13) "Désolé, je suis en retard."


Au cimetière (2).

Se retrouver toujours devant deux tombes, on a fait plus romantique comme rendez-vous, mais Bellamy et Murphy se rencontraient ainsi, une fois par semaine. Bellamy venait nettoyer la tombe de sa mère, Murphy venait manger ou dormir sur la tombe de la sienne. C'était étrange, mais elle lui manquait et il voulait faire des choses normales comme si elle était encore là. C'était en tout cas ce qu'il avait dit à Bellamy.

- Ma mère était une vraie junkie, ce n'est pas étonnant qu'elle se soit retrouvée là-dessous. Avait-il raconté.

Bellamy aimait bien l'entendre parler, raconter, même si c'était triste. Peut-être à cause de la voix de Murphy, un peu lancinante. Ou bien sa façon de raconter, pleines de sarcasmes. En tout cas, Bellamy avait toujours hâte de retrouver Murphy quand il venait.

- J'ai pas tellement connu ma mère, avait expliqué Bellamy à Murphy, elle était plus souvent absente que présente.

- Pour le coup, là, c'est plutôt définitif, avait rétorqué Murphy.

Bellamy n'aurait pas dû rire.

Il avait ri quand même.

Ils pouvaient passer tous les deux des heures au cimetière, non pas pour leur mère respective, mais pour être l'un avec l'autre. Ils ne parlaient pas toujours, mais il y avait quelque chose de bien à être ensemble, tout simplement.

Ils s'attendaient. Quand Murphy n'arrivait pas, Bellamy s'inquiétait, mais Murphy finissait toujours par pointer le bout de son nez. Quand Bellamy n'arrivait pas, Murphy comptait dans sa tête et lui lançait un regard de reproche quand il arrivait enfin, comme s'il lui avait fait perdre du temps

- Désolé, je suis en retard, s'excusait Bellamy.

Et pourtant ce n'était pas comme s'ils avaient des horaires précis.

Au bout de plusieurs mois à se voir ainsi, Bellamy tenta le tout pour le tout :

- Ça te dirait d'aller boire un verre ?

- Et après on va chez toi ou chez moi ? Plaisanta Murphy.

- C'est toi qui vois, rétorqua Bellamy amusé.

- Okay pour le verre, accepta Murphy.

Et ils sortirent du cimetière, faisant évoluer leur relation vers quelque part, sans savoir trop où.

Fin.

L'autatrice : voilà la deuxième partie de la fic. Avec une petite évolution.