Depuis que les hommes de la Montagne ont essayé de m'assassiner, Lexa à assignée l'un de ses meilleurs hommes à ma garde personnelle, Ryder. Un archer, grand, costaud, barbu, des tatouages sur le visage. Il me suit partout où je vais.
- « Il nous a recontactés ? » Je demande à Raven en arrivant dans son atelier. Elle se retourne, étonnée de voir l'armoire à glace qui m'accompagne.
- « Non. Tu as peur qu'on te tire dessus dans l'Arche ? » Me demande-t-elle, sarcastique.
Je me tourne vers lui, légèrement agacée, ça ne m'enchante pas non plus de l'avoir avec moi. Mais Lexa a insisté lourdement, je me demande d'ailleurs bien pourquoi, ne me laissant guère le choix.
- « Attends dehors, Ryder. » Il baisse la tête dans une révérence et sort. Je regarde Raven qui me tourne le dos. « Ordres de Lexa. »
- « Peu importe, Clarke. » Son ton est plus doux, mais las. Je regarde la radio, inquiète.
- « Il est en retard. S'il avait eu des ennuis ? » Dis-je tendu.
- « Ça va aller. » Elle ne me regarde toujours pas, les yeux rivés sur le plan, des différents niveaux du Mont Weather. Je me tourne il y a d'autres ébauches, du barrage cette fois, avec ses caractéristiques techniques.
- « Tu as été occupée. Pourquoi te concentres-tu sur le barrage ? » Je m'avance pour lui faire faire face, elle me regarde enfin. « Je t'ai dit que le brouillard acide était notre priorité. » Je tente de restée calme, mais mon ton est tout de même ferme.
- « Tant que Bellamy n'atteint pas leur système de dispersion, je ne peux rien faire. » Je soupire, c'est vrai.
- « Bien. Parle-moi du barrage. » Je me radoucis. « Pouvons-nous couper leur courant ? » Je regarde tous les schémas techniques que Raven a dessinés, cette fille est vraiment un génie.
- « Peut-être. Je tâte encore le terrain. » Je m'approche de son établi, un générateur de son y est posé. Je le prends, l'allume.
- « Combien en as-tu fabriqué ? » Je me retourne vers elle.
- « Seulement deux pour le moment... » J'éteins l'arme sonore.
- « Deux ? Ce n'est pas assez. » Je m'emporte. « Il y aura des faucheurs partout. »
- « Les générateurs à haute fréquence ne poussent pas sur les arbres, Clarke. » Monte-t-elle au créneau. Je soupire. « Wick s'efforce de trouver les composants. » Je sais qu'elle a raison, mais la panique me gagne. Plus je pense à Lexa et au rassemblement, plus la pression monte.
- « Raven, je suis sur le point de partir pour Tondc, » d'ailleurs, j'aurai préféré être déjà en chemin, « où Lexa et les chefs des douze clans Terriens m'attendent pour leur confirmer qu'on est prêt. Sauf que le brouillard acide est toujours actif et nous n'avons que deux générateurs. » Dis-je d'une traite, je soupire, reprends mon souffle et essaie de me calmer. Raven s'approche de moi, calme.
- « On sera prêts. On le sera. » La radio crachote.
- « Station de l'Arche, vous me recevez ? Il y a quelqu'un ? » Je vais vers le poste et décroche le micro.
- « Bellamy, tu es en retard. Toutes les trois heures, c'est toutes les trois heures. »
- « Tu as terminé ? » Okay, j'ai mérité de me faire remettre à ma place. Raven me regarde d'un air de dire « Vas-y mollo. » Je m'humidifie les lèvres avant de reprendre.
- « As-tu trouvé la source du brouillard acide ? »
- « Non, ça va devoir attendre. »
- « Quoi ? » Je m'emporte à nouveau. « Rien n'est plus important. »
- « Nos amis le sont. » C'est vrai, après tout, c'est pour eux que l'on fait tout ça et s'ils leur arrivent quelque chose, ça ne sert plus à rien. « Ils les sortent du dortoir, un par un à quelques heures d'intervalles. » Raven m'appuie sur la main pour enclencher le micro.
- « Où les emmènent-ils ? » Demande-t-elle.
- « Je ne sais pas. Nous avons essayé de les suivre, mais ils sont dans un niveau interdit d'accès. Maya a pris les schémas du système de ventilation de son chef et j'essaie de trouver un moyen d'y aller. Une idée ? » Demande-t-il à Maya.
- « Je crois qu'il y a un chemin, mais ça va être dur. C'est le talkie que Raven a demandé et l'oreillette. » Celle-ci me regarde.
- « Il doit être déplaçable pour nous parler de n'importe où. »
- « Bellamy, tu dois les trouver. » Lui dis-je.
- « C'est le plan. »
- « Ou on aura fait tout ça pour rien. »
- « Ouais. » Je coupe le micro et m'adresse à Raven.
- « Je reviens tout de suite. »
- « Je pensais que tu allais à Tondc. » Je ne prends pas la peine de répondre et sors de l'ingénierie pour aller à la salle du conseil. Ryder me suit toujours
- « Changement de plan. » J'annonce à Marcus Kane, qui roule une carte, quand j'arrive dans l'ancienne salle du conseil. « Je reste ici. »
- « Le Commandant t'attend. »
- « Les quarante-sept ont des ennuis. Je ne bouge pas s'ils ne vont pas bien, okay ? »
- « Tu comptes faire quoi pour eux d'ici ? » Je ne sais encore pas.
- « Tu iras à Tondc à ma place. Lexa te respecte. J'irai dès que je pourrais. » Je me tourne et pars, Kane m'attrape par le bras gauche. « Clarke, attends. » Ryder dégaine son poignard, prêt à l'étriper pour me défendre.
- « Range ça. » Lui dis-je. Il s'exécute. « Pour être un bon leader, il faut choisir ses batailles. »
- « Et en déléguer certaines, je sais. S'il te plaît, j'ai besoin que tu ailles à Tondc. » Je l'implore presque.
- « Très bien. J'irai. »
- « Merci. » Les portes s'ouvrent derrière nous, en un bruit de décompression. Ma mère entre quand je sors. J'avance hésitante.
- « Que se passe-t-il ? » Je m'arrête.
- « Kane t'expliquera. » Je repars, ne voulant en discuter, de peur qu'elle insiste pour y aller à sa place.
- « Ta mère devrait y aller. » Merci Kane, tout ce que je ne voulais pas. Il me regarde puis elle. « Après tout, c'est elle la chancelière. »
- « C'est pourquoi elle doit rester ici. » Je me tourne et m'en vais.
Je suis de retour dans l'atelier de Raven, Bellamy a réussi à pénétrer dans le réseau de ventilation du bunker.
- « Okay, dis-nous où tu es maintenant. » Lui demande Raven.
- « À une intersection. Je vais où ? » Elle regarde le plan.
- « Il vient de passer le système de filtration d'air, à ce niveau, il se trouve là. » M'indique-t-elle sur le plan.
- « Tu dois être tout proche. Le labo est devant toi »
- « Tu peux être plus précise ? » Raven et moi, nous regardons sans comprendre, elle jète à nouveau un œil au plan. Y aurait-il d'autres passages ? Un bruit se fait entendre du côté de Bellamy.
- « Pas la peine, j'ai trouvé. »
- « C'est une perceuse ? » Me demande Raven perplexe. Mon cœur s'emballe quand je prends conscience de ce qu'ils font.
- « Une extraction de moelle osseuse. » Dis-je, atterrée.
- « Prêt pour le dernier traitement de votre vie, lieutenant ? » Fait, l'écho d'une voix de femme, certainement le docteur.
- « J'ai attendu toute ma vie de respirer de l'air frais. » Je reconnais cette voix.
- « C'est Emmerson. »
- « Parlons de cette armée secrète qu'elle prétend avoir. » Et cette voix est celle de Cage. « Vous a-t-elle dit quelque chose qui nous aiderait à la trouver ? » La perceuse se fait de nouveau entendre. Ce bruit me glace d'effroi. « Arrêtez ça, s'il vous plaît. »
- « La fenêtre d'extraction post-mortem est très courte. » Dit le médecin. Raven et moi, nous regardons stupéfier.
- « Donnez-moi une minute. »
- « Non, Monsieur. Rien sur l'armée. Elle a dit qu'elle viendrait pour vous. Et c'est si on laisse son peuple partir qu'elle laissera le nôtre vivre. »
- « C'est un peu tard pour ça. »
- « Désolé, j'ai échoué, Monsieur. »
- « Non, c'est bon. Nous terminerons notre travail ce soir. Whitman vient de nous contacter par radio. Apparemment, il y a une réunion du conseil de guerre ce soir dans un de leur village et tous les leaders seront là. » Raven, Bellamy et moi restons silencieux, de peur qu'il se fasse repérer.
- « Monsieur, je me sens bien. Donnez-moi une équipe pour y aller et soutenir Whitman. »
- « Non, il aura moins de chance de se faire repérer, s'il est seul. »
- « Monsieur, Whitman est bon. Mais il ne peut pas supprimer toutes ces cibles, tout seul. »
- « C'est pourquoi nous allons utiliser un missile. » Je n'en crois pas mes oreilles. Un missile dévasterait entièrement le village. Mon cœur se serre, s'arrête puis rebat à toute allure. La première chose à laquelle je pense est, Lexa. « Cette fois-ci, nous n'allons pas rater. »
Bellamy rebrousse chemin dans les méandres du système de ventilation. Aucun de nous n'a pu prononcer un mot depuis l'annonce du missile. Il rompt finalement le silence quand il trouve un coin tranquille.
- « S'il vous plaît, dites-moi que vous avez tout entendu. »
- « Nous avons entendu. » Et depuis, je n'arrête pas de penser au village, à ses habitants. Mais surtout...
- « Nous devons les prévenir. » Me dit Raven, me sortant de mes pensées.
- « Est-ce que Kane à une radio ? » Je demande, affolée.
- « Non, C'est la seule fréquence qui n'est pas bloquée. Nous devons la laisser ouverte pour Bellamy. » Je me fige. Mon sang ne fait qu'un tour. Il ne me reste plus qu'une chose à faire.
- « Si je pars maintenant, je peux y être à temps. »
- « À temps pour te faire exploser, tu veux dire. » J'essaie de ne pas y penser. Mais l'image de la Commandante ne cesse de me hanter.
- « Quand je reviens, je veux être sûre que nos amis sont sains et saufs et que le brouillard acide n'est plus là. Tu peux t'en occuper ? »
- « Ouais, on peut s'en occuper. Pars. » Je me tourne pour partir, mais la voix de Bellamy m'arrête.
- « Clarke, attends. Octavia était à Tondc quand je suis parti. Est-elle... » Je ne peux lui dire qu'elle y est toujours.
- « Elle est là. En sécurité. »
- « Bien. Fais attention à toi. »
- « Comptes sur moi. » Je sens le regarde accablant de Raven sur moi, je n'ose pas la regarder.
- « Octavia est à Tondc pour la rencontre. Pourquoi mentir ? » Je lève les yeux sur elle.
- « Bellamy doit rester concentré. Pour le bien de tous. » Je passe à côté d'elle pour sortir de son atelier.
- « Hé ! » Je m'arrête et me retourne. Elle m'attrape et me sert dans ses bras. Je suis un peu déstabilisée, je ne m'attendais pas à ça, mais plutôt à des reproches, je suis heureuse de voir que ce n'est pas le cas. Je lui rends son étreinte puis elle me relâche.
- « Ne te fais pas explosée. » Cette fois, je m'en vais.
Ryder et moi galopons sans halte jusqu'à Tondc, il nous a fallu un peu plus de quatre-heures pour y arriver. Il va bientôt faire nuit, ce qui me laisse peu de temps pour trouver la Commandante, la prévenir de la menace et j'espère évacuer la ville. Je n'ai pas arrêté d'y penser tout le long du chemin.
- « Clarke, tu l'as fait. » Me dit Octavia alors que je descends de ma monture.
- « J'ai besoin de toi pour m'emmener jusqu'à Lexa. » Je suis essoufflée, j'essaie de garder mon calme, mais ma voix me trahit.
- « Qu'est-ce qui ne va pas ? »
- « Rien. » Je ne veux pas la faire paniquer.
- « Bellamy est prêt ? A-t-il désactivé le brouillard acide ? »
- « Il y travaille. » Nous traversons la place centrale, je vois Lexa de l'autre côté, Indra toujours fidèle au poste, est à sa droite. Kane est là aussi, entre elles deux. Plus que quelques pas... C'est étrange, cette sensation de manque, que j'avais depuis ces derniers jours, s'est envolée aussitôt que j'ai posé mes yeux sur la brune.
- « Clarke du Peuple du Ciel, » Me dit-elle. Habituellement, je réprime un sourire quand elle m'appelle comme ça, mais pour l'heure, je suis trop préoccupée, « nous a honorées de sa présence. »
- « Désolée du retard, Commandant. »
- « Tu es arrivée à temps. » Je regarde Kane. J'espère qu'il n'a pas tort, même si ce n'est pour les mêmes raisons. « Je suppose que les enfants à Mont Weather vont bien. »
- « Pour l'instant. » Je repose mon regard sur la brune.z
- « Pouvons-nous parler en privé ? » À la manière dont elle me regarde, je sais qu'elle comprend que quelque chose ne va pas.
- « Oui, pars là. » Elle se tourne, Ryder et moi la suivons, mais seules elle et moi descendons dans la salle du conseil de guerre. Nous sommes face à face à côté de la grande table.
- « Un missile ? Tu es sûre ? » Elle semble à peine angoissée, alors que je suis totalement affolée.
- « Oui. Nous devons commencer à évacuer. »
- « Non. »
- « Comment ça non, Lexa ? » Elle me regarde droit dans les yeux.
- « Si nous évacuons, ils sauront que nous avons un espion à l'intérieur de leurs murs. »
- « Pas forcément. » Elle détourne le regard. Comme fuyant la conversation.
- « Nous ne pouvons pas prendre le risque. » Elle s'éloigne de moi et fait face à la table. Je m'approche d'elle.a
- « Quel est l'intérêt d'avoir un homme à l'intérieur, » elle se tourne pour me regarder, « si nous ne pouvons pas agir en fonction de ce qu'il nous dit ? »
- « Le brouillard acide est-il désactivé ? Notre armée dormante est-elle libérée ? » Je lui fais non de la tête et baisse les yeux, gênée que rien n'ai changé depuis la dernière fois que nous nous sommes parlé, excepté cette frappe imminente. « Alors le travail de Bellamy n'est pas fini. » Je relève les yeux sur elle. « Sans lui, nous ne pouvons pas gagner cette guerre. »
- « Donc qu'est-ce que tu proposes ? » Elle refait face au meuble de bois, ne me montrant que son profil, je suis à moins de trente centimètres d'elle. Son parfum parvient à mes narines, un mélange de d'odeurs de sous-bois, de jasmin et de cassis. J'essaie de ne pas y prêter attention. « Nous ne faisons rien, nous les laissons nous bombarder ? »
- « Ce sera un coup dur, mais notre armée sera en sécurité dans les bois et ça va les inspirer. » Notre armée et une chose, mais...
- « Quand est-il de nous ? » Elle me regarde, comment peut-elle avoir l'air si calme et distante par rapport à tout ça, alors que je la sens bouillonner ?
- « On se faufile, maintenant. » Elle se dirige vers une chaise et me tend un de ses châles. « Mets ça. » Elle marche vers la sortie de derrière.
- « Lexa, attends. Tu ne comprends pas. » Elle s'arrête et me fait face. « J'ai provoqué Mont Weather. J'ai envoyé un message pour les détourner de Bellamy. »
- « Clarke, parfois, il faut concéder une bataille pour gagner la guerre. » Je sais qu'elle a raison et j'ai peur de ce qu'elle veut faire. Mais tous ces pauvres gens dehors vont mourir par ma faute. Nous ne pouvons pas protéger Bellamy à leur dépens. Il doit y avoir un autre moyen.
- « Non. Nous pouvons informer les leaders des clans, choisis un lieu de rendez-vous dans les bois. » Lexa tourne la tête, soupire, semblant exaspérée par mon plan. « Ils peuvent partir séparément. »
- « Combien de personnes vont-ils prévenir ? » Elle élève légèrement le ton. « Où est la limite ? »
- « Éh bien alors, annule la rencontre, allume un feu, quelque chose ! » Je m'emporte et m'énerve, Lexa me tourne le dos et part, fuyant à nouveau la conversation.
- « Clarke, nous n'avons pas le temps pour cela. » Je lui cours après, saisi son bras droit et la retourne avec virulence.
- « Non, non ! » Je la regarde, ses yeux sont posés sur ma main enserrant son poignet. « C'est faux. » Elle relève son regard sur moi, il me perce, je retire ma main de son avant-bras avec précaution. Elle se fait menaçante, glaciale quand elle s'approche plus près de moi, très près, trop près, au point que son odeur m'enivre. Cette manie qu'elle a me déstabilise toujours autant que la première fois sous sa tente. J'essaie de ne pas bouger, mais malgré moi, je recule d'un pas.
- « C'est aussi notre seul choix et tu le sais. Tu aurais pu prévenir tout le monde ici, mais tu ne l'as pas fait. Tu n'as rien dit, même pas à ton propre peuple. » Je fronce les sourcils, baisse les yeux. Encore une fois, elle a raison, je n'ai rien dit parce qu'au fond, je savais que je ne le pouvais pas prendre cette décision seule, c'est pour ça que je suis directement venue voir Lexa. « C'est la guerre, Clarke. Des gens meurent. » Je la regarde, son regard est presque empathique, il se fait plus doux comme sa voix. « Tu as montré une grande force aujourd'hui. Ne laisse pas l'émotion t'arrêter maintenant. Il est temps de partir. » Sa voix est presque un murmure. Elle ouvre la grille derrière, monte les escaliers et part. Je me tourne, les yeux dans le vide, je pense à Octavia, à Kane. Est-ce la bonne chose à faire ? Je n'ai plus le choix ni le temps, j'ouvre la grille et monte les escaliers à mon tour.
La nuit est tombée, Lexa et moi, nous enfuyons par les bois. Nous avons revêtit les vêtements de la brune pour ne pas être repérées, son odeur est omniprésente. C'est dur de ne pas y penser. Tondc est face à moi, je m'arrête et la regarde, les villageois et guerriers de toutes nations confondues s'activent pour préparer la rencontre. Et bientôt mourront par ma faute, pendant que je fuis. Lexa se retourne.
- « Clarke, nous devons continuer de bouge, nous ne sommes pas assez loin. » Me rappelle-t-elle à l'ordre et revient sur ses pas, je la regarde. « La dernière fois qu'ils ont utilisé un missile, c'était avant que je sois née. » Je tourne la tête vers la ville. « Selon la légende, ça a laissé un trou dans les bois, on ne pouvait pas voir au travers. » Je repose mes yeux sur elle. « Maintenant allons-y. » Elle se remet en route.
- « Et si nous les faisions rater ? » Elle revient à nouveau vers moi.
- « Tu n'écoutes pas. Avec une telle arme, tu ne peux pas rater. »
- « Si tu peux, je les ai entendu parler d'un guetteur, quelqu'un pour armer le missile. » Quelque chose attire mon attention sur la ville. « Si nous pouvions juste le trouver... » Lexa me fixe. « Non. Qu'est-ce qu'elle fait ici ? » Elle regarde dans la même direction, puis repose les yeux sur moi.
- « Clarke, tu ne peux pas y retourner. » Je fais demi-tour, la laissant là. « Clarke ! » Je l'entends m'appelle paniquée.
Je suis cachée près de la place centrale. Quand ma cible arrive à ma hauteur, je l'attrape et l'attire dans un coin sombre à l'abri des regards. Je la plaque, dans un bruit sur, contre le mur face à moi, heureusement son sac à dos à amorti le choc.
- « Maman, qu'est-ce que tu fais ici ? Je t'ai dit de rester au campement. » Dis-je, désemparée.
- « Ça suffit Clarke. Je suis la Chancelière. » S'énerve-t-elle. Si elle savait comme à ce moment Chancelier ou Commandant ne voulait plus rien dire. « Je n'ai pas besoin de ta permission pour partir... » Je la coupe, nous n'avons pas le temps pour une énième dispute.
- « Non, nous devons partir, maintenant. »
- « Qu'est-ce qu'il y a ? »
- « On ne doit pas être ici. Maman, je t'en supplie. » Je la prends par le bras et la force à me suivre. « Viens. » Nous courons à travers les bois, mais nous ne sommes pas encore assez loin.
- « Attends. » Je m'arrête malgré moi et lui fais face.
- « Non, on ne peut pas. Nous n'avons plus le temps. » Je me remets en marche, mais ma mère me tire par le bras.
- « Je n'irai pas plus loin avant que tu ne m'aies dit ce qu'il se passe. » Soudain, un bruit au-dessus de nos têtes me fait me retourner. Trop tard, le missile est déjà là, zébrant le ciel, nous le suivons du regard. Puis le souffle de l'explosion nous couche au sol.
Ma tête me fait atrocement mal, je n'entends plus qu'un sifflement, vrillant mon crâne et perçant mes tympans, ma vision est troublée. Un vertige s'empare de moi et je peine à me mettre à genoux. Ma mère est couchée à mes côtés, inerte, mon cœur s'affole.
- « Maman. Maman, tu vas bien ? » Elle s'assied difficilement.
- « Oh mon Dieu. » Elle se tourne vers la ville en feu.
- « Viens. On doit partir. » Lui dis-je. « On doit y aller. » Je prends sa main. Elle se tourne vers moi, son regard est horrifié. Des cris plaintifs et des gémissements proviennent de la ville.
- « Tu savais. Tu savais et tu n'as rien empêché. »
- « Nous n'avions pas le choix. » Elle pose les yeux sur Tondc.
- « Tant de gens. Notre peuple. » Elle me regarde, accusatrice.
- « Nous devions de protéger Bellamy. Sans lui... » Elle repousse ma main qui tenait toujours la sienne.
- « Arrête ! Je ne veux pas entendre ça. » Elle se remet sur ses pieds, j'en fais autant.
- « Maman... »
- « Dis-moi que c'était Lexa. S'il te plaît, Clarke. » Je ne peux me résoudre à lui mentir. C'est moi qui ai pris la décision de n'en parler à personne d'autre que Lexa, elle, n'a fait que me soutenir, m'aidant à faire ce choix difficile. « Dis-moi que ce n'était pas toi. » Elle me regarde, déconcertée.
- « J'aimerais pouvoir. » Je retiens mes larmes quand je lis la déception et le mépris dans son regard. Je m'approche plus près d'elle.
- « Tu ne dois le dire à personne. » Cette fois, son regard est incrédule. « Si quelqu'un découvre que nous savions, l'alliance des douze sera brisée. Nous perdrons cette guerre. » J'accentue cette dernière phrase pour qu'elle comprenne l'importance de son silence.
- « Tu as dépassé la limite. » Je le sais malheureusement trop bien...
- « Maman. »
- « Leur sang est sur tes mains, et même si nous gagnons, j'ai peur que tu ne puisses pas le laver cette fois-ci. » Tout ce qu'elle me dit est vrai, ce qui me fait d'autant plus mal. « Ne t'inquiète pas. Ton secret est en sécurité avec moi. » Les larmes me montent aux yeux. Elle se tourne et s'en va.
- « Maman... Attends. Maman ! » Ma voix se brise et les larmes coulent sans que je ne puisse les retenir. Je me tourne vers la ville en contre bas, tout n'est que désolation, un énorme cratère d'où jailli le feu. Des centaines de corps jonchent le sol ci-et-là. Tout est de ma faute. Qu'ai-je encore fait ?
