Disclaimer : Les personnages de Ghost Hunt appartiennent à l'auteur, Fuyumi Ono


Ils s'installèrent dans le salon chacun dans son fauteuil et sa position préférés. Ils étaient fatigués. Ayako et lui avaient oublié la sensation d'une bonne nuit de sommeil, une nuit sans cri et sans réveil. Ils avaient utilisé tant de moyens différents pour l'aider mais tous finissaient par ne plus fonctionner.

– L'amulette n'a pas fonctionné ?

– Non et elle ne fera plus effet. Elle s'est cassée, termina-t-elle en la lui lançant.

– … Et que peut-on en conclure ?

– Donc j'ai activé l'amulette hier soir et elle est cassée dans la même soirée. Donc la force de son cauchemar s'est renforcée et bientôt plus rien ne sera suffisant pour qu'elle dorme un minimum tranquillement. Et la fatigue va s'accumuler, elle aura des cernes qui après être passées par différentes couleurs finiront par lui manger la moitié du visage. La dépression va s'installer. Elle fera tout pour rester éveiller… Et nous… nous ne pourrons… rien faire encore une fois !

Elle enfouie son visage dans ses mains, ses longs cheveux rouges la cachant. Elle pleurait mais il ne fit rien, cela ne servait à rien de se consoler, ça n'apaisait pas leur douleur. Au contraire, pleurer les libérer. Tout comme se concentrer sur autre chose, une activité, n'importe quoi pourvu qu'ils oublient pendant quelques instants ce mal qui rongeait un être qui leur était important et qui les touchait tous.

Alors, ils faisaient ce qu'ils pouvaient pour l'aider mais rien ne suffisait. Mai ne trouvait pas la paix quoiqu'ils fassent et eux perdaient petits à petits espoir même s'ils ne pouvaient l'admettre.

– Qu'est-ce qu'on va faire maintenant ? Lui demanda-t-elle.

– La même chose que d'habitude : faire avec les moyens du bord jusqu'à ce que l'un d'entre nous trouve une nouvelle solution.

Un silence s'installa et dura encore et encore. Ils étaient perdus et pas qu'eux les enfants aussi. Cinq ans qu'ils s'occupaient d'elle non-stop. Aucun d'entre eux n'avait pris de repos depuis cinq ans.

– Qu'est-ce que je devrais faire ? Questionna Ayako en brisant le silence.

– Quoi ?

– Est-ce que je viens avec vous ou est-ce que je reste avec elle aujourd'hui pour prévenir une crise ?

Ils se fixèrent encore. Devait-elle sortir et prendre l'air tout en sachant que l'angoisse tiendrait entre ses griffes son cœur, comme à chaque fois, ou devait-elle restait et être ainsi sure de pouvoir gérer un possible problème.

– … Je pense… que tu devrais venir avec nous et prendre de ses nouvelles dans la journée.

– Vraiment ?

– Tu as besoin de souffler et même si ça reste un cas, l'atmosphère ne sera pas la même. Et ce sera un bon test pour l'aide domicile dans le cas où elle perd pied.

– Je vois… Tu veux du thé ? demanda-t-elle tout en se dirigeant vers la cuisine.

– Hum. Pourquoi pas ?

Encore un de leurs rituels : toujours terminer une discussion comme celle-ci par une tasse de thé comme pour décompresser.

Dans la chambre, les filles s'étaient recouchées, dos contre ventre. Mai sans ouvrir les yeux, prit en murmurant la parole :

– J'ai vu Gène.

– Quoi ? s'exclama son amie en ouvrant immédiatement les yeux. Comment est-ce possible ?

– Surement à cause de la dernière fois. Nos esprits doivent immédiatement entrer en résonnance. Mais ce n'est pas le problème principal. Il sait que je ne suis pas dans le Nord et que la Mai qu'il a vu n'est pas la vrai. J'espère qu'il…

– Ils ne sont que des problèmes. Son frère ne pouvait-il pas être stupide au lieu d'être gentil, ça nous aurait aidés.

– … ne lui dira rien.

– Comment ça ne lui dirait rien ? Ils peuvent se parler maintenant ?

– Oui. Il semblerait qu'il n'y ait plus aucuns problèmes.

– Pourquoi c'est toujours comme ça. Quand tu veux quelque chose, ça ne se réalise, mais quand tu ne le veux pas, ça se réalise.

– Parce qu'il n'y a rien de mieux que la difficulté pour pimenter une vie, rigola-t-elle.

– Quelle belle parole, répliqua ironiquement Masako. J'aurai plus tendance à penser que les dieux aiment se jouer de nous pour agrémenter leur vie… Enfin, ne te tracasse pas pour ça. Je t'informerai s'il sait quoi que ce soit vu que je vais travailler avec lui pendant une certaine période. Je serai au courant de ses moindres faits et gestes. Devoir le supporter, il n'y a rien de pire.

– Pourquoi tu dis ça. Je sais que tu es contente de le revoir. Je le sens.

– Ne dis pas de bêtises. Il ne compte plus pour moi.

– Peut-être pas autant qu'avant mais je sais qu'au fond de ton cœur, il est toujours présent.

– Tais-toi et dors !

Mai s'autorisa un petit rire fatiguée avant de plonger dans les bras de Morphée suivie de peu par Masako, heureuse d'avoir entendu ce son si rare.

Ce fut une voix qui l'appelait et le fait que l'on la remuait qui la réveilla. Ayako se trouvait à côté d'elle tandis que Mai dormait encore.

– Si tu veux manger avant de partir, lèves-toi maintenant.

– Et pour Mai ? Questionna-t-elle en se levant.

– Je vais la réveiller maintenant. Kuroda-san est arrivée.

– Ok.

Elle sortit alors de la chambre se dirigeant vers la salle de bain tandis qu'en bas résonnait le bruit des conversations. Pendant ce temps, Ayako s'était assise sur le lit juste à côté de Mai, caressant lentement le dessus de sa tête. Les prochains jours seront importants, pensa-t-elle, elle devait veiller à ce que la jeune femme soit toujours sous surveillance pour que rien de problématique n'advienne. La prêtresse se pencha vers l'oreille de l'endormie et l'appela doucement. Immédiatement, cette dernière ouvrit ses yeux. En sursautant elle recula cherchant ses points de repère. Elle croisa l'habituel regard bienveillant mais l'effet ne fut plus le même. Ses muscles au lieu de se détendre restèrent bandés preuve de l'agitation qui l'habitait.

– Nous allons partir dans un quart d'heure, une demi-heure. J'ai pensé que tu voudrais prendre le petit-déjeuner avec nous.

– Je… Je pense que je vais rester dans chambre, répondit-elle en détournant le regard.

Ses yeux se mirent à faire le tour de la pièce semblant recherchait activement un objet particulier. Ayako, à l'entente de sa réponse, s'était crispée devinant immédiatement ses intentions après plusieurs années d'expérience. Finalement, la jeune femme reposa son attention sur elle.

– Ce n'était pas réellement une question. Je veux que tu descendes avec moi… maintenant, ajouta devant le signe négatif que fit Mai.

– Non, je suis fatiguée. Ce qui s'est passé hier m'a coupé dans mon sommeil. Il faut que je récupère, tenta-t-elle dans un piètre mensonge.

– Je te connais très bien, Taniyama Mai, et tu sais très bien que je sais ce que tu veux faire alors tu vas descendre avec moi et prendre ce repas avec nous avant que nous ne partions.

Elle sut plus qu'elle ne vu, les yeux de la jeune femme se plisser en même temps que son corps se tendait signes de l'énervement qui l'habitait.

– J'ai dit que je ne voulais pas, répondit-elle en haussant légèrement la voix

– Et j'ai dit que je ne te laissais pas le choix. Alors habits–toi et descends.

– Non !

– Cesse de faire l'enfant, Mai ! Tu ne resteras pas toute seule dans cette chambre et qui plus est tu n'as pas mangé hier.

– POURQUOI TU NE ME LAISSES PAS TRANQUILLE ! JE VEUX ETRE SEULE !

– NE HAUSSE PAS LE TON AVEC MOI JEUNE FILLE. TU CROIS QUE JE NE SAIS PAS POURQUOI TU VEUX RESTER SEULE ! TU PENSES QUE JE SUIS STUPIDE OU QUOI !

– SI TU LE SAIS ALORS LAISSE-MOI ! S'exclama-t-elle en se levant surplombant la prêtresse grâce à la hauteur du lit.

Comment la discussion avait-elle dégénéré aussi rapidement, aucune des deux n'auraient pu répondre. Mais voir débouler le reste du clan énerva encore plus Mai qui dans un cri de haine repoussa violement Ayako. Le moine se précipita immédiatement pour l'aider à se relever tandis que la jeune femme continuait à leur crier de la laisser tranquille.

– JE VEUX ETRE SEULE ! POURQUOI NE LE COMPRENEZ-VOUS PAS !

Yasuhara et John tentèrent de s'approcher mais elle les rejeta également, griffant jusqu'au sang le prêtre.

– NE VOUS APPROCHEZ ! NE ME TOUCHEZ PAS !

Mai fixa ses yeux sur la porte, seules Masako et l'infirmière lui bloquaient l'accès. Dans un saut agile elle s'élança ne quittant pas sa sortie de vue. Les griffes dehors, elle se jeta sur l'aide qui réussit tant bien que mal à la bloquer. La malade se mit alors à la frapper avec ses pieds cherchant par tous les moyens à lui faire mal. Rien d'autre ne comptait. Elle voulait qu'ils ressentent cette douleur qui l'habitait, qui lui enserrait le cœur, qui lui donnait l'impression de mourir.

– LACHE-MOI, SALE GARCE ! LACHE-MOI !

Takigawa la souleva finalement par la taille et le plus rapidement possible la déposa sur le lit perdant malheureusement une touffe de cheveux dans la bataille. Les garçons lui maintinrent fermement les bras tandis que Masako et le moine s'occupaient des jambes. Ayako s'approcha d'elle une seringue pleine dans sa main vérifiant qu'elle ne contenait pas d'air. Mai tourna son visage vers elle et redoubla d'efforts pour se libérer.

– NON ! NON ! JE NE VEUX PAS ! NON !

– Maintenez-la bien… Je suis désolée Mai.

Et dans un geste professionnel, elle planta l'aiguille dans son bras. Le calmant fit effet rapidement, ses cris diminuèrent pour devenir des gémissements qui finirent par disparaitre. Ils la relâchèrent progressivement s'assurant qu'elle ne simulait pas comme elle l'avait fait une fois. Enfin ils s'éloignèrent d'elle lentement mais toujours en maintenant un contact visuel.

– Je pense que maintenant elle ira bien, reprit la doctoresse. On peut sortir. Kuroda-san, je vais vous expliquer les règles que vous allez devoir suivre aujourd'hui pour son bien-être. Cette semaine sera un test qui déterminera si vous garderez ce poste ou non et même déterminer votre avenir professionnel. Vous n'aurez qu'une et unique chance.

– … D'accord.

– Descendons, le babyphone nous informera si elle se réveille plutôt que prévu.

Sur ces mots, ils sortirent tous non sans un dernier regard envers l'endormie.

Ils s'assirent à la table de la salle à manger, une tasse de thé devant chacun.

– Bien. Kuroda-san, comme vous l'avez-vous, Mai a fait une crise.

– Mais… cette crise n'aurait-elle pas pu être évitée si vous l'aviez laissée tranquille ?

– Surement. Mais je vis avec elle depuis cinq ans maintenant. Donc je connais la moindre de ses intentions, les conséquences que peuvent avoir un événement sur elle. Donc, non je n'aurai pas pu la laisser tranquille parce qu'il vaut mieux qu'elle fasse une crise en ma présence qu'en mon absence. Et cela vous a servi d'expérience. Maintenant, vous savez comment elle réagit et ce que vous devez faire.

– Je vois. Et vous avez souvent recours à un calmant aussi puissant ? N'y a-t-il pas de moyen plus doux qui puisse avoir le même effet ?

– Nos méthodes ont évolué avec le temps. Au début, il suffisait la prendre dans nos bras et de lui parler pour qu'elle se calme mais bientôt ça n'a pas suffi. Alors j'ai commencé à lui donner de petites doses de calmant mais au fur et à mesure, elle réagissait de moins en moins. Donc je suis passée à des doses plus importantes et puis finalement j'ai pris un clamant plus puissant.

– Je vois.

– Normalement, vous ne devriez pas avoir de problème aujourd'hui. Mai se réveillera surement en milieu d'après-midi. A partir de ce moment, vous devrez toujours garder un œil sur elle bien que je pense qu'elle restera calme jusqu'à ce soir. Vous ne devez surtout pas oublier que bien qu'elle semble calme, elle peut passer d'un état à l'autre en une seconde. Son état n'est jamais stable, compris ?

– Oui.

– Mais s'il y a le moindre problème n'hésitez pas à me téléphoner. Si vous pensez que vous êtes dépassée par les événements, téléphonez. N'attendez pas.

– J'ai compris.

– Quand elle se réveillera, donnez-lui à manger et si elle refuse, forcez-la. Même si elle ne mange qu'un peu, c'est toujours mieux que si elle reste le ventre vide. Compris ?

– Oui.

– Bon puisque vous semblez avoir tout assimilé, nous allons y aller. A ce soir.

– Bonne journée.

Ils se levèrent et se dirigèrent vers la porte d'entrée.

– Et n'oubliez pas même si elle semble aller bien, ne lui faite pas confiance, gardez toujours un œil sur elle…

– Ou nous vous tiendrons personnellement responsable si quelque chose lui arrive, terminèrent-ils d'une même voix.

La porte se referma derrière eux tandis que l'aide à domicile soupirait. Elle se tourna vers les escaliers et déclara :

– Eh bien à nous deux Taniyama-san… Bon allons faire la cuisine pour notre belle au bois au dormant.


Note : Je voulais remercier les personnes qui commentent, qui suivent et qui ont mis en favori cette histoire. Merci !

Je répondrai aux commentaires anonymes sur le profil. (Désolée pour le retard je ne savais pas trop où je devais le faire.) -'