— Tu veux vraiment aller à ça ? demanda Marietta pour au moins la dix-huitième fois de la journée.
Cho leva les yeux au ciel et ne répondit pas à son amie. Elle se mit plutôt à avancer plus vite, sans même se tourner pour voir si Marietta la suivait. Devant elle, les jumelles Patil marchaient calmement dans la même direction qu'elles, et Cho fut soulagée de voir qu'elle ne serait pas la seule représentante de Serdaigle à cette réunion.
— Salut Padma, Parvati, dit Cho en les rejoignant. Vous allez aussi au…
Elle laissa sa question s'évanouir, ne sachant soudainement pas si elle devait en parler en public. Après tout, si Ombrage venait à apprendre ce qu'ils se préparaient à faire, leur punition serait légendaire. Les jumelles échangèrent un regard, et Padma hocha doucement la tête.
— À la Tête du Sanglier, dit Parvati. Tiens, il est juste là.
Les quatre jeunes filles – Marietta les avait bien rejointes avant leur arrivée – passèrent la porte du bar miteux, se joignant au groupe de Gryffondor qui était déjà arrivé. Cho se surprit à fixer Harry, à espérer qu'il se tourne vers elle pour qu'elle puisse lui sourire, quand la porte s'ouvrit à nouveau, la distrayant.
Une seule personne entra, cette fois-ci. Une personne aux longs cheveux blonds et emmêlés, aux yeux perdus dans le vague. Cho sourit quand Marietta lui envoya un coup de coude dans les côtes.
— Qu'est-ce que Loufoca fait ici ? demanda-t-elle d'une voix basse teintée d'humour. Elle s'est perdue ?
Cho haussa une épaule, amusée.
— Elle a peut-être suivi les gens sans savoir où on allait.
Cho suivit du regard la jeune Serdaigle de deux ans sa cadette alors qu'elle prenait place sur une chaise en bois sans parler à qui que ce soit, les yeux fixés sur le trio de Gryffondor à l'avant, un vague sourire accroché aux lèvres. La brune secoua doucement la tête.
Luna Lovegood avait toujours été un mystère, pour elle – et le resterait à jamais, sans doute. Elle appartenait à Serdaigle, il n'y avait aucun doute là-dessus, mais en même temps elle semblait en être complètement déconnectée. Cho ne la voyait presque jamais discuter avec ses camarades d'autre chose que de leurs travaux scolaires, mais pourtant elle ne semblait pas malheureuse. Elle n'avait jamais semblé se désoler de sa solitude, son isolation, ni même tenir rancune à ceux qui se moquaient d'elle à peine subtilement. Luna était libre, profitait des petites choses de la vie, allait là où la portait le vent.
Cho se dit qu'il y avait probablement de pires façons de passer son temps.
À l'avant, Hermione se racla la gorge, et le silence tomba dans la taverne. Cho regarda autour d'elle, étonnée ; pendant sa contemplation de Luna, l'endroit s'était rempli d'élèves de tous les âges et de toutes les maisons.
— Bon, eh bien, euh… bonjour, commença Hermione.
Luna se croisa les jambes et s'avança sur la chaise, son sourire toujours sur ses lèvres. Cho la regarda un instant, avant de tourner toute son attention vers Hermione, elle aussi. Luna était peut-être venue ici par accident ; et alors ? N'étaient-ils pas tous ici un peu par accident ? Ils ne savaient pas trop dans quoi ils s'embarquaient, ce qu'ils se préparaient à faire ni ce qui leur tomberait dessus. Ils profiteraient tous d'être un peu plus comme la jeune Serdaigle : l'esprit grand ouvert, prêts à tout.
Advienne que pourra.
