Non mais vous rigolez! Finir l'histoire? Maintenant? sans rien faire? non, non, non, non, non! Du sang, des tripes et de la chair! rien de tel pour se mettre en appétit!
Bien que la relation qu'il entretenait avec Ed s'améliorait, Roy n'en était pas moins perplexe. Il était presque à la fin de cette galère mais il avait risqué gros. Ce soir encore, il souhaitait voir Hughes, lui parler de ce qu'il s'était passé, de ce qu'il avait vu, de la réaction qu'avait eu Ed en voyant son passé. Il s'endormit mal est dormait difficilement. Il dormait pourtant assez profondément pour ne pas entendre l'intrus qui entrait dans sa chambre. Ce dernier s'assit sur la chaise de bureau et posa les pieds sur la table.
Roy se réveilla une énième fois et se rendit enfin compte de la présence parasite. Il se leva en sursaut et alluma la lumière.
-Hugh! Grand chef rétréci!
-Maes! Comment… que… quoi?
-Je veux bien répondre à une question mais il faut la formuler. Petite vérification: tu es bien Roy?
-Euh… oui.
-Ouf! J'ai eu du mal à croire Alphonse quand il me l'a dit. Mais je ne le crois pas capable de mentir. Tu deviens quoi? Hé! Houlà!
Hughes avait failli tomber de sa chaise quand Roy lui sauta au cou.
-Maes! Tu ne peux même pas imaginer à quel point tu m'as manqué!
-On s'est vu il y a deux jours!
-Il s'est passé tellement de choses! Je… je me sentait complètement perdu!
-Quoi? Edward te fait des misères?
-Non, mais Alphonse ne t'a raconté que ce qu'il sait.
-Il y a autre chose?
-Et pas des moindres! Depuis qu'on a échangé nos corps, on voit les souvenirs de l'autre.
Roy lui raconta tout ce qui s'était passé depuis leur séparation. Hughes fut de plus en plus perplexe au fur et à mesure du récit.
-Et donc tu pense pouvoir régler le problème d'ici demain?
-Peut-être, si mon idée fonctionne.
-Je vois. Bon vaudrait mieux que je file avant que F… qu'Edward me voit!
Roy sentit une fausse note. Hughes n'avait jamais Ed par son titre, même à leur première rencontre il l'avait immédiatement appelé "Edward".
-Maes, comment es-tu rentré? La maison est entourée de barbelés.
-Tu crois que des barbelés vont m'empêcher de voir mon meilleur ami?
-D'accord, mais pourquoi n'as-tu pas de photo de ta fille? Et pourquoi veux-tu éviter Edward?
-Je n'ai pas le temps, il faut que j'aille bosser.
-Tu es en congé.
-Ah? Mince, démasqué. Hé!
Roy avait attrapé Hughes par le col et le plaqua contre le mur. Sa chemise dévoila un cercle d'Ouroboros. Ce n'était pas Hughes. Il n'avait que l'apparence de son ami qu'il changea alors. De la forme de Hughes, il prit l'apparence d'un jeune androgyne aux cheveux sombres et à la tenue étrange. Roy était fou de rage.
-Qui es-tu?
-Il est vrai que nous n'avons pas fait les présentations: Envy, à ton service! J'imagine que tu ne m'as jamais vu auparavant mais vu que le Fullmetal nabot me connais, j'aurais préféré partir, si ça ne t'ennuie pas.
-Hors de question! Qui t'envoie?
-Oh, mais c'est un garçon très curieux, dites-moi! Tu peux toujours courir pour que je te le dise!
-Envy, c'est ça? Tu es donc un homonculus? Je ne peux donc pas te tuer, mais j'ai d'autres moyens de persuasion.
-Tu oublies peut-être que tu ne peux pas te servir de l'alchimie.
Roy prit le bras d'Envy et le tordit tant qu'il lui brisa les os. Envy ne cria pas mais réprima une violente douleur.
-Tu me sous-estimes.
-Toi aussi.
Aussitôt Envy tendit le bras qui se répara instantanément et prit la main de Roy qui le maintenait au mur. Il le fit le lâcher avec une force inhumaine et lui assena un coup de genou dans le ventre.
-Tu as raison, dit-il, je vais peut-être rester un peu, après tout, on ne m'a pas interdit de te tuer. Mais je veux m'amuser.
Il prit Roy par le col et le frappa d'un coup de poing dans la poitrine. Son cœur manqua un battement et plusieurs côtes cédèrent. Envy le lâcha, lui prit le bras et le tordit pour le forcer à se mettre à genoux. Il souriait de plaisir à la vue de sa victime.
-Apparemment, Monsieur est un silencieux. Ça fait mal, hein? – il força un peu plus le bras de Roy qui étouffa un cri – mais tu es trop fier pour le dire. Tu n'as vraiment pas de chance, tu aurais pu resté en dehors de tout ça en te contentant de me laisser partir. Surtout que tu as le corps de ce minus. Enfin, c'est pas mes oignons, je me contente de le détester, ça suffit.
Roy avait si mal que sa vue se brouillait il eut soudain un coup de pied dans le dos. C'en était trop. Il prit le bras d'Envy et le tira en avant, l'allongeant sur le sol. Sa lampe de chevet était tombée par terre. Il l'attrapa et frappa la tête de l'homonculus de toutes ses forces. Le crâne céda et laissa échapper une mare de sang. Il ne fallait pas longtemps pour qu'il se soigne mais assez pour que Roy se précipite dans la chambre de Ed et le réveille. Heureusement, Ed comprit vite malgré la difficulté que Roy avait à parler. Le temps de se lever, ils retournèrent dans la chambre et virent Envy, assis, les mains sur le visage, libérant un chapelet d'injures. Ed vit la lampe et frappa de nouveau Envy. Roy la transmuta en épée (et eut une absence). Ed s'en servit pour la planter dans le corps qui se ranimait. Il frappa encore et encore, tant et si bien que l'homonculus finit par se tasser, rétrécir, diminuer pour prendre la forme d'une larve aux yeux immensément disproportionnés par rapport à son corps. Il était néanmoins encore capable de parole.
-Arrête! Pitié, je ne veux pas mourir! Je peux plus rien faire!
Ed s'arrêta alors, haletant. Il avait frappé d'abord par peur, puis par colère et se trouvait totalement hors de lui. Il lui restait le coup de grâce mais une main stoppa son geste.
-Inutile. Il est HS.
-Mais on ne va pas le laisser partir!
-Non plus. On va le garder – Roy prit un bocal dans sa salle de bain – là dedans!
-Quoi, hurla Envy, non, pas question. – il sembla vouloir ramper (mais il n'avançait pas plus vite qu'un escargot un jour de sécheresse) Roy l'attrapa et le mit dans la bocal.
-A mon avis, tu n'es pas en mesure de décider. – il posa le bocal sur la table et l'entoura de livres – et tu resteras tranqu…
Si Ed n'avait pas été là pour le rattraper, Roy serait vraisemblablement tombé.
-Colonel! Vous allez bien?
-Il ne te répondra pas, dit Envy, il est tombé dans les pommes! Pendant que tu dormais, je l'ai bien battu! Ça me rassure, même s'il est résistant, il reste humain!
-Toi, la ferme!
Ed regarda la chambre. Les centaines de mort qu'avait subi Envy avait transformé la salle en mare sanglante : Roy ne pouvait plus dormir ici! Ed l'emmena dans la troisième chambre et l'allongea sur le lit. En regardant de plus près, il remarqua des bleus sur le bras et le corps. Il devait sûrement avoir plusieurs côtes cassées et le sang qui s'échappait de sa bouche pouvait signifier un poumon perforé. Ed appela Hawkeye de toute urgence et lui dit de venir avec un médecin.
En effet, le médecin affirma les côtes cassées et le poumon qu'il définit "mal en point".
-Il faudrait l'opérer dans un hôpital mais le Führer vous interdit de quitter le bâtiment. Je vais devoir l'opérer ici.
Bah, quelle malchance! Dire qu'ils y étaient presque! Enfin, l'opération risque d'être... amusante.
