Je ne savais pas quoi faire ; tuer tous ceux qui était près de moi, ou bien chercher le coupable pour lui faire sauter les yeux de ses orbites ? Mon bateau ! C'est connards m'avaient bousillé mon bateau ! Il n'en restait plus rien à présent, seulement quelques morceaux de bois calcinés et inutilisables...

Pour m'empêcher de partir... 'C'est pour mieux me contrôler.' grognai-je intérieurement en regardant la mer grisâtre défiler devant mes yeux et sous mes pieds. Il avait dépêché des condors des îles pour nous transporter, un à un, vers l'Île du Dragon de nuit. Il faisait froid, l'air était mouillé et les serres de ce maudit poulet commençaient à me transpercer la chair, mais il y avait pire ; j'avais été désignée pour garder Gohma...

Et, comme de juste, tous les monstres m'en voulaient... Sûr, ça devait être 'un grand honneur' que de se balader avec une lampe tempête remplie de graisse de Gyorg. Graisse dans laquelle flottait une larve immonde qu'ils appelaient Gohma ; il était ridiculement petit !

Soudain, un cri strident résonna ; la terre était en vue.

- « AU SOMMET ! » ordonna soudainement un Moblin.

- « NON ! » rugis-je. « VALOO NOUS VERRAIT ! » expliquai-je en fronçant les sourcils. « ON RESTE EN DESSOUS DU NUAGE DE CENDRES ! » ordonnai-je à mon tour mais tous firent partir leurs condors plus haut encore ; le mien suivit.

- « SI VOUS FAITES ÇA- » commençai-je en mettant la lanterne bien en vue. « JE L'ENVOIE NOURRIR LES POISSONS ! » menaçai-je ; ils me regardèrent mais ne parurent pas m'en croire capable.

Je la laissai tomber ; tous hurlèrent.

Mon oiseau plongea immédiatement après mais, lorsque qu'il attrapa la anse, un grondement sourd se fit entendre ; une vague nous balaya.

Je fus entraînée vers le fond ; la lampe n'avait pas suivi. À la surface, je vis une ombre s'agiter avec une vague lumière, la protéger... puis plusieurs autres l'arrachèrent à la mer ; moi ? Je restai là.

Je savais que j'étais bien trop en dessous des vagues pour espérer remonter ; j'étais déjà coincée dans un courant glacé qui me ferait plonger encore plus bas. Ça me rappelais des souvenirs... la première fois où j'étais passée par dessus bord... mais, cette fois-ci, il n'y avait personne qui viendrait, rien à quoi me raccrocher.

Tant mieux.

J'en avais sans doute assez fait ; peut-être que ça les apaiserait plus de me savoir morte que d'avoir une montagne d'argent... Mes poumons commençaient à me brûler ; j'ouvris la bouche.

Tout à coup, je sentis une forte douleur me transpercer l'abdomen et m'arracher au courant ; mes poumons se vidèrent d'eux-mêmes pour mieux se remplir.

Je les entendais grogner, hurler... mais je n'avais pas besoin de ça pour savoir qu'ils me méprisaient encore plus ; bah, un peu plus un peu moins... quelle différence ?

Il ne fallut pas longtemps avant que les poulets ne nous 'déposent' sur un des versant du volcan... ou plutôt nous laissent tomber comme des fruits trop murs. Lentement, je commençai à me relever lorsqu'un coup secoua tout mon dos ; je serrai les dents avant de regarder derrière moi.

- « Je savais qu'on aurait pas dû la garder ! » rugis un des Bokoblins. « T'as du bol que le Seigneur Ganondorf veuille pas de mort ! » menaça-t-il en pointant un doigt griffu vers moi ; je ricanai. Il me redonna un coup, dans la tête cette fois-ci ; je roulai sur le côté.

- « Te fatigue pas. » lançai-je en laissant ma tête aller sur le côté. « Je sais très bien que vous vous en foutez pas mal du 'je veux pas de morts'... » commençai-je en mimant grossièrement la voix de Ganondorf. « Vous avez juste besoin de moi pour vous y retrouver dans cette grotte. » continuai-je en dirigeant mon regard vers le ciel. « C'est aussi con que ça... » soupirai-je en fermant les yeux.

L'un d'eux siffla ; je soufflai avant de me relever. Il y avait du sang sur mes habits ; fait chier. Dans le flou, je les guidai donc vers une porte, la seule ; c'était pas par là que j'étais arrivée la dernière fois...

Toutefois, je savais qu'il n'y avait que deux entrée encore découverte ici ; le Mont du Péril n'avait sans doute pas tant changé...

- « Allez, passe devant. » ordonna l'un d'eux ; j'ouvris la porte et arrivai devant un grand pont de bois.

- « Toi, passe en premier. » grogna un Moblin en me poussant d'un coup de lance dans le dos ; je titubai un peu avant de me redresser. J'étais déjà engagée sur le pond et regardai de l'autre côté ; pas de passage... En silence, je regardai un peu partout... j'étais pourtant certaine qu'il y avait une porte... on y avait pas pensé la dernière fois...

- « Elle nous a perdu ! » rugis soudainement une voix derrière moi ; le pont se mit à tanguer. Je chancelai et me rattrapai de suite aux cordes qui soutenaient la structure ; je ricanai.

Rapidement, je me précipitai vers le Bokoblin qui avait la lanterne, la lui arrachai des mains avant de sprinter vers la sortie ; je donnai un coup au Moblin le plus proche et tranchai alors les deux cordes et tous tombèrent en contre bas.

- « Vous me ralentirez juste ; je vais amener ça au cœur du volcan. » annonçai-je en faisant osciller la lampe tempête par sa poignée. « Vous aurez qu'à vous dispatcher à mesure que vous avancerez ! » proposai-je en trottinant vers la porte.

- « ROTUR ! » hurla une voix suraiguë

'C'est bien beau de faire le guide touristique mais faudrait voir à pas me prendre pour une truffe.' pensais-je en soupirant bruyamment lorsque la porte se referma derrière moi, coupant ainsi les cris de désapprobation.

Enfin tranquille, je regardai un peu les alentours et reconnu le sommet du Mont Péril... enfin, l'Île du Dragon. Je remontai à l'aide de mon grappin griffe, passai devant Valoo qui ronflait à en faire trembler des montagnes puis redescendis par là où j'étais montée avant de retourner à l'intérieur du volcan.

'On y est...' me dis-je en atterrissant de l'autre côté de la rivière de lave ; mes jambes faillirent me lâcher.

- « Merde. » grommelai-je avant de me donner une baffe ; la douleur me réveilla un peu. « Allez, j'te transforme en friture et après on mange. » me dis-je en montant les marches vers la grande porte. Lorsqu'elle s'ouvrit, une chaleur intenable balaya mon visage ; la lanterne se mit à tanguer un peu plus.

- « Ouais, c'est bon... » dis-je d'une voix monocorde en m'approchant de la mare de lave ; je levai les yeux au plafond et y vis la queue de Valoo. « Allez, va faire trempette. » lançai-je en jetant la lampe tempête directement dans le magma en fusion.

Je restai là pendant un moment à regarder la surface en fusion, mais rien ne sembla bouger ; il était sans doute crevé. Je soupirai bruyamment avant d'aller me coller dos à la paroi puis mes laisser glisser jusqu'à me retrouver assise par terre.

Là, j'en profitai pour casser la croûte et piochai dans mon sac à appâts. C'est alors qu'une horrible impression d'être observée me pris. Je relevai alors les yeux et, à travers les mèches brunes emmêlées, je vis un œil vert me dévisager avant de disparaître.

'Bon, au moins il a pas clamsé.' me dis-je en jetant un appât dans ma bouche. Un petit coup d'eau là dessus et je partis pour une petite sieste ; après, si je l'avais mérité ou pas...

Il faisait chaud. Ma grosse veste de cuire était brûlante et les quelque mèches qui dépassaient de mon catogan me collaient au front ; trouver la Perle. C'était mon ordre. Si je revenais sans...

- « C'est inacceptable ! » hurla soudainement une voix que je ne connaissais que trop bien.

Un coup puissant fut porté à ma tête et m'envoya face contre terre.

- « Le Dragon cache la perle ! » hurla-t-elle « TU AURAIS DÛ LUI DEMANDER ! » rugit-elle lorsqu'un coup aux côtes me fit rouler sur le côté. « Mais non. Au lieu de travailler ton Hylien tu as préféré rester dans ta ferme, bien tranquille... » se moqua-t-elle en me toisant de toute sa hauteur. « Mais écoute-moi bien gamine ! » grogna-t-elle en m'agrippant les cheveux. « C'est pas tes choux qui vont sauver Hyrule. » menaça-t-elle en me tirant à sa hauteur. « Mets-toi bien ça dans le crâne, » susura-t-elle dans mon oreille. « Impa. »

La douleur me brûlait mais son regard me glaçait. Je les détestais ces yeux verts...

- « AH ! » hurlai-je en me redressant ; un œil était à quelques centimètres de moi. Je lui décochai un coup de poing ; la chose hurla avant de disparaître dans la lave. Je regardai alors ma main ; des cloques apparaissaient déjà sur mes phalanges et certains doigts pendaient lamentablement. Un à un et en serrant les dents, je les remboîtai. « MH ! » m'exclamai-je lorsque le dernier fut mis en place.

Platch

- « QUOI ?! » rugis-je en regardant l'œil vert qui dépassait à peine de la lave. « TU M'EN VEUX DE T'AVOIR BALANCÉ DANS L'EAU, HEIN ?! » hurlai-je en me redressant. « BAH JE VAIS TE DIRE UN TRUC ! » continuai-je en avançant vers la mare de magma. « QUE TU CRÈVES OU QUE JE CRÈVE, C'EST PAREIL ! » lançai-je en le pointant du doigt. « ET TU SAIS POURQUOI ?! » demandai-je les dents serrées. « PARCE QU'ON EST TOUS LES DEUX DES PUTAINS DE PIÈCES DE RECHANGE ! » hurlai-je lorsque ma voix se craquela.

Je restai là en silence et vis l'œil disparaître lentement.

Après ça, je restai dans mon coin et lui aussi jusqu'à ce que ma gourde soit vide ; lentement, je me redressai et allai dehors. Heureusement pour moi, je n'eus pas à aller jusqu'à l'étang puisque la pluie tombait en averse. Une fois ma remplie, je la rangeai et retournai au centre du volcan.

Attendre, boire, sortir, chercher de l'eau et revenir. Ce fut mon train-train pour la semaine qui suivit. Et pas un seul monstre en vue... ils avaient dû se perdre... ou crever. Mais ça, c'était pas mon problème. Non. Ce qui me turlupinait, c'était 'dans combien de temps ce maudit Magmopendre allait enfin se mettre à emmerder Valoo ?!'

Seule sa queue était accessible d'ici... enfin, à condition de pouvoir sauter à plus de trente mètres de haut ; Quand faut y'aller...

Je soupirai bruyamment avant de prendre une gorgé puis m'approchai de la lave en déroulant mon grappin.

- « HEY ! » appelai-je d'une voix forte et grave ; rien. « Allez, sors de ta mélasse, on va jouer ! » annonçai-je en envoyant mon grappin s'enrouler autour de la queue de Valoo ; un œil apparut à la surface pendant que je testais l'accroche.

Sans un mot de plus, je me mis à grimper le long de la corde en prenant soin d'enrouler ce qui dépassait ; bientôt, je me retrouvai à une dizaine de mètre de la lave. Je m'attachai solidement puis me laissai tomber en arrière.

- « Allez, je vais me balancer et toi, tu dois taper dans la lame de mon sabre. » indiquai-je en dégainant, la tête vers le bas. C'était une idée de merde. Non seulement je n'avais qu'une simple corde pour me tenir, mais en plus, j'espérai quoi ? 'Jouer' avec un Magmopendre géant qui risquait de me trancher le bras au lieu de faire ce que je lui disais... Mais je ne pouvais plus attendre. Ça allait bientôt faire un mois que je n'avais pas gagné le moindre rubis ; je ne pouvais pas ne pas leur envoyer mon butin...

Mais rien ne bougea.

- « TU VAS SAUTER, OUI ?! » rugis-je.

C'est alors qu'une vague de magma se souleva. Je sentis la chaleur arriver. Ce n'était plus qu'à deux ou trois mètres de moi, lorsque deux grandes pinces éventrèrent la surface avant de se refermer bruyamment sur la lame de mon sabre. Je sentais encore les vibrations dans mon bras, mes yeux me brûlaient et je ne pouvais pas m'expliquer pourquoi il n'avait pas saisi cette occasion.

- « Tch. » grognai-je en retenant mon bras droit à l'aide du gauche. 'Quel animal stupide...' pensai-je en regardant l'œil me regarder en contre-bas. 'moi je n'aurais pas hésité une seconde.'

- « ALLEZ ! » ordonnai-je ; la chose sauta une fois de plus et s'arrêta juste avant de refermer ses pinces sur mes bras. 'C'est ça...' pensai-je à voix haute. 'arrête de réfléchir.' « Attaque-moi si tu l'oses ! » ordonnai-je ; la surface resta alors calme. Plus une vague, pas même une bulle ne fit surface...

Je n'essayai même plus de comprendre.

Je me remis à l'endroit avant de monter un peu plus haut puis me laisser pendre une fois de plus et ce, encore et encore et encore. Ça avait duré plusieurs jours - sans doute - mais maintenant il avait pris goût à ce 'jeu' et je me demandais de plus en plus pourquoi j'étais encore là ; l'argent, c'est vrai.

- « J'ai hâte d'empocher ce petit pactole. » soupirai-je en m'étirant ; le Magmopendre était devenu aussi grand que ma corde... il ne lui faudrait plus très longtemps pour tourmenter Valoo par lui-même.

Soudain, j'entendis la porte s'ouvrir ; je voulus alors me relever mais au moment où mes doigts allaient atteindre mon sabre, une lance se planta dans leur chemin.

- « Alors, c'était comment dans la caverne ? » demandai-je en levant ma jambe pour 'remettre' ma botte ; le couteau qui était dedans tomba dans ma main.

- « Toi... » grogna le Bokoblin à une oreille en se rapprochant de moi. « Est-ce que tu sais combien de temps tu nous as fait perdre ?! » s'exclama-t-il.

- « Moi je dirais qu'on en a gagné. » rétorquai-je d'une voix monotone en laissant mon dos aller contre la pierre. « Pas ma faute si vous êtes trop lents. » ricanai-je, les yeux fermés mais les sens alertes.

- « La ferme ! » s'exclama une voix plus grave ; j'ouvris les yeux, mon couteau était déjà dans ma main. Je me poussai du mur directement sur mes pieds et me préparai à parer la lance lorsque deux pinces se refermèrent autour de moi.

Crac

La lance se brisa et sa lame virevolta à quelques centimètres de ma tête avant de se ficher quelque part ; il avait attendu son heure... Un sourire s'étira sur mon visage avant que mes yeux ne se tourner vers le Magmopendre géant ; son œil me fixait.

- « Allez ! Bute-la, c'est tout ce qu'elle mérite ! » lança un Bokoblin en levant son arme ; la chose retira ses pinces de la paroi puis les ouvrit d'un coup. Des cris de douleur et de surprise s'élevèrent ; il avait envoyé valser la troupe...

Surprise, je le regardai fixer les Moblins et Bokoblins pendant qu'ils rampaient et se précipitaient pour sortir de la salle, puis lorsque le silence revint, il se laissa glisser dans sa mare de lave.

Faible, imbécile, naïf, arrogant... je ne savais pas bien quel mot j'aurais voulu mettre sur les actions de cette créature... ou de toutes les choses qui m'avaient épargnée tout au long de ma futile existence...

Etea m'avait 'épargner' de nombreuses fois pour me faire retomber juste après... le capitaine m'avait abandonnée aux autorités à la place de se salir les mains... le vieux roux m'avait envoyée lui chercher la source même de la ruine d'Hyrule au lieu de me trancher en deux... Et maintenant, même une créature, un moins que rien, un pion. Quelque chose comme moi venait de me laisser une seconde chance ?

Je me mis à rire. Étais-je si pitoyable que ça ? Faible et embarrassante au point d'être sauvée par un insecte ?

Sans doute, oui.

Je me rapprochai de la lave silencieusement, les yeux et dans le vide ; je savais qu'il me regardait. Sans trop réfléchir, je piochai dans ma sacoche arrière et en tirai mes derniers vivres avant de les poser sur le bord de la mare.

- « Allez, maigrichon. T'as pas fini ton boulot ici. » dis-je avant de retourner contre la paroi. Il ne mis pas longtemps à pointer le bout de son nez et regarda les appâts que je lui avait laissé ; il baissa sa tête vers eux, les mandibules écartées mais ne descendit pas plus bas. « Dis le tout de suite si t'en veux pas. » lançai-je, les sourcils froncés. Il releva la tête puis son œil alla des appâts à moi, plusieurs fois avant de pousser une petite plainte.

- « Quoi ? T'arrive pas à les choper ? » m'exclamai-je, agacée ; il réessaya, mais ses mandibules semblaient le gêner. Il se lamenta une fois de plus en me regardant ; je soupirai avant de me lever. « Ça va, ça va... » maugréai-je en traînant des pieds jusqu'à la mare. « Allez, pousse-toi un peu. » ordonnai-je en faisant des gestes de main avant de me baisser, tout mettre entre mes mains puis me redresser et les lui présenter.

Son œil fit des allez-retours entre ma tête et les friandises.

- « Allez, j'ai pas toute la journée ! » m'énervai-je un peu en lui présentant mes mains une fois de plus ; il sembla hésiter puis, très lentement, il ouvrit ses mandibules, approcha sa tête et pris une petite bouchée de la pointe des dents. « Tu te grouilles, oui. » m'impatientai-je en regardant attentivement ses dents approcher mes doigts ; il va en profiter...

Mais rien n'arriva.

Le dernier appât partit et le Magmopendre avec. 'Stupide créature...' soupirai-je en laissant mes mains tremblantes pendre le long de mon corps.

- « GOHMA ! » appelai-je d'une voix forte et stricte. « TOI QUI A ÉTÉ RAMENÉ POUR CETTE SEULE RAISON, TOURMENTE VALOO. FAIT LE ÉCUMER DE RAGE ! » ordonnai-je en montrant la queue du vieux reptile du doigt ; quelques secondes plus tard, la stupide créature s'élança de la lave pour agripper la queue de ses pinces. Un hurlement se fit alors entendre et tout le

volcan trembla ; je souris.

'Bien, brave bête.' ricanai-je intérieurement en le regardant faire.

- « He l'Hylienne ! » grogna une voix derrière moi.

- « Quoi ? » vociférai-je sans me retourner ; mon couteau était déjà prêt.

- « Tu retournes à la forteresse. » annonça-t-il ; je me retournai en silence. Pourquoi n'étais-je pas surprise... ?

- « Ah oui... bien sûr... » dis-je avec un sourire qui me déchirait le visage. « Pars devant je vais y aller. » ordonnai-je en jouant avec le manche de mon sabre ; il me regarda un moment, puis partit.

'Enfoiré...' grognai-je en plantant l'ongle de mon pouce dans le cuir de mon sabre ; une petite plainte résonna. Je me retournai et découvris, à la surface, un œil qui me fixait.

- « Continue ton œuvre, je reviendrais plus ta- » commençai-je avant que quelque chose ne me revienne à l'esprit ; mon argent ! La fin du mois allait bientôt arriver et je n'aurais pas eu mon argent ! « Merde... » grognai-je en me passant ma main sur mon visage ; un gémissement se fit entendre. « Quoi ? » demandai-je sèchement ; Gohma pencha la tête sur le côté avant de se rapprocher et ouvrir la bouche.

Des bruits étranges et répugnants se mirent alors à remonter et, en quelques secondes, une bouillasse informe et puante tomba au sol ; il me regarda juste après. Je fis de même.

Il secoua sa tête, me faisant signe de le prendre.

- « Mais garde ça. J'ai pas besoin de bouffe ! » m'énervai-je. « C'est du fric que je veux ! Du pognon ! Des rubis ! » expliquai-je en frottant mon pouce contre mes autres doigts ; sa tête se pencha de l'autre côté. « Laisse tomber. » grognai-je en me détournant ; il fallait vite que je trouve quelque chose...

Le volcan trembla une fois de plus et, avant que je ne passe la porte, Gohma m'appela.

- « Quoi ?! » hurlai-je en me retournant rapidement. Il sembla surpris par ma réaction, mais après quelque secondes, il s'approcha et, présenta quelque chose entre ses dents ; je tendis ma main et il y laissa tomber quelque chose. « Une écaille ? » m'interrogeai-je en y regardant de plus près ; mes yeux s'écarquillèrent.

Elle était de Valoo !

Je la regardai un moment puis levai les yeux vers Gohma ; il semblait attendre ma réaction. En silence, je mis l'écaille dans ma sacoche et relevai les yeux vers l'animal.

- « C'est sympa... » murmurai-je en regardant mes pieds. « Allez- » commençai-je. « au plaisir, mon garçon. » souris-je après lui avoir vaguement tapoté la tête.

Lorsque je retirai ma main, il retourna dans sa mare, et moi au dehors.

- « Fais bien gaffe à ton cul. » lançai-je juste avant que la porte ne se referme : quelle pitié...