Ah bah on y pensait pas tout de suite mais oui... que faisait Agon quand Shien et Hiruma avait tous les deux le bras dans le plâtre, hein hein?
Snif, pov' Kid et Hiru TT
Convalescence
Il aurait étripé ce type.
Ce… Marco, ce mec qui lui faisait l'effet d'une écharde plantée dans la main, trop profondément pour être enlevée.
Parce que son quotidien le ramenait toujours à lui.
« Agon ? Tu peux m'aider ? »
Ca, c'était Kid.
« Fuckin' dread, viens voir! »
Et ça, c'était Hiruma.
Il s'était bien occupé de son jumeau parfois quand ils étaient petits, lorsque son frère tombait malade. De mauvaise grâce certes mais il le faisait, et c'était déjà assez chiant avec un convalescent sur les bras.
Alors deux…
Quand la semaine dernière il avait dû venir récupérer le quaterback de Seibu à l'hôpital, déjà, ils s'étaient mis à deux pour le retenir d'aller directement voir les Dinosaurs et éclater cette mèche blanche.
C'était le minimum pour avoir mis le bras de Shien dans cet état pourtant !
Mais alors quand il avait dû refaire le trajet jusqu'à la clinique pour le démon… Kid avait mis toute son indolence et sa douceur pour le calmer, et même le blond avait évité de jeter de l'huile sur le feu en s'abstenant d'entamer une dispute habituelle. Il avait essayé de rester maître de lui-même pour qu'Agon fasse de même.
Mais enfin, quoiqu'il en soit, cela faisait maintenant une semaine et demi que Marco avait évité le passage chez un chirurgien esthétique, et que l'adolescent aux dreadlocks devait assister les deux blessés dans beaucoup de choses.
Déjà, c'était lui qui devait faire la cuisine – et Dieu sait combien Shien priait pour que son bras guérisse vite, qu'il puisse sauver leur estomac en reprenant ses fourneaux. C'était sans compter toutes les autres tâches ménagères qu'il devait se farcir maintenant. Les courses, et le ménage, entre autres.
Au bout de quelques jours, ses compagnons avaient vite compris qu'il valait mieux l'assister dans ce genre de corvées. Après tout, à chaque fois qu'Agon rentrait avec de quoi manger, le démon et le cowboy se disaient toujours qu'un plat avec les ingrédients qu'il avait ramené avait peu de chance d'être mangeable. Et il était même fort possible que ce soit toxique.
Mais bon, comme c'était le blond qui était chargé de cette tâche d'ordinaire, il avait fini par céder et donner exceptionnellement carte blanche – et bleue d'ailleurs- à Shien pour puiser dans son compte sans fond. Remplacer la tambouille infâme du joueur de Shinryujii par un traiteur de façon quotidienne était l'une des meilleures idées qu'il ait eu, vraiment.
Le brun quant à lui faisait ce qu'il pouvait pour lui expliquer que « non, le balai, ça se tient dans l'autre sens. » et que « non, cracher sur les meubles et passer un chiffon n'est pas un bon moyen pour enlever la poussière des étagères. »
Un véritable calvaire.
Mais en contrepartie, les deux éclopés se faisaient un malin plaisir de le faire tourner en bourrique. Hiruma ne trouvait rien de plus amusant que l'appeler pour l'aider à prendre sa douche par exemple, et lui refuser tout contact plus poussé ensuite sous prétexte que son bras lui faisait « atrocement mal ». Agon attendrait qu'il soit rétabli.
Kid quant à lui adorait s'installer sur les genoux du dreadeux quand il se reposait, et enfouir sa tête dans son cou, pour réclamer une attention, tel un chat. Mais comme son compagnon démoniaque, il lui accordait un baiser, et rien de plus, puis invoquait la même raison : son pauvre bras douloureux.
Ce n'était pas faux non plus, faire ce genre de choses avec une fracture multiple n'est pas vraiment conseillé… Mais étaient-ils obligés de lui rappeler ?!
Oui, évidemment, ça les amusaient trop de titiller ce fier joueur star de Shinryujii et de lui mettre les sens sans dessus-dessous. Mais ils ne poussaient jamais le jeu trop loin, et lui volaient souvent un petit baiser d'excuse, avec un sourire qui promettait qu'ils se rattraperaient une fois soignés.
Mais il y avait des points positifs. Hiruma par exemple, qui était en permanence enfermé dans un caisson à oxygène et ne revenait que le soir. Le blond rentrait et généralement, s'affalait contre lui, sur le canapé ou le lit où il se trouvait, réclamant la chaleur humaine qu'il n'avait pas eu de la journée. Oui, le blond pouvait être câlin. Son bras valide entourant son torse, la tête sur l'épaule, et il fermait les yeux.
Quand il faisait ça, il sentait un autre corps s'appuyer contre lui. Shien venait réclamer sa part. Et ils restaient blottis tous les trois pendant des heures, bercés par la placidité du brun et la léthargie du démon.
Finalement, Marco n'était peut-être pas tant à blâmer que ça.
