Bonsoir. Après ce qui s'est passé vendredi dernier, j'avoue que je ne sais pas trop quoi vous dire dans ce petit bla-bla de début de chapitre. J'espère que vous n'aviez personne de votre entourage au Bataclan ou dans un autre endroit pris pour cible. Ce qui s'est passé la semaine dernière est l'expression de toute l'inhumanité dont certains peuvent faire preuves. J'ai appris le drame samedi matin en me levant et les informations avaient beau tourner en boucle, je n'arrivais pas à croire ce que je voyais et entendais. C'est le cas pour beaucoup d'entre nous je suppose. Ce soir, j'ai une pensée pour toutes les victimes, leurs familles, et les victimes de l'attentat de Bamako.
Je vous laisse avec le sixième chapitre qui, je l'espère, vous distraira de toutes les horreurs qui se passent ce moment dans ce vaste monde.
Merci à Erzébeth Tépès pour ses corrections et ses suggestions.
Infiltration
A peine avait-il prononcé sa phrase que Fili sentit le corps de Sigrid se tendre et sa tête quitter son épaule. Dès qu'il cessa, le contact entre leurs deux corps lui manqua :
- Tu plaisantes j'espère ? Interrogea la jeune femme.
- Non, je suis très sérieux au contraire. C'est la dernière cartouche qu'il nous reste.
- Je suis sûre qu'il y a forcément une autre solution ! Smaug…
- Smaug sera plus que ravi que ce soit moi que l'on mette en danger, l'interrompit le blond.
- Tu te trompes ! De toute façon je suppose que tu as déjà pris ta décision et qu'il n'y a pas à revenir dessus ?
- Sigrid s'il te plait ne te fâche pas !
Voyant que sa coéquipière ne l'écoutait plus et s'était installée à son bureau pour bouder tout en travaillant, le blond soupira. Il ne comprenait pas la réaction de sa collègue. Habituellement, Sigrid comprenait parfaitement l'enjeu de ce genre de mission. Infiltrer un milieu criminel était certes risqué, mais diablement efficace. Peut-être qu'elle s'inquiète pour toi, lui fit remarquer sa conscience. Non c'était ridicule, Fili savait ce qu'il faisait. Sigrid n'avait aucune raison de s'inquiéter. Presque malgré lui, une petite partie de lui-même était heureuse qu'elle ait réagi de cette façon. Peut-être qu'il ne la laissait pas complètement indifférente. Fili eut un petit sourire en jetant un coup d'œil à la jeune femme : elle était adorable quand elle boudait. Cependant il ne se laisserait pas attendrir, il soumettrait son idée à Smaug dès que celui-ci arriverait, et il était sûr d'obtenir son autorisation.
Il passa de nouveau la bande où l'on voyait la silhouette de celui qu'ils pensaient être White. La conversation que l'homme avait eue au téléphone ne semblait pas avoir été longue, sans doute pas plus que celle que le commissaire avait eue avec le ravisseur de Grey. A en juger par l'image, l'homme n'avait rien de dangereux. Les apparences étaient souvent trompeuses.
- Un peu après 7h du matin Smaug arriva, et Fili se précipita dans son bureau, Sigrid sur les talons, pour lui soumettre son idée :
- Commissaire, est-ce que je peux vous parler une minute ?
- Je vous écoute Durin.
- Voila. Si White est bien notre homme, il ne va pas se laisser avoir très facilement. Donc, s'il ne vient pas à nous, c'est nous qui iront à lui.
- A quoi pensez-vous exactement ?
- Une infiltration. Je pourrais me faire passer pour un client, chercher des preuves, et finalement, permettre de le cueillir.
- Intéressant… C'est d'accord !
- Quoi ? Fit Sigrid qui ouvrait la bouche pour la première fois depuis tout à l'heure. Sil vous plait, laissez-moi y aller à sa place !
- Voyez-vous cela ! Bowman qui joue les chevalières-servantes. Non, puisque c'est l'idée de Durin, c'est lui qui ira. Vous avez trois jours pour me préparer un scénario qui soit crédible.
- Bien commissaire.
Alors que les premiers résultats des recherches que Sigrid avait faites auprès des compagnies de location de voitures commençaient à arriver, Fili vit qu'un homme d'un certain âge venait de faire son entrée à l'accueil. Le nouveau venu semblait plutôt original : il portait un costume en velours marron très élimé, une paire de croc's blanches et sur la tête, un feutre mou. Son regard semblait un peu perdu et il émanait de lui une aura de folie douce qui était assez touchante.
Un peu déconcerté, Fili vit l'homme s'avancer vers lui :
- Bonjour, vous êtes l'inspecteur Durin ?
- Bonjour. Oui monsieur, que puis-je pour vous ?
- Laissez-moi me présenter : Radagast Brown, chirurgien en pédiatrie. J'ai appris par mon ancienne collègue, le docteur Galadriel, que le docteur Grey a été enlevé.
- Vous pensez avoir des informations à nous fournir ?
- Oh je ne veux accuser personne, mais vous savez, à votre place, je commencerais déjà à chercher du côté du docteur Saruman White.
- Vous croyez qu'il aurait pu faire du mal au docteur Grey ?
- Oui. Saru a toujours été jaloux de Gandalf. Même quand nous étions en fac de médecine, c'était toujours à celui qui aurait la meilleure note, le meilleur stage. Gandalf a toujours été tellement doué… On aurait dit que pour lui, tout était plus facile que pour nous.
- Et monsieur White se fâchait souvent avec monsieur Grey ?
- Oui, même à cette époque là. Les deux autres, nous pensions que c'était de la folie qu'ils travaillent ensemble. Deux êtres aussi talentueux et assoiffés de reconnaissance, cela ne pouvait que mal se terminer. Je suppose que vous le savez déjà, mais une de leur patiente est décédée pendant son traitement.
- Oui, le docteur Galadriel nous en a parlé.
- En fait, la mort de cette pauvre fille a servi de déclencheur à leur séparation. Saruman ne supportait plus qu'à chaque fois qu'ils faisaient une découverte ou qu'un de leurs traitements fonctionnait, ce soit Gandalf qui ramasse tous les lauriers. Vous savez, Saruman vient d'une famille très pauvre et je crois que sa mère n'était pas toujours très gentille avec lui. Au fil du temps, il s'est mis à être de plus en plus gourmand et à vouloir toujours plus d'argent. L'argent, c'est le péril qui aura la peau de notre société.
- Monsieur Brown, est-ce que vous avez vu monsieur White récemment ?
- Et bien…
- S'il vous plait monsieur Brown, le moindre détail compte.
- Oui. Il y a environ deux semaines, Saru est venu frapper à ma porte. Il avait l'air d'un démon et m'a dit quelque chose du genre : « Vous m'avez tous sous-estimé mais vous verrez que c'est moi qui fait les découvertes les plus fabuleuses. ». Je lui ai demandé ce qu'il voulait dire, mais il m'a dit que je comprendrai quand le moment sera venu.
- Vous savez sur quel projet travaillait le docteur Grey ?
- Non, pas du tout. Cela fait un moment que je n'ai pas revu Gandalf, j'espère que j'en aurai l'occasion.
- Nous y travaillons monsieur Brown. Merci pour ce que vous nous avez appris. Une dernière chose : lorsqu'il est venu vous voir, de quelle couleur était la voiture du docteur White ?
- Il m'a semblé le voir monter dans une voiture grise. Au revoir inspecteur Durin.
- Au revoir monsieur Brown.
En trois jours, Fili avait réussi à créer un scénario : marié, il voulait paraître à son avantage et se faire beau pour son épouse en se faisant poser de faux abdominaux. Sigrid, qui avait absolument voulu participer à l'opération, tiendrait le rôle de sa femme. Lorsqu'il avait présenté son projet à Smaug, la jeune femme ne s'était pas privée de lui faire tout un tas de remarques désobligeantes. Avoir le rôle de l'épouse futile au point que son mari ait l'idée de se faire opérer pour paraître plus musclé ne lui plaisait apparemment pas beaucoup non plus.
Il lui fallut attendre une semaine avant d'obtenir un rendez-vous. Autant dire que pendant ce laps de temps, l'atmosphère ne s'était pas réchauffée entre lui et Sigrid. Cependant, le jour dit la jeune femme était présente. Ils furent reçus par la secrétaire du docteur White, Anthea Johnson.
Depuis le moment où ils avaient poussé la porte de la clinique, Fili tenait la main de Sigrid et il devait reconnaître qu'il trouvait cela rassurant. Parfois, il la regardait du coin de l'œil et se disait qu'elle était vraiment belle. Elle n'avait rien d'extraordinaire, rien de clinquant, mais à ses yeux elle était la plus belle femme qu'il connaissait. Il se pencha vers elle pour l'embrasser sur la joue et aussitôt, le visage de la jeune femme s'empourpra. Fili trouva cela adorable.
Lorsque le médecin vint les chercher, Fili sentit son pouls s'accélérer. Cette fois il allait vraiment entrer dans l'arène mais cependant, son adversaire avait un visage : celui du docteur Saruman White, enfin en chair et en os.
L'enquête et la relation de nos deux policiers avancent, même si je sais que c'est très vilain de laisser ses lecteurs sur un cliffhanger. Je vous souhaite une bonne semaine, prenez soin de vous et espérons que la paix revienne. A la semaine prochaine. Bisous
