Bonjour à tous !

Oui je sais, vous vous attendiez au nouveau chapitre de Café givré et il va arriver prochainement. C'est juste que j'ai eu très envie de mettre en mots la suite de cette histoire donc autant que vous en profitiez plus rapidement.

J'ai oublié de préciser la dernière fois que le fameux «Aimer c'est détruire » n'est pas de mon invention mais est de Cassandra Clare.

Et pour Alec qui trace des mots sur le bras de Max, je me suis inspirée du moyen de communicion d'Emma et Julian dans Renaissance de Cassandra Clare également.

Warning : Ce chapitre contient des scènes de violence.

Merci Elina pour ton adorable review. Izzy progresse peu à peu.

Merci Guest pour ta longue review, je suis enchantée:). Tu as bien tout analyser pour ton retour. Et comme s'est signalé dans un chapitre précédent, Alec et Magnus seront bien binômes. Cruelle et sadique sont mes deuxième et troisième prénoms XD.

Merci phani miki pour ta review.

Bonne lecture !


Dans la bibliothèque du manoir Lightwood, Izzy rassemblait plusieurs livres sous son bras. Ils traitaient tous des langues démoniaques, les chapitres sur le dialecte d'Edom étaient minimalistes mais il fallait bien commencer quelque part. C'est à elle qu'avait incombé cette mission, Max étant surveillé de près par Maryse.

Son petit frère lui avait expliqué avoir franchi la ligne jaune en allant voir Alec et depuis, leur mère redoutait tout nouvel écart.

En parlant d'Alec, Robert et Jace étaient descendus dans les geôles pour s'occuper à nouveau de son cas. Le briser pour La Chasse était leur but, plus l'archer serait affaibli physiquement et psychologiquement, plus la chance qu'il ressorte mort de La Chasse était élevée. Et c'est ce que désiraient son père et son frère.

Hodge passa les imposantes portes de la bibliothèque, faisant sortir Isabelle de ses pensées tournées vers son frère aîné. Ce dernier lui manquait même si elle essayait vainement de repousser cette sensation.

«Il est inédit de te voir ici. » Rit Hodge. «Et avec des livres à la main. »

«Je ne suis pas analphabète ! » Se récria la jeune femme.

«Je le sais mieux que personne. » Nota l'homme avec un sourire.

Hodge était leur précepteur. Un homme de lettres comme Alec. La Chasse ne l'intéressait pas et Robert ne s'en formalisait pas. Hodge était là pour éduquer ses enfants, cela devait être sa priorité.

Hodge avait enseigné à l'insolent Jace qui ne tenait pas en place plus d'une heure, au studieux Alec qui se passionnait pour toute nouveauté, dont le savoir était une nourriture qui ne finissait pas de la rassasier.

Il l'avait instruite, elle, qui ne trouvait que peu d'intérêt aux cours et qui n'écoutait que quand Alec lui signifiait.

Hodge s'occupait maintenant de Max qui aimait apprendre autant que son grand frère.

L'homme reposait les livres qu'il avait en main sur les étagères.

«J'en ai fini avec Max pour aujourd'hui. Il était très intéressé par l'étude des langues démoniaques et je vois que tu l'es tout autant. » Dit-il en étudiant les tranches des ouvrages qu'Isabelle tenait contre sa poitrine. «Je ne suis malheureusement pas des plus calé sur ce sujet. »

«Qui l'est ? » Lança Izzy en plaisantant.

«Alec. » Le prénom sonna comme un glas et la jeune femme ne réussit que tardivement à se recomposer un masque impassible. «Je ne suis pas stupide, Isabelle. Quoi que vous fassiez avec Max, vous vous aventurez sur un chemin dangereux. » Hodge se rapprocha d'Izzy. «Et ici, rien ne reste bien longtemps secret. »

La phrase n'était pas une menace, plus une mise en garde, un conseil de précaution.

«Je ne suis pas un chasseur, Izzy. Ce n'est pas dans mon sang. Oui je suis un shadowhunter mais tuer pour le plaisir, pour des trophées, ce n'est pas moi. Cependant, ce qu'a fait Alec a mis ton père dans une telle fureur, qu'il m'a demandé de participer à la prochaine chasse. » Expliqua l'homme, sombrement.

«Tu vas le faire ? » Demanda Isabelle, étudiant les traits du précepteur, ils traduisaient son malaise à cette idée.

«Ai-je vraiment le choix ? »

«Tu ne te bats pas ! » S'exclama la jeune femme, soucieuse pour lui.

«Je me suis battu par le passé. Et je m'entraîne encore en solitaire pour conserver ce physique de jeune homme. » Dit Hodge en passant une main négligente sur le haut de son corps. «Je me défends plus que bien avec des chakrams. Mais je ne blesserai ou ne tuerai pas Alec. Ton père se trompe, si cette pensée ne fait que l'effleurer. »

Izzy eut un rire étranglé, un rire gêné.

«Tu n'as pas dit qu'ici les murs avaient des oreilles ? » Nota-t-elle en reformulant les dires d'Hodge.

«Si mais je ne me soucie guère de moi. En revanche, Jace, Max, Alec et toi êtes comme mes enfants. Je veux qu'ils ne vous arrivent aucun mal. C'est déjà assez douloureux de savoir que Jace torture son propre frère. »

Isabelle savait à quel point, Hodge tenait à eux. Il avait consacré tout son temps à leur éducation, mettant de côté sa propre vie. Il n'avait ni femme, ni enfant. Il résidait au manoir avec eux. Il partageait leurs repas, leurs moments de joie et de peine mais savait aussi se mettre en retrait si nécessaire.

La jeune femme serra brièvement la précepteur dans ses bras.

«Je suis désolée, Hodge. Je sais que de nous tous, ta relation avec Alec était à part. »

Et c'était vrai. Combien de fois, Alec était resté après leurs heures de cours pour discuter avec le professeur ? Combien de fois, elle avait vu Alec s'émerveiller des récits d'Hodge et ce quel que soit son âge ? Combien de fois, avaient-ils discuté à bâtons rompus, d'un détail lu dans un livre qui était insignifiant pour la plupart ?

A l'annonce d'Alec de son homosexualité, Isabelle avait même soupçonné que élève et professeur vivaient une relation passionnée. Son grand frère avait nié en bloc, les joues en feu.

«C'est vrai, ma relation était différente avec Alec. Quoi de plus formidable pour un précepteur que d'avoir un élève aussi enthousiaste ? » Rit Hodge, ses yeux bleu pâle traduisant sa tristesse.

«Hodge, je peux vous poser une question indiscrète ? » Questionna Izzy, en se mordillant les lèvres.

Le précepteur opina, tout en prenant d'autres livres sur un rayonnage sous grille qui n'était accessible que par lui et une poignée de personnes qui avaient la clef.

«Est-ce qu'Alec et vous étiez amants ? » La négation de son frère ne l'avait jamais convaincu.

«Non. L'idée m'a traversé l'esprit à son coming-out pour être sincère. »

Isabelle écarquilla les yeux de surprise, ce qui provoqua le rire d'Hodge.

«Je suis humain ! Alec, un bel homme qui buvait mes paroles et restait à mes côtés comme personne ici. »

«Vous nous avez élevés ! » Répliqua Izzy, certes elle avait voulu savoir mais pour confirmer la négation de son frère.

«Et c'est tout ce que je fais de ma vie, Isabelle. Mon existence est dédiée aux Lightwood. Et je l'aime ainsi. Elle m'a même, bien arrangée car votre père ne se souciait que de votre éducation. Oublieux que je trouve femme comme devrait faire tout homme de mon âge, évoluant dans une certaine classe sociale. Avouait mon homosexualité n'était et n'est toujours pas dans mes projets. » Hodge avait la mine sombre à ses mots, vivre dans un mensonge permanent devait être des plus douloureux. «Alors oui, j'ai vu Alec passé de garçon à homme. Le désir ne se contrôle pas mais je ne l'ai jamais touché. » Finit-il.

«Je ne doute pas de cela. Désolée pour tout. » S'excusa sincèrement, Izzy.

«Ne le sois pas. Assez parlé de ma vie privée. Prends ça. » Signala Hodge en lui tendant des ouvrages. «Lorsque tout cela a commencé, ce mouvement renvoyant les créatures obscures à du simple bétail à abattre, certains Frères Silencieux se sont opposés. La Cité Silencieuse a été saccagée et leurs biens les plus précieux, le savoir contenu dans leurs livres, confisqués. Parfois, il faut de l'aide pour savoir où chercher. » Dit-il en faisant un clin d'oeil à Isabelle.

«Merci Hodge. Bien sûr, vous ne nous avez rien donné, si d'aventure tout cela est découvert. » Lui assura la jeune femme avec un sourire franc.

«Au contraire, Isabelle. Je te l'ai dit, vous m'êtes précieux. Si ma souffrance peut empêcher la vôtre, je l'accepte. » Hodge lui embrassa la joue avant de quitter la pièce en sifflotant.

Izzy retourna à sa chambre au pas de course. Elle étala les nombreux livres sur son lit. Max et elle avaient un boulevard pour débuter leurs recherches.


Alec se remettait péniblement, l'iratze de Max l'avait aidé mais il était jeune et le pouvoir de ses runes encore limité.

L'archer ne savait que vaguement que La Chasse avait eu lieu. Il avait entendu les suppliques de ses camarades dans le brouillard de son inconscience. Il avait senti les mains de Magnus se resserraient sur ses cheveux lors de ces moments funestes.

C'était nébuleux mais ces sensations l'avaient percutées, lointaines mais tout de même là.

Les yeux du shadowhunter s'ouvrirent faiblement, croisant le regard mordoré du sorcier qui était braqué sur lui. La tête de l'archer reposait toujours sur les genoux du warlock.

«Comment vas-tu ? » Murmura Magnus comme à chaque réveil d'Alec.

Le chasseur d'ombres opina, tout en se levant précautionneusement, ses mains menottées, seule la force de ses abdominaux l'aida dans ce mouvement. Et ces derniers le suppliciaient, ils n'avaient pas servi pour un tel effort depuis quelque temps.

«Visiblement mieux. » Sourit le sorcier en le voyant s'asseoir à ses côtés.

L'archer lança un coup de tête vers chacun d'eux, une interrogation muette dans son regard.

«On va bien. Hier a été une journée difficile mais identique à chaque autre Chasse. » Souffla Magnus, son détachement ne reflétant pas ses pensées profondes. Il sentait encore la magie perturbée. Trois morts de sorciers, c'était beaucoup pour une seule Chasse surtout quand un des warlocks tués était puissant. Il ne savait qui mais ils étaient moins d'une dizaine à être aussi souverain et il pouvait d'office exclure Catarina ainsi que Ragnor qu'il savait en sécurité et lui, bien sûr. Si la mort l'attendait dans deux semaines, la magie serait durablement perturbée.

Les lourdes portes permettant l'accès aux sous-sols claquèrent, les faisant sursauter. Les pas s'approchaient de leur cellule et Alec fixa aussitôt ses yeux sur l'iratze encore bien noire sur son avant-bras. Elle était fraîche et ça se voyait. L'archer la frotta dans une tentative désespérée, il savait que c'était inutile. Hier, il n'avait pas arrêté Max, étant inconscient. Encore embrumé, Alec n'avait pas réalisé la dangerosité du geste de son petit frère.

«Arrête ! Tu vas te blesser ! » Lança Magnus, en lui tenant les mains. Les chaînes grincèrent sous l'assaut que leur imposa le sorcier pour stopper le shadowhunter.

En étudiant le regard bleuté d'Alec, toutes ses connaissances sur les chasseurs d'ombres lui revinrent en mémoire.

«Ton père peut savoir quelle stèle a oeuvré... »Murmura le warlock et les yeux de l'archer s'embuèrent pour confirmer ses dires. «Je suis désolé, Alexander. On n'y a pas songé un seul instant. » S'excusa Magnus mais le shadowhunter fit un geste de négation pour le dédouaner de toute responsabilité.

«Je l'avais réalisé. » Contra Luke. «Mais Alec avait besoin de cette iratze. » Les yeux de l'alpha ne brillaient d'aucune culpabilité. Il n'était pas cruel, d'ailleurs il avait même empêché que Max ne court un plus grand danger. Mais Luke s'était attaché à l'angelhunter, malgré ses dires d'hier, il était un des leurs.

«Estúpido! Pusiste a un niño en peligro (1). » Hurla Raphael.

Magnus comprit ses paroles, au contraire de l'alpha. Il savait que son fils de cœur avait un rapport particulier aux enfants, son plus jeune frère ayant péri de maladie.

«Cet enfant est toujours du côté de l'ennemi. » Cingla Luke.

«Il va nous aider grâce au carnet d'Alec. » Notifia Magnus, las.

«S'il le trouve. En par... »

L'alpha se tut, en voyant Robert se stoppait devant leur cellule.

«Alors...Alors...Où va se porter mon choix aujourd'hui ?» Dit-il suavement faisant rire Jace et Aldertree derrière lui.

«Sortez-moi le shadowhunter et le sorcier. On va prendre soin de notre petit couple. » Ricana Robert avec ironie.

Aldertree s'occupa de Magnus et Jace, d'Alec pendant que le patriarche positionnait les chaises.

Le duo y fut sanglé sans délicatesse. Le blond remarqua la rune de guérison quand il attacha les bras de son frère.

«Qui a fait ça ? » Hurla-t-il, ses poings tremblaient de fureur. Il se tourna vers le warlock pour la réponse, l'archer ne pouvant la donner.

«La trahison ne fait pas partie de mes crédos. » Répondit Magnus, provocateur.

Jace sortit de sa poche, une seringue que le sorcier ne connaissait que trop. Le blond se positionna son visage à quelques centimètres de celui de l'asiatique.

«On sait tous les deux que ta magie est en souffrance à cause des morts d'hier. Tu ne supporteras que donc moins la magie noire. Alors ?! »

«Plante shadowhunter ! » Défia Magnus, ses yeux brillants de bravade.

Le blond s'exécuta, dans la seconde la douleur influa, fulgurante dans le corps du warlock qui ne put retenir les hurlements qui s'échappèrent de ses lèvres. Il convulsa, sentant sa magie lumineuse s'assécher au profit de l'obscurité.

Magnus n'entendit plus qu'il ne comprit les paroles de Robert.

«Ma stèle va nous mener au coupable. »

Les yeux d'Alec se braquèrent sur Jace, essayant de communiquer avec lui. Par le passé, leur amitié était si forte, qu'un seul regard entre eux valait mille mots. Il fallait que son frère comprenne, l'iratze allait les conduire à Max. Alec était sûr d'une chose, si l'amour que lui portait Jace n'était pas assez fort, celui pour son petit frère le serait. Le blond devait stopper leur père.

Mais rien n'y fit, Jace nota les yeux brillants de détresse de l'archer mais s'en détourna. Quand Robert s'approcha de la marque, Alec tenta de soustraire mais il était enchainé à la chaise, toute échappatoire était vain.

«Max. » Découvrit le patriarche, son choc bien visible comme celui de Jace qui comprit alors ce que son grand frère avait essayé de lui transmettre.

«Petit bâtard ! Je vais tuer cet enfant ! » Fulmina Robert.

«Père, calmez-vous. Il doit y avoir une erreur. » Tempéra le blond, n'osant y croire malgré la détresse d'Alec.

«Oses-tu remettre en question ma parole ?! » Tempêta le père.

«Jamais. » Contra Jace.

«Je vais lui faire vivre l'enfer. Continuez à vous occuper d'eux. Brisez-les ! » Ordonna Robert avant de se diriger vers l'escalier menant au rez-de-chaussée.

«Il ne peut pas t'être si semblable. » Murmura le blond, pâle.

Tout le monde avait noté que Max était le portrait craché de son grand frère. Physiquement malgré ses yeux gris mais aussi dans son amour des études et sa soif de savoir. Dans sa bonté et sa générosité. Max était le miroir d'Alec.

Au comble de l'horreur, Jace sortit sa stèle mais s'arrêta au dernier moment, au-dessus de la rune d'agonie de son frère, remarquant ses assauts pour se libérer et son regard qui le suppliait d'agir.

«Il parle de tuer ton petit frère. » Chuchota Magnus faiblement encore sous le coup de la magie noire. «Alec ne mérite pas ce qu'il subit actuellement mais tu laisses faire. En sera-t-il de même avec cet enfant ? »

Jace ne répondit pas et courut vers l'étage.

Il s'était promis avec Alec de toujours protéger Max, il devait arrêter Robert même s'il en voulait à son petit frère de son acte fou envers un traître.

Le blond sortit de la volée de marches et manqua de percuter Maryse qui passait à proximité.

«Tout va bien ? » Demanda-t-elle en notant l'air effrayé de son fils.

«Tu as vu père ? »

«Non. Quel est le problème ? » Questionna la mère en attrapant les épaules de Jace, les secouant légèrement.

«On a découvert que Max a aidé Alec. Il veut le tuer ! »

Maryse poussa un cri d'effroi et se précipita aussitôt en direction du bureau de son mari, pensant l'y trouver. L'inquiétude comprimant ses poumons un peu plus à chaque pas.


Robert jeta Max dans une pièce humide qui ne servait jamais à cause de ce souci. Personne ne viendrait troubler sa séance ici.

Le patriarche avait assommé son cadet pour le traîner dans ce lieu. Il le releva avec violence et l'assit sur une chaise. Il l'attacha, serrant la corde qu'il avait emmenée autour des frêles poignets de Max, les cisaillant profondément.

Le jeune garçon se réveilla sous la douleur, l'esprit comateux. Les dernières minutes étaient floues dans sa mémoire. Ses yeux tombèrent sur son père, dont la fureur avait l'air de transpirer de chaque pore de sa peau. Il savait pour Alec, aucun doute n'était permis et Max allait le payer.

«Alec t'a gangrené. Je dois remédier à cela sans attendre. » Les yeux de Robert étaient fous, comme si toute parcelle d'humanité l'avait déserté et c'était sans doute vrai, songea Max.

Robert saisit la pince qu'il avait emmenée avec lui. Il n'utiliserait pas de rune d'agonie sur Max, pas assez percutant et elle ne laissait aucune séquelle physique. Il fallait que tous les shadowhunters sachent à quel point il était impitoyable, pour étouffer toute possibilité de rébellion qui pourrait éclore dans leur esprit.

Le patriarche approcha l'objet des mains de son cadet, qui replia ses doigts pour échapper au pire. Le père lui saisit la main droite et minutieusement s'attaqua à un premier ongle qu'il arracha. Max hurla, sa petite voix se brisant dans un cri de douleur, des larmes dévalant sur son visage pâle. Quand Robert continua, le petit garçon essaya de se raccrocher à un souvenir. Il pensa aux après-midi joyeuses passaient avec Alec et Izzy, excluant Jace, il était du côté du démon.

Max ne regrettait pas d'avoir aidé son grand frère, il le devait. Et il le referait sans hésiter malgré la souffrance intenable qui l'élançait sans répit.

Après avoir détaché tous les ongles de son fils, Robert saisit un long pique. Le patriarche savait qu'il restait peu de temps avant qu'il soit découvert par Jace. Il savait bien que son fils le plus fidèle ne le soutiendrait pas pour autant. Cela concernait Max et quiconque touchait cet enfant subissait le courroux de ses frères et de sa sœur. Mais Robert tenait Izzy et Jace sous sa coupe, il leur ferait accepter ce qu'il avait fait de gré ou de force.

Le petit garçon laissa échapper un fort sanglot en voyant la pointe de l'objet de torture se rapprochait de son œil gauche. Même en sachant à quel point son père était cruel, il ne pensait pas qu'il irait aussi loin. Mais Max perdit tout raisonnement , quand le pique impitoyable s'enfonça dans son œil, repoussant les limites de la douleur qu'il pouvait supporter. Il s'évanouit dans un oubli salvateur.


La porte s'ouvrit quelques minutes plus tard sur une Maryse échevelée, Hodge qui avait été prévenu dans l'intervalle, sur ses talons. Robert avait déjà quitté la pièce, ne laissant que les traces de son méfait sur le corps mutilé de son cadet.

Maryse étouffa un sanglot avant de se jeter sur Max pour le détacher. Puis elle le serra dans ses bras alors qu'Hodge en silence dessinait une iratze sur le bras frêle.

«Il est devenu fou. Cet homme n'est plus mon mari, c'est un monstre. Je dois fuir à tout prix en emportant Max avec moi. » Murmura la mère berçant toujours son fils, inconscient dans ses bras, les larmes ayant inondé son visage d'ordinaire de marbre.

«Et je vous y aiderai. » Lui assura Hodge en pressant une de ses épaules.


«Nouveaux arrivants. » Cria une voix débouchant d'un tunnel, des downworlders sur ses talons.

Les créatures obscures apeurées, regardaient l'endroit où elles avaient atterri. Elles avaient été sauvées à la frontière entre Idris et l'Allemagne par un sorcier à la peau verte. Le lieu était un imposant bunker enfoncé profondément sous terre, il grouillait d'agitation.

Une femme blonde se dirigea vers les nouveaux arrivants.

«Bienvenue à l'Institut renégat de Fribourg. Je suis Lydia Branwell, directrice de ces lieux. Vous êtes saufs, maintenant. »

Cette simple phrase entraîna une vague de soulagement dans le rang serré des créatures obscures.

«Nous allons vous conduire au self, vous pourrez manger, boire et Catarina passera vous voir pour soigner toutes vos blessures. » Dit-elle en désignant une sorcière à la peau bleue, qui leur fit un sourire chaleureux. «On vous attribuera ensuite une chambre pour que vous puissez vous reposer. » Termina Lydia.

«Suivez-moi. » Lança Catarina, entraînant la troupe réduite à sa suite.

La directrice se tourna vers Ragnor, la mine déconfite.

«Si peu. La Chasse comprenait 25 participants. » Se désola Lydia.

«Quatre de sauver, ce n'est pas un bilan glorieux, certes. Mais nous avons connu pire. » Fit remarquer le sorcier voulant rassurer la jeune femme.

«Je le sais. »

«Un sorcier, deux loups-garous, un seelie. Pas de vampires encore pour cette fois. » Nota Ragnor en se dirigeant vers le réfectoire avec Lydia pour prêter main-forte à Catarina si besoin, malgré le faible nombre de survivants.

«Depuis qu'Alec s'est fait capturer. Nous avons perdu un précieux atout. » Se lamenta la directrice, passant une main lasse sur son visage.

«C'est une remarque certes vraie mais égoïste, cet homme va payer l'aide qu'il nous a fournie de sa vie. » Trancha Ragnor en entrant dans la salle, laissant une Lydia abasourdie par sa rudesse derrière lui. Mais la jeune femme savait aussi qu'il craignait pour la vie de son meilleur ami qui serait un des innocents jetés en pâture aux meurtriers dans deux semaines.


Alec et Magnus étaient de retour dans leur cellule, enchainé au mur comme à l'accoutumée pour le sorcier, les mains menottées pour le chasseur d'ombre.

Assis contre le mur, l'archer ruminait. Le warlock à ses côtés, la tête posée sur son épaule, était encore agité de soubresauts de temps à autre liés à la magie noire, le temps que son corps l'absorbe. Alec n'en pouvait plus de cette situation. Il souffrait, Magnus le soutenait. Le sorcier souffrait, le shadowhunter restait à ses côtés. La présence du warlock était indispensable au chasseur d'ombres et il le savait. Il était son point immuable après chaque torture.

Mais Alec n'en pouvait plus de son inaction, il connaissait La Chasse, les terres des Ligthwood, les membres de sa famille. Il était le plus à même pour trouver un moyens de les sauver tous. Mais cette rune qui ornait son cou l'empêchait de transmettre toute information à ses camarades d'infortune pour les aider à se préparer à ce qui les attendait.

Cette idée ne cessait de tourbillonner dans sa tête alors qu'il sentait, régulier, le souffle de Magnus s'échouait sur la peau de son épaule.

Alec tourna ses yeux vers le sorcier alors qu'un nouveau tremblement l'agitait, son regard félin se dévoila alors que le warlock attendait que ça cesse, geignant faiblement. Le shadowhunter étudia ces iris si singuliers et il se remémora un paragraphe du carnet de Ragnor.

«Mon fidèle ami de toujours, qui n'a jamais su abandonner ceux de son peuple alors qu'il risquait tant. Le prix n'est jamais trop lourd à payer pour Magnus. Ses yeux de chats brillants d'intensité à chaque entente d'une nouvelle injustice, d'une nouvelle horreur. Il n'y a pas d'âme plus noble que celle de Magnus Bane. »

L'archer agrippa une main du sorcier, juste pour renouer ce lien palpable qu'il avait avec le warlock. Magnus s'apaisa dans la minute comme si ce toucher qui était devenu constant entre eux, pouvait faire faiblir son supplice. Le shadowhunter savait qu'il n'en était rien.

Son regard fit le tour de leur prison. Luke s'était assoupi, Raphael chantonnait en espagnol, les yeux clos, Magnus encaissait péniblement à ses côtés, sa main droite tremblant dans la sienne.

Alec était décidé, il allait élaborer un plan en béton, il trouverait comment le transmettre aux autres et il n'aurait plus qu'à espérer que cela les sauve du pire.


(1) Stupide ! Tu as mis en danger un enfant.

On ne me tue pas ! Soyez gentils. J'espère que vous allez vous remettre de vos émotions.

Et la fin vous promets dans le futur un Alec plus combatif que jamais.

J'ai conscience que ce chapitre a énormément d'informations donc j'espère ne pas vous avoir perdu en route.

Et comme la dernière fois, j'en profite pour poser quelques questions :

-Que pensez-vous d'Hodge ? Gentil ou méchant caché ?

-Maryse va t-elle s'enfuir pour protéger Max en laissant ses autres enfants ? Et Max va t-il accepter ? S'il part, Izzy va t-elle prendre la relève de son frère ?

-Alec va-t-il réussir à trouver un moyen de communiquer avec les autres?

-Que pensez-vous de l'entrée en scène de l'Institut renégat ?

A vos claviers, pour ceux qui prendront le temps de répondre mais ne vous sentez pas obligé, laissez votre ressenti est déjà plus que parfait.

Merci encore de votre soutien, vous êtes adorables. J'aimerai tous vous serrer dans mes bras en mode gros câlin ^^

Bisous !