Chapitre 6. Falling for you.
Chaque semaine, c'est le même enjeu pour Dean. Trouver des heures de libre. Pour tous. Ses potes, lui, l'hôpital et Jules, Castiel... Cette fois c'est pour ce dernier qu'il a réussi à se libérer. Le mois de Juillet est bien entamé aussi alors grâce aux vacances, la promo souffle enfin. Il n'en diminue pas les soirées et c'est demain qu'il doit rencontrer des journalistes de Canal Plus. Il fera le numéro de la rentrée. Le premier. Pfff... Demain.
Aujourd'hui, maintenant, il tape contre la porte de son amant préféré. Surprise…
Quelques secondes plus tard, Castiel vient lui ouvrir la porte. Dean se glisse jusqu'à lui et murmure :
« Surprise trésor...
Il se penche, a très envie de l'embrasser. Trop de temps... Sauf que :
Hey, hey j'suis pas gay moi ! dit Cas en le repoussant.
Quoi ?! Tu te fous de moi ? s'exclame Dean.
Derrière sort du couloir un autre Castiel, mais celui là a le sourire jusqu'aux lèvres.
Cas c'est souvent que t'as des stars du ciné qui frappent chez toi ?, lui demande l'autre.
Non juste lui ! Salut beau gosse…
Castiel le tire par le tee-shirt pour l'embrasser. Dean n'arrive même pas à comprendre ce lui arrive. Il répond à peine au baiser du vrai Castiel et regarde les deux copies conformes. Troublé.
Tu peux m'expliquer ? demande-t-il.
Il n'ose pas ajouter le prénom tellement il est perdu là. Castiel éclate de rire, visiblement Dean est perdu !
Je te présente Misha, mon frère… Jumeau ! Et Misha je te présente Dean… Mon… Euh… Mon amant !
Ah d'accord., fait Dean dans un petit sourire. Désolé., s'excuse-t-il auprès de Misha. Et enchanté, Dean...
Winchester, oui je sais ! rit le frère de Cas en lui serrant la main. C'est difficile de vous échapper.
Je prends ça comme un compliment ! » rit-il.
Castiel tire Dean à l'intérieur de son appart. Il a le cœur qui palpite qui s'affole. Voir Dean enfin, après plus de deux semaines… Pourquoi est-ce qu'il faut qu'ils attendent tant de temps avant de se voir à chaque fois ?
Du couloir sort encore une troisième personne, cette fois beaucoup plus petite, mais avec un gros gros air de ressemblance avec les frères. Mais à peine a-t-elle vu qu'un inconnu a pénétré dans l'appartement qu'elle se cache derrière le mur.
« Ha et ma nièce, West !
Viens dire bonjour chérie quand même, fait pas ta timide…, tente de la raisonner Misha.
Ah, c'est elle que tu as peinte..., sourit Dean.
Il s'accroupit et tend les bras vers la petite fille. Il lui parle tout bas :
Viens me voir, j'ai un secret à te dire.
La petite West s'approche, le regard méfiant mais veut quand même savoir.
Tu es vraiment très jolie., dit-il à son oreille. Ton oncle il t'a dessiné tu sais ça ?
Oui ! Même qu'il a dit que c'était moi la plus belle alors j'veux l'épouser !
Tout le monde rigole, et Dean continue.
Et moi tu me trouves pas beau ?
Moins que Castiel et mon Papa !
Misha éclate de rire alors que l'acteur se relève, déçu.
La vérité sort de la bouche des enfants !
Castiel trouve Dean carrément adorable, il ne le savait pas comme ça avec les petits. Il en profite alors pour prendre sa main.
C'est sûr que les grands gamins savent parler aux petits ! Allez moi je te trouve beau !
Bon ça va alors. »
Il jette un coup d'œil en coin à Misha et sa fille. Putain il avait vraiment pas prévu ça lui. Ça le gêne de penser à des choses pas convenables mais pfff... Manque. Le petit brun le lit sur ses traits, il devine qu'il est à la fois déçu et content. Déçu de ne pouvoir être en tête à tête avec lui et content de connaître un peu son entourage. Enfin il croit…
« Bon bah on va vous laisser alors hun, nous on passait juste comme ça, et puis si t'as de la visite Cas on va pas vous déranger !, intervient Misha.
Oh… Bon bah oui d'accord.
Allez tu dis au revoir West ? »
La petite va faire un bisou à Castiel puis à Dean. Misha prend Castiel dans ses bras pour le saluer et lui glisse au passage « Fais attention à toi. ». Puis il serre la main de Dean et s'en va, tenant sa fille par la main.
Dean sourit. Oui il est content. D'avoir vu Misha et la petite fille de la peinture. Certaines choses se sont éclairées. Mais il est encore plus content de coincer Castiel contre le mur de l'entrée et l'embrasser comme il n'a pas pu le faire en arrivant. Castiel en a mal au ventre, il glisse ses mais dans les cheveux de son amant, s'y agrippe comme un forcené. Putain il lui a manqué…
C'est bien ça que veut dire leur baiser. Que leurs corps se sont manqués, que c'est redevenu un besoin animal d'être près de l'autre. Ça tord le ventre de Dean qui se met à parler entre deux baisers.
« Ton frère est génial de s'en aller...
Il aime pas gêner… Et il a dû bien comprendre qu'on avait envie d'être l'un avec l'autre.
J'ai pas beaucoup de temps Cas en plus..., soupire Dean. J'avais juste trop envie de...
Castiel s'arrête dans son mouvement.
T'es juste venu là pour tirer ton coup en fait., commente-t-il.
Bah euh, c'est pas ce que tu veux toi aussi ? tente Dean.
Je pensais qu'on aurait pu avoir le temps de discuter, de s'embrasser et peut-être s'envoyer en l'air, mais vu comme tu m'amènes ça j'ai l'impression d'être la pute que tu viens visiter quand ça t'arrange.
Dean fait une drôle de tête. Incompréhension. C'est quoi ce que lui fait Cas là ?
Mais pas du tout ! Tu l'as toi-même dit à ton frère : on est amant. Amant en premier lieu c'est pour le sexe ! Après j'adore parler avec toi et tout, c'est pas la question mais ça fait deux semaines qu'on s'est pas vu !
Non mais tu voulais que je lui dise quoi ? Je sais même pas ce que tu es ! Et puis je te reproche juste de venir uniquement pour ton petit plaisir sans même savoir si moi je pourrais avoir envie. Et ça en l'occurrence c'est comme pour une pute.
Fais-moi croire que t'as pas envie Cas ! s'énerve Dean. Tu aimes que je te plaque contre le mur et que je t'embrasse non ? Que je passe te faire la surprise chez toi ? Et c'est pas un drame putain, moi aussi j'aime ça. T'es pas une pute, c'est pas comme ça que je te vois. Moi non plus je sais pas ce que tu es pour moi mais certainement pas une pute !
Alors essaye déjà de me le montrer !
Castiel se retourne et va vers la porte de l'entrée.
Comme si je t'avais pas respecté toutes les fois où on a baisé. Comme si j'avais pas fait attention à toi. C'est toi qui te fermes Cas, tu veux jamais me regarder en face quand on le fait et là c'est moi qui ai l'impression de passer pour une pute. »
Sans un mot de plus, Dean prend la porte et se casse de là. Sur les nerfs. Castiel serre les dents, à les entendre grincer. Ça aurait pu bien se passer s'il n'avait pas ajouté la fin. Il n'est pas une pute putain !
La porte claquée derrière Dean, il verrouille bien comme il faut.
« Sale con ! »
Dean est rentré chez lui direct. Puisque les heures aménagées pour son temps avec Castiel ne sont pas mises à profit, autant les utiliser pour autre chose. Il doit faire ses comptes, regarder combien il a gagné dans la semaine déjà. Après ça, il doit répondre à une longue série de mails et même à un d'un réalisateur qui lui envoie le synopsis de son scenario, il serait intéressé par Dean, en voilà une bonne nouvelle ! C'est beaucoup mieux que de baiser avec le petit brun tiens. Et oui, quand on est acteur, c'est tellement facile de se persuader que tout va bien. On a qu'à s'inventer un nouveau rôle, comme homme d'affaires et le tour est joué.
Il passe maintenant à femme au foyer. Faire du ménage ici ne sera pas du luxe. Il s'épuise toute l'après-midi à ça, nettoie, récure, change l'eau du poisson, nourrit Sam, va faire des courses. Se vider la tête, surtout.
C'est plus ou moins efficace. Il est fatigué, mais le soir quand il reçoit un appel du mec avec qui il a couché y'a deux jours pour une soirée en boîte, il ne peut dire non.
Castiel n'a rien fait, il s'est énervé toute la journée, il n'a pas eu le courage de se mettre devant sa toile pour avancer. Il aurait fait trop de dégâts…
C'est aussi au boulot qu'il part de mauvaise humeur. Le premier qui l'emmerde va en prendre pour son grade.
Défoncé. Complètement. Dean rit. Il est ivre alors qu'il s'est promis de ne jamais abuser sur la boisson depuis quatre ans. Il se laisse servir, il ne fait que suivre. Ils sont une bande de quatre, cinq avec Dean. Sur la table il y a six bouteilles. Champagne, Whiskey, vodka... Tout ce qu'il y a de plus fort. Avoir une table en boîte leur confère un certain pouvoir. Les filles viennent, ils les repoussent, ils rient encore. Dean se lève, titube plus qu'il ne danse. Il a du mal, il ne pense plus à rien.
Vers deux heures du matin, un des mecs lui tire le bras. Ils dégagent d'ici. Nouveau bar qu'ils veulent tester. Dean ne dit rien, il ne fait que suivre depuis qu'il a reçu ce coup de téléphone à huit heures et demie. Et c'est comme ça qu'il se retrouve dans un taxi, traverse Paris avec ses nouveaux amis people et franchit les portes d'un bar. Il ne reconnaît pas tout de suite l'endroit, de toute façon la seule chose qu'il veut c'est s'enfiler un rail de coke aux toilettes.
En ressortant il se sent fort, beau, sexy. Il a envie de danser, plus de boire. Juste se laisser porter par la musique... Il en enlève son tee-shirt noir moulant – qui est en fait celui de Castiel – et ondule de son corps...
Et si Dean ne voit rien, Castiel par contre l'a bien vu. Dean lui encore, dans son bar. Il est avec des gens qu'il n'a pas l'habitude de voir. Le blond aux yeux verts n'est pas là.
Ça lui fout encore plus les nerfs, qu'il vienne là, alors qu'il l'a quasiment foutu à la porte et envoyé chier dans l'après-midi… De plus, Dean est défoncé, bourré, il le sait, c'est son boulot de faire arrêter de boire les gens qui commencent à être un peu trop imbibés. Sauf que chez Dean ça se voit encore plus.
Sa table n'est pas celle qu'il a à servir. Tant mieux. Cette fois ce n'est pas la bière qu'il aurait renversée, mais le plateau entier.
La présence des people dans ce bar se répand vite, des gens affluent pour les voir. Dean se sent plus oppressé, il ouvre les yeux à la recherche de quel que chose d'apaisant. Et il trouve, rapidement. Castiel encore. Oh mon Dieu... Il regarde autour de lui et réalise où il est. C'est pour ça qu'il se sentait si bien alors ? Il ne sait pas mais ce qu'il sait c'est qu'il veut voir Cas. Il ne se souvient pas de l'incident de tout à l'heure. Il fend la foule en sa direction et cherche à le plaquer contre le mur.
« Cas..., souffle-t-il. M'as manqué...
Le petit brun le repousse immédiatement, furax.
Mais casse-toi putain !
Dean sourit. Il aime bien jouer au jeu du chat et de la souris. Il tente d'embrasser Castiel, après tout c'est lui le plus beau, son amant ne pourra pas lui résister.
Laisse-moi te baiser… Allez… ! s'impatiente Dean.
Castiel écarquille les yeux, détourne la tête et cette fois le pousse tellement fort que le dos de Dean heurte le mur en face.
Mais tu me prends pour qui ? T'es défoncé en plus !
Aïe Cas ! crie Dean. Mais j'ai envie de toi moi c'est tout ! Et je sais que j'suis bourré mais c'est bon, ça va, j'suis en soirée !
Non mais tu te fous de ma gueule ? Je t'ai déjà dit non tout à l'heure ! Je suis pas une pute et franchement tu me dégoûtes, moi qui croyais que tu avais des principes ! Never more hein ? ».
Les deux mots en anglais font blanchir Dean. Il sent juste la main de Castiel qui lui serre le poignet tatoué et qui lui agite devant les yeux. Il voit du Never More partout, il a la conscience tapissée de regrets, de remords, la bile remonte, réaction en chaîne non désirée. Il regarde Castiel mais son regard est vidé par tout l'alcool qu'il a bu. Il devrait avoir honte, il sait putain. Il ne bouge pas, il espère qu'il va se réveiller.
« Va dessoûler quelque part hors de ce bar ! Casse-toi ! Dégage ! »
Castiel n'arrive pas à retenir son geste, il est bien trop énervé, bien trop déçu. La gifle qui arrive sur la joue de Dean claque tellement fort qu'une seconde, il regrette. Il a entendu le bruit qu'elle a fait, et lui en mal à la main. Un coup de poing aurait presque eu le même effet vu la force qu'il y a mit.
Puis avant de dire quoi que ce soit de plus, il s'en va.
La gifle est aussi bien physique que mental pour Dean. Il passe sa main sur sa joue. Il a mal mais au moins ça l'a réveillé. L'alcool qui le rendait joyeux le rend grave en colère. Une espèce de furie monte en lui, il ne sait pas si c'est contre lui ou contre l'autre, il sait juste qu'il veut fuir cet endroit de merde. Encore une fois.
Il retourne voir ses amis people et décrète qu'ici c'est pourri, le bar concurrent dans la rue d'en face est bien mieux, oui, oui on y va tout de suite. Le bar se vide d'une partie de sa clientèle qui suit la bande.
Dean a mal putain. Et partir d'ici ne l'aide pas, au contraire…
Castiel se calme en voyant que tous sont partis. Voilà moins de viande saoule, moins de cons pétés de thune. Le travail lui fait passer son énervement.
Rentrer. Fumer. Crier.
Dean a à peu près envie de la même chose. Vers trois heures et demie du matin, il fatigue, la bande veut encore se tirer ailleurs, Dean ne suit plus, il arrête les frais. Il a mal à la tête, ne rit plus du tout. Il veut juste rentrer. Il reprend un taxi, retraverse Paris et à peine passe-t-il le palier de son appart' qu'une envie de vomir le prend. Il traverse l'entrée et va dans la salle de bain.
Non, il ne peut pas rester ici avec la gueule de bois. Pas avec… Never More.
Il s'essuie, boit un grand verre d'eau dans la cuisine, et s'assoit par terre, le dos contre le meuble. Il n'y en a qu'un qu'il a envie de voir même s'il sait qu'il devrait plutôt se cacher de lui. Tant pis. Il est irrésistiblement attiré par lui, et il n'est pas en état de résister.
Il donne l'adresse de Castiel au chauffeur de taxi.
Castiel lui est déjà rentré, il a entrepris de prendre sa douche nocturne. Non il ne s'attend pas à voir Dean débarquer. La gifle lui semble avoir été de trop... Ça n'a pas pourtant arrêté son amant qui bad sévère. Il a tellement bu... Ça va mal, très mal alors c'est de désespoir qu'il tape sur la porte de Cas.
À peine Castiel a-t-il entendu frapper à sa porte qu'il sait. Evidemment que c'est lui, il n'y a personne d'autre qui vient le voir à cette heure-là de la nuit. La situation peut dégénérer avec un Dean encore plus bourré …
En tee-shirt, caleçon il déverrouille la porte. Sur Dean. Comme par hasard. Mais il le laisse sur le palier. Il ne dit rien. Le regarde juste. Dean a le regard un peu moins vide qu'il y a deux heures, au contraire. Il est plein de tristesse, de malaise. Il veut juste que ça s'arrête. Il fait un pas, puis un autre, jusqu'à se mettre au plus près de Castiel. Lui fait un pas en arrière, se protégeant.
« Tu veux quoi ?, demande-t-il, abrupt.
Que tu me pardonnes. Que tu m'aides Cas parce que t'es le seul à pouvoir.
Le petit brun est désarçonné par cette réponse. Alors ça il ne s'y attendait pas.
On peut savoir ce qui t'a poussé à faire tout ça ?
Toi. Moi et ma fureur. Le dépit. Tu veux que je continue ?
Dean se passe la main sur les yeux, se frotte. Quel mal de crâne putain...
Mais t'as pas à te conduire comme ça. En plus moi qui pensais que tu étais assez intelligent, qui avais du respect pour toi, qui avais su tirer des conclusions de tes erreurs. J'espère que c'est pas une habitude chez toi de traiter les gens comme tes chiens.
Mais Cas j'arrive pas à te suivre moi non plus. Enfin... J'suis perdu, je sais pas quoi penser ni de toi, ni de moi. De nous, il doit même pas y avoir de nous et moi j'en trouve un. Alors quand j'ai débarqué, c'était peut-être pas malin j'suis d'accord mais... Si c'est ça, on n'est pas amant Cas., fait Dean à voix basse.
Bien sûr que y'a un nous. Sauf que aucun de nous à envie d'être en couple. C'est aussi simple que ça. On a envie de se voir, okay. On a envie de s'envoyer en l'air, avec plaisir. Mais c'est pas non plus la peine de croire que je suis là que pour ça. Je te demande pas une relation normale ni rien du tout. Je demande rien. Juste ne viens pas quand ça t'arrange et que tu as envie de tirer ton coup.
Bon d'accord mais j'voulais pas que tu penses ça... Ah putain... »
Un violent mal de crâne le prend, lui donne la nausée. Il s'adosse au mur et essaye de reprendre sa respiration tranquillement. Castiel serre les poings. Putain allez, Dean s'en veut, c'est comme s'il s'était excusé. Il finit par le prendre par la main et le faire rentrer. Derrière lui il verrouille la porte et va le faire asseoir sur une chaise.
« Tu veux quelque chose contre ton mal de tête ?
Oui... Tes bras s'il te plaît. J'suis pas venu pour m'envoyer en l'air cette fois je te promets...
Je vois bien… T'es dans un sale état… »
Castiel va quand même lui faire un verre d'eau avec deux efferalgants. Dean les boit dans une petite grimace. Il a toujours envie de vomir mais il essaye de se retenir.
« J'ai vraiment perdu l'habitude de boire et c'était mieux comme ça..., souffle Dean.
Ça a jamais été reconnu comme quelque chose de bon pour la santé d'après ce que je me souvienne… Allez viens… Faut que tu dormes, y'a que comme ça que ça va passer. »
Le petit brun lui tend la main pour le faire se lever. Dean la lui donne sans sourciller. Castiel l'accepte dans son lit, ça lui fait du bien. Qu'il s'occupe de lui en le déshabillant. En lui lavant le visage avec un gant de toilettes. En le couchant dans ses draps, dans son odeur. Et maintenant Dean a les yeux mi-clos, attend que Castiel le rejoigne. Celui-ci ne dit plus rien, il voit à quel point Dean n'est pas bien, autant physiquement que mentalement. S'en vouloir d'avoir fait des conneries c'est assez pesant… Pas la peine d'en rajouter plus et de jouer avec la corde sensible.
Les volets et les rideaux clos, Castiel le rejoint dans le lit. Sans rien lui demander, tout près de son corps, c'est lui qui le prend dans ses bras. Dean roule sur le ventre pour se mettre bien contre lui. Il embrasse le haut de son torse avant de relever la tête vers lui.
« Pourquoi tu es comme ça avec moi ?
J'en sais rien…, souffle Castiel en passant ses mains dans ses cheveux.
J'me suis conduit comme un moins que rien, infidèle à lui-même et toi tu me reprends chez toi. Tu te rends compte ?
Je suis pas quelqu'un de rancunier. Et je pense que les gens sont assez intelligents comme je te l'ai dit pour ne pas refaire les mêmes conneries indéfiniment.
Tu as de la chance d'avoir confiance dans les hommes.
Dean remonte et embrasse son front.
Et pourtant je m'en suis pris plein la gueule…
Ah bon ? s'étonne Dean. Remarque, tu es peut-être trop gentil, c'est ça ?
Trop bon, trop con…, sourit le petit brun. Mais je me refais pas moi par contre…
On est deux comme ça trésor. »
Dean baise à peine le bout de ses lèvres. Il tente de se rallonger mais la nausée le reprend violemment, l'oblige à se lever et aller directement aux toilettes. Putain, pourquoi il a fait ça ? Il se traite de tous les noms alors que la bile lui brûle le ventre. Castiel se lève à sa suite directement et va lui tenir la tête alors qu'il est en train de tousser pour faire sortir tout ce qui lui pèse sur le cœur. Rester près de lui, lui caresser le front, les cheveux, le retenir un peu…
« Chuut… Respire Dean..
Donne-moi un verre d'eau s'il te plaît... »
Dean se redresse enfin, tire la chasse et s'assoit par terre, vers Cas.
Castiel retire sa brosse du verre et le rempli d'eau avant de se remettre à genoux devant Dean.
« Tiens… »
Dean avale le verre d'un trait. Après ça, il va falloir se débarrasser du gout infâme qu'il a dans la bouche. Mais bon déjà retrouver une respiration normale et arriver à rouvrir les yeux, c'est bien...
« Ça va ? Tu veux un sucre avec de l'alcool de menthe ?, lui demande Castiel caressant sa joue chaude.
Non, plus d'alcool., sourit doucement Dean, refermant les yeux sous la caresse de Nico.
Mais c'est pas vraiment de l'alcool… Et puis ça va te faire du bien. »
Comme pour l'aspirine tout à l'heure Castiel ne lui demande pas plus son avis et lui ramène quand même un sucre imbibé. Dean n'a pas bougé, il se sent trop faible et mal surtout. Il s'est juste vidé physiquement mais pas dans sa tête et sa conscience est beaucoup plus dure à supporter.
Il avale le sucre, c'est frais, il n'a plus l'haleine aussi affreuse et puis ça l'anesthésie. Il se laisse choir contre l'épaule de Castiel, le nez dans son cou. Voilà, il ne lui manquait que son odeur.
« Allez viens au lit… Faut que tu dormes… »
Castiel l'aide à se lever et l'emmène jusqu'à sa chambre. Dean est fragile… Ça le touche et lui fait oublier toutes les bêtises. Voilà, déjà tout oublié. Dean ne dit plus rien. Il est fatigué de s'être battu toute la journée contre lui-même et ses démons intérieurs. Alors dans les draps frais de Castiel, lui aussi il s'oublie. Morphée a ses charmes quand même... Surtout quand il prend la forme de Cas.
Castiel le veille quelques instants, le temps qu'il s'endorme. Contre lui il le sent, Dean a rendu les armes. Lui aussi est mort de fatigue, la colère et le travail… C'est suffisant pour l'assommer.
Dean regarde son amant dormir. Ils ont inversé les rôles depuis hier soir. L'acteur lui caresse la joue avec l'index. Il ne va pas le réveiller même s'il en crève d'envie. Il a encore envie de lui, lui prouver qu'il tient à lui. Le marquer. Ça lui a manqué. De ne pas voir les traces sur son corps, ses traces. Il espère juste qu'aucun autre n'a osé le marquer de la même manière que lui... Depuis de longues minutes Castiel fait semblant de dormir, juste pour continuer à sentir Dean le caresser et le câliner. Il a très envie de lui, et d'ailleurs il a peur que ça se sente au bout d'un moment…
Pour le moment, Dean ne voit rien. Il hésite juste à embrasser Castiel, il se penche juste à ses lèvres mais ne les touche pas. La tentation, le flirt extrême l'excite d'avantage... Le petit brun le sent… Sa bouche juste à ses lèvres… Son souffle à l'odeur de miel… Résister lui est quasiment impossible. Alors il tend les lèvres pour toucher les siennes. Le cœur affolé… Dean sourit. Oh oui Castiel est réveillé et a envie de lui. Et ça il le sent encore plus quand il lui grimpe dessus, l'érection de Cas au travers du caleçon contre sa propre cuisse. Ça réveille la sienne. Il perd doucement pied, ses lèvres et ses baisers lui ont beaucoup trop manqué. C'est injuste. Castiel gémit tout bas à sa bouche. Les mains agrippées avec force dans ses cheveux, il s'en fout s'il lui fait mal. Il veut juste le tenir contre lui, qu'il ne parte pas. Pas ce corps… Pas lui. Il aime trop pour ça…
Dean simule un premier va-et-vient avec son corps, lui montre comment il va faire, comment il va venir. Il veut de face. Cette fois, il ne le laissera pas passer. Il a envie de le voir jouir. Pas quelques secondes après, juste l'instant.
Il attrape les mains de Castiel et les lui coince au-dessus de la tête. Castiel tremble, il a chaud. Un sourire sur le visage. Aucune idée de l'heure qu'il est, quel jour on est… Il a juste Dean dans son lit ce matin. Et il le veut… Tellement que ça lui serre le ventre. Ce premier coup de reins à suffit à le faire cambrer.
« Trésor..., fait Dean d'une voix rauque. Tu m'autorises à ce qu'on s'envoie en l'air cette fois ?
Oh oui… Oui… J'ai trop envie… » souffle Castiel en se ravissant de son plaisir.
Dean sourit. Il lâche les mains de Cas, il va avoir besoin des siennes. Pour ôter le tee-shirt trop encombrant de son amant. Ils n'ont pas dormi nus pour une fois. Ce matin, Dean le regrette. Intentionnellement, alors qu'il fait courir ses doigts sur l'étendue pâle de son corps, ses ongles s'enfoncent dans la chair des flancs... Castiel en geint un peu de douleur, mais c'est tellement bon… Être si fragile dans les mains de Dean et le laisser faire tout ce qu'il désire. S'il souhaite le marquer, le lier à lui c'est comme il veut.
Les ongles ripent vers les épaules et s'y plantent encore, alors que les yeux fermés, Dean s'aventure jusqu'à l'anneau du piercing. Il enfile sa langue dedans puis tire un peu dessus. Le bouton de chair se gonfle de sang. Comme le sexe de Cas... Et le sien aussi...
« Ahaa-ann… »
Castiel sent des vagues terriblement intenses de plaisir le prendre. Il tourne la tête, cherche de l'air. Cette fois, il sent que Dean va le tuer… Parce qu'il commence à savoir où le toucher, pour le faire jouir, pour le faire crier, pour tout… Son corps est son terrain de jeu et Castiel ne peut qu'encaisser et prendre son pied. Dean joue, c'est bien ça. Quand il attise, quand il excite, c'est pour le jeu. Pour gagner ce droit de se faire jouir, réciproquement.
Il descend de plus en plus bas, sous les draps. D'une main, il efface le caleçon, de l'autre il caresse. Ne jamais s'arrêter. Il remercie Castiel oui, il se doit de lui faire autant de bien. Même si cela passe par une nouvelle morsure à la hanche ou bien ses ongles en action sur la peau de porcelaine. Castiel fond, ne se sent plus grand chose entre ses doigts, ses désirs. Dean est tellement passionné… Chacun de ses gestes est calculé et spontané. Il sait parfaitement. Son amant en crève. La fraîcheur sur son corps mis à nu, le souffle aussi de Dean sur sa peau, qui contraste… Cette chaleur sur lui. Son ventre se contracte de nouveau quand il sent les dents de Dean s'enfoncer… À lui…
Chaque fois, Dean glisse le bout de ses doigts sur les traces au corps. Il a honte, autant que ce qu'il en est fier. Elles ont leur place ici. À quatre pattes au-dessus de Castiel, il se penche pour trouver le lubrifiant à sa place, dans le tiroir. Il prend ses marques Dean, lui aussi.
Il se passe du lubrifiant sur deux doigts, les glisses dans l'intimité de son amant. Un puis l'autre, après le souffle détraqué de Castiel. Dean l'admire, le désire. Sa splendeur lui tort le ventre. Le petit brun tourne la tête, il a un mal fou à respirer, à se contrôler. Ses gémissements sont de plus en plus graves. Il est totalement détendu avec les doigts de son amant en lui. Aucune douleur, juste ce putain de plaisir de se sentir presque plein. De vouloir plus de le désirer tellement. Il anticipe et c'est terrible.
Dean hésite à glisser encore un doigt. Il veut le satisfaire. Il arrive à mettre son plaisir de côté, c'est la première fois. Ne pas se laisser abattre, non.
Alors il se laisse glisser contre Castiel, légèrement sur le côté. Il garde le bout de ses doigts en lui et le scrute.
« Je me retiens de te mordre encore..., murmure-t-il.
Tu devrais pas… Hann… Tes doigts… J'ai envie de plus… Dean… »
Castiel a tourné la tête vers lui, cherche ses lèvres, le veut. Dean lui donne et lui donne la morsure. Le goût de sang, métallique et amer, se glisse au milieu du baiser. Ils n'en ont rien à faire. Dean a même retiré ses doigts pour tenir le visage de Castiel. Il a encore deux doigts trempés...
Castiel se tourne vers lui, pour mieux le sentir. Pour approfondir ce baiser. Le sang rend le baiser tellement plus pimenté. Comme eux, incapables de se tenir, de se retenir de se marquer. Un goût de sang pour leur relation ô combien charnelle…
Mais là Castiel est frustré, il n'a plus les doigts en lui… Maintenant il veut encore plus, vraiment. S'échappant de la bouche de Dean il se met sur le ventre… L'invitant à plus.
« Non..., souffle Dean. Pas comme ça... »
Il prend les hanches de Cas et le fait revenir sur le dos. C'est comme ça qu'il veut venir. Le voir. C'est tout ce qu'il demande alors qu'il retire son boxer et dévoile son envie de lui... Castiel est pris d'un violent coup de panique. Il secoue la tête.
Non… Non… Pas comme ça s'il te plaît… Je préfère sur le ventre…
Cas, on l'a fait plein de fois comme ça. Et de dos, toujours de dos... Pourquoi tu veux pas me voir ? demande tristement Dean en s'asseyant sur les fesses.
J'aime pas… C'est tout…
Tu vas pas jouir c'est ça ? C'est pas grave, on changera au milieu...
Non, non… S'il te plaît., demande Castiel ne le regardant toujours pas dans les yeux.
Dean le remarque. Ça l'intrigue. Il fronce les sourcils. Du bout de son index, il tente de lui faire relever le menton. Le regard ne suit pas.
Cas... Je commence à te connaître tu sais...
Arrête ça… Joue pas avec moi putain…, faiblit-il. Baise-moi de dos… J't'en prie…
Non... »
Dean va lui attraper les poignets et l'écrase de tout son corps. Il va forcer, il le sait mais rien n'arrête sa volonté. La puissance de son désir de voir Castiel. Depuis la première fois il aspire à ça. Alors qu'il le tient, il pense à la capote. Obligé de le lâcher. Mais du regard il lui implore de rester comme ça. Castiel tente quand même, mais le corps de son amant le bloque. Putain non ! Il est tenu entre la panique et le désir toujours aussi fort qui lui ravage le ventre. Même avec tout ça il n'a pas débandé, ça l'énerve, que sa tête et son corps ne suivent jamais…
« Dean… Non… S'il te plaît… »
Dean se force à ne pas l'écouter. Une pensée tellement horrible lui traverse l'esprit... Viol... Non, Castiel veut, Castiel sait le plaisir. Alors oui il veut le voir, oui il le force mais... Il n'explique pas son besoin. C'est d'une virulence déraisonnable. Il se prend en main et pénètre de Castiel. De face. En le regardant droit dans les yeux, alors qu'un soupir tremblant s'échappe de ses lèvres.
« Trésor... »
Castiel a le même, tellement bon de le sentir, pire qu'un soulagement, un besoin. Mais immédiatement il tourne la tête et passe son bras sur son visage. Pourquoi est-ce que Dean veut absolument ? Putain… Dean pose sa main sur son bras, le tire, prend sa main et réitère la même chose avec le deuxième. Voilà. Il le serre maintenant, reste collé à lui. Il s'appuie juste sur ses jambes et creuse la cambrure des reins pour s'enfoncer. C'est tellement bon. Et puis s'écraser contre son torse sous la vague de plaisir... Tomber de bien-être, dans un gémissement... Tout oublier.
« Haaa-annn… » gémit profondément Castiel.
Ça fait tellement longtemps qu'on ne l'a pas pris comme ça, le plaisir qu'il en tire est pire que divin. Mais ce n'est pas ce qu'il faut, Dean le tient, l'empêche de se cacher. Les larmes lui montent aux yeux, il voudrait tourner encore plus sa tête, mais c'est pas possible.
Dean voit les larmes entre deux battements de cils. Sans hésiter, il les lèche, mord un peu la joue de Castiel puis l'embrasse. Comme un tableau noir dont la craie devrait être effacée. Il s'en occupe, il prend soin d'eux et de leur plaisir alors qu'il va et vient, s'épuise littéralement. Il est en sueur mais il voit les étoiles et Castiel. Alors pour ça, il endurerait n'importe quoi.
L'inquiétude a quand même une place dans son ventre. À côté de celle du plaisir, prêt à éclater. Et cet orgasme qui va les prendre, tous les deux, il sait d'avance qu'il sera d'une intensité pas encore égalée.
Castiel sent l'orgasme monter lui aussi, il se retient autant que possible de la moindre mimique, ne serait-ce que de gémir. Mais avec Dean c'est impossible. Une seconde pendant qu'il léchait ses larmes il s'est dit que peut-être ce n'était pas si grave… Mais il a tellement peur…
La bouche ouverte alors, il halète, ses traits sont tirés, crispés. Ses yeux clos, presque trop fort. Il gémit de plus en plus fort. À chaque coup de reins il sent son point sensible qui lui fait mal, qui appuie en lui et lui envoie dans tout le corps des vagues de plaisir, d'électricité… Dean le rend dingue… Il y est presque.
Comme il faiblit, Dean peut le regarder, le détailler, s'attarder. Même s'il est obligé de fermer ses yeux une fois sur deux, il voit. La rougeur de son visage, la sueur, ses yeux bleus à peine mi-clos, la bouche en forme de cœur... Il aime ce qu'il voit, ça le fait le désirer encore plus. Ils doivent venir pour se délivrer. Dean puise en lui les dernières forces, lâche ses derniers gémissements. Il lui suffit de penser un instant que Cas lui a manqué pour que tout se brise en lui. Et alors que son sperme se répand dans la capote, il sent celui, chaud, de Castiel contre son ventre. Et là, sa splendeur oui... Il s'en arrête de respirer de voir son amant en plein dans l'extase. Tout son corps en suspend et ce visage figé dans l'effort ultime pour atteindre l'instant trop fugace qu'est l'orgasme. Même là encore, Dean le désire...
Castiel s'est largement trop laissé aller… Il a pleuré encore plus quand l'orgasme l'a pris. C'était comme s'il avait souffert. Pourtant c'est terriblement bon, de jouir en même temps que son amant, à la seconde près. Il l'a senti venir et ça l'a fait tremblé avant de sentir l'orgasme le paralyser sur place.
Mais là c'est fini, enfin. Les mains de Dean desserrent ses poignets, il peut s'essuyer les yeux, reprendre son souffle. Il ne sait plus où il en est.
Dean se retire de lui. Il l'embrasse sur le front, tout chaud. Il s'inquiète, tellement qu'il ne retient pas le « J'ai peur pour toi. » qui s'échappe de ses lèvres. Il le pense depuis trop longtemps.
« Alors pourquoi tu l'as fait quand même… ?, s'exclame Castiel lui tournant la tête.
Parce que je voulais savoir, inconsciemment, pourquoi tu te braquais autant. Tu t'es fermé alors que... C'était génial, merveilleux., souffle Dean.
Justement..
Castiel se mord la lèvre.
Quoi Cas ? Je peux pas encore tout deviner... »
Dean halète rapidement. Il n'est pas remis de l'orgasme qu'il doit déjà se battre contre Castiel.
Le petit brun se retourne vers lui, le défie du regard.
« Je veux pas qu'on me voit jouir. Je veux pas et ça doit faire deux ans que personne ne m'a vu. Mais toi… Toi il faut que tu aies envie, que tu me forces à rester sur le dos pour me regarder ! »
Dean reste bête. Il se sent mal. Que Castiel dise « Tu me forces. », ça lui fait un choc. Il se lève du lit et va à la salle de bains. Besoin d'eau sur son visage. Il enlève la capote mais refuse de se nettoyer. Castiel sur son corps comme seule excuse.
Il s'assit au bord du lit, à côté de son amant et lui demande :
« Raconte-moi. Je t'ai bien dit Never More moi...
Castiel n'a pas le droit de refuser. Alors il explique, c'est peut-être mieux.
Y'a deux ans j'ai rompu avec mon petit ami, on était ensemble depuis six ans. Je l'ai connu à l'école de peinture, le premier jour. J'ai eu le coup de foudre. Et lui aussi…
Six ans..., souffle Dean. C'est énorme.
Il ose se glisser sous les draps. Tourné vers le côté, la tête dans la main pour regarder Castiel. Il hésite à le toucher. C'est peut-être pas le bon moment...
C'est énorme ouais… Surtout quand tu es vraiment très amoureux. Je fais pas les choses à moitié. Et… À la fin, il m'a trompé. Et j'ai appris que c'était pas la première fois. Je l'ai quitté, et je crois que c'est moi qui ai le plus souffert. J'ai eu tellement mal que j'ai voulu me protéger par la suite.
Oui... Je comprends ta réticence à l'engagement d'un coup. Je comprends aussi pourquoi à chaque fois tu dis que tu veux te protéger...
Dean va caresser son visage. Ses joues sont encore toutes chaudes des larmes versées. Castiel sourit doucement.
Et depuis ce moment j'ai voulu que personne ne puisse me voir. Au début il y avait deux raisons, je ne voulais pas voir que ce n'était plus lui qui me faisait l'amour... Et surtout, je ne voulais offrir ça à personne, parce que c'est très personnel, intime... Je ne voulais le faire que pour quelqu'un qui saurait me respecter, moi et mes sentiments, quelqu'un de qui j'aurais été amoureux...
Dean se sent encore plus bête que tout à l'heure. Il sait qu'il ne remplit pas ces conditions, du moins il imagine. Alors il s'excuse, encore.
Je suis désolé Cas, je savais pas... Je... j'aurais pas du., bafouille-t-il
C'est un principe un peu idiot, certains embrassent pas… Moi c'est ça… Moi ce qui m'a fait du mal, c'est que… Que ne sais pas trop si… Si je ressens quelque chose pour toi..., murmure Castiel.
C'est la première chose à laquelle j'ai pensée quand tu m'as dit... »
Dean soupire et va s'allonger sur le dos, les bras sous sa tête. Regarder les poutres du plafond ne lui apportera pas de réponse certes, mais au moins il se vide la tête de sentiments confus. Du moins il essaye.
« Tu m'en veux ? demande-t-il.
Castiel va s'installer contre lui, posant sa tête contre son torse, un bras autour de sa taille.
Un peu…
Alors tu n'as pas de sentiments pour moi Cas., fait Dean en lui caressant les cheveux.
Castiel prend peur, mais il ne fuit pas.
Me… Me demande pas ça Dean… Je sais pas… Oui. Sûrement…
Cas c'est pas grave. On n'a pas de comptes à se rendre, on... On est libre quelque part. Mais on revient toujours vers l'autre. Ça me suffit ça tu sais...
C'est surtout le soulagement qui envahit Castiel, peut-être que ce n'est pas les sentiments qui lui font peur, mais plutôt l'engagement.
Merci…
De rien trésor... Tu m'excuses toi ?
Oui… Bien sûr..
Le petit brun se redresse et se rapproche du visage de son amant, pour l'embrasser, avec légèreté. Dean caresse son nez du sien dans un sourire, et murmure :
- Tu n'as peut-être pas de sentiments pour moi mais tu as assez confiance pour m'avoir laissé faire…
Si tu avais seulement attendu encore un peu, je te l'aurais offert sans que tu me forces…
Comment je pouvais savoir la signification que ça avait ? Et puis c'est pas grave, enfin... Je le sais pour la prochaine où tu me l'offriras..., sourit Dean.
Je te l'ai dit parce que tu m'as dit Never More… Tu mérites de savoir ça c'est certain. On verra oui… »
Castiel l'embrasse de nouveau. Dean a le cœur qui s'emballe de sentir Castiel comme ça. Alors il le prend mieux dans ses bras, serre fort, jusqu'à ce que le souffle leur manque à tous les deux. Ce n'est qu'après ça qu'il se calme. Bien après.
« Trésor... On pourrait sortir aujourd'hui non ? demande-t-il.
Tu as une journée de repos ?
Dean fronce les sourcils. Il n'en est pas sûr ça. Il se dégage de l'étreinte de Castiel et va chercher son jouet électronique dans la poche de son jean par terre. Il consulte l'agenda. À 14 heures il a rendez-vous aux studios Canal Plus merde c'est vrai… Et il est midi. Fuck.
En fait non., soupire Dean.
Ha… Et après ?
Je suis invité chez John… L'ami avec qui tu m'as vu plusieurs fois au bar.
Bon… »
Castiel ne bouge pas de sur lui. Dean a de la peine, enfin il se sent entre deux eaux et ne sait pas quoi faire. John ne lui en voudra pas si…
« Viens avec moi ce soir.
Castiel lève les yeux vers son amant.
Vraiment ?
Bah Guillaume vient bien avec son copain donc normalement c'est bon…
Bon… Alors d'accord. » sourit-il enfin.
Dean embrasse ses lèvres un peu boudeuses et le pousse pour pouvoir se lever. Il va aller prendre une douche puis passer chez lui pour prendre des fringues propres, ça va s'imposer. Alors qu'il entre dans la cabine, il dit à Cas qui vient de le rejoindre:
« Comme je sais pas à quelle heure je finis, je passerai te chercher !
Si tu veux ! T'as pas de voiture ?
Castiel récupère le gel douche et entreprend de se frotter. Dean sourit et l'embrasse sur ses lèvres mouillées.
Non. Dans Paris c'est une folie. Et puis pas envie de balader en taxi ? sourit-il.
Je suis plutôt métro, mais oui… Ça doit être bien… ! »
Castiel entreprend de le frotter. Dean se retourne pour avoir un massage dans le dos. Il en ronronne de plaisir et renverse la tête pour avoir un baiser. Le petit brun sourit encore et le masse sans discuter. Ça lui permet au moins de le toucher et le caresser sans excuse !
« Vilain chat…
Pourquoi vilain ?
Dean attrape ses mains et les enlace avec ses doigts sur son ventre. Castiel contre lui, comme ça, dans la suite de l'amour, c'est bien agréable.
Tu fais toujours tout comme toi tu as envie… Tu es un vilain chat…, souffle Castiel à son oreille avant de l'embrasser.
C'est pas vilain ça... Juste déterminé... J'ai toujours ce que je veux et surtout toi trésor.
Quand même… Maintenant tu es mon chat. Et le chat revient toujours là où il se sent le mieux, tout en gardant son indépendance… !
Comme un amant... »
Dean se retourne pour ponctuer sa phrase d'un baiser mais il entend la sonnerie de son portable et c'est la sonnerie de John... Il est obligé de quitter la douche, attrapant une serviette au passage.
« Oui John.
Hey Dean. J'appelle pour savoir si c'est toujours bon pour ce soir vu ton emploi du temps...
Oui, oui c'est bon. J'peux amener un ami ?
Bah ouais, y'a déjà Hugo et ma coloc. J'le connais chéri ?
En quelque sort oui., sourit Dean.
À l'autre bout du film, John fronce les tente de faire les connexions avec les connaissances récentes de Dean et qu'il invite à leur soirée. Ça réduit le champ et il trouve sans peine.
C'est Castiel c'est ça ?
Oui, comment t'as deviné ? s'étonne Dean.
J'te connais Dean., soupire John. Bon oui il a qu'à venir mais fais gaffe toi.
Pourquoi tu me dis ça ?
Parce que je te connais Dean., répète son meilleur ami. Bon allez, on se voit ce soir, je t'embrasse. »
Dean son écran bêtement après la fin de la communication. Qu'est-ce que sous-entend John… ? Castiel regarde son amant au travers de la vitre de la douche et lui fait signe de revenir. Dean jette son iPhone sur le lit et laisse tomber la serviette par terre. Langoureux, le chat revient près de son maître et passe ses pattes dans ses cheveux trempés pour lui léchouiller le visage. Le petit brun sourit et le caresse.
« Va falloir que je mette du lait devant ma porte pour te faire revenir ?
Toi devant ta porte et ça suffit. Bon allez trésor, motive-moi pour dégager d'ici, j'y arrive pas tout seul…
Tu veux quoi ? Une fessée ? Non mais !
Le rire de Dean s'égrène. Raté, ça ne lui donne pas envie de partir. Le chat se colle à Castiel et attend une autre phrase qui le fera dégager.
Allez casse-toi... On se voit ce soir, tu pourras me montrer à ton bras, tu veux que je mette un truc moulant et sexy ?
Castiel a le sourire jusqu'aux oreilles.
Fais comme tu le sens. Fais juste en sorte que je sois le seul à avoir le droit de regard sur toi. »
Dean lui fait son petit sourire en coin et baise ses lèvres. Il dégage oui, enfin, laissant Castiel seul dans la salle de bains. Lui va s'habiller et appeler un taxi. Il part en lançant un « À ce soir ! » et quand il attend le taxi en bas, il se dit qu'il est vraiment son chat, à Castiel. Alors une fois dans la voiture, il regarde les photos sur son iPhone, les fait défiler jusqu'à la toute première. Voilà. Il a Cas qui l'embrasse en fond d'écran. La journée commence bien.
Castiel se sent bien seul d'un coup. L'appartement est vide, lui aussi. Première fois qu'il ressent ça, aussi fortement. Ça le rend idiot et perdu, ne sait plus quoi faire. S'habiller peut-être...
À quelques kilomètres de là, Dean fait les mêmes gestes. Pensant à ce matin. Regardant son portable. Soupirant. Mais il recommence, malgré tout.
