5ème chapitre: Une panthère et un loup garou
Les premières vacances de l'année avait vidé Poudlard de la moitié de ses élèves.
Les préparatifs pour le bal battaient leur plein.
Hermione discutait tranquillement frou-frou avec Ginny et Luna. Devant la cheminée de leur salle commune, Ron et Harry faisait une partie d'échecs sorciers.
Les élèves, en général, occupaient paisiblement leurs soirées d'automne. Dans la salle commune des Serpantards, on pouvait voir Draco, assis dans un fauteuil près de la cheminée, un livre à la main, Grégory et Vincent se racontaient pour la enième fois ce qu'ils avaient fait pendant l'été, Pansy, Millicente et leurs camardes avaient les mêmes activités que les demoiselles en rouge et or. Balise et Eiri occupaient leur soirée un peu différement des autres... Mais à part ça, une soirée tranquille de vacances.
Deux professeurs étaient trop occupés pour goûter au calme des vacances. C'était la nuit de la pleine lune et le professeur Lupin descendait rejoindre le professeur Snape popur qu'il lui donne sa potion. Potion qui le rendait presque inoffensif quand il se transformait. Il frappa à la porte du cachot:
"Entrez! annonça froidement Snape.
- Bonsoir Sévérus, dit Rémus en entrant dans la pièce.
- Tu viens pour la potion? demanda Sévérus sans lever le nez de ces travaux.
- Oui, l'as-tu terminée?
- Presque. Encore une dizaine de minutes.
- Bien, je vais attendre ici, si ça ne te déranges pas
- ..."
La discution fut close. Le regard de Rémus fit le tour de la pièce. Le bureau de Snape lui servait aussi de labo. Les étagères croulaient sous les bocaux et les livres. Rémus s'approcha d'une des bibliothèques et commença à lire les différents titres. Plusieurs traîtés de magie, de potion, des romans sorciers et à sa grande surprise, des traîtés de médecine et des romans moldus. Il prit un roman de Shakespire et s'assit face au bureau de Sévérus. Il lut quelques pages et leva son regard sur son vis-à-vis. Sévérus était plongé dans une profonde réflexion. Les sourcils à peine fronçés lui donnaient cet air sévère que ses élèves redoutaient tant. Pourtant les quelques mèches qui s'échappaient du catogan, lui adoucissaient sensiblement le visage. Rémus se demanda comment il faisait pour avoir l'air à la fois sévère et enfantin. Il continua à le détailler du regard. Le professeur de potion avait troqué son éternelle robe noire à col droit contre une ample chemise saphir qui dévoilait une partie de ses épaules.
En sentant un regard posé sur lui, Sévi leva le menton. Il fut surpris de voir Rémus le dévisager en rougissant. Ses yeux accrochèrent, un instant, ceux du loup-garou. Ils détournèrent leur regard simultanément, les joues légèrement rosies. Un silence gêné suivit cet échange pour le moins ambigu. Sévi retourna à sa potion non sans jeter de temps à autre de petits coups d'oeil à l'homme assis en face de lui. Il avait toujours eu un faible pour lui. Déjà lors de leur propre scolarité, il l'avait désiré. Mais depuis le soir où il avait découvert qu'il était un loup-garou, il avait refoulé ses sentiments naissants au fond de lui. Mais là, de le voir si paisible, ils refaisaient surface. De plus l'âge l'avait considérablement embelli. On était loin de l'adolescent maigre et blafard. Il avait pris en taille et en musculature. La finesse de ses traits réhaussait ses yeux couleur or et ses cheveux mi-long châtains illuminaient son visage. Rémus le coupa dans sa réflexion:
"Sévérus, le temps presse. Il fera bientôt nuit. As-tu fini? Demanda-t-il suppliant
- Oui, j'ai terminé. Tiens, bois tout.
- Merci.
Rémus avala le contenu d'un seul trait. La grimace qu'il afficha, tira un sourire au professeur de potion.
- Il faut que j'y aille. Merci encore Sévérus.
Il se dirigea vers la porte, tourna la poignet et... Rien. La porte refusait de bouger. Il sortit sa baguette murmura une formule et réessaya d'ouvrir. Toujours rien..
- Alors Rémus, on ne sait plus ouvrir une porte.
- Sévérus, ce n'est pas le moment de rire. Je ne vais pas tarder à me transformer. Alors si tu ne veux réitérer l'expérience d'y à 20 ans, aide moi!
Ils s'acharnèrent un quart d'heure sur cette pauvre porte qui refusait toujours de souvrir. Rémus soupira:
- As tu des chaînes ou de quoi m'attacher?
- Non, mon bureau ne communique avec aucune des autres pièces.
L'horreur vint se peindre sur le visage de Rémus. Non, il ne pouvait pas être enfermé avec lui ce soir, pas cette nuit! Sévérus ne se laissa pas déstabiliser.
- Comment peux tu rester aussi calme? Si on ne trouve pas de solution, je risque de te tuer!
- Ne t'inqiètes pas. Tu sais, il n'y a pas que Sirius et James qui ont réussi à devenir des animagi.
- Tu veux dire que...
- Oui, j'ai aussi réussi cette petite prouesse. Donc il n'y a pas à s'enfaire. De plus la potion que tu as avalé toute à l'heure va brider tes pulsions meur... animales.
En attendant, je vais continuer mes travaux."
Il retourna à sa table de travail laissant Rémus planté devant la porte. Celui-ci finit par aller s'assoir dans un coin en reprenant sa lecture.
Les minutes s'écoulèrent dans un profond silence. Ils évitèrent soigneusement de se regarder.
Les pemiers signes de la transformation se firent entendre. Rémus commençait à gémir de douleur. La transformation était un cap physiquement et psycologiquement douloureux.Sévérus n'attendit pas de se retrouver face au loug-garou pour se métamorphoser. Ce fut une superbe panthère noire qui apparut à sa place. Elle sauta par dessus le bureau et fit face à l'immense loup au pelage argent qu'était devenu Rémus. Ils se mésurèrent du regard et commencèrent à se tourner autour. Aucun signe d'agressivité ou d'animosité. Le loup accepta la dominance de la panthère et s'allongea. La panthère le regarda faire puis lentement vint s'étendre à son côté.
Dans tout le château, les différents professeurs cherchaient le loup-garou. Mme Pomfresh ne l'ayant pas vu passé avait alerté le directeur. Sirius, transformé cherchait partout des traces de son ami. Rien, il ne trouvait rein. Au bout de trois heures de recherches intensives, ils abandonnèrent leurs recherches, convaincus que Rémus ne déambulait pas dans les couloirs. Mais Sirius restait inquiét pour son ami. Il continua à parcourir les couloirs sous forme humaine. Il était malade d'angoisse.
Au détour d'un couloir, il percuta Lucius de plein fouet.
" Que fais tu encoire dans les couloirs? Tu continues à chercher Rémus?
- Oui, je suis très inquiet pour lui! Les transformations sont violentes et je n'aime pas le savoir seul.
- Je viens de le trouver.
- Où est-il? demanda Sirius en empognant Lucius par le col.
- Du calme! Suis moi."
Lucius fit demi tour et prit la direction des cachots suivi de près par un Sirius plutôt enervé. Après plusieurs minutes à déambuler dans les couloirs sombres, ils arrivèrent devant la porte du bureau de Snape. Lucius dessina un cercle sur la porte avec sa baguette. La densité de la porte se modifia laissant apparaître l'intérieur de la pièce. Sirius regarda et vit son ami allongé parterre, la tête d'une panthère noire sur son flan. Il regarda Lucius:
" Qui est la panthère?
- C'est Snape. Il a réussi à devenir un animagus pour pouvoir espionner Celui-Dont-il-ne-faut-pas-prononcer-le-nom plus facilement. Ca lui a demandé des années mais il y est arrivé.
- Comment Rémus a pu se laisser surprendre par le temps? Généralement, il s'enferme bien avant le coucher du soleil.
- Je ne pourrais pas te répondre. Maintenant que tu sais où Rémus, il est plus de 1h du matin, tu devrais aller te coucher.
Sirius passa sa main sur son visage, soulagé, et acquiésa:
- Ils me fatiguent. Entre lui et Harry, je vais devenir chèvre. Je te remercie de l'avoir retrouver.
- De rien. Au départ, je cherchai Sévi. Je l'ai pas vu pendant les recherches et je me suis inquieté. Quand je les ai vu ensemble, je suis parti à ta recherche. Je me doutais bien que tu continuais à chercher ton ami. Je te souhaite une bonne nuit. A demain."
Tout en discutant, ils étaient remontés au rez de chausser. Lucius partit de son côté, laissant l'animagus au milieu du couloir.
Tout en remontant vers ses appartements qui se situaient non loin de la tour Griffondor, Sirius songeait à l'atitude de son cousin. Depuis la chute du Lord Noir, il était si différent. Il avait connu un homme froid, méprisant, moqueur. Le parfait mangemort. Et il se révélait gentleman,doux, attentif aux autres. Sirius était désemparé face à ce nouveau Lucius. Il laissa de côté ses problèmes relationnels et partit se coucher. La soirée avait été mouvementé et il n'en pouvait plus.
Ce fut Rémus qui se réveilla le premier le lendemain matin. Il était nu comme un ver et la panthère noire avait laissé place à un Sévérus guère plus habillé. Il fit apparaître des couvertures, couvrit leurs corps et attendit qu'il se réveille. Il ne put s'empêcher de caresser sa joue du bout des doigts. Il semblait si paisible, si serein. Par Merlin qu'il était beau. Sous le délicat touché, Sévérus s'éveilla, un sourire flottant sur son visage. Ses yeux rencontrèrent ceux de Rémus. Et ce qui était né voilà maintenant 20 ans, s'exprimait enfin. Rémus avança lentement son visage, le regard toujours encré dans celui de son vis-à-vis. Leurs lèvres se scellèrent en un doux et chaste baiser. Une langue vint quémander l'entrée qui lui fut aussitôt accordé. Les deux langues se cherchèrent, se trouvèrent, entamant une danse millénaire. L'étreinte se fit plus profonde. Les mains virent s'égarer sur la peau tremblante, caressant doucement la chair dénudée. Ils rompirent le baiser, à bout de souffle:
" Bonjour Sévi, lui murmura Rémus au creux de l'oreille.
- Bonjour Rémus, lui répondit-il rougissant sous les baisers déposés aux creux de son cou. Puis le repoussant doucement, nous devrions nous lever, il va être l'heure d'aller déjeuner et je suppose que tu souhaite prendre une douche avant de remonter.
- Oui, s'il te plaît.
Mais au lieu de se lever, il attrapa Sévérus par la taille et le serra contre lui. Ils restèrent un moment sans mot dire.
- Merci d'être rester près de moi cette nuit," lui dit-il simplement. Puis il l'embrassa de nouveau sans laisser le temps à Snape de répondre.
Il se leva, la couverture enroulée autour de lui, et demanda la salle de bain. Sévérus la lui indiqua et il partit. Etonnement, la porte n'opposa aucune résistance.
Une demi-heure plutard, le loup-garou revint dans la pièce. Sévérus avait repris son masque d'indifférence habituel. Rémus hésita un instant et lui dit simplement qu'il se retrouverait dans la Grande Salle. L'atitude froide de celui qu'il aimait, venait de profondement le blesser. L'amosphère caline du réveil s'était dissipé laissant juste un arrière goût d'irréel au nouveau professeur de Histoire de la Magie. Visiblement il s'était trompé sur les attentes de la panthère. C'est le coeur lourd qu'il rejoignit son ami à la table des professeurs.
Dans le Grande Salle, les élèves encore présents animaient joyeusement la vaste pièce. Les discutions portaient sur le grand bal costumé du lendemain soir. Cette année, le professeur Dumbledort avait décidé que le bal d'Hallowen serait une occasion pour surprendre les autres et souhaitait que tout le monde se déguise. La plupard des garçons de Griffondors avaient fait le pari de se déguiser en fille. Même leur chef de maison, Sirius, avait pris le pari. Seuls ceux qui avaient une petite amie avaient refusé de jouer le jeu. Ron et Neville avaient suivi leurs camarades et s'étaient défilés. Eiri jubilait déjà. La robe qu'il avait trouvé était une véritable merveille. Une simple robe traditionnelle chinoise bleue nuit brodée de fils d'argent. Blaise n'était en courant de rien et lui tardait de voir la tête qu'il ferait. Harry, de son côté, avait trouvait un déguisement de vampire au féminin. Une longue robe noire en velours réhaussée de dentelles au col et aux manches. Il avait sollicité l'aide d'Hermione pour le maquillage. D'ailleurs, la plupart des garçons l'avaient fait et elle avait embauché Ginny et Luna pour l'aider.
Les discutions allaient bon train quand Rémus entra dans la salle. Sirius lui sauta littéralement dessus pour savoir s'il allait bien et si la nuit n'avait pas été trop dur. Le loup-garou, mal remit de sa déception, lui dit que tout allait pour le mieux mais qu'il était un peu fatigué. D'ailleurs, il ne faisait que passer. Le temps d'avaler quelque chose et il rentrait dans ses appartements pour prendre un peu de repos. La soirée du lendemain serait longue et il fallait qu'il reprenne des forces après cette pleine lune. Il avala un thé et une tartine et sortit. Sirius demerait inquiet mais il remit à plus tard de le questionner. Ce fut autour de Sévérus d'entrer dans la Grande Salle. Lucius, qui était au courant du penchant de son ami pour le professeur Lupin, lui sourit. Ce fut un regard froid qui lui répondit.
" Et bien, je pensais qu'après une nuit avec lui, tu serais un petit peu plus heureux."
Ce fut un autre regard noir qui lui répondit. Il ne resta d'ailleurs pas plus longtemps que Rémus. Un café, un croissant et il était ressortit.
Lucius, plutôt surpris, se tourna vers Sirius:
" Dit moi, ton ami, ça va ce matin?
- A vrai dire pas vraiment. Je veux bien qu'il ne soit pas très bavard mais là, ça frisait l'entorse à la langue.
- Il a dû se passer quelque chose. Il faut que j'aille lui parler. Si tu veux bien m'excuser."
Il se leva et partit vers les appartements du professeur de potion. Sirius le regarda partir et se leva pour suivre son exemple.
Eiri avait suivi l'échange depuis sa place. Il avait réussi à les enfermer tous les deux. Il était persuadé de voir arriver ses professeurs, le visage souriant, au petit déjeuné. Mais visiblement il y avait eu un problème.
Les adultes sont bien plus compliqués que des adolescents. Qu'est ce que je vais bien pouvoir faire de ces deux là? Je leur offre une chance unique de se dévoiler enfin et ils trouvent le moyen de tout foutre parterre. Mais visiblement, le père Malfoy prend l'affaire en main. On verra bien ce que ça donne.
Sirius frappa doucement à la porte de son ami. N'ayant obtenu aucune réponse, il entra quand même:
Rémus était assis dans un fauteuil, le regard fixé sur les flammes qui dansaient dans l'âtre. Des fines perles salées couraient le longs de ses joues.
" Moony, que se passe-t-il? lui demanda Sirius en s'approchant de lui.
- Va-t-en, souffla le loup-garou.
- Certainement pas! Pourquoi pleures tu? Que c'est-il passé cette nuit?
Sirius se tenait maintenant à genoux devant son ami.
- Rien. Il ne sait rien passer de grave..."
Il glissa du fauteuil et vint se réfugier dans ses bras. Sirius attendit que les sanglots se calment avant de lui reposer la question. Rémus lui répondit, la tête au creux de son épaule. Il lui raconta comment il s'était trouvé enfermé dans le bureau de Snape, le fait qu'il soit un animagus qu'il soit venu dormir contre lui. Il lui raconta aussi le réveil et l'atitude indifférente du professeur de potion quand il était revenu dans la pièce. Sirius mit quelques minutes à digérer la nouvelle. Il était réellement surpris d'apprendre cet amour qu'il n'avait jamais soupçonné.Malgré son aversion pour l'ancien Serpentard, Sirius essaya tout de même de lui remonter le moral.
" Tu sais Moony, nous n'avons pas été des tendres avec lui quand nous étions nous même élèves ici. Et bien que tu n'ai jamais particpé à nos combines, tu faisais parti de notre groupe. Il a peut-être simplement peur d'être à nouveau la victime d'une de nos blagues.
- Tu penses que ça peut être ça?
- Tu m'as bien dit qu'il avait répondu à ton baiser, non?
- Si, tu as sûrement raison. Enfin, je l'espère...
- Ne t'en fais pas, tout va s'arranger."
Rémus lui fit un faible sourire et se serra un peu plus contre lui.
De son côté, Lucius eut beaucoup plus de mal à faire cracher le morceau à Snape. Il était au bord de la crise de nerfs:
" Tu me bassines les oreilles avec ton loup-garou depuis presque vingts ans, tu passes une nuit avec lui, tu arrives dans la Grande salle avec l'air de vouloir tuer le premier qui t'approche et tu me dis QUE TOUT VA BIEN! Tu me prends pour un abruti, là?
- Hurles un peu plus fort, ils n'ont pas dû t'entendre au Ministère de la Magie, lui rétorqua Snape, glacial.
Lucius s'avança vers son ami et lui mit les mains sur les épaules:
- Ecoute Sévérus, je suis ton ami, je peux peut-être t'aider. Que s'est-il donc passer pour que tu sois dans cet état? Je ne t'ai pas vu dans cet état depuis que...
- Oui, depuis cette nuit là. Cette nuit où il a fallu que je torture cet homme pour prouver ma loyauté à cette ordure.
Au souvenir de cette nuit, les nerfs pourtant d'acier du professeur de potion lâchèrent. Il s'écroula dans les bras de son ami.
- J'ai peur, Lucius. J'ai peur de souffrir. J'ai peur qu'il ne prenne ça pour un jeu. J'ai trahi le Lord Noir uniquement pour le sauver, lui et je ne veux pas m'apercevoir un jour que j'ai fait tout ça pour rein, je ne le supporterai pas.
- Je le sais Sévi. Mais si tu veux être heureux un jour, tu dois prendre ce risque.
- Je ne sais pas si j'aurai le courage de le faire."
Lucius comprenait parfaitement son ami. Malgré son air sévère et parfois cruel, Sévérus avait gardé une âme pur d'enfant. Il était si fragile et cet homme a qui il avait donnait son coeur, pourrait s'il le voulait, le briser d'un seul revers de main. A lui de protéger cet homme au coeur de cristal.
