Mille pardons pour le retard, voilà le nouveau chapitre. Je ne l'ai pas relu donc je suis désolée si c'est bourré de fautes, je relirais plus tard.

In the real dark night of the soul it's always three o'clock in the morning, day after day.~ Fitzgerald

Dans la vraie nuit noire de l'âme, il est toujours trois heures du matin, jour après jour.


La noix de coco était devenue sa confidente.

Il l'avait fixé une nuit alors qu'il était allongé dans son lit et n'avait pu s'empêcher de remarquer que la soie sur sa coquille ressemblait aux cheveux de Danny quand il se réveillait le matin. Steve avait dessiné des yeux et une bouche dessus et c'était rapidement devenu la "personne" a qui il pouvait parler quand il ne pouvait parler à personne d'autre.

Il s'était inquiété pour l'argent récemment. Il savait qu'il y avait des factures à payer pendant qu'il était parti et Danny avait dû s'en occuper pour les cinq derniers mois. Ce n'était pas juste. Danny ne croulait pas sous l'argent à cause de la pension qu'il devait payer à Rachel. (que Steve avait toujours trouvée exorbitante considérant son train de vie actuel mais Danny insistait pour payer et être sûr qu'on prenait bien soin de Grace). Il aurait voulu que sa paye militaire et les avantages qui allaient avec aillent à Danny mais comme il n'était pas son époux (et même si c'était le cas, il doutait que la Marine le considère comme tel), il n'y avait aucun moyen qu'il puisse l'aider.

« Ah Danno, ce n'est pas censé être si dur. Je ferais n'importe quoi pour revenir, dit Steve en regardant la noix de coco qui souriait de son stupide sourire tordu. » Steve secoua la tête et se renfonça dans son lit.

Penser à l'argent était juste l'une des choses en tête de la longue liste des problèmes qui lui causaient du soucis. Cela incluait le fait qu'il allait rater l'anniversaire de Danny. Il avait essayé d'obtenir une petite permission pour pouvoir surprendre son amant mais le Commandant des Opérations ne laissait pas facilement ses hommes avoir des permissions et restreignait aux morts dans la famille et les enfants nés.

Puis ce matin, Steve apprit qu'on l'envoyait en mission spéciale, ce qui voulait dire aucune communication avec le monde extérieur jusqu'à ce qu'elle soit terminée.

Il aurait dû s'y attendre. Il était un putain de SEAL après tout. C'était son job de faire des choses que les soldats ordinaires ne pouvaient pas faire. Le problème des opérations spéciales était qu'elles avaient un temps très variable et de très hauts risques. Danny n'allait pas aimer ça. Steve savait qu'une des rares choses qui gardait son partenaire sain et calme était qu'il y avait quand même un peu de communications entre eux, une façon de savoir que Steve allait bien. Partir en opération spéciale sans communication ou assurance risquait de le briser définitivement.


Danny arrivait juste à la voiture quand Kono l'avait appelé pour lui dire qu'il devait revenir à l'intérieur et que c'était urgent.

« Qu'est-ce qui peut être si urgent pour me ramener un vendredi après-midi alors qu'on a pas d'affaire ? murmura Danny pour lui-même alors qu'il retournait à la porte du bureau.

« Tu sais que si tu continues à te parler à toi-même, les gens vont commencer à penser qu'il n'y a plus rien à faire pour toi, Danno. »

Danny leva vivement la tête. Il connaissait cette voix...

« Si je suis fou c'est uniquement parce que j'ai un partenaire qui me rend dingue, rétorqua-t-il en regardant le visage souriant de Steve sur le grand écran. Au passage, tu as l'air affreux.

– Ouais et bien tu n'as pas l'air mieux non plus. Quand t'es-tu laissé pousser la barbe ? Répliqua Steve en essayant de ne pas avoir l'air trop ridiculement heureux de voir à quel point leur badinage venait facilement.

– Je l'aurais rasé si j'avais su que tu allais appeler, dit Danny. »

Chin et Kono, qui s'étaient tenus sur le côté pour laisser le couple parler, souriaient. Ils n'avaient pas vu Danny aussi animé depuis des mois.

« Naw, j'aime la repousse. Tu as l'air moins coincé comme ça, dit Steve, sachant pertinemment que ça énerverait l'autre homme. » Ça lui avait manqué.

« Si tu n'étais pas à l'autre bout du monde.., prévint Danny en montrant le poing.

– Bien sûr, tu sais que je t'aurais avant même que tu n'aies le temps de frapper, se moqua Steve. Alors, Chin t'a embêté ?

– À part pour une infection mineure, il n'a pas été agaçant. » Danny lança un regard perçant à Chin.

« Tu avais promis que tu ne dirais rien ! grogna-t-il. »

Chin pointa un doigt vers lui.

« J'ai dit que je ne dirais rien tant que tu prendrais tes médicaments. Que tu ne prends pas, lui rappela Chin.

– Woa woa, attend une minute. Danny, comment as-tu eu une infection ? demanda Steve, soudainement inquiet.

– Il s'est fait tailler par un suspect, une plaie impressionnante sur la poitrine, informa Kono. »

Danny leva les mains au ciel. Les yeux de Steve se rétrécirent, préoccupé.

« Danny. »

Son partenaire ne leva pas les yeux vers lui.

« DANNY, dit-il plus fort. Pourquoi tu ne m'as rien dit ?

– C'est une égratignure, s'exclama Danny.

– C'est infecté. C'est sérieux, ajouta Steve. »

Danny n'aimait pas la lueur d'inquiétude dans les yeux de son amant.

« Et bien je vais mieux maintenant. Il ne reste rien à part une petite cicatrice que tu pourras examiner quand tu rentreras à la maison... quand exactement ? »

Steve brisa le contact du regard et Danny sut qu'il n'allait pas aimer ce qu'il allait entendre.

« Je ne sais pas.

– Qu'est-ce que tu ne me dis pas ? questionna Danny. Steve baissa la tête.

– Je ne pourrais pas te contacter pendant un moment. Je ne sais pas combien de temps exactement mais c'est tout ce que je peux te dire, admit-il. »

Danny baissa les yeux pour voir si son estomac venait de tomber au sol quand il le sentit dans ses tripes. C'était ce regard, celui qu'il avait eu la nuit où il avait reçu l'appel de la Navy.

« Steve...

–Je ne peux vraiment rien dire de plus. Mais je te contacte aussi tôt que je peux, promis, dit-il, mais Danny ne l'entendit pas. »

Tout ce qu'il entendait était le sang pulsant dans sa tête et son cœur battant trop vite.

« Danny ? » appela Steve quand il vit que l'autre homme ne répondait pas. Chin et Kono regardèrent leur ami avec préoccupation.

« Danny ? »

Kono s'approcha de lui et mit une main sur son épaule.

« Tu vas bien ? » murmura-t-elle.

« Ça va. » souffla-t-il, essayant de reprendre contenance. Il regarda l'écran et son partenaire. « Ne fais rien de stupide, demanda-t-il.

– Comme quoi ?

– Comme te faire tuer, répondit Danny, son ton sérieux.

– Ce n'est pas près d'arriver, le rassura Steve avant de tourner la tête vers quelqu'un hors champ qui lui parlait. « Écoute, je dois y aller mais je promets que je t'appellerais aussi vite que je peux, d'accord ? Je t'aime, ajouta Steve. »

Kono vit quand la lueur de panique arriva dans les yeux de Danny.

« Je t'aime aussi, répondit Danny avant que l'écran ne devienne noir et que Steve disparaisse de leur vue encore une fois.


« Tu es sûr qu'on a bien fait de le laisser seul ce soir ? demanda Kono à son cousin. »

Danny était parti du bureau un peu après la fin de l'appel vidéo avec Steve et l'air sur son visage l'avait inquiétée. Il avait été si heureux de voir Steve et de lui parler et comme tout avec eux dernièrement, Danny avait tendu l'autre joue sans être prévenu.

« Je pense qu'il a besoin d'un peu de temps pour s'y faire, répondit Chin. »

Il ne se sentait pas beaucoup mieux à propos de la situation mais il savait aussi qu'ils devaient respecter la vie privée de leur ami.

« On ira voir comment il va demain matin, assura-t-il. »

Kono le regarda avec inquiétude mais acquiesça.