Chapitre 6
Newt méditait sur les derniers mots que Cyborg et Teresa avaient échangé. Il ne pensait pas que Cyborg était défaitiste. Si elle prétendait qu'aucun remède n'existait, c'était la vérité. Évidemment, cela ne l'enchantait pas. Il était condamné à devenir fou ou à mourir. Super.
Si ça devait être ainsi, il ne se laisserai pas faire. Il fouilla dans les affaires qui traînait autour de lui et dénicha un bout de papier et un stylo. Il tapota la mine sur le papier un instant, à la recherche de ses mots. Son regard tomba sur Thomas. Il sut alors quoi dire.
Son stylo gratta frénétiquement sa feuille et les lettres se dessinèrent les unes après les autres, sans hésitation. L'émotion rendit sa main tremblante à mesure qu'il couchait ses pensées. Il finit sa lettre en la signant de son nom puis la plia et posa ses deux mains à plat dessus. Il se mit à réfléchir à tout ce qu'il avait vécu, tout ce qui l'avait conduit jusqu'à cette table, à adresser ses plus profondes pensées à Thomas. Il chercha le jeune homme du regard et le trouva en train de converser avec Poêle-à-Frire et Brenda dans un coin, près d'un baril dans lequel brûlait un petit feu.
Il se demanda soudain depuis quand Thomas avait ces traits si fins. Sa peau salit par la poussière et la sueur n'entamait pas une certaine beauté que Newt n'avait jusqu'alors pas remarqué. Il ferma les yeux, soudain gagné par une profonde détresse. Il aurait aimé un autre futur avec ses amis, avec Thomas. Résigné il glissa sa lettre dans une enveloppe, laquelle fut marquée du prénom de Thomas, et la rangea dans une de ses poches pour le moment.
X
Quelques heures plus tard, Thomas, Newt et Gally reprenaient le chemin de la tour du WICKED avec Teresa, Poêle-à-Frire, Brenda et Cyborg. Ils se séparèrent en sortant des sous-terrains. Le plan était clair pour tous. Thomas, Newt et Gally allaient s'infiltrer parmi les soldats du WICKED en volant des uniformes. Teresa serait escortée par Thomas avant que les deux autres ne les retrouvent à l'intérieur de l'édifice. De son côté Brenda leur ménagerait une sortie en volant un fourgon de transit. Poêle-à-Frire était en contact avec elle pour les récupérer à l'aide d'une grue. L'idée était cocasse mais si elle fonctionnait parfaitement, c'était le moyen le plus sur et le plus rapide de sortir de la ville. Quant à Cyborg, elle s'assurerait de faire diversion pour que le groupe de Thomas passe inaperçu.
Brenda leur souhaita bonne chance à chacun et parti la première. Cyborg et Gally s'éloignèrent à leur tour, juste le temps de voler des uniformes dans un des postes de surveillance. Sur le chemin qui les ramenaient vers les autres, Cyborg tendit une manette à Gally.
- Qu'est-ce que c'est ? demanda le garçon en recevant l'objet.
- Une porte de sortie, j'espère, répondit Cyborg. Une fois les Immunes sauvés, vous serez obligé de fuir la ville. Trouve un lieu sûr, et une fois là-bas active-la.
Gally examina la manette d'un œil curieux. C'était un boîtier en fer, surmonté de voyants éteints. Une touche unique en son centre invitait à l'activation. Gally rangea l'objet précieusement dans un poche de la veste qu'il allait mettre. Ils retrouvèrent Newt, Thomas et Teresa là où ils les avaient laissés et se hâtèrent de se cacher dans une ruelle sombre. Cyborg distribua les uniformes rapidement.
- Et toi ? demanda Newt.
- Pas besoin. Je pars la première pour détourner l'attention de Janson et TBR. J'attendrais que vous soyez rentrés pour faire mon show.
Sur le point de partir, elle se tourna la tête vers Teresa.
- Fais le bon choix.
Sans laisser le temps à la jeune fille de répondre, elle s'éclipsa dans la nuit, direction l'entrée principale du WICKED. Thomas fronça les sourcils et jugea la réaction mutique de Teresa.
- Qu'est-ce qu'elle a voulu dire ?
Teresa secoua la tête, feignant l'ignorance. Newt et Thomas se regardèrent avec suspicion. Gally coupa court à leurs doutes en attrapant Teresa par le bras.
- Allez en piste.
Les deux autres garçons acquiescèrent et enfilèrent leur casque.
X
Passer les portiques de sécurité fut aisé. Thomas escortait Teresa, suivit à bonne distance par Gally et Newt. Ils se regroupèrent véritablement tous les quatre au niveau des parkings. De là, Teresa les guida de mauvaise grâce jusqu'aux sous-sols où étaient emprisonnés les Immunes. Après s'être débarrassés des gardes, ils forcèrent les portes des cellules et libérèrent les adolescents qui n'en revenaient pas. Aucun d'eux ne semblaient physiquement blessés, mais leurs peaux livides, les creux de leurs joues et leurs regards effrayés en disaient long sur le traitement qu'on leur avait réservé jusque là. Newt les rassura les uns après les autres, d'une tape amicale ou d'un mot sympathique. Teresa les observaient, à la fois bouleversée et révoltée. Thomas traversait les cellules au pas de course, l'œil vif à la recherche de Minho.
- Merde, siffla Thomas en vérifiant la dernière cellule vide. Il n'est pas là.
Il se tourna vers Newt dont le visage livide était défait. Le blond était aussi inquiet que lui. Thomas s'approcha de Teresa avec colère.
- Où il est ?
La jeune fille réfléchit rapidement.
- Il n'aurait pas…
D'un mouvement brusque elle contourna la console pour accéder aux ordinateurs des gardiens. Elle déverrouilla sans difficulté les sécurités et entra sa recherche pour retrouver Minho. En une demi-seconde, l'ordinateur lui ouvrit une fenêtre de réponse. Le profil de Minho apparut, ainsi que diverses indications.
- Il a été transféré à l'unité médicalisé, constata-t-elle blême. C'est à l'autre bout de la tour.
Thomas ne se donna pas le luxe de réfléchir.
- OK, emmène moi là-bas, décréta-t-il.
- Je viens avec toi, décida Newt.
- Non, tu restes avec Gally, une fois le coffre fracturé vous récupérez le sérum. Cyborg ne va pas tarder à entrer en scène, elle nous donnera nos chances de passer inaperçu.
Newt lui lança un regard sévère.
- Tu ne te la joues pas solo sur ce coup, asséna-t-il résolu.
- Grouillez-vous les mecs, trancha Gally. Je chope le sérum et on se retrouve là-bas, mais perdez plus de temps !
Thomas sembla hésiter, puis obtempéra. Newt et lui renfilèrent leurs casques. Ils poussèrent Teresa devant eux et d'un pas pressé remontèrent au rez-de-chaussé pour gagner les ascenseurs qui serpentaient dans tous le bâtiment.
Quelques 10 minutes de marche stressante plus tard, Thomas appuyait sur le bouton d'appel de l'ascenseur que lui indiquait Teresa. Il était de plus en plus tendu. Il craignait d'être démaqué au moindre écart. Teresa restait de marbre, consciente qu'elle risquait de mettre la vie des deux garçons en danger si elle agissait de manière étrange. Elle ne souhaitait pas que quelque chose leur arrive. Quoiqu'ils puissent penser d'elle, elle tenait à eux. Certes sa détermination et son objectif l'avait poussé à les trahir, mais c'était pour le bien commun. Elle voulait au moins qu'ils le comprennent.
- Que fait Cyborg ? s'exaspéra Thomas en rappuyant sur le bouton d'appel.
La présence d'autres soldats non loin d'eux l'agitait. Les portes coulissèrent enfin et les trois adolescents se pressèrent à l'intérieur.
Soudain alors que les portes se refermaient, Janson fit irruption dans l'habitacle. L'appareil s'éleva d'abord doucement, puis les étages commencèrent à défiler. Thomas et Newt se regardèrent discrètement, pas certain de ce qu'ils devaient faire. Neutraliser la face de rat maintenant ce serait signaler leur position. Thomas bouillonnait de haine pour ce connard. Il se tint prêt au moindre moment à le descendre et resserra sa prise sur son fusil. Janson, ignorant tout de ce qui se tramait, et encore moins conscient que Thomas était dans son dos, jeta un coup d'œil à Teresa, un peu surprit de la savoir encore au siège.
- Tu bosses tard. C'est encourageant malgré la tempête. Tu maintiens le cap. C'est très brave et… réconfortant.
Teresa fixait un point devant elle, le cœur tambourinant. Elle n'aurait qu'un mot à dire et Janson était perdu. Si jamais elle menaçait la sécurité des deux garçons, ils n'hésiteraient pas à faire feu sur elle et Janson. Mais le rat aurait sûrement le temps de donner l'alerte. Or, malgré qu'elle soit leur otage et forcée de coopérer, elle ne voulait pas que Janson mette la main sur eux. Elle savait qu'une voie pacifiste existait.
- TBR a ramené l'espoir, dit-elle en choisissant soigneusement ses mots pour répondre au chef de la sécurité.
Janson dodelina de la tête.
- C'est vrai, admit-il. Il est notre salvateur en un sens.
Les muscles du visage de Teresa se crispèrent. Quel drôle de façon de décrire ce sadique venu du futur.
- Autre chose, que tu dois savoir, continua Janson. Entre ami, on peut tout se dire. Thomas est ici.
Cette fois, le cœur de Teresa rata un battement. Lentement, elle tourna la tête vers Janson. Savait-il ?
- Paige ne voulait pas que tu le saches, mais j'estime que tu dois être au courant, poursuivit Janson. Des caméras l'ont filmé derrière la muraille. Je pense qu'il cherchera à te contacter. Si c'est le cas, j'espère… être le premier à être averti.
L'ascenseur stoppa son ascension avant que Teresa donne une quelconque réponse. Janson ne savait pas et cela rassura un peu Teresa. Les portes s'ouvrirent et elle s'offrit cette sortie.
- C'est mon étage, dit-elle en saluant Janson.
Newt et Thomas qui jusque là étaient restés immobiles, silencieux, la suivirent, non sans que Thomas bouscule sciemment Janson en sortant. Les portes se refermèrent sur lui alors qu'il se demandait avec quel culot un soldat pouvait faire ça. Il lui fallut moins d'une minute pour percuter. Deux garçons. Le comportement de Teresa, sa réaction presque absente quand il l'avait informé de la présence de Thomas. Il appuya sur le bouton de l'étage auquel Teresa venait de le quitter et sorti vivement son transmetteur.
- Ils sont ici, informa-t-il.
- Cyborg est-elle avec eux ? demanda TBR à peine instant après.
- Non, je ne l'ai pas vu.
- Alors ils sont à votre merci. Et pourraient servir d'appât.
Janson se fit la réflexion que TBR avait raison. Il avait bien fait d'en faire son allié.
- Je veux deux unités avec moi et vous me rejoignez immédiatement, ordonna-t-il.
- A vos ordres, répondit TBR d'une voix de fausset que Janson ne sut décrypter.
Les portes de l'ascenseur le firent descendre à l'étage de Teresa et au pas de course il suivit le seul chemin que les adolescents avaient pu emprunter. Ils étaient là pour Minho, c'était une évidence, ils ne pouvaient se rendre qu'à un seul endroit.
Janson se munit de son pistolet et se mit en chasse. Il les repéra à l'entrée du complexe médical. Teresa leur avait déjà ouvert les portes, leur garantissant l'accès. Une dispute avait éclaté entre elle et Thomas qui s'était débarrassé de son casque. Grossière erreur, mais venant d'un gamin, cela n'étonnait pas Janson.
- Tu perds ton temps Teresa, gronda-t-il en arrivant à leur hauteur.
Ils firent volte-face vers lui. Déjà les soldats réclamé par Janson les encerclaient. TBR n'allait plus tarder. Il arriverait des labos ce qui prendrait les intrus en tenailles.
- Il a fait son choix depuis longtemps, rappela Janson en visant Thomas.
Dans un réflexe irrationnel, Thomas saisit Teresa et se servit d'elle comme d'un otage.
- N'avancez pas ! Dites leur de dégager !
Les soldats étaient de plus en plus nombreux. Janson misait beaucoup sur la vie de Teresa mais en cet instant, à présent que TBR était dans son camp, il se dit qu'une traîtresse pouvait bien mourir. Sauf qu'il savait que Thomas n'aurait jamais le cran de tuer son amie.
- Pas à moi Thomas, siffla-t-il sarcastique. Depuis qu'on t'a effacé la mémoire je te connais mieux que tu ne te connais. Tu ne la tueras pas.
- Vous êtes sûr de ce que vous dites ? lança Thomas, bravache.
Il resserra sa prise sur la jeune fille. L'ombre d'un doute s'insinua dans la tête de Janson. Il dévisagea l'air résolu de l'adolescent. Les épreuves avaient rendu ses traits plus adultes, plus rudes. Janson se dit qu'il pourrait être surprit. Aussi voulu-t-il savoir à quel point Thomas avait changé. D'un geste lent, il releva son pistolet, désengageant sa menace.
- Très bien vas-y. Tue la. Prouve moi que j'ai tord.
Un frisson parcouru Teresa. Elle savait que Thomas ne lui ferait pas de mal. Elle en était persuadé. Mais pour ce qui était de Janson, elle n'avait aucune certitude. Une idée germa dans sa tête. Une idée un peu folle. Elle détestait Janson autant qu'elle le craignait.
- Je te regarde, continuait Janson. Tue-la.
Teresa sentit le tremblement violent qui saisit le corps de Thomas. Brusquement, elle en eut la certitude, elle ne laisserait pas Janson lui faire du mal.
Une explosion fit trembler l'étage. Une seconde ébranla la passerelle sur laquelle se trouvait Janson et ses soldats. Teresa profita de la confusion pour repousser Thomas et Newt dans le sas d'entrée du complexe médical. Une montée d'adrénaline lui donna la force d'abaisser le levier de fermeture des portes par-feu. Derrière elle, des tirs à répétition visait l'autre bout du couloir.
Janson se jeta en avant alors qu'une salve répondait à celle de ses soldats.
- Non, lui hurla-t-il en la forçant se baisser pour la protéger des tirs qu'ils essuyaient.
De l'autre côté de la porte, Thomas et Newt contemplaient la scène abasourdi. Thomas accrocha le regard de Teresa et un instant, ils retrouvèrent la complicité qu'ils avaient un temps eut. Thomas savait qu'elle venait de leur sauver la mise. Janson n'eut pas le loisir d'essayer de les atteindre. La silhouette de Cyborg se dessina de l'autre côté de la passerelle, en train d'en découdre avec plusieurs soldats en même temps, et le força à battre en retraite. Il entraîna Teresa dans son sillage pour gagner un pilier et se protéger du combat. Cyborg était seule et pourtant, elle était partout à la fois. Elle se battait comme une milice et sans subir le moindre dégâts.
Newt retira son casque et cria son nom, effrayé par sa situation. D'un signe de tête, elle lui signifia qu'elle allait bien. Thomas et elle échangèrent un regard entendu.
- Minho, lança le garçon à Newt en s'enfonçant au cœur du complexe médical.
Newt grimaça et s'élança sur ses talons.
De sa zone de repli, Janson couvrait Teresa d'une main et tirait sur Cyborg de l'autre. Mais ses efforts pour la toucher semblait vain. En désespoir, il traîna Teresa par le poignet jusqu'à un ascenseur et s'y réfugia.
- T'as intérêt à avoir une bonne excuse, grogna-t-il une fois à l'abri.
Teresa dont le cœur battait à vive allure élabora une excuse solide en un instant.
- Tu devrais me remercier, cingla-t-elle. Ils sont bloqués maintenant. Ils ne connaissent pas les lieux et n'ont aucun moyen d'accès.
Elle agita son pass sous les yeux du rat.
- Tu devrais d'abord te préoccuper de Cyborg.
Janson rengaina son pistolet en la fusillant du regard. Comme il aurait aimé lui en coller une. Elle n'était toujours en vie que pour une raison. Parce qu'il avait besoin d'elle pour trouver un remède. Cette idée le mena rapidement à une autre et il retrouva un peu d'assurance. Il tira son transmetteur pour contacter TBR.
- Thomas et Newt sont coincés dans les labos, dit-il sans détour. Votre sœur est à l'entrée.
Un temps passa. Janson allait relancer son appel quand TBR répondit.
- Je peux m'occuper des garçons si vous m'assurez que vous pouvez capturer Cyborg.
- Il me les faut vivants ! intervint Teresa, acerbe.
Elle ne supportait plus la voix de TBR. Elle ne lui faisait plus confiance. Janson releva la lèvre dans une grimace méprisante.
- Ils sont à la recherche de Minho. Je m'occupe personnellement de votre sœur.
- Je vous les livre dans moins d'un quart d'heure, promit TBR.
Son assurance fit blêmir Teresa. Pour une raison inconnue, elle savait qu'il disait vrai. Elle espérait que Thomas et les autres réussiraient à s'enfuir avant que ce malade ne leur tombe dessus. Janson n'allait plus lui faire confiance maintenant. Si elle ne pouvait plus les aider elle devait vite trouver un moyen de les protéger.
Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent au niveau au-dessus. Janson se précipita pour évaluer la situation à l'étage inférieur. Cyborg terminait de coucher les derniers soldats. De nouvelles unités se pressaient dans sa direction, évitant partiellement les corps et les débris qui jonchaient le sol. Elle avait fait exploser plusieurs piliers pour bloquer des issues. Janson aboya ses ordres dans son transmetteur et ignorant Teresa, se dirigea au pas de course vers les escaliers les plus proches.
Teresa se pencha pour observer le conflit au-dessous et déglutit péniblement à la vue de la mer de corps qui entourait Cyborg. Cette dernière, par l'opération du saint esprit, sentit le regard de la jeune fille. Elle releva la tête dans sa direction. Un courant passa entre elles. Teresa sut immédiatement ce qu'elle avait à faire. Elle tourna les talons et trottina jusqu'aux escaliers opposés à ceux que Janson avait emprunté, pour rejoindre une autre entrée des labos.
X
Newt et Thomas avançaient d'un pas mal assuré, à visage découvert, en plein milieu du complexe médical. Ils affrontaient les regards suspicieux et curieux des médecins, scientifiques et soignants qui ne s'étaient pas arrêtés de travailler malgré l'alarme stridente et entêtante qui résonnait dans tout le bâtiment. Ils ne pouvaient pas être plus louches.
Ils traversèrent ainsi une bonne partie de l'étage, cherchant au hasard où pouvait être retenu Minho. L'endroit était labyrinthique. Les gens s'agitaient dans les couloirs et la panique qui gagnait le complexe était à leur avantage. On les remarquait mais personne ne faisait réellement attention à eux. L'intervention -tardive- de Cyborg avait totalement fait son office. Pour le moment ils étaient débarrassés de poursuivants.
Au détour d'un couloir, Newt se stoppa net en repérant Ava Paige à l'autre bout, qui venait dans sa direction. Elle le remarqua elle aussi et s'arrêta aussitôt. Une colère jusque là refoulé, tourné vers Janson et tous les adultes qui l'avait malmené, lui et ses amis, remonta d'un coup et Thomas réalisa qu'il haïssait cette femme. Il leva son arme et la mit en joue.
Si Chuck et Alby étaient mort, c'était de sa faute. Si Newt était infecté, c'était sa faute. À elle et ses foutus projets d'expérimentations sur des enfants ! Il ne vit pas TBR arriver par un autre couloir. L'homme les reconnu au premier coup d'œil. Newt le vit de justesse. Il ne connaissait pas cet homme, mais ses vêtements lui donnèrent un indice assez précis sur son origine. Quand il le vit lever un pistolet et viser Thomas, il n'hésita pas. Il se jeta au-devant de son ami pour le protéger de son corps quand TBR fit feu. Sans perdre une seconde, il poussa Thomas à courir, sachant TBR à leur trousse.
- T'arrête pas ! cria Newt en tirant Thomas par le bras. On doit trouver Minho !
Abandonnant toute prudence, ils se mirent à appeler Minho. Leurs cris attirèrent évidemment des soldats et TBR sur leurs traces. Mais le tumulte que leur présence provoquait parvint à la salle d'opération où Minho était à deux doigts de passer sur le billard. Il reprit connaissance sans vraiment comprendre où il était. L'endroit importait peu. Il était en danger. Il le sentait au plus profond de lui. Les sédatifs qu'on lui avait administré se dissipait petit à petit mais il restait dans une espèce de brouillard. Il entendit un infirmier prévenir le médecin de son réveil, et le docteur de réclamer un autre sédatif. Il fallait qu'il se réveille. Il ne pouvait pas les laisser le rendormir.
La voix de Thomas résonna dans un couloir, allumant un brasier d'espoir en Minho. Il fallait qu'il trouve la force de se lever. Thomas était venu le chercher et à tous les coups, Newt était avec lui. Il cligna plusieurs fois des yeux et se concentra sur ses jambes pour les forcer à bouger. Il sentit son pied tressauter, puis sa cuisse. Il pouvait se lever, il le sentait. Les coups de feu explosèrent non loin de la salle d'opération. Minho puisa dans ses ressources pour se donner du courage et de la force. Il ne voulait plus être un cobaye. Il ne voulait plus être à la merci des adultes. L'adrénaline le cueillit au moment où il décida de se redresser. Il fit mine d'être encore étourdit. Ces cons n'avaient pas prit la peine de l'attacher à la table d'opération. Tant pis pour eux. Il referma sa main sur le pic à cheveux qu'il avait volé à Teresa et l'ajusta dans sa main. Il n'aurait qu'une seule chance. Il senti que l'infirmier s'était penché sur lui. Un faisceau de lumière fut dardé sur ses paupières closes. Il n'attendit plus. D'un coup, il rouvrit les yeux. Il profita de la surprise de l'infirmier pour planter son arme de fortune dans sa cuisse. L'homme hurla et recula en gémissant, renversant son tabouret et une table roulante au passage. Les bistouris, scalpels et autres outils d'opération se répandirent sur le sol.
Le soldat en charge de la surveillance de l'opération s'élança sur Minho avec un cri sauvage. Le garçon le contra en le repoussant de ses deux pieds et le propulsa contre un chariot encombré de tubes à essais, béchers, bocaux et flacons en verres. Toutes les pièces explosèrent sous le choc, à la fois sur le soldat et sous lui. Animé par une rage accumulé par des jours de tortures dans ces labos, Minho échappa à la poigne du médecin qui tentait de l'immobiliser pour lui administrer un sédatif. Il le choppa et le bloqua pour mieux saisir sa main et lui planter l'aiguille dans la gorge. Il appuya avec force sur le piston et déversa le sédatif dans le corps du docteur. L'homme s'étala en une seconde.
Minho se redressait tout juste qu'il distingua le soldat dans son angle mort. L'homme se relevait à grand peine. Avec un cri rauque, Minho le chargea. Il l'explosa d'un coup de genou dans la poitrine et l'étala d'un coup de poing violent. Il était content de se défouler. Sans attendre, il se fraya un chemin hors de la salle d'opération. Ses pieds nus ignorèrent les éclats de verre. Les coups de feu continuaient de se faire entendre. L'écho d'une explosion tout près fit vibrer les vitres des salles. Minho se précipita vers la source, persuadé d'y trouver Thomas et Newt. Il entendit la menace d'un soldat au bout d'une allée et le repéra en train de tenir en joue quelqu'un dans un couloir adjacent. Il piqua un sprint sans se poser de question, et déchargea sa colère et ses angoisses dans le coup qu'il porta au soldat. Il le catapulta contre un mur. L'homme vacilla, apparemment inconscient. Il n'attendit pas de vérifier. Dans un élan surhumain, il le souleva et le jeta à travers une vitre en poussant un cri de rage.
Il releva la tête, le souffle court, la poitrine gonflée de fureur. Thomas et Newt le considéraient ahurit. Puis d'un même mouvement, ils se ruèrent sur lui.
- Minho !
Leur embrassade fut la chose la plus chaleureuse que Minho ait ressentit depuis longtemps. Il s'agrippa à eux de toutes ses forces priant pour que ça ne soit pas un rêve. Il s'écarta pour mieux les regarder tour à tour, tâtant leurs bras pour s'assurer de leur présence. Newt avait une tête affreuse, il était pâle comme un mort. Thomas n'était pas mieux, mais au moins avait-il encore des couleurs sur les joues. Comparé à eux, Minho ne ressemblait pas à grand-chose. Il transpirait à grosse gouttes et respirait difficilement. Thomas ne pouvait pas imaginer ce qu'il avait subit et cela le remplissait d'horreur et de colère.
- Je rêve pas, hein les gars ? demanda l'asiatique en retenant son émotion.
Newt esquissa un sourire soulagé. Ils n'eurent pas le loisir de s'épancher en sentiment. Les cris des soldats à leurs trousses les ramenèrent à la réalité.
- Venez ! cria Thomas en menant ses deux amis.
Une course-poursuite s'engagea dans les couloirs du complexe, à leur désavantage. Ils ne connaissaient pas les lieux. À chaque tournant ils tombaient sur des soldats, de plus en plus nombreux. Ils rebroussaient chemin, bifurquaient, puis repartaient de plus belle à la recherche d'une issue. TBR les surprit à un virage et parvint à les coincer un court instant.
- C'est inutile ! leur annonça-t-il. Vous n'avez aucune chance de vous en sortir. Vous allez être capturé de toute façon ! Ce jeu du chat et de la souris ne fait que retarder l'inévitable.
- Par là ! cria Thomas en poussant Newt et Minho de côté.
- Cessez de résister, insista TBR.
Il les rattrapa sans efforts et gagna du terrain jusqu'à réussir à chopper Newt. Il le tira vivement contre un mur et l'immobilisa en l'étranglant d'une main. Thomas vit rouge et chercha à libérer le blond en lançant son poing au visage de TBR. L'homme le maîtrisa sans effort et le repoussa sans ménagement. Minho s'écrasa contre le dos de TBR et le força à lâcher Newt. Aussitôt libéré, le blond tomba presque à genoux, prit d'une quinte de toux affreuse. Il remplit ses poumons d'air avant de se jeter dans la mêlée à l'aveugle, sans attendre. TBR venait de se débarrasser de Minho en l'éclatant contre un mur. Newt le ceintura par devant. TBR lui donna un violent coup de coude sur le crâne. Newt se força à tenir en place, sentant que sa position nuisait aux mouvements de son adversaire. Thomas profita de la position de faiblesse de TBR pour lui asséner un puissant coup dans la mâchoire. TBR vacilla en repoussant Newt. Ce dernier chuta rudement sur le sol. Un étui échappé de la veste de TBR tomba à côté de la tête du blond.
- Allez les gars ! s'égosilla Thomas en soulevant à moitié Minho.
Newt se releva et par réflexe, sans vraiment y penser, se saisit de l'étui qu'il emporta sous l'œil horrifié de TBR qui se redressait à peine.
- REVENEZ LA ! beugla TBR.
- Nique toi ! lui cracha Newt avant que Thomas ne referment la porte de la pièce où ils venaient de trouver refuge.
TBR se rua sur la porte et tapa un grand coup rageur dessus. Ces gamins ne perdaient rien pour attendre. De vraies anguilles. Un groupe de soldat arriva à sa hauteur et il se tourna furieusement vers eux.
- Ouvrez moi cette porte ! claqua-t-il.
- Tout de suite ! répondirent deux hommes.
Il tâta sa poche pour constater de l'absence de son étui. Il écumait de rage. Newt lui avait subtilisé les dernières ampoules remplies du sérum natal. Il ne pouvait plus se permettre de laisser ces gosses filer. Dès qu'il aurait mit la main sur le blond il arracherait son précieux étui à son cadavre.
Le transmetteur à sa ceinture grésilla et la voix de Janson s'éleva.
- Est-ce que vous les avez ?!
- Ils sont coincés, informa posément TBR. Cyborg ?
- On l'a neutralisé.
L'information mit un temps avant de provoquer une réaction chez TBR. Sa sœur capturée ? Il avait l'impression que c'était impossible. Un sourire sadique fleurit sur ses lèvres. Elle était donc à sa merci ?
Il se délecta de l'information et imagina avec plaisir la manière dont il allait la neutraliser. Il se re-concentra sur l'ouverture de la porte qui était imminente. Elle fut brutalement enfoncée, éjectant au passage le meuble que les adolescents avaient placé en barrage de fortune. TBR se fraya un chemin à l'intérieur. Les trois adolescents lui jetèrent à peine un regard avant de s'élancer dans le vide par le trou qu'ils avaient créé dans la baie vitrée. TBR écarquilla les yeux, scotché par leur audace. Il avança jusqu'au bord de la vitre en morceau et fixa les garçons se dépêtrer pour sortir de l'eau salvatrice. Il eut un sourire en coin. Il devait leur reconnaître qu'ils avaient un vrai culot. Mais le retour de bâton ne tarderait pas. Déjà des soldats se précipitaient pour les intercepter. Il tourna les talons et se pressa pour descendre à son tour -par un ascenseur cependant.
On s
