Réponses aux reviews !

Merci Morgane pour ta pub =D Alors, pour Reg et l'Ankou, faut pas croire, mais ça mûrissait depuis un bail. J'avais semé plein d'indices. Mais attention, ça ne veut pas dire que ça y est, c'est fixé, ils vont finir ensemble. Juste que... C'est une hypothèse envisageable x) Et pour Al' et Aenor, ouais, y a encore du boulot ! A ton avis, qui va finir par craquer et demander à l'autre ?

Hey SauleMarron ! Eh, Scorpius est allé à Serpentard pour une bonne raison après tout x) Ce n'est pas parce qu'il préfère déconner joyeusement qu'il n'y a pas un cerveau qui se cache sous cette tignasse blonde...

Woah, Chou-chan, j'espère que tu es patiente parce que entre Reg et l'Ankou... Il va aussi se passer cinq minutes avant qu'il n'arrive quoi que ce soit x) Scorpius commence à peine à se remettre de son premier chagrin d'amour, alors lui balancer la découverte de sa sexualité en prime, ça va pas lui faciliter la vie xD Sinon... Ouais, Dylan et Rose étaient excellents. Les Serdaigles sont barges. Et à ton avis, qui est le pamplemousse solitaire ?

Salut Aomine ! La magie élémentaire d'Al' sera révélée plus tard dans ce tome, donc je ne te dirai rien x) Par contre, oui, j'ai beaucoup hésité à ce que ça soit l'air, mais... Nope !

Hey Keloush ! Ouais, la discussion de Rose et Dylan n'est pas un truc que leurs parents auraient apprécié. De nos jours, on fait des blagues sur les allemands ou les russes sans trop y penser, mais personne dans ma famille ne se risquerait à plaisanter à ce sujet devant mes grands-parents, par exemple...

Aglae ! Oui je vois comme tu es assidue x) Non, j'avais pas de stand à la JE, j'étais là en visiteuse, mais on s'était donné rendez-vous avec des lecteurs/lectrices à un point précis et du coup, paf, rencontre ! xD Bref. Pour Reg... C'est voulu, il s'est fait "Nevillifié" : il était assez pathétique au début, toujours à traîner la patte et à hésiter, et là, depuis le tome 3, il s'affirme ! Sinon, la phrase "voir une quelqu'un lire un livre que tu aime, c'est voir un livre te recommander une personne" n'est pas de moi, ça vient de Tumblr... x) Bon. Et oui, Scorpius et Al' s'éloignent, mais eeeeeeeh, pas trop non plus ! On est codépendant ou on ne l'est pas, et ils le sont carrément. Couple ou pas couple, Al' sera toujours la personne la plus importante pour l'Ankou, et vice versa. Et ça va continuer pendant toute la saga (sept tomes si tout va bien ! Tu tiendras ? x) ). Enfin bref, tiens le coup, c'est pas si dur la campagne. La preuve, j'y vis (scotchée à mon ordi, certes)...

Salut Shuky ! Hey, c'est pas la faute d'Aenor si elle est jolie, intelligente, qu'elle s'affirme et que les mecs bavent tous devant elle. Elle est belle, elle est populaire, certes : mais Demy l'est aussi (seulement elle est plus froide). Scorpius l'est aussi, même ! Et, comme elle, il ne s'en rend absolument pas compte... Enfin bref ! Carrie et Reg sont mes deux chouchous. Ils étaient tout en bas de l'échelle et petit à petit, ils s'affirment. Pour les tatouages runique, c'est à voir. C'est quand même un truc puissant, dangereux, et qui évoque beaucoup la Marque des Ténèbres chez les sorciers brittaniques. Oui, les Malefoy savent que ça existe : non, ils ne vont pas s'y essayer.

Merci Lucie x) Oui, Al' va être un peu jaloux, mais eh ! L'Ankou aussi est jaloux d'Aenor. Et d'Al'. Et c'est compliqué. Qand à ta question... Spoilers !

Yuuki ! Ben dis donc, ça faisait un bail quand même x) Non, Harry ne sait rien sur "l'accident" d'Al'. Un peu comme personne dans la famille de Rogue n'a su qu'il s'était fait coincé par un Sang-Pur avec un loup-garou. McGo s'est empressée d'étouffer l'affaire... Enfin bref, merci ! Et continue à lire =D Je suis très fière de mon histoire sur GoT xD

Hey Melu49 :D Ouais, c'est ton premier comm' sur ce tome-ci Une fan de Reg ? C'est vrai qu'il a du succès ce petit...

Salut Maeglin ! Ah, les vacances x) Moi je pass emon temps devant l'ordi à regarder des séries, à écrire, à trifouiller DA, et de temps en temps je sors faire plouf dans ma piscine. J'aime les vacances x) Enfin bref, non j'ai pas du tout honte, et je compte bien faire continuer les Rôdeurs sur leur lancée... xD

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Note de l'auteur numéro 1 : je vous offre un Patronus si vous devinez qui est « le pamplemousse solitaire » du chapitre précédent x)

Note de l'auteur numéro 2 : J'écris, j'écris et puis je réalise que tout le monde ici n'a pas de cours d'histoire constitutionnelle, de sociologie politique, ou de prof d'anglais génial (oui mon prof d'anglais est génial). Donc. Le Magenmagot tel que je vous l'ai décrit ressemble à l'Assemblée Nationale française : il y a une proportion entre le nombre d'élus pour un parti et l'importance du partie (10% de Réfractaires, 44% de Progressistes…). Néanmoins, il s'agit d'un changement récent ! Narcissa l'a fait remarquer dans un chap' précédent en disant qu'avant il n'y avait que deux partis. Avant la chute de Voldemort, selon moi, le gouvernement britannique sorcier fonctionnait comme le gouvernement britannique Moldu, avec un système de bipartisme : deux partis seulement. Cette expansion de la politique est due à l'écroulement de l'ancien système (et des Puristes, qui étaient l'un des deux gros partis).

(Oui je me casse le trognon à faire une histoire constitutionnelle à la Grande-Bretagne sorcière… xD)

Note de l'auteur numéro 3 : Okay, étant donné mon manque d'inspi, et puis le fait que c'est les vacances, je vais espacer les publications. Je posterai désormais tous les dix jours !

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Tensions et divisions

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Il y eut une brève sortie à Pré-au-Lard où les Rôdeurs ne firent pas de vagues, trop occupés à faire la fête avec leur promo aux Trois Balais. Les quadruplés Condor, ayant ENFIN le droit de venir légalement au village, s'incrustèrent également à la fête. Il n'y avait rien à célébrer, à la base, mais Gareth avait levé son verre aux Poufsouffles qui avaient fait un score très honorable à leur match contre les Gryffondors (même si James avait attrapé le Vif sous le nez de Chiara), et du coup, les toasts s'étaient enchaînés, Naima avait parlé de musique et c'était devenu n'importe quoi.

Il n'empêche qu'ils s'étaient beaucoup amusés, avaient la tête un peu légère à cause de la Bièraubeurre (c'était légèrement alcoolisé ces trucs), et en revenant vers Poudlard, ils chantaient à s'en casser la voix et complètement faux les paroles approximatives des chansons qu'ils venaient d'écouter. Ça allait des Beatles à Imagine Dragons en passant par Rihanna : autant dire que la chorale improvisée des élèves bourrés était un supplice auditif.

– On dirait le croisement entre le cri d'un chat coincé dans une corne de brume et le chant d'amour d'un tyrannosaure qui se fait marcher sur la queue, commenta Abby en les croisant sur le chemin du retour.

– Tu n'as aucun goût musical, fit Scorpius avec autant de dignité qu'il pouvait étant donné qu'il avait sa cravate attaché autour de son front comme un bandeau d'indien.

Demy, qui les regardait passer d'un air incrédule, secoua la tête et déclara à personne en particulier :

– Ce n'est pas mon frère, je l'ai trouvé dans la rue.

– J'adopte l'Ankou ! gueula Naima.

– Nan, moi ! fit Al' en la poussant.

Du coup Scorpius s'enfuit vers Poudlard, poursuivit par une meute d'élèves qui voulaient l'adopter et se bousculaient pour le privilège, tandis qu'Abby et Demy étaient pliées en deux par un fou-rire monstrueux.

En fait, ça se passa plutôt bien.

Puis ce fut Halloween qui fut, comme d'habitude, l'occasion pour le Quatuor de montrer ses talents. Cette fois, ce fut grâce à une démonstration de métamorphose assez stupéfiante, où les citrouilles se changeaient en chauves-souris au moindre contact, et où les chauves-souris devenaient des toiles d'araignées en plein vol, et où les bougies se transformaient en potirons sculptés en faisant des bruits de rots sonores. Dans l'ensemble, c'était assez inoffensif, et totalement brillant.

Pour une fois, Laughlin ne punit pas le Quatuor le lendemain. En fait, elle avait l'air plutôt fière.

Évidemment, sa bonne humeur ne s'étendait pas à tous les profs et Savage, par exemple, était de particulièrement mauvais poil depuis la fête. Tout en répétant mécaniquement le mouvement de baguette de l'Impedimenta, les Serpentards et les Poufsouffles s'efforçant de se faire les plus discrets possibles. Savage était un bon prof, mais personne ne l'avait vu furax et personne n'avait envie d'essayer.

– Il paraît que c'est parce que les cinquièmes années sont intenables, souffla Lucy.

Le programme de quatrième année était pas mal ennuyeux. Avec la paranoïa ambiante, Savage essayait de garder un maximum de contrôle sur les élèves pour éviter toute blessure, tout dérapage. Ils apprenaient le duel, mais les règles étaient très strictes, extrêmement restrictives, et ça enlevait tout le fun à la matière. Les Gryffondors, surtout, avaient horreur de ça. C'était bien mignon de parler de règles de duel mais ce n'était pas avec ça qu'ils réussiraient à survivre à une rencontre avec un Egorgeur !

– A cause de la nouvelle politique des profs, à savoir « pas de vrai combat » ? demanda Laura Findel d'un ton grincheux. Je les comprends ! A quoi ça sert de savoir lancer un Expelliarmus à un mannequin ? Généralement, les sales types, ça bouge !

(Oui, les Poufsouffles aussi avaient la rage).

Lucy haussa les épaules. Ils étaient censés lire un passage de leur manuel pour mieux comprendre un sort mais, tous regroupés autour de la table d'Al' (qui dessinait sur une feuille blanche), ils s'étaient un peu écartés du sujet…

– Pas seulement. Il y a pas mal d'enfants de politiciens dans cette promo, avec James, Demy, Gaby, Camille… Du coup ils se sautent tous à la gorge à cause des orientations politiques de leurs parents.

Il n'y avait pas eu de nouvelles attaques des Ecorcheurs depuis le mois dernier, mais plusieurs drogués à la FullMood avaient attaqués des gens dans les rues. Souvent, c'était des pauvres types qui prenaient juste ça pour oublier la faim, le froid, leurs malheurs. Isolés dans une ruelle obscure, ils s'acharnaient contre un sac de sable ou un mur et ne faisaient de mal à personne : mais il arrivait qu'ils croisent des gens et leur sautent dessus comme des animaux enragés. Néanmoins, aucune de ces agressions ne se rapprochait du cauchemar de la rue Rowena.

– C'est parce que le Magenmagot est complètement déchiré, expliqua doctement Scorpius.

Il avait quand même plus de classe avec sa cravate à sa place et pas sauvagement entortillée dans ses cheveux.

– Chaque parti a son plan, continua-t-il. Normalement la communauté sorcière suis soit les Puristes soit les Progressistes, mais avec l'extension des Traditionnalistes, des Réfractaires, des Révolutionnaires… Les gens commencent à se détourner de ce système de bipartisme et c'est le chaos.

– Mais ce n'est pas nouveau, fit remarquer Dominique Weasley.

Jadis, il n'y avait que le parti Progressiste et le parti Puriste. Deux partis seulement, comme en Angleterre Moldue. Sauf que contrairement au gouvernement Moldu, il n'y avait pas d'alternance entre les partis à chaque élection : les deux partis étaient en constante négociation, et généralement les Puristes dominaient.

– Oui mais avant, c'était la vieille génération qui était aux commandes, contra Jo. La génération de nos grands-parents. Maintenant, depuis quelques années, c'est celle de nos parents qui commande, et c'est leur première crise.

– Parce que Voldemort n'était pas une crise ? sourcilla John Benetto.

– Ok, la première crise qu'ils peuvent gérer, rectifia Jo.

– Je vois, fit lentement Chiara. Avant, ils n'avaient pas de décisions à prendre. Là il y en a une grosse et du coup ils ont chacun leur idée et n'arrivent pas à se mettre d'accord…

– Voilà.

– C'est un peu… Pathétique, non ? Ils ont enfin le pouvoir entre leurs mains et pan, dès qu'il arrive un truc, ils ne savent pas quoi en faire…

Tous les regards se portèrent sur l'Attrapeuse de Poufsouffle qui venait en deux secondes de démonter vingt ans de dur labeur et de dignité de la part de leurs géniteurs.

– Il faut dire qu'ils n'ont pas vraiment eu de guide "comment gérer un trafic de drogue qui balance occasionnellement des terroristes dans les rues", persiffla Al'.

– C'est clair, approuva Lucy. Leur modèle c'était soit Voldemort, soit Dumbledore, soit Lucius Malefoy. Tu vois le genre ? Pas vraiment le type de personne à imiter… Ils partent de rien. Vous ne l'avez peut-être pas remarqué mais notre génération a grandi dans un système politique vraiment tout neuf. Comme… Comme…

– Les enfants nés en 1958 en France ? tenta John.

– Voilà.

– Qu'est-ce qui s'est passé en 58 ? fit Dominique d'un air perdu.

– Ils ont changé de système politique complètement, le renseigna Melinda. Un type a pris le pouvoir, enfin on l'a supplié de prendre le pouvoir parce que leur pays se cassait la figure, et du coup tout leur gouvernement a changé.

– C'est des français, fit Flora comme si ça expliquait tout.

– Vous êtes en train de travailler là ? siffla Savage juste derrière eux.

– Hiiiiiii !

Du coup, ils finirent tous avec une heure de colle et un devoir supplémentaire, et une féroce envie de jeter un sort à quelqu'un.

Leur cours suivant était l'Histoire et comme c'était un cours commun au quatre Maisons, bien vite Albus et Scorpius se retrouvèrent entourés de leur petit groupe hétéroclite, composé de Lucy qui faisait mine de ne pas être là, Chiara, Marcus, Reg, Carrie, Naima à un rang d'écart qui essayaient de ne pas avoir l'air de discuter entre eux, et Rose et Dylan un peu à part, toujours à moitié plongés dans leurs délires scientifiques ou sociologiques.

– Bon, chuchota Reg après cinq minutes de cours. Il paraît que ça chauffe chez les cinquièmes années, vous avez entendu ça ?

– Oui, on en parlait en Défense, acquiesça Chiara.

Scorpius jeta un regard en coin à Bakary qui discutait aujourd'hui de l'influence du monde sorcier sur le gouvernement britannique au 18ème siècle. Autant dire qu'ils s'en tamponnaient tous l'oreille avec une babouche.

– C'est un peu la « promo politique », blagua Marcus en faisant les guillemets avec ses doigts. Alors forcément, ça se comprend.

– Ne rigole pas, le tança Dylan. Tu verrais Demy, elle est terrifiante.

– C'est vrai, approuva Rose. A un moment Rosemary –vous vous souvenez, ma cousine qui est en troisième année là ?– a dit que les Traditionnalistes étaient tous des vendus aux Mangemorts et d'autres horreurs du genre, et la seconde suivante, elle était collée au plafond toute nue et enroulée dans du papier toilette.

– Ce n'était peut être pas Demy, fit Scorpius après un temps d'arrêt.

– C'était elle, confirma Dylan après une seconde de réflexion. Mais je pense que Cameron et Abby ont peut-être à voir là-dedans…

– Misère, grogna Reg. Comme s'il n'y avait pas assez de cinglés en activité !

– Je dois me sentir visé ? sourcilla Scorpius.

Reg lui donna un coup de coude taquin et se mit hors d'atteinte en ricanant que le blond voulu lui envoyer un coup de pied. Al' roula des yeux :

– Prenez des notes au lieu de vous tirer les couettes.

– On ne se tire pas les couettes ! protestèrent les deux garçons avec véhémence.

Ce qui eut pour unique effet de faire ricaner, sourire ou rouler des yeux à leur cercle d'amis, et l'Ankou sentit son estomac se tordre légèrement. Al' n'avait pas tort… Et Scorpius était assez réaliste pour admettre que, dernièrement, il passait franchement trop de temps à toucher Reg ou à faire en sorte que Reg ait à le toucher, mais. Il ne pouvait. Pas. S'arrêter. C'était comme s'il ne pouvait pas passez plus de quelques heures sans sentir le contact de la main de Reg sur son bras, la force d'un coup de coude, le poids de son genou contre le sien, sa chaleur corporelle irradiant à travers le tissu. Sa présence.

Cette espèce de désir d'être proche de Reg n'était pas sexuel, ça il en était sûr. Il connaissait le désir sexuel, merci bien, il était un adolescent normal et bourré d'hormones. Mais il voulait juste être proche de Reg… Etait-ce bizarre ? Oui, sans doute. Etait-ce normal d'aimer le contact de son meilleur ami –meilleur ami masculin gay par-dessus le marché– au point de se chercher sans cesse des excuses pour recommencer ?

Non. Probablement pas.

L'Ankou décida prudemment de ne pas y penser. Pas tout de suite en tout cas. Sinon il allait hyper-ventiler en plein cours d'Histoire et ça mettrait un sacré coup à sa réputation. Scorpius préféra détourner le sujet en se penchant vers Al' et en chuchotant, trop bas pour que les autres puissent entendre :

– Ce soir, labo ?

– Ok, approuva Al' tout aussi bas. Mais on bosse aussi l'Occlumancie.

L'Ankou fit une tête de chien battu mais son meilleur ami roula des yeux :

– Oh, allez, tu es presque au bon niveau.

En effet, les entraînements avec Al' ou les longues discussions sur le sujet avec Reg (c'était définitivement génial d'avoir un autre avis sur l'Occlumancie par les éléments) avaient boosté les progrès de Scorpius. Il était au point pour tenter la Legilimancie, maintenant, mais il se gardait bien d'essayer par peur de se faire chopper par un prof. Les seules personnes dont il avait jusqu'ici effleuré l'esprit étaient Reg et Al', et avec leur consentement, afin de voir leurs défenses.

– Bon, et à propos des cinquièmes années, les interrompit Reg qui était visiblement peu disposé à laisser tomber. Aenor dit que c'est assez calme chez les Serpentard, c'est vrai ?

– Eh bien, ça dépend, grimaça Al'.

Scorpius hocha très sérieusement la tête :

– C'est tout autant le chaos que dans les autres maisons, je pense. Seulement ce sont des Serpentards. Ils gardent ça pour la salle commune. A l'extérieur, on reste soudé.

– Ça doit être assez explosif dans votre salle commune, sourcilla Rose. Les Danares sont des Réfractaires, les Castle des Puristes, les Goldenhood des Progressistes…

– Même pas.

– Sérieusement ?!

– Anthony est super-chiant, concéda Al'. Mais à part Noah Kap, il n'y a vraiment pas grand monde qui le soutient chez nous, alors il se contente de râler et de geindre.

– Et Robin Goldenhood est Préfet et il prend ça très au sérieux, ajouta l'Ankou. Il ne prend pas parti et il reste aussi neutre que possible.

Al' hocha la tête, et acheva :

– Du coup, comme la plupart des Serpentards sont soit Traditionnalistes soit Puristes, qui sont assez proches…

– Sans oublier qu'on sait se tenir, crut bon d'ajouter l'Ankou.

– … Eh bien il n'y a pas de problème, finit Al'.

Carrie poussa un soupir envieux :

– Si seulement ça pouvait être comme ça chez les Gryffondors…

– James ? supposa l'Ankou avec un froncement de sourcil.

– Oh, non, fit Naima avec dédain. Lui il est juste débile.

– Parfois je me demande s'il est vraiment bête ou s'il nous mène en bateau, fit pensivement Marcus.

– Bonne question, approuva Scorpius en ricanant. James a vraiment le Q.I. d'une branche de céleri ou il fait juste semblant ? Quelqu'un devrait se pencher sur la question, par amour de la science, mais ça voudrait dire qu'il faudrait lui parler et il est stupide et chiant.

Al' leva les yeux au ciel mais s'abstint de répondre. James était difficilement défendable parmi leur promotion…

– Enfin bref, ce n'est pas James le souci, soupira Carrie.

– Non, confirma Reg. Bizarrement, c'est ceux qui se tenaient à carreau avant. Camille Diregrey et Daniel Goldenhood surtout. Bon, bien sûr, il y a aussi Fred mais lui, il aime juste crier. Et Faust mais il n'a pas d'avis. Et Tom qui change d'avis comme de chemise. Et Juliette Misty qui a renoncé à être une bonne Préfète neutre.

– Ah, fit Al' un peu confus. Elle est pour qui ?

– Progressiste.

– Et Tom Bluesky ?

– Ses parents ont viré Réfractaire depuis le début des attaques des Ecorcheurs, l'informa Lucy de loin. Ils bossent pour Vera Selwyn est c'est une Réfractaire aussi.

– Les Diregrey sont Réfractaires, énuméra Chiara. Daniel est le jumeaux de Robin, qui est Progressiste, donc je suppose que c'est ce qu'il soutien. Mais Fred Weasley ?

– Progressiste, l'informa Al' d'un ton blasé. Toute ma famille l'est.

– Arf, dur ! compatit la Poufsouffle. Moi, j'ai de la chance, ma famille n'a pas trop d'intérêt en politique. Ils n'aiment que l'argent.

Ça fit rigoler tout le monde. Malheureusement, ça attira aussi l'attention du professeur Bakary, et toute la bande se tassa sur leurs sièges sous le regard inquisiteur de l'enseignant. Par solidarité, Alan et Devon, quatre rangs plus loin, firent exploser un Onibi –l'un des fameux feux d'artifices enchantés en forme d'animal créés par l'Ankou–, et le lion d'étincelles rouges et or failli mettre le feu à leurs cheveux.

– Evacuez la salle !

– Avec plaisir, fit joyeusement l'Ankou en balançant discrètement un autre Onibi contre un mur.

– MALEFOY ! Retenue !

– … Crotte.

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Lettre de Zacharias Smith à Draco Malefoy :

Nathan avait vu juste. On se voit demain pour en parler, même heure, même endroit. Ramène du monde, j'amène à boire.

Z. S.

oOoOoOo

Draco et Alva émergèrent de la cheminée du Square Grimmauld, suivis ensuite par Nathan. Juste après eux apparurent Valerian Barthemis, puis Susan et Justin Shepper, puis Jack Sloper. Ils se dirigèrent directement vers les étages, en face de l'âtre, et Draco fut le premier à pousser la porte du salon. Zacharias Smith était déjà là, ainsi que Kim, sa femme. Blaise et Carmen Zabini étaient là aussi. Peu de temps après David Jarvis arriva à son tour, suivi par Theodore Nott, bon dernier.

– Steve n'est pas là ? interrogea Kim.

Draco secoua la tête : Steve travaillait sur un dossier opposant la famille d'une victime de la rue Rowena aux McAlister. Il n'avait quasiment aucune chance de l'emporter : les McAlister avaient couverts leurs arrières. Mais Steve n'était pas du genre à abandonner sans combattre. Et puis, cette pauvre famille avait bien mérité de recevoir une indemnité.

– Il est à une audience à Liverpool. Asseyez-vous.

Ils prirent place à la grande table ovale, Draco à une extrémité et Zach à une autre, les autres s'installant un peu au hasard.

– Bonjour à tous, commença Draco. Si nous sommes là aujourd'hui, c'est parce que Smith a suivi les hypothèses de Nathan, et a visiblement trouvé une piste.

Zacharias hocha la tête, et posa ses mains à plat sur la table :

– Il y a une centaine de personnes qui correspondent au signalement donné par Nathan. J'ai ratissé large : ce sont tous les individus isolés qui suivent un traitement médical susceptible de les fatiguer et de les pousser à faire une sieste. J'ai la liste de leurs noms, et de ceux des Guérisseurs chargés d'eux. Par contre, je n'ai pas les noms des infirmiers ou infirmières qui leur ont tourné autour…

Il se pencha et tira de la poche de sa veste un rouleau de parchemin étroit et très long, qu'il déroula d'un coup de baguette. La liste de noms et d'informations se déroula sur toute la longueur de la table.

– Le nom des patients est en rouge, leur adresse est notée à côté en noir, expliqua Zach. Le nom du Guérisseur traitant est en vert, juste en dessous.

– Bien joué, approuva Nathan.

– Tu ne peux pas obtenir les noms des infirmiers et infirmières ? fit Draco en fronça les sourcils, parcourant la liste du regard.

– Eh, je n'ai pas envie d'attirer l'attention, protesta Zach. J'ai un haut niveau d'autorisation donc jeter un œil aux registre n'a pas été très difficile, mais pour accéder aux dossiers des patients et savoir leur traitement, les modalités, ce genre de choses… Il faudrait que je fourre mon nez dans des papiers où je n'ai rien à faire et ça va sembler carrément suspect.

– Prière de ne pas envoyer mon mari à Azkaban, ajouta Kim avec un ton seulement à moitié blagueur.

Draco leva les mains comme pour se rendre, puis se tourna vers Valerian :

– Les vagabonds ?

– Aucun n'est amnésique au moment de l'attaque, répondit aussitôt l'Auror. Je me suis Polynectarisé pour les interroger, donc il n'y a aucune chance pour qu'on remonte jusqu'à moi. Par contre, je n'ai pas pu tous les interroger. Il y en a deux qui ont disparus.

– Disparus ? répéta Draco.

– Ils sont peut-être morts, ça arrive, fit Valerian en haussant les épaules. Mais ils pourraient aussi avoir changé d'identité. Ou quitté le pays. La probabilité pour qu'ils trempent dans l'affaire est minime.

– Mouais, fit Alva d'un ton sceptique. On va quand même noter leurs noms.

Valerian hocha la tête et sortit un carnet de sa poche, l'ouvrit, jeta un œil à une page, puis se tourna vers Nathan qui avait déjà attrapé une feuille et un stylo-plume :

– Emily Jon et Karl Petersen.

– Emily Jon, répéta Jack Sloper en fronçant les sourcils. J'ai déjà entendu ce nom…

– Elle a accusé sa voisine du meurtre de son mari, lui rappela Kim. La voisine était nouvelle, le mari la draguait et avait ensuite disparu sans laisser de traces… Ça avait l'air d'un classique, mais dès le début de l'enquête, on a découvert que Jon prenait de la FullMood et que c'était une crise de démence. La voisine n'avait rien à voir là-dedans, le mari avait sans doute mis les voiles parce qu'il ne supportait plus sa femme. Sa réputation a été ruinée. La Gazette s'est beaucoup amusée à la détruire…

– Elle pourrait s'être suicidé, réfléchit Carmen. Drogue, démence, désespoir et misère, c'est un très mauvais cocktail pour la psyché humaine.

Mais Alva renifla avec scepticisme, et quand tout le monde se tourna vers elle, elle croisa les bras et haussa un sourcil :

– Vous pouvez me traiter de paranoïaque si vous voulez, mais je trouve suspect que la FullMood et la Gazette soit impliquée.

– La Gazette ou un autre journal, quelle différence ? fit David en fronçant les sourcils.

– La différence est que la Gazette est aux mains des Agrace et que les Agrace sont des Réfractaires et des nouveaux riches, ce qui les rend doublement suspect.

– Bien dit, approuva Nathan.

– Je trouve quand même que tu es parano, sourit Blaise.

– Ce n'est pas de la paranoïa s'ils veulent vraiment votre peau, cita Alva.

Et ils furent nombreux à sourire, parce que cette phrase, qu'est-ce qu'elle avait pu le leur dire dans le passé ! A Poudlard, à Pendragon…

– N'empêche que tu es parano, insista Blaise. La Gazette est un journal, c'est normal qu'ils fassent des articles et caressent l'opinion publique dans le sens du poil.

– Ça mérite quand même investigation, fit Nathan. Imaginez que cette Emily Jon n'ai jamais prit de FullMood, qu'elle en savait juste un peu trop, et que les Réfractaires aient mis la drogue chez elle pour la compromettre… Ça n'aurait pas été dur pour eux !

Valerian et Jack ouvrirent tous les deux la bouche pour défendre la compétence du Département de la Justice Magique, mais Draco coupa :

– D'accord, d'accord. Prochaine réunion, on veut plus d'info sur l'affaire Jon. Maintenant, si on revenait aux Guérisseurs… ?

Tous les regards se reportèrent sur la liste toujours étalée en travers de la table. Blaise agita sa baguette en marmonnant un sort, et les noms des Guérisseurs se mirent à briller avec plus ou moins d'intensité.

– Ceux qui brillent le plus sont ceux qui apparaissent le plus souvent, expliqua Zabini en voyant leurs regards interloqués. C'est un sort sympa à utiliser quand je dois faire de la paperasse.

– C'est génial, s'exclama Jack. Punaise, regarde, il y en a pleins qui apparaissent plusieurs fois !

– Je vous ferais remarquer que je vous l'avais dit, fit Nathan d'un ton dégagé. Oh, et si on arrêtait de compter toutes les fois où j'ai raison ?

– Ne vous emballer pas, ça peut être des coïncidences, fit Theo en parlant pour la première fois. Si ça se trouve, il s'agit seulement de gens qui font bien leur boulot et ce sont les aides-soignants qui sont dans le coup…

Nathan renifla avec dédain sans quitter des yeux la liste des noms qu'il recopiait à toute allure sur une nouvelle feuille :

– Draco, qu'est-ce qu'on disait déjà à propos des coïncidences ?

– Que l'univers est rarement paresseux à ce point, fit distraitement son frère. Et Theo, nous n'excluons pas les aides-soignants : seulement il serait plus logique de penser que le moins de gens il y a dans la combine, le mieux c'est. Nathan, quels sont les Guérisseurs qui apparaissent le plus ?

– Quatre noms : Bartholomew Diregrey, Oprah Monroe, Sandy Ivory, et Audric Ells.

Il y eut un court silence, puis Zach plissa le front :

– Ok, ça c'est bizarre. Il n'y a pas plus différent que ces quatre-là.

– Diregrey est Réfractaire, fit remarquer Alva. Il est modéré mais il l'est.

– Monroe est Puriste, contra Zach. Sandy Ivory est Née-Moldue et, à ma connaissance, pas intéressée par la politique. Quant à Audric Ells, je ne le connais pas mais je sais qu'il est un baroudeur qui s'est engagé à Ste Mangouste il y a moins d'un an et qui va partir d'ici quelques mois.

– On peut déjà éliminer Monroe alors, soupira Susan en plissant le front. Les Réfractaires sont favorables à l'intégration des Nés-Moldus, pas moyen qu'une Puriste les soutienne.

– Elle peut très bien être une espionne chez les Puristes, fit remarquer Nathan.

Kim renifla avec amusement :

– Parano.

– Non, il a raison, dit lentement Valerian. Monroe peut très bien s'affirmer Puriste mais agir pour les Réfractaires, que ce soit par conviction ou par appât du gain ou juste pour voir le gouvernement actuel s'effondrer…

– Et ça vaut pour les autres aussi, souligna Nathan.

Justin cligna des yeux avec épouvante :

– Mais pourquoi ils feraient ça ?!

Nathan se contenta de hausser les épaules :

– Pourquoi pas ?

Et c'était probablement une réponse aussi valable qu'une autre. Jack fit la grimace, et marmonna entre ses dents :

– Ça complique tout si on a des espions dans l'équation…

Alva lui jeta un regard oblique :

– Jack, si ça ne te dérange pas de te pointer ici parce que c'est marrant de jouer au comploteur mais que tu te mets à couvert dès que ça devient sérieux, tu vas dégringoler dans mon estime.

Jack sembla se dégonfler comme un ballon sous l'attaque, et Draco le prit en pitié :

– Alva, laisse-le. Blaise, des nouvelles au niveau de l'international ?

Blaise était Directeur du Département de la Coopération Magique. Même si, chez les sorciers, cette coopération était plus économique que politique, ça n'empêchait pas certains pays de fourrer leur nez dans les affaires des autres.

– L'Europe s'en fiche complètement, fit Blaise en haussant les épaules. Leur principal souci en ce moment, c'est les pays d'Europe de l'Est qui veulent leurs propres écoles, au lieu d'envoyer leurs gamins à Durmstrang, et la Russie qui montre les dents. Le bassin méditerranéen est complètement absorbé par la guerre civile en Egypte. Et les Etats-Unis ont assez de souci chez eux…

– Je ne sais pas si c'est une bonne ou une mauvaise nouvelle, maugréa Nathan.

– Les deux, se contenta de dire Draco. La bonne étant qu'ils ne vont pas profiter de notre état de faiblesse pour faire comme Dumbledore en Russie, et la mauvaise étant qu'on doit se débrouiller seuls.

Dumbledore, pour vaincre Grindelwald, avait ravagé ses lignes de défenses, qui étaient de nobles et puissants sorciers Russe –des anciens condisciples de Durmstrang– et avait laissé la Russie aussi exsangue que l'avait été la Grande-Bretagne à la mort de Voldemort. Ce n'était que parce que les Netaniev avaient pris les rênes et instauré un régime de fer que le pays ne s'était pas effondré.

Par la suite la Russie s'était reconstruite, fortifiée. Mais elle était passée très près de la catastrophe.

– Donc, quel est la phase suivante du plan ? résuma Kim en se tournant vers Draco.

Malefoy se raidit, et Nathan, qui était assis à côté de lui, fut sans doute le seul à voir Alva poser la main sur sa cuisse dans un geste de soutien. Alva était probablement la seule parmi eux à savoir quel fardeau c'était de mener des amis dans un combat à l'issue incertaine.

– Je veux des infos sur ces quatre Guérisseurs, ordonna Draco. Qui ils voient, s'ils ont des fréquentations communes, s'ils vont aux mêmes endroits… Alva, crée un réseau de surveillance.

– Comme si c'était fait, fit sa femme.

– Je veux aussi un check-up de leurs patients pour qu'on identifie ceux qui ont prit la FullMood. Le nom des infirmières, aussi. Zach, tu te charges de ça.

– Encore du boulot…

– Fait-le, c'est tout. Et Jack ? Je veux des infos sur cette Emily Jon.

– Noté.

– Très bien. Rien d'autre à l'ordre du jour ?

– On va inclure Harry un jour ? osa Theo. Pas que je me plaigne, mais ça faciliterai beaucoup nos enquêtes avec le Directeur du Bureau des Aurors avec nous.

Draco grimaça, réticent. Alva, elle, ne prit pas de gants :

– Je n'aime pas sa nouvelle copine.

– C'est d'Harry dont je parle, soupira Theo en roulant des yeux. Pas de Kethoum.

– A ce compte-là on pourrait aussi intégrer Ron, tenta Jack.

– Weasley ?! s'exclama Draco. Pourquoi lui ? Il se tient à carreau pour le moment, on ne va pas gâcher ça.

Jack et Valerian lui jetèrent tous les deux un regard oblique, mais ce fut le Gryffondor qui grogna avec agressivité :

– Il se tient à carreau parce qu'il est malheureux. Il voudrait reparler à Harry, il voudrait comprendre ce qui se passe et agir. Il est perturbé, il a complètement arrêté de grignoter au bureau et il a maigri. Il ne va pas bien.

Draco plissa le front, songeur. Il avait débloqué une partie des souvenirs de Ron concernant l'interrogatoire de Djar, le trafiquant de FullMood grâce à qui les Malefoy avaient appris l'implication des Réfractaires. Normalement Ron se souvenait du trafiquant et de son affiliation aux Réfractaires, mais pas de grand-chose de l'interrogatoire, mis à part la certitude qu'il fallait garder ça secret. Ça avait été un travail délicat à faire… La magie de l'esprit était toujours subtile… Peut-être que cette altération de sa mémoire perturbait Ron Weasley ? Peut-être que c'était ça, ces souvenirs incomplets et effrayants, qui minaient son moral et sa santé ?

Draco éprouva une pointe de culpabilité, bien vite écartée. Ron et lui s'entendaient grâce à Blaise, mais au cours de ces dernières années, ils ne s'étaient guère adressé la parole. Ils n'étaient certainement pas amis.

– Ça pourrait se faire, dit lentement Nathan.

Draco releva vivement la tête et vit que son frère le regardait droit dans les yeux. Zut. Nathan avait probablement tout deviné de son dilemme.

– Il ne nous fera pas confiance, objecta Draco.

– Il sera en colère contre toi pour l'avoir tenu à l'écart, concéda Nathan. Mais si on a Harry avec nous, ils s'engueuleront entre eux et coopéreront.

– Espèce de sale petit manipulateur, fit Blaise avec admiration. Tu ne veux pas bosser pour moi par hasard ?

– Nope.

– Ok, soupira Draco. On inclura Potter quand on en saura plus à propos des "positionneurs". Alors au boulot.

– Tout de suite ? geignit Justin. Je sais pas pour vous, mais moi je suis crevé.

– Les Moldus t'ont donné du fil à retordre ? bagua Jack.

– Ces abrutis sont encore plus paranos qu'Alva, grommela l'Oubliator. Y en avait cet après-midi qui croyait que le MI5 l'espionnait avec la NASA ou je ne sais plus quelle connerie et il avait mis des caméras dans toute sa rue. J'ai du ensorceler des dizaines de pigeons qui sont allé déféquer sur les caméras, une vraie horreur !

Ça eut au moins le mérite de faire sourire quasiment tout le monde. Puis Draco se redressa et, en quelques mouvements de baguette, dirigea tous les papiers vers la salle des archives en ordonnant :

– Fin de la réunion. Bonne soirée.

oOoOoOo

Lettre de James Potter à son père :

Cher Papa,

Tu te plaignais que je n'écrive pas assez souvent, alors voilà, j'écris. C'est un peu agité en ce moment mais tout va bien. C'est juste qu'il y a plein de gens dans mon année qui ont des parents engagés en politique. Fred et Camille se disputent tout le temps, tu n'imagines pas à quel point c'est un cauchemar. En plus, comme je suis James Potter, tout le monde veut que je me rallie à un camp ou un autre !

C'est dur à admettre mais je fais comme Gaby : je dis que mon avis ne regarde que moi et je jette un sort à ceux qui me harcèlent.

Enfin bref. Tu vas probablement recevoir une lettre de la Directrice concernant mon "comportement inacceptable" ou autre bêtise du genre, vu que ça chauffe en ce moment. Si ce n'est pas pour mon Furonculus sur Anthony Danares c'est pour mon croche-pied à Cyrius Jarvis ou la bombe à eau que j'ai balancé à Malefoy !

Pas de souci, je gère,

James P.

oOoOoOo

– A droite !

Demy esquiva le rai de lumière rouge qui frappa le mur juste à côté de sa tête, et répliqua avec grondement furieux :

Expulso !

Margaret Fanz avait beau avoir un an de plus qu'elle et ramasser de très bonnes notes, elle ne faisait pas le poids contre un duelliste expérimenté et énervée. Et Demy était très énervée. La sixième année de Gryffondor para de justesse avec un Charme du Bouclier, et Harold Boot qui l'épaulait jeta un nouveau sort à la jeune Malefoy. Cette fois-ci, ce fut Abby qui dressa un bouclier, tandis qu'au même instant Demy jetait un Aguamentis qui fit jaillit de sa baguette un torrent d'eau glacé avec la puissance d'une lance à incendie.

– Qu'est-ce qu– Wow, stop ! Stop !

Les quatre duellistes s'immobilisèrent et jetèrent un même regard meurtrier à James, Faust et Tom qui venaient d'apparaître au bout du couloir. Ils avaient tous sortis leurs baguettes et, si Tom et Faust visaient Demy et Abby, James s'avançait vers eux les mains levés en un geste de paix :

– Qu'est-ce qui se passe ici ?

– Mêle-toi de tes affaires Potter, grinça Demy dont les yeux jetaient des éclairs.

Harold Boot, un garçon calme et réservé la plupart du temps –sauf sur le terrain de Quidditch où il était un Poursuiveur acharné– releva le menton avec défi, rendu confiant par la présence de renforts. Normalement il ne ramenait jamais sa fraise, mais il craquait pour Margaret depuis le début de l'année et les deux Serdaigles avaient complètement pourri son après-midi romantique.

– Vous devriez déguerpir avant qu'il nous vous arrive des bricoles, menaça-t-il.

Ce à quoi Abby répondit d'un reniflement méprisant :

– Dès que t'as la supériorité numérique, tu te sens plus visiblement. Tu as si peur que ça des combats égaux ?

Harold releva sa baguette, Margaret ouvrit la bouche pour prononcer un sort…

– Ça suffit ! éclata James. Harold, on a Quidditch demain et si tu finis à l'infirmerie Terence va te trucider.

– Cette salope de Mangemort soutient les Ecorcheurs ! s'échauffa Margaret en désignant Demy.

La jeune Malefoy se tendit comme un arc et gronda :

– Continue à raconter ce genre de mensonges et je te jure qu'on ne retrouvera jamais ton corps.

– Les Traditionnalistes se posent sur leurs fesses et comptent leurs Gallions au lieu d'agir, gronda Margaret. Je suis sûre que tes parents rigolent en comptant le nombre de Moldus qui sont morts tandis que les miens ont peur chez eux !

– Tu n'as pas le droit de dire ça, s'indigna Abby. Tu ne sais rien des parents de Demy !

– Je sais qu'ils sont des Mangemorts et des assassins !

Demetria était silencieuse, mais James n'eut qu'à jeter un coup d'œil à ses mâchoires crispées et ses épaules tendues pour savoir à quel point Margaret était proche d'une mort violente. Il s'était disputé une fois avec Demy au sujet de sa famille, une seule fois, et ça lui avait largement suffit. Ils s'étaient mutuellement fait beaucoup de mal ce jour-là…

– Ok, assez, ordonna-t-il avec autorité. Margaret, c'est dégueulasse ce que tu dis, les parents de Malefoy ont plein de fois aidé mon père et sa mère est une héroïne de guerre. En plus, vu qu'ils sont sorciers, ils sont encore plus en danger que tes parents.

Margaret ouvrit la bouche pour protester, indignée, et James craqua :

– Tom, fait briller ton badge de Préfet et fait quelque chose.

Le Préfet de Gryffondor tressaillit, hésita… Mais déjà Demy disait froidement :

– Merci mais ça ne sera pas nécessaire. Fanz, vingt points en moins pour ta stupidité flagrante et ton manque sidérant de connaissances historiques. Boot, dix points en moins pour avoir pensé avec autre chose que ton cerveau. Maintenant cassez-vous, ma patience est épuisée.

James fit un bref signe de tête à Faust et Tom et, après avoir échangé un bref regard, ses deux amis rangèrent leurs baguettes et quittèrent le couloir en entraînant Margaret et Harold avec eux, les obligeant peu subtilement à quitter les lieux. Il ne resta que Demy, Abby et James.

Un lourd silence s'installa.

– Pourquoi tu ne leur as pas enlevé de points dès le départ ? demanda finalement James.

Demy le toisa :

– Je n'abuse pas de mon autorité, moi.

La référence peu voilée à Tom qui utilisait ses pouvoirs de Préfets pour protéger ses amis n'échappa pas à James, mais le jeune Potter ne mordit pas à l'hameçon et insista :

– Elle insultait ta famille. C'est une assez bonne raison d'abuser de son autorité je trouve.

Le regard d'Abby passa de Demy à James avec inquiétude. Le visage de la jeune Malefoy était sombre, et très franchement, son amie s'attendait à moitié à ce qu'elle jette un sort à Potter. Demetria défendait toujours l'honneur de sa famille bec et ongles…

– Justement, finit par dire lentement la Serdaigle en abaissant sa baguette. Des abrutis qui ne verront en moi qu'un nom de famille et une cible commode à accuser de tous les malheurs du monde, je tiens à leur prouver personnellement que je suis plus que ça. Personnellement, avec ma baguette, mes poings, mes mots. Pas avec un pouvoir discrétionnaire accordé par une vieille folle.

James sembla considérer cette réponse, puis haussa les épaules :

– Ça se défend.

– De toute façon, ce ne sont pas tes affaires.

James sourit d'un air narquois, s'appuyant d'un épaule contre le mur avec cette nonchalance charmeuse qui faisait tant craquer les filles :

– Peut-être pas… Mais tu sais, Malefoy, indépendamment de ta famille, je n'ai aucun mal à reconnaître ton individualité.

– Attention avec les mots de plus de trois syllabes, se moqua Demy. Ça semble un peu avancé par rapport à ton vocabulaire habituel.

Potter se contenta de hausser un sourcil, et de se redresser pour la saluer gracieusement et de conclure :

– Voilà qui confirme ma pensée.

– Tu penses maintenant ? grommela Abby.

Le Gryffondor sourit de toutes ses dents, puis lança avant de détaler dans la même direction que sa bande :

– Eh oui, je pense. D'ailleurs je te trouve très chiante en tant que personne !

– C'est parfaitement réciproque ! lui hurla Demetria.

Seul le ricanement de James Potter lui répondit, et la Préfète leva les yeux au ciel avant de ranger sa baguette. Abby l'imita en lui jetant un regard amusé :

– Eh bien, c'était inattendu.

– Qu'il joue les justiciers ? réfléchit Demetria. Pas vraiment. La surprise était surtout qu'il se positionne de façon neutre…

– Oh non, je ne parlais pas de ça, sourit son amie. Je parlais du fait que vous ne vous êtes pas jetés un seul sort. Ce n'est pas arrivé depuis la Trêve de Bidule.

– Il lui arrive de se comporter comme un être humain et non comme un chimpanzé particulièrement dégénéré, parfois ! se défendit Demy.

– Une preuve que les miracles existent, fit Abby d'un ton sentencieux.

Demy et elle échangèrent un bref sourire, puis se dirigèrent d'un même pas vers leur destination première : le labo de Cameron. C'était là qu'elles se rendaient avant de tomber sur Margaret Fanz et Harold Boot.

Les cinquièmes années étaient la promotion la plus divisée et, par habitude ou juste parce qu'il était plus simple de se référer à un système de couleur, les différentes Maisons se mélangeaient beaucoup moins que d'habitude, voir même quasiment plus. Du coup, le Quatuor était un peu isolé. Au sein de leurs propres Maisons, ils n'avaient guère d'amis proches et c'était pire maintenant. Ils se retrouvaient donc assez souvent dans le labo de Cameron, puisque Duffy n'avait pas ôté ce privilège au Serdaigle (probablement parce qu'il ignorait que Slughorn avait libéré une pièce des cachots pour son chouchou), et Abby et Demy venaient souvent leur tenir compagnie.

Il y avait deux raisons à cela. Enfin, trois. La première était que Gaby, Cameron, Oscar et Cyrius étaient leurs amis et qu'elles se devaient de leur apporter du soutien moral. La deuxième était que Gaby était très doué en Sortilèges, Cameron en Potions, Cyrius en Métamorphose et Oscar en à peu près tout. Ça, ajouté aux talents de Demy et Abby en Défense, leur garantissait d'avoir un groupe d'étude à tout casser qui remporterait toutes leurs BUSES.

Et troisièmement… Le Quatuor était toujours au courant de ce que tramaient les Rôdeurs et Demy préférait garder un œil sur l'usine à chaos qu'était son frère Scorpius. Juste au cas où il déciderait de faire un truc fun, genre, lâcher des dinosaures mutants sur eux à l'heure du petit-déjeuner.

Elles dépassèrent le rez-de-chaussée où quelques élèves traînaient encore, puis s'enfoncèrent dans les cachots, où elles ne croisèrent que quelques élèves de Serpentards qui les saluèrent d'un bref hochement de tête. Quelle que soit leur allégeance politique, les Serpentards présentaient un front unis et adoraient Scorpius et Hyperion. Par extension, ça s'étendait à Demetria.

Le labo de Cameron était dans la même zone que la classe de Potions, le bureau de Duffy et la Réserve, mais à plusieurs couloirs de distance, et les deux Serdaigles ne croisèrent plus âme qui vive dans ce coin. Arrivées devant une porte de bois sombre et massif, Abby frappa deux coups, et entra sans attendre de réponse. Comme d'habitude, c'était ouvert.

Le labo était une grande pièce semblable à leur classe de Potions, avec des tables et des chaises, mais elles étaient repoussées contre les murs. Il n'y avait qu'une seule armoire, et trois chaudrons à bonne distance les uns des autres. Généralement, Cameron ne les faisait pas fonctionner en même temps, question de prudence : mais il était assez doué pour faire trois potions simultanément sans problème. La lumière était procurée par des globes lumineux qui flottaient au plafond mais aussi contre le mur, et il y en avait trois plus gros, chacun suspendu au-dessus d'un chaudron.

– Salut les filles, lança Cameron en les voyant entrer.

Il était penché sur le chaudron le plus à droite, le seul qui était en train de chauffer actuellement, et semblait touiller un liquide épais et crémeux d'une étonnante couleur orange claire, aux reflets mouvants.

– Bonsoir, fit Oscar en levant les yeux des bocaux d'insectes qu'il rangeait dans l'armoire.

Il semblait être en plein corvée de vérification des ingrédients. Gaby était d'ailleurs en train de lui donner un coup de main, triant sur une table les fleurs périmées des saines avant de remettre les plus utilisables dans le bocal adapté. Le Gryffondor salua les nouvelles arrivantes d'un sourire.

Cyrius, lui, faisait ses devoirs sur une des tables les plus éloignées d'Oscar, Gaby et leurs plantes séchées, et il adressa un sourire lumineux aux nouvelles arrivantes (enfin, plus spécialement Abby) :

– Salut vous deux. Comment allez-vous ?

– Très bien, sourit Abby en allant s'asseoir à côté de lui. Tu ne devineras jamais ce qui vient de nous arriver !

Et elle raconta avec emphase leur altercation avec Margaret et Harold, et l'intervention salutaire de James. Gaby, qui considérait James comme un abruti arrogant tout juste bon à contempler son nombril et à être jeté dans le lac, ouvrit de grands yeux stupéfait. Cameron, lui, fronça les sourcils :

– Et Faust n'a pas essayé de vous chercher des poux ?

– Il obéit toujours à James, lui rappela Demetria.

Gaby renifla avec dédain :

– C'est un choix de vie.

Gaby était le moins agressif de toute la bande, et d'une certaine façon, c'était tant mieux. Sans ce calme à toute épreuve, ça ferait longtemps que James et lui se seraient entretués. Non, Gaby ne détestait pas James, du moins pas comme Demetria ou Cyrius ou Naima ou même Scorpius détestaient James. Mais il éprouvait envers lui une répulsion et un mépris assez impressionnant. Ça n'avait fait que s'aggraver au cours des années…

– Vous ne devriez pas être si dur avec James, dit Oscar sans quitter des yeux le bocal qu'il examinait. Il n'est pas si mauvais.

Demetria afficha un air dubitatif, Cyrius et Abby ouvrirent de grands yeux et Cameron ouvrit la bouche pour protester, mais Gaby, lui, eut carrément l'air sidéré :

– Qui êtes-vous et qu'avez-vous fait d'Oscar Nott ?

Le Serpentard roula des yeux et rangea le bocal de scarabées brillants qu'il avait vérifié avant de se tourner vers ses amis :

– Je dis juste que James n'est pas un sale type. Pas comme Faust par exemple.

– Comment tu peux dire ça ?! s'indigna Gaby.

– Avec des mots.

– Ah ah, très drôle !

Oscar leva les yeux au ciel, puis s'adossa à une table proche et expliqua :

– James a juste un complexe du héros et un ego de la taille du Pays de Galles. C'est un fils à papa… Enfin, plutôt un fils à maman. Il n'a jamais été ailleurs qu'au centre de l'attention et n'a jamais eu de souci plus grave que le choix de la marque de son nouveau balai. Il n'est pas méchant, juste immature.

– Et débile, ajouta Gaby entre ses dents.

– Et chiant, acquiesça Cameron.

– Et égocentrique, fit Cyrius pour en rajouter une couche.

– Mais pas méchant, insista Oscar. Il n'aime pas les injustices.

Demetria haussa un sourcil et Oscar rectifia :

– Ok, il n'aime pas les injustices quand elles ne l'avantagent pas, parce que sinon, oui, d'accord, il n'a aucun remord à éviter les retenues en agitant son nom de famille sous le nez de McGonagall. Mais c'est un Gryffondor nourri depuis le biberon par des histoires de bravoure et d'équité, quand même, ça laisse des traces !

Un silence pensif rempli la pièce. Puis Demetria décida de clore le débat sur ces paroles pleines de sagesse :

– En tout cas il est chiant.

– Et ses cheveux ressemblent à une brosse à chiottes, crut bon d'ajouter Abby.

– J'abandonne, grommela Oscar en allant s'asseoir avec Cyrius. On ne peut pas vous faire entrer dans le crâne une once de foi en l'humanité.

– Moi j'm'en fous, j'aime pas les gens ! fit joyeusement Cyrius.

Oscar grogna en laissant tomber sa tête entre ses bras, et Demy ne put retenir un gloussement. Oui, c'était vraiment une bonne chose de traîner avec le Quatuor.

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A suivre...

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