Et voici le chapitre 5 ! ^o^ J'espère que vous aimez toujours, et pardon pour le retard, on a dû refaire un passage qu'on avait perdu, et on ne pense pas toujours à poster les chapitres avec Tari. Bref, bonne lecture !
Chapitre 5
Le lendemain, Tegoshi arriva de très bonne humeur au studio où le tournage du drama se déroulait. Un membre du staff lui donna le planning de la journée et c'est avec un soupir qu'il constata que lui et Kamenashi allaient devoir tourner LA scène qui posait problème. Ils allaient devoir mimer l'acte, et bien que le cadet ait vécu la chose la veille, il commençait à être anxieux, de peur de ne pas pouvoir calmer son aîné. C'est donc un peu tendu qu'il arriva dans la loge où se trouvait déjà Kazuya.
- Salut ! lança-t-il avec un petit sourire.
- Salut, répondit Kamenashi dans un sourire si léger qu'il était à peine visible.
Il était anxieux et tendu comme il l'avait rarement été jusqu'ici. Non, comme il ne l'avait jamais été jusqu'ici. Même chanter seul devant le Tokyo Dome plein à craquer, lui semblait moins difficile et éprouvant, que ce qui l'attendait au cours de la journée. Il n'était sûr de rien : ni de ses réactions, ni de son contrôle et encore moins de la façon dont les choses se passaient... entre deux hommes. Et, de fait, à présent qu'il avait réussi à admettre et avouer son amour pour Tegoshi, il avait l'impression que ce qui allait suivre était... il ne savait pas vraiment, mais un genre de trahison envers il ne savait quoi. Rien que l'idée d'imaginer... Rien que ça, le faisait rougir comme un ado. C'était con à avouer, mais il avait peur de la suite. Peur de l'inconnu... et peur d'être tout à fait ridicule.
- Toi, ça n'a pas l'air d'aller, devina Tegoshi plus qu'il ne constata tout en s'approchant de lui.
- Disons que je me suis déjà senti mieux... répondit le KAT-TUN, vraiment mal à l'aise.
- Ouais, je comprends, souffla le cadet en se laissant tomber sur le canapé. Je suppose que tu ne sais pas du tout comment ça marche...
Un signe de tête négatif accueillit cette supposition parfaitement exacte. Non, il ne savait pas et il n'avait même pas eu le courage d'aller regarder sur internet, de crainte de découvrir quelque chose qui le rebuterait. Comme si nier tout ça pouvait avoir un quelconque pouvoir sur son appréhension. Ce qui, bien entendu, était tout à fait faux, car s'il ne savait rien, il serait incapable de jouer correctement un rôle qui lui pesait infiniment. Yuya poussa un profond soupir, se disant qu'il devait lui expliquer pour éviter de paraître trop ridicule au moment crucial, et il se poussa un peu sur le canapé avant de taper la place libre à côté de lui.
- Viens t'assoir.
En inspirant brusquement, Kazuya s'aperçut qu'il avait cessé de respirer quelques secondes, comme s'il appréhendait le fait de se retrouver si proche de lui maintenant qu'il avait tout admit. Hochant la tête sans rien dire, il rejoignit la place à côté de son cadet et se tint coi. Ses joues s'empourprant lentement à l'idée d'expliquer à son aîné ce genre de chose, il fixa son regard sur la table basse en face de lui, et croisa ses mains avec force, comme pour résister à son embarras.
- Bon... par où commencer...?
Un rire nerveux résonna dans la pièce, moins cristallin que d'ordinaire car plus tendu.
- Je ne risque pas de pouvoir te répondre...
- Bien sûr... soupira le cadet en levant les yeux au ciel. Alors... euh... il faut que tu saches que le... "passif" peut être soit sur le ventre, soit sur le dos... pour le drama... je pense qu'ils auront choisi le plus classique, donc sur le ventre...
Attentif, Kazuya préféra écouter en silence, comme un élève studieux et se cala plus confortablement dans le canapé, les yeux rivés sur le portant contenant leurs costumes.
- Ensuite... continua Tegoshi en rougissant un peu plus. Mis à part les caresses... "l'actif" doit préparer son partenaire à l'intrusion... avec euh... ben, avec ses doigts...
La stupéfaction fit écarquiller les yeux du plus âgé, qui ne put retenir une exclamation de stupeur teintée d'embarras.
- QUOIIIIIIIIIIIII ? fit-il, sa voix déraillant vaguement dans les aigus.
Sursautant brusquement à ce cri, il porta une main à son coeur, le visage en feu et très embarrassé.
- Non mais ça va pas de crier comme ça ? C'est déjà assez embarrassant pour moi de te raconter comment ça marche !
Gêné, Kazuya porta une main à sa bouche comme pour étouffer un cri déjà terminé.
- Excuse-moi. Je ne voulais pas... heu... j'étais juste surpris. Je ne t'interromprai plus, désolé.
Tout en reprenant la même place qu'auparavant, Tegoshi expira lentement pour faire diminuer sa tension et son embarras.
- Ah, j'avais oublié... pour la préparation... les gens utilisent en général du lubrifiant, mais à défaut... la salive marche très bien aussi...
Il avait beau écouter de toutes ses oreilles, se faire expliquer ça lui paraissait tellement... irréaliste... et fortement embarrassant. Il avait pitié de Tegoshi, qui prenait très visiblement sur lui pour lui expliquer un B.A-BA, que n'importe quel gay trouvait évident, mais que lui-même avait encore du mal à envisager. Sans parler de le réaliser. Déglutissant péniblement, il hocha la tête pour indiquer qu'il enregistrait les informations.
- Après, une fois la préparation terminée... c'est la pénétration... si les deux partenaires s'aiment, l'actif doit être très attentif au ressenti de l'autre... parce que la douleur est quand même très présente au début... et c'est seulement après, que ça... commence... Ah bien sûr, l'actif peut caresser et embrasser son compagnon pour lui faire oublier un peu la douleur...
- Oh la la, ça a pas l'air simple... s'angoissa Kamenashi, qui tentait, en vain, de visualiser la "scène". Ça... fait si... mal que ça ?
- Ben... au début, oui... mais ça passe assez rapidement en fait... si c'est bien fait en tout cas.
Il y eut un silence, puis le KAT-TUN demanda d'une voix incertaine :
- Est ce que tu... l'as fais souvent ?
- Euh... une fois seulement... répondit le cadet avec une petite voix, conscient que son aîné n'aimerait pas savoir que c'était la veille avec Taguchi.
- Ah oui ? Vraiment ? fit le plus âgé, avec un soulagement audible.
Il pouvait difficilement expliquer à son cadet, qu'il était soulagé d'apprendre que son "ami" était à peine plus expérimenté que lui en la matière, ce qui lui éviterait de se sentir tout à fait ridicule si quelque chose venait à rater.
- Et, honnêtement... j'étais passif, alors... je sais pas trop comment ça va se passer là...
- Ben... de la même façon, je pense, vu que... heu... Kazuhiko est censé être un tombeur, on peut supposer que...
- Ouais, c'est clair que tu devras jouer l'actif... soupira le cadet
- Je suis pas sûr du tout que... enfin je crois pas que je saurais... même si c'est que pour mimer...
Fermant les yeux tout en se laissant aller contre le canapé, Yuya passa ses mains sur son visage.
- Aaah... je sais vraiment pas quoi faire...
- Moi non plus... Et le scénario est tellement flou que... j'ai bien peur qu'on doive improviser en plus du reste... comme si c'était déjà pas assez difficile...
A cet instant, quelqu'un frappa à la porte puis le réalisateur entra.
- Il est l'heure d'y aller, Kamenashi-san, Tegoshi-san. Présentez vous sur le plateau seulement avec les peignoirs mis à votre disposition, vous serez nus pour la scène.
Après un bref sourire, il repartit rapidement. Un gémissement de désespoir échappa à Kazuya après la sortie de Takeda.
- Non... Je peux pas... Je peux pas faire ça... Le fanservice c'est une chose... mais ça non, je peux pas... désespéra-t-il en se prenant la tête dans les mains.
Se sentant mal pour son aîné, il se redressa et le prit dans ses bras, lui frottant le dos pour le réconforter.
- On n'a pas le choix, Kame... Alors il faut faire cette foutue scène en une seule prise... comme ça, on sera débarrassé du plus dur...
- Je serais pas capable de me contrôler, j'en suis sûr. J'en suis encore tellement loin... Surtout maintenant que je... que je...
Passant sa main sur la tête du plus âgé, il lui caressa doucement les cheveux.
- Je sais... lui souffla-t-il à l'oreille. Je me doute de ce que ça doit être pour toi...
- Kami-sama... plus jamais de ma vie je n'accepterais ce genre de drama. Je suis vraiment trop bête... Comment on peut prendre ça pour un défi ?
Sur ces mots, il se leva et, la mort dans l'âme, se dirigea vers l'un des peignoirs, dont il se saisit, avant de commencer à se déshabiller sans un regard pour le News, craignant de ne plus avoir le courage de faire un geste s'il posait les yeux sur lui. Soupirant une fois de plus, Yuya se leva également et saisit l'épais tissus avant de se dévêtir un peu plus loin, le regard fixé sur le mur de la loge, les doigts tremblants et le coeur battant. Puis, une fois fini, il se drapa dans le peignoir et noua la ceinture, commençant à se sentir mal à présent qu'il se trouvait au pied du mur. Mais, pour rassurer son aîné, il se força à ne rien montrer, pour qu'il puisse se reposer sur lui en cas de besoin. En refermant autour de sa taille la ceinture de l'étoffe moelleuse, Kazuya eut l'impression d'entendre battre un tambour annonçant son exécution imminente. C'était sans doute exagéré, mais, en se dirigeant vers la porte de la loge, il lui semblait être un condamné à mort marchant à la potence et que les mots "nouveau gay" était gravé sur son front en lettres de feu. Si, comme il le pressentait, il n'arrivait pas à prendre sur lui, à dominer son corps par son esprit comme c'était à craindre face à celui qu'il aimait, non seulement il se rendrait ridicule et il aurait honte jusqu'à la fin de sa vie, mais en plus, Yuya aurait tellement honte de lui que, malgré sa grande gentillesse et sa compréhension, il ne voudrait plus jamais lui parler. Comme un automate, il se rendit jusqu'au plateau, ne prêtant aucune attention à ce qui l'entourait, même pas les câbles, et il manqua s'étaler au moins quatre fois sur le chemin.
Ouvrant la marche, il arriva rapidement à une sorte de chambre qui avait été montée le matin même et qui présentait un lit, un bureau, des affiches accrochées aux murs, et le tout baignant dans une pénombre aux lueurs mauve. Une fois sur le plateau avec Kame et le trop plein d'employés sortis pour garder un minimum de pudeur aux acteurs, le réalisateur fit un pas en avant. Dans la pièce, il n'y avait plus que lui, un perchiste, trois cameramen, Yuya et Kazuya.
- Une fois que vous serez prêts, commença-t-il, Tegoshi-san, vous vous mettrez sur le lit, avec le peignoir. Pour vous expliquer rapidement pourquoi, le scénariste et moi-même avons jugé qu'il serait mieux pour vous que le début de la scène soit filmée telle que êtes en ce moment. Ce qui signifie, Kamenashi-san, que vous devrez déshabiller Tegoshi-san et vous-même durant la prise. Est-ce que vous avez des questions ?
A ces explications, Kame sentit le sang refluer de son visage, qui vira à l'exsangue et il ouvrit la bouche, comme pour parler... au lieu de quoi il se contenta d'inspirer de minuscules goulées d'air, à grande vitesse.
- Non, pas ça... murmura-t-il d'un ton si inaudible que Tegoshi, seul, fut à même de l'entendre.
Tournant légèrement la tête dans sa direction, celui-ci déglutit difficilement et expira doucement, se forçant à garder son calme, à rester concentré, à tout faire pour ne pas être un poids mais un secours pour son aîné qui allait franchement avoir besoin d'aide.
- Une dernière chose, reprit Takeda, pour la scène en général, je n'ai pas de consigne en particulier à part une seule : montrez que vous y prenez du plaisir.
- Excusez moi, Takeda-san, l'interpela le cadet.
- Oui ?
- Pour les caméras... elles sont fixes, non ?
- Oui, pourquoi ?
- La scène sera très difficile à tourner... alors je me demandais s'il était utile que les cameramen soient présents... dans le cas où il n'y a plus de réglages à apporter...
- Ma foi, si ça peut vous détendre... accepta l'homme en faisant un signe aux trois employés pour qu'ils quittent la salle.
- Et... euh... continua Tegoshi en levant les yeux vers le perchiste.
- Je vois, sourit Takeda. Vous préférez être complètement seuls, n'est-ce pas ? C'est bon, la perche peut être fixée, et je visionnerai la scène une fois finie. Je sais que c'est difficile pour vous deux de jouer cette séquence devant un public, alors je ne vais pas vous rendre la tâche plus difficile qu'elle n'est.
- Merci infiniment, Takeda-san, termina Tegoshi en s'inclinant alors que tous quittaient le plateau avant de refermer la porte, et il se tourna ensuite vers Kamenashi avec un sourire. C'est mieux, comme ça ?
La présence d'esprit et la bonté de son cadet lui firent brièvement fermer les yeux de soulagement. Ce serait déjà ça de gagné, même si la scène... Il interrompit ses réflexions, car une idée venait de lui traverser l'esprit : s'ils étaient seuls, il n'aurait qu'à oublier la présence des caméras et ce serait comme si, réellement, il déshabillait celui qu'il aimait ! Ça n'aurait plus rien de honteux ! Elle était là, la solution ! Du moins... pour cet aspect du problème. L'autre étant qu'il risquait de trop se laisser aller et d'oublier un peu trop que ce n'était justement pas réel.
- Merci, murmura-t-il simplement, incapable d'ajouter quoi que ce soit d'autre. Je ne te facilite vraiment pas la tâche, pas vrai ? Désolé, Tego...
- C'est rien, ne t'inquiète pas, ça sera aussi plus facile pour moi. Maintenant, oublie tout. Fais comme si je n'étais pas avec Junno. Il faut la réussir du premier coup cette scène, d'accord ?
A la mention de son ami, la mâchoire de l'aîné se crispa. Ce n'était pas franchement le genre de "détail" à mentionner pour qu'il soit détendu et ce malgré ses résolutions.
- Ouais... dit-il simplement, incertain quand à ce qu'il devait faire et surtout, le coeur battant tellement fort que Yuya aurait pu l'entendre.
Sentant qu'il n'aurait pas dû parler de son petit ami, il prit Kame par le bras et se dirigea vers le lit avant de s'y installer, sur le dos et, voyant que son aîné était encore trop incertain pour bouger, il le tira et le fit tomber au-dessus de lui avant de capturer ses lèvres, redressé sur ses coudes. Loin d'être encore rentré dans son personnage, Kazuya, prit par surprise par le brusque contact, resta tout d'abord sans réaction, puis décida de se laisser guider uniquement par ce qu'il ressentait pour son compagnon. Passant son bras droit autour de sa taille fine, il le rapprocha de lui, collant étroitement leurs corps, avant de laisser sa langue caresser les lèvres si douces, taquinant ses commissures, puis de revenir se glisser entre elles, appuyant légèrement sur les dents nacrées pour demander un passage qu'elle brûlait d'obtenir.
Tout en passant ses bras derrière la nuque de son aîné, il entrouvrit les lèvres, laissant passer la chair fébrile vers la sienne tout en étant le plus possible attentif aux réactions de Kame. Ayant l'opportunité d'embrasser réellement celui qu'il aimait, Kamenashi se laissa emporter et, avec une fougue passionnée, lança sa langue à l'assaut de la sienne, l'enlaçant dans un tango endiablé et violent, la lâchant une seconde pour s'enrouler autour d'elle encore plus étroitement, épousant la moindre de ses aspérités, refusant un quelconque éloignement, au point de l'obliger à respirer par le nez, les yeux fermés, laissant son souffle chaud se mêler à celui de Yuya sur leurs lèvres fusionnées. Un profond frisson l'ébranla lorsque le baiser se fit plus violent et passionné, lorsqu'il sentit la langue de son aîné entamer les premiers pas de cette danse folle. Et, bien qu'il pensait qu'il allait devoir se forcer à accepter ce contact, il fut réellement surpris d'apprécier la fougue et l'ardeur que mettait Kame dans ce baiser. Son coeur commença à battre la chamade, et son souffle se fit plus pressé et chaud. Une de ses mains glissa alors le long du dos de son aîné et passa autour de sa taille alors qu'il s'allongeait, attirant Kazuya au-dessus de lui.
La respiration un peu plus rapide, l'aîné passa la main sur la joue de son partenaire sans interrompre le baiser, la laissant instinctivement glisser vers son cou, repoussant lentement le tissu du peignoir pour atteindre la rondeur dorée de son épaule. Délaissant un instant sa langue, Kame mordilla délicatement le fruit rosé et charnu de sa bouche, tout en laissant sa main poursuivre l'exploration débutée sur le buste de son cadet, par l'échancrure du vêtement. Frissonnant de nouveau, le plus jeune laissa passer un très faible gémissement, les yeux fermés, trouvant le contact des doigts de son aîné sur sa peau plus agréable que ce qu'il aurait pu imaginer. Alors que Kame était occupé à mordiller sa lèvre inférieure, il laissa sortir sa langue pour venir lécher la bouche devant lui, passant sa main dans ses cheveux et l'autre descendre doucement vers la chute de reins.
Bien vite, la découverte du corps gracile de son cadet occupa tellement Kazuya, que la présence des caméras lui sortit totalement de l'esprit et il fit fougueusement descendre ses lèvres le long de sa mâchoire pour atteindre son cou, aspirant la peau douce pour y laisser plusieurs marques rouges prouvant sa passion, tout en faisant glisser sa main plus bas sur le buste du plus jeune, sous le peignoir qu'il portait toujours. De nouveau, un gémissement passa les lèvres de Tegoshi, et il bascula la tête en arrière, les yeux fermés, frissonnant sous les mains de son aîné. Une étrange sensation montait en lui en cet instant, parce qu'il aurait dû jouer la comédie. Mais là, c'était ses réelles réactions, il n'ajoutait rien, et ça l'inquiétait autant que ça le réjouissait. Mais, pour faire passer tout ça comme un jeu à l'écran, il n'y avait finalement que la parole.
- Kazu... gémit-il doucement sans savoir la portée qu'aurait ce mot.
Entendre son diminutif dans cette bouche si attirante mit le feu aux poudres et la main qui restait jusque là assez sage, quitta soudainement la peau du buste de Yuya, pour se promener sur ses jambes fines, les caressant sur toute leur longueur en faisant progressivement remonter le peignoir, caressant l'intérieur de ses cuisses, sans cesser de dévorer son cou de baisers passionnés, avant de revenir s'approprier sa bouche comme un affamé se jette sur de la nourriture. Ses lèvres et sa langue étant de nouveau occupées par un baiser possessif et passionné, son gémissement, autant de surprise face aux gestes de son aîné que par le plaisir que lui procurèrent ces caresses, fut bien étouffé, mais le feu qui lui montait aux joues témoignaient pour lui de la situation étrange dans laquelle il se trouvait. Car comparé à Junnno, malgré sa façon très différente de le caresser, il arrivait à ressentir tout l'amour que Kamenashi lui portait, et cette découverte réussit à enflammer l'ensemble de son corps. Passant lui aussi les mains entre les pans du peignoir de son aîné, il fit glisser ses doigts sur ses épaules, découvrant peu à peu son torse en faisant glisser l'étoffe.
Sentir soudainement les mains de son partenaire sur sa peau, tira à Kazuya une brève plainte étouffée, comme si tout son corps était devenu hypersensible et que, par conséquent, le moindre contact avait le pouvoir de l'exciter plus que de raison. Se redressant, il fit remonter encore davantage sa main le long du corps de Tegoshi, passant sur ses hanches, glissant sur sa taille, puis sur ses flancs, tandis que l'autre s'affairait à défaire le noeud qui maintenait le vêtement en place. N'y parvenant pas d'une seule pas main, il poussa un grognement de frustration, car il n'avait pas la moindre envie d'interrompre le contact de leurs peaux.
D'un simple regard, Tegoshi comprit toute la situation dans laquelle était Kame en cet instant, et il savait aussi qu'il était déjà bien loin de ce studio. Il était déjà perdu dans ses jeux d'amour et de passion. Alors, il devait prendre une décision. Ou, par égard pour Junno, il ne forçait pas les choses et laissait son aîné venir à lui tout en faisant son possible pour le calmer ; ou il oubliait tout pour le moment, et se contentait de jouer son personnage, d'aider Kazuya à aller jusqu'au bout, et à faire ce qu'il pouvait pour faire passer ce qui allait se passer pour du jeu. Résistant quelques instants aux caresses de Kamenashi pour mieux réfléchir, il choisit alors. Levant les mains, il les porta au noeud de sa ceinture et la défit, laissant ensuite tout le loisir au plus âgé pour découvrir le reste. A vrai dire, il était déjà très excité de sentir ce magnifique corps au-dessus de lui. Difficile de résister. Le geste de son cadet accéléra d'un cran la respiration de l'aîné, qui n'attendit qu'à peine que la ceinture soit détachée, pour écarter les pans du peignoir, offrant ainsi à sa vue le corps svelte et nu de Yuya. Comme un chat devant un bol de crème, il se passa lentement et sensuellement la langue sur les lèvres, le dévorant littéralement d'un regard plus brûlant que les flammes de l'enfer.
- Tu es magnifique... souffla-t-il, ce qui passait très bien dans la scène dont il n'avait plus du tout conscience d'être un protagoniste.
A ces mots, le visage du plus jeune s'empourpra vivement et, le coeur battant, il saisit doucement l'une des mains de son aîné pour entremêler leurs doigts avant qu'il ne la pose sur son torse, le regard déjà légèrement voilé. Comparé à la veille, les sensations étaient tout autres. C'était déstabilisant. Reprenant son exploration, Kamenashi posa à nouveau les mains sur les cuisses aussi fines que musclées et en caressa langoureusement l'intérieur, tout en posant la bouche sur sa taille et en remontant sur la peau chaude à coup de baisers qui ne l'étaient pas moins, allant titiller son nombril... le tout sans le quitter du regard. Les yeux plongés dans le regard brûlant de son aîné, le visage en feu, la main toujours plaquée sur ses lèvres, il haletait, le coeur battant, et la même sensation que la veille le submergea. Cette sensation qui lui avait fait perdre la tête. Il ne devait absolument pas céder, surtout pas devant les caméras où son aîné aurait tellement honte que sa première fois avec un homme soit filmée et diffusée qu'il refuserait de sortir de chez lui jusqu'à la fin de ses jours. Et rien que pour ça, il devait l'arrêter et le raisonner. Alors, avec tout l'esprit dont il était capable, il passa ses bras autour de la nuque de Kame et l'attira contre lui pour que sa bouche se retrouve proche de l'oreille du plus âgé.
- Reprends toi, Kame... murmura-t-il le plus bas possible. C'est pas le moment de flancher... il y a toujours les caméras, ne l'oublie pas...
Malgré son état d'excitation, le mot atteignit son esprit embrumé, déconnectant par la même occasion la fonction "lover" qui s'était enclenchée malgré lui et il fixa un instant Tegoshi des yeux, perdu, avant de se reprendre et de faire un imperceptible signe de tête indiquant qu'il avait compris. Il devait se dominer, il n'avait pas le choix. C'était fictif, un faux rapport. Il n'étaient que des acteurs et il ne devait pas l'oublier. A aucun prix. Ou il aurait vraiment des problèmes...
Voyant qu'il avait compris, le cadet profita de leur proximité pour l'embrasser, lui offrant un baiser passionné en le maintenant contre lui par une pression sur sa nuque, espérant en même temps que tout allait bien se passer pour la suite. Toujours un peu perdu, l'aîné rendit néanmoins son baiser au plus jeune, puis posa à nouveau ses mains sur lui, avec prudence, craignant que le moindre geste ne déclenche des catastrophes. Après s'être laissé aller de cette façon, il avait presque peur de regarder de nouveau Yuya dans les yeux, pourtant il n'avait pas le choix. Pour la scène, il le devait. Lentement, son regard se fixa dans celui de son cadet et il inspira difficilement.
D'un léger hochement de tête, celui-ci lui indiqua qu'il devait continuer, à condition qu'il parvienne à se maîtriser. Il le devait pour eux deux. Il leva alors les mains et les posa sur celles de son aîné afin de les guider vaguement, les faisant glisser sur son buste, et le tout sans lâcher son regard, attentif. Comme un automate, Kazuya passa de nouveau ses mains sur le buste offert, avant de lentement faire remonter l'une d'elles jusqu'à sa bouche, puis la laissa retomber, incertain, avant de la remonter encore. son coeur qui cognait dans sa poitrine lui faisait si mal, qu'il se demandait comment il pouvait encore tenir debout sans s'écrouler. Il savait très bien ce qu'il devait faire. Tegoshi avait été assez clair à ce sujet, mais il doutait d'en être capable. pas sans perdre son contrôle. Pour la seconde fois, sa main retomba et il secoua imperceptiblement la tête. Non, c'était certain, il ne pouvait pas. Il était incapable de mimer ça.
Le second échec de Kazuya fit intérieurement soupirer Yuya. S'il baissait les bras aussi vite, ils n'avaient pas fini de tourner cette scène, et c'était déjà bien assez difficile pour lui d'apparaître nu devant lui. Difficile et embarrassant. Il se faisait suffisament violence pour ne pas le montrer, mais il priait depuis le début que la scène se termine le plus vite possible. Se disant que ce serait plus simple si leurs regards cessaient de se croiser sans cesse, il se retourna sur le ventre, attirant en même temps à lui la main de son aîné pour faire semblant de suçoter ses doigts, son visage à demi-caché par les fins voiles mauves qui avaient été placés sur le plateau. La vue du postérieur parfait de son cadet, tira à Kamenashi un gémissement de frustration étouffé, qui passa très bien dans le contexte de la scène, mais prouvait qu'il était intérieurement torturé de façon intense. Une torture, c'était le terme qui qualifiait le mieux ce qu'il vivait en cet instant. Il se sentait mal et totalement incapable d'avancer. Même la perspective de faire finir la scène au plus vite, ne lui était d'aucun secours. Il faisait un blocage. Il ne pouvait pas faire semblant, c'était trop dur. Il n'était pas assez fort psychologiquement pour ça. C'était même tout le contraire.
Tegoshi attendit donc ensuite que son aîné reprenne sa main afin de continuer mais, face à son immobilité, il tourna légèrement la tête vers lui, et tomba sur le regard complètement désespéré et perdu qui restait vrillé sur lui. Il ne pouvait donc rien faire, maintenant qu'il l'avait sorti de sa bulle. Il paraissait torturé, une telle détresse visible dans ces yeux ne lui était pas habituel. Comment pouvait-il donc faire ? Il n'avait pas des masses de solutions, et, finalement, une seule s'imposa à lui comme étant l'unique possible. Il se redressa et prit Kazuya dans ses bras, plaçant sa bouche près de son oreille.
- On échange, je vais le faire à ta place, mais essaie de te souvenir ce que je t'ai expliqué.
Un vague hochement de tête pour signifier qu'il avait compris. C'était tout ce que Kamenashi se sentait capable de faire en cet instant. C'était certainement lâche de laisser celui qu'il aimait gérer seul cette scène difficile qu'ils appréhendaient pourtant tous les deux... mais il ne pouvait pas. Il se sentait trop mal. Le plus jeune le laissa alors s'allonger à sa place et lui se positionna derrière lui, avant de faire glisser sa main vers sa bouche pour qu'il fasse semblant de lécher ses doigts, tandis que son autre main venait se poser sur sa hanche. Ce n'était pas dans le script, mais maintenant qu'il prenait les commandes, la scène allait s'achever plus vite, et donc ce calvaire allait prendre fin plus tôt. Plus vraiment lui-même et plus vraiment là, la respiration écourtée non par la scène mais par sa souffrance intérieure, Kamenashi se laissa totalement faire, presque comme un enfant. Il ne voulait qu'une chose, que tout s'arrête. Vite. Après quelques instants, Tegoshi ramena sa main vers lui et avec la seconde, souleva le pan inférieur du peignoir pour faire semblant d'introduire un doigt en lui et attendit la réaction de son aîné à cette fausse intrusion. Se rappelant soudainement leur conversation à ce sujet, Kame comprit qu'il devait simuler la douleur. Ce qui, vu son état actuel, n'allait pas être bien difficile. Levant vers lui un regard plein de souffrance qui n'avait rien de feinte bien qu'elle ne soit que morale et non physique, il accompagna celui-ci d'une plainte pouvant passer pour de la douleur.
Tegoshi fut plutôt étonné que Kazuya réagisse comme il était prévu, non pas par son manque d'expérience, mais par le mal qu'il arrivait à rester dans la scène. Son corps entier dégageait une telle souffrance que Yuya en avait réellement mal. Il attendit quelques instants puis passa une main sous le ventre de son aîné pour relever un peu son bassin et il s'avança lentement, jusqu'à ce que l'on puisse croire qu'il était à présent en lui.
Un léger sanglot échappa à l'aîné, qu'il ne put ni retenir, ni contrôler et il mordit son poing replié pour étouffer ceux qui suivirent. Jamais de sa vie il ne s'était senti aussi misérable. Encore une fois, le cadet s'arrêta. Si Kame continuait à pleurer pour le reste de la scène, ils allaient devoir la refaire, et il était certain que son aîné ne voudrait absolument pas revivre un tel enfer. Il n'y avait qu'une solution. Il mima alors quelques mouvements dans une cadence soutenue, rejetant la tête en arrière pour jouer le plaisir, puis se sépara de Kamenashi et saisit son peignoir qu'il enfila rapidement avant de prendre son ami pour les épaules pour qu'il soit face à lui.
- On va arrêter là. Je dirai à Takeda-san qu'il doive utiliser ce qu'on a fait pour le drama. Va dans la loge, je t'y rejoint dans quelques minutes, d'accord ? termina-t-il avec un petit sourire.
Roulant sur le côté, Kamenashi se recroquevilla en position fœtale comme un enfant, attendant que ses sanglots s'apaisent, puis arrangea son peignoir avec des gestes qui avaient perdu toute leur habituelle sensualité pour devenir mécanique, puis se releva et se dirigea vers la loge en traînant les pieds, la tête basse. Voyant partir son aîné avec inquiétude et anxiété, il quitta le lit, sortit de la salle, et se dirigea vers le réalisateur qu'il interpela avec une voix plutôt faible.
- Oui ? fit celui-ci en se retournant.
- Takeda-san, veuillez nous excuser, dit Yuya en s'inclinant. Nous n'avons pas réussit à terminer la scène, c'était... trop difficile...
- Je m'en suis douté, et je ne vous en veux pas du tout. Il suffira d'arranger le montage avec les images qui ont été filmées, et je pense que ça ira. Vous avez mérité de vous reposer. Dites à Kamenashi-san que vous ne reprendrez le tournage que demain.
- Merci beaucoup, termina Tagoshi en s'inclinant une nouvelle fois avant de partir vers la loge.
Une fois dans la loge, Kazuya se réfugia dans un angle de la pièce et se laissa glisser au sol, ramenant ses genoux contre sa poitrine et les entourant de ses bras. Seul, ses sanglots avaient repris de plus belle, incontrôlables, le secouant comme un tremblement de terre à chaque fois. Il avait du mal à respirer, l'impression que sa cage thoracique était comprimée dans un étau, que son coeur qu'il pensait en miettes minuscules, allait exploser, qu'il allait imploser totalement. Des gémissements plaintifs s'élevaient de sa gorge sans qu'il puisse les retenir et de toute façon, il n'en aurait pas eu la force. Il allait sûrement mourir. On ne pouvait pas rester vivant en supportant une telle souffrance, c'était impossible. Il était brisé, disloqué de l'intérieur, comme une poupée de porcelaine qu'on aurait violemment jeté au sol et dont on aurait sauvagement piétiné les morceaux. Et il était certain que jamais plus il ne serait capable de sourire et encore moins de rire. Enfin arrivé à la salle qui leur était réservé, Yuya ouvrit doucement la porte et, une fois l'avoir refermée, il remarqua les faibles plaintes qui résonnaient. Marchant entre les meubles, il finit par voir son aîné recroquevillé dans un coin, le visage baigné de larmes, et cette vision lui brisa le coeur. Il savait que le tournage de la scène avait été très difficile pour lui, mais jamais il n'avais pensé à ce point. Alarmé par l'état inquiétant de son ami, il se précipita vers lui et s'agenouilla à ses côtés pour le prendre dans ses bras et, il l'espérait, pouvoir le réconforter rien qu'un peu, lui frottant doucement le dos en calant sa tête contre la sienne.
Malgré la gentillesse de son camarade, les plaintes ne cessèrent pas, car Kazuya n'était plus en état de comprendre quoi que ce soit. Il n'était que douleur, souffrance et malheur. Il n'était même plus capable de penser, de ressentir. Tel un autiste, il était replié à l'intérieur de lui-même, comme cherchant un oubli qu'il ne pouvait obtenir. Plus rien n'avait d'importance. Plus rien n'aurait jamais d'importance. Voyant que Kame ne réagissait absolument pas, il le prit par les épaules et l'aida à se relever.
- Rhabille toi, on est libre jusqu'à demain après-midi.
Malgré son manque de réaction, les mots semblèrent prendre un vague sens pour le plus âgé, qui se laissa relever sans rien dire et sans que ses sanglots ne s'arrêtent, bien que ses larmes ne coulent plus. Enfilant en dernier son blouson comme un automate, il resta ensuite les bras ballants, le regard totalement inexpressif et les épaules se soulevant de façon spasmodique. Yuya se dépêcha de s'habiller aussi, troquant son peignoir contre ses vêtements, puis revint vers Kame et le prit par le bras pour le diriger vers la porte de sortie.
- Tu te sens capable de conduire jusqu'à chez toi où tu préfères prendre le taxi ?
Malgré son état, quelque chose dans l'esprit de l'aîné lui indiqua qu'il devait répondre. Un seul mot passa ses lèvres, prononcé par une voix désincarnée qui semblait ne pas lui appartenir.
- Taxi...
Hochant silencieusement la tête, il le prit par les épaules et le dirigea en silence jusqu'à ce qu'ils soient sortis. Là, il fit un signe à une voiture de taxi qui passait par là et s'avança vers le chauffeur lorsqu'il fut arrêté.
- Vous pouvez nous amener à cette adresse ? demanda-t-il en lui montrant l'écran de son téléphone qui affichait l'emplacement de l'appartement de Kamenashi.
- Oui, aucun problème, montez.
Il ouvrit alors la portière et poussa doucement son aîné vers l'intérieur du véhicule avant de s'y installer, puis il attacha sa ceinture et vérifia que son ami avait fait de même. Dans le taxi, Kamenashi n'avait qu'à peine conscience de ce qui se passait. Ses yeux étaient perdus dans le vague, comme si rien ne pouvait retenir son attention et ses bras s'était serrés convulsivement autour de son torse comme s'il avait froid. Du reste, il tremblait à présent, comme si le trop plein d'émotions, de souffrance, avait eu raison de sa résistance physique et que son corps demandait grâce. D'un coup d'oeil, Yuya vit que l'état de son aîné empirait et il se mordit la lèvre sans trop savoir quoi faire. Il était un peu perdu en le voyant comme ça et, tentant le tout pour le tout, il prit l'une de ses mains dans les siennes pour la serrer doucement, passant ses pouces sur le dos, caressant tendrement comme pour faire évacuer toute sa souffrance et sa tension, et sans le quitter des yeux.
Sentant le contact, comme une bouée de sauvetage lancée par son cadet, quelque chose, dans l'esprit de Kazuya, s'accrocha à cette bouée de toutes les forces qu'il ne pensait plus posséder et ses doigts se refermèrent autour des doigts fins les serrant comme il le pouvait, tandis que, peu à peu, son regard redevenait lucide et se verrouillait comme il pouvait dans celui de Tegoshi. Il n'avait rien perdu de sa douleur, mais son autisme temporaire s'était estompé. Le soulagement fut libérateur lorsqu'il sentit que son aîné le regardait, et il ne cessa de le fixer, continuant de caresser sa main qui s'était refermée sur les siennes. Puis, souhaitant le voir en meilleur état encore, il libéra l'une de ses mains et la leva pour venir la poser doucement sur sa joue qu'il commença alors à parcourir lentement du bout des doigts. Il espérait que ce contact lui fasse du bien.
- Ne fais... pas ça... par pitié... dit alors Kazuya dans un murmure à peine audible, tandis qu'il reculait légèrement la tête comme pour fuir ce contact pourtant doux.
Mais bien trop doux pour son coeur brisé et son âme disloquée. Il ne pouvait pas le supporter. Il aurait encore préféré que son ami le rejette, le haïsse, plutôt que le sentir si gentil avec lui alors que jamais il ne serait rien d'autre pour lui qu'un "ami". Voir son aîné le fuir fut un véritable chamboulement, plus encore qu'il n'aurait dû l'être. Son coeur se serra et, la gorge nouée, il se pinça les lèvres en retirant ses mains de Kame pour les ramener à lui. Pourtant, il ne le quitta pas des yeux. Il se sentait mal à présent. Mais pas que parce que son ami n'allait pas bien, il y avait autre chose, bien plus fort, qui le brûlait et le faisait souffrir par vagues. Blessé d'être ainsi rejeté, il se rassit correctement sur le siège et baissa la tête, ne comprenant pas ce changement en lui ni ce que ça signifiait. Et, alors qu'il tournait les yeux vers le paysage urbain qui défilait à l'extérieur, une petite perle ronde glissa sur sa joue pour venir s'écraser mollement sur son poing serré qui tremblait.
Kamenashi ne vit pas la larme qui roula sur la joue de son cadet, car il avait de nouveau baissé la tête, incapable de le regarder. Sentir le taxi s'arrêter soudainement et le chauffeur lui annoncer qu'ils étaient arrivés, la lui fit relever et il constata qu'il était en bas de son immeuble. Jetant un coup d'oeil au compteur du véhicule, il farfouilla maladroitement dans sa poche et en sortit une poignée de billets froissés, qu'il lui tendit sans même recompter et quitta rapidement la voiture, incapable de regarder Tegoshi tant il avait mal. Il ne voulait plus qu'une chose : boire pour oublier. La portière claqua et il se précipita vers le porche avec tant de hâte, qu'il devait donner l'impression de fuir.
Il avait laissé partir Kame sans rien dire et, la gorge nouée, montra l'écran de son téléphone où était écrite son adresse au chauffeur. Il lui demanda ainsi s'il pouvait l'y amener et c'est avec un sourire professionnel que l'homme démarra. Lorsqu'ils furent arrivés à destination, il paya et sortit de la voiture pour revenir chez lui. Il avait la tête baissée, le sourire effacé par un rictus malheureux et torturé, ses joues régulièrement parcourues par une larme qui glissait rapidement.
A suivre...
Merci d'avoir lu ^o^
J'espère que vous avez aimé, parce que l'histoire est encore loin d'être terminée, mais soyez patientes, ne ?
A bientôt !
