27 novembre 1999
Miss Granger,
Vos excuses n'ont pas lieu d'être. Vous avez commis une maladresse, mais vous n'en êtes pas responsable. Lorsque je vous ai conseillé ces ouvrages, je savais parfaitement ce qu'ils contenaient, et donc les risques auxquels je m'exposais. Cependant j'avais sous-estimé votre capacité à assimiler des notions aussi complexes si rapidement. Nous pouvons donc convenir que j'ai péché par excès de confiance. Cependant, je ne peux que vous conseiller de modérer vos réactions à l'avenir. Vous avez appliqué à la lettre les instructions de l'auteur, mais il convient maintenant de le faire avec davantage de subtilité. Dans votre cas, ce sont les souvenirs présents dans votre propre mémoire qui vous posent des difficultés, vous ne pouvez donc pas lutter contre eux de la même manière que vous repoussez un agresseur.
Cependant, je ne peux qu'être d'accord avec l'auteur de cet ouvrage, et trouver vos termes désespérément Gryffondor : « mortifiée », « déloyal », « cruel » ? Vous donnez l'impression de ne pas avoir vécu la même guerre que moi. Dois-je vous rappeler que dans certaines situations, il faut savoir se montrer plus fort que son adversaire en utilisant toutes ses faiblesses ? En continuant d'appliquer les principes de votre maison, rien de bon ne peut vous arriver.
Ceci nous amène donc au second point que je souhaitais aborder dans cette lettre. Il est possible que la surprise face à votre riposte m'ait fait un peu sur-réagir. A ce point de votre apprentissage, la colère n'était pas la bonne réponse à apporter et il me parait donc normal que les leçons continuent au même rythme que précédemment.
Comme je vous le disais, la réponse que vous avez apportée à l'agression n'était pas la bonne. Le blocage total de vos pensées sera, je peux vous l'assurer, une méthode plus utile que de me faire revivre ma mort à chaque fois que je voudrai tester vos défenses.
Je vous attends donc vendredi à 20h, dans mon bureau.
SS
