Auteur : Warai Kareha, qui songe à bannir le « sourire » pour le verbe pleurer XD.

Titre : Éclats d'innocence

Disclaimer : Merci à Katsura Hoshino sensei d'être devenue Mangaka et d'avoir créé DGM !

Pairing : Shonen-Ai Kanda/Allen.

Note : Ce fut long, encore et toujours long. Désolée TT.

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Posté devant la fenêtre, il jeta un œil sur la table de chevet où reposait un morceau de papier récemment malmené. Pris d'un vif intérêt, il tourna et retourna autour, le scrutant sous tous les angles. Il s'arrêta, immobile, l'observa encore tel un fauve tapi dans l'ombre face à sa proie, et tout à coup l'engloutit, avant d'aller s'installer au sommet du crâne d'un Allen médusé. Timcanpy était aussi détraqué que son créateur… La feuille ne contenait rien d'important, si ce n'est un petit mot de Lavi lui demandant d'être sage et de garder la maison en leur absence. Dommage, pensa le maudit, maintenant il ne pourrait plus jeter la boulette blanche à la figure du rouquin lorsqu'ils rentreraient… Un soupir s'échappa de ses lèvres alors qu'il porta machinalement une main à son bandage qu'on avait probablement changé pendant son sommeil. Être laissé en arrière pour une petite blessure ne l'enchantait guère, d'autant qu'il avait déjà combattu dans des états plus lamentables que ça. Ah! Il entendait déjà Kanda le traiter de boulet à l'aide d'un regard hautain. Insupportable! songea-t-il en tentant d'écarteler son oreiller, son visage ne trahissant aucune émotion. Après avoir essayé diverses prises de combat sur le coussin, il balança celui-ci à l'autre bout de la pièce et se laissa tomber sur le matelas. Le golem tomba de son perchoir et décrivit des cercles au dessus de la tête blanche, sans doute pour exprimer son mécontentement. Mais qu'importe, l'orphelin avait d'autres problèmes à régler, notamment se débarrasser d'un visage en peu trop encré dans son esprit depuis quelques temps.

Kanda. Le japonais avait beau être aussi désagréable que d'habitude, depuis le retour de mission d'Allen il avait par deux fois adopté un comportement voisin de la sympathie. Voisin seulement. Voir étranger… En fait le symbiotique n'en savait rien, et à forces de remuer ses pensées à ce propos tout semblait de moins en moins clairs.

« C'est complètement dingue, se dit-il, même à distance cet imbécile ne peut pas s'empêcher de m'énerver. »

D'abord pourquoi se prenait-il autant la tête au sujet du brun ? Cela ne pouvait pas durer ! Histoire de se changer les idées Allen quitta sa chambre et partit en quête de nourriture. Au bout d'un couloir il découvrit une sorte de petit salon regroupant quelques fauteuils et autres sièges dépourvus d'occupants - la plupart des voyageurs préféraient sûrement séjourner en ville plutôt que dans cette auberge reculée. Une horloge lui apprit que son estomac était fort ponctuel puisque les aiguilles désignaient le nombre douze. C'est donc en ruminant contre ses camarades qu'il continua sa route vers la cuisine.

OoOoOoOoO

- Atchoum !

Tous à l'exception de Kanda se retournèrent vers Lavi.

- A vos souhaits, fit poliment une femme qu'ils interrogeaient.

- Merci.

- Vous avez attrapé froid, s'enquit Abiageal.

- Non je crois plutôt qu'Allen s'est réveillé, déclara le roux.

OoOoOoOoO

Rassasié, le symbiotique s'installa dans un canapé face à la cheminée. Il observa avec intérêt les flammes dansant dans l'âtre jusqu'à ce que leurs lueurs deviennent insoutenables pour ses yeux. Il avait bien songé rejoindre Thomas et les autres, mais l'initiative serait certainement infructueuse. Genève était une grande ville alors autant rester ici au lieu de s'égarer. Il ne restait plus qu'à trouver une occupation. Que faire ? Il n'eut pas le loisir d'y réfléchir : quelqu'un surgit derrière lui et deux bras s'enroulèrent brusquement autour de son cou. Allen manqua de crier de stupeur, son rythme cardiaque s'affolant sensiblement. L'assaillant se révéla rapidement en lui dédiant un immense sourire.

- Kakera ?!

La joie de la fillette s'envola en voyant l'expression crisper du maudit et, toujours accrochée à lui, elle attendit, le fixant de ses grenats. D'aussi près, le jeune homme remarqua qu'un des yeux de Kakera semblait insensiblement plus sombre que l'autre. Passée la surprise, il expira de soulagement et ses lèvres s'étirèrent en cette mimique traduisant la sympathie.

- Tu m'as fait peur, confessa-t-il.

Rassurée la japonaise resserra sa prise, sa bonne humeur revenant au galop. N'étant pas spécialement habitué à ce genre de geste, Allen resta immobile ne sachant comment réagir. Kakera se sépara finalement de lui et fit le tour du large fauteuil pour se poser aux cotés de son camarade. Celui-ci finit digérer sa frayeur, bien qu'il ne puisse s'empêcher de se demander pourquoi la fillette était ici. Il lui aurait volontairement posé la question mais le manque d'éloquence de sa camarade risquait d'être une entrave à la conversation, comme il avait déjà pu le constater lors du voyage en mer.

Un exemple lui revint en mémoire.

OoOoOoOoO

- Kakera ?

L'apostrophée fit volte-face. Cela faisait un petit moment qu'il observait la jeune fille perdue au cœur d'intenses réflexions, au beau milieu d'un couloir du navire. Plus tôt il l'avait surprise tournant en rond et zyeutant chaque intersection avec intérêt. Il était évident qu'elle cherchait quelque chose et après avoir joué le spectateur impassible, le maudit décida de lui venir en aide.

- Tu as perdu quelque chose ?

La mine contrariée céda à la satisfaction et en guise de réponse, la fillette le pointa du doigt. Incrédule, Allen se désigna lui-même.

- Moi ?

La brune hocha vigoureusement la tête.

- Et bien je suis là, sourit le symbiotique en se penchant inconsciemment. Il y a un problème ?

Car cela ne pouvait être qu'une urgence pour qu'elle se lance dans une recherche aussi frénétique. Si la fillette d'abord secoua négativement la tête, elle interrompit tout à coup son geste, ne bougea plus l'espace de quelques secondes et acquiesça finalement à la question d'Allen. Ce dernier, n'étant pas sûr de tout comprendre, préféra reformuler l'interrogation.

- Donc finalement ?

Regard fixe de Kakera, comme si la réponse était déjà claire. Allen retint un soupire.

- Il y a un problème ou non ?

Nouvel hochement affirmatif. On en déduisit donc qu'il y avait bel et bien un tracas. Mais quoi ? Le maudit se renseigna. Pour toute réponse, la japonaise leva le bras, montrant un point lointain dans son dos. Il se tourna mais ne vit rien de particulier. Peut-être lui indiquait-elle la voie à prendre. Mais qui avait-il par là-bas ? Bonne question. Kakera attrapa la main de son ami et le regarda droit dans les yeux. Il n'en fallut pas plus pour que le message passe.

- D'accord, je te suis, abdiqua-t-il.

Fière de sa victoire, la fillette dévoila toutes ses dents. Attendri et amusé, Allen, avant de faire le moindre pas, fit part de son point de vue.

- Ce serait tout de même beaucoup plus facile si tu m'expliquais tout ça de vive voix, sourit-il.

Cela était vrai. Au début il avait cru la brune muette, mais ce constat avait vite volé en éclat lors du briefing qui avait précédé leur départ. Pourtant elle agissait souvent comme si. Drôle de fantaisie, songea-t-il. Devant lui la fillette resta immobile, son visage abordant une curieuse expression. Que lui arrivait-il ?

- Kake-

- T'es dans le passage moyashi.

Sur le coup Allen crut sentir son cœur bondir hors de sa poitrine. Il retint son cri de justesse et se retourna d'une traite vers Kanda, incapable de prononcer la moindre plainte, tant la stupeur l'avait affectée. Le fautif, lui, se contenta de lui jeter un regard neutre et de continuer sa route. Ce qui ne fut pas au goût de tous. La cadette ouvrit la bouche en grand, mimant silencieusement son mécontentement et bloqua la route au bretteur alors qu'on entendit des bruits de pas se rapprocher.

- Yuu !

Déboula alors Lavi, un tantinet surpris de trouver Kakera et Allen sur son chemin.

- Ne prononce pas mon prénom, pesta l'interpellé.

- Seulement si tu arrêtes de me fuir.

- Je n'ai pas de temps à t'accorder.

- Tu n'es franchement pas marrant, se plaignit le roux.

- Tu m'en vois ravi.

Bien décidé à leur fausser compagnie, il contourna Kakera qui le regarda partir. Vexée, elle fit face au rouquin en faisant la moue. Qu'on se le dise - d'après son regard - si elle avait été aussi irascible que Kanda, elle aurait volontiers insulté ou sauté à la gorge de Lavi.

- Eh ! C'est pas de ma faute, rétorqua-t-il à l'accusation muette. Tu connais son caractère aussi bien que moi !

L'aîné se tourna alors vers Allen, celui-ci ayant gardé une main sur son cœur pour s'assurer du bon fonctionnement de ce dernier - Kanda allait lui payer ça…

- Ça ne va pas, s'enquit Lavi.

- Si, tout va très bien. Mais dis-moi, commença le symbiotique, aurais-je rater quelque chose ?

- Absolument rien.

OoOoOoOoO

Ça, Allen était encore loin d'en être convaincu, mais une petite voix intérieure lui ordonnait catégoriquement de ne pas chercher à comprendre et de laisser Lavi dans ses petites intrigues. Ne surtout pas s'en mêler.

Il soupira. Cela arrivait beaucoup aujourd'hui. A côté de lui Kakera balançait ses jambes d'avant en arrière, prise dans la contemplation du tapis, un vague sourire collé au visage. Le maudit hasarda un regard vers la fenêtre la plus proche. Dehors les flocons tombaient sans arrêt depuis qu'il s'était réveillé. Il se demanda si cela n'importunait pas trop ses compagnons, puis en définitive, se dit qu'il n'avait pas à se soucier d'eux. Ne l'avaient-ils pas après tout abandonné ici ?

- Si c'est pour rester sans rien faire à l'auberge pendant qu'ils font tout le travail, vivement qu'on rentre à la maison, bougonna-t-il.

La fillette releva la tête et lui dédia un étrange regard. Allen fit de même, persuadé de rater quelque chose. Un déclic se fit alors. Mais quel gaffeur, se dit-il en se frappant mentalement.

- Non pas que ta présence m'ennuie, se rattrapa-t-il précipitamment en se redressant par la même occasion.

La brune pouffa discrètement, si bien que son camarade ne le remarqua pas et continua sur sa lancée.

- C'est juste que ça m'embête de ne pas pouvoir remplir la mission qu'on nous a confiée. C'est vrai, si on les gêne, ils n'ont cas nous le dire clairement.

- Tu me gênes, lâcha-t-on derrière lui.

- Aah !

De nouveau pris par surprise, Allen fit volte-face, si promptement qu'il trébucha et tomba sur les fesses… atterrissant sur le canapé. De là, il leva les yeux vers l'horrible personnage qui semble-t-il avait passé un pacte avec la mort pour qu'il succombe à un arrêt cardiaque. Ce sale type le dévisagea, perplexe, ne cherchant pas à s'en aller. Décelant une certaine moquerie dans le regard sombre, Allen sentit l'agacement succéder à l'effroi.

- Ça t'amuse ?

- Va savoir moyashi.

- Je m'appelle Allen.

- Si tu le dis.

Le plus jeune retint un grognement. Pourquoi le bretteur se mettait au devoir de l'irriter à chaque rencontre ? Mystère. Quoique que si l'on prenait en compte l'hypothèse que Kanda était tout simplement un idiot, le mystère n'en était plus un. Oui, cette solution plaisait assez au maudit. Du moins il fit de son mieux pour s'en convaincre avant qu'un détail ne vienne mettre fin à son débat intérieur.

Kanda rentrait seul. Pour quelle raison ? Où étaient les autres ? Autant d'énigmes qu'il n'eut pas le temps de résoudre. Kakera se leva d'un bon, attirant l'attention de son aîné qui la rejoint sous le regard interloqué du symbiotique. Yuu observa un instant la fillette, en silence, puis parla. La brune répondit par gestuelle. Toujours assis, Walker assistait à l'échange comme fasciné. Il ne comprenait pas un traître mot. Ses yeux se détournèrent lentement vers la cheminée. Évidemment, Kanda utilisait sa langue natale pour que le maudit soit perdu. Inutile de se torturer l'esprit pour déchiffrer le message. S'en était outrageusement… blessant. Il souhaita partir plutôt que supporter cela une minute de plus mais fut soudain assailli de nouvelles angoisses. Il porta une main à son estomac et resserra ses vêtements entre ses doigts. Que lui arrivait-il à la fin ?

Derrière, Kakera discerna le comportement de son ami. Sentant tout intérêt pour ses dires envolé loin de la gamine, son vis-à-vis jeta un œil vers l'intrus. Le désigné intrus n'appréciait pas l'exclusion qu'il venait de subir. Dommage pour lui, le responsable n'avait aucune intention de s'excuser et choisit par conséquent, de regagner sa chambre. Il commença à déboutonner son manteau et fit pour franchir la porte menant au couloir quand l'on coupa court à ses projets.

La fillette - qui d'autre ? - examina tour à tour les deux garçons avant de percevoir une idée germer sous sa longue chevelure ébène. Elle saisit le bras du plus vieux et l'obligea à changer de direction, s'attirant ainsi ses foudres.

- Qu'est-ce que tu veux encore !?

Alerté par les réprimandes, Allen leva les yeux vers le duo de japonais et constata que la plus petite poussait l'autre vers lui. Ou peut-être vers la place libre juste à côté. Cela était préférable. Sauf du point de vue du brun qui stoppa net, la gamine percutant son dos. Elle se recula en gonflant les joues lorsque son aîné fit volte-face.

Comme si cela allait l'arrêter !

« Kanda, c'est tout ce que je te demande. »

Le bretteur cligna des yeux. La requête de Komui se répéta automatiquement dans son esprit, le faisant hésiter. Il serra discrètement le poing, profondément contrarié. Kakera en profita et l'envoya de force s'asseoir à gauche d'Allen. Même s'il se laissa plus ou moins faire, Yuu montra les dents, sous le regard déconcerté du maudit qui admirait l'entêtement de sa camarade - bien qu'il s'inquiéta pour son avenir si elle persistait sur cette voie. Un chemin qui n'effrayait absolument pas la silencieuse jeune fille, puisqu'elle ignora magistralement le regard noir de son semblable pour leur dédier un immense et chaleureux sourire comme elle seule en avait le secret. Ce fut précisément ce geste qui installa un doute en Allen. Pourquoi la fillette semblait-elle autant satisfaite tout à coup ? Elle leur fit signe de ne pas bouger et disparut à toute hâte, accompagnée de doux tintements. Kanda en profita pour se relever et enlever son uniforme, avant de se laisser tomber dans le canapé, lâchant par la même occasion un juron, les caprices de la faucheuse ne l'enchantant guère. Pourtant, comme les fois précédentes, il restait. S'en était presque rageant, pensa Allen.

Il cligna des yeux, sa main desserrant sa prise sur sa chemise.

- Où sont les autres, demanda-t-il soudain.

Changer de sujet. C'était la seule chose qu'il désirait. Ne plus avoir de penser idiotes. Il ne jeta pas un seul regard vers le détenteur de la réponse. Ce dernier s'accouda sur le rebord du meuble et posa son menton contre son poing.

- Ils font leur travail.

Explication brève et concise. Tout ce que l'on pouvait attendre de la part du plus froid des exorcistes. Le maudit sentit l'exaspération naissante s'accroître.

- Et toi, que fais-tu ici ?

- Je t'en pose des question, moyashi ? Répliqua le brun.

- Laisse tomber !

Allen se leva sans crier gare et fit pour partir.

- De toute façon ça ne m'intéresse pas !

Cet emportement raviva une blessure oubliée et au travers de son bandage il sentit la douleur se réveiller. Il se retint au dossier du fauteuil pour ne pas chanceler et connut un nouveau mal dans la seconde suivante.

- Aïe !

Revenu d'on ne sait encore où, Kakera venait de lui asséner un coup d'archer sur les doigts. Des prunelles sévères lui apprirent qu'il n'avait rien à faire debout, et sans plus y réfléchir Allen alla se rasseoir gentiment.

OoOoOoOoO

Par la suite la japonaise leur offrit un concert privé. Contrairement à cette fois sur le pont du navire où il l'avait surprise en train de jouer, la mélodie interprétée était enjouée et chaleureuse. Peut-être empreinte d'une légère mélancolie, mais très agréable. En y repensant, il n'était pas seul à écouter la déchirante musique quelques jours plus tôt. Kanda aussi était là. A la différence qu'aujourd'hui ils n'échangèrent pas la moindre parole.

Concentrée, la fillette enchaîna adroitement les notes, tantôt accompagnées par le son d'un grelot au rythme de ses mouvements, ses yeux rouges mi-clos. En l'observant, Allen se remémora sa rencontre avec la mystérieuse musicienne. Son mutisme, sa candeur, ses quelques mots prononcés d'une voix enfantine allant de paire avec un sourire innocent. Un caractère n'empêchant pas son habilité au violon comme au combat. Du peu qu'il en avait vu, la brune, comparable aux autres exorcistes, maniait son arme anti-Akuma avec dextérité et résolution, en dépit de sa petite taille et de sa faux gigantesque. Bien qu'il ne l'ait vu qu'à une seule reprise, soit lors du combat de la gare, il ne doutait pas que l'arme le surpasse lui-même en taille. Où donc la gamine pouvait-elle rangée un tel objet ? A force de la sonder, le symbiotique décela quelques changements. Puis, bercer par la mélodie de plus en plus douce, il s'assoupit.

Lorsqu'il se réveilla dans sa chambre, ses entrailles en proie à ce mal étrange, il bloqua toutes pensées et regagna le salon d'où s'échappait des voix familières. La nuit était tombée, forçant Thomas et les autres à rentrer. Allen les trouva donc sans surprise devant la cheminée faisant part de leurs découvertes quasi inexistantes. Dans un coin de la pièce, Kakera jouer avec Timcanpy, ne s'occupant pas de ses camarades, eux-mêmes employés à chercher des réponses.

Les minutes s'écoulèrent, la discussion prit fin, remettant les questions au lendemain. Lavi en profita pour chambrer amicalement le « convalescent » avant de s'éclipser avec la fillette. Thomas quant à lui passa un appel à la congrégation de l'ombre pendant qu'un certain japonais affichait une mine contrariée. N'ayant pas envie de rester là à rien faire, Allen décida de remplir son estomac et quitta la salle.

Enfin, l'irlandais, l'anxiété rongeant sans relâche son cœur, songea à se réfugier sous ses couvertures.

OoOoOoOoO

- Donc ça n'a rien donné, soupira Lavi.

Il appuya son dos contre le mur, fermant les yeux pour mieux se concentrer.

- J'ai été idiot de croire que ce serait simple, marmonna-t-il.

Assise en tailleur à même le sol, Kakera l'observa, attendant patiemment.

- Je pensais qu'Allen serait plus facile à manipuler que Yuu, continua le roux, mais il est trop têtu.

Une nouvelle expiration s'échappa de ses lèvres. Depuis qu'il avait embauché la faucheuse pour mettre son plan en œuvre, aucune avancée encourageante n'était enregistrée. Qu'à cela ne tienne ! Ils vaincraient quoiqu'il arrive !

- Ces deux là sont vraiment… hum ?

Le bruit d'une porte qui s'ouvre et qui se referme l'interrompit dans ses combines.

OoOoOoOoO

Quand on interrompt comme cela deux personnes en pleine intrigue et que les deux êtres en question vous jettent de tels regard ou que de tels sourires s'esquissent sur leurs visages, il n' y a qu'une chose à faire que l'on peut par ailleurs décliner sous plusieurs expressions : prendre ses jambes à son cou, filer à l'anglaise, se faire la belle, fuir ou encore prendre la poudre d'escampette. Malheureusement cela ne marche pas à tous les coups… Le pauvre Abiageal, passant par le mauvais endroit pour retourner dans sa chambre, en fit les frais.

- Dé-désolé pour le dérangement !

- Pas si vite mon mignon !

L'exorciste au maillet se révéla bien plus rapide que le petit traqueur qui se trouva incapable d'atteindre à temps la sortie. Sa main resta néanmoins tendu vers la poignée comme dans l'attente d'un miracle. Peine perdue, se dit-il rapidement. Mieux valait tenter de clamer son innocence.

- Non pitié ! S'égosilla-t-il. Je jure que je n'ai rien entendu sur un éventuel complot visant m'sieur Kanda et Allen !

- Complot, reprit Lavi sur un ton intéressé et interrogateur.

N'y avait-il pas là plus belle façon de se planter et de signer son arrêt de mort ? Abi se traita mentalement de tous les noms d'oiseaux inscrits dans son répertoire.

- Non, je voulais dire-

- Il a dit complot, n'est-ce pas, chantonna le roux.

Kakera confirma d'un hochement de tête sans la moindre hésitation.

- C'est une bien curieuse appellation pour quelqu'un qui n'a soit disant rien entendu.

Ça y est ! Son heure était venue ! Cruelle destinée qui ne lui permettait même pas de revoir son grand frère avant de céder sa misérable vie à la mort ! Répondant très mal à la pression Abiageal sentit sa tête lui tourner ainsi que ses larmes pointer et perdit l'usage de la parole sous le regard étonné mais quelque peu amusé de Lavi. L'irlandais réagissait vraiment comme un gamin.

- Et bien! Ne te met pas dans des états pareils, on ne va pas non plus t'envoyer au bûcher !

Peut-être qu'il n'allait pas sur l'échafaud, mais son sort, entre les mains de ces deux conspirateurs, ne promettait pas d'être plus enviable.

- Hélas, il va de soit qu'en tant que témoin gênant, tu vas devoir te rendre utile pour t'en sortir indemne.

A cet instant une seule pensée traversa l'esprit du jeune garçon avant qu'il ne pactise avec les bourreaux pour sauver sa peau - ou se diriger vers une mort plus affreuse, cela dépendait des points de vues : pourquoi lui ?

OoOoOoOoO

Allen se demanda vaguement s'il ne venait pas d'entendre Abiageal crier, avant de secouer la tête. Il devait sûrement rêver. Dehors la pluie de cristaux cessait enfin. La voûte céleste parfaitement dégagée laissait l'éclat de la lune étinceler en toute liberté au contact de l'épais manteau blanc recouvrant le sol. De chaudes lueurs s'échappaient des rares bâtisses environnantes et de quelques réverbères postés ici et là. Malgré la noirceur du ciel, la visibilité était suffisante pour se balader sans peine et seul le froid dissuader les gens de sortir.

Tout était calme. Le maudit entendit juste quelqu'un se lever et s'approcher dans son dos. Curieux de voir de qui il s'agissait, il tourna la tête pour voir Kanda, bras croisés, se placer devant la fenêtre, à côte de lui. Présent dans le salon, Thomas examinait encore le dossier fourni par Komui. Cette histoire le tracassait, comme eux tous. Allen interrogea le japonais du regard, surpris de le voir se tenir proche de lui avec autant de calme. Ce dernier décroisa lentement les bras, ses iris fixant intensément par delà la vitre sans jamais se tourner vers Allen.

- Kanda, s'enquit le symbiotique.

- J'ai un mauvais pressentiment.

Troublé, son cadet suivit la trajectoire de ses prunelles mais ne vit rien. Il allait demander plus ample information quand l'aîné posa une main sur Mugen.

Une silhouette commença à se dessiner sur la toile blanche. Trop éloignée pour qu'ils puissent la distinguer clairement, ils attendirent, Allen sentant à son tour l'appréhension s'insinuer. A mesure que l'individu s'avançait, ses yeux s'ouvrirent progressivement au maximum.

Il reconnaîtrait cet uniforme entre mille.

- C'est comme je te le dis mon cher Abi, intervint la voix de Lavi en entrant dans la pièce accompagné de ses deux compères.

Mais personne ne leur prêta attention, Thomas ayant intercepté le paroles de Kanda. D'abord ravi ou simplement déprimé, les trois arrivants changèrent d'attitude au contact de l'atmosphère pesante. Le roux retira son bras des épaules du blond et consulta silencieusement le traqueur expérimenté. La plus jeune resta de marbre, ses grenats suivant les mouvements d'Abiageal qui s'approcha d'une seconde ouverture.

Ses yeux s'écarquillèrent et un prénom murmuré, peina à franchir ses lèvres.

- Mess.

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Qu'on se le dise je n'aime pas ce chapitre, sauf le début et peut-être la fin, mais vite fait. Bon sang j'envierais presque les gens qui sont toujours fiers de leurs créations… En tout cas merci pour votre soutien et encore désolée pour l'attente. Voilà, maintenant je vais répondre aux reviews anonymes :

tema-chan : ben la suite c'est ici et maintenant XD. Merci pour ton message^^

akumaxX : Hum, beaucoup de questions. Mais les réponses ne sont pas pour tout de suite^^. Tu t'inquiétais pour Mess ? Et bien le voici ! Thank you pour la review^^

Sur ce je vous embrasse tous et-

Allen : Stop ! On arrête tout !

Kareha : Quoi !? En quel honneur ?

Allen : Pourquoi j'ai raté un repas dans le chapitre précédent !?

Kareha : ... ...Tchu tout le monde !