Yop ! Ça fait un moment que je n'ai pas posté de chapitre .. La faute à mon stage, il est prenant. Mais revenons au plus intéressant : le fameux nouveau chapitre ! L'avant dernier, désolée ...
Quelques remerciements sont préalablement de rigueur :
cacauzinha : Ravie que ma fiction te plaise autant ! Merci d'avoir pris le temps de commenter :).
Cassandre : Quelle impatience ! Ca fait plaisir à voir :). Oh et avec un "please", je ne peux que t'offrir la suite ! Merci pour ton commentaire :).
sagmig : Tiens ! Un pseudo qui m'est familier. Contente de te revoir :). C'est marrant mais moi aussi je ne lis pour ainsi dire plus House et autant dire que je n'ai pas vu un épisode depuis.. Que j'ai découvert la fin de la série lors de sa diffusion aux US je crois bien. C'est triste d'en être arrivée là.
Ca me fait plaisir de savoir que j'ai pu faire renaître chez toi un regain d'intérêt pour House. Je prends ça comme un très beau compliment :). J'espère que cette suite t'enchantera tout autant ! Un grand merci pour ton commentaire :).
Que dire ? Eh bien, la confrontation se poursuit. Je vous laisse découvrir !
« Que comptez-vous faire ? voulut-elle s'informer.
_ Mener la belle vie. répondit le néphrologue, sous le coup de l'instinct.
_ Avec quel argent ?
_ Celui de Wilson, qu'est-ce que tu crois ? Sachant qu'il est déjà habitué à tout me payer, il ne sera pas trop dépaysé de ce côté là. railla le diagnosticien en jetant un coup d'œil au concerné.
_ Et toi, que feras-tu lorsque l'état de Wilson se dégradera ?
_ On s'en occupera le moment venu.
_ Tu es en train de me dire que tu as détruit ta vie sans penser à la suite ? Tu es inconscient House ! s'emporta-t-elle à nouveau devant son détachement.
_ La réflexion était simple, j'avais trois choix possibles. Soit j'allais en prison, soit je mourrais, soit je disparaissais. Une seule de ces options me permettait de soutenir Wilson. Peu importe les conséquences. Bon sang regarde-le ! Il va mourir ! Tu penses que je devrais planifier le futur mais je n'ai aucune idée de quoi demain sera fait.
_ Tu ne peux pas vivre comme ça ! Bon sang Wilson, dites quelque chose ! hurla-t-elle par désespoir en se retournant vers l'oncologue.
_ Il a raison Cuddy, mais vous ne voulez pas l'entendre.
_ Vous approuvez son choix ? Avez-vous perdu la tête ? Que fera-t-il selon vous lorsque vous serez mort et enterré ? Il est mort aux yeux de tous ! Alors quoi, vous pensez qu'il va revenir d'entre les morts ? Se cacher le restant de ses jours ? Venir frapper à ma porte ? Rien de tout cela ne ressemble à Gregory House ! Entre vous qui serez six pieds sous terre, moi qui aurai perdu sa trace et sa vie sur Princeton réduite au néant, je ne sais pas ce qui pourrait l'empêcher de s'achever à coup d'alcool et de Vicodin ! cracha-t-elle avec virulence en fusillant des yeux l'auteur des paroles outrancières.
_ Cuddy, tu le dis toi-même. Pour tout le monde ici je suis mort. Ma vie s'est éteinte au moment même où j'ai décidé de vivre les derniers mois de Wilson. Tout ce qui avait un rapport avec moi a péri dans les flammes. Je ne suis plus qu'une ombre et je ne m'en cache pas. Tu devrais toi aussi être capable d'accepter ce fait. reprit le diagnosticien, faisant se retourner la doyenne dès ses premiers mots.
_ Tu es en train de me dire que je devrais être en mesure d'accepter ta mort alors que je te sais en vie ou à l'agonie quelque part dans le pays ?
_ Ma mort est inéluctable, peu importe qu'elle survienne aujourd'hui ou demain. Plus tôt tu t'y feras, moins tu souffriras. Tu ne peux plus rien pour moi.
_ Je te reconnais bien là. Toujours à préférer la fuite. pesta-t-elle, plus que marquée par la colère.
_ Appelle ça comme tu veux. » se contenta-t-il de répondre, impassible.
Elle s'imaginait au cœur d'un nouveau cauchemar, encore plus noir que tous les précédents. Elle pensait depuis longtemps avoir atteint le paroxysme de la douleur, mais elle se trompait. Aujourd'hui, elle avait plus mal que jamais. C'était comme si la limite de ce qu'elle était en mesure de supporter venait encore une fois d'être repoussée.
Elle persistait à le fixer, aux dépens des larmes au bord de ses yeux qui menaçaient de s'écouler à tout moment. Ce n'était pas à elle de fuir son regard. Ce n'était pas elle qui devait se faire violence pour le regarder droit dans les yeux. Ce n'était pas elle qui était censée peiner à lui faire face. Mais elle savait que qu'elle seule pouvait fléchir face à cet échange muet.
« Je suis désolé. affirma le diagnosticien face au silence de la jeune femme. J'aurais voulu que tu n'aies jamais vent de la vérité sur ma mort.
_ Pas moi. » répondit assez sèchement la doyenne.
Sentant son malaise, le néphrologue ne répliqua rien. Après quelques secondes de silence qui semblèrent durer éternellement, il demanda finalement.
« Comment ..
_ Comment j'ai su ? le coupa-t-elle. Une intuition que j'ai balayée tant elle était irrationnelle. C'est le message que tu as envoyé à Wilson qui m'a mis la puce à l'oreille. Tu es passé en l'espace d'un claquement de doigt du connard irrécupérable à l'ami présent dans les moments difficiles. »
Le diagnosticien jeta un regard complice à l'oncologue qui avait été trahi par un cruel manque de discrétion.
« Reçois un sms de l'ami auquel tu es en train de rendre hommage alors qu'il est censé être dans une urne à même pas un mètre de toi et on en reparle.
_ Connard irrécupérable ? T'appelles ça rendre hommage ? Tu fais peur Jimmy.
_ J'ai pensé que la meilleure façon d'honorer ta mémoire était de ne pas te faire passer pour le Saint que tu n'as jamais été. se défendit le concerné, un sourire en coin.
_ Bonne remarque. »
Un silence suivit l'extinction du dernier son de sa voix. Le néphrologue se tourna à nouveau vers Cuddy dont l'expression du visage était restée figée. Elle aurait sans nul doute pu rire de la maladresse de l'oncologue si la situation n'avait pas été aussi grave. Mais l'heure n'était certainement aux réjouissances.
« Et maintenant, on fait quoi ? Vous allez flâner à travers le pays jusqu'à ce que mort s'en suive et je retourne chez moi vivre avec cette idée ? reprit la doyenne, au contact du désespoir.
_ Cuddy, ne rends pas les choses plus difficiles qu'elles ne le sont déjà. répliqua House, sur un ton qui ressemblait presque à de l'imploration.
_ Je ne vois pas comment les choses pourraient être encore plus difficiles.
_ Crois-moi, elles pourraient l'être. Rentre chez toi, vis ta vie. Ce sera difficile, mais aucune autre option n'offre de meilleurs effets.
_ Je pense que tu mesures très mal l'ampleur d'une telle requête.
_ Je pense que tu mesures très mal les conséquences d'un autre agissement. renchérit le diagnosticien devant l'inconscience de la jeune femme.
_ Depuis quand mesures-tu les risques ?
_ Depuis quand les ignores-tu ? »
Tout le corps de Cuddy se figea. L'irrationalité n'avait jamais compté parmi ses amis. Elle savait quelle était la meilleure façon d'agir et agissait rationnellement en fonction des données qui régissaient chaque situation donnée. Mais aujourd'hui, les circonstances étaient particulières. La situation était irrationnelle. Insurmontable. Presque irréelle.
« Ironie du sort ! Grégory House m'explique comment faire preuve de raison. railla l'endocrinologue, déstabilisée par la lucidité du médecin.
_ Cuddy, je ..
_ Non, la ferme ! LA FERME ! » vociféra-t-elle en le pointant violemment du doigt.
House se stoppa net au contact d'un pareil état de colère. Aussi loin que ses souvenirs le menaient, il ne l'avait jamais vue autant déboussolée. Et cette détresse sans égale l'ébranlait, bien plus qu'il n'aurait jamais voulu l'avouer.
« La ferme ... entendit-il encore une fois au travers d'une voix passée de la violence au trouble. Tu es mort ... »
Son regard se troubla. Ses émotions prenaient définitivement le pas sur sa volonté de ne rien laisser paraître. Le diagnosticien lui en avait fait voir de toutes les couleurs, mais jamais aucune d'aussi noire. C'en était trop. Beaucoup plus que tout ce qu'elle avait déjà enduré et était en mesure de pouvoir supporter.
« Pourquoi .. ? parvint-elle à articuler, la gorge nouée.
_ Je t'ai déjà tout expliqué ..
_ Pourquoi me fais-tu ça ? Pourquoi dois-je encore souffrir par ta faute ? s'exprima Cuddy en sentant les premières larmes couler le long de ses joues.
_ Je n'ai jamais voulu t'entraîner dans cette histoire.
_ Le savoir me fait d'autant plus mal.. » répondit-elle spontanément, à cœur ouvert.
House se sentait mal. Son abdomen semblait se contracter douloureusement au rythme où les larmes venaient s'écraser sur le sol.
Devant tant de désarroi, il décida de se laisser guider par une pulsion qui traversa son esprit. Il se leva et se rapprocha de la doyenne à pas de velours. Cette dernière releva des yeux étonnés, presque effrayés vers lui. Il encaissa le poids d'un tel regard et poursuivit sa démarche. Il s'approcha lentement, au plus près, jusqu'à la frôler, avant de la capturer dans ses bras puissants.
TBC..
