Ryuga déposa avec grand soin son petit protégé parterre, adossé à la baignoire. Le petit en question ce recroquevilla alors, les genoux contre son torse, la tête posée au dessus.

-Ca va ?

-J-Jai mal…

-Au ventre ?

Il lui fit signe de tête que oui.

-Tu veux vomir ?

Ces simples mots firent tressaillir l'autre qui ramena ses mains à sa bouche.

-Vomis dans le WC si c'est le cas.

Deux secondes après ce fut effectivement le cas. Pourtant, Johannes n'avait pas mangé grand-chose de la journée, alors que pouvait-il bien rejeter ? Mais outre cette question, Ryuga s'approcha du garçon désormais agenouillé devant la cuvette, la tête penchée. Il passa sa main dans son dos pour lui faire de légères caresse pour le rassurer. Johannes pleurait. Cependant, l'ainé fut plus attiré par ce que touchait sa main. Certes, il y avait les plis du t-shirt, mais tout de même, sur le dos de ce gars se dessiné de drôle de chose au touchées. C'est au moment où il allait soulever la veste à manche longue que l'autre bougea pour prendre une serviette qui trainait et s'essuyer la bouche pour ensuite se remettre dans la même position, contre la baignoire, essoufflé.

-Johannes ?

-O-oui… ?

-Faut changer tes vêtements si tu es malade, c'est mauvais sinon, avec la transpiration, les bactéries…

-Non !

-Qu'est ce qu'il se passe ? demanda soudainement une voix de l'autre côté de la porte mi-close.

-Tu peux entrer maman.

-Johannes est malade ?

-Ouai. Il vient de vomir.

Il en profita pour tirer la chasse.

-Peut être que tu as la gastro. Ryuga, va chercher des médicaments.

-Il ne se sent pas bien, c'est tout. Il n'a pas de fièvre, répondit il en posant sa main droite sur le front de l'autre. J'vais le coucher.

Sa mère sourit alors. Elle trouvait cela amusant, la manière dont son grand garçon s'occuper d'un vagabond trouvé la veille. Ils semblaient si proches tous les deux. Ryuga se rendit bien compte du sourire radieux et demanda la raison de son apparition.

-On dirait que tu t'occupe de Ryuto lorsqu'il était un peu plus petit.

-Ce n'était pas moi qui m'en occupait tant que ça, c'était plus Ats…

Ryuga, qui regardait plus tôt sa mère dans les yeux, baissa la tête tristement. Sa mère fit de même puis s'en alla dans le salon pour prendre ses affaires.

-Soyez sages, lança t elle.

-ouai, répondirent ses deux enfants, en cœur.

Et elle partie pour son travail, laissant les trois autres s'occuper de la maison durant son absence. Ryuto ressorti de la pièce où il était plus tôt et vint à la rencontre de son frère. Celui-ci farfouillait dans le tas de linge de la salle de bain. Johannes s'était recroquevillé contre la baignoire et ne semblait pas aller très bien.

-Johannes est malade ?

-Pas vraiment.

-ha ? à quoi tu sais ça ? Il a l'air d'avoir la gastro celui-là. Tu cherches quoi ?

-Je cherche une bassine au cas où… Mais je ne pense pas ce sera nécessaire. Il se sent juste mal. Un peu comme si… Il était stressé au point de se sentir très mal.

-Je savais pas que étais docteur, frérot. Moi j'vais m'coucher, j'dois faire deux trois trucs pour les cours de demain.

-Ha, ouai, j'avais oublié que tu avais cour. Bonne nuit.

Le plus jeune lui répondit poliment et s'en alla dans sa chambre. Au bout de quelques minutes, l'ainé laissa tomber cette histoire de bassine et reporta son attention sur l'étranger. Ce dernier semblait assoupit, mais lorsqu'il le saisit dans ses bras dans l'idée de le porter jusque dans son lit, Johannes ne dormait pas.

-J'ai mal…

-Au ventre ?

Ryuga entreprit d'exercer quelques pressions sur l'abdomen du malade pour voir où exactement sa douleur se présentait. Apriori, il s'agissait de son estomac.

-Je vais prendre un medoc dans la cuisine, je reviens.

Il parti donc dans cette dite cuisine et revint assez vite, avec un verre d'eau pétillante. Enfaite c'était l'effet du cachet effervescent. Johannes tenait désormais ses habits dans les bras. Ils avaient étés laver et posés sur le dessus du tas de linge contre la baignoire. Johannes les serrer si fort contre lui que c'était à se demander si il n'y avait pas fait des trous avec ses ongles. Ryuga le regarda un moment. Ce comportement n'était pas normal, il n'était pas malade, c'était sûr. Il se sentait simplement mal. Et s'il n'y avait que ça. Il avait passé la nuit à dormir parterre, il lui manquer un vocabulaire pourtant courant. Il ignorait ce qu'étaient des jouets, des peluches. Et surtout, lorsqu'il s'était fait agresser, Johannes n'avait pas eu l'air effrayé, aucunement. Mais il s'était visiblement soumit automatiquement la deuxième fois, alors qu'à l'inverse, lorsque Watarigani lui était tombé dessus, il avait semblait bien plus rebelle. « Johannes… Qu'est ce que tu peux bien cacher… ? » se demanda l'ainé. « Qu'est ce qu'y t'es arrivé… ? ».

-Tiens, avales ça.

Sans dire un mot, le brun avala tout le contenu du verre. On pouvait voir sur son visage une fatigue importante, ses yeux rougis, à moitie clos. Ryuga souffla un coup devant le fait qu'il allait devoir le porter jusqu'à la chambre. Il s'agenouilla au niveau de l'autre et le saisit contre lui à fin de le porter. C'est à ce moment là, en ayant son visage si prés du sien, que l'aîné aperçut la cicatrice laissé sur la joue du malade, à cause du couteau de Watarigani. C'était une coupure nette, de quelques centimètres, peu profonde.

-Laisse ses vetements là.

Tentant de desserrer la prise qu'avait le cadet dessus, il s'aperçut bien qu'il n'allait pas les lâcher de ci tôt. Cependant il réussit quand même à tout lui retirer, à part le chapeau. C'est ainsi que Johannes s'endormit avec ce tissu dans les bras, couché contre le mur, comme la veille. Ryuga prit soin de poser le petit lynx aux côtés de son propriétaire.

Cette fois ci, Ryuga ne retrouva pas le brun par terre au petit matin, car il était resté très tranquillement au lit, puis il dormait encore. Atsuka resta au lit, tourné vers le plus jeune, le regardant, comme attendri par ce gamin qui dormait recroquevillé sur lui-même, le chapeau serré contre lui. Si mignon. Ses cheveux en bataille lui cachant quelque peu le visage. Ryuga se surprit à rester ainsi à le fixer. Décidément, ce garçon devenait de plus en plus important à ses yeux. En si peu de temps. C'était presque ridicule.

Lorsqu'il se leva, Ryuga trouva le silence que trop troublant. Sans la présence de son petit frère, la maison était bien vide. Et comme sa mère travaillée de nuit, elle ne se levait que vers les quatorze heures. Un peu dépité, il ne déjeuna pas, il n'avait pas faim. Et il s'ennuya un moment, tournant en rond dans la maison. Puis il se rendit à la salle de bain à fin de faire du rangement. Il amena une pile de linge dans la chambre de son petit frère, puis dans celle de sa mère, et enfin il rangea les serviettes, les torchons et autres tissus usuels dans la maison. Puisqu'il n'était pas même treize heures, il entreprit de ranger les papiers. Habituellement il serait sorti dehors voir les plus grands de son gang, ceux qui avaient dépassés les dix-huit ans depuis longtemps. Ceux là étaient sous les ordres de l'ancien chef du gang Atsuka. Mais ils semblaient apprécier également le nouveau.

-Un gang… Hein… ?

Absorbé par ses pensées, Ryuga regardait dehors, la circulation, les gens, le vent dans les branches des arbres se trouvant le long de la route.

-Pourquoi y a-t-il fallut que tu partes… ?

Respirant un grand coup, il se reprit et fit demi-tour en direction de son linge à lui qu'il ramena dans sa chambre, sur le canapé. Il comptait le ranger tout de suite à l'origine, mais il fut arrêté en voyant le brun si bien installé. Il avait également saisit la veste blanche que Ryuga avait laissé sur le lit. Il y avait fourré sa tête et s'en servait comme doudou.

-Johannes, réveilles toi.

Vus l'heure qu'il était, le temps de sommeil semblait suffisant, alors il s'approcha du paresseux pour le secouer doucement. Cependant, il n'eu pas droit à la réaction à laquelle il s'attendait. En une fraction de seconde, Johannes s'était éveillé et déplacé dans le coin du mur, l'air effrayé. Les deux garçons se regardèrent alors dans les yeux durât un long instant. L'un cherchait pourquoi l'autre avait eu une telle réaction tandis que ce dernier tentait de se rappeler ce qu'il pouvait bien faire ici. Remarquant soudainement que le temps passait, Ryuga se décontracta en soufflant un coup, puis il grimpa sur le lit et fit tomber l'autre contre son torse.

- Excuses… Je ne voulais pas te surprendre.

-Lâches moi.

-Pourquoi je ferais ça ? Ce n'est pas toi qui t'agrippes sur mes fringues là ? Ma veste n'est pas venue miraculeusement entre tes mains.

-J'ai mal dormi, répondit le fautif, essayant de se dégager de l'emprise auquel il était soumis. Il y arriva enfin et se leva pour partir dans le salon.

Chose amusante, et que Ryuga ne loupa pas, c'est qu'il était parti avec les deux vetements qu'il tenait plus tôt dans les mains.

-Hey ! J'ai besoin de ma veste !

Il la reçut dans la figure lorsqu'il passa le pas de la porte du salon. Son protégé l'avait lancé avant de se jeter sur le canapé et de s'y vautrer.

-Et en plus ça se croit comme chez lui.

-Tu m'as dis que je pouvais.

-Et je dis aussi que tu as de sérieux problèmes. Dans ta tête.

Non sans surprise de la part de Ryuga, les quatre heures qui suivirent furent calmes, Johannes mangea normalement à table, il se comporta un peu plus tranquillement, passa un long moment devant la télévision et discuta avec la mère de famille. Cependant il prenait soin de ne pas révéler quoi que ce soit sur lui-même. Si bien que la jeune femme se posa des questions, et les lui posa.

-Tu étais dans qu'elle ville avant de venir ici ?

-J'étais à Kiers.

-Oh ? Vraiment ? Ce n'est pas loin, à quelques kilomètres. Tu as fait le chemin à pied ?

-Oui.

Plus qu'étonné devant les réponses que fournissait enfin le gamin, Ryuga entreprit à son tour de poser des questions.

-Et t'étais tout seul à Kiers ? Ce n'est pas comme si y avait que des tolards, mais presque.

-Enfin ! Ryuga ! Ne parles pas comme ça !

-Quoi ? C'est vrai !

Johannes, nullement outré par ces paroles, répondit négativement. Il n'y était pas seul. Alors on lui demanda avec qui il était.

-Un… heu… Un vendeur.

-Genre quoi ? Bijoutier ? Vetements ?

-Il vendait de la farine.

Ryuga explosa de rire à nouveau, comme dans le magasin de jouet. Il avait tout de suite comprit que ce n'était rien d'autre que de la drogue. Qui vendrait des sachets de farines ? Sa mère mit quelques secondes avant de comprendre, et lorsqu'elle comprit, elle resta bouche-buée. Johannes trempait-il dans des affaires de dylers ?

-ça s'appelle de la drogue, pas de la farine, Johannes…

-oui c'est ça ! De la « drogue » ! répéta-il, fière de lui. Il vendait ça à des personnes qui trainaient en ville !

-Et toi tu avais avoir avec ça ? demanda la seule femme présente.

Il fit signe que non.

-Jamais. Je n'ai jamais touché ça. Et je n'avais pas le droit.

-C'est qui le gars avec qui tu étais. Le vendeur. Son nom c'est quoi ?

-Nike. Il m'a toujours dit ça. Mais, la dernière fois que je l'ai vu, celui en noir ne l'avait pas appelé comme ça.

-Nike c'est une marque. Il s'est moqué de toi.

-Et pourquoi tu n'es pas rester avec lui si tu t'entends bien avec cet homme ?

-Il m'a vendu à cet homme noir.

Ryuga émit un grognement et s'en alla d'un coup dans sa chambre, portable en main, s'apprêtant sans doute à passer un coup de fil. Il était soudainement sorti de ses gons, comme ça, d'un coup. Cela parut étrange à sa mère, qui du coup, essaya d'en savoir plus à propos de Johannes :

-Et comment tu t'en es sorti ? Cet homme t'as fait du mal ?

-Non. Je me suis enfuit, encore une fois… Et arrivé ici, y a ce mec… Watarigani, qui voulait se battre avec moi, et votre fils est arrivé pour me… Protégé…

En disant ce dernier mot, il se rendit compte que c'était bien ça. Il avait été protégé. Pour la première fois. Ryuga le protégeait sincèrement. Vraiment. Celui-ci revint justement de sa chambre.

-Johannes, on y va, Kyo nous attends dehors, on va se promener.

-Mais… Ryuga…., s'interposa la mère. Ce n'est peut être pas prudent, si cet homme le poursuivait… ?

-Cet homme le poursuit. C'est sûr. C'est pour ça qu'on doit sortir et trouver la police pour le mettre en sécurité.

La femme esquissa, et les laissa les deux garçons s'en aller.