Chapitre 4 : Loki :
15 mai 2014 – New-York, Manhattan, Bedford Street :
Loki était très satisfait de la manière dont Barnes recouvrait son esprit. Une satisfaction teintée de surprise il fallait bien l'avouer. Le breuvage revu et corrigé qu'il lui donnait était à la base destiné aux Æsir. De même, il ignorait une grande partie de ce qu'HYDRA avait pu lui faire pendant toutes ces années, mais Barnes n'était plus complètement humain, et son organisme assimilait les potions avec une aisance insoupçonnable.
La première prise avait été révélatrice. Loki ne s'était pas attendu à une amélioration aussi rapide, mais en avait pris son parti, et avait ajusté les proportions et ses prescriptions. Barnes était très docile dès que le Dieu du Chaos lui donnait une substance à ingérer, ce qui était bienvenu. Autrement, le Sergent était rétif, agressif souvent, amer parfois. Sa psyché se reconstruisait progressivement, son individualité également. Ils ne parlaient jamais ensemble des souvenirs qu'il retrouvait. C'était bien trop privé, et Loki n'en avait de toute façon pas grand chose à faire. Par contre, il lui demandait régulièrement quels étaient les moments de sa vie qui revenaient, afin d'établir une chronologie. Sans surprise, c'étaient les souvenirs les plus constructeurs qui s'étaient rappelés à lui en premier. Ses parents et ses sœurs, son engagement dans l'armée, sa première capture par HYDRA. Et Rogers bien sûr. Loki était prêt à parier que plus de la moitié des souvenirs que Barnes avait retrouvé concernaient Rogers. Il suffisait de voir son expression dès que Captain America n'était que seulement mentionné à la télévision. Souffrance et joie se disputaient allègrement ses traits, jusqu'à ce qu'il parvienne à redevenir impassible. Tout cela était très routinier.
Mais la routine fut brisée une dizaine de jours auparavant, lorsqu'ils avaient mené leur première offensive contre une base d'HYDRA :
Le bâtiment attaqué n'était pas un pilier militaire, c'était pourquoi ce n'était ni Loki ni Eatta qui eurent l'idée de l'opération, mais Barnes. Il se souvenait de manière floue, mais assez certaine, que le bâtiment recelait d'importants fonds financiers de l'organisation, ainsi que des sous-sols mystérieux. Les plans officiels du bâtiment ne furent pas durs à obtenir sur Internet, pas après la fuite massive de documents initiée par Black Widow. Les plans officieux corrects furent plus compliqués à trouver, mais ils y étaient parvenus. C'est sur place que Loki mesura la sous-estimation qu'il avait faite à propos de l'esprit humain. Il n'avait jamais imaginé qu'un stimulus extérieur puisse avoir de si grandes répercussions, autant sur l'esprit que sur le comportement. Pourtant sa propre expérience aurait dû lui servir de leçon.
Ils étaient entrés facilement dans le bâtiment, Eatta gardant un œil sur eux dans la mezzanine grâce à des caméras et des micros qu'elle leur avait fourni. Autant dire que ce n'était pas de la technologie terrienne. Leurs visages dissimulés, ils avaient fait croire à un hold-up, avait enfermé toutes les personnes présentes dans une pièce aveugle que Loki avait fermé de manière à ce que personne ne puisse sortir avant de nombreuses heures, puis s'étaient enfoncés dans les étages inférieurs. La résistance y était un peu plus rude, et ils durent commencer à tuer ceux qui se mettaient en travers de leur chemin. Loki s'occupait de récupérer le plus de données possibles, alors qu'il envoyait déjà les billets de banque volés directement dans la cave de leur planque de Bedford Street. Barnes quant à lui, maintenait les couloirs les plus vides possible. Eatta dans son oreillette lui donnait les informations qu'elle glanait sur la fréquence de la police et sur les réseaux internes des agences de renseignement. Une équipe du SWAT se préparait à venir sur place, tandis que le FBI envoyait des négociateurs.
Vraiment tout allait pour le mieux. Jusqu'à ce que Barnes se tendent brusquement à la vue d'un homme en blouse blanche. L'homme en question s'enfuit aussitôt, et Barnes se jeta à sa poursuite. Loki ne s'en émut pas particulièrement, concentré sur sa tâche : copier les informations des serveurs, effacer les images des caméras de surveillance, brouiller les pistes. Ce fut Eatta qui le tira de son ouvrage. Elle lui intima de rejoindre Barnes le plus vite possible, et Loki, interpellé par le ton pressant de la femme, obéit.
Il retrouva le Sergent au dernier sous-sol, dans ce qui semblait être des laboratoires. Les murs blancs étaient maculés de sang frais, et Loki suivit la piste jusqu'à la dernière salle où se trouvait un grand appareil de métal gris, relié à tout un tas de câbles. Barnes se tenait devant. Loki tenta de lui parler, mais il resta catatonique, immobile au milieu des cadavres des laborantins, sauvagement massacrés, fixant la machine d'un regard vide. Loki apprit plus tard que c'était un compartiment de cryogénisation. Pire c'était le compartiment de Barnes, celui où il était enfermé à chaque fin de mission. Loki ne s'était jamais attendu à ce que l'assassin se souvienne des tortures perpétrées par HYDRA, mais visiblement, le cerveau humain était plein de surprises.
Loki prit la décision d'abandonner la mission. C'était dommage pour les quelques caméras qu'il n'avait pas pu effacer, mais il ne pouvait pas prendre le risque de voir son allié craquer à nouveau. Il vérifia tout de même si le laboratoire était muni d'une vidéosurveillance (il s'avéra que non), saisit le bras de Barnes avec douceur, et se téléporta directement dans le couloir du premier étage de leur planque. Il mena Barnes qui se laissait faire telle une poupée de chiffon jusqu'à son lit, et l'y laissa.
Loki s'était senti inexplicablement soulagé quand le soldat était sorti pour prendre une douche. Il ne parlèrent jamais de l'incident, mais Loki laissa le soir même une dose un peu plus forte de potion stabilisatrice d'activité neuronale. Le lendemain, la fiole était vide.
La soif meurtrière de vengeance de Barnes avait été mise en pleine lumière ce jour-là. Déjà tendu et méfiant, il était devenu agressif continuellement pendant des jours, s'enfermant dans sa chambre et n'en sortant que très peu, uniquement pour les commodités. Loki continuait de le fournir en médication, jusqu'au jour où Barnes ressortit de sa chambre et se remit à agir presque normalement. Personne ne posa de question, et l'opération suivante fut mise sur pieds.
Loki était prêt à partir depuis longtemps maintenant, et attendait que Barnes et Eatta aient fini leurs propres préparations. Barnes avait récupéré il ne savait comment des armes à feu humaines, et passait un temps fou à les entretenir. Cela le calmait disait-il. Depuis 'l'incident de la Banque', Barnes était devenu bien plus transparent pour Loki. Ses motivations étaient limpides : il n'avait aucun autre but à court terme que la vengeance envers HYDRA. Si cela n'était pas vrai avant l'attaque de la Banque, car Barnes n'avait plus vraiment conscience des horreurs qu'il avait traversé, tout avait changé après le massacre des laborantins. Loki se doutait également que lorsqu'HYDRA serait complètement rasée, Barnes se retrouverait plus perdu encore que lors de sa soudaine liberté.
Loki enviait un peu Barnes. Si ses souvenirs étaient un beau bordel (passez-lui l'expression), au moins, son but était clair. Son objectif à lui était plus … fluctuant. La plupart du temps, il savait que rien ne serait résolu sans la défaite du Titan Fou. Il savait que la voie dans laquelle il s'était engagé déboucherait soit sur une victoire totale, soit sur un échec retentissant (et probablement sa mort dans d'atroces souffrances). Pas d'entre deux, pas de juste milieu. Le Titan Fou ne permettrait pas que Loki lui échappe à nouveau, alors qu'il était lui aussi à la poursuite des Gemmes de l'Infini. C'était ce dernier élément qui avait fini par convaincre Loki d'accompagner Eatta dans sa quête insensée : le fait qu'elle ne soit pas la seule et de loin à pourchasser les Gemmes. Si le Titan Fou mettait la main dessus, alors ce serait la fin d'Yggdrasil et des Neuf Royaumes.
Mais certains jours, il se décourageait, se questionnait sur la vanité de sa quête dont l'issue la moins douloureuse serait certainement un retour dans les geôles d'Asgard. Ces jours-là, il regrettait de ne pouvoir s'enfuir avec ses enfants, s'établir sur les terres habitables du royaume de sa fille, enfin passer du temps avec ses fils, leur apprendre la Magie. Il ne souhaitait que de pouvoir les tenir dans ses bras, peu importait leur taille ou leur forme, pour leur promettre que plus rien ne se mettrait entre eux et lui. Des rêves absurdes et stériles bien sûr. Jamais le Père-de-Tout ne permettrait que Loki retrouve ses enfants. Quand il sortait de ses rêveries, sa rage l'embrasait. Il pouvait sentir la folie destructrice courir sous sa peau, ne demandant qu'à être exprimée, pour tuer, anéantir, jusqu'à le consumer lui-même. Il rejetait très vite ces pensées. Il se souvenait de la viscosité de sa rage, comment le Titan Fou n'avait eu qu'à souffler sur les braises de la colère pour attiser la haine, et mettre Loki sous sa coupe. Il ne laisserait plus personne avoir ce pouvoir sur lui. Il s'était promis de ne plus jamais se laisser emporter dans ce délire meurtrier, peu importait combien avait l'air délicieux les massacres et la ruine de tout ceux qui l'avaient méprisé. Les jours où il basculait, il préférait s'enfermer dans sa chambre, se cloisonnant seul pour retrouver un peu de sérénité. Il mettait alors en pratique les exercices d'apprivoisement de sa Magie appris auprès des Alfes et des Vanir. Il sortait toujours plus serein de ces périodes de méditation.
Ce qui ennuyait réellement Loki dans la situation était la position plus que nébuleuse d'Eatta. Il parvenait à faire confiance à Barnes dans une certaine mesure, car il connaissait et comprenait ses motivations. Il était plus dur d'accorder le moindre crédit à quelqu'un qu'on ne pouvait cerner avec certitude. Eatta restait un mystère. Oh, il avait bien deviné certaines choses. Ce n'était pas tant la vengeance que la revanche qu'elle cherchait, et elle était plus intéressée par le pouvoir que par la domination. Elle était juste une sœur qui rêvait de faire bisquer son frère en chantonnant des 'nananèreuh' et en tirant la langue. Seulement, elle avait des milliers d'années, et avait récolté des objets incroyablement puissants pour y parvenir. Mais Loki sentait que ce n'était pas tout, quelque chose le mettait mal à l'aise. Il ne savait pas quoi et cela l'empêchait d'apprécier la Collectionneuse.
Il ne souhaitait pas la confronter pour le moment, car Loki ne désirait pas créer un conflit, alors que Barnes était tout sauf stable. Si le frêle équilibre de leur équipée se fissurait, le Dieu du Chaos craignait que l'assassin ne perde tout repère et ne craque à nouveau. Bizarrement, Loki s'était attaché à sa présence un peu pesante mais silencieuse.
Le Dieu du Chaos vérifia son équipement une dernière fois, au cas où. Leur cible se trouvait dans le Sahara, dans une zone proche des frontières de trois états : l'Algérie, le Mali et la Mauritanie. Il s'agissait d'une base du SHIELD récupérée par HYDRA. La base était utilisée pour le stockage de 0-8-4, autant dire qu'aucun d'entre eux ne savait de quoi il s'agissait, mais ce code revenait régulièrement dans les rapports du SHIELD qu'HYDRA possédait et qu'ils avaient récupéré à la Banque.
L'analyse des disques durs n'était toujours pas terminée. Loki laissait cela à Eatta (une autre raison de ne pas l'acculer tout de suite), bien plus douée avec la technologie que Barnes, véritable anomalie temporelle, ou lui-même. Néanmoins, elle avait réussi à obtenir la liste des bases du SHIELD occupées par HYDRA. Si cela ne faisait pas particulièrement plaisir à Loki d'aider l'organisation qui l'avait enfermé quelques années auparavant, il devait admettre que se mettre l'agence dans la poche était plutôt une bonne idée. Même mis à bas par HYDRA, le SHIELD restait puissant, et les trois compères restaient méfiants vis-à-vis du réseau que l'agence avait tissé au fil des décennies. Eatta avait donc dressé une liste de bases du SHIELD prises par HYDRA qu'il était intéressant pour eux d'attaquer, non seulement pour gagner quelques points dans le cœur de l'agence, mais aussi parce que ces endroits recelaient des informations capitales dans l'immense partie de démineur qu'était devenu le monde du renseignement en quelques semaines.
Loki avait demandé à Eatta si elle avait trouvé des informations complémentaires sur le lieu où était détenu le Sceptre. Les seules choses qu'elle avait pu trouver au sujet du quartier général d'HYDRA était qu'il était encore mieux gardé que ce qu'ils avaient initialement imaginé. Ils n'étaient ni suicidaires, ni les Avengers, alors ils décidèrent de garder un œil sur les évolutions d'HYDRA mais de ne rien tenter contre le quartier général en Sokovie pour le moment. Si les choses venaient à bouger, alors ils élaboreraient un plan. C'était juste trop risqué dans les circonstances.
Enfin, Barnes et Eatta furent près. Loki les entendit discuter dans le couloir du rez-de-chaussée, et, réajustant ses vêtements, les rejoignit. La Collectionneuse leur fournit à nouveau oreillettes et mini-caméras qu'ils fixèrent à leur équipement.
« Ne laissez pas d'enregistrement vidéo cette fois, dit Eatta avec son éternel sourire espiègle. Voilà le disque dur pour copier les infos. Essayez de revenir en un seul morceau. »
Loki hocha la tête, attrapa le bras de Barnes et se dématérialisa.
Quelques instants plus tard – Quelque part au nord du Mali, désert du Sahara, Base Sandbox :
Ils apparurent au milieu du Désert, assez loin de leur cible, afin de ne pas se faire repérer. Loki détesta immédiatement cette mission. Il faisait trop chaud. Si sa forme Vane lui permettait de résister aux milieux tempérés, il haïssait les fortes chaleurs. Il faisait plus de quarante degrés et ils étaient en plein soleil. Barnes semblait tout aussi incommodé que lui, mais aucun d'eux ne fit de commentaires. Ils survivraient sans mal à cette épreuve, et il espérait que les bâtiments du SHIELD étaient climatisés. Ils s'avancèrent donc, parfaitement coordonnés, vers leur cible. Barnes était équipé de lunettes tactiques électroniques qui leur permirent d'éviter une série de mines dissimulées sous le sable. Globalement, ce furent les seuls pièges qu'ils eurent à déjouer. Il se retrouvèrent bien vite à quelques pas de la base, cachés à plat ventre derrière une dune. Muni de jumelles, Loki examina leurs options pour entrer.
Le site semblait assez bien protégé en termes technologiques, mais pas en termes humains. Les sentinelles étaient peu nombreuses, mais la chaleur y était peut-être pour quelque chose. Sans doute, un plus grand nombre de troupes attendaient au frais à l'intérieur, et seuls quelques bizuts montaient la garde au soleil. Mais ces sentinelles étaient équipées du même type d'arme qu'avait brandi cet agent qui l'avait blessé à bord de l'Héliporteur. Loki observait le tracé de leur ronde, quand quelque chose attira son attention. Un autre homme sortit des bâtiments, un gradé visiblement à la façon dont tout le monde le saluait, mais ce n'était pas cela qui intéressa et inquiéta Loki. C'était son arme, issue de l'attirail Chitauri. Le SHIELD et HYDRA utilisaient les armes de leurs ennemis ? Cela aurait pu être une bonne idée, si le matériel de combat était compatible avec l'espèce humaine, et en l'occurrence ce n'était pas le cas. Si un humain pouvait utiliser ces armes, c'était plutôt dangereux à long terme, car l'équipement Chitauri avait son propre accumulateur d'énergie, une énergie inconnue sur Midgard qui émettait des radiations puissantes. L'arme transmutait doucement l'ADN de son porteur grâce aux rayonnement qu'elle émettait naturellement. Et si Loki était curieux de voir une transmutation d'humain, il se doutait que le résultat ne lui plairait pas du tout. Le meilleur exemple était les Chitauri eux-mêmes, mutation d'une race disparue, mise en esclavage par l'Autre qui leur avait mis dans les mains un équipement qui avait transformé leur espèce. La race était devenue totalement dépendante des radiations, continuant sans cesse à se transformer.
« Eatta, dit-il. Tu vois ça ?
- Parfaitement Petit Prince, répondit-elle. Ces humains sont stupides d'utiliser des armes qu'ils ne comprennent pas.
- S'il y en a un, il y en a d'autre, fit remarquer Loki.
- J'en ai bien peur. Quelles sont nos options ? Tu es le plus calé d'entre nous concernant ces choses.
- Je pourrai les détruire, dit-il. Cela me fatiguera sûrement, selon le nombre d'armes qu'ils possèdent, mais rien d'insurmontable.
- Très bien. Faites comme ça. La priorité reste les infos, et la libération de la base, bien sûr. »
Barnes prit la fin de la conversation pour une sorte de signal. Il épaula son fusil de précision Barrett, et avec habileté, rigueur et sans une seule hésitation, il abattit les six sentinelles présentes devant les portes. Quelques secondes plus tard, une alarme retentit, et les portes de la base crachèrent une cohorte d'hommes en armes, prêts à tirer sur tout ce qui bougeait. Ce fut pourquoi ni Barnes ni Loki n'esquissèrent le moindre mouvement. Loki lança un sortilège de dissimulation, tandis que Barnes dégommait consciencieusement chaque membre d'HYDRA qui passait la porte.
Après quelques minutes, sans pouvoir distinguer d'où venait l'attaque, les soldats rentrèrent précipitamment se mettre à l'abri dans les bâtiments, alors que trois armes lourdes automatiques télécommandées sortaient du sol sablonneux. Le sort protégeait des regards, pas des balles. Loki et Barnes durent abandonner leur position, alors que les miniguns commandés à distance arrosaient tout le secteur. Avec adresse, les deux assaillants évitèrent les balles, qui s'enfonçaient dans les dunes avec d'immenses gerbes de sable. La visibilité en était très réduite. Loki se faufila entre les tirs, pas inquiété du tout par les projectiles, jusqu'à atteindre l'une des machines de guerre. D'une main, il l'arracha du sol, et la cassa en deux sur son genou gauche, alors que Barnes envoyait une grenade aux pieds de la deuxième. La troisième machine continua de vomir des torrents de plomb, jusqu'à ce que Barnes envoie une deuxième grenade. Les deux hommes se couchèrent au sol pour éviter les débris métalliques de l'engin de mort, puis repartirent à l'assaut du bâtiment.
Cette fois, ils étaient visibles, et les soldats d'HYDRA se mirent en position et leur tirèrent allègrement dessus. Barnes et Loki ripostèrent. L'assassin avait insisté pour que Loki se munisse d'armes à feu, un pistolet mitrailleur, ainsi qu'un SIG Sauer, en plus de ses armes personnelles, les lames courtes qu'il dissimulait dans tous ses vêtements. Plus doué que Loki avec une arme à feu, Barnes le couvrit, alors que le Dieu du Chaos évitait les balles et se rapprochait des portes de la base. Le corps à corps était bien plus son truc, pas autant que Thor ou que n'importe quel guerrier défenseur d'Asgard, mais tout de même, il avait eu les mêmes maîtres d'armes que son frère, et se débrouillait plutôt bien avec une épée courte. Les membres d'HYDRA se trouvèrent bientôt dépassés, entre les tirs de Barnes qui faisaient mouche presque à chaque fois, et les coups d'épée de Loki. En quelques minutes, il n'y eut plus de résistance à l'entrée, et les portes furent condamnées à distance. Rien qui n'arrête le Dieu du Chaos et le super-assassin. A eux deux, ils brisèrent les serrures et ouvrirent largement les lourdes portes renforcées de la base, puis pénétrèrent dans le bâtiment.
Aussitôt, ils durent se mettre à couvert, mitraillés par une rangée d'hommes en uniformes noirs. La plupart tiraient à la mitraillette, ou au revolver. D'autres, peu nombreux, utilisaient cette énorme arme issue de la technologie du Destructeur. Les tirs de ces armes étaient plus puissants, mais pas encore suffisamment pour blesser Loki, qui, couvert par Barnes encore une fois, s'avança dans le couloir et fit jouer de sa lame. Les troupes d'HYDRA se replièrent dans un désordre indescriptible quand ils s'aperçurent qu'aucune de leurs armes n'avaient d'effet sur le grand homme masqué de noir. S'enfonçant dans le bâtiment, Barnes et Loki neutralisaient chaque soldat qu'ils croisaient, soit définitivement, soit temporairement en les attachant à l'aide de sorts. Ils étaient meilleurs dans la neutralisation définitive, mais tuer ne leur tirait aucun plaisir, et ils ne souhaitaient pas finir cette mission avec des cadavres jusqu'aux genoux, si bien que les petites pièces se remplissaient vite d'agents d'HYDRA assommés et ligotés.
Les soldats n'étaient pas idiots, et bientôt, tous ceux qui venaient à leur rencontre pour arrêter leur progression étaient munis d'armes Chitauri. Mais combien en avaient-ils ? Des dizaines ? Et d'abord, combien de soldats y avait-il dans les entrailles de la Sandbox ? Il semblait ne jamais en voir le bout. Malgré tout, ils avançaient, doucement mais sûrement. Les soldats se faisaient moins téméraires, et nombreux étaient ceux qui se rendaient purement et simplement. Finalement, ils arrivèrent dans une salle qui semblait être le centre névralgique du bâtiment. Des dizaines de serveurs étaient disposés les uns à côté des autres, et d'immenses moniteurs permettaient de diriger la base. Ceux qui travaillaient là n'étaient pas des soldats, mais des techniciens, bien qu'il y eut quelques gardes à l'entrée qui ne posèrent pas trop de soucis. Les exécutants furent entravés et mis dans un coin de la pièce, tandis que Barnes, guidé par Eatta dans son oreillette, pianotait sur les claviers de commande. Il brancha le disque dur et commença le transfert de données sur l'un des moniteurs, et commença à effacer les caméras de surveillance sur un autre. Sur un troisième, il vérifiait l'activité de la base. Loki gardait l'entrée, un œil sur le couloir, un œil sur Barnes. Il ne s'inquiétait pas d'une éventuelle crise de la part de son complice, mais on n'était jamais trop prudent.
« Petit Prince, l'interpella Eatta dans son oreillette. Barnes a trouvé où sont stockés ces fameux 0-8-4. Deux étages plus bas, salle 38B.
- Très bien, je vais vérifier de quoi il s'agit. »
Sans un regard en arrière, Loki se dirigea vers les escaliers de service, traversant des couloirs désormais vides. De temps à autre un soldat sortait d'une salle et le mitraillait, mais les balles n'avaient qu'un effet un peu indésirable, et ils étaient très vite neutralisés. Malgré tout, l'un d'entre eux parvint presque à le blesser avec une arme Chitauri, déchirant ses vêtements au dessus de son épaule. La prochaine fois, il prendrait l'entièreté de ses protections. Ses épaulières et son plastron étaient plus reconnaissables, mais il détestait qu'on lui abîme ses affaires, et lui par la même occasion. Il arriva devant la salle 38B et assomma un technicien qui eut le malheur de se trouver sur son chemin. La porte était fermée, mais rien qui ne résiste ni à la Magie, ni à sa force surhumaine. Il entra dans la pièce qui était en réalité d'une sorte d'entrepôt où s'alignaient des rangées parfaitement droites d'étagères, supportant ces fameux 0-8-4 : des armes Chitauri. Non pas des dizaines, mais des centaines, voire des milliers. Tout ce que le SHIELD avait pu récupérer de la bataille de New-York comme arme de poing était rangé là, attendant de servir. Loki frémit. Ces armes, l'énergie qu'elles dégageaient, tout ceci lui rappelait des souvenirs, d'atroces souvenirs. Les Chitauri n'étaient pas un peuple tendre, ni porté sur la discussion. Ils préféraient de loin la coercition, la contrainte et la torture. Et Loki n'était pas homme à se laisser diriger sans se battre.
« Merde, jura Eatta dans son oreillette le ramena à la réalité. Je ne pensais pas qu'il y en aurait autant.
- Moi non plus, avoua Loki.
- Tu peux les détruire ?
- Oui, mais je ne pourrai pas nous ramener à New-York.
- Ne t'occupe pas de ça, dit-elle. Je viendrai avec le téléporteur. Contente toi de faire disparaître ces trucs. Ça n'est pas la pire technologie de la Galaxie, mais c'est quand même un tas d'immondices. »
Loki ne pouvait être que d'accord. Seulement, supprimer une telle quantité d'armes allait se révéler dangereux. Il ne pouvait les détruire une par une, trop long, et énergivore. La manière la plus rapide qu'il pouvait entrapercevoir était par portail. Que Loki puisse créer des portails ce n'était pas nouveau. Il s'agissait du même type de Magie qu'il utilisait pour se téléporter. Un portail n'était qu'une déchirure dans l'espace-temps, la difficulté résidait dans la stabilisation d'une telle déchirure. Un exemple flagrant était les portails que Loki avait créé lors de sa tentative d'assujettissement de Midgard. Le premier portail avait puisé dans l'énergie du Tesseract pour s'ouvrir suffisamment longtemps et laisser passer le Dieu du Chaos. Malheureusement, il n'avait pu canaliser la puissance du Tesseract, et tout avait explosé. Le deuxième portail, celui au dessus de New-York, était une sorte d'apothéose, un métissage parfait entre Magie et technologie. L'iridium avait permis la stabilisation de l'énergie délivrée par le Tesseract, et le portail avait pu être suffisamment grand pour laisser passer les Léviathans de l'armée Chitauri. Loki était honteusement fier de cet exploit. D'un point de vue purement conceptuel, si on faisait abstraction de la tentative d'invasion, c'était la première fois qu'un être aussi jeune que lui parvenait à un tel déploiement magique. Bien entendu personne ni sur Midgard, ni sur Asgard ne savait ce que coûtait un tel exploit.
« Barnes ? Appela Loki dans son oreillette. Dès que tu auras fini, rejoins-moi devant la salle 38B. Je vais avoir besoin de toi.
- Compris. »
Ce qui était bien avec Barnes était qu'il était d'un professionnalisme à toute épreuve, et qu'il n'avait pas besoin d'argumenter des heures pour mettre en branle ses plans. Tout le contraire des camarades d'arme de son frère, qui avait besoin d'explications longues et détaillées avant d'accepter de lui faire confiance pendant quelques secondes. Barnes finit par le rejoindre. Il jeta un coup d'œil dans l'entrepôt puis se tourna vers Loki.
« Qu'est-ce que tu veux que je fasse ?
- M'évacuer quand tout se mettra à s'effondrer.
- T'es pas sérieux ?
- Si, très. Je vais créer un portail vers l'espace, qui absorbera tout pendant quelques secondes. Cela devrait suffire pour faire disparaître ces armes. Je redoute néanmoins que l'énergie contenue dans les armes nourrisse le portail, et qu'il reste donc ouvert un peu plus longtemps. Évidemment, ce sera très instable.
- Évidemment, grommela Barnes.
- Une telle action pompera mon énergie, tu devras probablement me porter. Eatta nous attendra à l'extérieur de la base pour nous téléporter à New-York. Des questions ?
- Tu ne peux pas faire ça de l'extérieur ?
- Non, créer un portail doit se faire à proximité. Je suis navré que tout ceci te retombe dessus.
- Pas grave. Je savais que je m'engageais dans un truc dangereux.
- Une dernière chose. Tu vas certainement me trouver beaucoup plus lourd qu'un humain. Ne sois pas surpris.
- Compris. »
Loki se concentra donc sur sa tâche, rassuré d'avoir Barnes couvrant ses arrières (quand avait-il commencé à faire confiance à ce point à l'humain ?). La Magie pulsait de ses mains, il sentait l'énergie couler jusqu'au bout de ses doigts. Il fit quelques geste simples et gracieux, puis l'énergie se matérialisa et frappa le plafond de l'entrepôt. Aussitôt, un vent peu naturel se leva, malgré qu'ils soient à l'intérieur. Le plafond s'ouvrit sur le néant, et tout ce qui se trouvait en dessous fut aspiré à toute vitesse. Épuisé par l'effort, Loki trébucha, et Barnes le rattrapa par la taille. D'un geste vif, il passa le bras de Loki par dessus ses épaules et le soutint en marchant le plus vite possible vers la sortie. Le demi-Jötunn lutta le plus longtemps possible, mais dès qu'ils sortirent du bâtiment, il s'évanouit.
Quelques heures plus tard – New-York, Manhattan, Bedford Street :
Cette sensation d'avoir été roué de coups, il la connaissait bien. D'une part parce qu'il avait déjà été roué de coups, un trop grand nombre de fois à son goût, ensuite parce que ce n'était pas la première fois qu'il se 'vidait' magiquement. La chaleur apaisante et la douceur des draps lui laissaient dire qu'il se trouvait dans son lit, à Bedford Street. Rassuré sur sa localisation, il consentit à ouvrir un œil.
« T'es réveillé ? Fit la voix de Barnes faisant se redresser brusquement Loki. »
Il aurait dû prendre plus de précautions, le geste envoya une vague de douleur dans tout son corps.
« Qu'est-ce que tu fais là ? Parvint-il à marmonner sans trop paraître cassant.
- Tu t'étais mis à saigner du nez et des oreilles quand on est rentré. Je me suis inquiété, c'est tout. Je vais prévenir Eatta que tu t'es réveillé. »
Le soldat se leva du fauteuil où il était assis sous la fenêtre (l'endroit idéal pour lire, d'après Loki), et passa la porte. Avant qu'il ne la referme derrière lui, Loki l'appela.
« Barnes, dit-il et le soldat se figea. Je voulais … merci. »
Le Sergent le fixa puis hocha simplement la tête avant de fermer la porte derrière lui.
Loki s'effondra sur son lit en poussant un soupir. Les saignements ne l'inquiétaient pas plus que cela. C'était courant en cas d'épuisement magique. Son corps était douloureux, mais rien qu'il ne puisse supporter (il avait résisté aux tortures de l'Autre, ce n'était pas pour geindre dès qu'il se fatiguait un peu). Après quelques temps, Loki se sentit la force de se lever. La faim était également un excellent stimulant. Il descendit à la cuisine, sortit quelques aliments des placards et du réfrigérateur, leva une main et la baissa aussi sec. Il s'était épuisé magiquement, il ne pouvait donc faire la cuisine à l'aide de sa Magie comme il en avait l'habitude. Grommelant contre lui-même, il se prépara de quoi se sustenter (cela lui prit plus de temps qu'à l'accoutumée), et se dirigea vers le salon, une assiette dans la main. Il ne mangeait jamais dans le séjour, ayant prit l'habitude de manger seul avec un livre dans un confortable fauteuil, près de la fenêtre, à prendre le soleil.
Mais aujourd'hui, le fauteuil juste en face du 'sien' était déjà occupé. Barnes était assis et regardait dehors, le menton dans une main, le regard flou. Loki s'assit également et commença à manger, sans livre cette fois.
« Tu vas mieux, dit simplement Barnes en décrochant son regard de l'extérieur.
- Oui.
- Que comptes-tu faire ?
- Eatta se charge de l'analyse des données de la Banque et de Sandbox. En attendant qu'elle nous rende son verdict, j'irai probablement acheter plus de livres. J'ai fini ceux que j'avais acheté en arrivant sur Midgard.
- Non, je voulais dire, à propos de tout ça. »
Loki se tut. Il n'avait pas spécialement envie de se dévoiler face au soldat, mais il se disait également que celui-ci pourrait faire un excellent allié.
« Tu ne fais pas confiance à Eatta, continua Barnes, et putain, je te comprends. C'est dur de faire confiance à quelqu'un qui cache des choses importantes avec autant de culot. Toi, c'est pas pareil. Tu es secret parce que c'est une question de survie. Et putain, je peux comprendre. Elle, on dirait qu'elle joue avec nous.
- Eatta est à la recherche de ce qu'on nomme les Gemmes d'Infini, expliqua Loki alors qu'il mangeait. Ce sont des entités magiques minérales d'une très grande puissance. Il y en a six. J'en possède une, son frère aussi, et le Sceptre après lequel nous courons en a une dans son cristal. Mais nous ne sommes pas les seuls à la poursuite des Gemmes.
- Une chasse au trésor, alors, comprit Barnes. »
C'était la première fois qu'il se montrait si curieux et si bavard, et si cela étonnait Loki, il découvrait que discuter avec l'humain n'était pas désagréable.
« Une chasse au trésor, c'est tout à fait cela. Le frère d'Eatta est un des autres participants. Taneleer Tivan n'est pas un joueur à négliger. Il est l'une des créatures les plus vieilles de sa Galaxie, et possède un empire financier bien plus important que Stark. Les Avengers, eux ne sont intéressés que par le Sceptre. Mais leur participation nous sera utile je l'espère. Le Titan Fou, celui qui m'a envoyé ici sur Midgard, est également à la poursuite des Gemmes, pour détruire les Neuf Royaumes. Autant te dire que ce participant-là sera le plus coriace.
- Ce Titan, il a un nom ?
- Oui, mais je ne le prononcerai pas.
- Pourquoi ? S'étonna Barnes.
- Les noms ont des pouvoirs, Barnes. Et celui-ci peut-être plus que les autres. Je ne l'inviterai pas à nouveau dans mon esprit.
- Oh, d'accord. Je n'ai rien compris, mais d'accord. Les noms ont des pouvoirs. Ça veut dire que puisque tu connais mon nom, tu as un pouvoir sur moi ?
- Oui, Barnes. Certaines formes de Magie, notamment la Magie destructrice, ou les formules d'asservissement, sont basées sur le nom complet des personnes concernées.
- Ok, là tu me fais peur.
- Ce n'est pas ce type de Magie que je préfère. Si je devais t'asservir, je n'utiliserai pas la Magie, car alors, je m'enchaînerai aussi.
- C'est moi ou cette conversation est complètement ambiguë, Petit Prince ? Demanda Eatta en entrant.
- C'est toi, Eatta. Tu devrais te trouver un amant, cela allégerait ton esprit.
- Je ne saurai que faire d'un homme. Une femme par contre, aurait toutes mes faveurs.
- Une femme ? S'étonna Barnes. Mais c'est, ce n'est …
- Oh, Midgard et leurs œillères, soupira Loki. L'univers n'a que faire de savoir si tu aimes un homme ou une femme, ou tout autre chose. Et les êtres qui composent cet univers devraient faire de même.
- Cela reste un pêché mortel, s'obstina Barnes.
- Nous n'aurons pas cette discussion aujourd'hui, soupira Loki. Parce que cela nous prendrait trop de temps, et que je suis épuisé. Et d'abord, tu voulais quelque chose Eatta ?
- Du jambon, en réalité, mais tu as fini le paquet à ce que je vois. Je me trouverai autre chose. »
Sur ce, elle quitta la pièce. Quelques instants plus tard, les deux hommes l'entendirent remonter au second étage.
« Tu crois qu'elle nous a entendu ? Je veux dire …
- Selon toute probabilité, elle a entendu une bonne partie de notre conversation, le coupa Loki. Mais je ne pense pas que ce soit un problème.
- Et pourquoi cela ?
- Parce que, si nous ne lui faisons pas confiance, la réciproque est vraie. Elle a besoin de nous, nous utilise dans son propre intérêt, mais ne fera jamais la bêtise de baisser sa garde. Elle est loin d'être idiote, et a déjà connu les affres de la trahison.
- Comme toi ? »
Loki lui jeta un regard noir, et Barnes leva les deux mains devant lui, se rétractant. Le silence s'installa, gêné, jusqu'à ce que Barnes, qui décidément ce jour-là n'avait pas sa langue dans sa poche, relance.
« Tu lis quoi en fait ? »
C'était juste pour briser le moment incommodant, mais celui suffit à détendre un peu l'atmosphère.
« De tout, vraiment. J'aime lire, et je connais mal la culture Midgardienne. Je suis curieux de nature, je déteste ne pas savoir. Et j'aime apprendre. Pas que je considère les Midgardiens, mais ils ont … vous avez une littérature correcte, et des écrits scientifiques parfois étonnants. Savais-tu que des savants ont étudié la friction qu'il peut y avoir entre une chaussure et une peau d'un fruit, la banane ? Il y a même des récompenses pour les études les plus absurdes. Vraiment, ce monde est rempli de surprises.
- Laisse-moi deviner. Cela n'a pas fait évoluer ton mépris pour les humains d'un pouce.
- Pas du tout. En réalité, je suis convaincu que certains humains méritent ma considération. Je n'en ai juste pas rencontré beaucoup jusqu'ici.
- Tu en as donc rencontré, nota Barnes. Qui sont-ils ? Et surtout, pour quelles raisons ?
- Ce n'est pas la première fois que je viens sur Midgard. Mais les personnes que j'ai pu estimé en ces temps-là sont toutes mortes. Je vais donc seulement évoquer les vivants. Laisse-moi réfléchir. Lors de ma dernière venue, donc pas vraiment le meilleur moment pour socialiser tu penseras bien, l'une des premières personnes que j'ai rencontré, je l'ai soumise grâce au Sceptre du Titan Fou, celui-là même que nous cherchons à récupérer. Il s'agissait de l'agent Clint Barton, sniper et assassin de renom. Mais qui a du cœur, ce qui est rare dans ce domaine. Je l'estime car il parvient à cumuler son travail d'agent d'élite de l'équipe STRIKE, et une vie de famille équilibrée. Il a le sens de la famille, et d'un certain côté je l'envie.
- Tu envies son sens de la famille ? S'étonna Barnes. Tu as l'instinct paternel ou quelque chose comme ça ? »
Le regard de Loki se fit meurtrier à nouveau.
« Ok, ça ne me regarde pas. Continue, je t'en prie.
- Pour en revenir aux humains, Nick Fury, le Directeur du SHIELD ne mérite pas une seule seconde ma considération. Il ressemble beaucoup trop à Odin, et a cette tendance horripilante à transformer n'importe quelle bonne idée, en arme. Je ne suis pas un pacifiste, loin de là, mais cet homme est un belliciste. Ni plus, ni moins. Il avait à son service l'agent Romanoff, une femme très intéressante car elle est une des rares personnes à pouvoir me mentir. Vois-tu, je suis le Dieu du Mensonge, pas le Dieu des Menteurs. Je détecte le mensonge, quel qu'il soit. J'ai appris à mentir au fil des siècles, mais en réalité je suis bien meilleur dans le domaine de la manipulation que du mensonge. Mentir et jouer la comédie sont deux choses fondamentalement différentes. Jouer la comédie, c'est faire croire être quelqu'un d'autre tout en étant soi-même. Mentir c'est faire croire être soi-même tout en étant quelqu'un d'autre. Jouer la comédie n'implique pas de mettre sa propre identité en jeu. C'est pour cela que mentir est difficile et que les bons menteurs sont rares. Rares sont ceux qui parviennent à effacer suffisamment leur propre personnalité pour mentir efficacement. Romanoff est de ceux-là.
- Deux Avengers, donc, constata Barnes.
- Oui, c'est vrai, deux Avengers. Il est sot de ne pas estimer ses ennemis, surtout lorsqu'ils vous battent. Encore plus s'ils y échouent.
- Ça ressemble à un proverbe.
- C'était une phrase d'un de mes Maîtres de Magie. Maître Vlanarus le Sagace. Un Vane d'une grande sagesse, et d'une érudition encore plus grande.
- Et les autres Avengers alors ?
- Et bien, Thor n'est pas humain, et si je l'estime en tant que frère, encore que…, je ne l'estime pas en tant que combattant. Je suis peu friand de la stratégie qui consiste à taper sur tout ce qui bouge et poser les questions après. Steve Rogers est taillé dans la même veine, j'en suis navré Barnes, mais ce héros pétri de bon sentiments, de valeurs honorables, m'est beaucoup trop insupportable. Peut-être n'est-il pas vraiment comme cela, mais pour le moment, non, je n'arrive pas à lui trouver des qualités, autre que celle de bon leader. Bruce Banner est peut-être quelqu'un de très intelligent, mais je n'ai fait la connaissance que de son alter ego, et disons que mes os s'en souviennent encore. Anthony Stark … son cas est particulier. C'est comme s'il arrivait à combiner l'égoïsme le plus pur, avec l'altruisme le plus dégoûtant. Un vrai cas d'école. Sans compter que c'est un génie. Pour un humain. Et il a le sens de l'humour en situation de stress, ce que les autres ont moins. Si je pouvais passer plus de temps avec lui, soit j'en arriverai à lui arracher la tête, soit il ferait partie des humains que j'estime. Je n'arrive pas à me décider sur ce personnage. En revanche, il y en a un qui n'était pas un Avenger, et qui a toute ma considération, c'était cet agent sur l'Héliporteur, qui m'a tenu tête. Vraiment, quel dommage d'avoir été obligé de le tuer. J'espère que ses funérailles ont été à la hauteur de son sacrifice.
- Quel était son nom ? Demanda Barnes sans s'émouvoir.
- Phil, je crois. Je ne connais pas son ascendance, juste son prénom. Oui, vraiment, il est bien dommage que cet homme soit mort. »
Ah, Loki, si tu savais !
Voilà, c'était le chapitre 4, le dernier de l'Acte1, cela veut dire que le décor est bien posé, et que les choses vont avancer. Mais avant, un petit interlude, que je posterai demain :)
A bientôt !
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