Auteur : Subaru-d Série : X Clamp Genre : Rencontre mythique Couple : SubaruX Seishirô
Toi qui es – Chapitre 5
Après une (longue) absence, je reprends enfin cette fic, qui était partie pour être mignonne et ne va sans doute pas le rester longtemps XD. Reprenons, donc…
« Vous sauriez la reconnaître ? »
Subaru but une autre gorgée de son thé, à présent froid, et reposa calmement la tasse sur la table basse, répondant sans regarder sa grand-mère.
« Je ne l'ai vue que brièvement, mais je suppose, oui…pourquoi ? »
« Des personnes douées du don de manipulation, ce n'est pas courant, Subaru-san. En cherchant un peu nous devrions pouvoir la retrouver. »
« Ce qui ne me dit pas pour quelle raison elle voulait que je la suive. Ni pourquoi elle a abandonné si facilement la poursuite. » Répliqua l'onmyôji en posant son menton au creux de sa main, l'air totalement impassible. Intérieurement, il ne cessait de se repasser l'échauffourée à la gare sans y percevoir quoi que ce soit de logique…cette fille pouvait contrôler les foules, tentait de l'intimider, et s'enfuyait en voyant qu'il était prêt à se battre malgré tout. Etait-elle moins puissante qu'elle n'en avait l'air ? Elle avait tout de même lâché la foule sur lui…
« Apparemment, elle tenait à ce que je la suive sans dommages. »
« Si elle n'a pas essayé de vous tuer… »
« Vous savez, ôba-san, beaucoup de gens peu scrupuleux n'excluent pas que quelques membres cassés ne change rien à la notion de « vivant ». Elle aurait très bien pu me faire passer à tabac par la foule. Savez-vous s'il y a eu des cas similaires depuis que je suis rentré ? »
« Pas à ma connaissance. Subaru-san…avant de…rechercher quoi que ce soit à ce sujet…Je voudrais savoir autre chose. »
Le jeune homme ancra son regard dans celui de son aïeule et y perçut la lueur, très particulière, mélange d'inquiétude et de colère…un regard qu'elle ne réservait qu'à peu de personnes. A une personne, surtout.
« J'ai rencontré le Sakurazukamori. » Fit-il sans cérémonie « Une entrevue creuse, sans intérêt, mon retour rapide est en soit assez explicite, il me semble. »
« Ho. Je suis navrée. »
Elle ne l'était certainement pas, le soulagement de sa voix était plus que perceptible et agaça Subaru. Au fond, tout le monde paraissait satisfait que Seishirô lui tourne le dos…tout le monde sauf Seishirô…et lui-même.
« Je lui ai fait comprendre que nous n'avions plus rien à nous dire. »
« Parfait. »
Une sonnerie aigrelette ponctua le dernier mot de Lady Sumeragi, provenant de la poche de Subaru. Il eut un mouvement de tête pour s'excuser et décrocha, avant de se figer.
« Co…comment as-tu eu ce numéro ? »
Le visage de Subaru demeura impassible, mais la flamme dans son regard ne trompait pas…Lady Sumeragi resta silencieuse, contemplant son petit-fils avec mélancolie. Que n'avait-elle pas fait pour contrebalancer l'influence néfaste de Setsuka et surtout celle de sa progéniture…Elle n'avait jamais supporté de voir cet homme porter les mains sur Subaru, chaque fois qu'il l'amenait à la maison de famille, leurs échanges avaient été moins que cordiaux.
Le Sakurazukamori n'avait pas même fait l'effort de cacher sa possessivité à l'égard du petit garçon qu'il était supposé protéger. Cela avait donné le haut-le-cœur à Lady Sumeragi. Elle ne pouvait concevoir qu'on accepte d'être vu de cette façon.
Et pourtant…
Subaru avait voulu le rencontrer, à nouveau…et bien qu'il ait maintenu – et continuerait à maintenir dignement- le contraire, le fil n'était certainement pas coupé entre eux. Le Sakurazukamori le maintenait attaché, tirait dessus peu à peu, et Subaru se laissait faire, attendant simplement de ne plus avoir d'échappatoire.
« Je ne veux plus que tu m'appelles, Seishirô-san. » Fit le jeune homme d'une voix sèche avant de raccrocher. « Pardonnez-moi, ôba-san, mais… »
« Que s'est-il passé exactement, à Tokyo ? »
Les deux onmyôjis s'affrontèrent du regard…celui de la vieille femme priait son successeur de ne rien dissimuler, quelque chose dont elle avait toujours cru Subaru incapable. A tort.
« Il a voulu que nous ayons une relation, lui et moi. »
« Une…relation ? »
« Il me l'a signifié de manière assez directe. J'ai refusé, il s'est froissé. C'est tout. »
« Je vois mal un homme tel que lui se froisser d'un refus, Subaru-san. Comment a-t-il eu votre numéro ? »
Un nouveau silence et Subaru reprit, tendu :
« Vous ne pensez tout de même pas que j'ai pu le lui donner ? Ôba-san, je vous assure que je ne veux plus le voir. »
« Ho…votre raison en est sans doute persuadée. Mais aucune de vos expressions ne trompent. Il est partout chez vous, Subaru-san…vous ne l'avez jamais tout à fait quitté. Et il en est de même pour lui, manifestement. »
« Il a été attaqué. Au même moment que moi, à quelques rues. »
Subaru s'était levé, lentement.
« Vous avez raison au moins sur un point, ôba-san : je vais effectivement le revoir. Mais ce sera professionnel et ça le restera. Cet homme peut se froisser, quoi que vous en disiez…c'est même son seul trait de caractère : sa fierté et sa suffisance. »
Il salua rapidement et sortit, silencieux, laissant son aïeule à de sombres pensées.
***
Pas de café, cette fois-ci…trop de monde, Subaru était beaucoup moins conciliant lorsqu'il se sentait observé, jugé. Incroyable qu'un garçon élevé dans les préceptes de la philosophie taoïste puisse encore se sentir touché par le regard qu'on portait sur lui…mais si c'était la condition pour le mettre de meilleur humeur, alors Seishirô s'y plierait sans la moindre hésitation : pour lui, le lieu n'avait pour seule fonction que de mettre en confiance.
C'est pour cela que cette salle était la plus indiquée…sous le couvert d'un entraînement, il pourrait parler avec Subaru seul à seul. Le Sakurazukamori fit quelques mouvements d'assouplissement et sourit en percevant un mouvement dans son dos, un bruit feutré, le léger glissement des pieds nus sur les tatamis, le souffle discret de quelqu'un qui s'efforçait de masquer sa présence…
« Je t'attendais un peu plus tard. »
« J'ai eu un train, finalement. Je suis arrivé à Tokyo il y a moins d'une heure. »
Le jeune homme s'était adossé contre le grand miroir, sur le côté, négligemment appuyé sur son reflet, les bras croisés sur la poitrine. Son expression, fermée, presque boudeuse, aurait donné envie de l'embrasser.
Mais Subaru était beaucoup moins réceptif à ce genre d'attentions qu'il ne l'aurait sans doute été à l'adolescence.
« Je constate que tu t'es sorti indemne de ta petite échauffourée à la gare. »
« Comme toi. Comment as-tu su ? »
Seishirô refit quelques mouvements souples, et se posta face à Subaru.
« Un peu d'entraînement ? »
« De la magie ? »
« Arts martiaux, seulement. Je suppose qu'on te les a enseignés aussi…à en juger par ta façon de te déplacer, je dirais…Kung-fu, Judo et Tai-chi… »
Il y eut un silence, puis Subaru fit un geste rapide, faisant pivoter son buste pour frapper Seishirô, qui dévia le mouvement, saisissant le poignet du jeune homme avant de le fixer avec un sourire.
« Et karaté ? »
« Comment as-tu su, pour la gare ? » Insista Subaru.
Il cherchait à l'impressionner, à le forcer à le traiter avec plus de mesure…à mettre de la distance entre eux. Lady Sumeragi avait du le travailler au corps pour l'en convaincre. Si Seishirô en avait été capable, sans doute l'aurait-il haïe pour ça.
« Je suis un agent du gouvernement…un agent qui s'occupe des affaires embarrassantes, et ta petite explication sous les yeux de la foule a été jugée TRES embarrassante. » Répondit le Sakurazukamori avec un rictus, avant de faire brutalement pivoter son poignet, faisant glisser Subaru, puis tentant de le frapper à la tempe. Le jeune onmyôji para de justesse et se dégagea, se maintenant à distance.
« Tu peux comprendre que confondre une gare et un ring ne soit pas du goût de tout le monde. »
« Tu as des ordres me concernant ? »
« Cela se pourrait…que préfères-tu que je te dise ? Qu'on m'a demandé d'avoir un entretien avec toi… »
Seishirô croisa les bras sur la poitrine.
« Ou qu'on a exigé que je te fasse dire qui t'a attaqué ? »
Calmement, Subaru se remit totalement sur ses pieds, soutenant le regard posé sur lui.
« Ce sont mes affaires. »
Il ne voulait pas que Seishirô mette son nez là-dedans…il venait de s'engager à ne plus le revoir auprès de sa grand-mère, travailler avec lui était exclus s'il voulait pouvoir couper les ponts de manière définitive.
« Très bien. Ma directive est la suivante : les ronds de cuir veulent la tête du petit malin qui t'as provoqué à la gare. Et pour la leur apporter, j'ai carte blanche. Une carte qui te concerne, tout particulièrement, Subaru-kun. »
A SUIVRE…
