Bonjour bonjour !

Me voici enfin de retour avec ce chapitre. J'ai mis un petit moment à le peaufiner, excusez-moi du retard. Je n'ai pas eu beaucoup de temps à moi mais le voici quand même !

Vous y trouverez les points de vue de Draco et d'Hermione. J'ai eu quelques reviews me signalant que le baiser de Draco semblait bizarre, tombant un peu comme un cheveu sur la soupe. Ne vous inquiétez pas, ce n'est pas un caprice de l'auteure ^^. C'est pour cela que je me suis concentrée dans ce chapitre sur les sentiments de Draco afin qu'on comprenne où il en est et ce qui le motive.

Donc, merci pour vos remarques car j'ai ainsi pu approfondir le point de vue du Serpentard encore plus que prévu. On ne se rend pas toujours compte, en tant qu'auteure qui écrit, que certaines choses ne semblent pas logiques. Pour moi, tout semble couler de source, puisque toute la fiction est dans ma tête, bien au chaud ! ;) N'hésitez donc pas à me faire part de vos questions et des choses incohérentes, des erreurs que vous pouvez relever ! Je suis preneuse et reconnaissante des critiques ! Ca fait avancer.

Revenons à ces quelques lignes qui suivent. Ici, la relation entre Draco et Mione est un peu plus "posée". J'essaie de donner le ton, même si vous ne savez pas encore comment ça va évoluer ! ^^ Ce chapitre est donc plus centré sur eux, sur leurs sentiments respectifs et j'avoue m'être bien amusée avec Malfoy et son esprit tordu (tout en restant cohérente, je vous rassure !). La suite des épisodes avec Ron, Harry et Ginny auront lieu dans le prochain chapitre, sans oublier nos deux héros.

J'espère que ce chapitre répondra aux questions de certains et qu'il sera à votre goût ! J'attends avec impatience vos avis !

Bonne lecture !

Maanaa


Chapitre VI : « TU TE TROMPES »

L'acte héroïque d'Hermione face au redouté professeur Rogue avait rapidement fait le tour de l'école.

Suite à l'expulsion de la Gryffondor du cours de potions, Malfoy l'avait conduite sans ménagement dans leurs appartements. Dès qu'ils avaient rejoint leur salle commune, elle s'était recroquevillée sur un fauteuil, comme pour se protéger, la tête enfouie entre ses genoux. Draco avait juré, tempêté, insulté, menacé. Mais aucune de ses paroles ne l'avait atteinte. Comme de l'eau qui s'écoule sur une paroi lisse et imperméable sans jamais l'infiltrer. Quand il l'eut enfin compris, il baissa le ton – toutefois intimidant - et déclara :

- Je devrais te punir pour ce que tu viens de faire. C'est ce que Rogue souhaite que je fasse. Mais je vais te montrer que je ne suis pas totalement comme eux… Tu vas réparer ta faute et faire tout ce que je vais t'ordonner de faire. Ne désobéis pas ou je reviendrai sur ma décision !

Hermione se garda bien de piper mot, elle n'avait plus la force de résister. Elle ne chercha même pas à analyser les paroles de ce Serpentard qui la dominait de toute sa hauteur. Elle en aurait tout le loisir plus tard. Ses lamentables tentatives de se lever contre la pression des Mangemorts semblaient être vouées à l'échec.

Deux jours plus tard, Hermione se rendit, la mort dans l'âme, dans le bureau de Rogue pour ses cours de légilimancie.

- Le Lord a pris connaissance de votre petite « crise de nerfs » durant mon cours, commença Rogue sans autre entrée en matière, d'un ton condescendant. Il était très mécontent, cela va sans dire… Le Seigneur des Ténèbres juge nécessaire que vous soyez fin prête pour accomplir votre mission. Et vous auriez pu nous trahir ! Que cela ne se reproduise plus… Ah oui, le Maître souhaite que Draco et moi-même vous enseignent quelques bases en matière de Magie Noire.

Hermione accueillit l'information le visage fermé et le regard indifférent. Le professeur Rogue scruta son élève quelques secondes, surpris par son silence. Cette gamine écervelée avait dû anticiper cet ordre du Seigneur des Ténèbres. Elle était intelligente, après tout…

- Aussi, vous réagissez comme une gamine incapable de fermer son esprit et non comme une sorcière intelligente. Quand votre voisin – ou n'importe qui d'autre – vous ennuie, oubliez vos émotions. Restez neutre. Impassible. Ce n'est qu'ainsi que vous parviendrez à contrôler vos émotions et deviendrez une grande sorcière. Dumbledore parviendra facilement à vous découvrir et ce serait malencontreux...

Hermione le fusilla simplement du regard. Rogue se contenta d'étirer imperceptiblement ses fines lèvres comme pour esquisser un sourire. Miss Granger était douée et elle apprenait de ses erreurs. Elle avait réalisé combien ses émotions l'avaient submergée quand le jeune Malfoy l'avait volontairement provoquée. Les conseils qu'il venait de lui donner étaient inutiles : Miss Granger n'en avait pas besoin. Il reprit de son ton mielleux :

- Les émotions et les passions sont les plus grands ennemis d'un bon occlumens. Revenons-en à la légilimancie... Je vais fermer mon esprit et vous allez tenter de vous y introduire et de détruire les barrières mentales que j'aurai construites. Concentrez-vous !

La Gryffondor essaya de vider son esprit en fermant les yeux. Elle y parvint plus facilement qu'elle ne l'aurait cru. Une furieuse envie de découvrir ce que Rogue cachait sous sa chevelure grasse. Et cette fameuse leçon qu'elle avait apprise deux jours auparavant : la maîtrise de soi était la clé pour parvenir à ses fins et surtout pour survivre.

Elle lança une attaque foudroyante contre le mur infranchissable érigé par Rogue pour l'empêcher de découvrir ses pensées les plus intimes. Stupéfait pas la violence de l'assaut, le professeur peina à la repousser hors de son esprit. Les barrières se fissurèrent et s'écroulèrent une à une. Rogue devint écarlate tant il était concentré. Des perles de sueur perlaient sur son front huileux. Alors qu'Hermione sentait qu'il allait céder, Rogue la rejeta dans un ultime effort hors de sa tête.

- Excellent, Miss Granger... la félicita-t-il sans la gratifier d'un sourire toutefois. Vous n'êtes pas si abattue que vous le laissez paraître... Le Maître sera satisfait de vos progrès. Vous pouvez y aller, Draco vous attend dans le couloir.

Ce fut déçue qu'elle quitta son bureau : elle aurait tant aimé avoir accès à son esprit. Découvrir les secrets de Severus Rogue. Elle se demandait par exemple comment cette taupe de Voldemort avait réussi à berner Dumbledore. Briser les défenses d'un occlumens tel que Rogue était prometteur. Un petit sourire aux lèvres, Hermione regagna sa chambre, suivie par Malfoy.

Arrivée dans la salle commune, Hermione tenta d'ouvrir la porte de sa chambre mais cette dernière refusait obstinément de s'ouvrir. Sa clé avait beau tourné dans la serrure, elle semblait comme bloquée. Désappointée, la jeune sorcière sortit sa baguette magique et lança un vague alohomora sur la serrure pour la déverrouiller, sans résultat. Ce fut le ricanement de Malfoy derrière elle qui l'éclaira sur les mystérieuses raisons pour lesquelles sa porte refusait de s'ouvrir. Elle se retourna lentement. Du bas de l'escalier, Malfoy l'observait, un sourire en coin. Il gravit les marches quatre à quatre et s'arrêta à sa hauteur.

- J'ai trouvé un nouveau moyen pour t'obliger à m'écouter, on dirait…

- Je trouverai bien un sortilège qui déverrouillera cette fichue porte ! grogna-t-elle en murmurant des incantations, sa baguette pointée sur la serrure.

- Je peux aussi te donner la formule, ce serait plus simple et tu perdrais moins de temps ! suggéra le blondinet. Tu n'as qu'à m'écouter !

- J'ai une meilleure idée, la fouine ! rétorqua Hermione, lasse des mauvais coups de son homologue. Je vais plutôt aller voir McGonagall et tu lui expliqueras pourquoi tu as bloqué la porte de ma chambre !

Hermione descendit les marches de l'escalier. Elle n'avait nullement envie de négocier avec ce serpent.

- Reste ici, Granger ! Ecoute-moi ! ordonna-t-il, un brin énervé. Avec ta petite mascarade, l'autre jour, tu m'as ridiculisé. Toute l'école se moque de moi !

Il faisait allusion à l'incident survenu durant le cours de potions. La Gryffondor s'arrêta : la conversation devenait intéressante.

- Tu veux que je te plaigne ? riposta-t-elle d'un ton narquois.

- Je vais me venger en public, Granger... Et tu as pour consigne de ne rien faire, de ne rien dire... Sinon, tu sais ce qui arrivera. Demain matin, tu m'attendras avant d'aller dans la Grande Salle, compris ? Et je te conseille d'obéir sinon Rogue sera au courant ! Je ne te donnerai l'antidote qu'ensuite !

- Ce qui me tue, Malfoy, c'est que tu penses que tout cela est un jeu !

La jeune fille pénétra alors dans son esprit avec la ferme intention de découvrir ce qu'il allait lui faire subir le lendemain. Draco tressaillit et elle se heurta avec étonnement à une barrière mentale. Elle sourit et s'attaqua à ses défenses bien moins solides que celles de Rogue. Malfoy grogna :

- Arrête ça... Tout de suite ! Puis il hurla : Granger ! Arrête !

Malfoy la tira par le bras pour la sortir de sa torpeur. Surprise, Hermione abandonna ce qu'elle s'apprêtait à réussir.

- Je t'interdis de recommencer ! vociféra Draco en s'enfermant à double tour dans sa chambre.

Hermione passa l'heure suivante à tester des sorts pour débloquer le verrou de sa porte.


Draco insonorisa sa chambre dès qu'il eut passé le pas de sa porte. Il donna un violent coup de pied sur le mur, que sa chère homologue n'entendrait jamais. Pour évacuer sa rage. Cette Gryffondor avait un don pour le mettre hors de lui et ce, en quelques minutes à peine !

Comme il la détestait !

Ces soudaines pulsions de colère qui l'envahissaient en quelques secondes l'interpellèrent. Une rage sourde s'emparait de ses sens et de son esprit : il était submergé par l'envie subite de la détruire, de la faire taire sur-le-champ, presque de lui faire du mal... En fait, Draco ne s'interrogeait pas sur la colère en elle-même, sentiment bien ordinaire et habituel depuis le temps qu'il supportait les Gryffondors et les Sangs-de-bourbe. Il s'agissait plutôt de toutes ces émotions contradictoires que cette Miss-je-sais-tout éveillait en lui.

Sa manie de se mordiller la lèvre inférieure quand elle était très concentrée l'horripilait au plus haut point. Quand Granger levait la main en cours pour répondre à une question en sautillant sur sa chaise, telle une enfant capricieuse qui exige des friandises, tout le monde, y compris ses amis et ses professeurs avaient envie de lui hurler de se calmer, de lui faire comprendre que son diplôme ne se jouait pas sur cette unique réponse. Par-dessus tout, Draco ne supportait pas la manière dont elle lui parlait : Granger avait toujours réponse à tout. Elle gagnait en assurance mais ce n'était pas pour déplaire au Serpentard qui ne se lassait pas de leurs joutes verbales. Ce qui l'irritait au plus haut point était ce déguisement ridicule que Granger ne quittait plus : celui de l'élève modèle et parfaite, de la Préfète-en-chef responsable et studieuse, affublée d'un ton autoritaire qui lui allait à merveille. Draco fut néanmoins forcé de faire un constat : ils étaient très différents, de par leur éducation, leur milieu d'origine, leur maison… Le Serpentard ne comprenait souvent pas pourquoi cette Sang-de-bourbe réagissait de cette manière, pourquoi son seul moyen de défense était son apitoiement sur elle-même et la provocation. Lui ne se serait jamais conduit de la sorte : il était bien plus rusé que la lionne. Il aurait probablement tiré profit de la situation en tentant de conserver son propre intérêt. Tout simplement. Toutefois, il n'admettrait jamais que le courage dont faisait preuve Granger l'avait dérouté plus d'une fois…

Et ces sentiments de haine, d'exaspération, d'animosité cohabitaient de façon ambivalente avec une sorte d'attirance, de fascination qu'il éprouvait à certains moments très particuliers en présence de la Gryffondor. Comment pouvait-on, à un instant précis, détester une personne et la seconde qui suit l'embrasser sauvagement ? Draco s'interrogeait encore sur la raison de son geste. Qu'est-ce qui l'avait poussé à poser ses lèvres sur celles d'une Sang-de-bourbe ? Tout, son rang, son sang, son éducation, sa maison, tout lui hurlait de haïr Granger du plus profond de son âme. Mais c'était bien cela qui était devenu étrange et ambigu à la fois depuis quelques semaines. Loin de lui l'idée d' « apprécier » ne serait-ce qu'un instant ce rat-de-bibliothèque ! Tout en elle le répugnait… Enfin, presque tout… Mais ses réactions, ses mots, ses bonnes réponses l'irritaient plus encore que d'ordinaire. Et elle avait le sang impur… Rien ne pouvait remédier à cette tare congénitale. Non, ce n'était pas son aversion pour la Gryffondor qui avait changé… Mais il lui arrivait de penser à elle dans des positions peu orthodoxes ! Il en rêvait même la nuit ! Draco avait toujours banni ce genre de pensées. La bienséance l'en empêchait – sans évoquer son sang…

Toutefois, un autre penchant du Serpentard venait déjouer ses bonnes résolutions : il était le coureur de jupons le plus émérite de Poudlard. Il était un fervent amateur de séduisantes jeunes filles aux mœurs légères. Chaque nouvelle conquête était un défi à relever, qui s'achevait la plupart du temps dans son lit, au milieu des draps de soie verte trempés de sueur. Lorsqu'il regardait Granger avec les yeux du bel étalon qu'il était – surnom que sa réputation et ses exploits lui avaient valu, il pouvait voir une jeune fille attirante, au regard noisette captivant. Ses formes, devenues féminines, étaient plus que désirables. Le vilain petit canard Granger avait subi une métamorphose depuis l'année précédente : elle se maquillait et disciplinait sa masse capillaire touffue. Et quelque chose avait changé dans son maintien, dans sa démarche, dans son regard. Même dans ses mots. Peut-être que Granger était le seul objet interdit et inatteignable qu'il n'avait pas le droit de toucher. Peut-être qu'inconsciemment, il désirait Granger, cette Miss-je-sais-tout prude et sage en tout point opposée à lui. La seule réponse satisfaisante que Draco trouva pour expliquer cette ambigüité fut les contraires, les antipodes, le pôle Sud et le pôle Nord. Non pas que Granger et lui s'attiraient comme des aimants à cause de leurs différences ! Mais, comme on le lui avait enseigné, le monde fonctionnait avec des forces contraires : le chaud et le froid, le jour et la nuit, le soleil et la pluie, la guerre et la paix… Il en va de même pour les sentiments. La haine et la répulsion engendrent immuablement une sorte d'attirance, de désir. Tout est intimement lié. Il n'avait pas embrassé Granger parce qu'il l'appréciait – cette simple idée le révulsait ! – mais parce qu'il en avait envie, dans un violent désir de la posséder, presqu'à lui en faire mal. Draco en arriva à la conclusion que, lorsqu'un sentiment, une émotion est porté à son paroxysme, il peut basculer vers son strict opposé, son ennemi, lui aussi vécu de façon violente et intense. C'est pourquoi il avait soudainement eu envie d'embrasser Granger, bien au-delà de la simple attirance…

Après réflexion, Draco avait concocté une petite surprise à Granger. D'une part pour se venger car cette garce l'avait humilié devant une classe entière, épisode malencontreux pour son image qui s'était répandu dans toute l'école comme une traînée de poudre. Et d'autre part parce qu'il voulait réitérer certaines expériences avec elle pour confirmer son hypothèse. Il se demandait quelle réaction allait avoir Granger. Allongé sur son lit à baldaquin, le Serpentard s'autorisa un sourire malveillant. Il aimait jouer avec le feu…


Le lendemain matin, ce fut anxieuse qu'Hermione descendit. La perspective d'être humiliée en public par Malfoy l'angoissait. Le repos de la Gryffondor avait été perturbé par les multiplies hypothèses qu'elle échafaudait, de plus en plus farfelues au fur et à mesure que la nuit avançait. Mais le Serpentard avait menacé d'en parler à Rogue et il ne lui donnerait pas l'antidote si elle n'obtempérait pas. Draco l'attendait patiemment dans la salle commune, la mine réjouie et mieux éveillée qu'elle.

- Prête, Granger ? N'oublie pas : il t'est interdit de tenter quoi que ce soit ! Tu n'as qu'à subir. Ca va être amusant, non ?

- Non !

Il se pencha vers elle et murmura :

- Tu as mis ton parfum à la vanille ? Mmmm, parfait !

Elle ne savait pas ce que cette remarque annonçait. Sûrement rien de bon. Tétanisée par l'appréhension, Hermione s'arrêta devant la Grande Salle. Draco lui tira le bras pour l'attirer près de lui. Des centaines de têtes se tournèrent vers eux. Les bavardages furent chassés par un silence inattendu. Malfoy se pencha vers Hermione, parfaitement conscient que tous les yeux étaient fixés sur eux. Puis il embrassa la jeune fille en la tenant par les hanches. Le baiser était volontairement passionné Malfoy faisait monter le désir du mieux qu'il pouvait pour réveiller et attiser celui d'Hermione. Le ballet fougueux de leurs langues ne cessa que lorsqu'elle réalisa que toute l'école assistait à la vengeance de Draco et à son propre épanchement à un tel baiser. Furieuse, la Préfète-en-chef le gifla de toutes ses forces et rejoignit ses amis à la table des Gryffondors. Ron était bouche bée et Harry attendait visiblement une explication, l'air bouillonnant.

- Je vais aller tuer Malfoy ! articula Ron en se levant, raide comme une baguette.

- Laisse, Ron. Ce n'est qu'une petite vengeance personnelle de Malfoy. Et crois-moi, il va me le payer !

Elle jeta un regard meurtrier à Malfoy qui le lui rendit en se frottant douloureusement la joue. Autour d'eux, les conversations allaient bon train. Hermione tenta de ne pas les écouter. Elle aurait tellement souhaité tous les faire taire et leur appliquer un sort d'oubliettes collectif pour effacer ce qui venait de se passer.

- J'ai vraiment cru que tu y prenais du plaisir, au début ! observa Ginny, retournant le couteau dans la plaie.

- Tu plaisantes ! s'étouffa-t-elle en rougissant car c'était en partie la vérité.

Seule Ginny pouvait remarquer ce genre de choses.

- Ca ne me plaît pas que Malfoy se permette ça avec toi... fit Ron, mécontent. La prochaine fois, il va te...

- Je sais me défendre, Ron...

Néanmoins, elle lui sourit, ravie que ses amis s'inquiètent pour elle et qu'enfin ils se retrouvent tous. Ils étaient enfin d'accord sur le même sujet.


- Viens par là, Granger...

Hermione soupira même si elle avait prévu l'interpellation. Elle eut un sourire victorieux en remarquant la joue encore rouge du Serpentard. Il l'avait frottée pour faire disparaître la trace de sa main. Elle s'assit en tailleur face à lui et attendit qu'éclate l'orage. Comme il ne venait pas, elle lança, provocatrice :

- Tu m'as fait mal, ce matin...

Elle faisait allusion sans aucune gêne à la violence du baiser, au grand étonnement de Draco. Ce dernier ne s'attendait pas à ce que la Miss-je-sais-tout de Poudlard évoque cet épisode sans virer à l'écarlate. Décidément, Granger avait évolué : elle ne ressemblait plus à cette jeune fille qui a du répondant mais qui se laisse déstabiliser si facilement. La Gryffondor s'était endurcie, au fil des mois. Elle se lamentait moins sur son sort en l'insultant puérilement, seule défense dont elle était capable. Quelques mois auparavant, ce baiser l'aurait embarrassée elle l'aurait même giflé et insulté à plusieurs reprises. Mais elle n'aurait certainement pas pris le parti d'en rire en paraissant si sûre d'elle. Toutefois, Draco n'était pas dupe et devinait aisément que ce baiser la gênait énormément et que sa bonne humeur n'était qu'un habillage de surface. Au fond d'elle, elle devait avoir honte. Granger n'était pas encore une très bonne comédienne.

- Toi aussi ! grinça-t-il.

- Tu es encore rouge... se moqua la sorcière en se forçant à rire. De honte ? De gêne ?

- Tu devais te laisser faire ! Tu m'as ridiculisé ! Je vais de ce pas chez Rogue pour qu'il prévienne Tu-sais-qui de s'occuper de tes parents ! Puisque ton propre sort semble t'importer si peu, le Seigneur des Ténèbres a anticipé ta stupidité et a d'autres moyens pour t'obliger à obéir ! fulmina Draco.

- Non ! Ne fais pas ça !

Son cri de détresse arracha un sourire à Malfoy qui s'apprêtait à sortir de la pièce. Il avait vu juste : son air de défi n'était qu'une façade qui se fissurait si facilement ! Déçu, Draco avait pensé qu'elle serait un peu plus résistante…Le Serpentard se rapprocha d'elle à pas lents alors qu'une tension presque palpable saturait l'atmosphère.

- Et pourquoi ? articula-t-il d'une voix traînante qui n'était pas sans rappeler Lucius.

- Je suis désolée... balbutia-t-elle, la voix tremblante.

Hermione baissa les yeux. S'excuser lui brûlait la langue mais elle n'avait pas d'autre choix. Cette sale fouine se trompait sur un point : son sort ne lui était pas indifférent, même si elle était prête à mourir pour ses amis et sa famille. Mais les horribles souffrances dans lesquelles elle allait mourir – elle en avait eu un infime aperçu – ne l'enchantaient guère, surtout que la guerre n'avait pas encore débuté. Elle avait encore un rôle à jouer et sacrifier sa vie aussi bêtement était inutile et stupide. Du gâchis. En outre, maintenant que ses parents faisaient partie du chantage, elle allait devoir la jouer encore plus finement afin de se libérer une certaine marge de manœuvre. Quitte à feindre la soumission.

- Des excuses ne me suffisent pas !

Il semblait impassible mais il jubilait intérieurement, ravi de la dompter enfin.

- Je ne le ferai plus ! Mais je t'en prie, laisse mes parents en dehors de cette histoire ! supplia Hermione.

- Tu désobéis, assumes-en les conséquences ! renchérit-il d'un ton dur.

- Je ferai ce que tu voudras mais je t'en prie, ne...

- D'accord !

Un sourire vainqueur illumina son visage pâle et éclaira son regard gris jusque là glacial. Il se réjouissait à la voir ramper à ses pieds. Une idée de génie lui traversa l'esprit : il tenait enfin sa vengeance, motivée par l'envie de la faire payer mais aussi par ce qui l'obnubilait depuis plusieurs jours.

- J'oublie ça et ce soir, tu es à moi !

L'expression horrifiée de la Gryffondor le ravit davantage. Puis elle marmonna avec mépris :

- Tu es vraiment une râclure, Malfoy ! Tu fais du chantage pour tirer ton coup !

- Qui te dit que je parlais de ça ? chuchota Draco en plongeant son regard dans le sien. Mais si tu en as envie...

Elle rougit, gênée par la proposition et par le regard de Malfoy qui la déshabillait, puis elle rétorqua :

- Tu peux avoir toutes les filles de Poudlard dans ton lit ce soir même si tu le désires... Pourquoi aller chercher une Sang-de-bourbe ?

Draco s'agenouilla en face d'elle, toujours assise, puis répondit avec un regard qui brillait d'une lueur étrange :

- Je suis un Serpentard. J'aime les défis...

Il effleura du bout du doigt la joue de la jeune fille qui recula, comme pour se protéger. Sa caresse l'électrisa mais un profond dégoût pouvait se lire sur son visage.

- Je ne suis pas un jouet, Malfoy ! Et je ne veux pas coucher avec une fouine !

- Ne m'oblige pas à être désagréable... grogna Draco qui se releva, mécontent de sa réaction. Et je sais que tu en as autant envie que moi, Granger !

- Ah oui ? riposta Hermione du tac-au-tac, le ton sarcastique.

- Tu embrasses bien, Granger, et j'ai encore envie d'y goûter...

Il prit possession de ses lèvres avec douceur. Hermione, qui s'attendait à un assaut foudroyant, fut surprise. Mais cette fois-ci, elle ne subit pas la situation, maîtrisa ses propres pulsions et le repoussa brutalement, rouge de colère. Elle s'écarta de quelques mètres, comme si la distance pouvait la protéger.

- Qu'est-ce qu'il y a, Granger ? l'interrogea le jeune homme, les yeux brillants de désir.

- Ne refais jamais ça Malfoy !

- Mais tu en as autant envie que moi ! Je l'ai senti, Granger…

- Non, tu te trompes... jeta-t-elle froidement. Va assouvir tes fantasmes avec une autre !

Le visage du blondinet se ferma. Il la bouscula abruptement rentra dans sa chambre en claquant la porte.


Voili voilou ce chapitre se clôt sur ces quelques mots...

Merci de me donner votre avis, j'y réponds toujours avec beaucoup de plaisir !

A très bientôt !