Titre : Savoir oublier
Auteur : Nekoi
Sujet : cross over Dir en Grey / Malice mizer
Genre : Yaoi
Disclaimer : Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir !
Spoiler : Ano…………………………………………………………………………………
Résumé : Shinya reçoit une rose avec une carte. Celle-ci lui ordonne de couper les ponts avec Gackt, sous peine qu'il arrive malheur à ce dernier. Angoissé, Shinya appelle Die au secours.
Pairing : KaoruXKyo DieXTotchi
Déclaration de l'auteur : il tonne tellement fort que les portes de ma maison tremblent ! J'espère seulement que mon PC va tenir le coup (mais là, je commence à craindre pour sa vie uu)
Savoir oublier…
Chapitre 6
Gackt tournait en rond sans lâcher son portable des yeux. Il était inquiet. Il avait reçu un appel de Shinya mais il n'avait pas eu le temps de répondre. Il avait donc essayé de le rappeler, mais sans succès. Il se retenait pour ne pas sauter dans sa voiture et filer chez le batteur pour voir si tout allait bien. Après avoir mûrement réfléchi, il se traita mentalement d'idiot.
S'il avait vraiment voulu me joindre, il m'aurait rappelé. Si je me pointe chez lui alors qu'il n'y a aucun problème, je vais passer pour un abruti.
Sur cette pensée, il posa son téléphone et alla se coucher.
Quand il entra, tout était éteint. Il s'orienta grâce à la lumière de la lune. En passant par le salon, il vit une forme sur le canapé.
Il a dû m'attendre et s'endormir là, songea-t-il en esquissant un sourire. Qui disparut bien vite lorsqu'il se rendit compte que le bassiste avait sa tenue de nuit, un grand tee-shirt noir, et son oreiller. Il dormait donc volontairement sur le sofa.
Et merde.
Il vit ensuite les mouchoirs éparpillés par terre.
Re-merde.
Il se serait donné des baffes. Sans s'en apercevoir, il l'avait blessé.
Au point qu'il ne veut plus partager mon lit…
Le guitariste s'agenouilla à côté de Toshiya. Il dormait paisiblement. Die dégagea doucement la mèche noire qui lui tombait sur le front, en murmurant des excuses.
Si seulement il pouvait les entendre dans son sommeil…
Mais il savait pertinemment que cela ne serait pas aussi simple. Il savait aussi que son amour ne pardonnait pas facilement.
Je lui avais promis…Je lui ai posé un lapin, alors que je sais qu'il prend les promesses très à cœur. Je suis un abruti ! En plus, il n'allait pas très bien ces temps derniers…Il n'est pas près de me pardonner, je crois.
Résigné à passer quelques jours sans voir son amant sourire, il alla se coucher, espérant tout de même que cela serait vite passé.
Même si je l'ai bien mérité.
Mais il réalisa le lendemain matin que le pardon de Toshiya serait sûrement plus long à obtenir qu'il ne le pensait. En se levant, il avait découvert l'appartement vide. Juste un mot sur la table : « Je suis parti plus tôt. » C'était lapidaire. D'habitude, lorsque le basiste partait en avance, il lui laissait un mot interminable chargé de mots doux. En soupirant, Die se résigna à se préparer, appréhendant l'accueil de son amant lorsqu'il arriverait à la répétition.
Lorsque Kaoru arriva au local, il eut la surprise de constater qu'il y avait déjà quelqu'un, alors qu'il état toujours le premier habituellement. Toshiya était assis et accordait sa basse, l'air ailleurs. Kaoru hésitait à demander où était Die mais la tête blonde ébouriffée pendue à son bras se posa moins de question :
-Et Die, il est où ?
-Il ne devrait pas tarder.
La réponse était sèche et brève. Kyo et Kaoru échangèrent un regard.
-Il s'est passé quelque chose ?
-Je suis parti plus tôt, j'avais une course à faire, répondit le bassiste sans lever les yeux.
-Oui, mais d'habitude…
-Ecoute, Kyo, si tu pouvais te mêler de tes affaires, juste pour voir…
Le chanteur se tut. Il était blessé par le ton agressif de Toshiya, mais il était aussi inquiet. Le brun était quelqu'un de très doux qui haussait rarement la voix, surtout pas contre le chanteur. Ce dernier lança un regard à son amant, voulant clairement dire : « Y'a un truc qui tourne pas rond ». Le leader acquiesça.
Ils attendirent pendant environ une demi-heure que Shinya n'arrive enfin, suivi de peu par Die. Ce dernier lança son « Bonjour ! » habituel, mais cette fois, il manquait le sourire qui allait avec. Seuls Kyo et Kaoru lui répondirent. Shinya lui fit un signe de tête.
Toshiya ne leva même pas la tête vers lui.
Die eut l'impression de recevoir un coup à l'estomac. Il s'attendait à ce que le bassiste lui en veuille, mais pas au point de l'ignorer totalement. C'était la première fois qu'il réagissait ainsi. A cet instant, il réalisa à quel point Toshiya comptait pour lui, à quel point le moindre de ses regards le rendait heureux. Et à quel point son dédain pouvait le faire souffrir.
Il fit soudain demi-tour en prétextant une envie pressante, d'une voix qu'il espérait assez assurée pour ne pas laisser paraître son malaise.
Shinya, de derrière sa batterie, avait remarqué que quelque chose n'allait pas. Et il commençait à culpabiliser.
Apparemment, Totchi lui en veut. Je suis sûr que c'est de ma faute, j'ai trop accaparé Die ces derniers temps. J'espère que Die arrivera à se faire pardonner…Décidément, je ne fait que semer le désordre autour de moi.
Lorsque Die revint, il alla chercher sa guitare et s'installa.
-Bon, si on commençait ! fit-il en essayant de sourire.
Mais si ses lèvres obéirent, ses yeux quant à eux, restèrent bien tristes. Rien de la lueur joyeuse qu'on y voyait d'habitude en permanence.
A chaque pose, Gackt allait regarder son portable dans l'espoir d'un signe de Shinya. Mais rien. Cela le tracassait. Il avait terriblement envie de le revoir mais quelque chose le dissuadait de l'appeler. Son instinct lui disait que ce n'était pas une bonne idée.
Un mot, qu'il trouva le soir en rentrant chez lui derrière sa porte, le conforta dans cette pensée : « Il serait mieux pour toi de ne plus jamais voir Shinya. »
Il lut et relut cette ligne, n'y comprenant plus grand chose. Qui le menaçait ainsi ? et pourquoi ?
Cela est-il en rapport avec les crises de Shinya ?
Il prit une décision, il devait en parler avec Shinya. Mais celui-ci était injoignable. Il décida donc de contacter la personne dont le batteur était le plus proche, le seul qui fut au courant des crises du batteur : Die.
-Tu l'as eu quand ?
-Hier. J'étais inquiet parce que je n'arrivais pas à joindre Shinya et puis en rentrant chez moi, j'ai trouvé ce mot. Tu te doutes bien que ça ne m'a pas rassuré.
-Shinya aussi a reçu des menaces te concernant. Quelqu'un lui a demander de couper les ponts avec toi, pour ton propre bien.
Gackt se massa le front. Il avait appelé Die et ils s'étaient donné rendez-vous dans un petit café tranquille.
-C'est en rapport avec la personne à l'origine des crises de Shinya, je me trompe ?
-Non, tu as raison. Mais j'ignore qui c'est. Il refuse de me le dire, car il a peur que j'aie moi aussi des problèmes.
-Il faut qu'on découvre qui est l'ordure qui lui as fait ça ! Et par la même occasion, ce qu'elle lui a fait pour le mettre dans cet état.
Die acquiesça. Lui aussi en avait assez. Il voulait savoir. Et lui faire payer.
-Mais si Shinya refuse de parler, même à toi, je ne sais pas comment on va faire, soupira le chanteur.
-Ano…j'ai bien une idée, mais…
-Dis toujours.
-Si jamais tu gardais le contact avec Shin-chan, celui qu'on cherche finirait par mettre ses menaces à exécution, et pour ça, il devra sortir de l'ombre. Mais c'est risqué pour toi. J'ignore de quoi il est capable et Shin-chan semblait vraiment effrayé.
-Je m'en fiche des risques. Je viens à peine de rencontrer Shinya, je n'ai pas envie que tout se finisse comme ça. Si c'était de sa propre initiative qu'il refusait de me voir, je n'aurais pas insisté. Mais s'il est forcé à le faire, je ne suis plus d'accord !
Les deux hommes passèrent ensuite un moment à mettre au point divers plans pour permettre à Gackt d'entrer en contact avec Shinya.
-Arrange-toi pour venir souvent au local, même si tu ne fais que passer devant. Il pensera que tu es là pour Shinya et que tu ne lui a pas obéi. Harcèle Shin-chan au téléphone. Je le connais, il finira par répondre. Notre homme finira bien par se montrer.
-Et les autres, ils vont en penser quoi, à me voir rôder autour de votre local ?
-Oh, seulement que tu es raide dingue de Shin-chan, fit le guitariste en souriant. C'est un peu la cas, non ?
Gackt ne répondit pas, pour la simple et bonne raison qu'il ne savait pas. Ou il faisait semblant de ne pas savoir. Il savait seulement que cette situation le rendait malade, d'angoisse pour Shinya et de rage envers celui qui le menaçait.
Sur le chemin du retour, Die eut un mauvais pressentiment. Il était pressé de rentrer pour voir Toshiya. Il espérait que celui-ci avait enfin commencé à lui pardonner, mais il savait que c'était en vain. Cela faisait plusieurs jours que le bassiste dormait sur le canapé, qu'il ne lui adressait plus la parole et qu'il ne le regardait plus dans les yeux.
Il ouvrit la porte de son appartement en sentant son ventre se nouer. Il poussa un soupir de soulagement lorsqu'il vit que tout était normal. Mais son cœur fit un bond en voyant, par l'ouverture de la porte de la chambre, que Toshiya était en train de préparer une valise.
-Qu'est-ce que tu fais ?
-Ca se voit, non ?
Son ton froid, presque agressif fut comme un coup pour Die. Il respira un bon coup avant de déclarer :
-Je sais que j'ai été en dessous de tout, mais… je me suis excusé, je me serais traîné à tes pieds si tu me l'avais demandé…alors pourquoi ?
Le bassiste, qui lui tournait le dos, lâcha ce qu'il avait dans les mains.
-Il fallait y penser avant. Je crois que nous avons besoin de faire une pause, tous les deux…
Die prit ces paroles de plein fouet. Il dut s'appuyer au chambranle de la porte pour ne pas tomber à genoux.
-Totchi, je t'en prie, regarde-moi…Regarde-moi au moins, quand tu me brises le cœur…
-M'as-tu regardé, toi, quand tu as brisé le mien ? Pas même un regard…
La voix du brun, qui était assurée au début, se brisait de plus en plus. Quand il consentit enfin à se retourner vers Die, ses yeux brillaient de larmes contenues.
-Sans un regard, tu m'as brisé le cœur, tu l'as piétiné…Si tu m'avais au moins jeté un regard, ce soir-là, avant de partir, je crois que je t'aurais pardonné !
Cette fois, pour la première fois depuis plusieurs jours, il le regarda bien en face. Ce n'en fut que plus douloureux pour le guitariste.
-Je sais que je n'ai pas d'excuse, mais laisse-moi au moins une chance…Je ne suis rien sans toi. La vie n'a plus rien de beau ni d'intéressant quand tu ne me parles pas, quand tu ne me regarde pas.
-Tais-toi !!! s'écria Toshiya avec colère.
Die en resta muet. C'était la première fois que son amant élevait la voix contre lui.
-Tu ne crois pas que c'est assez dur pour moi, de faire mes valises ? A chaque fois que je prends un vêtement, cela me rappelle des moments que nous avons passés ensemble, ou que c'est toi qui me l'as offert…Même mes affaires sont imprégnées de toi, elles portent ton odeur…
Cette fois, la voix du bassiste se brisa complètement et il éclata en sanglot. Il enfouit son visage dans un tee-shirt noir et Die se rendit compte que c'était l'un de siens. Alors, il n'y tint plus. Il lui était insupportable de voir l'amour de sa vie, sa raison d'exister, pleurer ainsi en silence devant lui. Il se précipita et prit Toshiya dans ses bras.
Contre toute attente, celui-ci ne le repoussa pas. Il se blottit même un peu plus contre lui.
-Die…fit-il lorsqu'il se fut un peu calmé, assez en tout cas, pour pouvoir parler.
-Hai ? répondit le guitariste, la joue contre ses cheveux.
-Je suis un idiot…
-Pourquoi dis-tu cela ?
-Je te fais de grands discours, je te dis que je te quitte…et j'allais emporter un de tes tee-shirts avec moi…J'arrive pas à dormir, sans toi…
-Alors tu es bien un idiot, mon amour, dit le roux en le serrant encore plus fort contre lui, rattrapant tous les jours où ils n'avait pas pu toucher son amant.
Toshiya se tut et enfouit son visage dans le cou de Die, respirant son odeur si familière qui lui avait tant manqué.
