Disclaimer: Square Enix
Pairing: VanVen ; Zemyx (tout petit sous entendu)
Genre: U.A. Mystery, Friendship, Surpernatural, Drama, Romance
Résumé: Il avait toujours eut le sentiment que quelque chose n'allait pas mais cherchait-il réellement à savoir d'où venait le problème ou l'avait-il toujours su ? Ce fut pourtant durant cette soirée de Halloween que les réponses lui parvinrent.
Note (1): Je tiens tout d'abord à remercier ma bêta lectrice pour avoir corrigé cet OS donc: Merci à toi Nuity :D. Ensuite, je vous conseille fortement de lire ces OS et fanfic :') (que ce soit sur Kingdom Hearts ou un autre fandom :3 )
Note (2): Sixième OS qui arrive enfin 8D Ça fais depuis le début des grandes vacances que je l'ai écris mais je l'ai lâchement laissé moisir :( Jusqu'à que je me décide il y a quelques jours de le conclure ;D Le prochain OS devrait normalement arriver à une date spéciale :)
Note (3): J'ai essayé de couper les paragraphes mais j'ai l'impression qu'ils sont encore trop longs... Dites moi s'ils le sont D:
Note (4): Encore un OS pour la VanVen Queen alias CrimsonRealm ! :D Bonne lecture ^^
This is Halloween :
L'odeur du brûlé lui était insupportable. Plus il la respirait et plus il avait l'impression d'étouffer. Sans vraiment s'en rendre compte, il se mit à haleter et sa vue se brouilla soudainement. Par ailleurs, il ressentait une horrible douleur au niveau de l'œil gauche, elle était similaire à une sensation de brûlure et lui était vraiment affreuse. Elle lui donnait envie de hurler pour essayer d'oublier ne serait-ce qu'une seconde sa souffrance. Pour autant il se retint et tenta de comprendre ce qui se passait en observant les environs.
La seule chose qu'il put distinguer fut les flammes qui l'entouraient, des morceaux de verre qui recouvraient le sol et les corps sans vie qui étaient effondrés par terre. Lorsqu'il commença à en prendre conscience, il sentit la panique l'envahir mais que devait-il faire ? Il n'arrivait pas vraiment à réfléchir, il sentait que son esprit se trouvait dans l'incompréhension totale et il était trop concentré à essayer de prendre son souffle entre cette fumée et cette chaleur qui le consumait. De plus, si sa mémoire était bonne, il avait appris qu'il ne devait pas aspirer la fumée mais plutôt tenter de s'enfuir. Cependant, comment était-il censé s'en sortir s'il n'y voyait quasiment rien ?
Sans plus attendre, il releva sa main dans le but de se couvrir la bouche et le nez mais s'arrêta subitement dans son geste en voyant l'état de ses mains. Elles étaient couvertes de sang. Un cri effroyable sortit d'entre ses lèvres et il se mit alors à genoux en sentant que ses jambes n'étaient plus capables de le soutenir. De loin, à travers les flammes et la fumée, il vit une lueur dorée et commença à reprendre espoir sur une éventuelle chance de sortie mais lorsqu'il la vit s'éteindre, tous ses espoirs furent anéantis et réduit à néant. Tout en tremblant, il se rendit compte qu'il n'avait plus la force de pleurer, ni celle de crier, ni même de souffrir puis tout commença à disparaître et plus rien.
3H15. C'était l'heure qu'indiquait son réveil digitale lorsqu'il ouvrit les yeux. En sentant les battements de son cœur s'accélérer et son corps trembler, il comprit qu'il venait de faire un cauchemar. Ce n'était pas la première fois et c'était de plus en plus fréquent. C'était sur quoi déjà ? C'était sûrement mieux qu'il ne s'en souvînt pas. Malgré la panique qu'il éprouvait, il se rallongea et tenta de se rendormir. Oublier était la meilleure chose à faire. Après tout, demain ou plutôt aujourd'hui était Halloween, alors profitons de cette journée, pensa-t-il en s'efforçant de sourire.
Le soir du 31 octobre, une grande partie des habitants de la Cité du Crépuscule fêtaient Halloween, et cela pour le plus grand bonheur des plus jeunes. Tous les soirs, alors que le ciel bleu s'assombrissait en un bleu nuit et que l'éternel coucher du soleil se décidait à vraiment disparaître pour laisser place à une lune blanche et lumineuse, on pouvait apercevoir des jeunes enfants se déguiser et parcourir presque toute la ville à la recherche de leurs précieuses friandises, toujours en répétant la même réplique « Des bonbons ou un mauvais sort ? », car cela était la coutume, mais aussi en prenant le soin de porter des costumes qui avaient pour but d'être effrayants (ce qui était d'ailleurs rarement réussi). Cependant, oublions l'échec des déguisements, car ce qui comptait aux yeux de nos jeunes enfants n'étaient pas les éloges et les félicitions pour leurs vêtements mais la possessions des sucreries, et pour les adultes (du moins, une certaine partie), c'était de leur faire plaisir. C'était ainsi que fonctionnait l'esprit de cette fête.
Alors que la quasi totalité des gosses de la ville semblaient heureux de pouvoir profiter de cette journée qui les amusait fortement, ce n'était malheureusement pas le cas pour certain d'entre eux. En effet, Ventus, enfant âgé d'à peine onze ans, faisait visiblement la moue pour une quelconque raison. Il s'assit par terre, dans une rue, et croisa les bras en gonflant les joues.
— Pourquoi maman ne veut pas que j'aille visiter la petite maison abandonnée dans la forêt ?
Une brise de vent accompagna ses paroles et seul le silence donna suite à ses exclamations.
— Vanitas ! cria-t-il, visiblement vexé d'avoir été si honteusement ignoré.
— Mais qu'est-ce-que j'en sais moi ? répondit ledit Vanitas en s'asseyant à ses côtés.
Il y eut alors quelques minutes de silence ou aucun des deux ne parla mais après un léger temps de réflexion, le petit blond décida de briser ce gros blanc qui s'était installé en continuant à prendre la parole.
— Je ne comprends vraiment pas.
Et tout en exprimant son incompréhension face à la contrainte de sa tendre mère, il se releva, bien décider à atteindre son principal objectif qui n'était autre que les bonbons. Pour le reste, il aviserait. Tout en se redressant, il s'épousseta de l'éventuel poussière qui s'était collée à ses vêtements, vérifiant au passage que son magnifique déguisement n'avait aucun défaut. Que ce fut au niveau de la manière dont il se présentait ou les plis qui pouvaient se trouver, ou encore une hypothétique tâche qui se cacherait parmi tous ces petits détails. Parce que oui, malgré son jeune âge, Ven était un garçon très maniaque et un brin perfectionniste, ce que lui reprochait autrefois son ami Vanitas, car selon lui, il ne fallait pas en faire trop.
— Peut-être que Madame Strife trouve ça dangereux de s'aventurer seul dans une forêt. Surtout dans une manoir abandonné, précisa le moins bavard des deux. On ne sait jamais ce qui peut y rôder dedans.
— Mais je ne serai pas seul, répliqua Ven en fronçant les sourcils. Puisqu'on sera ensemble, tous les deux et pour toujours.
Vanitas ne releva pas les derniers mots de Ven, qu'il savait impossibles, et garda le silence. Il se contenta de suivre son ami comme un ange gardien le ferait avec l'être qui était sous sa protection.
Après que Ventus eut jeté un dernier regard à ses vêtements qui étaient composés d'une veste noire et blanche, d'un short noir, d'une paire de chaussures également noire, d'une paire de gants immaculés d'un blanc aussi pur que son cœur, d'une paire d'ailes représentant celle d'une chauve-souris puis d'un sorte de masque orange avec un étrange sourire machiavélique sur ses cheveux blonds et enfin des dents de vampire (mes plus plates excuses pour cette piètre description qui était censée représenter les vêtements de Sora à Halloween Town…), il se mit en marche. Néanmoins, il vérifia également que son cache-œil fût correctement mis, bien qu'il ne fit pas partie du déguisement.
— Tu viens Vanitas ?
Le brun se releva à son tour et vint silencieusement vers son ami. Ils marchèrent tous les deux dans leur quartier, ne faisant pas vraiment attention aux autres enfants qui étaient présents, pas très loin. Ils se focalisaient seulement sur la quête de leurs douceurs qui les attendaient réparties un peu partout dans la ville. Ven se sentit sourire en imaginant tout ce qu'il pourrait avoir jusqu'à la fin de la journée. Sûrement une montagne de bonbons, surtout s'ils rassemblaient tous les deux ce qu'ils auraient récolté pensa-t-il. Ce fut alors qu'il remarqua le regard plus qu'insistant que lui lançait son meilleur ami.
— Qu'est-ce-qui y a Vanitas ? Pourquoi tu me regardes comme ça ? J'ai fait quelque chose de mal ?
— Non... Je me disais juste que tu devrais arrêter d'essayer de tout faire parfaitement. En plus, tu es même devenu maniaque de la propreté… Tu vas devenir encore…
— Stop, coupa-t-il en baissant le regard.
Tout en continuant d'observer le sol afin d'éviter les orbes dorés de son ami qui ne cessaient de le hanter, il tenta de trouver un point intéressant et ce fut finalement ce morceau de chewing-gum collé au sol et manifestement ancien qui lui permit de reprendre contenance. Il releva la tête en souriant et tout en se frottant les mains, tic qu'il avait depuis quelque peu , il déclara :
— Ne me parle plus de ça. Et puis... j'aimerai profiter de cette journée en ayant plein de bonbons !
Vanitas hocha la tête et continua sa marche, suivi de près par le blondinet. Ils se dirigèrent sans vraiment s'en rendre compte vers une demeure totalement classique, excepté un certain détail qui était la décoration et qui montrait ainsi l'effort dont avait fait le propriétaire de la maison, contrairement à son voisinage qui n'en avait pas fait un seule. Ce fut donc en apercevant les citrouilles illuminés par des bougies qui se trouvaient à l'intérieur, les fausses toiles d'araignées et les petites chauves-souris que Ventus se précipita devant. Une lueur d'admiration brillait dans son regard céruléen. Il se tourna alors vers son camarade :
— Allons sonner ici, proposa-t-il fièrement.
— Si tu veux.
— C'est une vieille dame qui se trouve ici et elle nous donnera sans doute pleins de bonbon !
Vanitas se demanda alors comment son ami pouvait connaître les personnes qui y vivaient mais il se contenta de le suivre sans rien dire. Après tout, Ven avait toujours été très sociable ou plutôt, autrefois, Ven était très sociable. En effet, lorsqu'il était plus jeune, il avait pour habitude d'aborder un peu n'importe quels habitants de la ville, ce dont ses parents le réprimaient très souvent. De son côté, Ventus appuya sur la sonnette et patienta. Au bout de quelques secondes d'attente, la porte s'ouvrit sur -comme l'avait prévu le jeune enfant- une vieille dame aux cheveux gris attachés en chignon et tenant entre ses mains un petit panier en osier. Sans même laisser le temps à Ven de parler, elle le complimenta au sujet de son joli costume puis lui tendit une poignée de friandise.
— Merci Madame ! Mais vous avez oublié d'en donner à mon ami.
Elle le dévisagea quelques instants du regard puis sourit tendrement.
— Tiens, vous partagerez, fit-elle en lui offrant une nouvelle poignée de bonbons.
— Merci.
Ven salua la vieille dame puis fit demi-tour. Il vérifia que Vanitas était toujours à ses côtés et lui demanda :
— Tu veux les garder ? Ou je garde tous et on se les partage après ?
— De quoi ?
— Ben les bonbons ?
— Non. Garde tous mais aussi pour les manger.
A l'entente de la réponse de son ami, Ven écarquilla des yeux puis fit une nouvelle fois la tête.
— Mais pourquoi ? D'habitude tu en prends tout le temps et même qu'avant, t'arrêtais pas de m'en voler.
— Justement, s'expliqua le brun. Je te les laisse tous pour me faire pardonner de t'en avoir volé à l'époque.
— C'est pas vraiment ton genre d'être aussi gentil, fit le blond en lui lançant un regard suspicieux.
— Avec toi si. Et puis on est meilleurs amis !
— Mouais … Laisse moi quand même le bénéfice du doute.
Vanitas lui sourit tristement puis l'invita du regard à le rejoindre.
— Me fais pas cette tête Vani' !
Soudain, sans même pouvoir écouter la réponse de son meilleur ami, il sentit une petite tornade foncer sur lui. La tornade en question fut en effet un certain garçon aux cheveux aussi improbable que Vanitas mais d'une couleur châtaine et aux yeux aussi bleus que ceux de Ven. Il s'appelait Sora et était toujours de nature aussi joyeuse qu'enjouée.
— Bonjour Ven ! commença-t-il, un grand sourire accroché aux lèvres. T'as vu on a le même costume ! C'est génial non ?
Ven le détailla du regard et tout en gardant son sourire, il hocha frénétiquement la tête. Sans vraiment avoir de raison précise, il était fier de porter le même déguisement que celui de Sora. Cela lui enlevait peut-être l'impression d'être unique mais ce n'était pas comme si cela lui dérangeait. Sora était un très bon ami alors il en était ravi. Il se retira doucement de leur étreinte en se reculant puis salua Riku et Kairi qui se trouvaient près d'eux.
— Très joli ton costume de sorcière Kairi !
— Merci Ven !
Il baissa tristement la tête en la voyant. Cette dernière avait beau être très mignonne vêtu de son déguisement, elle avait tout de même la peau extrêmement pale et ne semblait absolument pas d'humeur à sortir. C'était sûrement l'idée de Sora s'ils étaient sortis tous les trois. Sora et Riku n'avaient pas de problème mais malheureusement Kairi se trouvait en béquille à cause de sa jambe qui était cassée; elle semblait également traumatisée par cet accident. Ventus se mit à déglutir, il rejeta la tête vers Riku et lança :
— Le tien aussi Riku mais … tu es déguisé en quoi ?
L'argenté se raidit à l'entente de la question tout en évitant le regard de sa meilleure amie, Kairi, qui semblait lui dire « Je t'avais dis de ne pas mettre ce ridicule costume. Maintenant personne ne te reconnaît. » puis il passa nerveusement sa main dans sa chevelure grise.
— Hm... Disons que c'est plutôt un cosplay, fit-il d'une petite voix.
— Un cosplay ? répéta Ven. C'est quoi ?
Il avait demandé cela en toute innocence car malgré son âge, il ne connaissait malheureusement pas ce vocabulaire. Pas qu'il fut inculte, mais à cet instant là, Riku s'était dit qu'il ne voulait plus le connaître pour son manque de culture, et avait même envie de couper le pont avec ce pauvre Ven. Cependant, il finit tout de même par s'expliquer.
— Un sorte de déguisement qui est censé représenter un personnage.
— Ah. Quel personnage ?
— Neo Riku dans Kingdom Hearts Chain Of Memories.
Puis il s'empressa d'ajouter d'une voix sûre :
— Tu connais pas.
— C'est vrai que je ne connais pas ! Comment tu sais ? demanda le plus petit des deux, surpris par la rapidité des paroles de son interlocuteur.
Riku se retint de dire « Parce que tu es un inculte » et se contenta de hausser les épaules.
De son côté, Sora s'était rapproché des deux jeunes enfants qui discutaient pour demander au blond :
— Et toi Ven ? Toi aussi tu fais un cosplay ?
— Non. Pourquoi tu dis ça ?
— Ben t'as mis un cache-oeil comme Ciel dans Black Butler ou peut-être que tu l'as mis pour avoir le même surnom que Kaneki dans Tokyo Ghoul ?
— Non pas du tout. Et en plus, je ne connais pas... Je ne sais même pas de quoi tu me parles.
— Tu es inéluctablement un inculte, déclara Sora d'une voix peiné. Mais bon... Ça va mieux ton œil ?
Il s'arrêta dans sa phrase, et serra nerveusement les poings en poursuivant :
— Je suis bête, tu as sûrement mis ce cache-oeil pour cacher les bandages qui couvrent ton œil gauche.
Ven baissa une nouvelle fois la tête, souhaitant éviter le regard du trio qui venait de s'incruster et souffla :
— Je n'ai pas très envie d'en parler.
— Désolé, s'excusa Sora. N'oublie pas que tu n'es pas seul, on est là pour toi. En plus, Kairi vit la même galère que toi alors on est là pour te soutenir. En tout cas, si tu es seul, tu peux venir avec nous !
— Merci c'est gentil mais pour l'instant je suis bien. Je vais vous laisser à la prochaine.
Tout en expliquant son départ, Ven s'écarta du groupe, leur faisant alors dos; puis il fit poliment un dernier signe de main avant de définitivement les quitter. Il affectionnait grandement Sora, Riku et Kairi mais pour une raison qui lui était obscure, il ne souhaitait pas rester avec eux. C'était comme s'il avait l'impression qu'il allait le regretter s'il se décidait de passer encore quelques minutes de plus. Ou peut-être étais-ce son imagination mais il se sentait incapable de faire face à cela et préférait ne pas prendre de risque.
On pourrait alors dire qu'il prenait lâchement la fuite mais il était après tout d'un trop jeune pour pouvoir se remettre en question sur un tel acte. De plus, il avait bien envie de répliquer -mentalement- qu'il ne prenait pas la fuite mais qu'il tenait tout simplement à rester seul... ce qui était assez suspect dans son cas étant donné qu'il était au contraire très sociable et recherchait toujours la compagnie de ses amis.
Aussi loin qu'il se souvenait, il avait toujours trouvé qu'être en présence de beaucoup d'amis l'aidait à maintenir sa bonne humeur et qu'il était toujours mieux d'être entouré d'un large cercle d'amis afin de pouvoir compter sur un grand nombre de personnes. Ainsi, il avait moins de chance « de se faire oublier » car il avait choisi de faire comme Lea à ce niveau là. Mais depuis peu, il avait cessé d'agir et penser ainsi. C'était comme ci il avait complètement supprimé ces phrases et cette façon de comporter, comme si tout cela n'avait jamais existé et n'existerait jamais. Il posa soudainement sa main sur son cache-œil et plongea son regard loin dans l'horizon. Sentant alors son cœur se serrer et cette étrange sensation l'entourer de tout son être, il se mit à trembler sans aucune raison.
— Ven, appela une voix qu'il ne connaissait que parfaitement.
L'interpellé tourna la tête vers Vanitas et attendit qu'il poursuivit. Ce dernier s'approcha de lui mais laissa tout de même une distance suffisante pour ne pas paraître suspect et parla :
— Ne te prends pas la tête et profite de cette journée.
La façon dont il avait dit cela ressemblait plus à un conseil qu'un ordre. Le blondinet lui offrit un sourire rayonnant. Non, il n'avait pas besoin d'être en compagnie de plein de personnes, un seul et vrai meilleur ami lui suffisait. Voilà la raison pour laquelle il avait changé. Et qu'est-ce-qui l'avait poussé à en prendre conscience, quel fut l'élément perturbateur qu'il l'avait contraint à comprendre ? En toute honnêteté, il ne s'en souvenait plus et il ne voulait pas s'en remémorer. Ce qui comptait pour lui était de savoir qu'il possédait une personne aussi formidable que Vanitas et cela lui convenait parfaitement. Tout ce qu'il voulait c'était pouvoir rester avec lui et que rien ne changeât. Jamais. Mais il savait qu'un jour où l'autre tout allait basculer et ce moment là, Ven le redoutait énormément, et il ferait tout pour l'éloigner le plus possible de lui et de Vanitas. De plus, il n'était pas question qu'il se prît la tête un tel jour. Comme tout enfant qui se respectât, il devait profiter de ce 31 octobre.
Ce fut ainsi qu'il se décida de continuer sa marche en compagnie de son meilleur ami tout en tentant d'engager la conversation. Toutefois, Vanitas ne répondait que par des réponses brèves ou restait parfois muet, ce dernier ne semblait visiblement pas très bavard. Le petit blond fut alors contraint de parler seul, mais il savait que son ami l'écoutait, alors cela lui suffisait. Les deux enfants finirent par arriver devant une grande demeure qui était au passage plus similaire à un manoir qu'une maison: elle ne possédait pas un seul décor dans le thème de Halloween mais l'ambiance dans laquelle elle se trouvait la rendait assez sinistre, en particulier le grillage noir et l'immense portail qui se trouvait juste devant. Cela lui donnait d'ailleurs un aspect imposant et effrayant. Pour autant, Ven garda son grand sourire au visage et appuya sur la sonnette. Ils attendirent durant quelques minutes jusqu'à qu'un homme aux longs cheveux blond platine et vêtu d'une blouse blanche parvint jusqu'à eux en leur lançant un regard supérieur.
— C'est pour quoi ? fit-il sèchement.
— Bonjour monsieur Even ! commença Ven d'une voix enjouée. Des bonbons ou un mauvais sort ?
— Je n'ai pas de bonbon. Et comment connais-tu mon nom ?
Le dit Even lui lança un regard encore plus froid et méfiant qu'au départ. Sur le coup, Vanitas pensait que Ven connaissait quasiment le nom de tout les habitants de la ville mais en entendant sa réponse, un petit sourire se forma. C'était évident après tout.
— C'est écrit sur la boîte aux lettres.
Soudain, un jeune homme également vêtu d'une blouse blanche et possédant une coiffure ressemblant à celle d'un emo arriva. Dans ses mains se trouvaient un sachet de bonbons qui attira directement l'attention du petit blond et également celui du grand blond.
— Ienzo ? Qu'est-ce-que tu fais là ? lui reprocha le plus âgé. Je pensais que tu étais allé voir Myde. Et c'est quoi ce paquet ? Il me semble t'avoir déjà dit qu'il était interdit de se goinfrer dans mon labo.
— Je viens tout juste d'arriver, s'expliqua-t-il calmement. Et Myde m'a donné ce paquet de bonbon car c'est « Halloween » sinon je ne mange pas de bonbons. Mais j'ai accepté parce que…
Il baissa le tête en rougissant et en bredouillant un quasi inaudible « parce que c'est lui ... ».
— Ok bah donne ce paquet de bonbons à ce gosse.
— Et pour mon ami aussi ! répliqua Ven.
Les deux plus âgés arquèrent un sourcil mais ne firent pas attention à la remarque du blondinet et se contentèrent de lui tendre son fameux paquet de bonbons puis de partir sans même un au revoir. Ven fit alors un signe de main, bien qu'ils ne puissent probablement pas le voir étant donné qu'ils étaient de dos, et partit à son tour en s'asseyant une nouvelle fois sur le trottoir.
— J'en ai marre ! soupira-t-il.
Il observa Vanitas en essayant de voir s'il allait commencer à parler mais il ne fit absolument rien. Cependant en voyant la façon dont le blond le regardait avec instance, il finit par s'asseoir à son tour et le questionna par le biais d'un regard.
— J'en ai marre que personne ne te donne de bonbon à toi.
— Ce n'est pas très grave, je n'en veux pas.
— Peut-être mais on dirait que tout le monde est aveugle !
Vanitas ne répondit rien puis sembla se plonger dans ses pensées tout en observant calmement le ciel qui était presque noir. En le voyant ainsi, Ven sentit son cœur se serrer. Vanitas n'était pas comme d'habitude, il était trop calme, trop silencieux, et pas assez joueur et moqueur. Même dans sa façon de parler, il s'exprimait de manière trop calme et d'une voix monocorde. Il était étrangement différent...
—Vanitas ? Pourquoi tu n'es pas comme d'habitude ?
Le brun tourna lentement la tête vers son meilleur ami puis lui lança un regard lourd de sens. Lorsque les yeux céruléen du blondinet croisèrent les yeux dorés de son interlocuteur, il comprit qu'il ne devait pas lui en demander plus. Un pincement au niveau de son cœur se fit alors ressentir. Il baissa la tête en fermant les yeux, ne souhaitant plus observer son ami, c'était bien trop douloureux. Il s'efforça à oublier ses craintes et à sourire.
— Je pense que les gens ne font pas attention à moi car je ne suis pas déguisé.
Ventus se redressa en éclatant de rire.
— Tu as raison ! Mais qu'est-ce-que tu es têtu ! Je t'avais dis de te déguiser et puis … Je te vois bien en vampire. Sincèrement.
Vanitas se releva à son tour et ancra son regard ambré dans celui du blondinet. Une petite lueur de satisfaction brilla dans ses pupilles puis ses lèvres s'étirèrent légèrement, formant un début de sourire.
— Une prochaine fois peut-être, fit-il.
— J'ai hâte alors ! Tu garderas les bonbons cette fois ?
— Oui Ven, je les garderai.
— Dans ce cas là, on va sûrement encore plus s'amuser à la prochaine fête de Halloween !
— Sûrement oui.
— Bon je pense qu'on a suffisamment de bonbons comme ça ! On va au manoir qui se trouve dans la forêt ?
Le plus silencieux dès deux lui lança un regard interdit puis se mordit la lèvre inférieure.
— Il me semble que ta mère ne veuille pas que tu y ailles.
— Elle ne veut pas car selon elle s'est dangereux mais il n'y a pas de danger puisque je suis avec toi. Alors on y va !
Et Ven s'avança, gardant son air éternellement enjoué au visage. Son ami n'avait plus d'autre choix que de le suivre; il se promit de le surveiller du mieux qu'il le pouvait. Soudain, Ven tendit sa main jusqu'à celle de Vanitas mais ce dernier se recula subitement.
— Je… commença-t-il en détournant son regard doré. Il y a des personnes qui serait susceptible de nous voir alors...
Ven hocha la tête en signe d'approbation puis tous deux prirent la direction du « manoir abandonné ». Il ne voulait pas l'avouer mais il s'était senti blessé par ce rejet; pour autant il ne dit rien et fit mine de bien se porter. Dans la forêt, ils purent entendre d'étranges bruits qui n'étaient pas très rassurant. Ils étaient quasiment dans le noir et Vanitas se sentit alors angoissé vis à vis de la mère du blondinet qui devait sûrement être inquiète en constatant le temps que prenait son fils pour retourner chez lui. Il eut très envie de faire demi-tour mais en voyant le regard déterminé de son meilleur ami, il lâcha l'affaire et se dit qu'il se contenterait de le protéger du mieux qu'il le pouvait. Toutefois, ces bruits commençaient à être de plus en plus suspect et bien que ce fut probablement le craquement des branches ou quelque chose comme cela, il ne fut pas rassuré.
Tout en soupirant, Vanitas plissa les yeux en tentant de voir le manoir qui n'était visiblement plus très loin. Pas facile d'être sûr lorsqu'on était entouré de tous ses arbres identiques qui commençaient à perdre leur feuillage à cause de la saison, et puis, plus il s'enfonçait dans cette forêt et plus il avait l'impression d'être observé. Aucun de deux ne parla et seul le bruit de leurs pas ou ceux que produisaient la forêt se fit entendre. Le brun fit alors dérivé son regard en direction de son ami et en voyant cette lueur de détermination dans ses yeux, cela lui redonna courage. Il ne devait pas se montrer effrayer mais au contraire courageux pour protéger Ventus. Ce dernier fut d'ailleurs ravi en constatant que le portail était ouvert, les laissant alors s'introduire comme il le souhaitait. En entrant, il sentit un étrange sentiment étreindre son cœur. Peut-être le signe qu'ils devaient faire demi-tour.
— Pourquoi tu tiens à venir ici ? demanda Vanitas.
— Je ne sais pas vraiment…
En y réfléchissant il ne le savait pas du tout. Ven se mit alors à grimacer en s'en rendant compte. C'était vrai qu'il ne comprenait pas vraiment pour quelle raison il souhaitait être présent dans ce manoir. Plus ils s'aventuraient dedans et plus il constatait à quel point il n'était pas net et pas du tout rassurant. Toutes ces toiles d'araignées qui grouillaient, ou ces étranges rideaux blancs qui se secouaient sans aucune raison... A croire qu'un esprit était bien dedans et l'appelait à sa rencontre. Le petit blond en frissonna et hésita à prendre la fuite en courant. Il ouvrit soudainement une porte qui le menait à une sorte de bibliothèque toute poussiéreuse. La lumière que produisait la lampe se mit alors à scintiller, rendant l'atmosphère encore plus angoissante. Aucun dès deux n'osa parler, trop absorbés dans leurs pensées. Toutefois, Vanitas finit par briser le silence en proposant :
— On peut partir maintenant non ?
— Oui, oui… Enfin, laisse moi visiter les dernières pièces qui s'y trouvent, insista Ven en montrant d'autres portes du doigt.
Après avoir fait le tour d'un grand nombre de pièces, Ventus prit l'initiative d'ouvrir cette dernière porte qui l'attirait encore plus que les précédentes et il put alors sentir les battements de son cœur s'accélérer en rentrant dans cette étrange pièce qui était d'une blancheur immaculée. C'était étrange mais il regretta de l'avoir ouverte tout comme il regrettait amèrement d'être rentrer dans ce maudit manoir. La couleur était trop perçante, il y avait bien trop de blanc pour que cela fût normal et il y en avait vraiment partout. Tous les murs, le plafond et le sol en étaient teintés, tout comme les meubles, et cela ressemblait à un horrible et macabre paradis, a la fois tentant et repoussant. Il y avait d'ailleurs un grand nombre de dessins accrochés au mur qui étaient les seules touches de couleur dans cette salle. Néanmoins, ce qui attira son attention fut la grande table qui se trouvait au centre et surtout la jeune fille qui y était assise. Sur le coup, elle lui avait fait peur, mais elle semblait inoffensive ce qui le rassura grandement.
— Bonsoir Vanitas, fit-elle d'une voix douce.
Ce dernier se raidit à l'entente de son prénom. Oh non... Pas maintenant.
Elle se releva de sa chaise blanche puis s'approcha d'eux en souriant. En la voyant de si près, Ven se dit qu'elle était très jolie. Malgré son teint blême, elle possédait de joli yeux bleus et une belle chevelure blonde. Quelques mèches retombait sur son épaule gauche et son corps semblait lui donner l'aspect d'une jeune fille fragile et frêle. Vêtue de sa robe blanche, elle ressemblait à un ange sorti de nulle part et paraissait tout douce.
— Il est temps maintenant, poursuivit-elle.
— Qui es-tu et de quoi parles-tu ? interrogea Ventus qui venait de sortir de sa contemplation, une pointe d'inquiétude dans la voix.
Elle posa sa main sur le cache-œil du blond et lui lança un triste sourire.
— L'accident, continua-t-elle en prenant le soin de bien articuler sur ce mot.
A cet instant, Ventus sentit son cœur manquer un battement et la peur l'envahir. Il posa sa main sur son cache-œil et se sentit trembler. De quoi parlait-elle ? Il n'y avait pas d'accident et tout allait, comme tout irait toujours très bien. Et surtout, rien ne changera, songea-t-il, peu convaincu par ses propres paroles.
— Regarde les choses en face et ne te mens pas à toi même. Tu l'as vu Kairi aujourd'hui, tu l'as vu avec ses béquilles et surtout tu la vois tout les jours, ta blessure à l'œil. Ça ne t'arrive pas de te demander d'où elle vient ? Ou peut-être que tu ne veux tout simplement pas le savoir. De plus, Vanitas lui même est la preuve que tout est réel. Seulement, c'est toi qui n'ose pas regarder la vérité en face.
Elle se tourna vers Vanitas et le réprimanda en gardant toutefois une voix toujours aussi douce.
— Et toi Vanitas, je me doute que cela est difficile mais tu ne dois pas lui mentir. Plus tu le laisses croire ce tissu de mensonge et plus la douleur sera grande. Il est désormais temps que tu viennes.
— Je sais Naminé mais …
Il s'interrompit en voyant l'état dans lequel Ven se trouvait. Ce dernier avait désormais le teint livide et tremblait de tous ses membres. Lorsqu'il croisa le regard de Vanitas, ses magnifiques yeux bleus devinrent humides et ses joues furent alors inondées de larmes. Il fut très peiné de le voir dans un tel état. Comme disait Naminé, plus on attendait et plus la douleur était forte. La chute avait dû sûrement être très douloureuse.
— Je sais Naminé, répéta le brun. Mais Ven a encore besoin de moi et ...
— Vanitas, le coupa-t-il. Dis moi que c'est faux… L'accident du bus, tout ça… Ça n'a jamais été réel.
Et plus il tenta d'oublier ce qui s'imposait à lui et plus les flashs lui revinrent en mémoire. La sortie scolaire, l'accident durant le voyage, les flammes, les morceaux de verre, les corps effondrés par terre, l'horrible douleur qui vrillait son œil, les rares rescapés tels que Kairi et lui même, la lueur doré du regard de Vanitas qui s'était ensuite éteinte. Tout lui revint parfaitement en mémoire. Ce n'était plus un pincement qu'il ressentait mais plutôt l'impression qu'on lui arrachait le cœur. Ses sanglots bloquèrent sa respiration et à cet instant, il eut très envie de cesser d'exister pour ne plus jamais éprouver ce genre de douleur. Il tendit sa main, tentant d'effleurer son meilleur ami mais sentit ses espoirs s'anéantirent en ne touchant que du vide.
Non, il ne voulait pas s'en souvenir. Il préférait vivre heureux dans ce mensonge en compagnie de Vanitas. Il voulait le croire vivant tout comme tous ses autres camarades, il voulait croire que ce voyage scolaire s'était bien déroulé et qu'il n'y avait jamais eu de problème, il voulait croire qu'il ne faisait que des simples cauchemars et non pas que cela fut un jour réel, il voulait continuer à croire en tout ceci. C'était ainsi qu'il voulait vivre, sans qu'on lui brisât ses illusions, il voulait rester bercer dans ce rêve et s'il y avait bien une chose qu'il ne voulait pas c'était ouvrir les yeux et voir la vérité qui était depuis toujours présente. Il avait peur d'elle et maintenant face à elle, il se rendait compte qu'il était loin d'avoir les capacités pour l'affronter.
— J'ai besoin de toi, marmonna-t-il en serrant les dents.
Naminé lui lança un regard peiné puis s'avança vers lui en posant sa main sur son épaule mais il ne sentit que du vide.
— Essaye de faire ton deuil Ven. Tu dois laisser Vanitas partir. C'est la personne la plus importante à tes yeux ? Alors fais cela pour lui. Tu en es capable.
En entendant ce que la jeune fille venait lui de dire, il écarquilla des yeux. Étais-ce une épreuve surmontable à cet âge là ? Il était encore jeune et il avait besoin de Vanitas. Il le savait qu'un jour ou l'autre ils seraient contraints d'être séparés mais jamais il n'avait imaginé que cela arriverait aussi rapidement. Cela était difficile de vivre en perdant une personne aussi importante ou peut-être même la plus importante qu'il ait pu rencontrer dans sa vie. Ses sanglots redoublèrent mais il s'arrêta en entendant une voix l'appeler.
— Ven, fit le défunt en souriant tristement. Merci d'avoir existé. Tu as été ma plus belle rencontre.
Puis il s'avança vers le blondinet et le prit dans ses bras. Ventus resta muet mais continua à pleurer en sentant le vide qui l'entourait. Qu'est-ce-qu'il aurait aimé ressentir la chaleur des étreintes de son meilleur ami, pouvoir respirer son odeur rien qu'une dernière fois plutôt que d'avoir le souvenir de la fumée qui étouffait ses poumons. A chaque fois qu'il songerait à lui, il serait désormais obligé de repenser à cet horrible accident. Voilà à quoi s'assimilait le dernier souvenir de son meilleur ami : à un accident de bus, à une odeur étouffante de fumée, à son regard doré qui s'éteignait. Tout cela se transformait en un douloureux souvenir.
— N'oublie pas, continua le brun en posant son doigt à l'endroit où se situait le cœur du blond. Tout ce qu'on a vécu ensemble restera gravé dans ta mémoire. Ton tour viendra et on se reverra à nouveau mais ne force jamais le destin. A bientôt Ventus.
Oui ils avaient vécu pleins de choses ensembles et ce sera à ses autres souvenirs, les uns plus joyeux que les autres qu'il songera lorsqu'il pensera à Vanitas. Ses larmes continuèrent à couler et il se força à sourire. Il fallait que Vanitas partît rassuré et non inquiet, voilà la raison pour laquelle Ventus se força à sourire. Après tout, il avait toujours l'habitude de sourire, même faussement.
Soudain, le fantôme glissa sa main dans la chevelure blonde de Ven, l'interrompant dans ses pensées puis caressa tendrement ses cheveux. Il ne put pas ressentir cette main qui le touchait mais il vit ses mèches se secouer aux rythmes des caresses de Vanitas. Ce dernier se recula tristement, Naminé à ses côtés puis avant de disparaître il chuchota deux petits mots quasiment inaudibles mais Ven parvint à les lire sur les lèvres du mort. Puis lorsqu'il prit conscience de la signification de ces doux mots il pleura à chaudes larmes.
— Moi aussi ! s'écria-t-il.
Mais Vanitas ne put malheureusement entendre les derniers mots qui lui étaient adressés car il disparut en compagnie de la jolie blonde, un triste sourire accroché aux lèvres, laissant une personne très chère à son cœur derrière lui.
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