Auteur : Ero Usagi-san
Beta : Loli des Jimiilolita – elle c'est une fille, lui c'est un garçon, elle porte une jupe, lui un pantalon, mais quand il s'agit de fanfictions, c'est tout le monde à poil et droit dans l'oignon le gang bang est sympa, ça sue un peu des dessous de bras, mais venez participer, vous allez bien vous marrer !
Rating : T pour le moment, je verrai si je me lance dans le dangereux exercice du lemon plus tard
Pairing : Byakuya/Ichigo
Disclaimer : Tout est à Tite mais j'essaye de négocier… On dit que l'espoir fait vivre ! (gros soupir)
Titre : L'effet miroir
Message de l'auteur : Pfffuuuui ! J'ai reçu pleins de reviews d'encouragement tous plus agréables les uns que les autres : vous êtes vraiment supers toutes et tous !
Alors je vous REMERCIE tous, les fidèles reviewers, les reviewers anonymes (je pense à vous !), les simples lecteurs, les filles, les garçons, les lapins, les carottes, les poireaux et même Bibi-kun et Fraisounette - qui pourtant commencent sérieusement à se rebiffer (ils arrêtent pas de parler de ragoût, civet et autres terrines de lapin à tout bout de champ !).
Note de l'auteur : On garde le même système qu'avant puisque ça à l'aire de fonctionner, donc :
Byakuya = Byakuya dans le corps d'Ichigo = "Ichigo"
Ichigo = Ichigo dans le corps de Byakuya = "Byakuya"
Les pensées et la voix des hollows sont en italique.
NB : les parenthèses sont réservées à l'unique commentaire du lapin dans le texte.
Enjoy !
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Chapitre 6 : Reflet, double et négatif
En voyant l'état de l'inestimable symbole de la famille Kuchiki, le noble capitaine sentit qu'il allait exploser : vingt-cinq générations et pas une seule égratignure, vingt-quatre heures entre les mains de Kurosaki et le voilà troué… Et pourtant, le brun avait déjà affronté mille périls avec, sans pour autant que la précieuse écharpe n'en subisse les conséquences.
Encore une grande première à mettre au palmarès de ce stupide gamin… Ce fut trop ! Byakuya explosa, le visage congestionné et les sourcils froncés sans pour une fois chercher à imiter le shinigami remplaçant :
« - Me la racheter ? commença-t-il alors qu'une veine palpitait dangereusement à sa tempe. En possède tu seulement les moyens ? Sa valeur est si grande que la vente de ton quartier ne suffirait pas à réunir les fonds nécessaires…
- Quoi ! Pour ce truc moche ? le coupa Ichigo qui ne s'aperçut que trop tard qu'il n'avait fait qu'aggraver son cas. Enfin je veux dire… c'est qu'un bout de tissu, non ? Il est pas irremplaçable ?
- … »
La veine battait de plus en plus fort, tout comme le reiatsu qui s'élevait dans l'air.
« - Kurosaki Ichigo, si tes origines vulgaires ne t'ont pas appris à faire la différence entre les choses, mon bankai et moi-même allons peut-être y parvenir. Mais je te préviens la leçon risque d'être très longue…
- Non mais tu veux quoi à la fin ! Faut savoir là ! Tu voulais pas que je protège ton corps ? fulmina le roux devant l'insulte.
- Le Ginpakukazaharu est un de "mes" biens et il est sur "mon" corps. Il fait donc partie de "moi". »
Le capitaine était atterré par la stupidité du jeune homme comme par sa propre colère.
« - De plus, j'en ai assez de me plier à ton bon vouloir afin de conserver quelque chose à récupérer le jour où cette infâme situation cessera. Tu vas donc immédiatement dégager le passage et me suivre. Il est plus que temps de te faire porter des vêtements de ce monde… »
Ichigo s'exécuta sans un mot, la puissance du reiatsu qui l'écrasait était suffisamment impressionnante comme ça. A peine la porte libérée, il sentit une poigne d'acier se refermer sur son coude alors que le noble sortait précipitamment l'entraînant à sa suite.
Passant devant Jinta, celui-ci resta bouche bée et Ururu fit un pas en arrière. Ils se regardèrent :
« - C'est moi où "Ichigo" était effrayant ?
- Pourquoi est-il aussi en colère ? On dirait un hollow. Déclic ! La cible représente une réelle menace : demande confirmation de son élimination ?
- Calme toi Ururu, "Ichigo" n'est pas dans son assiette en ce moment, intervint Tessai. »
Le noble avait traîné le roux jusqu'à sa chambre. Il ferma d'un claquement sec le shoji et envoya valser le jeune homme par terre quitte à contusionner "son" propre corps. Sa fureur l'aveuglait.
« - Oh putain ! Tu pourrais faire un peu attention quand même ! Viens pas te plaindre après...
- Tu n'as jamais demandé à Kisuke des vêtements ? enchaîna le brun, sans relever les protestations du roux.
- Si évidement ! Mais ça n'a pas été une grande réussite… déclara Ichigo cherchant d'une main, pendant que de l'autre il se massait "ses" reins endoloris. Tiens, voilà ce qu'il m'a filé : une vieille chemise à Tessai et…
- Un vieille chemise… l'interrompit Byakuya le sourcil gauche pris d'un tic nerveux en voyant la serpillère que lui tendait le jeune humain. Trop, c'est trop ! »
Le capitaine sortit en silence, un doigt pointé sur Ichigo lui intimant l'ordre de l'attendre sans bouger. Ce qui se passa par la suite, le roux devait l'ignorer, mais les bruits qu'il entendit lui firent penser que ce n'était pas plus mal : d'abord un miaulement, suivi d'un chat qui déguerpissait à grande vitesse, des bruit de fracas variés, des murs qui tremblent et enfin, un « Non, pas ça ! » retentissant provenant du scientifique. Puis des pas se déplaçant rapidement d'une pièce à l'autre avant de revenir. Byakuya parut une pile de vêtements dans les bras.
« - Je viens d'avoir une petite conversation avec Urahara Kisuke qui a gracieusement accepté que je fouille dans son armoire pour prendre de quoi me vêtir décemment. Il m'a aussi passé ceci pour que j'aille faire quelques emplettes plus à mon goût, indiqua le capitaine en tendant la carte de crédit de Kisuke. »
Ichigo ouvrait de grands yeux, il n'en revenait pas… Tu peux vraiment être effrayant des fois Kuchiki Byakuya, capitaine de la sixième division du gotei 13 ! pensa le roux avant de se rappeler que le même capitaine l'avait déjà promis deux fois à son bankai… Je suis pas dans la merde là !
Byakuya avait sélectionné dans la garde de robe du blond ce qu'il lui avait paru de plus sobre et de plus belle facture. Il assortit deux pièces qu'il tendit à Ichigo avant de se tourner :
« - Mets ça !
- D'accord, d'accord… Mais calme-toi ! »
Le roux se changea rapidement. Quand il eut terminé, le noble se retourna. Ce dernier s'approcha et finit d'arranger la tenue. Puis satisfait, il ôta le foulard de "son" cou avec beaucoup de douceur ; et c'est avec la même douceur qu'il le plia – Ichigo le voyant faire se dit qu'il avait encore une fois merdé en beauté. Enfin, le noble se plaça derrière lui. Alors avec une grande délicatesse - qui contrastait avec la colère qui émanait encore de lui, il glissa les doigts dans "sa" chevelure. Le roux en frissonna : les doigts parcourraient profondément la masse soyeuse et le souffle de Byakuya lui caressait le cou puisque, dans l'échange, il était devenu le plus petit. Au fur et à mesure, Ichigo sentait les cheveux reprendre leur liberté et s'échapper sur son visage. Quand le noble eut fini, il se recula… avant de s'effondrer sur le sol se tenant la tête des deux mains.
« - Hé Byakuya, ça va pas ? demanda le roux soudain inquiet.
- Une voix… Il y a une horrible voix dans ma tête… souffla le brun. »
Ichigo réfléchit un instant avant de parler.
« - C'est ton hollow intérieur qui vient de se réveiller… Avec la colère que tu viens de piquer, y a rien d'étonnant à ça !... Ne l'écoute pas, il va te saper le moral sinon… »
Byakuya semblait écrasé, la voix intérieure persiflant des infamies. Pourquoi as-tu retenu ton attaque ? Tu avais envie de le massacrer pourtant… Ce scientifique impur… Cet odieux gamin aussi… Tout ça serait si simple pourtant ! En fait peut-être est-ce toi le plus pourri de tous ? Ta corruption n'est-elle pas supérieure ? Tu passes ton temps à vouloir montrer ta perfection au monde ; tu es celui qui doit donner le bon exemple… Alors que tu crèves de désir de les voir tous disparaître… Hahaha ! Un rire hystérique résonna dans la tête du brun qui se replia encore un peu plus.
Voyant les réactions du noble, Ichigo se fit plus doux. Il savait par quoi passait le capitaine : il n'avait que trop connu les effets dévastateurs de la présence de son hollow. Lentement il coucha Byakuya dans son futon. Après la tornade qu'ils venaient d'essuyer, Kisuke et les autres occupants du magasin devraient les laisser tranquilles pour le restant de la journée.
Voyant le noble roulé sur le côté, une main plaqué sur son visage cherchant plus à couvrir ses émotions plutôt qu'à apaiser la voix interne, Ichigo fut saisi par l'ensemble du tableau. Byakuya lui offrait la vision de ce que le roux avait dû présenter avant de maîtriser son hollow.
A "se" voir ainsi abattu, Ichigo "se" trouvait pathétique ; mais en même temps quelque chose de triste se dégageait de l'image. Le reflet abîma Ichigo dans d'étranges pensées. C'était Rukia qui l'avait sorti de la torpeur… Non disons le clairement, de la dépression dans laquelle les paroles du hollow l'avait plongé. Pour s'en sortir, il avait du reconnaître le plaisir qu'il pouvait prendre au combat. Comprendre que ce désir n'était pas forcément synonyme de destruction. Il aimait se battre mais pour protéger ce qu'il lui était cher. A la mort de sa mère, il s'était juré de devenir suffisamment fort pour défendre ceux qu'il aimait et ceci n'était pas un vice.
Il n'aimait pas l'odeur du sang, il ne souhaitait pas donner la mort. C'était Rukia, encore une fois, qu'il lui avait fait prendre conscience qu'il pouvait utiliser sa force pour les plus fragiles, quand elle l'avait poussé à endosser le rôle de shinigami. Comme avec Chad, il prêtait sa puissance dans un but louable. Comme avec les fantômes qu'il aidait alors que tous oubliaient d'honorer leur mémoire. Et cela il le faisait car sa mère était morte. Que serait-t-il devenu si elle était restée en vie ? Un gamin comme les autres, volage et capricieux, centré sur sa personne ? Voilà ce que sa mère lui avait transmis en ultime héritage : sa générosité, son esprit de sacrifice.
Et c'était grâce à cela qu'il avait pu surmonter sa terreur et vaincre son hollow : il était le roi et le resterait : car il puisait sa force en l'amour qu'il avait pour les autres et que ses amis avaient en lui, contrairement à son hollow, qui lui tirait sa puissance de sa haine et ne s'intéressait qu'à sa personne.
Soudain l'effet miroir disparut. Ce n'était pas lui qu'il voyait là mais Byakuya. Oui, c'était le Kuchiki qui faisait face maintenant à ses propres désirs les plus refoulés. Que pouvait bien désirer secrètement le noble ? A ce moment, ce dernier souffla presqu'imperceptiblement :
« - Non, tu mens… »
Ichigo se pencha et tendit sa main vers l'épaule du capitaine avant de suspendre son geste : le noble ne supportait pas d'être touché – ça il le savait bien, ça avait faillit lui coûter la vie à leur première rencontre.
« - Jamais, tu entends… soupira faiblement le brun. »
Ces mots et surtout le ton, avec lequel Byakuya les avait prononcés, poussèrent Ichigo à terminer son geste. Il posa doucement "sa" main sur "son" épaule. Il sentit immédiatement le noble se tendre, puis peu après la tension sembla s'apaiser. Byakuya ouvrit subitement les yeux comme s'il venait d'être tiré d'un mauvais rêve :
« - Oï, ça va Byakuya ?
- Peut-être… Oui, se ressaisit-il. »
Le noble contempla la pièce autour de lui et la position dans laquelle il se trouvait avec une expression mêlée de honte et de dégoût.
« - Sortons d'ici.
- Bien… s'inclina Ichigo. »
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Les deux shinigami partirent alors, marchant côte à côte, chacun dans ses pensées et n'osant aborder la défaillance du noble.
« - Au fait, on va où ?
- Nous avons des achats à faire, te souviens-tu ?
- Ouais, c'est bon : donc, direction le centre commercial !
- Qu'est-ce ?
- Le lieu de pèlerinage de Rukia et de Matsumoto – enfin de toute l'association des femmes shinigami, quand elles viennent sur terre !
- Je crois en percevoir la teneur alors. »
Ils continuèrent à avancer silencieusement alors que les rues se faisaient plus vivantes à l'approche du dit temple du shopping. Ils déambulèrent un moment parmi les boutiques aux devantures chamarrées : mais le contenu des vitrines semblait toujours rebuter les goûts du noble. Ils finirent par trouver une petite échoppe à l'écart. En y entrant, le roux fut surpris par l'intuition du capitaine : même dans un monde inconnu, il arrivait à trouver les boutiques de luxe, surtout quand il s'agissait d'accessoires !
Posant à pein un regard sur la marchandise exposée, Byakuya se dirigea d'un pas sûr vers le comptoir, derrière lequel se tenait un vieil homme. Ils commencèrent à échanger une discussion dont les termes techniques échappaient à la compréhension d'Ichigo. Même quand il s'agissait d'une écharpe, le capitaine réussissait à lui rappeler le fossé entre leur condition. Le marchand finit par rejoindre son arrière boutique avant de revenir avec trois paquets dans les bras. Il ouvrit les boîtes et écarta le papier de soie avant de les présenter au capitaine. Celui-ci, sans les regarder plus que ça, désigna la troisième boîte :
« - Je vais prendre celle-ci, lâcha-t-il platement.
- Je vois que Monsieur est un connaisseur. Cela faisait bien des années que je n'avais rencontré quelqu'un dont l'œil soit aussi exercé et les goûts aussi raffinés. Vous êtes exigent, et bien restez le jeune homme! finit par conclure le vendeur dans un grand sourire plissé. »
Ichigo n'en revenait pas : Byakuya n'était donc pas que de l'esbroufe ; il savait réellement de quoi il parlait. Le roux se sentit étrange à cette pensée : comme si le fait de "se" voir acheter quelque chose de précieux lui semblait déplacé. Un déclic se fit en lui : en fait c'était l'idée que le noble coincé en "lui" ne dégageait pas la classe suffisante pour avoir ce genre de conversation.
« - Comme vous l'imaginez, ayant pris ce qu'il y a de meilleur, le prix ne peut que suivre. Cela vous fera… »
Ichigo pouffa, puis se ressaisit en sentant le regard noir de Byakuya tomber sur lui. La somme était astronomique.
« - Avec ceci, je peux vous régler ? Byakuya détestait parler argent, pour lui cela dégradait toute la beauté d'une œuvre ou d'un objet.
- C'est pour vous ou dois-je l'emballer ?
- Non, c'est pour offrir mais elle va être portée de suite, rajouta placidement le brun. »
Sur ces mots, il s'empara du tissu qui se déplia dans un agréable chuintement. Alors que le noble la passait avec grâce à "son" cou, Ichigo se sentit rougir.
« - Votre… ami… vient de vous offrir un très beau présent, conclut le boutiquier. »
Sur ce, ils sortirent.
« - Je crois que le vieux a cru qu'on était… un couple… avança Ichigo. Décidément, c'était la journée !
- Et ça t'a dérangé ? Tu n'avais qu'à pas rougir aussi stupidement, répondit Byakuya. Avec la méprise qu'il avait eue plutôt, il se sentait d'humeur taquine pour une petite revanche.
- C'est pas que ça m'a dérangé, enfin si… enfin non… Enfin, tu sais quoi !... Et puis, toi c'est "moi" et moi… et ben c'est "toi". Dans ma tête, c'est comme si j'étais avec mon double et ça c'est dérangeant, tenta le roux qui rougissait au fur et à mesure de son explication.
- Donc si chacun avait été à sa place, cela ne t'aura pas gêné ? enchaîna le capitaine, qui trouvait très plaisant de jouer avec l'embarras du shinigami remplaçant – surtout que cela lui offrait une occasion de vengeance facile.
- Non pas du tout, enfin si très ! C'est pas que t'es… Et merde, c'est quoi ces questions à la con là ! rétorqua Ichigo confusément.
Il avait rêvé ou le noble venait d'avoir eu une légère esquisse de sourire.
« - Tu te sens bien, enfin mieux ? demanda interloqué le roux. Tu veux qu'on fasse une pause.
- Un thé serait effectivement le bienvenu. »
Ils trouvèrent un café à l'air tranquille et se posèrent en terrasse. La commande servie, Ichigo tenta de lancer la conversation :
« - Pourquoi portes-tu toujours un foulard autour du cou ?
- Monter sa nuque est indécent.
- Pourtant avec un tel port de tête, t'as pas de quoi choquer grand monde. Et puis c'est pas comme si t'étais moche ! Regarde comme Rukia t'admire et comment ses yeux brillent quand elle parle de toi, opposa Ichigo.
- C'est bien ce que je disais : c'est obscène. Je l'accepte venant de ma sœur mais je m'y refuse de la part d'autrui, reprit Byakuya face un roux qui ne semblait pas comprendre. Tu as l'air de dire que mon cou présente quelques attraits, il ne doit donc pas être exposé à tous, jeté ainsi en pâture.
- Ouais, c'est un point de vu, conclu Ichigo.
- De plus mon uniforme entier est un héritage, je me dois de le porter tel quel.
- Ouais mais dans tout ça, quand est-ce que tu as ton mot à dire ? Quand est-ce que tu es toi ? voyant l'absurde de la situation le roux plongea son regard au sol.
- Je n'ai pas mon mot à dire : je suis le chef du clan Kuchiki, enchaîna Byakuya. Et puis, chacun exprime sa fantaisie par manière dont il arbore ses kenseikan.
- Ben t'aurais pu faire plus simple pour le coup !
Byakuya tiqua au douloureux souvenir du massacre de ses cheveux Ichigo, piteux, détourna la conversation.
- Au fait Byakuya, j'ai une question qui me dérange depuis quelque temps. Pourquoi n'as-tu rien dit à l'époque, alors que tu avais découvert que j'avais un hollow ?
- Une vie pour une vie, laissa tomber le brun avec son impassibilité légendaire.
- Bon d'accord, j'ai sauvé Rukia mais…
- Ce n'est pas de la vie de Rukia dont je parle, le coupa le capitaine.
- …
- Tu ne m'as pas achevé, finit par enchaîner le noble face à l'incompréhension du plus jeune.
- J'étais pas vraiment en état de le faire, soupira Ichigo.
- Tu as défait ma lame, tu aurais pu prendre ma tête.
- Tu ne t'étais pas battu de toutes tes forces, répliqua le roux.
- Je me bats toujours de toutes mes forces, renvoya le brun, piqué.
- Et si tu avais dû te battre contre moi pour sauver Rukia, tu n'aurais pas réussi à me vaincre par hasard ?
- …
Leur regard était fuyant : il était difficile pour les deux shinigami de se faire ainsi face. Après tout, ce qu'ils voyaient, c'était eux-mêmes. Et leur conversation ressemblait plus à un examen de conscience qu'ils auraient pu tenir en introspection.
- Tu sais pour ton hollow, commença Ichigo alors qu'il sentit le noble se rembrunir, n'écoute pas tout ce qu'il dit : il te fait passer un message. Un truc super déformé… mais dans le fond, il contient quelque chose de vrai qui te permettra de le vaincre.
- Et pour toi, quel était le message ? interrogea Byakuya
- …
- …
- Que j'avais le droit d'aimer de me battre… soupira Ichigo. Me battre pour ceux que j'aime.
- Je ne devrais donc pas être inquiété par cette question, murmura Kuchiki.
- Pourquoi te bats-tu ?
- … Pour ma fierté…
Ils finirent leur consommation en silence. Le brun régla l'addition avec la carte de Kisuke. Puis, ils se remirent en route.
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Passant devant un établissement de restauration rapide, Byakuya demanda intrigué :
- Quel est ce lieu ? Y a-t-il un événement particulier ?
- Non, c'est juste l'affluence normale d'un fast-food. C'est vrai que tu ne connais pas. Tu veux essayer ?
Kuchiki hésitait, les bains de foule et les endroits fréquentés par les masses n'étaient jamais bon signe, de plus les étranges odeurs de friture qui s'en échappaient ne le rassuraient pas. Mais Ichigo en décida à sa place !
- C'est bon, j'appelle ma sœur et je lui dis que tu, enfin que "je" ne mangerai pas avec eux ce soir !
Le coup de fil passé – faire comprendre que non, "sa" voix n'avais pas changé, c'était le réseau qui captait mal et que non, il n'avait rien à redire à la cuisine de Yuzu, Ichigo entraîna le noble à l'intérieur. Byakuya fut étonné : le menu était présenté par des images géantes et les plats proposés ressemblaient à des piles de dossiers administratifs en retard. Perdu, il se fia à Ichigo pour son repas.
Quand le roux lui fit signe de récupérer son plateau, le capitaine ne réagit pas de suite.
- C'est ton menu.
- Ces boîtes ?
- Oui, tu prends le plateau et on va se chercher une place !
C'était le monde à l'envers pour Byakuya : des images pas de mots, au client de faire le service et même de trouver où s'installer !
- Où sont les baguettes ? demanda le brun
- Y en a pas, ça se mange avec les doigts !
- Où sont les toilettes alors ?
- Heu… je t'accompagne ! lança Ichigo qui ne voulait pas passer pour un malpropre – autant essayer de sauver un peu de son honneur !
Le passage fut rapide : décidément les commodités communes n'étaient pas le fort du noble. En ouvrant la première boîte, Byakuya se figea : l'intérieur ne ressemblait à rien et encore moins à l'affiche. Malgré tout il imita le shinigami remplaçant. La première bouchée passée, le noble regarda avec stupéfaction Ichigo.
- Alors, tu trouves ça comment, demanda ce dernier, la bouche à moitié pleine et un grand sourire sur le visage.
- Très gras et très sucré.
- C'est à peu près ça : t'as tout compris au fast-food !
Le repas se termina tranquillement, ponctué par les remarques du capitaine sur ces découvertes.
- Pourquoi avez-vous la fâcheuse manie de mettre vos boissons en boîte ? interrogea Byakuya
- Je sais pas. Pour pouvoir les transportées sûrement, peut-être pour l'hygiène…
- Alors que vous mangez avec vos doigts ? Et surtout vu l'état des toilettes, je trouve ça déplacé…
Sur ce, ils vidèrent leur plateau aux poubelles – Kami-sama, ce que cette situation ne m'aura fait faire ! s'étrangla le noble – et se remirent en route direction la boutique du scientifique.
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Ils marchaient côte à côte quand Ichigo s'arrêta soudain. Il venait, pour la première fois depuis que qu'"il" s'était changé, de faire face à un miroir en plein. Le reflet renvoyé lui parut incongru tout d'abord : la vision d'un Kuchiki sans apparats était saisissante. "Ses" cheveux ondulaient légèrement dans le vent, la chemise violette sombre, qui rappelait l'ito de Senbonzakura et dont les deux premiers boutons étaient ouverts, relevaient la couleur de ses yeux, et le pantalon noir mettait en valeur sa taille ; quand à la nouvelle étole, sa pâleur éclairerait "son" teint tout en laissant deviner les courbes de "sa" nuque. Le roux commençait à entrevoir pourquoi la cacher !
Ichigo se trouva très beau,… enfin "Kuchiki". Un trouble le saisit en voyant qu'il commençait à se mélanger. A ce moment, Byakuya le rejoignit, le double reflet ne fit qu'accentuer son agitation : "Ichigo" le visage détendu, la tête haute, la démarche gracile, un peu trop sérieux dans son uniforme avait de quoi émouvoir. Arrivé à son niveau, le noble fut à son tour captivé par l'image. Le couple qu'ils formaient était détonnant : un jeune homme à la coupe voyante et pourtant à l'expression austère et un plus âgé au physique sobre et pourtant renfrogné. C'était déstabilisant car ils étaient eux sans être eux et s'ils ne se reconnaissaient pas eux-mêmes, ils se retrouvaient tout de même en l'autre.
« - Je comprends qu'il y ait eu méprise de la part du vendeur… pensa tout haut Byakuya avant de se rendre compte de son erreur.
- Pour une fois, je suis d'accord avec toi…
- J'ai dit quelque chose ? demanda innocemment le brun.
- Hein ! Non, rien du tout ! Je pensais tout haut… s'écria le roux qui virait écarlate, sans voir le petit sourire en coin de Kuchiki. »
Tout en se remettant immédiatement en route, Ichigo demanda pour détourner l'attention :
« - Qu'as-tu fais à Kisuke pour obtenir ses vêtements et sa carte ?
- Je ne suis peut-être pas dans "mon" corps, mais je sais encore utiliser le kido. Et les sorts de niveau 90 peuvent être très convaincants. »
Le ton légèrement enjoué du noble mit de bonne humeur le roux et c'est dans un silence sans gêne qu'ils arrivèrent au magasin. Kisuke les attendait avec un grand sourire :
« - J'ai de nouveaux résultats ! Donc demain, je devrai être à même de pouvoir tenter quelque chose ! Par contre Kuchiki-taicho, pourriez-vous amener le mode soul d'Ichigo ?
- Si cela peut servir… »
Kurosaki, devant l'affabilité d'Urahara, se dit qu'il devrait s'intéresser un peu plus au kido – sort de niveau 90, c'est ça ?
« - Je dois vous rendre ceci, déclara platement le noble en tendant la carte et les trois reçus. »
Alors que le blond consultait les achats fait sur son compte, deux menus fast-food, deux boissons, une… Aarggh ! Il manqua de s'étrangler en voyant le prix indiqué.
« - Un problème ?
- Non, non, mon cher Kuchiki-sama ! répondit le scientifique d'un ton trop enjoué pour être sincère, une moue crispée cachée par son éventail. J'espère juste que vos achats vous ont plu. Donc, comme je le disais, si vous pouviez passer demain à midi, ce serait parfait. Je vous souhaite une bonne nuit à tous les deux.
Le blond devait filer avant d'exploser à son tour ; les dégâts qu'engendreraient l'utilisation de Benihime étaient trop conséquents et vu l'achat du noble, il ne pourrait payer les réparations. Ichigo proposa à Byakuya de le raccompagner mais le capitaine préféra rentrer seul – d'un, il aimait marcher la nuit et de deux, moins le shinigami remplaçant se déplaçait et moins il avait de chance de "lui" porter des préjudices corporels.
C'est ainsi que le capitaine arriva chez "lui". En ouvrant la porte, il s'était préparé à l'accueil d'Isshin, qui ne rata pas… Enfin le père d'Ichigo finit sa course dans le mur comme d'habitude. Les filles étaient déjà couchées. Byakuya le salua quand même et monta dans "sa" chambre.
Là, il ouvrit un certain tiroir et en extirpa ce qu'il restait du pauvre Kon. La malheureuse peluche voulut se mettre à pleurer sur les mauvais traitements qu'on lui faisait subir mais Byakuya la stoppa d'un regard avant d'ajouter :
« - Hier soir, tu m'as parlé de certaines photographies que tu avais prises de Rukia ?
- Tu les veux ? Je vais les chercher, ajouta Kon espérant ainsi s'acheter les bonnes grâces d'"Ichigo". »
Après que le noble eut feuilleté les premières, il se saisit de Kon et le remit dans le tiroir avec une fermeté proportionnelle à son irritation. La pauvre peluche ne comprit rien à se qui lui arrivait – pourtant elles sont jolies les photos que j'ai prises, un peu sombres, un peu floues et mal cadrées mais quand même ! Puis Byakuya se prépara et se coucha.
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Le lendemain matin quelle ne fut pas la surprise d'Isshin en venant réveiller "son" fils de le trouver déjà prêt à partir – son pied en resta en suspens ! Byakuya passa devant, le saluant, puis descendit dans le salon. Les filles petit-déjeunaient tranquillement et furent réellement surprises de le voir s'apprêter à quitter la maison.
« - Mais Nii-chan, je n'ai pas encore préparé ton bento, commença Yuzu.
- Cela tombe bien, je ne déjeunerai pas au lycée aujourd'hui, lui répondit gentiment le noble se souvenant du délicieux repas qu'elle "lui" avait préparé la veille. »
Une fois parti, Karin s'exclama :
« - Tu vois bien qu'y a un truc louche ! Je suis sûre qu'il y a une fille dans sa vie !
- Moi, je dirais plutôt un homme, lâcha Isshin en sortant de l'escalier.
- HEIN ! firent en cœur les jumelles.
- Heu, oui ! Un nouveau prof ! Et il est particulièrement sévère avec les retardataires, expliqua benoitement leur père.
Arrivé au magasin, tout le monde dormait encore. Byakuya réveilla sans ménagement Ichigo qui partit se préparer encore tout groggy. Le bon côté est qu'il ne fut pas en état de capter cette partie difficile de leur échange. Comme promis, Byakuya l'apprêta avec ce qu'il avait prélevé de la garde robe de Kisuke. Ce dernier se révéla avoir bien meilleur goût, que les frusques qu'il portait habituellement laissaient sous-entendre. Une fois tout fini, il partit sans un mot en direction du lycée.
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Byakuya rejoignit "sa" classe sans encombre. Mais en arrivant, Keigo lui sauta dessus. En l'évitant Byakuya fit tomber sa besace de cours. Celle-ci s'ouvrit et répandit son contenu. Inoue s'approcha pour l'aider à récupérer les affaires éparses ; quand soudain elle s'arrêta. Elle tenait dans ses mains un portrait de Rukia magnifiquement encadré. Byakuya s'en aperçut et voulut récupérer son bien.
- Tu dois beaucoup tenir à Kuchiki-san, dit-elle la mort dans l'âme.
- Ce n'est pas Rukia, déclara le noble avant de lui prendre le médaillon des mains et de le glisser sur son cœur, ce qu'Orihime ne manqua pas noter.
- Et ça non plus c'est pas Rukia ! balança Keigo en agitant une photo. Juste sa petite culotte !
Byakuya en colère récupéra les clichés de Kon et les enfonça dans le sac de cours. Inoue eut du mal à retenir ses larmes. Ishida observa toute la scène d'un œil furibond. Le cours ne tarda pas à commencer bouclant pour le moment l'incident.
La matinée s'écoula relativement bien. Pendant la pause, Orihime rejoignit "Ichigo" qui se tenait à l'écart.
« - Je peux te parler Kurosaki-kun ?
- Je t'écoute.
- Il y a quelque chose que j'ai toujours voulu te dire... Même si Tatsuki n'est pas d'accord… Enfin, je veux dire que… je… je… La jeune fille n'arrivait pas à finir sa phrase. Je sais que tu ressens quelque chose envers Kuchiki-san mais moi… »
Comprenant que les mots ne viendraient jamais, tandis que les larmes lui montait aux yeux, elle se mit sur la pointe des pieds pour l'embrasser. Byakuya prit de panique en comprenant ce qui se passait, saisit Orihime par les deux épaules et l'éloigna de lui prestement. Voyant les raies de larmes courir sur son visage, le noble se sentit terriblement gêné. Ichigo n'était peut-être pas avec Chad mais cela ne voulait pas dire pour autant qu'il ne souhaitait pas être avec la rousse. Prenant son courage à deux mains, il l'embrassa rapidement sur la joue avant de conclure :
« - Tu es une fille bien Inoue Orihime. »
Puis il s'enfuit rapidement. Il venait de réaliser sa B.A. de l'année, voir du siècle. Il ne fallait pas lui en demander plus encore. Pour soulager sa conscience, le noble justifia son action en la mettant sur le compte qu'il éloignerait ainsi le shinigami remplaçant de sa petite sœur, si ce dernier était avec quelqu'un d'autre. Il remonta en classe sans demander son reste. Les cours se poursuivirent comme le matin. Et mis à part quelques regards d'Inoue, le capitaine ne se fit pas plus remarquer. Quand la sonnerie retentit, Kuchiki se rua vers la sortie espérant ainsi éviter la jeune fille rousse.
Vers la sortie, il croisa Uryu et l'interpela. Tout en repensant à l'affaire de Ginpakukazaharu, Byakuya demanda innocemment :
« - Au fait Ishida, puis-je m'inscrire à ton club de couture ? »
Le quincy tiqua, se demandant quel mauvais tour "Ichigo" voulait lui jouer pour vouloir si subitement le rejoindre, surtout que la veille, le groupe avait blagué là-dessus. Toutefois, il finit quand même par répondre tout en redressant ces lunettes - se disant que s'il l'avait à l'œil, il pourrait surveiller ses rapports avec Hime :
« - Evidemment, mais je te préviens : c'est trois soirs par semaine et l'assiduité est de mise, t'en sens-tu capable ?
- Tout à fait capable, répondit le brun souriant sournoisement en son for intérieur. »
Une petite vengeance à retardement attendrait Kurosaki dès son retour…
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Voilà, pour le chapitre 6 !
Bon pour se qui est du suivi de cette fic…
Il faut commencer par expliquer que M. Lapin est féru de maths : quand il est heureux, il fait des probas et quand il déprime, c'est les stats ! Donc, j'avais rentré dans un beau classeur toutes mes données et je viens de les re-regarder : en faite ce qui tue mes résultats, c'est l'indice de passage du chapitre 1 au 2 : j'ai une morbidité importante au début (P't'ête ben que mon style est rédhibitoire !).
Donc quand je pondère mes stats sans ce vilain chiffre, je découvre que non en faite vous aimé, du moins vous êtes fidèles. Alors merci à tous du fond du cœur.
Et surtout comme le disait une brillante auteure de fic, les reviews, c'est notre carburant ; sans on avance plus ! Vous savez quoi faire maintenant !
