Le lendemain de ce que l'Histoire retiendra sous le nom de « Grande Cuite Du Millénaire », Harry Watson se réveilla dans la chambre de son frère en se rendant compte qu'une dizaine de tambours avaient élus domicile dans sa « pauvre » tête.

Pourtant le cadre n'était pas propice au mal-être. Le ciel était bleu, aucun nuage ne venait caché l'astre solaire. Les oiseaux chantaient, les enfants sortaient jouer dans la rue, les amoureux allaient pic-niquer.

Mais voilà : Harry Watson n'aimait ni le soleil, ni les oiseaux, ni les enfants et elle détestait plus que tout les couples qui s'affichaient à Regent Park pour montrer au monde leur bonheur.

Elle s'assit prudemment entre les draps blancs immaculés de son frère dont la simple vu lui donnait encore plus mal au crâne. Elle mit une bonne dizaine de minute, appuyé contre la tête de lit, à habituer ses yeux à la luminosité ambiante.

Finalement, ce n'est qu'au bout d'un bon quart d'heure, et après avoir envisagé de s'étouffer dans les oreillers, qu'elle réussit enfin à se mettre debout.

Elle ouvrit la porte dans toute la magnifiscence de son être. Mini-short gris troués et débardeur qui avait dut être blanc dans une autre vie et qui avait désormais le style « brulûre de cigarette et tâche d'alcool », le tout accompagné d'un grognement fort féminin.

Elle ébouriffa sa tignasse blonde avant de se rendre compte que quelque chose clochait... Mais malheureusement son cerveau tournant au ralentis ne l'aidait pas vraiment à trouver ce quelque chose...

Les rideaux étaient tirés, laissant le soleil pénétré dans le petit appartement. La cuisine était toujours dans un bordel monstre, table et sol étant jonché de matériel scientifique. Les meubles n'avaient pas bougé. Son frère et son colocataire s'embrassait sur le canapé. La bouilloire était toujours sur la cuisinière. Les tasses étaient à leur « place » à côté de l'évier... Non, décidément elle ne trouvait rien d'anorm...

TUDIEU ! SA MAMAN LA CATIN !

Elle se figea, et tourna lentement la tête vers le canapé en cuir où se trouvait son frère (en dessous) et le détective qui lui servait de colocataire (au dessus).

Un immense « NON ! » d'incompréhension retentit dans sa tête alors que les deux hommes ne semblaient même pas l'avoir remarqué.

Sur la pointe des pieds, elle attrapa le téléphone du détective qui se trouvait non loin d'elle et retourna discrètement dans sa chambre dans l'espoir de pouvoir envoyer un SOS à Scotland Yard.

« Allo ?

Vous êtes qui ? Demanda une voix de femme en colère.

Lestrade est là ?

Il est occu... Commença la voix.

Dîte lui que Harry le demande, c'est une URGENCE ! »

Plusieurs longues secondes s'écoulèrent pendant que la jeune femme serrait fébrilement le téléphone dans sa main.

Finalement, une voix pâteuse lui répondit.

« Allo ?

Les' ! J'ai besoin de ton aide ! Mon monde s'effondre !

T'as trop bu hier, c'est normal moi aussi mon monde s'effondre.

Mais je parle pas de ça abrutit... Quoi que... BREF !

J'ai la gueule de bois par ta faute alors tu va te grouillé de m'expliquer. »

Elle entendit la porte de la chambre s'ouvrir dans un grincement sinistre pour dévoiler une haute silhouette noire et légèrement énervé.

Elle paniqua, bredouillant vaguement des informations à l'inspecteur de le fol espoir qu'il lui sauve la vie de l'affreux démon qui venait d'entrer dans sa chambre et qui semblait pas content... Mais alors pas content du tout !

« Sherlock... John...

Quoi ?

AHHHHHHHHHHHHHHHAAAAAAAA ! »

L'inspecteur ne comprenait rien à ce qui se passait et entendit juste un faible « Un mot de ce que tu as vu et tu es morte ! » avant que la communication soit coupée. Il soupira, prit une cigarette et l'alluma sous la moue renfrognée de Donovan qui ne semblait pas très heureuse que cette petite « pute » puisse appeler son chef à son boulot. Et NON ! Ce n'était pas de la jalousie.

Au même moment, dans une petite pièce sombre pleine d'écran de télévision. Un certain Mycroft Holmes (frère du détective du même nom) poussa un soupir à fendre l'âme en voyant s'envoler les cent livres d'un paris stupide avec son assistante... Son frère n'aurait pas put tenir deux jours de plus avant d'embrasser le militaire ? Non ! C'était trop lui demander que de faire plaisir à son frand-frère une fois dans sa vie ! Ca serait trop beau.

A Baker Street, Harry avait franchement peur pour sa vie. Elle se trouvait assise dans un des fauteils du salon, acculé par le détective consultant qui essayait de lui faire avouer si elle avait eu le temps de parler à Lestrade de ses embrassades avec John AVANT qu'il ne récupère son téléphone.

« J'ai rien fait ! Je le jure ! »

Sherlock fut coupé dans son interrogatoire quand la sonnette de l'appartement annonça l'arrivée d'un client.

Client qui une fois installé, ne put s'empêcher de lorgné sur Harry, toujours en short.

« Ba quoi ?! T'as jamais vu de fille à moitié à poil ? »

Délicate Harriet.

La jeune femme fut prié d'aller s'habiller pendant que les deux hommes discutaient entre eux de cette affaire Baskermachin ou un truc du genre.

Pendant que Sherlock discutait avec l'homme, John attrapa le téléphone de sa sœur qu'elle avait laissé dans la cuisine la veille (d'où le kidnapping du téléphone du détective).

Il l'alluma, trouvant facilement le code pin et remarque la multitude d'appel manqués et de sms venant de Clara.

Cette femme ne sa satisfaisait pas de faire souffrir sa sœur. Maintenant voilà qu'elle la harcelait ! Le blond se sentit fier en voyant qu'Harry n'avait répondut à aucun des ses appels.

Il éteind le téléphone et le reposa où il était avant de se reconcentrer sur la discussion.

« Comment ça je dois aller à Baskerville ?! »

Un peu plus loin, dans le même train qui avait amené Harry à Londre, se trouvait une femme. Une très belle femme même. De longs cheveux chataîns-roux qui ondulaient en retombant sur ses épaules, encadrant l'ovale de son visage. Elle avait la peau très pâle et les joues piquetées de tâches de rousseur.

Deux valises bleus pastels tronaient dans l'allée, empêchant toute personne de passé. De toute manière, un seul regard à cette femme les empêchaient de la réprimander, même le contrôleur c'était fait avoir lorsqu'elle avait demandé à garder ses affaires prêt d'elle, voix de velour et regard charmeur à l'appuie.

Malgré son apparente beauté, la jeune femme dégageait quelque chose de malsain et de vulgaire. Peut-être était-ce ses lèvres peintes d'un rouge vif outrageux ou bien le décolleté plongeant de sa robe moulante en satin noire.

La femme réflechissait en laissant son regard contemplé le paysage par la fenêtre sale et crasseuse du train. Elle se souvenait d'un jour... Un jour très particulier qui la faisait encore sourire.

Après une dispute, elle avait dit à une personne qu'elle « aimait » quelque chose qui avait poussé cette personne encore plus loin dans l'alcoolisme.

« Ma chère petite, il y a des choses qui ne se font pas. Tel que de boire du Don Perignon 55 à une température au dessus de 3 degrés. .. C'est aussi malsain que d'écouter les Beatles sans boules Quies ! » *

Un peu plus loin, dans le même train qui avait amené Harry à Londre, se trouvait Clara Miles.

* Jacques Salomé.