Après avoir entendu frapper à la porte, Ziva jeta un regard rapide dans le miroir de l'entrée. Son reflet était malheureusement conforme à ce qu'elle attendait : celui d'une femme fatiguée, pourvue de vilaines cernes et toujours vêtue de son pyjama à 11 heures du matin un samedi.

Mais Mme Munsckine ne lui en tiendrait sûrement pas rigueur. Attendrie par son statut de jeune maman, sa voisine de palier venait souvent lui proposer quelques services, comme lui acheter des fruits et des légumes au marché biologique qui se tenait chaque week-end, à quelques rues de leur immeuble. A l'aide d'un élastique, elle coiffa rapidement sa chevelure ébouriffée en une queue de cheval avant d'ouvrir la porte.

Elle fut stupéfaite en découvrant l'identité de la personne qui se tenait sur son palier.
Elle le regarda un long moment en silence essayant de donner un sens à sa présence sur le seuil de son appartement.
Elle finit par bredouiller : " mais Tony, Thanksgiving n'est pas passé"
Il lui sourit avant de lui répondre :
"Je n'avais pas envie que tu aies un accident "
"Quoi!" s'exclama-t-elle en fronçant les sourcils
"Je t'expliquerais plus tard. Est-ce que je peux entrer?" dit-il en désignant du menton l'intérieur de son appartement.
Pour toute réponse, elle ouvrit sa porte en grand pour le laisser passer.

"Où je peux déposer cela?" demanda-t-il en soulevant ses deux volumineux sacs de voyage.
"Dans ma chambre, suis moi " dit-elle en passant devant lui
Il s'exécuta et arrivé près de son lit, il y déposa ses bagages.
Elle était nerveuse, surprise par sa venue soudaine et incertaine de ses intentions. Même si Tony était un homme qui prenait grand soin de son apparence, le volume de ses affaires indiquait qu'il pensait sûrement rester plus d'un week-end.
"Tu n'as pas démissionné quand même?" demanda-t-elle tout à coup très inquiète
"Non, rassure-toi. J'avais juste beaucoup de vacances à prendre." dit un Tony distrait occupé à examiner les quatre coins de sa chambre.

Sa réponse ne la rassura pas pleinement. Elle avait besoin de temps pour faire face à cette situation imprévue et aussi d'une bonne douche décida-t-elle en examinant sa tenue.
" Je n'ai pas eu le temps de me préparer ce matin. Tu m'en veux pas si je passe un peu de temps à la salle de bains."
" Pas souci, appelle-moi si tu as besoin que je te frotte le dos" dit-il en lui adressant un clin d'oeil
Elle fit mine de ne pas l'avoir entendu et lui dit :
"Samuel fait sa sieste du matin mais il ne va pas tarder à se réveiller. Tu peux mettre la télévision si tu veux".

Une fois enfermée dans la salle de bain, après quelques respirations profondes, elle était prête à analyser la situation. Il était donc prêt à lui accorder une nouvelle chance et il s'était décidé plus rapidement que prévu. Elle était heureuse et souriait bêtement à son miroir. C'était un énorme défi pour Tony, pour elle, pour eux. Mais s'il se sentait prêt à le relever, elle se devait d'être elle aussi à la hauteur.

La première chose à faire, pensa-t-elle, c'était de se rendre présentable. Elle entreprit donc dans un temps record de se laver le corps et les cheveux, de s'épiler, de se crémer et de se maquiller. Elle sécha rapidement sa chevelure pour que de jolies boucles apparaissent. Satisfaite du résultat, elle alla dans sa chambre, où elle hésita entre deux tenues et opta pour un jean qui lui faisait de belles fesses et un joli haut bleu pétrole qui mettait ses épaules en valeur. Elle se regarda dans un miroir et ne pût s'empêcher de rire de la situation. Elle avait l'impression d'être comme, comment s'appelait-t-elle déjà? Bridget Jones sauf qu'elle n'avait pas mis une vilaine culotte mais plutôt des jolis sous-vêtements en satin noir.

Elle se rendit au salon et fut surprise et ravie de trouver Tony assis par terre occupé à faire rouler des petites voitures en compagnie Samuel.
"Hello" dit-elle simplement en s'asseyant à côté des deux garçons.
Samuel vint instamment sur ses genoux la gratifier d'un baiser baveux.
"Il s'est réveillé pendant que tu te séchais les cheveux. Je suis allé le voir, il m'a tendu les bras et désigné ses petits bolides" expliqua Tony
"Merci" dit-elle simplement
"Il m'a l'air d'être aussi déterminé que sa maman." remarqua-t-il
"Il a déjà un bon caractère et aussi un appétit féroce. D'ailleurs, ça va bientôt être l'heure de son repas." dit-elle en regardant sa montre
Elle se rendit dans la cuisine et ouvrit un placard duquel elle sortit deux petits pots. Pendant que le repas du petit chauffé au micro-onde, elle examina le contenu de son frigo. Elle poussa un énorme soupir de mécontentement en constatant qu'il était quasiment vide.

Avant qu'elle n'ait eu le temps d'ouvrir la bouche, il lui dit :
"Je vais faire quelques courses. Des envies particulières Miss David?"
"Non, je te laisse choisir"
"Ok" dit Tony en mettant son manteau et en se dirigeant vers la porte d'entrée
Elle le regarda partir soudainement inquiète. Sur une impulsion, elle alla le retrouver sur le palier et le rattrapa par la manche. Il se retourna et la regarda l'air surpris.
"Tu reviens?" lui demanda-t-elle en se mordant la lèvre
Il laissa alors échapper un petit rire avant de déposer un baiser sur sa joue.

Une fois dehors, il se dirigea vers un restaurant thaï qu'il avait remarqué dans le quartier, le jour où il l'avait revue. Des mois s'étaient écoulés depuis et toute la colère, la tristesse et le ressentiment qu'il avait éprouvés alors, avaient disparus. New-York était la ville du renouveau et de l'espoir pour de nombreux immigrants et désormais pour lui aussi, elle représentait son avenir. Il croisa de nombreuses personnes sur son chemin qui a son passage se mettaient à lui sourire. Surpris, il mît un long moment à comprendre que c'est lui qui souriait et que les passants ne faisaient que lui rendre son sourire. Peut-être était-il naïf? Ziva et lui au quotidien qui plus est avec un bébé était ce vraiment possible? Avaient-ils autant grandi et mûri ?

Ses questions trouvèrent leur réponse dans le déroulement de leur journée ensemble. Tout s'était bien passé du déjeuner pris à même le sol pour jouer avec Samuel, à leur balade à Central Park revêtu des couleurs chatoyantes de l'automne, du dîner de spaghettis qu'il avait lui même cuisiné au coucher de Samuel à qui il avait chanté la seule berceuse qu'il connaissait en hébreu.

Assis côte à côte sur son canapé, ils regardaient un des DVD qu'il avait acheté dans l'après-midi. Blottie sous une couverture, Ziva la tête appuyée sur son torse semblait montrer des signes de fatigue voire d'ennui.
"Cela ne te rappelle pas quelque chose ce film?" lui demanda-t-il espérant ainsi maintenir son attention
"Non, je l'ai jamais vu. Tu sais les vieux films, c'est pas trop mon truc" dit-elle en s'étirant pour se tenir éveillée
"Dis moi pas que tu as vu la version avec Warren Beatty?" dit-il en prenant son air de cinéphile outré
"Je ne sais pas de quoi tu parles" dit-elle en le regardant dans les yeux et en approchant son visage du sien
"Le film dont tu parlais dans ta vidéo, c'est la version moderne du film que l'on regarde" dit-il en désignant l'écran de la télévision.
"Si tu le dis" dit-elle visiblement peu intéressée par son savoir cinématographique mais comme fascinée par sa bouche
"Et je suis sur que tu n'as même pas vu la moitié" dit-il en approchant son visage du sien
Ziva le regarda l'air intrigué.
"Parce qu'elle a un grave accident en se rendant à leur rendez-vous en haut de l'Empire State Building et qu'elle devient paralysée." expliqua-t-il d'une voix douce en l'embrassant dans le cou
"C'est horrible" s'exclama Ziva en éloignant son visage du sien.
"Mais cela finit bien, je te l'assure" dit-il passant une main derrière la nuque de sa compagne pour l'attirer vers lui. Elle n'opposa aucune résistance et approcha ses lèvres des siennes.
Leur baiser tendre et complice portait la promesse de très beaux lendemains.

The END

Voici la fin heureuse que méritent ces personnages.
Merci de tout cœur à ceux et celles qui ont laissé des reviews et ont tout simplement lu et aimé mes histoires. T et Z m'ont accompagné pendant de longues années et m'ont permis comme je crois à beaucoup d'être un bon échappatoire quand la vie n'était pas toujours rose. C'est avec un brin de nostalgie que je les quitte aujourd'hui. Je souhaite à chacun d'entre vous de trouver son Tony ou sa Ziva et de vivre une belle histoire. Bye.