Chapitre 6 : Doute
Quand je me réveillais le lendemain matin, j'étais seul dans mon lit. Je me levais et me rendais dans la cuisine où je trouvais Reita bataillant avec la cafetière.
-Mais c'est pas vrai ! Comment il fonctionne ce truc ?! Il pourrait pas en avoir une simple comme tout le monde !, râla-t-il.
Je pouffais de rire et il se retourna.
-Tu lui fais quoi là à ma cafetière ?!, demandais-je en rigolant.
-Rooh ! Ca va j'essaye de faire du café ! C'est quoi c'te cafetière ?!
Je m'approchais et appuyais sur un bouton.
-Et voilà !
La tête qu'il fit et le regard qu'il me lança me fit éclater de rire.
-Ouais… Marre-toi !
Il se retourna et sortit deux tasses, j'en profitais pour passer mes bras autour de sa taille.
-Merci Rei…
-Pour quoi ?
-Pour tout ce que tu fais pour moi…
Il se retourna et me prit dans ses bras.
-Tu avais besoin qu'on s'occupe de toi… C'est normal, je suis là pour ça non ?
-Oui mais…
Il posa un doigt sur mes lèvres.
-Tututu ! Y'a pas de « mais » !
Je souriais et enfouissais ma tête dans son épaule. Cela faisait tellement de bien un peu de tendresse. Reita avait toujours était là pour moi, on avait toujours été très proches. Quand le café fut près, on s'installa à la table et on commença à discuter.
-Hmm… Au fait… Quand vas-tu te décider à parler à Ruki ?, demandais-je innocemment.
Il manqua de recracher son café et s'étrangla puis me regarda ensuite avec des yeux ronds.
-Pardon ?! Tu peux répéter là ?
-Oh ! T'as très bien compris…
-Mais…
-Mais rien du tout ! Ca crève les yeux que Ruki en pince pour toi. Et toi, ne vas pas me dire que tu n'y es pas sensible.
-Je sais pas… Je dois t'avouer que je suis un peu… perdu en ce moment.
-Comment ça ?
-Ben… Avec ce qu'il t'arrivait, je n'y ai pas vraiment pensé vu que j'étais tout le temps inquiet. Tiens ! En parlant de ça, tu sais, je n'étais pas le seul à m'inquiéter…
-De quoi tu parles ?
-Au cas où tu n'aurais pas remarqué, tu n'es pas venu pendant une semaine !
-Merci !
-J'en connais un autre qui n'était pas dans son assiette.
Je compris tout de suite de qui il voulait parler.
-Ah…
-Oui. Tous les jours il me demandait si j'avais des nouvelles de toi. Il était complètement déprimé. Je dois t'avouer que j'ai été surpris…
Je ne répondais pas. Ce que me disait Reita me troublait, semait la graine du doute dans mon esprit. Etait-il vraiment inquiet ou ne jouait-il qu'un rôle ? Lui manquais-je vraiment ? Autant de questions qui resteraient pour le moment sans réponses. J'étais plongé dans mes pensées, fixant sans le voir mon café quand j'entendis vaguement Reita me parler.
-Ruwa ? Ruwa ?
-Hein ? Oui, quoi ?
-Ca va ?
-Heu, oui oui…
-Bon, il serait peut-être temps qu'on se prépare non ?
-Pour aller où ?
-A la répète ! Tu crois quand même pas que je vais te laisser ici ! De plus, notre guitariste principal commence sérieusement à nous manquer !
Je souris. Oui, je ne pouvais pas rester éternellement cloitré.
-Ok ! C'est parti !
On se leva et on se prépara avant de partir ensemble au studio…
En arrivant, je n'eu pas le temps de dire quoi que ce soit que Ruki me sauta au cou.
-Ruwaaaa ! (^^ tro choupi !!) Tu nous a manqué !, s'écria-t-il.
-Ruki ! Laisse lui le temps d'arriver !, sourit Kai. Ca va mieux Uruha ?
-Euh… Oui merci ! Ruki, tu m'étouffes là !!
-Oups ! Désolé.
Je souris. Leur accueil me réchauffait le cœur. Quand Ruki me lâcha enfin, je levais les yeux et vis qu'Aoi me fixait. Il avait vraiment une tête horrible. Il était très pâle, de grosses cernes noires sous les yeux et il avait maigri. Il n'était même pas maquillé ni coiffé. Je haussais les sourcils, c'était vraiment rare de le voir dans cet état. Il s'approcha de moi et me prit dans ses bras. Je me raidissais et hésitais avant de poser mes mains dans son dos. Il resserra son étreinte et posa sa tête sur mon épaule. Je n'osais plus bouger. Je sentais le regard des autres sur nous, aucun n'osant dire quoi que ce soit.
-Euh… Aoi… La répète…, finis-je par dire.
-Désolé… Tu nous a manqué Uruha…, dit-il en se reculant.
Je prenais ma guitare et commençais quelques accords. Ca m'avait manqué. Ils m'avaient tous manqué. On commença à répéter et je pris plaisir à retrouver cet environnement qui était le mien. On fit plus de pauses que d'habitude, chacun voulant profiter à sa façon de mon retour. J'étais vraiment ému par la joie qu'ils éprouvaient à me retrouver. Le seul qui ne parlait pas beaucoup était Aoi. Il se contentait de me regarder et de sourire, de répondre quand quelqu'un lui adressait la parole. Mais la plupart du temps, quand je tournais la tête, il baissait les yeux. J'avais l'impression d'être face à un étranger.
-Ca va Aoi ?, demandais-je naturellement.
Il releva la tête, surpris.
-Je… euh… Oui, pourquoi ?, bégaya-t-il.
-J'sais pas tu parles pas beaucoup et t'as pas l'air bien. Je ne te ferais pas peur quand même ?, demandais-je en souriant.
-Je… Non bien sur que non…
Je jubilais intérieurement. Pour une fois que c'était moi qui le mettait mal à l'aise. Je vis Reita me lancer un regard de reproche auquel je répondis avec un air de totale innocence, ce qui le fit sourire. On reprit la répète et la fin de la journée arriva.
-Mais où est-ce qu'il est ?, râlais-je en retournant toutes mes affaires.
Je soulevais les coussins du canapé, rien. Où avais-je bien pu le mettre ? Je me dirigeais dans ma chambre mais là non plus pas de portable.
-Oh non ! J'l'ai oublié au studio !
Je jetais un coup d'œil dehors. Le temps s'était gâté et il pleuvait averse maintenant.
-Génial !
J'enfilais ma veste prenais les clés de ma voiture et sortais de mon appart. Arrivé en bas de l'immeuble, je remontais le col de ma veste et courais jusqu'à ma voiture qui, bien évidemment, n'était pas garée juste devant. Dans la voiture, j'essuyais l'eau qui coulait sur mon visage.
-Fais chier ! C'était vraiment pas le jour à l'oublier !
Je pris ensuite la direction du studio et, pour arranger les choses, je tombais sur un embouteillage. J'avais vraiment la poisse…
-Manquait plus que ça tiens !
Prenant mon mal en patience, j'allumais la radio et repensais à la journée qui s'était écoulée. J'avais des amis qui m'aimaient, qui étaient heureux de me voir et je crois qu'en ce moment, la preuve d'amour qu'ils m'ont donné était le plus beau cadeau. Après celui de Reita, bien sur, mais ce n'était pas pareil ! Quant à LUI, Aoi, plus le temps passait plus je me posais des questions sur ses véritables sentiments. Je savais que les miens n'avaient pas changés mais j'ignorais toujours ce qu'il pensait réellement. Je sursautais lorsqu'un violent coup de tonnerre retentit, suivit quelques instants plus tard par un second.
-Oh ! Génial, de l'orage maintenant !
Je regardais le ciel qu'un éclair zébra. Je frissonnais. Au bout d'un quart d'heure, la circulation se fluidifia et je pus enfin aller au studio. Arrivé, je me garé le plus près possible de l'entrée avant d'entrer en courant dans le bâtiment. J'allais directement à la salle de répète. Je n'avais plus qu'à le trouver.
Cela faisait dix minutes que je cherchais mais toujours rien. Je finissais par me demander si je ne l'avais pas laisser chez moi et que je ne l'avais pas vu ! Je regardais tout autour de moi, les mains sur les hanches quand une voix me fit sursauter.
-Uruha ?
-Aoi ?
Ca y est, j'étais de nouveau mal à l'aise…
-Qu'est-ce que tu fais là ?
-Je cherche mon portable…
-Ah… euh… c'est moi qui l'ai… Je… l'ai rangé par mégarde avec mes affaires… Tiens.
Je pris mon portable qu'il me tendait.
-Comment t'as su que j'étais là ?,demandais-je méfiant.
-J'ai vu ta voiture en passant… Uruha… Je…
A cet instant, il y eu un violent coup de tonnerre et la lumière s'éteignit. Plus d'électricité…
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MOUHAHA ! J'adore coupé dans ce genre de moment... fufu ! ^^ J'espère que ça vous plaît toujours ! ^^ à bientôt pour la suite =P
