Je pleure depuis si longtemps maintenant que j'ai l'impression d'avoir vidé toute l'eau de mon corps. Mais alors que je crois que je n'ai plus assez de larmes en moi, il me suffit juste de penser à son mensonge éhonté pour me remettre à sangloter.

Assise au pieds de mon lit, Mélanie essaie de me consoler mais je n'arrive pas à me calmer. Je finis cependant par m'endormir de fatigue.

Le lendemain, ce n'est plus de la tristesse que je ressens mais de la colère. J'ai vraiment bien fait de ne pas me donner à lui comme il l'espérait. Ce n'est qu'un moins que rien pour s'amuser avec les sentiments des gens, surtout en sachant ce qu'il venait de m'arriver.

Alors, sur ce raisonnement plus éclairé, je décide de ne pas me laisser abattre par ce genre d'individu et au contraire, aller de l'avant plutôt que de perdre mon temps plus longtemps à pleurnicher pour lui.

Je me lève, prends une douche et me remets au boulot car les examens approchent et il faut que je les réussisse.

Mélanie est contente que je vais un peu mieux et continue à me soutenir lorsqu'elle sent que je faiblis.

Pour les vacances de Noël, je compte revenir chez mes parents seulement pour les fêtes car je compte bûcher sérieusement sur mes cours, pas le choix en période de blocus.

Etudier me prend tellement la tête que j'ai à peine le temps de penser à Edward de toute façon. Cela ne l'empêche pas cependant de m'envoyer des messages comme si de rien était pour prendre des nouvelles de mon blocus. J'essaie souvent d'écourter nos conversations et évite surtout de lui demander pour Ariane car je ne tiens pas à savoir mais il revient malgré tout souvent à la charge, heureusement, ce n'est pas pour me parler d'elle.

Lorsque les examens se terminent enfin, je n'ai qu'une envie, c'est de me reposer et c'est ce que je fais. J'attends que Mélanie finisse aussi ses examens pour fêter ça dignement.

A l'instant où elle revient à l'appartement après son dernier oral, elle vient me chercher pour aller dans un bar fêter ça.

On s'amuse modérément malgré les promesses qu'on s'était faites pour guindailler (fêter) toute la nuit. Damien nous rejoint et malheureusement Edward aussi, ce qui me vaut un pincement au coeur, même si je suis plus ou moins arrivée à me le sortir de la tête. Cependant, le revoir me fait toujours quelque chose. Heureusement, il est juste passé dire bonjour à l'assemblée avant de s'éloigner de notre table pour papoter avec quelqu'un au comptoir.

- Moi, j'ai une idée, propose Damien, on loue un chalet tous ensemble dans le sud et on va skier

- Oh, ce serait super, s'enthousiasme aussitôt Mélanie, il faut trop que tu viennes Bella, c'est obligé. On va trop s'éclater

- Je ne sais pas, hésité-je sceptique

- Oh allez, s'il te plaît, comme ça on fêtera nos examens dignement.

Je doute sincèrement que cette escapade soit une bonne idée car Edward sera sûrement là, ainsi que cette… Ariane. Evidemment, je ne la supporte plus désormais.

Je sais que ce n'est pas de sa faute, elle ne pouvait pas savoir cette fois-ci que j'avais des vues sur lui mais je ne peux pas m'en empêcher, je vois cette union d'un mauvais oeil.

Elle m'a effectivement déjà fait le coup une fois avec Nathan.

Elle savait que j'avais des vues sur lui, mieux encore, elle était au courant de ce qu'il m'avait dit à propos de ma réputation. Cela ne l'a pourtant pas empêché de sortir avec lui. Ariane m'a énormément déçue lorsque j'ai découvert leur relation. Je sais que ce n'était pas mon petit ami mais j'ai trouvé que c'était un manque de respect vis à vis de moi d'accepter de sortir avec un garçon qui m'avait doublement blessée en me rejetant et m'insultant.

Elle pouvait avoir le garçon qu'elle voulait, après tout, elle a des airs de Nina Dobrev. Cependant, elle l'a quand même choisi lui.

J'ai fini par m'en remettre, surtout lorsqu'elle l'a plaqué pour un autre mais bon, notre amitié s'est effrité à la suite de cette histoire.

Ici, elle ne pouvait évidemment pas le savoir, pourtant, cela me fait encore mal quelque part.

A propos du voyage, il faut de toute façon voir si j'aurais assez pour y aller. Au fond, c'est vrai que j'aimerais faire partie de cette aventure mais j'ai peur que ça finisse par se retourner contre moi.

Tandis que je suis en train de siroter patiemment ma boisson, Tristan, un pote de Damien s'installe à mes côtés et commence à raconter sa journée au groupe.

Moi, je n'écoute que d'une oreille car je suis toujours tracassée par cette histoire de séjour au ski.

A ma grande surprise, Tristan se tourne soudain vers moi et prend de mes nouvelles, ce qui me permet de me détendre et de penser à autre chose.

La soirée se clôture calmement, je suis tellement prise dans une conversation avec le pote de Damien que je remarque à peine l'arrivée d'Ariane qui se dirige vers Edward. Je préfère me concentrer sur Tristan qui est un garçon très gentil et intéressant. Certes, d'une beauté plus modeste que celle d'Edward mais il a tout de même du charme avec ses yeux verts et son sourire en coin provoquant une fossette qui le rend vraiment craquant. Il a plutôt des cheveux châtains avec une coupe assez courte mais qui lui va bien, je dois dire.

- Je crois que tu as tapé dans l'oeil de Tristan, me fait remarquer Mélanie dans la voiture de Damien qui nous ramène au bercail

- Je ne suis pas sûre, douté-je timidement

- Moi, je suis sûre que si, insiste-t-elle, sans compter qu'il est vraiment partant pour le ski donc raison de plus pour venir avec nous.

- On verra bien, espéré-je car au final, il faut toujours que je sache si j'ai assez pour m'y rendre.

Après avoir fait les calculs, nous sommes arrivés à trouver un terrain d'entente pour que ça ne revienne pas trop cher à tout le monde.

On a créé un événement privé sur Facebook pour inviter tous ceux avec qui on avait envie d'aller. Mélanie l'a proposé à une ou deux copines, Damien à ses potes et moi à personne. Pour la simple et bonne raison que je ne connais personne qui aurait assez pour y aller ou alors je sais qu'ils ont déjà prévu autre chose. Etant donné que je n'ai pas beaucoup d'amis proches comme c'est le cas pour Damien, j'ai vite fait le tour des possibilités.

Evidemment, Edward et Ariane vont venir mais heureusement, Tristan sera là pour me changer les idées. Il m'a ajouté sur Facebook et depuis, on papote de temps en temps, ce qui me fait naturellement plaisir.

On s'organise assez vite pour partir dans le sud de la France avant la reprise des cours.

Dans l'avion, je suis assise du côté du hublot près de Mélanie et Damien. De ma position, je ne peux pas voir Edward et Ariane se bécoter sur d'autres sièges à l'arrière. Heureusement, puisque ce spectacle affligeant m'agacerait au plus haut point.

Une fois atterris, nous prenons un taxi qui nous dépose devant le chalet que nous avons loué pour la semaine.

Nous répartissons les 5 chambres comme suit: Les deux couples que forment Mélanie-Damien et Edward-Ariane disposent d'une chambre chacun alors que les 4 « pauvres » célibataires dont Tristan, François, Charlotte (une pote de Mélanie) et moi, doivent se partager deux chambres. Les garçons ensembles et moi avec Charlotte forcément.

Ainsi personne n'a l'avantage de dormir dans la chambre seul.

Nous commençons donc par déballer nos affaires avant de faire un bref planning pour la journée. Cependant, puisque c'est le temps de midi, on décide d'aller déjeuner dans un restaurant du coin avant d'aller skier.

Lorsque nous avons terminé, on revient au chalet afin de prendre le nécessaire pour la glisse.

De mon côté, je ne suis pas vraiment d'humeur à faire du sport aujourd'hui, alors je me porte volontaire pour aller faire les courses de la semaine. Tristan propose de m'accompagner et, à la grande surprise générale, Edward aussi. Ce dernier prétexte vouloir choisir la nourriture qu'il compte ingurgiter.

Ariane ne le retient pas mais fort heureusement, elle a décrété que pour rien au monde elle privilégierait les courses au snowboard.

Après s'être mis d'accord sur ce qu'on ferait de notre après midi, chacun dépose dans une enveloppe une certaine somme pour payer nos courses. Damien nous indique sur une carte quel chemin prendre pour nous rendre au supermarché du coin et notre petit groupe se sépare enfin.

Sur la route du magasin, Tristan ne semble pas gêné de la présence d'Edward qui s'empresse de se mêler à notre conversation. Evidemment, puisqu'il est là, ce serait malpoli de le laisser en plan. Quoi que cela ne me déplairait pas vu le sale coup qu'il m'a fait.

Arrivés au supermarché, je prends un caddie et nous nous promenons dans les rayons pour choisir le nécessaire.

Je dois dire que je suis plus pragmatique que les garçons à ce niveau là. Surtout avec Edward qui a plus l'air de s'intéresser aux gourmandises qu'à des repas sains. Ce qui, dans le fond, contredit un peu ce qu'il a affirmé plus tôt. Quoi qu'il aurait pu vouloir s'assurer qu'on achète suffisamment de friandises.

Une fois à la caisse, il ne reste presque plus rien de l'enveloppe et nous sommes tellement chargés qu'un taxi est nécessaire pour nous ramener.

Sur le chemin du retour, Edward brandit un magazine de charme qu'il sort de sa veste. Je me demande à quel moment il se l'est acheté.

Il le feuillette sans aucune gêne à nos côtés dans le taxi et me le met soudain sous le nez, ce qui me fait faire un brusque mouvement de recul:

- On dirait toi! blague-t-il joyeusement en me présentant une femme nue

- T'es vraiment un gamin, rouspété-je en roulant des yeux

- Mais si, regarde Tristan, tu ne trouves pas qu'elle lui ressemble, insiste-t-il tout près de lui qui semble très mal à l'aise:

- Peut-être, je ne sais pas.

- Moi, je trouve que si, conclut-il amusé.

C'est vrai que cette femme est le même genre de personne que moi physiquement parlant, cela dit, elle a un plus beau corps que le mien et surtout des seins plus gros. Alors que j'ai pourtant déjà une assez forte poitrine.

Une fois rentré, on range les courses et on attend que les autres rentrent pour souper.

Je discute avec Tristan mais Edward tient toujours à s'imposer. Ce que je ne comprends pas d'ailleurs.

Lorsque les autres arrivent enfin, on se prépare une raclette et tout le monde décide d'aller dans le jacuzzi. Le souci, c'est que j'ai oublié mon maillot, du coup je ne peux pas en profiter avant d'en avoir acheté un. Même si Edward m'affirme que ça ne dérangerait personne que j'y aille nue:

- Surtout Tristan, ajoute-t-il sur un ton sarcastique

Qu'importe, je ne compte pas les rejoindre ce soir. Par contre, je profite que tout le monde y soit pour aller me laver car je suis assez prude et je n'ai pas envie de me changer même devant les filles.

C'est pourquoi, alors que je n'entends plus aucun bruit dans le couloir de l'étage, je me précipite dans ma chambre pour prendre mes affaires de toilettes et fonce vers la salle de bain.

J'ai à peine le temps d'ouvrir la porte que je tombe sur Edward en train de se masturber devant le magazine de charme de toute à l'heure, page ouverte sur mon soit disant sosie. Surpris, il remonte aussitôt son maillot de bain alors que je referme la porte aussi vite que possible.

Je suis totalement embarrassée par ce que j'ai vu.

J'ai cependant à peine le temps de me remettre de mes émotions qu'il ouvre la porte et me demande d'entrer pour me parler.

J'entre toujours remuée par les évènements et remarque son visage rosi par la gêne de la situation:

- Je crois que je te dois quelques explications pour Ariane, change-t-il tout à coup de sujet

Mon visage s'affaisse d'un seul coup et je me précipite vers la sortie pour ne pas entendre la suite. Seulement, il referme la porte au moment où je tente de l'ouvrir.

Il se tient juste derrière moi et je peux sentir son souffle sur ma joue.

Il finit par me murmurer à l'oreille qu'il veut vraiment me parler de tout ça. L'effet qu'il me fait est immédiat. La proximité de son corps contre le mien, la douceur de sa voix et l'odeur qu'il dégage m'enivre intensément mais le manque de respect qu'il a fait preuve à mon égard me fait encore trop mal c'est pourquoi sa tentative de me retenir pour m'expliquer qu'il est tombé amoureux d'une autre, qu'il a accepté de sortir avec une autre plutôt qu'avec moi me fait fondre littéralement en larmes.

Je glisse contre la porte car la douleur qu'il m'inflige me prive de toutes mes forces.

Il veut me prendre dans ses bras pour me consoler mais je le repousse, alors je prends mon courage à deux mains, je me relève et je sors de la salle de bain.

En voulant me réfugier dans ma chambre, je me trompe de porte et je tombe sur un couple en plein ébat. Je suis estomaquée en découvrant Charlotte et Tristan s'envoyant en l'air alors qu'il paraissait sincèrement s'intéresser à moi.

C'en est trop, je fonce en larmes dans ma chambre cette fois et je m'écroule sur le lit. Quelqu'un m'a suivi et referme la porte derrière moi. Soudain, une main douce et ferme se dépose sur mon dos pour m'apaiser mais je ne peux m'empêcher de sangloter.

Lorsque je finis par me calmer, j'entends Edward me déclarer, résolu:

Ce n'était pas sensé durer avec elle. Je romprai avec Ariane à la fin de la semaine.

Je n'ai pas le temps d'ajouter quoi que ce soit qu'il est déjà parti.

Lorsque Charlotte revient dans la chambre, elle me prend de haut et me lance que je suis bien puérile d'être aussi troublée par une scène de sexe.

Ni une ni deux, je prends mes affaires et je vais m'installer dans la chambre qu'il reste. Je ne tiens pas à rester une minute de plus avec elle.

Durant la nuit, Edward se glisse dans ma nouvelle chambre pour m'expliquer plus en détail sa décision de fréquenter Ariane.

Il m'avoue que leur relation n'était pas vraiment sérieuse à la base. Il s'agit plus d'une aventure qu'autre chose selon lui. Il me considérait trop bien pour lui et avait peur de ne pas être à la hauteur et de me décevoir en me faisant souffrir alors, il a préféré ne pas me faire des promesses qu'il n'était pas sûr de pouvoir tenir.

- Je suis malgré tout déçue que tu te sois ainsi affiché avec elle, argué-je

- C'était une erreur, admet-il, je compte rompre à la fin de la semaine, je te le promets. De toute façon, il faut bien dire que ça n'aurait pas pu durer plus longtemps, on a trop peu de points en communs pour que ça marche.

Après cette longue conversation, il finit par s'en aller et me laisser dormir.

Le lendemain, je décide d'aller skier cette fois. Cependant, j'avoue aux autres que je ne saurais pas les suivre sur les pistes qu'ils choisissent car cela fait trop d'années que je n'en ai plus fait et il faut que je reprenne depuis le début.

Edward se propose gentiment pour me donner quelques cours de rappel. Ariane ne semble pas le moins du monde jalouse de la situation. Tout ce qu'elle veut, c'est faire du snowboard.

C'est ainsi qu'on passe toute la journée sur la piste des débutants à s'amuser. Le savoir près de moi me rassure et me comble de joie.

Je ne sais pas ce qu'il va se passer une fois qu'on sera rentré à la maison mais Edward semble plus confiant en ce qui concerne une relation sérieuse avec moi.

Lorsque la journée se termine, on rentre pour manger et regarder un film. Après que tout le monde se soit lavés et mis au lit. J'en profite pour aller me doucher seule.

Dans la salle de bain, je me déshabille rapidement et me met sous l'eau. Tout à coup, j'entends quelqu'un qui rentre dans la salle de bain. Je me paralyse voyant que l'ombre derrière le rideau de douche est plutôt imposante, c'est donc celle d'un garçon:

- Qui est là? bredouillé-je paniquée

- C'est moi, lance Edward toujours aussi sûr de lui.

- Qu'est-ce que tu fais ici? l'interroge en partie soulagée que ce soit lui.

- Je suis venu jeter un coup d'oeil, s'exclame-t-il avant de tirer le rideau pour me regarder. Il me reluque de haut en bas et se mordille la lèvre inférieure.

- Je peux te rejoindre si tu veux? me propose-t-il

- Non, pas tant que tu n'as pas rompu avec ta copine, le grondé-je.

Il s'installe cependant sur une chaise et se penche pour m'épier. Je constate que ce n'est pas d'un oeil excité qu'il me regarde mais plutôt d'un oeil admiratif, ce qui me flatte et m'encourage à lui faire face plutôt que de lui tourner le dos.

Je lui souris et je lui demande de me passer une serviette lorsque j'ai terminé. Alors, il m'en tend une mais plutôt que de me la donner, il m'essuie délicatement avant de m'entourer avec et de m'attirer contre lui. Il plonge son regard dans le mien et approche son visage de ma bouche. Je sens son souffle avant qu'il ne dépose un baiser sur mes lèvres.

Je me laisse emporter par l'excitation du moment et ne proteste pas lorsque ses doigts s'infiltrent entre mes cuisses et caressent tendrement mon intimité. Mon pouls s'accélère tandis qu'une chaleur intense s'empare de mon bas ventre et se propage dans tout mon corps.

J'écarte les jambes pour lui faciliter son va et vient entre mes lèvres génitales qui rougissent à son contact. Au moment où il trouve mon point sensible, je pousse des petits cris de plaisir.

Il finit par s'arrêter et me murmure à l'oreille qu'une fois à la maison, il compte bien me faire décoller davantage. On s'embrasse avant de rejoindre nos chambres respectives.

La semaine se déroule plus gaiement entre nos petits jeux intimes dans la salle de bain et les leçons de ski qu'il me donne. Ariane remarque son éloignement mais ne semble pourtant pas protester.

Seulement, lorsque nous retournons à la maison. C'est le choc. Edward m'annonce que le père d'Ariane est malade et qu'il se voit mal la quitter pour le moment.

Je me sens profondément ridicule d'avoir cru en lui. Je prends ça pour une trahison de sa part. Il m'a encore traité comme une moins que rien alors que je lui faisais confiance.

Je lui dis que je ne veux plus le revoir car je n'en peux plus de ses mensonges et de ses hésitations qui me font tant souffrir. Il essaie de s'excuser mais c'est trop tard. Je ne veux plus continuer ainsi.