Il faisait particulièrement froid en ce matin de Noël. Il neigeait à gros flocons et le vent hurlait. Harry se réveillait doucement, écoutant les sons qui venaient de dehors, il cacha son visage dans les couvertures et ferma les yeux, prêt à se rendormir. Malheureusement pour lui, Severus ne l'entendit pas de cette oreille. A peine quelques minutes plus tard, l'homme entra à grands pas dans la chambre et ouvrit les rideaux, remplissant la pièce de la frêle lueur d'hiver. L'adolescent allongé dans son lit, cacha sa tête sous les draps, essayant d'ignorer ce qu'il se passait autour de lui.
Severus grogna lorsqu'il regarda vers le lit et qu'il vit seulement une touffe de cheveux d'un noir de jais. Il pensait qu'Harry serait réveillé tôt ce matin pour pouvoir ouvrir ses cadeaux, mais il semblait qu'il n'était pas du même avis n'étant pas comme tous ces adolescents. Une petite voix dans sa tête lui dit qu'il n'avait peut-être pas de raison de le faire. Essayant d'ignorer ce fait, l'homme marcha jusqu'au lit et secoua gentiment le garçon.
"Allez, Harry, réveille-toi."
Le garçon bougea légèrement, il marmonna seulement et les rares mèches de cheveux qui dépassaient encore disparurent complètement sous les couvertures. Emettant un petit rire, Severus s'assit, réalisant que cela demanderait probablement un certain effort de tirer le jeune sorcier hors de son lit.
"Tu ne veux pas ouvrir tes cadeaux ?"
Un "plus tard" étouffé fut le fruit des ses efforts. Il eu recours à une méthode un peu plus rude, il prit les couvertures à pleines mains et les tira violemment de manière à ce que la tête d'Harry soit découverte. Il faillit éclater de rire lorsque le garçon tourna son visage dans l'oreiller pour que la lumière ne le dérange pas.
"Harry…"
Le jeune sorcier ouvrit finalement les yeux et lança un regard plein de reproches à son oncle. "Ok, ok, je me lève, content ?"
Severus leva les yeux au ciel et croisa les bras. "Je devrais le voir pour le croire. Allez, hors du lit, paresseux !"
Sachant qu'il n'aurait pas la permission de retourner dormir, Harry s'extirpa du lit et après avoir déniché les vêtements que Twinkle avait sortit pour lui, il s'enferma dans la salle de bain. Lorsqu'il revint dans la chambre, Rogue était partit. Supposant que l'homme était retourné au salon, il quitta son antre.
Harry pensait que Rogue était seul, il fut donc assez surpris quand il l'entendit parler avec quelqu'un. Entrant dans la pièce richement décorée, il eut le soufflé coupé quand il vit la grande silhouette assise dans un des confortables fauteuils.
"Grand-père !"
Les deux hommes levèrent les yeux au cri de joie que poussa Harry, et Albus eu juste le temps de voir le large sourire qui couvrait le visage du jeune homme avant que celui ci ne le serre dans ses bras.
"Salut mon garçon. Comment te portes-tu ?"
Se reculant légèrement, Harry se mit à genoux en face du vieux sorcier. "Je vais bien, Oncle Sev' prend bien soin de moi." Regardant machiavéliquement le Maitre des Potions, il ajouta "Trop bien parfois, il ne me permet pas de faire grand chose."
Immédiatement, Severus lui donna une légère claque sur le derrière. "Attention, garnement, ou tu passeras ta soirée dans le laboratoire de Potion à travailler avec les ingrédients les plus dégoutants."
Sachant que l'homme n'était pas vraiment sérieux, Harry lui sourit légèrement avant de reporter son attention sur le vieil homme. "Et toi Grand-père ? Je pensais que Mrs Pomfresh ne voulait pas te laisser sortir."
Dumbledore sourit doucement à la pensée de l'infirmière surprotectrice : "Elle n'était pas très enthousiaste, mais j'ai promis que je serais de retour après manger. Et elle a fait jurer à Severus de garder un œil sur moi et qu'il me ramènerai au moindre signe de fatigue."
Malgré seulement quelques courtes heures en compagnie de son grand-père, Harry était surexcité. Il avait voulu rendre visite au vieil homme à l'infirmerie avant, mais Severus le lui avait formellement interdit. Pas seulement parce qu'il devait encore récupérer, mais aussi parce que cela attirerait une attention inutile. Il avait pu parler au vieil homme deux fois à travers un feu de cheminée, mais ce n'était pas pareil. Maintenant il disposait de toute la matinée avec Dumbledore, et il ne voulait pas en manquer une seule minute.
Twinkle apparu avec un large plateau rempli avec le petit déjeuner et les trois hommes commencèrent à manger tandis que Harry expliquait en détail ce qui c'était passé ces derniers jours, ce n'était pas beaucoup mais suffit à amuser son grand-père. Une fois qu'ils eurent fini, Dumbledore désigna le sapin.
"Je crois qu'il est temps d'ouvrir les cadeaux. Pourquoi n'irais-tu pas le premier Harry ?"
Le garçon scruta la montagne de cadeaux avant de soupirer et de s'assoir à coté.
"Voyons voir quel magasin as-tu vidé cette fois, Grand-père ?"
Lorsqu'il se retourna, il s'aperçût que les cadeaux n'étaient pas uniquement de Dumbledore. Chris et Amanda en avaient aussi ajouté quelques uns avec Aberforth, le faisant se sentir le bienvenu dans une famille à laquelle il se sentait appartenir. Le Maitre des Potions lui avait offert une boite remplie d'ingrédients qu'ils utiliseraient en cours ainsi qu'une radio ensorcelée. Il avait reçu un livre sur les animagus de McGonagall, chose qu'il n'avait pas encore essayé. Même ses amis lui avaient envoyé quelque chose, malgré le délai très court qu'ils avaient eu.
Ils passèrent une heure à admirer les différents cadeaux et plaisanter à leur propos. Lorsque le dernier cadeau fut ouvert et les papiers qui le recouvraient jetés au sol, Harry s'étendit sur le plancher à coté de son Grand père.
"Heureux gamin ?"
Harry ouvrit ses yeux verts brillants de joie et rayonna. "C'était le meilleur Noël que j'ai jamais eu Grand-père, merci."
Dumbledore gloussa légèrement et ébouriffa doucement les cheveux du garçon. "Tout le plaisir est pour moi mon enfant." Regardant Severus qui s'installait dans le canapé, feuilletant un de ses nouveaux livres, Dumbledore décida qu'il était temps d'avoir une discussion sérieuse avec les deux hommes. "Harry."
Le garçon leva les yeux, un peu troublé du soudain ton sérieux de sa voix. "Quelque chose ne va pas ?"
Severus, qui avait lui aussi levé les yeux de son livre, fronça les sourcils. "Tu ne te sens pas bien Albus ?"
Le vieux directeur hocha légèrement la tête et sourit d'une manière rassurante. "Non, tout va bien mais je crois que le temps est venu de se pencher sur les évènements futurs, maintenant que tout le monde est au courant."
Un sentiment de terreur gagnait Harry. Allait-il perdre la famille qu'il venait d'avoir ? Avant qu'il puisse déprimer, une main serra fortement son épaule et le força à lever les yeux vers le visage maintenant sévère de son grand-père.
"Quelque soit ce que tu es en train de penser jeune homme, si c'est en rapport avec le fait de diviser cette petite famille, tu peux l'oublier tout de suite."
Harry se détendit immédiatement, l'homme ne l'abandonnerai pas encore. Souriant légèrement à son grand-père, il acquiesça légèrement. Il était sur le point de parler quand il vit Severus se lever et se diriger vers la porte. Avant qu'il ne puisse dire quoi que ce soit, la voix de son grand-père résonnait dans la pièce.
"Severus, où vas-tu ?"
L'homme se retourna, un air surpris sur son visage. "Je suppose que vous voulez parler en privé."
Dumbledore soupira ; ses deux protégés pouvaient être si bêtes quelques fois. "Reviens ici et assois-toi, cette discussion te concerne aussi."
Roulant légèrement des yeux, l'homme obéit à l'ordre et retourna à sa place, devinant de quoi le vieux directeur voulait parler. Reportant son attention sur le garçon assis à ses pieds, Dumbledore commença à parler.
"Je n'ai pas seulement passé mon temps à Poudlard à repousser les sorciers du ministère, les journalistes et d'autres importuns. Alors qu'ils essayaient tous de comprendre qui tu avais été pendant tout ce temps, j'ai obtenu les papiers relatifs à ta garde. Il manque juste ta signature mon enfant et ensuite tu seras sous ma responsabilité, qu'importe ce que le ministre pourra dire."
Harry ne pouvait réprimer le sourire éclatant qui se trouvait sur son visage. Devenir le petit fils de Dumbledore, officiellement en plus, était pour lui un rêve irréalisable. Il avait été sous sa protection et ses soins pendant tout ce temps mais il semblait bête de voir combien un morceau de papier pouvait lui apporter la sécurité supplémentaire dont il avait besoin.
"C'est magnifique ! Où faut-il que je signe ?"
Le vieil homme gloussa doucement et échangea un regard amusé avec Severus qui, au même moment, avait un sourire satisfait sur le visage.
"Un peu de patience mon enfant, il y a quelque chose dont je veux te parler avant qui nous en arrivions aux papiers. J'ai pensé …"
Harry roula des yeux et grommela dans sa barbe.
Severus étouffa un gloussement et le vieil homme continua, imperturbable. "Premièrement, tu devras retourner en cinquième année, il serait ridicule que tu restes en première année maintenant que tout le monde sait qui tu es." Harry acquiesça, tout à fait d'accord. "Ensuite, je suis sûr que tu pourrais passer la plupart de tes BUSES facilement en ce moment."
Harry fronça les sourcils. "Je ne crois pas pouvoir passer les potions, la botanique, ni l'histoire de la magie et la divination."
Dumbledore sourit doucement. "Je sais gamin et ne t'inquiète pas, te faire passer tes BUSES maintenant n'est pas mon idée. En tout cas, dans certaines matières, tu es loin devant tes camarades et les autres, Severus pourrait facilement te mettre à niveau."
Le sorcier en question a immédiatement ouvert la bouche pour protester. "Je n'ai aucune intention de lui enseigner la divination. Je ne l'ai pas pris quand j'étais étudiant et je n'ai aucune intention de l'étudier pour l'enseigner à quelqu'un, pas même Harry."
Dumbledore ne put s'empêcher de rire à la déclaration énergique. "Ne t'inquiète pas Severus, je suis sûr qu'Harry peut être convaincu de prendre Runes anciennes ou Arithmancie, peut être même les deux."
Apaisé, le maître des potions acquiesça d'un signe de tête et s'allongea un peu plus dans le canapé. Harry semblait un peu troublé. "Ainsi, Oncle Sev va m'enseigner après ses cours ? Aura-t-il assez de temps pour cela ?"
Le vieux directeur hocha légèrement la tête. "Pas exactement Harry." Il sortit un vieux livre des plis de sa robe. "Le système des apprentis a été instauré à Poudlard au temps des Fondateurs."
Le visage d'Harry s'éclaira quand Dumbledore lui donna le livre. "Salazar m'en a parlé."
Dumbledore sembla satisfait. "Bien bien, alors tu connais au moins les bases. Il y a eu quelques changements depuis le temps, c'est pour cela que je souhaite que tu lises ce livre et que tu penses à être l'apprenti de Severus. Je crois que ce serait le mieux pour toi, mais je te laisse choisir car cela influe sur ton avenir."
Harry se tourna vers l'homme silencieux, fronçant légèrement les sourcils. "Tu accepterais d'être mon maître ?"
Severus grimaça à ces mots. "Seulement si tu acceptes de m'appeler comme en cours, un peu comme quand tu utilises mon titre de professeur ; je refuse d'être appelé comme ça par toi si ce n'est pas nécessaire."
Harry acquiesça, il n'aimait pas appeler l'homme comme ça non plus ainsi, cela irait parfaitement, leur convenant à tous les deux. Se tournant vers Dumbledore, il lui fit un signe de tête. "J'y penserai mais, si tu me permets la question, qu'est ce que cela va changer en ce qui concerne ma garde ?"
Albus ébouriffa tendrement les cheveux du garçon. "D'habitude, quand un maître prends un apprenti, il reçoit aussi sa garde pour qu'il puisse faire quelque chose en cas d'incident si l'actuel gardien ou le parent n'est pas là. Cela crée aussi une obligation plus profonde entre le maître et l'apprenti, ce qui pour beaucoup est très favorable à l'apprentissage."
L'adolescent hocha la tête de compréhension. Ce serait certainement une bonne chose mais tout de même, il voulait y réfléchir. Devinant que le garçon voulait penser à tout ce qui lui arriverait, Dumbledore entraîna Severus dans une conversation sur l'école. Harry se déplaça sur un canapé et ouvrit le livre qu'on lui avait donné. Il n'avait pas beaucoup de temps avant de devoir prendre une décision.
Le soir même, alors que Severus embouteillait la potion qu'il avait commencé à brasser après le départ de Dumbledore, il entendit un petit bruit ; quelqu'un frappait doucement contre la porte. S'attendant à cela, il nettoya le chaudron d'un coup de baguette et ouvrit la porte. Harry était debout de l'autre côté, un froncement de sourcil pensif sur le visage.
"Bonsoir Harry."
Le garçon le salua d'un signe de tête. "J'ai quelques questions à te poser mon oncle, as tu du temps pour parler maintenant ?"
L'homme sourit au visage légèrement inquiet. "C'est à propos de l'apprentissage, pas vrai ?"
Quand Harry acquiesça, l'homme ferma la porte derrière lui et passa son bras autour des épaules d'Harry, le conduisant au salon. "Allons au moins dans un endroit confortable et demandons le diner."
Les deux firent le chemin vers la large pièce et s'assirent à la table ronde qui se trouvait à droite de la cheminée. Twinkle fit apparaître immédiatement leur diner sur la table et après leur avoir demandé s'ils voulaient quelque chose d'autre, elle disparût avec un petit 'pop'. Les dix premières minutes, les deux hommes étaient concentrés sur leur repas. Au moment du dessert, Harry décida d'aborder le sujet.
"Donc, tu es vraiment sûr de vouloir m'apprendre ? Comment peux-tu être capable de le faire tout en ayant le temps de t'occuper de tes cours à Poudlard ?"
Severus posa sa cuillère. "Tu feras pas mal de travail toi-même pendant que j'enseignerai, soit à la bibliothèque, soit avec moi dans le laboratoire."
"Le livre indique que je pourrais avoir plus d'un enseignant si le maître le choisissait, est ce que ce sera le cas ?"
Le Maître des Potions haussa légèrement les épaules. "Tu continuera tes leçons avec Rowena et Salazar et tu auras probablement quelques leçons avec Mrs Chourave et Mrs Pomfresh mais, au moins pour la première année, tu travailleras surtout sous ma tutelle."
Harry acquiesça légèrement et changea de sujet. "Est-ce que je pourrais garder contact avec mes amis ? D'après ce que j'ai lu, les apprentis mènent une vie très solitaire.
Severus regarda attentivement le garçon. Ses yeux si expressifs pouvaient facilement montrer la crainte de la solitude qu'il ressentait à ce moment. Même si pendant cette année il avait été obligé de s'éloigner de ses amis, il avait toujours eu des gens avec qui passer le temps comme la fille Creevey. Soupirant, l'homme se leva et alla se mettre à genoux à côté du tabouret du garçon.
"Harry, tu dois te rendre compte qu'en devenant apprenti, ta charge de travail sera plus lourde que celle d'un étudiant normal. On s'attendra non seulement à ce que tu fasses ton propre travail mais aussi à ce que tu m'aides dans mon travail de professeur." Harry fit un signe de tête, il avait lu cette partie. "Mais si tu t'organise bien, tu devrais avoir du temps pour tes amis. La seule chose que je te demande, c'est de tout finir d'abord, d'accord ? Après ça, ce sera ton propre temps même si ce n'est pas beaucoup, surtout au début. C'est d'accord ?"
L'adolescent acquiesça, lisant entre les lignes de ce que l'homme venait de lui dire. Il ne lui interdisait pas de voir ses amis mais il n'aurait probablement pas beaucoup de temps pour le faire. Cela le rendit triste et il n'était plus sûr de vouloir continuer. Il savait qu'il était assez puissant et que l'apprentissage avec Severus serait la meilleure solution pour lui permettre de développer cette puissance. Mais d'un autre côté, il aurait une vie normale, spécialement maintenant que Voldemort était mort.
Le Maître des Potions se releva et retourna à sa place, il pouvait voir le doute dans ces yeux verts. Il regrettait de lui avoir dit cela aussi durement mais il ne voulait pas mentir au garçon et le lui cacher aurait été source d'ennuis pour plus tard. Harry avait raison quand il avait dit qu'un apprenti menait une vie solitaire ; il n'avait pas beaucoup plus de temps que celui qu'il passerait avec son maître. Avait-il eut raison de lui demander de prendre une telle décision maintenant ? Après qu'il ait dû passer autant de temps loin de ses amis ? Cela empirerait seulement les choses et s'il n'avait pas encore perdu leur amitié, il était sûr de la perdre maintenant. Pas à cause d'une dispute ou d'un malentendu mais plutôt à cause du peu de temps qu'il aurait à leur accorder.
Tout deux finirent rapidement leur dessert et après ça, Harry partit réfléchir à tout ça dans sa chambre. Severus se demanda un moment s'il devait le suivre mais rejeta cette idée et décida plutôt d'aller à Poudlard, il devait en parler à Albus.
Il était chanceux ; le vieil homme s'était réveillé quelques temps auparavant et venait de finir son dîner quand il arriva. Mrs Pomfresh le regarda, un peu réticente à sa présence mais lui accorda finalement le droit de parler avec son patient. Albus écouta attentivement le Maître des Potions qui lui rapportait rapidement la conversation qu'il venait d'avoir avec le garçon. Dès qu'il se tût, le directeur s'appuya contre son oreiller et le regarda pensivement.
"Qu'en pensez-vous Albus ? Y-a-t-il quelque chose que nous puissions faire ?"
Le vieil homme fronça les sourcils tout en réfléchissant, ses yeux commençant à scintiller lentement, une idée se formant dans son esprit. Un claquement de doigts plus tard, un elfe de maison apparût en face d'eux.
"Qu'est ce que Dobby peut faire pour vous, Maître Dumbledore ?"
Le vieil homme sourit gentiment à l'exubérant elfe de maison. "Ah. Dobby, pourrais-tu s'il te plaît, demander aux professeurs McGonagall, Flitwick et Vector s'ils pourraient venir me voir rapidement ? Demande aussi au professeur Chourave mais dis lui de venir seulement si elle se sent assez bien pour le faire."
L'elfe de maison acquiesça et agita ses oreilles rapidement. "Dobby le fait tout de suite, Maître Dumbledore."
Dix minutes plus tard, tous les directeurs de maison étaient réunis autour du lit du directeur, regardant curieusement l'homme allongé. Comme d'habitude, le vieil homme commença à parler de tout et de rien avant d'aborder le sujet de la discussion.
"Ah, Pomona, il est bon de vous voir parmi nous, comment vous sentez vous ma chère ?"
La sorcière hocha doucement la tête, son visage était très pâle mais les médicomages de Sainte Mangouste leur avaient assurés qu'elle irait bien si elle n'en faisait pas trop. "Je vais bien Albus, et toi ?"
Le vieil homme sourit. "Bien, bien, je souhaiterai seulement échapper de temps en temps à Mrs Pomfresh. Mais à part ça, tout va bien."
Les petits rires se transformèrent en franche rigolade quand les professeurs virent que l'infirmière avait passé sa tête à travers la porte de son bureau, un regard furieux dirigé vers son patient. "J'ai entendu chaque mot que vous avez prononcé et juste pour cela, vous passerez une semaine de plus au lit."
Dumbledore hocha la tête, amusé, quand elle disparut dans son bureau. Il reporta son attention sur le professeur Vector. "Comment les choses se présentent-elles ?"
Le professeur soupira doucement. "Cela prendra du temps avant que je ne m'habitue à être directeur de Gryffondor dès l'an prochain Albus, j'ai déjà beaucoup de travail et ce sera encore pire."
Le vieux sorcier lui fit un signe de tête reconnaissant puis ses yeux devinrent sérieux. "Voici la véritable raison de votre venue. J'ai pensé à remettre en place le système des apprentis. Ce serait seulement pour les directeurs de maison car je ne veux pas que ce qu'il s'est passé il y a 100 ans se reproduise."
Au regard confus de Pomona, il expliqua plus en détail. "Le système d'apprenti a été mis hors d'usage parce qu'un bon nombre de professeurs se sont servis de leur apprenti pour leur faire faire toutes les tâches ingrates qu'ils ne voulaient pas faire eux même sans s'occuper de leur enseigner quoi que ce soit en dehors des leçons normales. Je sais qu'aucun d'entre vous n'abusera de ces étudiants." Faisant un signe de tête vers Severus, il continua ses explications. "Severus a accepté de prendre Harry sous son aile. Mais alors qu'il lui parlait Harry s'est rendu compte qu'il allait devoir passer beaucoup de temps seul. J'aimerai savoir si certains d'entre vous sont près à prendre un apprenti, ce ne serait, bien sur, pas une obligation, mais je pense que cela vous aiderait dans votre travail de tous les jours."
Minerva le regarda pensivement, cela avait l'air d'être une bonne idée. "Comment travaillerait-il Albus ? J'ai cru que les apprentis ne prenaient des leçons que de leur maître, seulement, s'il y a plus d'un apprenti, ils devront travailler par eux-mêmes."
Le vieil homme hocha la tête. "C'est vrai d'une certaine façon, tout comme je suis sûre que tu n'enseigneras pas les mêmes choses que Severus. Mais pendant que tu enseigneras à tes élèves, ton apprenti sera avec toi dans ta classe ou bien à la bibliothèque. Vous pourriez aussi vous mettre tous d'accord pour accorder chaque jour quelques heures à vos apprentis pour qu'ils travaillent à la bibliothèque, même s'ils ne travaillent pas sur la même chose."
Filius acquiesça. "Je suppose que cela ira très bien, aussi, nous pourrions nous décider des leçons de base qui serviraient pour tous. Je voudrais que mon apprenti apprenne un peu de défense avancée même si la majorité de son programme portera sur les charmes, peut-être Severus pourrait l'enseigner à tous."
Severus hocha la tête. "Cela ferait beaucoup de travail, et après la première année, peut être que chaque apprenti pourrait enseigner à son tour une matière."
Acquiesçant, le professeur Vector pris un parchemin et commença à mettre par écrit tout ce à quoi ils avaient pensé. Ils devraient travailler dur pour réaliser ce projet dans des délais aussi courts mais elle pensait que c'était une excellente idée.
Il était près de quatre heures du matin quand Severus arriva par la cheminée dans le manoir de Dumbledore. Il tombait de fatigue mais était content. Ce qui avait été jusque là des idées imprécises, la demande de la remise en place d'une vieille tradition, était maintenant un plan bien défini qui serait officiellement présenté au bureau des Gouverneurs dans deux jours. Dès que le plan serait accepté, ce dont il était sûr, les autres directeurs de maison allaient choisir un apprenti. Il était sûr qu'ils avaient déjà quelques idées, cela ne poserait pas de problème à moins que deux professeurs choisissent le même étudiant. Le nom d'Hermione Granger lui vint immédiatement à l'esprit mais il repoussa cette idée, ce ne serait pas un problème pour lui.
Pendant qu'il enlevait les cendres de sa robe, il fût surpris par un petit soupir. Se tournant, il vit Harry, pelotonné sur le canapé, profondément endormi. Hochant la tête pour lui-même, il marcha vers le garçon et le prit dans ses bras.
Le mouvement était si brusque qu'il réveilla Harry. Le garçon regarda attentivement de ses yeux assoupis l'homme qui le portait.
"Oncle Sev ?"
L'homme commençait à marcher vers la chambre d'Harry. "Que faisais-tu là Harry ? Je doute que le canapé soit plus confortable que ton propre lit."
Le garçon bailla et appuya sa tête contre l'épaule de Severus. "T'attendais. Twinkle a dit que tu étais parti à Poudlard et que tu rentrerais tôt."
Severus se sentit un peu coupable, il avait complètement oublié de prévenir Harry que les choses risqueraient d'être un peu plus longues que prévu. "Je suis désolé gamin. Nous avons dû revoir le planning."
Harry cligna des yeux, essayant de remettre ses idées en place tout en se concentrant sur la conversation. "Planning ? Quel planning ? Tout va bien maintenant ?"
Une main légère frotta doucement son dos. "Tout va bien gamin. J'ai rapporté quelques unes de tes inquiétudes concernant l'apprentissage à Albus pour voir s'il avait une idée pour arranger cela. Nous avons décidé que chacun des directeurs de maison ainsi que la directrice aura le privilège d'avoir un apprenti. Tu auras donc des compagnons pour passer le temps, tu ne seras pas seul."
Harry souriait doucement. "Merci Oncle Sev. C'est de quoi je voulais te parler. Je veux bien faire l'apprentissage."
Severus serra le garçon presque endormi dans ses bras puis gloussa doucement. "Redis-le moi demain matin, quand tu ne sembleras pas être en train de parler en dormant."
Harry rit doucement mais le rythme régulier des pas de l'homme l'apaisa complètement et il s'endormit.
Un cri familier le réveilla le matin suivant. Fronçant les sourcils, il s'assit sur son lit, ne se souvenant pas comment il était arrivé là, et se frotta les yeux, essayant d'écouter et de comprendre la raison de ce vacarme. Il pouvait facilement reconnaître les voix maintenant qu'il était plus réveillé. Grognant, il se força à sortir du lit encore chaud et à aller dans le salon. Il devait arriver là bas avant que son parrain n'ait tué son oncle mais, par ailleurs, il ne voulait pas vraiment se retrouver au milieu de leur dispute. Il le savait, il n'avait pas vraiment le choix. Il s'habilla rapidement et se précipita dans les escaliers.
Il fût choqué par la vue qui l'attendait ; il s'était attendu à voir Sirius et Severus se disputant l'un contre l'autre, il l'avait entendu de sa chambre. Par contre, il ne s'attendait pas, c'était son oncle, plaqué contre le mur, sans défense, par son parrain. Remus essayant de les séparer.
La moutarde lui monta au nez à la vue de son oncle épinglé là, presque sans défense contre son parrain furieux.
Avant que l'un d'entre eux puisse dire un mot, la voix du garçon retentit dans la pièce. "Putain, tu te rends compte de ce que tu es en train de faire Sirius ?"
Les deux ex-gryffondors se retournèrent brusquement, se dirigeant vers Harry pendant que Severus ramassait sa baguette et se levait. Sans même leur jeter un coup d'œil, il sortit de la pièce, claquant la porte derrière lui. Harry grimaça intérieurement. Avant qu'il ne puisse choisir entre aller voir Severus pour s'assurer qu'il allait bien ou rester hurler sur son parrain, des bras assez forts enveloppèrent son corps tendu.
"Harry ! Tu vas bien ! Je suis heureux de te revoir !"
A un autre moment, il aurait bien voulu céder à l'étreinte de son parrain mais là, il était trop en colère pour le faire. "Lâche-moi Sirius !"
L'homme le relâcha, plutôt surpris de sa réaction. "Qu'est ce qui ne va pas ?"
Harry cligna des yeux, refusant de le croire. "Qu'est ce qui ne va pas ? Tu me demande ce qui ne va pas ? Je me suis réveillé à cause de vos cris et quand je suis arrivé, tu étais en train d'écraser le professeur Rogue contre le mur, essayant de l'étrangler. C'est ce qui ne va pas !"
Sirius hocha la tête, clairement, il ne comprenait pas quelle importance cela avait. "Harry, c'était juste Rogue."
Le garçon plissa les yeux. "Et cela suppose que ce n'est pas grave ?"
L'animagus ouvrit la bouche pour répondre mais aucune réponse n'en sortit. Au lieu de cela, il fronça les sourcils. "Que t'as fait Servillus ?"
La colère grandissait en lui à chaque mot que son parrain prononçait mais il arrivait encore à se contrôler. "Qu'est ce qui te fait penser qu'il m'a fait quelque chose ?"
"Parce que tu le défends !"
L'adolescent serra les poings. "Donc, tu dis que c'est juste parce que je suis mature et que tu n'es rien d'autre qu'un tyran qu'il m'a forcément fait quelque chose ?" Avant que Sirius n'ait eu le temps de dire quelque chose, Harry commença à crier. "Je le défends parce qu'il m'a aidé, parce qu'il s'est occupé de moi, parce que je l'aime. Je le défends parce que tu n'as aucun droit de venir ici surtout pour l'attaquer.
"Tu m'as cherché !"
Harry s'approcha de Sirius, le forçant à reculer sous la force brute que l'adolescent dégageait. "Bien, tu m'as trouvé, et non seulement tu m'as trouvé, mais en plus, tu as réussi à me prouver encore une fois que tu n'es rien d'autre qu'un tyran immature qui justifie ses actions par ses propres préjugés."
Pendant qu'il lui criait dessus, toutes les fenêtres de la pièce s'entrechoquaient sous l'assaut de la magie. Remus, voyant que les choses étaient sous le point de devenir incontrôlables, serra fermement le bras de Sirius et le tira vers la cheminée. Sans lui donner le temps de réagir, il prit un peu de poudre de cheminette, la lança dans la cheminée et cria Poudlard. Dès que le feu devint vert, il mit son ami dans le foyer.
Dès que le sorcier disparut, le loup-garou se retourna pour faire face au garçon, tremblant sous la colère mais dont la magie commençait à se calmer. "Je suis désolé que tu ais été témoin de cela Harry."
Le garçon serra les lèvres. "Ce n'est pas à toi de t'excuser Remus."
"Je ne le fait pas gamin. Est-ce que ça va aller ?"
Silencieusement, le garçon fit un signe de tête, faisant soupirer le loup-garou.
"Je vais retourner à Poudlard ; je dois m'assurer que Sirius n'est pas assez stupide pour revenir ici immédiatement. Envoie-moi un hibou si tu as besoin d'aide Harry."
Encore une fois, l'adolescent fit un signe de tête et regarda le loup-garou quitter la pièce. Finalement seul, il s'affaissa contre le mur et s'assis sur le plancher, essayant de se calmer. Il fût tiré de ses sombres pensées par une petite main sur son genou.
"Est-ce que le jeune Maître va bien ?"
Le garçon lui fit un regard affligé et sourit, s'asseyant plus droit. "J'ai déjà été mieux. Sais-tu si Oncle Sev va bien ?"
L'elfe laissa tomber ses oreilles. "Maître Severus s'est enfermé dans son laboratoire et a dit à Twinkle de ne pas s'inquiéter pour lui jeune Maître."
Ne s'attendant à rien d'autre, l'adolescent fit un signe de tête et soupira. Il devrait parler à l'homme, s'excuser de ce que son parrain lui avait fait mais dans l'immédiat, ce n'était pas envisageable, il n'était pas dans l'état de le faire. Se levant, il décida que le mieux à faire était de retourner dans sa chambre. Twinkle fronça les sourcils quand elle le vit bouger. "Le jeune Maître veut-il le petit déjeuner."
Sans se retourner, l'adolescent hocha la tête. "Non merci Twinkle, je n'ai pas faim."
Harry passa sa journée enfermé dans sa chambre. Même pas une heure après la dispute, un hibou était arrivé, portant une lettre de son parrain. Il la prit et la lança près de quelques livres sans importance. Il n'était vraiment pas d'humeur à entendre ce que son parrain voulait lui dire. Au moment du déjeuner, Twinkle vint avec un plateau de nourriture mais une fois de plus, il la renvoya, il n'était pas non plus d'humeur à manger. Pour le reste de l'après midi, il s'enterra dans les livres, essayant d'ignorer la terreur qui montait en lui quand il imaginait la réaction de Severus. Ce qui s'était passé ce matin devait à coup sûr lui rappeler des souvenirs affreux, tous rattachés au père d'Harry. Sachant comment le maître des potions pouvait être, il n'était pas pressé de le rencontrer ; il serait probablement puni et tout le temps qu'ils avaient passés ensemble ne signifierait plus rien.
Twinkle apparût de nouveau à l'heure du dîner, il était sur le point de la renvoyer de nouveau quand elle parla. "Maître Severus a dit à Twinkle de dire au jeune Maître de le rejoindre dans le salon pour dîner."
Harry se tendit légèrement mais son regard resta sur son livre. "S'il te plaît, dit au Professeur Rogue que je ne me sens pas assez bien pour descendre."
S'il avait regardé l'elfe, il aurait pût voir le coup d'œil désapprobateur qu'elle lui avait lancé avant de disparaître dans un 'pop'.
Dix minutes plus tard, la porte s'ouvrit sans un bruit et l'homme qu'il évitait entra dans la pièce. Se retournant légèrement, Harry pouvait facilement voir les marques rouges que les mains de Sirius avaient laissées sur le coup du maître des potions. Rebroussant rapidement chemin, son regard se fixa une nouvelle fois sur la page devant lui.
"Twinkle m'a dit que tu ne te sentais pas bien ?"
A la surprise d'Harry, la voix de l'homme était neutre, il se serait plus attendu à une voix traînante et détestable. Sans se tourner, le garçon acquiesça. Réprimant un soupir, Severus se déplaça silencieusement et posa une main toute fraîche sur le front d'Harry, le surprenant.
"Tu n'as pas de fièvre."
Harry allait baisser la tête quand la main lui souleva le menton, le forçant à regarder son oncle dans les yeux.
"Twinkle a dit que tu n'avais rien mangé aujourd'hui."
Le garçon soupira. "Je n'avais pas faim."
Severus hocha la tête et laissa partir le garçon. "Viens avec moi."
Harry fonça légèrement les sourcils. "Mais…"
"Harry. Avec moi. Maintenant."
Fermant doucement sa bouche, Harry suivit l'homme, un peu intimidé par son comportement sévère. Il le mena très vite au salon où la table était déjà mise pour deux. Severus indiqua une chaise où Harry s'assit. Peu après, il prit l'autre siège.
La nourriture n'apparait pas tout de suite, obligeant Harry à lever les yeux vers son oncle. L'homme le regardait attentivement, plissant les yeux, ce qui le troubla.
De sa voix la plus sévère, Rogue commença à parler. "Je ne sais pas ce que tu penses. Ou plutôt, je ne suis pas sûr de ce que tu penses. Mais si tu penses que ce qui s'est produit ce matin est de ta faute, alors tu peux oublier cela tout de suite."
Harry cligna des yeux, il ne s'attendait pas à ces mots. Acquiesçant légèrement, il soupira. "Mais c'était de ma faute, si ce n'avait pas été moi, Sirius n'aurait pas…"
Severus frappa la table de la main, stoppant efficacement ce qu'il était en train de dire. "Tu n'es pas responsable des actions de Black. En fait, tu n'es pas responsable des actions d'une autre personne que toi. Ce qui s'est passé avec le clébard a commencé longtemps avant que tu ne sois né et aujourd'hui, tu m'as seulement servi d'issue de secours. Et c'était en aucun cas de ta faute."
Harry mordilla sa lèvre ; il s'était attendu à un discours insultant ou quelque chose comme cela, pas à cette réprimande qui niait sa culpabilité. Il ne savait pas comment y réagir mais heureusement, Severus n'avait pas fini.
"Si je me souviens bien, tu étais plutôt résolu à me défendre."
Harry leva les yeux, effrayé. "Tu as entendu ?"
Severus souri d'un air satisfait. "J'ai quitté la salle avant que je ne commence à le maudire, mais je ne t'aurais certainement pas laissé avec Black dans l'état où il était." Serrant les lèvres, il ajouta. "Et bien que je ne puisse pas dire que j'ai détesté ce que tu lui as dit, si tu parles encore de cette manière à un adulte soit tu seras puni pendant un certain temps soit tu te prendras une fessée. Tu es encore un enfant et tu dois un certain respect à tes aînés ou bien faire face aux conséquences, est-ce que c'est bien clair ? Si pour une quelconque raison un adulte te mets en colère ou te fait quelque chose que tu n'aimes pas, tu viendras voir quelqu'un en qui tu as confiance, que ce soit Albus, moi-même ou bien n'importe qui d'autre, compris ?"
Harry hocha la tête, ses yeux résolument fixés sur la table. "Oui, oncle Severus."
"Autre chose." Le garçon ne bougea pas, ce qui provoqua un soupir à Severus et il se demanda s'il n'était pas trop sévère, mais fallait dire ces choses et il n'y avait pas de moment plus approprié qu'à l'instant. "Ta magie a été plutôt instable aujourd'hui, il faudra qu'on renforce le contrôle que tu as sur elle."
Harry leva finalement les yeux à ces mots. "On ?"
Severus haussa un sourcil. "À moins que tu n'ais changé d'avis au sujet de l'apprentissage ?"
Harry secoua rapidement la tête. "Non, ce n'est pas le cas, mais j'ai pensé que tu pourrais être revenu sur ta décision."
Le maître des Potions grogna. "Pourquoi aurais-je fait cela ? Il n'y avait aucune raison pour que je change d'avis."
Le jeune homme se mordit les lèvres et inclina la tête d'un air hésitant. "Je pense que je le sais maintenant, j'y ai pensé bien avant."
"Tu n'as pas à penser ; il n'y a rien qui m'inciterait à changer d'avis à ce sujet à moins que tu ne me dise que tu ne souhaites plus être mon apprenti. Y a-t-il autre chose dont nous devons parler ?"
Le jeune sorcier jeta un regard hésitant vers l'homme. "Est ce que tu vas bien, mon oncle ?" Au regard confus de l'homme, il tourna légèrement la tête vers les marques. "Cela doit te faire un peu mal. Je suis désolé de ne pas être descendu avant."
Severus gémit et enfouit sa tête dans sa main. "Harry, pour l'amour de Merlin, rien de ce qui s'est produit aujourd'hui n'était de ta faute, ainsi je n'attends aucune excuse de ta part. Je vais très bien, les marques auront disparues demain, donc il n'y a pas de raison de t'inquiéter pour cela, ok?"
Harry acquiesça, finissant par se détendre sur son siège. "Ok."
Le maître des Potions leva la tête. "Je crois que tu as faim maintenant ?"
L'adolescent rougit légèrement. "Un peu, oui."
"Bien, je ne veux pas que tu sautes de repas ; ton grand-père me tuerait s'il l'apprenait."
La suite du dîner se déroula en silence, Severus forçant son apprenti à manger un peu pour compenser les repas qu'il avait manqué le jour même. Quand ils eurent finis, Harry dit qu'il devait monter se coucher. Après tout, cette journée remplie d'émotion et ses accès de magie l'avaient fatigués bien plus que ce qu'il ne l'aurait pensé. Et en effet, lorsque Severus alla vérifier une demi-heure plus tard, le garçon était profondément endormi.
Épilogue :
Harry était assis silencieusement entre Ron et Hermione à la table de Gryffondor. Chacun était revenu des vacances de Noël une heure plus tôt et le repas était sur le point de débuter. Les étudiants avaient été à la fois heureux et surpris de voir Dumbledore occuper son siège, sûrement pour la dernière fois. Le Gryffondor savait combien son grand-père avait dû négocier avec l'infirmière pour l'obliger à lui permettre de venir ce soir.
Une fois que chacun se fut finalement installé, le professeur McGonagall se leva et réclama le silence en cognant doucement sa fourchette contre son verre. En temps normal, Dumbledore se serait levé pour faire un discours, mais cette fois ci le vieil homme resta sur sa chaise. Néanmoins, sa voix résonna dans la salle sans effort.
"Bienvenue pour un nouveau trimestre à Poudlard, j'espère que ces vacances étaient reposantes pour vous tous. J'ai beaucoup de choses à vous expliquer ce soir, ainsi j'espère que vous pourrez me prêter un peu de votre attention avant que nous mangions pour écouter ce que je dois dire. Comme on vous l'a dit le trimestre dernier, cette année sera la dernière que je passerai en tant que directeur de Poudlard ; Minerva McGonagall a été officiellement nommé pour me succéder il y a quelques jours, ainsi l'année prochaine elle sera à la place où je suis assis en ce moment."
Les étudiants murmurèrent doucement, ils savaient tout cela et pourtant, quand ils avaient vu Dumbledore assis là ils avaient espéré qu'il conserverait ses fonctions de Directeur. Souriant doucement, le vieil homme leva sa main ridée pour réclamer le silence une nouvelle fois.
"Je pense que le temps des changements est arrivé, de grands changements qui n'affecterons pas seulement l'école mais également l'entière communauté magique. Le trimestre dernier, deux de ces changements ont été immédiatement eût lieu. Lord Voldemort n'est plus et le nouveau ministre a été élu, mais ceci, bien que cela nous concernera plus tard, n'est pas important pour l'instant. Ce qui vous affectera en ce moment sont les changements qui vont être mis en application à Poudlard au cours de cette année. Comme c'était prévu, Minerva prendra le rôle de Directrice laissant les postes de Directrice Adjointe et de Directrice de la maison de Gryffondor vacants. Après une discussion intense avec tout le corps enseignant et les gouverneurs nous avons convenus que le professeur Vector deviendrait le Directeur de Gryffondor et que le professeur Rogue serait Directeur Adjoint dorénavant."
La tête d'Harry se leva instantanément de surprise. Pourquoi ne lui en avait-on pas parlé? Il regarda rapidement vers son oncle et le vit sourire d'un air amusé, à sa manière, ses yeux sombres scintillant. Le garçon ne pu s'empêcher de faire la grimace, ils auraient pu le lui dire avant.
Lorsque les étudiants furent à nouveau silencieux, le directeur pu continuer : "En passant, vous aurez remarqué que la table appartenant à la cinquième maison est désormais vide. Les étudiants qui y vivaient pourront dès à présent retourner dans leur propre maison à la condition que s'ils franchissent les limites ne serait-ce qu'un peu, ils seront automatiquement renvoyés." Tous les étudiants se tendirent aux mots de l'homme, sachant que ce n'était pas des menaces en l'air. "Bien sur, après les événements du trimestre dernier, j'espère que la plupart des préjudices ont été effacés et qu'une rivalité saine naitra de tout ce qui s'est produit." Dumbledore fit une pause et en profita pour boire une petite gorgée de sa tasse. "J'imagine que vous devez être lassés de m'écouter, mais j'ai une dernière chose à vous dire. Comme vous l'avez deviné, les fonctions des Directeurs de Maison ont changé récemment. Ceux d'entre vous qui ont lu l'Histoire de Poudlard savent que pour dépanner les professeurs, un système d'apprentissage à été mis en place à l'époque des fondateurs. Cependant, cette pratique a été suspendue il y a environ cent ans en raison de l'abus de certains Maitres envers leurs Apprentis. Les Directeurs de maisons et moi-même avons passé en revue les règles selon lesquelles l'apprentissage avait fonctionné dans le passé et avec l'approbation du conseil supérieur, je suis heureux de dire que cette pratique antique sera rétablie. Une fois que les apprentis seront annoncés, ils auront une semaine pour refuser ou accepter. Vous devez s'assurer de ce que vous voulez vraiment ; parce que l'apprentissage dure cinq ans à partir du moment vous commencez. Dans vos salles communes vous trouverez un petit livre pour chacun de vous qui expliquera en détail ce qui sera attendu de vous et ce que vous pouvez attendre de l'apprentissage. Comme je l'ai dit avant, pour l'instant, seuls les directeurs de maisons et la directrice auront des apprentis mais si tout se passe bien, alors les autres professeurs pourront rejoindre le programme s'ils le souhaitent. »
Les étudiants chuchotaient d'un air excité entre eux, sans prêter attention à Dumbledore. Le vieil homme, voyant qu'il ne pourrait pas regagner leur attention, fit apparaitre les plats d'un claquement de doigts. Les directeurs de maisons expliqueraient tout ce qu'il avait oublié plus tard, dans l'intimité des salles communes. Regardant vers son petit-fils, il lui sourit légèrement. Le garçon discutait joyeusement avec ses deux amis. Il était heureux qu'ils aient pu conserver leur amitié ; c'était la seule chose dont Harry avait besoin.
Le garçon semblait avoir sentit son regard fixé sur lui, car il regarda vers lui et lui adressa un petit signe de la main. Le vieil homme lui répondit et baissa finalement les yeux vers son repas. Il avait le sentiment que tout fonctionnerait.
Fin.
