Tombée du ciel

Note de l'auteur:

Andreas a faillit sauter à la relecture. Mais finalement, je le garde, on s'y attache au bout d'un moment et il ne va pas rester tête de noeud longtemps.

J'espère.

Vous pouvez voir une illu avec les six zouaves ici http : / / fav . me / d3bnr02 (retirez les espaces. FFnet bon sang -_-)

-Murka murka murka.
-C'est bon, j'ai compris! Rétorqua Donovàn en suivant le troll dans son ascension de la montagne.
Ils avaient galopés jusque au pied de la montagne avant de mettre pieds à terre. La pente était trop accentuée pour continuer avec leurs montures, mort-vivant ou pas, les chevaux se seraient cassés une jambe à grimper. Nadezha montra à ses camarades comment les invoquer et les bannir, ne laissant que des rênes ensorcelées dans leurs sacs, plus léger et pratique à transporter que cent-cinquante kilos de cheval mort. Maintenant, ils continuaient à pieds, plus lentement, mais plus surement, malgré les insultes du troll à l'égard de l'elfe, et la mauvaise volonté de l'humain à les suivre. Nadezha faisait son possible pour le convaincre de rester avec eux, mais Andreas, seul nom qu'il avait put donner à son réveil, n'avait aucune confiance envers les deux hordeux qui se chamaillaient, .
-Comment peux-tu leur faire confiance?
-Donovàn m'a sauvé la vie, protesta Nadezha, il voulait même que je parte me mettre à l'abri.
-C'est un sin'dorei! Ils ont la traitrise dans le sang! Il te poignardera dans le dos dès qu'il en aura l'occasion.
Nadezha hésita à rétorquer que c'était justement ce qui l'avait sauvée quand Donovàn se racla la gorge, attirant leur attention.
-Toi savoir, humain, je parler commun.
Le troll jeta un regard intrigué à son petit compagnon et allait ouvrir la bouche quand il se redressa.
-Dono! A té!
-Hein?
Le dialecte du troll était parfois difficile à comprendre, mais quand celui ci lui assena un coup de pied en plein torse pour le jeter au sol, Donovàn put ajouter un nouveau mot à son vocabulaire.
A té. A terre.
Les serres du griffon d'os qui lui fondait dessus le ratèrent de peu, et il sentit son cœur faire un bond dans sa poitrine.
Le troll attrapa la monture par le cou, passant aisément sa main immense autour de la colonne vertébrale de la créature, puis, d'un geste brutal, assena son casque qu'il gardait dans l'autre main, droit sur le visage de son cavalier, le désarçonnant sous le choc.
Nadezha fut aux cotés de Donovàn aussitôt, pendant qu'Andreas venait aider le troll à achever le griffon qui se débattait en poussant des cris sépulcraux.
-Donovàn? Ca aller?
L'elfe hocha frénétiquement la tête, grimaçant quand son cœur battit encore deux, trois fois avant de s'arrêter à nouveau.
-Je.. viens de faire... le contraire d'un arrêt cardiaque, balbutia-t-il, s'attirant un regard perplexe de la draenei.
Il y eut une série de craquements sinistre quand, aidé par le troll, Andreas assena plusieurs coups d'épée sur le griffon, l'achevant définitivement. Mok'ai dispersa rageusement les os aux quatre vents pour brouiller les pistes, puis revint vers son camarade, s'accroupissant près de lui.
-Dono ti blesé?
-Ca va, le rassura Donovàn en se relevant, aidé par Nadezha. Merci, je ne l'ai pas vu venir.
L'humain dit quelque chose auquel la draenei répondit de même, les deux parlant trop rapidement pour que Donovàn comprenne. La barrière de langage entre eux quatre rendait déjà la communication compliquée, mais quand on ajoutait celui du troll, ça devenait carrément impossible. Donovàn et Nadezha faisant de leur mieux pour traduire, mais les incompréhensions mutuelles étaient trop courante.
-Andreas dit que autres griffons vont venir.
-Nou lé tro nombeu. Lezot kavalié di sièl nou wvar de loin.
Les deux allianceux échangèrent un regard désemparé aux paroles du troll et Donovàn grimaça, tentant de traduire. L'humain sembla ne pas apprécier et Nadezha tenta de le calmer.
-Andreas dit que si troll pas content troll peut.. Andreas! S'exclama-t-elle.
-Nous rester ensemble, rétorqua Donovàn. Nous être vu de loin, mais nous plus fort, peut se défendre mieux. Tu comprends Mok'ai? On reste ensemble.
-Ti toctoc, grommela Mok'ai en tapant de l'index sur le crâne de l'elfe.
-On a plus de chance de survie comme ça.
Le troll soupira, une habitude qu'il n'arrivait pas à perdre depuis son réveil puis observa autour d'eux avant désigner les arbres qui bordaient la route de montagne.
-Alor, nou marsé dan le soubwa. Giffons von pa vwar nou.
-Hé! Nadezha! Troll! Elfe! Appela soudain Andreas, penché sur le cavalier tombé au sol.
Les trois chevaliers le rejoignirent aussitôt, alors qu'il plongeait la main dans l'ombre du capuchon du cavalier.
Il tourna la tête vers Nadezha qui écarquilla les yeux et l'imita, avant de glisser la main sur le coté de l'armure, là ou quelques centimètres de peau était dévoilée, palpant des bleus déjà apparents.
-Dono...
-Il respirer?
-Non. Elle respirer, corrigea la draenei avant de rabattre le capuchon.
C'était une elfe de la nuit, à la peau mauve pâle. Le casque lui avait cassé le nez, et la chute froissé une de ses oreilles, mais ce qui fit grimacer les quatre chevaliers, ce fut la grosse cicatrice qui défigurait la moitié de son visage, fermant un de ses yeux dans un amas de tissu cicatriciel. Nadezha était déjà en train de vérifier son état de santé, de gestes qui firent se demander à Donovàn si elle n'avait pas été guérisseuse, avant.
-Elle a os cassés, déclara la draenei en défaisant le plastron de gestes rapide. Ici, ajouta-t-elle en montrant ses côtes. Bras aussi. Et jambe ici.
-Cassée?
-Hm, Nadezha sais pas. Juste.. pop?
-Déboité, suggéra Donovàn.
-Voilà. Pop. Déboité.
L'humain fronça les sourcils mais hocha la tête quand Nadezha lui désigna quelques os du griffon. Il les lui ramena et la draenei monta rapidement une attelle de fortune pour le bras de l'elfe. Donovàn se redressa et fit signe à Mok'ai de surveiller les environs avec lui, guettant le moindre signe suspect. Nadezha lui jeta un petit regard puis défit l'armure autour des hanches de l'elfe.
-Andreas? Retenez-là, je vais remettre la jambe.
-Le troll n'a pas l'air content de s'embarrasser d'un blessé.
-Nous ne pouvons pas la laisser ici si elle est libre aussi, déclara la draenei en posant les mains sur la hanche de l'elfe.
Elle aurait aimé avoir de nouveau ses capacités, cet art de soigner que les siens tenaient comme mauvais. Elle aurait voulu au moins avoir son totem de soin, qui aurait put remettre la jambe sans douleur, mais elle avait beau les appeler, aucun ne venait. Avec un murmure d'excuse envers la blessée, elle empoigna fermement sa cuisse et poussa.
La douleur réveilla l'elfe qui poussa un hurlement.
Le troll fut aussitôt au dessus d'elle, plaquant sa grande main contre son visage avec un grognement.
La réaction de l'elfe fut instinctive, tendant les mains pour le repousser, mais Andreas et Nadezha la retinrent.
-Chut! Chut! Ca va! Tout vas bien, il ne te fera pas de mal!
-Nadezha? Elle éveillée? demanda Donovàn.
-Oui! Chut, ça va, chut... c'est finit.
L'elfe leur jeta des regards terrorisés, alternant entre le faciès monstrueux du troll et ceux plus familier de l'homme brun et de la draenei.
-C'est fini, ajouta Nadezha en effleurant le front de l'elfe, repoussant doucement la main du troll. Le Roi Liche n'a plus d'emprise sur toi.
L'elfe trembla doucement et allait ouvrir la bouche quand soudain, la voix de Donovàn claqua comme un coup de fouet.
-Griffon!
Le troll, Mokai ou quelque chose comme ça, se pencha à nouveau, drapant ses longs bras autour de la blessée pour la soulever sans effort. Cela lui arracha un autre cri de douleur, mais elle se laissa aller, passant son bras intact autour du cou du hordeux.
Les cinq chevaliers furent vite à l'abri des arbres, drapés dans leurs capes sombres pour ne pas trahir leurs positions. Le troll s'était accroupit, l'elfe de la nuit contre lui et avait repassé une main sur sa bouche pour étouffer ses gémissements de douleur. Nadezha posa la sienne sur son épaule, pour la réconforter.
Ils passèrent de longues minutes cachés à l'ombre des arbres, observant les griffons planer au dessus d'eux, se séparer, puis repartir d'où il venaient en un vol plus ou moins compact.
Finalement, Donovan se détendit et repoussa sa cape.
-On dirait qu'il fait le rappel des troupes, jamais vu autant de griffons squelette en même temps.
-Fo kon pat.
Donovàn hocha la tête et se redressa, imité par ses camarades.
-Donovàn, reprit Nadezha en désignant l'elfe dans les bras du troll. Elle pas pouvoir marcher.
-Ha.. oui.
-Je vais la porter, intervint Andreas en rengainant son épée.
Il approcha du troll et lui fit signe de lui passer son fardeau mais le troll secoua la tête. Andreas se tourna vers la draenei, exaspéré.
-Dis-lui de me laisser la porter.
-Je vais essayer, répondit Nadezha en tortillant une de ses tentacules, hm.. Mok'ai devoir...
-Il voudrait me porter, intervint soudain l'elfe de la nuit dans un orc parfait, quoi qu'un peu accentué.
Les quatre autres chevaliers en restèrent ébahis.
-Tu parles orc?
-Vous parlez l'orc?
-Ou tu as apprit à...
-Je ne sais pas, répondit-t-elle en portant sa main à son front, effleurant la cicatrice de son visage avec dégoût. Mais je comprends... vos deux langues.
-Ca, ça nous sera utile, déclara Donovàn, pendant qu'elle répétait en commun.
-Je vais vous porter, finit par déclarer Andreas en tendant les bras.
A nouveau, Mok'ai refusa, reculant même d'un pas quand Andreas approcha.
-Trol, commença l'humain d'un ton furieux.
Mok'ai dit rapidement quelque chose à l'elfe de la nuit qui hocha la tête avant de traduire à Andreas.
-Il dit qu'il est plus grand, que je l'encombrerais moins, ce sera plus pratique.
Andreas ouvrit la bouche pour rajouter quelque chose, mais Nadezha posa la main sur son bras et secoua doucement la tête. Donovàn et elle aidèrent ensuite le troll à installer la blessé confortablement, improvisant un porte blessé avec sa cape.
-Mainan, fo kon pat. Alé!
La voix du troll, ainsi que son geste impérieux vers l'avant, donna le signal du départ. Donovàn passa vite en avant, retrouvant ses réflexes de chasseur en marchant de le sous-bois, tandis que l'humain restait en arrière, surveillant l'aval de la montagne. Nadezha resta près du troll et de l'elfe de la nuit, tachant de la réconforter et de lui expliquer ce qui se passait.
-Donovàn m'a réveillée. En gros, nous sommes coupés de l'influence du Roi Liche et nous avons tous plus ou moins retrouvés des souvenirs de notre vie passée. Je ne sais pas exactement comment ça fonctionne, mais il y a probablement un rapport avec une expérience de mort imminente qui.. est-ce que ça va? S'inquiéta-t-elle en voyant l'elfe blêmir.
-Je crois. J'ai... C'est juste... J'ai mal mais.. Moins.. Moins mal.
La draenei hocha la tête.
-Nous ressentons moins la douleur. Sur le coup c'est fulgurant, mais ça passe vite. Même si la blessure ne guérit pas pour autant. Ha, hm...
La draenei posa la main sur le bras du troll pour attirer son attention.
-Heu. Elle mal... commença-t-elle avant de voir que ses paroles passaient loin au dessus de la tête du troll.
-Coucq' ti racont a Mok'ai, Kabri? marmonna Mok'ai en fronçant les sourcils.
-J'ai mal, déclara l'elfe en orc. Mais ça ira. Continue.
Le troll grommela et changea légèrement sa prise sur le corps de l'elfe.
-Si on m'avait dit qu'un troll me porterait dans ses bras sans intention de me manger, je ne l'aurais jamais crut, marmonna l'elfe de la nuit en se retenant à son cou.
-Ou as-tu apprit l'orc au fait?
L'elfe haussa une épaule d'un air désemparé mais fronça les sourcils.
-Fouille ta mémoire, conseilla Nadezha. Elle est toujours là, juste plus difficile à atteindre.
-J'étais... druide, murmura l'elfe. Et un... un tauren m'a apprit l'orc... En échange de cours en commun. Elune, il avait un accent horrible, ajouta-t-elle avec un petit rire à moitié hystérique.
Mok'ai baissa les yeux sur son fardeau, et elle frissonna en sentant son souffle sur elle. C'était une des raisons pour laquelle, malgré la longue inimité entre les elfes et les trolls, elle préférait que ce soit lui qui la porte.
L'humain ne s'était même pas aperçu qu'il ne respirait pas.
-Ca aller? demanda le troll.
-Je suis morte, répondit-t-elle aussitôt.
Il ne répondit pas mais resserra sa prise sur elle, l'appuyant sur son épaule.
Réconfortée par un troll. Elle cru qu'elle allait de nouveau se mettre à rire de façon hystérique, mais elle réussit à le ravaler, contenant le tremblement de son corps comme elle pouvait, c'est à dire: Mal.
-Le non, cé Mok'ai, déclara soudain le troll en enjambant un tronc tombé au sol.
-Oh. Hm enchanté Mok'ai. Je suis Denaelle de... Denaelle... Juste Denaelle...
-GRIFFONS!

Dico franco Mok'ai

Dono! A té!
Dono! A terre!

Dono ti blesé?
Dono, tu es blessé?

Nou lé tro nombeu. Lezot kavalié di sièl nou wvar de loin.
Nous sommes trop nombreux. Les autres cavaliers du ciel nous voient de loin.

Ti toctoc
T'es fou.

Alor, nou marsé dan le soubwa. Giffons von pa vwar nou.
Alors, nous allons marcher dans les sous-bois. Les griffons ne nous verront pas.

Fo kon pat.
Il faut qu'on parte.

Mainan, fo kon pat. Alé!
Maintenant, il faut qu'on parte. Allez!

Coucq' ti racont a Mok'ai, Kabri
Qu'est ce que tu me racontes, Biquette?

Le non,cé Mok'ai
Mon nom est Mok'ai.