~Guéris-moi~
Résumé : La guerre est finie, elle devrait être heureuse, elle a tout pour. Pourtant, Hermione s'enfonce dans une dépression jour après jour, sans que ses amis ne voient rien. Tous se laissent berner par son bon jeu d'actrice. Tous sauf un. Le dernier auquel elle s'était attendue.
Couple : DM/HG
Rating : K…
Disclaimer : ohoh, c'est que je l'avais oublié celui là ! donc au cas où tout le monde ne serait pas encore au courant, l'histoire et les persos d'Harry Potter ne sont pas à moi mais à Rowling !
Note : vi vi, je sais j'ai été longue ! Mais je ne sais tjs pas très bien où je vais, j'avais du mal à faire des transitions entre les différentes parties. Et il ne faut pas que ce soit trop lent, pas trop rapide non plus, bref, ce chapitre était assez galère à faire !
J'en dit pas plus, je vs laisse découvrir !
Un pt mot pour Hazel Malefoy : la livebox a bugé quand j'ai envoyé la rép à ta review donc je ne sais pas si tu as reçu mon message ! dans le cas contraire, dis le moi et je te réécrirai dès que possible !
RAR
C_Uz : wahou ! quelqu'un qui poste des reviews et en plus des reviews constructives à chaque chapitre, ça fait longtemps que j'ai pas vu ça ! donc je commence par te dire merci et mille fois merci pke tes reviews m'ont vraiment fait plaisir et m'ont motivée à me mettre à ce chapitre !
Vi c'est sûr que parler de la dépression dans une fic ça doit changer et comme je cherchais l'originalité… D'ailleurs j'ai été assez étonnée du nombre de personnes qui m'ont dit que ça leur parlait bcp ! Je savais pas qu'autant de monde était passé par cette phase sans aller jusqu'à la dépression nerveuse bien sûr. Donc c'est aussi un peu une thérapie de groupe :D faut parler de ces choses là, c'est important.
Mais promis, la fic va être un peu moins sombre avec le temps, faut juste qu'ils prennent conscience qu'à deux ils y arriveront et comme tu l'as bien dit, ils se sont rendu compte qu'ils étaient dans la même situation donc une partie du chemin est déjà faite !
Et rassure toi, Hermione n'est pas alcoolique et ne vas pas le devenir :p elle noie juste ses problèmes dans l'alcool ! ... de tps en tps !
Quant à Blaise, j'aime aussi ce perso et c'est dommage que Rowling lui ait pas accordé d'importance plutôt que de disserter sur toute l'énorme famille Weasley (à propos, jsuis pas fan non plus, exactement comme toi je trouve qu'il n'y avait que les jumeaux pour redresser la barre !). Du coup, on peut tout imaginer mais j'aime le voir comme un perso un peu à part, discret et intelligent, proche de Draco sans oser être intime à cause de son éducation serpentardesque ^^
Un petit retour de Harry dans ce chapitre mais j'ai trouvé ça drole que tu me dises que tu l'apprécie pke j'ai tjs eu beaucoup de mal avec ce perso dans mes fics et je crois que c'est la première fois que je lui donne pas un sale rôle. Heureuse de voir que ça te convient, c'est que j'ai bien fait !
Et Jade Thompson… J'adore ^^ j'adopte ! Avec ton accord bien sûr !
Bon je vais peut être conclure cette réponse roman :) mais bon quand on prend le temps de me donner son point de vue aussi bien que tu l'as fait, ça me met de bonne humeur et je bavasse !
Je te laisse lire, merci encore pour tous ces petits mots qui font du bien. J'espère que tu aimeras ! bisous
PS : de rien pr la description de Draco. C'est moi qui te remercie de pas être de celles qui aiment le Draco « je deviens génial et supra romantique en deux chapitres » :p
Fouzia : contente de voir que tu suis tjs et que tu aimes tjs ! en tout cas, tes reviews me font chaud au coeur à chaque fois ! alors merci encore et voilà la suite ! bizzzz
Gaby : wahou ! la meilleure fic du site ? Ca c'est un compliment ! Fais gaffe jvais chopper la grosse tête :D je plaisante, il y a bcp de fics super sympa, je serai contente de te donner quelques bons titres si tu veux ! C'est sûr que du Draco/Mione sur fond de dépression, ça m'a pas encore été tenté je crois mais c'est un défi sympa et je suis heureuse qu'il te plaise. Merci bcp pour ta review, c'est important pr ns mine de rien ! J'espère que tu aimeras tout autant la suite !
bisous !
6) Qu'importe le prix à payer
Lundi 19 janvier
La psychomage a retourné sa veste ce week end. Elle m'a prescrit des potions antidépresseurs à prendre et des anxiolytiques. C'était ça ou l'hospitalisation. Je ne comprends pas pourquoi elle a changé d'avis.
« - Votre cas est plus grave que je ne l'avais pensé au premier abord, m'a juste dit la psychomage. Croyez-moi, cette décision est mûrement réfléchie et je me suis extrêmement déçue pour n'avoir pas vu cela avant. »
Ca va c'est pas comme si j'étais instable non plus. Hein ? … … Bref, tout ça pour dire que c'était peut être pas justifié. Enfin c'est ce que j'ai pensé au début mais je dois avouer que je me sens beaucoup moins mal depuis que je suis « sous traitement » comme on dit. Y'a les bons et les mauvais côtés on va dire, je l'ai vu très rapidement. Moins de sautes d'humeur mais beaucoup plus de mal à réfléchir. Plus de sentiment de désespoir mais je me sens parfois amorphe, parfois euphorique.
J'espère juste que personne ne remarquera ça. Harry surtout, il est loin d'être bête et avec notre petite discussion d'hier, j'ai bien l'impression qu'il va me tenir à l'œil. Je me demande si Malefoy est sous traitement lui aussi.
Ron ne fait plus la tête à ce propos mais j'ai bien compris que je n'avais pas intérêt à en reparler. Il réagit comme un gosse, tant pis pour lui. Je ne lui mentirai pas. Mais je ne lui en parlerai pas non plus. Je ne peux même pas lui expliquer, il ne comprendrait pas. S'ouvrir à de nouveaux horizons…C'est peut-être la solution.
Je ne sais plus de qui j'ai besoin. J'ai l'impression d'avoir perdu tous mes repères. Je vais aller voir Malefoy. C'est une envie irrésistible qui m'effraie et m'enthousiasme en même temps. Je vais aller le voir. Si je n'ai pas perdu mon courage de Gryffondor.
Mercredi 21 janvier
Hermione, le ventre légèrement noué, s'approcha du couloir dans lequel elle savait –pour avoir regardé sur les emplois du temps- que la salle de cours de Malefoy se trouvait. Une option qu'elle n'avait pas prise mais c'était là sa seule chance de le voir. Il ne s'était pas pris la peine de venir lundi, journée où ils avaient le plus de cours et TD en commun.
Hermione vit les premiers élèves sortir et repéra rapidement la tête blonde qu'elle cherchait. Il était en compagnie d'une fille et les deux s'éloignèrent en direction de la cafétéria. La sorcière, l'esprit un peu embrumé et surtout désinhibé en raison de la potion qu'elle avait prise peu de temps avant, se mit à les suivre à travers le couloir. Elle n'entendait pas ce qu'ils disaient mais il sembla que le ton monta et la fille s'arrêta brusquement avant de tourner les talons, l'air furieux. Malefoy haussa légèrement les épaules et poursuivit sa route comme si de rien n'était. Bizarrement, l'ancienne Gryffondor en fut bien heureuse et soulagée.
Elle laissa même échapper un gloussement en voyant que la fille se retournait plusieurs fois et devenait de plus en plus furieuse en voyant que Malefoy ne lui courait pas après. Puis Hermione se frappa sur le front. Satané potion ! Elle la désinhibait complètement mais ce n'était certainement pas une raison pour perdre le contrôle et devenir une poule gloussante comme Lavande.
Alors que Malefoy sortait du bâtiment, Hermione prit son courage de Gryffondor à deux mains et se lança.
- Salut Malefoy !
Hermione fut à ses côtés en quelques enjambées et continua de marcher avec lui, comme elle l'aurait fait avec n'importe qui. L'ancien Serpentard, qui s'était arrêté quelques secondes pour voir qui l'avait interpellé, coula un regard dans sa direction. Hermione nota qu'il n'avait pas l'air de bonne humeur. Elle ne se trompait pas.
- C'est pas parce qu'on a picolé ensemble qu'on doit devenir les meilleurs amis du monde, Granger, répondit-il, sarcastique. Et si je t'ai charitablement accueilli chez moi, c'était simplement pour améliorer ma réputation…
Hermione sentit toute sa confiance se dégonfler et en l'espace d'une ou deux secondes, tout un tas de question affluèrent à son esprit. Peut être qu'elle s'était trompée et que Malefoy était juste un peu déprimé. Peut être qu'il ne cherchait pas spécialement sa compagnie mais la voyait juste comme ça, pour faire un pied de nez au passé. Ou alors ses remarques désobligeantes étaient son dernier rempart. Le moyen de montrer qu'il restait fier de sa personne, de son nom et que le fait qu'il ait tout perdu ne changeait rien pour lui… Il lui fallut une autre seconde pour décider que c'était la seconde hypothèse qu'elle préférait.
- Je me doute bien. L'expression « geste désintéressé » ne fait pas partie de ton vocabulaire. Et je n'ai pas l'intention de devenir amie avec toi. Passer la soirée à faire des prières en m'autoflagellant à genoux dans une cave tout en m'enduisant du sang d'un moldu innocent sacrifié pour l'occasion tout en espérant que Voldemort revienne au pouvoir… C'est pas trop mon truc tu vois.
- Je ne fais pas ce genre de choses Granger ! répliqua Drago d'une voix glaciale, en la fusillant du regard.
- Je sais, je plaisantais, répondit Hermione en grimaçant, un air coupable s'affichant sur son visage. L'humour noir c'est mon truc en ce moment. C'était bête...
- Ouais.
Voyant qu'Hermione ne disait rien, sa bouche s'étira en un sourire sarcastique.
- Penser ça des Mangemorts c'est stupide. On préfère ouvrir le ventre des bébés fraîchement nés d'une moldue qu'on aura violée, répandre ses intestins en cercle et donner ses yeux préalablement arrachés en offrande…
Hermione lui lança un regard choqué et resta un instant sans rien dire.
- T'es infect ! s'exclama-t-elle enfin, sans cacher son dégoût.
- S'il y a un domaine dans lequel tu ne me battras jamais, c'est bien l'humour noir. Alors, ce n'est pas que tu m'ennuies mais qu'est ce que tu veux Granger ?
- Hum… Je voulais savoir ce que tu faisais.
- Comment ça ?
- De quoi tu occupes tes journées je veux dire. On m'a dit qu'il fallait que je voies d'autres personnes et que je m'ouvres à d'autres horizons. Quel horizon pourrait être plus différent du mien que le tien ?
Drago s'arrêta soudainement, de manière si inattendue qu'Hermione se s'en rendit pas compte toute suite et dû revenir sur ses pas. « S'ouvrir à d'autres horizons ». C'était presque mot pour mot ce que lui avait dit la psychomage, il y a deux jours. Serait-il possible que … ?
- Pourquoi veux-tu t'ouvrir à de nouveaux horizons, Granger ? demanda-t-il, avec toujours une pointe de sarcasme dans la voix.
- Oh… heu… C'est une expérience de plus non ? balbutia Hermione en rougissant légèrement.
- Hum…
- Alors… T'as… Des activités particulières ?
Drago l'observa un instant pendant qu'ils marchaient toujours. Il ne savait même plus où il allait d'ailleurs. Il avait oublié à partir du moment où elle s'était postée à ses côtés, semble-t-il gonflée à bloc. Elle était différente. Granger avait un air à la fois ferme et un peu paumée. Drago se demanda si la lettre qu'il avait envoyé à « la psychomage d'Hermione Granger », le soir où elle avait dormi chez lui, y était pour quelque chose. Son hibou avait dû se perdre car il n'était revenu que dimanche soir.
- Du sport ? demanda Hermione, voyant qu'il ne répondait pas.
- Un peu de jogging, grogna Drago, en se disant qu'il se tirerait plus rapidement des griffes de Granger en acceptant de lui répondre.
- Et le Quidditch, t'étais pas mauvais. T'en fais toujours ?
Drago crut pendant un instant que Granger l'avait poignardé tellement son cœur lui fit mal, tout à coup. Il ne savait pas pourquoi mais c'était encore plus douloureux quand ça sortait de sa bouche à elle.
- T'es bien la première à me dire ça. Et la première à me reprocher d'avoir aucun talent quand nous étions à Poudlard, lui rappela Drago, glacial.
Il accéléra le pas sans s'en rendre compte, comme s'il espérait la semer. Hermione sentit brusquement un frisson glacé parcourir son dos. Il y avait eu un changement. Un changement presque imperceptible. Un corps qui se tend, un battement de cœur qui manque, un visage qui se ferme.
La jeune sorcière sut qu'elle avait dit quelque chose qui l'avait blessé –et s'étonna d'ailleurs de l'avoir remarqué aussi facilement- mais quoi ? Et surtout comment pouvait-elle le savoir ?! Ce n'était pas volontaire. Jamais elle n'aurait blessé volontairement la seule personne à endurer ce qu'elle subissait. L'idée que Drago Malefoy, même si c'était Drago Malefoy, puisse envisager le contraire la rendit brusquement furieuse.
- Désolée si je t'ai vexé mais tu passais ton temps à rabaisser Ron et à me traiter de Sang de Bourbe ! s'écria Hermione, presque violement. Je le sais que tu voles bien, très bien même. Seulement personne ne s'en est rendu compte car Harry attirait toute l'attention !
Drago n'osait pas la regarder, de peur de perdre son masque. Tous ces souvenirs humiliants, il espérait les avoir laissés à Poudlard. Mais on les lui avait rappelés il y a six mois et il n'arrivait pas s'en remettre.
- Je sais à quel point ça a dû être difficile pour toi qu'on ne reconnaisse pas ton talent à sa juste valeur ! Mais ça n'a plus d'importance maintenant !
Drago ralenti enfin, sentant sa colère le quitter aussi brusquement qu'elle l'avait pris. Granger ne pouvait pas savoir, il ne fallait pas qu'il passe sa colère sur elle. Il l'avait déjà suffisamment fait à Poudlard justement…
- Okay… Je fais un peu de boxe de temps en temps, céda enfin Drago, toujours sans oser regarder l'ancienne Gryffondor.
- De la boxe ? … … Hum… Ma foi, pourquoi pas ? Est ce que.. Heuuu… Ca te dérangerait… ?
- C'est bon Granger, viens si ça t'amuse. Vendredi à six heures. Tu connais mon appart maintenant... C'est à prendre ou à laisser.
Drago sentit son coeur s'accélérer. La demande de Granger l'avait pris au dépourvu. Bien sûr il aurait pu dire non. Mais c'était sorti tout seul, avant même qu'il y pense. Il se demanda dans quelle galère il s'était encore fourré. Il eu envie de rire en imaginant la tête de son père s'il apprenait qu'il avait invité une Sang de Bourbe chez lui. Cette idée lui remonta le moral et lui apporta un flux d'adrénaline qu'il savoura, peu habitué à d'autres sentiments que le désespoir.
- Je prends, répondit alors Hermione, l'arrachant à ses pensées.
Ils s'arrêtèrent d'un même mouvement pour s'observer. Se croiser par hasard était une chose, se donner sciemment rendez vous en était une autre. Une étape qu'ils avaient franchi sans y penser, sans réfléchir. Et en se regardant dans les yeux et en y trouvent le reflet de leur propre vide, ils surent qu'ils avaient bien fait avant même d'y être. Hermione osa alors esquisser un sourire mais brusquement, son regard fût attiré par une touffe brune qui remontait le petit chemin sur lequel ils s'étaient arrêtés.
- Harry ! s'exclama soudainement Hermione, je ne t'avais pas vu !
- Salut Mione. On mange ensemble ce midi, tu n'as pas oublié ?
- Bien sûr que non !
Ils restèrent un instant tous trois sans savoir que faire. L'atmosphère était tendue, un peu électrique. Harry avait rapidement caché sa surprise. Son regard alternait entre Hermione, les joues un peu rouges, et Drago, qui regardait dans le vide. Le Survivant eu alors l'étrange impression qu'ils se ressemblaient. Pas physiquement bien sûr. Mais ils avaient quelque chose en commun, quelque chose qu'il n'arrivait pas à définir.
- Je vais vous laisser, fit alors Drago. Je te vois vendredi ?
La jeune fille acquiesça puis vit les yeux de Drago dériver vers Harry. Les deux garçons se dévisagèrent un instant. Pour une fois, il n'y avait pas de trace de haine ou de mépris. Juste de l'indifférence.
- Potter ? fit alors Drago, montrant que c'était pour lui le moyen d'engager la conversation.
Le brun ne répondit pas, se contentant d'observer Drago. Hermione avait raison, il avait changé. Il avait l'air plus mature mais aussi plus vieux. Comme si les stigmates de la guerre avaient marqué son visage. C'était toujours le même, toujours la même perfection pâle mais l'air méchant voir hargneux qu'il était capable d'arborer à Poudlard ne semblait plus avoir sa place sur ce visage. Harry ne parvenait pas à capter les yeux de métal de son ancien adversaire car il les détournait et c'est encore ce manque de courage qui le poussa à ne pas répondre.
- J'oublie pas pour la fois de la Salle Sur Demande, lâcha alors Drago, à sa grande surprise. J'ai une dette de sorcier envers toi. Je t'ai jamais présenté mes excuses jusqu'ici pour tout ce qu'il s'est passé. Il est temps de tourner la page.
La Survivant n'hésita que quelques instants. Il pensa à Dumbledore. L'homme qu'il admirait depuis toujours. Il savait que le vieux sorcier aurait approuvé ses paroles.
- J'accepte tes excuses, même si elles ne sont pas faites dans les règles et j'accepte ta dette, répondit alors Harry, le visage fermé. J'en profite pour dire que j'ai aussi mes torts. Si je t'avais tendu la main, tout aurait pu être différent.
- Il est trop tard pour le savoir maintenant. Le passé est le passé, on le changera pas, il faut s'y faire.
Hermione hocha la tête et fit à Drago un petit sourire contrit. Elle était surprise mais heureuse qu'il ait ainsi parlé à Harry. Puis la gêne se réinstalla. Hermione ne savait pas bien comment réagir. Malefoy n'était pas un ami, plus un ennemi. Comment saluait-on ce genre de relations ? Il lui coupa l'herbe sur le pied en adressant à Hermione et à Harry un petit signe de tête, avant de s'éloigner, les mains dans les poches.
Les deux amis le regardèrent silencieusement s'éloigner puis prirent le chemin de la cafétéria.
- Cette discussion était des plus étranges, confia la jeune fille à Harry.
- C'est vrai, je ne risque pas de l'oublier. J'ai eu toute une année pour penser à la situation de Malefoy. Mais visiblement, lui aussi a réfléchi. Je ne pensais pas que ça se ferait comme ça, ni qu'il avouerait à moitié ce... genre de choses aussi vite…
- Oui. Il faut croire qu'on s'est trompé à son propos. C'est quelqu'un de lâche et de trouillard je te l'accorde. Mais on ne saura jamais comment il a été élevé, le poids de son père sur sa vie…
- Alors il est inutile de continuer à le juger, approuva Harry. Tout comme lui doit arrêter, si ce n'est pas déjà le cas, de baser ses opinions sur des préjugés.
- Je mènerais l'enquête et je te rendrais un rapport, s'amusa Hermione.
Ils arrivèrent à ce moment à l'entrée de la cafétéria et commencèrent à faire la queue, alors que certaines personnes observaient Harry, pour savoir si c'était bien le Survivant qui mangeait simplement à la fac.
- Méfies toi quand même Hermione, répondit l'ancien Gryffondor après quelques secondes de silence.
- De quoi ? De Malefoy ? Que veux-tu qu'il me fasse ?
- Je ne sais pas… C'est juste que…
Harry posa son regard sur Hermione. Il avait de plus en plus l'impression qu'elle lui échappait. Avant, il pouvait deviner ce à quoi elle pensait, ce qui lui faisait peur, ce dont elle rêvait. En six mois, il avait perdu tout ça. Il ne lisait plus dans le regard d'Hermione et avait la désagréable impression qu'un autre y parvenait. Harry poussa un soupir et se força à sourire. Il posa délicatement la main dans le dos d'Hermione et la poussa doucement vers le self afin que son amie puisse se servir avant lui.
- C'est juste que j'ai du mal à croire qu'un type aussi lâche deviendra un ami fidèle. Je ne veux pas qu'il te fasse du mal.
- Malefoy ne va sans doute pas devenir mon meilleur ami, s'amusa Hermione en se servant de quoi devenir moins « anorexique ». Je le vois mal être autre chose qu'une connaissance.
- On verra bien… Mais je ne suis pas contre quelques potins.
Hermione éclata de rire et ils stoppèrent leur conversation pour payer leur repas.
- Allez, raconte moi ton début de semaine plutôt ! demanda Hermione alors qu'ils se dirigeaient vers une table libre, plateaux à la main.
- Tut, tut ! Tu ne m'auras plus ! répliqua Harry. Toi, tu vas me raconter ta semaine ! Et plus vite que ça !
« Raté ! » songea la jeune fille en s'installant. Son intuition était bonne, Harry allait la garder à l'œil. Mais le retour inattendu de son meilleur ami n'était pas pour lui déplaire.
Jeudi 22 janvier
Patient : D. Malefoy
Séance : 11h-12h
Avancement : dépression nerveuse profonde, reconnue mais non avouée. Médicaments ou hospitalisation à évoquer d'urgence
- Bonjour Monsieur Malefoy. Vous avez l'air de bonne humeur aujourd'hui.
Drago lui lança un regard blasé et s'avachit dans le fauteuil qui faisait face à la psychomage.
- Comment allez vous ?
- Je trouve ça idiot que vous posiez cette question à chaque fois. A priori, les gens qui viennent vous voir ne sont pas au summum de leur forme.
- Oh non, pas forcément. Regardez Mlle Weasley par exemple. Elle n'a plus rien à faire chez moi. Mais c'est obligatoire alors…
- Vous avez Weasley ? demanda Drago, un peu plus intéressé. Le secret médical ne voudrait-il pas que vous gardiez cette information ?
Il avait vu juste et la psychomage s'étonna une fois de plus de l'aptitude qu'il avait de faire avouer aux gens des choses sans qu'ils s'en rendent compte. Manipulateur et faussement naïf… Comment faisait-il ça ? Elle devait l'interroger sur son enfance, c'était sans doute la clé. Enfin, l'interroger à nouveau, les dernières fois, ça n'avait pas été concluant.
- Effectivement, je n'avais pas à vous le dire, reprit la psychomage. Je vous prierai de garder ça pour vous monsieur Malefoy.
- Vous avez Granger aussi ?
C'était sorti tout seul. Drago s'en étonna presque. Comme si intérieurement il brûlait de savoir et que ce désir avait soudainement pris le dessus sur son habituelle maîtrise. Encore. La psychomage le scruta un instant, étonnée. Drago tenta le tout pour le tout :
- Répondez moi et j'accepterai de parler
- Il faut que le cas de cette Mlle Granger vous intéresse au plus haut point pour que vous passiez ce genre de marchandage avec moi, s'amusa la psychomage.
- Effectivement, ça m'intéresse. Mais ôtez ce sourire amusé de celle qui a tout deviné. Je m'intéresse à Granger pour une raison qui est tout, sauf sentimentale.
- Pourrais-je savoir laquelle alors ?
- Non.
- Vous n'êtes pas du genre coopérant, hein ? Vous livrer aux autres vous fait toujours aussi peur ?
- Je trouve ça assez mal placé de la part de quelqu'un qui préfère se préoccuper des problèmes des autres plutôt qu'affronter les siens.
La psychomage resta bouche bée quelques instants, ses yeux considérant Drago avec une drôle d'expression au dessus de ses lunettes carrées.
- Pas autant que de la part de quelqu'un qui déguerpit devant ses responsabilités et son passé de poltron ! répliqua sèchement la sorcière.
- L'agressivité ne vous va pas.
- Pas plus que la fuite ne vous sied, Monsieur Malefoy.
- Que voulez vous dire ?
- Arrêtez donc de vous battre contre les autres, et battez-vous pour vous en sortir !
- …
- Je suis psychomage, c'est mon boulot de vous dire les choses telles qu'elles sont. Vous croyez peut-être qu'en refusant de parler je ne saurais rien de vous ? Sortez vite cette idée de votre tête. Une simple observation me permet de mettre des mots sur ce que vous refusez d'avouer, à moi et à vous-même.
- Allez-y, étonnez moi, répliqua Drago, de la meilleure voix glaciale qu'il savait faire.
- Vos cernes marquées prouvent que vous souffrez de troubles du sommeil. Vos joues se sont creusées depuis que nous nous voyons ce qui signifie clairement une perte de poids. L'état de vos mains est l'indicateur de votre état de nervosité et d'anxiété. Et je pense que vous buvez plus que de raison...
- …
- Oh ! Et j'oubliais que votre refus catégorique de me livrer quoique ce soit concernant votre enfance est la marque la plus sûre d'un passé torturé.
- Et ? Qu'est ce que cela signifie ?
- Je ne peux vous le dire que si vous êtes prêt à l'entendre…
Ils s'affrontèrent du regard pendant un moment. La psychomage savait qu'il allait craquer. On ne peut pas éternellement tout cacher, et encore moins lorsqu'on est dans cet état. Et surtout, il avait quelque chose de changé depuis une ou deux semaines. Comme s'il avait moins peur de s'avouer la vérité…
- Allons, soyons honnête… Je sais très bien ce qu'il m'arrive, lâcha enfin Drago, baissant les armes. Je ne vois pas en quoi cela va changer quelque chose que vous me le dites.
- Souvent ça aide les gens à accepter leur état. C'est le premier pas vers la guérison. Qu'ils admettent que ce n'est absolument pas signe de faiblesse… Mais simplement le signe qu'on ne peut pas porter le monde sur ses épaules.
- J'aimerais vous croire…
- La dépression nerveuse n'est pas une maladie à traiter à la légère Monsieur Malefoy. Pas plus qu'elle ne survient chez les personnes dites faibles.
Ils restèrent un moment silencieux. Drago semblait perdu dans ses pensées tandis que la psychomage observait. C'était l'une des parties très importante bien que méconnue de son métier. Pour être psychomage, il faut bien sûr savoir se mettre dans la peau des autres et gagner leur confiance afin de les aider. Mais l'observation, c'était le petit plus. Les gens qui ne veulent pas se confier se trahissent toujours par leurs attitudes, leurs gestes, leurs tics…
Drago Malefoy avait visiblement appris à cacher tout ça mais ces dernières semaines, il semblait moins méfiant. Ce qu'elle voyait aujourd'hui, c'était un gamin qui avait grandit trop vite, avait subi trop de choses et à qui on avait bousillé son enfance. Un gamin qui avait sa part d'ombre, de lâchetés et de cruauté mais aussi de souffrances et d'épreuves.
- Alors, que peut-on faire ? lâcha soudainement Draco en sacrifiant son amour propre une dernière fois.
La psychomage sortit aussitôt de son observation silencieuse.
- Je voulais évoquer avec vous aujourd'hui les solutions à apporter à ce problème qui n'a que trop duré. Vous avez connaissance de votre maladie, moi aussi. Nous allons travailler ensemble à découvrir –ou du moins approfondir- les causes. Seulement, nous n'arriverons à rien sans un peu d'aide…
Drago ne la regardait pas mais elle savait qu'il écoutait. Bras croisés, tête tournée, il se refusait encore à faire cette chose que beaucoup considéraient comme humiliante : se faire aider. Mais la psychomage ne voyait plus de marque de colère ou d'inquiétude sur le visage de Drago alors elle poursuivit.
- Je vais être simple. Nous avons deux solutions : l'hospitalisation ou la prise de médicaments. C'est à vous, et vous seul de décider. Mais sachez que c'est une solution ou l'autre. Je suis en droit de vous interner, si votre état de santé le demande…
Drago réfléchit un instant. L'idée d'être à la merci de potions ne lui plaisait pas du tout. Mais c'était néanmoins bien préférable à une chambre dans l'aile psychiatrique de Sainte Mangouste. Il en savait quelque chose, sa mère y était.
- Pas d'hospitalisation, déclara Drago d'une voix ferme. Je ne peux pas me le permettre, vous savez bien.
- Très bien. Je vais donc vous expliquez le fonctionnement des diverses potions. Vous aurez bien entendu des examens plus approfondis à subir, continua la psychomage en rédigeant ses feuilles de soin.
- Et pour les effets secondaires ? Car il y en a…
- Les plus courants sont des sautes d'humeur, le sentiment d'anesthésie ou encore d'invincibilité... Après, tout dépend de chacun. On vous expliquera tout lors de vos examens.
S'en suivit une longue discussion sur le traitement que Draco avait à prendre ainsi que de sévères mises en garde. Son heure de consultation hebdomadaire était doublée pour un meilleur suivi et enfin, la psychomage lui donna quelques trucs et astuces afin d'éviter les problèmes liés à son traitement. Ayant largement débordé sur la séance d'après, Drago en profita pour se sauver rapidement.
- Monsieur Malefoy… ? demanda la psychomage avant qu'il ne quitte la pièce.
- Oui ?
- Je vous le répète encore et je n'hésiterai pas à le faire autant de fois qu'il le faudra. Vous n'avez rien à vous reprocher, vous n'êtes pas faible, bien au contraire. Cela peut arriver à tout le monde et par rapport à votre histoire personnelle, je peux vous assurer que vous avez fait preuve d'un grand courage.
Drago hésita puis accorda à la psychomage un demi sourire. Il la salua, ouvrit la porte et allait sortir dans le couloir quand il se ravisa. La main toujours fixée sur la poignée de la porte, l'ancien Serpentard tourna la tête vers la psychomage, qui rangeait ses notes.
- Merci, fit-il simplement.
Il n'attendit pas qu'elle relève la tête, sorti de la pièce et ferma la porte.
Vendredi 23 janvier
Tout était vague et flou. Sensation de déjà vu. Drago se voyait marcher sans en maîtriser les mouvements. Il était au ministère de la Magie. Il venait de quitter le juge des recouvrements. Celui avec qui il avait réglé les dettes. A qui il avait tout laissé. Une bonne chose de faite. Il s'en était tiré avec honneur. Il n'avait plus grand chose mais sa conscience était sauve au moins. Pour une fois. C'était agréable. Les voix qu'il entendait grâce à l'écho des couloirs l'étaient moins.
- … mère, on ne sait pas… … morte peut être dans…
- … grande importance… … … été dédaigneuse, toujours. Tu te souviens de… …
Il avait la désagréable impression qu'on parlait de lui. Drago s'approcha jusqu'à que les voix se fassent plus audibles. Dans les sous-sols noirs et sinistres du Ministère de la Magie, il se colla aux murs, comme un vulgaire espion. Les deux personnes qui parlaient étaient dans le couloir juste sur sa gauche. Il pu enfin entendre clairement ce que racontaient le sorcier et son amie.
- Et le fils Malefoy s'est est tiré. Heureusement, le Ministère lui a tout pris, disait la sorcière, avec une satisfaction apparente.
- Il comprendra alors ce que c'est que de ne partir de rien, approuva son compagnon. Les Malefoy passaient leur temps à nous regarder de haut mais ce gamin ne s'est que donné la peine de naître. Le goût du travail et de l'effort ça va le changer de la luxure, pas de doute.
- Encore faudrait-il qu'il réussisse. Rien ne nous dit qu'il est intelligent. C'est un Sang Pur rappelle toi, ces gens là ne se mélangent qu'entre eux…
- Et ça donne des consanguins… Le fils Malefoy n'est pas courageux non plus. La preuve, il a été assez stupide pour suivre le chemin de ses parents alors que Dumbledore était prêt à lui offrir sa protection.
- C'est certain que cette famille était finie depuis bien trop longtemps. Sous prétexte que Lucius Malefoy avait encore la main sur des hauts dignitaires, ils se croyaient respectés !
Un rire interrompit leur conversation et Drago, bouillonnant de colère, se demanda ce qu'il y avait de si drôle.
- Ils n'ont pas compris que la majorité des gens les méprisent et haïssent, poursuivit la sorcière d'un ton joyeux. Je me demande comment ils on pu être aveugles à ce point ! Quand je pense que pendant la guerre, même les Mangemorts leur crachaient à la figure !
- Merlin ! Et la soit disant lignée de Sang Purs Malefoy s'acheva dans le mépris généralisé ! … Sauf si le fils arrive à laver leur nom, ce dont je doute franchement !
- La consanguinité, tu l'as dit, reprit la sorcière en riant. Le fils Malefoy est sans doute bel homme mais à mon avis, il n'a rien dans le crâne !
- Tu savais qu'il était fiancé avec Astoria Greengrass depuis tout petit ? Il va sans doute l'épouser…
- Tel qu'on le connaît, il va se laisser faire cet imbécile. Des mariages arrangés, quel bande d'arriérés, vraiment !
Drago se réveilla en sursaut. Il sentait sous lui ses draps imprégnés de sueur. Il grimaça, c'était dégoutant. Toutefois il ne bougea pas, pas tout de suite. Revivre cette scène, les pires moments de sa vie était un calvaire. Il avait l'impression d'avoir du plomb dans le corps et qu'il allait avoir besoin d'aide pour sortir de son lit tellement les mots qu'il avait entendus –réentendus plutôt- le blessait encore et toujours. Il ne savait pas pourquoi il revivait cette scène régulièrement. Cela faisait pourtant longtemps mais ce souvenir revenait le hanter.
Drago se leva difficilement et tituba jusqu'à la salle de bain. Il se traîna sous la douche et y resta longtemps, tellement longtemps que sa peau se frippa.
Si l'eau pouvait laver de toute la honte et de tout le dégoût qu'on ressent de soi-même… Ca aurait peut-être été plus facile. Oui, il savait depuis longtemps que les gens n'aimaient pas sa famille. Bêtement, il pensait que c'était de la jalousie. Mais ce jour-là, ça devait être en décembre, il avait réalisé que même ruiné, conspué et ridiculisé dans les journaux, personne ne viendrait à son secours. Sa mère et lui étaient seuls, tous seuls. La pureté de son sang qu'on lui avait tant vanté n'était rien finalement.
Et tout n'avait été que façade encore une fois. Dire qu'il avait été assez stupide pour penser que les gens qui se courbaient devant eux respectaient et admiraient les Malefoys. En réalité, ce n'étaient que des hypocrites avides de profiter de leur position qui leur crachaient dessus dès qu'ils avaient le dos tourné.
- Il est midi ! Lève toi gros feignasse ! hurla soudainement une voix dans sa chambre.
Drago sursauta. Il avait oublié le merveilleux cadeau que lui avait fait Blaise. Un réveil magique qui refusait obstinément de se taire tant que son propriétaire n'était pas levé. « C'est pour te motiver le matin » avait ricané Blaise et, sur le coup, Drago ne s'était pas méfié plus que ça. Grossière erreur !
- Faut que j'assure demain, je vois Granger. On va essayer de ne pas passer pour un abruti, hein.
C'était sa propre voix, sortie tout droit de ce satané réveil. Draco, enfin sorti de la douche, se figea. Un frisson parcourut son échine. Il avait aussi oublié que le réveil enregistrait toute phrase faisant référence au lendemain, afin de pouvoir rappeler à son propriétaire ce qu'il avait de prévu.
Drago attrapa rapidement une serviette pour se sécher mais son esprit était à des kilomètres de là. Il n'avait pas le souvenir d'avoir parlé de ça la veille… Enfin, pas jusqu'à un certain moment. Jusqu'à son quatrième verre de Whisky pour être exact. Le réveil répéta l'ordre de se lever et Draco bondit dans sa chambre pour l'éteindre. Il n'avait pas envie de s'entendre dire… Ça… une nouvelle fois…
Il chassa le trouble qui l'envahissait pour aller déjeuner. S'il devenait nerveux en ne faisant qu'initier Granger à un sport, c'est vraiment que quelque chose n'allait pas. Il avait été stupide en acceptant. Parce que lui livrer une partie de lui-même, c'était s'exposer. Les enseignements de son père étaient bon à mettre au feu mais Drago restait persuadé qu'il allait mettre des armes à disposition de Granger... Des armes pour mieux le connaître et il ne savait pas s'il en avait envie. Déjà qu'il ne se connaissait pas lui-même.
Il chassa ses pensées sordides de son esprit pour écrire une lettre à sa mère et à Blaise. Puis il s'occupa comme il put mais il fallait l'admettre : il attendait le soir venu avec appréhension et impatience en même temps.
Vendredi 30 janvier
J'aurai jamais pensé dire ça de ma vie mais la boxe, c'est vraiment super sympa. La psychomage m'a dit d'ouvrir mon esprit alors je suis allé voir Malefoy. Je ne savais pas qu'il faisait ce sport moldu et il a un peu rechigné pour accepter que je vienne à une de ses séances mais en fait je crois qu'il était content.
Enfin, content est un bien grand mot… Il m'a tout expliqué, même le fait qu'il avait commencé la boxe pour faire un pied de nez à son père et être capable de se défendre sans baguette (confession arrachée). Je pensais que c'était un truc de brute épaisse mais en fait, je crois que c'est le contraire. En extériorisant sa hargne et sa haine sur un punching ball, on évite de le faire en vrai. Quand Malefoy m'a laissé en tête à tête avec lui (le punching ball j'entends) j'ai un peu hésité puis je me suis lâchée.
Je ne sais pas ce qu'il m'a pris mais j'ai sentit tout à coup une colère dingue remonter en moi et je crois que je serais encore en train de frapper si Malefoy n'était pas revenu. Il a presque dû me porter pour m'éloigner. C'était une scène curieuse.
En enlevant les gants (qu'est ce que ça pue, ces trucs là) il m'a montré mes mains, je les avait presque fait saigner. En plus, mes bras tremblaient comme une feuille et je ruisselais littéralement de sueur. Super glamour.
Malefoy n'a pourtant pas lâché mon poignet. Il me fixait avec cet air indéfinissable.
Il a des yeux magnifiques. J'ai essayé de trouver ce qu'il s'y cachait. Pourquoi il avait accepté de m'initier à ce sport. Pourquoi il m'avait accueillie chez lui. Je crois que j'allais y parvenir quand il s'est brusquement détourné. Il a fait une remarque méchante et m'a presque mise à la porte. J'ai remarqué qu'il se cachait souvent derrière ce comportement. Cela empêche les gens de creuser plus loin. Moi je veux trouver. Je veux savoir. Qu'importe le prix à payer.
Hermione laissa doucement sa plume glisser hors de sa main. Elle était crevée. Elle avait tout juste eu le temps de rentrer prendre une douche puis d'avaler ce qui lui était tombé sous la main. La jeune sorcière referma son journal, s'allongea sur son lit sans même défaire les couvertures et s'endormit immédiatement.
Hermione passa un excellent week-end et ne songea pas une seule fois à son travail. Le samedi, Ginny l'amena se balader sur le Chemin de Traverse et elles retrouvèrent au Chaudron Baveur. Les filles restèrent à papoter longuement. De tout, de rien, de Poudlard, des garçons... Quand la rouquine les quitta, pour rejoindre Harry, c'est Ron qui passa prendre Hermione. Elle salua ses amies et le couple, après un repas chez Hermione, se firent une soirée cinéma.
C'est bien évidemment Hermione qui avait initié le jeune Weasley et depuis, il en raffolait. Il quitta sa petite amie sur les coups de minuit. Hermione, heureuse de sa journée, s'endormit aussitôt. Le lendemain, tous furent réunis au Terrier et la journée passa tout aussi vite. Par contre, le lundi fit comme un électrochoc à Hermione. Elle savait qu'une dure semaine l'attendait. Ginny resterait à Poudlard au moins trois semaines, Harry partait à l'étranger et Ron… Hé bien Ron, comme à son habitude, allait être absorbé par son boulot.
C'est donc toute l'énergie du monde qu'il lui fallu pour se rendre en cours. Surtout pour ses deux habituelles du lundi matin sur l'histoire de la médecine. Elle s'assit dans l'amphi, posa son sac sur la table et sa tête rejoignit le bois dur. Hermione songea sérieusement à rentrer, faire ses bagages et s'exiler à l'étranger pour une année sabbatique. Cette idée faisait son chemin quand on s'assit à côté d'elle.
- Dis moi qu't'as un café bien chaud, marmonna Hermione, la tête toujours posée sur son sac.
- Bien sûr. Un grand café crème, un cosmo, un pain au chocolat sorti tout droit d'une boulangerie française et un beau mec musclé et torse nu prêt à te faire des massages et à t'éventer avec des feuilles de cocotier, répliqua une voix sarcastique.
Hermione releva si brusquement la tête que son cou craqua désagréablement. C'était bien Malefoy qui était venu s'asseoir à côté d'elle, alors qu'elle était persuadée d'y trouver Jade. La jeune fille se rattrapa rapidement, ne voulant rester avec cette expression de stupeur sur le visage. Elle cligna plusieurs fois des yeux et força ses neurones à se connecter.
- Où est-il le beau mec musclé ? demanda-t-elle.
- Devant toi.
- T'es pas torse nu, le provoqua Hermione.
- Je ne veux pas provoquer un mouvement d'hystérie parmi les étudiantes, répliqua Drago d'un air suffisant.
- D'hystérie ou d'épouvante ? se moqua Hermione.
- Les deux sans doute. Le premier quand je me déshabillerai et le second quand je transplanerai pour pas être mis en pièce par des furies déchaînées folles de mon corps…
Hermione eu un si large sourire qu'elle se demanda si elle allait pas se déboîter la mâchoire. Cela faisait bien longtemps. Trop longtemps. Jamais elle n'aurait pensé que Malefoy aurait pu être si amusant... Puis elle se rappela des dernières fois où ils s'étaient quittés, en particulier lorsqu'elle était partie de chez lui comme une voleuse et qu'il lui en avait jamais reparlé. Et aussi la semaine dernière, quand il l'avait presque mise à la porte.
- Qu'est ce que tu fais là Malefoy ? demanda alors la jeune fille.
Il savait bien qu'elle risquerait de mal l'accueillir, vu la manière dont il l'avait quasi mise à la porte vendredi dernier. Drago avait eu envie de se frapper le soir là. Elle devait le prendre pour un dingue maintenant. Il avait juste paniqué devant son regard. Il savait qu'Hermione était intelligente. Et même s'ils ne s'insultaient pas depuis quelques temps, Drago n'en était pas encore venu au stade des confidences. Il avait alors réagit stupidement, comme d'habitude, en la rejetant méchamment.
Et il coupa court à la question avec une autre de ses techniques favorites, l'ironie.
- Je viens en cours, ça ne se voit pas ?
- A côté de moi, j'entends, reprit Hermione, en levant les yeux au ciel.
Ce mec n'était donc jamais sérieux ? Il semblait avoir repris du poil de la bête depuis la dernière fois. Ce n'était pas sans faire plaisir à Hermione quelque part car un Malefoy qui répliquait à ses provocations, c'était bien plus amusant. Tout à coup, elle réalisa que c'était exactement ce que Drago faisait. Il la faisait tourner en bourrique, sachant pertinemment le fond de sa question.
- Je m'ouvre à de nouveaux horizons. L'aurais-tu déjà oublié ?
- C'est mon programme, ça, pas le tien.
- Vraiment ? Pourquoi en es-tu aussi sûre ? répondit Drago, la voix soudainement neutre, la chose la plus curieuse qui pouvait lui arriver.
Hermione détourna son attention, qui ne s'était d'ailleurs jamais réellement fixée, de l'estrade sur laquelle le prof faisait les cents pas. Elle tourna la tête vers Drago mais il ne la regardait pas. C'est à ce moment qu'Hermione vit les cernes qui entouraient ses yeux. Il avait visiblement tenté de les cacher mais sans succès. Le doute qui l'avait étreinte lors du cours de potion puis lors de leur rencontre dans les couloirs et enfin au bar, s'en trouva confirmée.
Drago Malefoy aussi était en pleine dépression nerveuse. Il ne pouvait pas avoir l'air aussi triste autrement. Ce n'était pas visible dès le premier abord mais en se concentrant quelques secondes, elle eut l'impression qu'il émanait du jeune homme une telle détresse qu'elle eu envie de le prendre dans ses bras.
- Je suis désolée, murmura Hermione, sans cesser de le regarder.
- Pourquoi ? demanda Drago.
Il lui avait jeté un bref coup d'œil mais son regard s'accrocha de nouveau à elle en raison de l'expression peinée du visage de l'ancienne Gryffondor.
- Tu le sais bien. Je sais que tu sais pour moi. Il me semblait juste de te dire que moi aussi je sais… Pour toi…
- C'est la phrase la plus stupide que tu aies jamais prononcé de ta vie, Granger.
Son ton cassant avait dû blesser Hermione car elle détourna vivement la tête. Drago avait vu qu'elle était émue, il ne savait pas pourquoi, et il eu peur de l'avoir indirectement repoussée. Il ne pouvait pas faire ça. Pas plus pour lui que pour elle. Il se sentait si apaisé en sa présence. Il ne se l'avouait pas encore mais Drago cherchait sa compagnie. Comme s'ils arrivaient à soulager leur malaise mutuel en restant ensemble… C'était presque contre nature…
- J'en suis désolé aussi, reprit Drago, d'une voix qu'il espérait pas trop froide. Pour ce que j'ai dit et pour toi.
- Ce… Ce n'est rien… En fait… Je suis heureuse que tu comprennes… Enfin, je veux pas dire que je suis contente que ça t'arrives mais…
- J'ai compris Granger, coupa l'ancien Serpentard. Moi aussi je suis… hum…
- Content ? Allez va-y dis, le ! s'amusa Hermione, semblant retrouver toute sa bonne humeur.
- Je n'irai pas jusque là.
- Ravi ? Enchanté ? Aux anges ? Satisfait ? Béat ?
- C'est bon, va pour content ! répliqua Drago en la regardant d'un air agacé, mais Hermione sentit qu'il ne l'était pas autant qu'il le montrait.
- Vous deux là bas ! Si le cours ne vous intéresse pas, je me passerai de votre présence ! s'écria une voix forte du bas de l'amphi.
Drago et Hermione tournèrent vivement la tête vers leur professeur, rougissant légèrement. Tous les étudiants avaient tourné la tête vers eux. Hermione était trop tétanisée pour oser dire quoi que ce soit. Elle jeta un coup d'oeil en biais à Drago et vit -horrifiée- qu'il regardait leur professeur avec tout le mépris, la froideur et l'ironie dont il était capable.
- Oui, oui, c'est à vous que je parle ! poursuivit le prof.
Hermione se ratatina encore plus sur sa chaise, rouge de honte. Renonçant visiblement à dire ce qui lui démangeait la langue à cette "vieille harpie" (avait-il sifflé entre ses dents) Drago se tourna vers sa voisine.
- Ca te dit une bataille explosive ? fit-il, sans un regard pour leur professeur.
- Quoi ? balbutia Hermione, en jetant un œil inquiet vers le prof qui semblait de plus en plus furieux.
- J'ai envie de faire une bataille explosive mais seul, c'est pas intéressant. Ca te dit ou pas ?
- Heu... ok...
Alors, à la grande surprise d'Hermione, Drago prit leurs affaires qu'il fourra pêle mêle dans sa besace. Il se leva, prit la main d'Hermione et l'entraîna à sa suite, quittant l'amphi sous les cris indignés de leur professeur. Hermione, trop hébétée pour régir, se laissa guider jusqu'au moment où ils sortirent des bâtiments.
Drago l'entraîna alors au Magic'Bar où il lui offrit un verre et où ils firent, comme prévu, une bataille explosive en riant comme des bossus. A midi, Hermione fila rejoindre Jade qui terminait son TD et elles allèrent manger ensemble.
La sorcière rentra chez elle de très bonne humeur. Un message de Ron lui indiquait qu'il pouvait passer la soirée avec elle si Hermione en avait envie. Elle accepta joyeusement mais sa joie retomba soudainement quand Ron ne fit que parler de sa merveilleuse équipe. Du coup, Hermione ne se sentit pas du tout coupable de ne pas lui parler de Malefoy. Après tout, Harry pouvait très bien le faire également.
Ron dormit avec elle mais longtemps, Hermione ne trouva pas le sommeil. Le lendemain, les deux TD ayant été annulés pour séminaires, la jeune fille proposa une sortie à Harry –lui non plus n'avait pas beaucoup de cours le mardi. La réponse ne lui parvint jamais et excédée, l'ancienne Gryffondor se demanda comment occuper sa journée. Lire ne lui procurait plus le même bonheur qu'avant –et de toute façon, ses médicaments l'empêchaient de se concentrer- alors elle alla acheter la Gazette du Sorcier.
C'était probablement une mauvaise idée car des rencontres se succédèrent sur son passage.
Elle recontra Luna qui ne fit que lui parler de son idylle avec Neville puis un fan qui l'harcela pour connaître ce que la grande Hermione Granger allait devenir ("ben oui, on ne sait rien dans les journaux, ils n'ont pas le droit d'écrire sur vous ! C'est vraiment dommage... Vous savez que..." avait commencé le vieil homme avant de radoter pendant une demie heure).
Quand Hermione pu enfin rentrer avec son journal, une lettre de ses parents l'attendait, affirmant qu'ils ne pourraient pas venir la voir cette semaine. Depuis la fin de la guerre, le couple avait décidé de s'installer définitivement en Australie, là où Hermione les avaient envoyés pendant les hostilités pour les protéger.
Mais jamais elle n'aurait pensé qu'une fois le sort d'oubliette (1) levé, ils abandonneraient la maison familiale près de Londres pour rester à l'autre bout du monde ! Hermione se plongea donc dans la Gazette du sorcier pour se changer les idées.
Cela acheva de lui briser le moral car un article intitulé « Un génie de douze ans publie son premier roman » s'étalait en troisième page.
Hermione se sentit soudainement très lasse et surtout, très déprimée. Une crise de larmes la cloua presque au sol et elle prit sa potion anxiolytique pour soulager sa douleur. Les effets secondaires se faisaient déjà sentir et Hermione passa la soirée dans un brouillard relatif. Les émissions à la radio, toutes semblaient s'être données le mot pour évoquer les jeunes talents, la faisaient déprimer. Les séries télé lui donnaient l'impression d'avoir une vie terne et sans intérêt. Elle fini donc par se caler au lit, alternant entre pleurs et des moments de somnolence.
(1) Hermione est censée jeter un sort à ses parents dans le T7 pour qu'ils oublient son existence. J'ai gardé le sort d'oubliette, même si ça ne doit pas être celui là qui a été utilisé pour éviter de me casser la tête... j'avoue !
Alors ? Qu'est ce que vous en avez pensé ? Drago semble encore un peu paumé face à notre Hermione remotivée. J'aime le voir agacé par Hermione et chercher sa compagnie en même temps, comme s'il y avait deux sentiments contradictoires en lui ^^ et on en sait un peu plus sur l'atmosphère des 6 mois d'après guerre (cf le flash back, j'espère que tout le monde a compris, je suis tordue parfois !) que notre blond a traversé.
J'espère aussi que le second passage "psychomagie" n'était pas trop bidon. Je n'ai pas décrit le passage de Drago initiant Hermione à la boxe (vi, je le vois bien pratiquer ce sport) car je voulais un peu avancer dans l'histoire. Mais je prévois de donner l'avis de Drago dans son journal (uhuh, ça fait bizarre, comme s'il pouvait en avoir un)
Il y aurait du Jade et du Ron (ben ouais faut bien) dans le prochain chapitre je pense. Je vais essayer de le centrer plus sur Drago. Essayer vu qu'il n'est pas écrit donc je préfère prévenir, ça prendra un bon bout de temps je pense :s
Bon mois d'août sous le soleil !
Morgane 2 toi
PS : 12 pages word s'il vous plaît, j'ai bien mérité une review ?!
