Note : Enfin le chapitre 6 ! J'ai été un peu longue à l'écrire, à cause de mon OS de Noël entre autres, mais aussi diverses autres raisons... Bref, comme je n'ai pas grand chose à dire d'autre, je vous souhaite une bonne lecture et j'attends vos avis avec impatiences (comme toujours !)


Chapitre 6

Une semaine passa. Une semaine terrible et dure pendant laquelle le club restait impétueusement ouvert. Toutes les nuits, la musique faisait vibrer les murs, et les corps minces de trois jeunes hommes ondulaient avec grâce sur les plateformes éclairées. Une semaine que le quatrième, le seul véritablement important pour le bar, ne quittait pas les chambres sombres, passant ses heures à se mouvoir entre les cuisses de ses clients, et n'étant que vêtu de son boxer les rares fois où il en sortait. Il avait été tellement frappé et bouleversé par les mots de son père qu'il en était devenu comme fou. La danse, la seule chose réellement importante à ses yeux, avait été occultée par ce pourquoi il semblait avoir été fait : le sexe. Et c'en était un tortueux et fougueux qu'il offrait sans état d'âme, ponctuant plutôt ses jeux déraisonnés par des petits rires, semblables à des jappements maléfiques et malicieux, emplis d'un sournois sadisme et d'une sale dépravation. Oui, il était dépravé. Il s'était écroulé sous la force et la puissance de la douleur infligée par les mots de son père qui l'avait détruit.

Le jeune homme assurait tous les soirs à son patron et ses amis qu'il allait bien, mais plus encore que la haine de son paternel, c'est la mort de Hiro qui l'avait le plus touché. Il faisait le dur et le fier, présentant ses meilleurs atouts de séduction devant ses clients, mais hurlait de désespoir et de peine dans ses cauchemars. Son coeur avait été déchiré à vif, et la plaie ne semblait pas vouloir se refermer d'elle-même. Et c'était d'autant plus difficile qu'il savait à présent que c'était de l'amour qu'il éprouvait pour son aîné. C'était un amour fou, complètement irrationnel qui coulait maintenant dans ses veines, et il se serait volontiers suicidé si sa raison ne l'en empêchait pas. Pour Ichinomiya, pour le seul homme qui avait la valeur d'un père à ses yeux, son patron et tuteur depuis tant d'années, qui avait sacrifié tant de choses pour lui permettre de survivre, il ne pouvait pas se résoudre à tout balancer et à disparaître. Et pourtant, il en avait envie de mourir ! Il en crevait d'envie -pour ainsi dire- et il se torturait à résister tant bien que mal à l'appel des routes, des toits, d'un couteau aiguisé laissé nonchalamment sur une table. Il résistait de toutes ses forces, et c'était pour oublier son chagrin et son malheur qu'il passait ses nuits à onduler sur le bassin de ses clients, ignorant les griffures, les marques, la fatigue, l'irritation de sa peau qui était continuellement frottée et dépecée de baisers et de plaisir. S'il avait eu moins de fierté, il aurait pu se laisser tomber dans les bras d'Ichinomiya, sanglotant et tremblant, suppliant de l'aider à sortir de ce cauchemar. Mais, au contraire, il lorgnait vivement sur la drogue et l'alcool, tellement mal dans sa peau et dans son esprit qu'il ne contrôlait plus. Seulement voilà, c'était bel et bien grâce à Hiro qu'il avait pu s'en sortir la première fois, et rien que pour honorer l'amour que son meilleur lui portait avant sa mort, il se forçait à ne rien voir et à oublier, serrant les poings et les maxillaires pour résister.

Chaque nuit, il en ressortait brisé et douloureux -autant dans l'âme que dans le corps- et il ne prenait même plus la peine de se nourrir convenablement. Autant il ne pouvait se résoudre à mourir de son propre gré, autant son inconscient semblait avoir prit les rênes pour le tirer vers le sommeil éternel. C'était douloureux à voir pour les trois autres danseurs ainsi qu'à Ichinomiya, une telle détresse et une telle souffrance, que par pitié, ils auraient pu accepté de mettre fin à ses jours.

Et en cette nuit, dix jours exactement après la mort de Hiro, Aki avait semblait-il redoublé de hargne et de volupté dans ses jeux lascifs. Chaque client en ressortait bouleversé au plus profond de lui-même, remettant en question toutes ses croyances, et il les enchainait sans prendre une seule pause, ne se préoccupant même plus de cacher sa nudité pour aller chercher le suivant, et embarquant même les timides et fauchés seulement venus pour profiter de la danse. Et tout ceci sous les yeux chagrinés de Tegoshi. Il avait du mal à supporter de voir le jeune homme autant en péril, et il aurait voulu l'aider d'une quelconque façon, essayer de le raisonner, de le calmer, de le rassurer. Malheureusement, il ne devait que rester là, dans le noir, et l'observer en silence, le surveiller, et ramener les faits à Koyama qui se chargeait de faire un dossier sur toutes les informations réunies par les membres du groupe. Chacun y allait maintenant au maximum pour mener à bien le plan du cadet, plus personne ne se posait de question sur la faisabilité de cette idée complètement loufoque, il fallait le faire. Tout simplement.

Cette fois-ci, l'un des trois danseurs suivit Aki dans la chambre et le retint par le bras avant qu'il ne s'y enferme avec l'inconnu qu'il avait attrapé. C'était Naoki, et pour une fois, son visage était bien loin d'être souriant. Il était même plutôt en colère contre son ami qui ne faisait rien pour se sortir de son malheur. Alors qu'il tenait fermement son poignet, Aki eut un sourire étrange, comme si une idée malveillante venait de traverser son esprit, et il rejeta sa capture pour plaquer son ami contre le mur, ne se souciant ni de sa nudité, ni du regard des autres clients sur eux. Il s'approcha ensuite de lui, les lèvres entrouvertes, et vint insérer de force sa langue entre celles de son vis-à-vis, plongeant une main entre les étoffes pour venir caresser son membre qui commença à se dresser et à gonfler, s'échauffant peu à peu, arrachant un gémissement au blond. Mais, malgré le plaisir qu'il ressentait, ce-dernier réussit à garder la tête froide, et il fit signe, les sourcils froncés, aux deux autres danseurs de le rejoindre pour l'aider à calmer les ardeurs du préféré. C'est ce qu'ils firent sans attendre. Aki esquissa un sourire fou, le regard empli d'un désir sans limite, et il glissa lascivement contre le corps de son cadet, libérant des vêtements devenus trop étroits le membre excité de celui-ci et le prit à pleine bouche.

-Hé ! s'exclama Senshiro en prenant Aki par le bras. Arrête ça !

Ce-dernier rejeta vivement la main qui s'était refermée sur lui et ponctua ses mouvements par des coups de langue déstabilisateurs, faisant gémir le plus jeune qui tentait tant bien que mal de résister au plaisir qui l'assaillait. Il rejeta la tête en arrière, glissant ses doigts dans les cheveux doux et désordonnés de son aîné, et guida ses va et viens de ses mains, se laissant engouffrer par ces sensations que seul Aki était capable de provoquer en lui, aussi dévastatrices que jouissives. De petites plaintes étouffées vibraient dans sa bouche faiblement entrouverte tandis que les frottements sur son membre se faisaient plus experts et plus précis, déclenchant une véritable tempête dans son coeur qui battait violemment contre son torse. Sa respiration s'était faite difficile et rauque, un peu sifflante aussi, et sa peau commençait à se perler de sueur plus vite que s'il avait dansé. Les lèvres si attirantes d'Aki se resserrèrent sur son membre gonflé, et c'est ainsi que le cadet se libéra dans sa bouche, poussant un profond râle de plaisir, avant de se laisser glisser contre le mur et de s'assoir par terre, le souffle court, le coeur battant à tout rompre. L'aîné se redressa et se rua sur Naoki, plaquant ses lèvres contre les siennes et faisant entrer de force sa langue baignant encore dans la semence du plus jeune qui répondit bien malgré lui au baiser, y ajoutant de la fougue et du désir. Mais c'était trop pour les deux autres danseurs qui, en colère pour le coup, saisirent chacun l'un des bras de leur aîné et le tirèrent en arrière, l'éloignant ainsi de Naoki, avant de le jeter dans la chambre noire dans laquelle il avait l'intention de s'offrir à son client, et l'y enfermèrent une fois ce-dernier sortit. Ils se dirigèrent ensuite vers leur ami et l'aidèrent à se relever pour l'emmener dans les vestiaires, une fois correctement rhabillé, mais néanmoins l'esprit toujours aussi embrouillé. Ils l'assirent sur l'un des nombreux bancs et Ryusei s'installa à côté de lui tandis que Senshiro s'occupait de faire évacuer le bar, expliquant que l'un de leurs employés n'était pas dans un état normal, et referma les portes après avoir remarqué le regard plus que douloureux d'un beau jeune homme qu'il lui semblait avoir déjà vu, et revint ensuite vers ses deux amis, laissant Aki décuver sa folie dans sa prison.

-Comment tu te sens ? demanda Senshiro à Naoki en venant s'assoir à côté de lui.

-Ah purée, il est toujours aussi doué... Les quelques fois où j'ai dû me prostituer, ils arrivaient à me faire jouir en quoi... une dizaine de minutes ? Lui en moins de deux minutes c'était déjà bouclé.

-C'est Aki aussi.

-Mais il n'a vraiment pas l'air d'aller bien en ce moment, fit remarquer Ryusei. Même s'il dit le contraire.

-Ouais, je l'ai jamais vu comme ça, acquiesça Naoki. Avant, la danse, c'était ce qu'il y avait de plus important pour lui, et là il passe ses nuits à se prostituer... C'est clair qu'il y a quelque chose qui ne va pas.

-La mort de Hiro l'a vraiment touchée, reprit tristement Senshiro.

-Ce qu'a dit son père aussi.

-Quelle ordure ce type ! s'exclama Ryusei. Je pensais que c'était juste un client régulier... c'est incroyable de se dire qu'il a fait l'amour à son propre père.

-C'est difficile d'avouer ça, reprit Naoki, mais il faut dire qu'il a vraiment une vie compliquée... Mes parents... ils ne me soutiennent pas pour ce que je fais, mais il n'essayent pas de me sauter dessus à chaque fois que je les vois !

-T'es moins bien foutu qu'Aki aussi, le taquina Senshiro.

-N'empêche... fit Ryusei en baissant la tête. Ça fait huit ans qu'on le connait, et je me rends compte qu'on ne sait absolument rien de lui...

Dans l'appartement de l'aîné du groupe étaient rassemblés les six chanteurs, tous un dossier fraichement imprimé entre les mains, suivant des yeux un Koyama plus que nerveux. Il faisait les cent pas dans le salon, passant entre les canapés en soupirant, puis il s'arrêta et fit face au plus jeune.

-Je comprends l'urgence de la situation Tegoshi, vraiment. Mais on n'est pas prêt.

-Si tu le voyais, tu comprendrais vraiment, Keii-chan.

-JE TE DIS QU'ON EST PAS PRÊT !

Sous le coup de la colère, l'aîné abattit violemment le dossier qu'il avait entre les mains sur la table et disparu dans sa chambre, soufflant comme un boeuf. Les cinq autres s'interrogèrent du regard, ne comprenant pas la réaction du plus calme du groupe, et Tegoshi commença à culpabiliser, se mordillant les lèvres avec nervosité.

-Je sais qu'on est pas prêt... Mais... c'est trop dur... il souffre, ça se voit, et personne ne l'aide...

-Tego, on a déjà beaucoup d'informations, le consola Masuda. Alors sois un peu patient, juste un peu plus.

-Faut dire que c'est un cas ce gars, admit Nishikido en feuilletant le dossier. Il a subit ou fait tellement de choses qu'on pourrait écrire un roman sur sa vie, ça deviendrait sûrement un best-seller !

-Dis pas ça, le gronda le précédent.

-Mais c'est la vérité !

-Oui, mais il y a des choses qui ne se disent pas.

-Bon, qu'est-ce qu'il nous manque ? demanda Kato pour changer de sujet.

-J'ai pas encore réussit à contacter Nikkanshi-san, répondit Yamashita, mais Zasshi-san a déjà décidé de nous aider.

-C'est bien ça, tu auras les infos quand ?

-Demain ou après-demain. Ça peut être plus long avec Nikkanshi-san.

-Et toi Massu ?

-J'ai obtenu un rendez-vous avec Ichinomiya demain après-midi.

-Tegoshi viendra avec toi, ça sera plus facile étant donné qu'il connait déjà certains visages. Et Ryo ?

-Tout est dans le dossier. Ça a été vraiment trop facile, ils n'ont même pas résisté.

-Ryo... soupira Kato. Le but, c'était d'obtenir des informations, pas foutre la trouille au forces de police.

-Pas ma faute ! Dès qu'ils m'ont vu, ils ont commencé à pleurnicher.

-Et toi ? demanda Massu à Shige.

-Ah... ç'a pas été facile... Il a un sérieux casier judiciaire et pas mal d'embrouilles avec plusieurs personnes... je devrais avoir les infos ce soir. Un ami me les envoie par mail.

Après ces mots, il regarda sur son ordinateur s'il avait reçu la réponse de cet ami, et c'est avec un petit sourire qu'il constata que oui. Il pianota un instant, accédant aux données, et leva un regard étonné et presque découragé vers ses amis.

-Alors ? demanda Masuda en se rapprochant pour mieux voir l'écran.

-Il a participé à pas moins de 243 affaires depuis qu'il est au collège, mais il n'a été jugé qu'une seule fois.

-Hein ? s'étonna Nishikido. Attends... et les 242 autres ?

-C'était lui la victime. Surtout des tentatives de viol, parfois des agressions ou des abus sexuels aussi. Que ça soit par des hommes ou des femmes. Apparemment, les deux cas les plus sérieux, parce qu'ils ont abouti, étaient les viols de deux lycéens d'un an plus jeunes que lui. Yuraku Naoki et Karyuukai Senshiro. Mais il n'a pas porté plainte alors l'affaire a été bouclée.

-Quoi ? reprit le Kanjani. Il n'a pas porté plainte ? Il est maso ou quoi ?

-Ben, je sais pas ce qu'il est, mais faut avouer que c'est bien étrange quand même.

C'est à ce moment là, grandement paniqué, les yeux exorbités, le regard fou et le téléphone portable dans une main, que l'aîné du groupe revint dans le salon. Il se précipita vers Tegoshi, presque en pleurs, et se figea, appréhendant la réaction de son cadet face à la nouvelle qu'il avait à lui annoncer. Etonnés et devenus brusquement nerveux, les autres le pressèrent de parler tandis que lui ne quittait pas des yeux le visage apeuré devant lui. Celui-ci déglutit difficilement, redoutant le pire, et se pinça les lèvres alors que Koyama prenait sa respiration pour parler.

-Il... Il... murmura-t-il sans comprendre la venue de ses larmes. Il s'est... Il s'est tranché les veines. Avec un éclat de miroir.

Ces mots furent comme un coup de poignard en plein coeur pour Tegoshi qui en eu le souffle coupé. Il tourna la tête sur le côté, sentant les larmes lui monter aux yeux avec une incroyable rapidité, et il les laissa couler et dévaler ses joues tandis qu'un premier sanglot le secouait. Alors, pleurant à gorge déployée, le chagrin enserrant son coeur, il prit son aîné dans ses bras et nicha son visage entre les siens qui les entourèrent vivement. Il se mit à trembler, violemment, d'une tristesse et d'une peine que personne d'autre ne semblait avoir connu jusque là. C'était indéniable que Yuya l'aimait, ce danseur qui avait tant de problèmes qu'il gardait pour lui. C'était évident que les sentiments qu'il lui portait étaient au-delà de ce que pouvaient imaginer les cinq autres. Personne n'avait pu voir à quel point il l'aimait. Personne n'avait pu voir à quel point il était important pour lui. Et à cause de cela, ils avaient fait traîner les choses. Savoir qu'ils auraient pu empêcher ça leur fit mal à tous, à chacun d'entre eux. Même Nishikido, le grand et fort Nishikido, baissa la tête sous la culpabilité et se prit le visage dans les mains, camouflant une larme de regret qui coula silencieusement, en appelant irrésistiblement d'autres après elle. Masuda et Kato se pincèrent les lèvres, blessés de voir leur cadet aussi malheureux et perdu. Eux-même se sentaient vides et pâles à côté de la force des sentiments de Tegoshi pour une personne qu'il connaissait à peine. Ce qu'ils appelaient fièrement leur amour paraissait tellement faux à côté qu'ils en eurent mal. Le visage niché dans les doux cheveux de son cadet, Koyama se laissait aussi aller au chagrin, sentant la peine du plus jeune contre lui et qui ne semblait pas vouloir se reprendre. Tegoshi se sentait brisé et broyé de l'intérieur, son coeur avait volé en éclat, son coeur qui avait battu tellement fort pour ce jeune homme dont il était tombé éperdument amoureux, son coeur qui avait souffert de le voir prodiguer un plaisir sans bornes à ses clients, son coeur qui s'était arrêté de battre à l'instant où Koyama avait prononcé ces mots de mort et de douleur. Il s'était tranché les veines, de chagrin, de désespoir, de détresse. Il en voulait à la vie, il ne comprenait pas comment celui qu'il aimait, ce jeune homme si joyeux et si réconfortant dans les moments difficiles, avait pu le quitter ainsi, le laissant derrière avec sa vie trop dure. Et de solitude, de chagrin, il s'était suicidé. Tegoshi imaginait lui-même la scène, lui arrachant davantage de pleurs et de plaintes. Il voyait le corps de cet homme si beau allongé maladroitement sur le sol, baignant dans son sang, le regard figé sur le plafond au-dessus de lui, les yeux entourés de larmes et le visage malheureux. Alors que Yamashita, le seul arrivant à refouler le chagrin, passant sa main dans le dos de son cadet en un geste qu'il voulait réconfortant, une faible vois dénaturée sortit du téléphone de Koyama, attirant son regard dessus. Il le prit vivement dans sa main et le porta à son oreille.

-Koyama-sama ? Koyama-sama ? Vous êtes là ?

-C'est Yamashita.

-Oh, Yamashita-sama. Je voulais préciser que lorsqu'il nous a été amené, il était encore en vie.

-Pardon ? Il vit encore ?

-Oui, sa vie n'est plus en danger. Il dort dans une chambre de l'Hôpital Principal de Tokyo.

-On arrive !

Et il raccrocha sans laisser le temps à son interlocuteur de lui préciser le numéro de la chambre ou bien de protester devant l'heure tardive. Yamashita se tourna ensuite vers Tegoshi qui n'avait rien entendu de la conversation tellement ses pleurs étaient bruyants et cassés, poignants et violents, et il le prit dans ses bras, laissant un soupir soulagé passer ses lèvres. Koyama le libéra alors de son étreinte et leva les yeux vers le leader qui nicha son visage près de la gorge tendre du plus jeune, lui caressant les cheveux d'une main, et reposant le téléphone de l'autre.

-Il vit, Tesshi. Il va bien.

Yuya leva des yeux embués de larmes vers son aîné, scrutant son regard pour y déceler une once d'espoir. Et celle-ci fut bien plus qu'une simple flammèche. L'aîné lui adressa un grand sourire rassurant et soulagé, et le reprit contre lui, serrant cet être si malheureux dans ses bras. Si malheureux, mais à présent si apaisé qu'il poussa un profond soupir, sentant son coeur ralentir la cadence et reprendre un rythme plus stable.

Et c'est ainsi que, une vingtaine de minutes plus tard, tout le groupe arrivait dans le hall de l'hôpital, demandant la chambre du jeune homme, dont on leur autorisa l'accès sans problème, s'inclinant même sur leur passage, et cherchant à ne pas croiser leur regard, et notamment celui du plus âgé. Ils arrivèrent devant la porte quelques instant plus tard, et ce fut Tegoshi qui frappa doucement contre celle-ci avant d'entrer, un petit sourire sur le visage, cherchant des yeux le regard vivant de celui qu'il aimait plus que tout, et le trouva. Il paraissait faible, le teint livide, les cheveux désordonnés, et il vit le sourire du danseur devenir un peu plus franc, légèrement moqueur même.

-Tiens, murmura-t-il, le Johnnys est revenu.

-Ah, c'est lui ? fit une voix étrangère à Tegoshi.

Ce-dernier tourna la tête sur les côtés et aperçu trois autres jeunes hommes qu'il reconnu comme étant les autres danseurs du bar, ainsi qu'un autre bien plus âgé et en costume noir qui semblait en être le patron. Leurs regards se croisèrent, s'accrochèrent, et ils se toisèrent tous avec sérieux.

A suivre...


Merci d'avoir lu ! J'espère que vous avez aimé ce chapitre et que vous me laisserez quelques reviews^^ C'est Noël ! Noyeux Joël à tous !