Coucou tout le monde!
Avec un peu de retard voici le nouveau chapitre, cette fois plus court que le précédent mais je voulais tout de même le poster à part.
Bonne lecture! :)
Neji dansait, les yeux grand ouverts. Il dansait en plongeant son regard dans celui de Lee. Presque moqueur, et pourtant son visage exprimait la douleur. Lee n'avait pas à déguiser son visage, il était cet homme, il était Pylade. Ses bras qui tentait de se saisir de lui, il les connaissait. Alors il dansait, tellement souple, tellement gracieux. Et brusquement Lee cessa de danser, Neji sentit son cœur s'arrêter, comme si soudain son ami l'abandonnait…
- Que se passe-t-il ? demanda-t-il d'une voix blanche.
- Rien, sourit Lee. Mais… je repensais à une chose. Je repensais à notre rencontre. On était encore des gamins… Ce qu'on a fait pendant des années, c'était exactement ce que nous venons de faire. Tu dansais et je te poursuivais. Et tu attendais que je t'attrappe et j'espérais te toucher.
- Je sais, murmura Neji en s'approchant de lui.
- C'était ce que je voulais…
- Quand tu as proposé l'idée ?
- Oui.
Les deux danseurs se souriaient. Et c'est avec ce sourire aux lèvres qu'ils reprirent leurs enchaînements. Ils étaient deux mais la complicité était le troisième membre.
- J'entends ce que tu veux me dire, tu sais, murmura soudain Neji sans cesser de danser. Alors Lee tendit simplement l'oreille sans s'interrompre non-plus. Cette histoire je l'ai acceptée parce que je l'aimais, parce que le projet était beau… Mais je sentais que je devais t'écouter. Comme si cette fois était réellement celle où je ne pouvais pas me dérober, sinon tu partirais.
- Je ne partirai pas, répondit doucement Lee en lui saisissant le bras qui glissa de tout son long dans sa paume.
- Je sais, souffla son ami en s'excusant du regard.
- Je voudrais t'avouer une chose, poursuivit-il alors. Moi aussi j'avais peur. En te proposant mon idée j'avais peur que tu partes, que tu ne reviennes pas au studio le lendemain, ni jamais, que Pylade demeure orphelin d'Oreste. J'ai peur et je tremble à l'idée que tu disparaisses.
- Tu sais que je ne pars pas justement parce que tu es là.
- Pourtant je songe souvent que ça te ferait du bien. Et j'ai l'impression d'être une chaîne à ta cheville
- Tu es un battement d'aile à mon sourire, souffla Neji alors que ses bras s'élevaient et ondulaient dans les airs.
Une plume au vent.
- Ça m'aurait fait du bien, poursuivit-il en lui échappant en tournoyant sur lui-même aux mains de Lee. Avant. Maintenant j'ai autre chose au fond de mon cœur. Je t'ai toi au creux de mes paumes et Hinata enlaçant mes épaules. C'est l'image que j'ai, dit-il en s'interrompant soudain.
Alors Neji s'approcha de Lee qui s'était lui-aussi immobilisé. Il se plaça devant lui, son torse appuyé sur son dos. Il sentait le cœur de Lee battre près de lui., et il se saisit de ses mains. Les doigts bandés de son compagnon glissaient sur sa peau d'albâtre, effleurèrent les veines bleuies qu'il lui offraient. Et enfin leurs paumes se rencontrèrent, leurs mains se refermèrent.
- C'est l'image que j'ai lorsque je pense à vous, murmura-t-il en sentant le visage de son ami tout près de son oreille. Un corps mort qui reprend vie, un corps que l'on porte.
Et Lee le souleva. En gardant leurs paumes jointes, en le conservant au cruex de ses bras.
Neji s'envolait. Neji flottait. Ce n'était pas une image de Christ que l'on porte ni d'une princesse que l'on soulève.
Un ange qui s'éveille.
Lee jouait son rôle et celui d'Hinata. Et soudain son ami lui fit signe de le redéposer, sans abandonner leurs posture initiale. Puis il se pencha en avant, encore et encore. Et son ami demeura collé à son dos, jusqu'à ce que l'inclinaison de leur corps fasse glisser Lee par-dessus ses épaules. Et leurs mains ne se lâchaient pas, l'un était désormais passé devant l'autre. Alors il souleva son ami comme celui-ci venait de le faire.
Et il le redéposa, et ils répétèrent l'enchaînement, encore, encore, encore.
Le corps mort, c'était eux. Et le corps mort ne cessait de reprendre vie, par la seule force de leurs mains jointes. Glisser l'un par-dessus la'utre, donner son envol à l'autre.
Dans les airs. Aériens.
- Gardons cette image, murmura Lee en reposant une dernière fois Neji.
Car dans ce tableau il y avait eux, il y avait tout ce qui les liait. Et aussi, il y avait le troisième. Ce qui les rendait vivant, tout ce qui leur donnait vie, tout ce qui leur donnait envie.
- Tu vas voir Hinata ce soir ? s'enquit-il alors qu'ils se changeaient.
- Oui.
Et le sourire de Neji n'appelait pas d'autres mots.
- Vous allez encore en parler ?
- Peut-être… Elle voulait que l'on regarde un film.
Passer du temps à deux, comme elle en avait rêvé, rire à gorge déployée avec son cousin, rattrapper les moments de complicités qu'ils n'avaient pas eu. Lee fixait, fasciné, les traits sereins de son ami. C'était une douceur qui semblait prête à s'épanouir comme un champ de fleurs après qu'il a plu.
- C'est une nouvelle douceur à ton cœur, murmura-t-il.
- J'ai peur car je nage dans cette douceur. Depuis que nous avons commencé ce projet je me sens vivant, j'ai peur que cela s'arrête. Mais tant pis, je goùte pour l'instant…
- Souviens-toi de la douceur du thé.
- Et son arôme mentholée. Elle l'avait agrémenté de miel. Elle riait tu sais, et moi j'ai l'impression qu'aujourd'hui je rirais aussi.
Lee ne répondit pas, il savait qu'il n'en avait pas besoin. Alors il changea de sujet.
- Nous dansons dans trois semaines, Gaara sera là. J'aimerais te le présenter.
Il le voulait depuis des années et depuis des années Neji esquivait.
- Je ne sais pas pourquoi tu désires tant que nous nous connaissions, enfin maintenant je comprends peut-être un peu mieux… J'imagine qu'il y aura aussi tous tes autres amis.
- C'est notre point de raliement. Les anniversaires et nos spectacles, jamais il n'y a d'absent.
- Alors soit, murmura-t-il. Je voulais proposer à Hinata de venir aussi…
- Ils vous aimeront tous les deux.
Neji sourit encore, son silence valait tous les oui du monde.
N'hésitez pas à me laisser votre avis, en bien ça fait plaisir, en mal c'est utile pour la suite! :)
