofa du salon, Blaine enfouit sa tête dans un coussin aussitôt la porte refermée derrière Kurt et soupira d'aise. Il venait de passer une soirée fabuleuse à discuter avec lui, à l'avoir auprès de lui souriant et à pouvoir l'embrasser dès qu'il le souhaitait.

Quand il l'avait appelé la veille il n'aurait jamais cru l'avoir aussi ouvert, Kurt ne s'était pas soucié pas de sourire, de rire, ni de parler en sa présence. Il semblait à l'aise avec lui et Blaine chérissait cette découverte. Et espérait désormais que cela ne se stoppe pas brutalement une fois de retour à McKinley.

Il en était certain, ce n'était pas que de la simple attirance qui le poussait vers Kurt. Ces dernières heures l'en avait convaincu. Il était bien amoureux de lui et voulait oser croire que ce sentiment était réciproque.

Il sourit contre le coussin portant encore l'odeur de Kurt et resta là un moment de plus, à juste inhaler le mélange de laque et de shampoing à la vanille qui se dégageait du tissu satiné et à se repasser ses derniers moments avec le jeune homme en tête. A s'imaginer pouvoir se réveiller de nombreuses autres fois le corps du châtain pressé contre le sien, sa respiration régulière chatouiller son cou.

Il avait besoin de ce quotidien, de passer du temps avec Kurt et savoir que lui le voulait également.


Kurt sortit de son cours de littérature et jeta un regard circulaire au couloir principal pour vérifier si Karofsky s'y trouvait. Il ne le vit pas et se relaxa en avançant vers son casier. Il passa devant Mercedes, Tina et Rachel et les ignora lorsque Mercedes lui fit un petit signe de main l'air désolé, que Tina le foudroya du regard et que Rachel se retourna pour ne pas croiser son regard. Il soupira en raffermissant sa prise sur son livre de cours, elles n'étaient pas là de lui pardonner d'avoir lâché le glee club en début d'année. Et pour être parfaitement honnête, elles ne lui manquaient pas. Il ne comptait pas s'excuser pour avoir oser choisir de quitter le club comme elles, principalement Rachel, semblaient le croire. Il n'avait pas besoin d'un groupe d'amis.

Il ouvrit le cadenas de la porte métallique de son casier et y fourra son livre de littérature. Il tendit la main pour attraper celui pour sa prochaine heure de mathématiques, mais il se crispa en sentant une présence dans son dos. Il espéra de tout coeur ne pas se retrouver face à Karofsky une seconde fois aujourd'hui, puis se retourna réticent.

Kurt croisa de beaux yeux mordorés et il se détendit aussitôt. Blaine serra son poignet et entrelaça rapidement ses doigts aux siens pour les serrer.

- Hey, susurra Blaine en souriant.

Il se pencha légèrement et posa un dixième de seconde ses lèvres sur celles de Kurt. Quand il se recula et vérifia que personne ne faisait attention à eux, Kurt cligna difficilement des paupières.

- Ça va ta matinée ? continua-t-il en retirant sa main de la sienne pour ne pas attirer le regard des autres élèves présents dans le couloir.

Kurt se mordit la lèvre inférieure en acquiesçant. Tout cela avait l'air si normal, si anodin. Blaine agissait comme tous les garçons qu'il connaissait envers leurs petites amies, sauf que lui le faisait pour lui. Pas pour Quinn ou Santana.

Il releva la tête pour répondre au sourire tendre de Blaine lorsque son regard croisa celui de Karofsky, appuyé contre son casier à une dizaine de mètres de là.

- Kurt je me demandais si, hum... Blaine s'éclaircit la gorge en se massant la nuque.

Il se détourna du sportif pour pivoter vers Blaine en soulevant un sourcil.

- Tu sais hier soir et ce matin ?

Kurt acquiesça, l'incitant à continuer. Il essaya tant bien que mal de ne pas jeter régulièrement des coups d'oeil anxieux vers Karofsky et de focaliser toute son attention sur Blaine.

- J'adore passer du temps avec toi Kurt.

Il sourit niaisement en baissant la tête, soudainement timide et Kurt s'appuya contre le mur de casiers derrière lui en attente de la suite.

- Je voudrais, si toi aussi bien sûr, officialiser ça.

Blaine ancra son regard où brillait tant d'espoir, dans celui de Kurt qui avala difficilement sa salive.

- Mais par officialiser, je ne veux pas forcément dire l'annoncer à tout le monde ou se comporter comme un couple ou...

- Blaine, le coupa Kurt. Je...

- Je t'apprécie vraiment beaucoup et je voudrais pouvoir être avec toi, continua-t-il le regard suppliant.

Kurt se referma sur lui même en croisant fermement les bras sur sa poitrine et en détournant le regard des yeux mordorés fixés sur lui.

- Je n'ai pas ressenti quelque chose d'aussi fort pour personne. Kurt, s'il te plait, dis quelque chose, supplia-t-il l'air plus nerveux que jamais.

- Non, murmura Kurt.

Blaine se figea les lèvres tremblantes et une lueur d'incompréhension vacilla dans son regard.

- Je... Non, répéta-t-il en passant nerveusement une main dans ses cheveux châtains. Juste, non.


Note de l'auteur : S'il vous plaît ne me détestez pas pour la longueur de ce chapitre, ni pour sa qualité, ni pour cette horrible fin.

Je ne suis pas convaincue de ce chapitre, mais je ne voyais pas comment l'améliorer.

J'espère que vous avez tout de même apprécié.

La suite arrivera pas avant deux semaines, vu que je suis absente la semaine prochaine et que l'écriture du chapitre 7 n'est pas terminée.

Review et merci de votre lecture.