Isabelle avait raison : elle disait toujours tout à son grand frère et lui préférait garder les choses pour lui. Mais cette fois, Alec a bien l'impression qu'Izzy lui cache quelque chose... (Malec + SURPRISE !)

-Crois-tu que je devrais porter l'écharpe noire ou la mauve Alexander ? Alexander ? Aleeeeec ?

-Hein ? Désolé, tu disais ?

Magnus soupira et lança ses deux écharpes au hasard dans la pièce avant de s'asseoir aux côtés de son amant.

-Que se passe-t-il ? Tu es dans la lune depuis ce matin.

-Rien c'est juste moi, ça va aller.

-Alexander, murmura Magnus en soulevant son menton pour affronter son regard. Tu as peut-être réussi à berner tout le monde pendant des années quand ils te demandent si ça va, mais à moi ne me mens pas… S'il te plaît…

Alec finit par lui hocher de la tête et même s'il ne l'avouera pas de suite, il était reconnaissant envers Magnus pour la patience et la douceur dont il faisait toujours preuve avec lui. Alec se sentait chanceux d'avoir un homme pareil pour lui et se dit qu'il pouvait se confier au sorcier.

-C'est… Isabelle. Elle me cache quelque chose.

-Et c'est grave tu crois ?

-Non justement, et c'est pour ça que je ne comprends pas pourquoi elle ne me dit rien. On dirait qu'elle est plus heureuse que d'habitude mais sans vraiment l'être, et elle est souvent dans la lune. J'ai même failli la blesser avec un poignard séraphique quand on s'entraînait hier tellement elle était distraite !

-Mmmh, je vois.

-Et puis… D'habitude elle me dit toujours tout, admit finalement Alec en faisant une moue qui fit rire Magnus.

-Moh le grand frère est vexé que sa petite sœur chérie ne lui parle plus.

-C'est pas drôle, dit-il en roulant des yeux. J'espère juste qu'elle n'a pas d'ennuis c'est tout.

-Si tu veux mon avis, c'est loin d'être le cas.

-Qu'est-ce que tu veux dire ? D'après toi, elle a quoi ?

-Plus heureuse que d'habitude tu me dis ? Et souvent dans la lune ? Ca parait clair pourtant.

Alec fronça les sourcils, ne sachant toujours pas où il voulait en venir et Magnus devait avouer que ce côté innocent qu'avait Alec était aussi amusant qu'adorable. Il pourrait le mener à la baguette encore longtemps ainsi.

-Mais dis-moi !

-Alexander, ta sœur est amoureuse tout simplement.

Et bizarrement, ça eut l'air de choquer le jeune homme qui se mit presque à rire.

-Amoureuse ? Non tu dois te tromper, Isabelle n'a jamais vraiment eu de sentiments amoureux envers quelqu'un.

-Pourtant, elle a… Comment dire… Fréquenté beaucoup de garçons. Bien que ce ne soit pas une critique, je suis mal placé pour juger.

-Oh elle n'est plus une sainte depuis longtemps, tu peux le dire. Mais… Izzy, amoureuse, je crois que je n'ai jamais vraiment vu ça.

-Crois en mon expérience Alec, quand quelqu'un est dans la lune c'est souvent à cause de quelqu'un. Et quand on pense beaucoup à quelqu'un, c'est qu'on considère la personne comme importante et comme plus qu'une relation d'un soir.


Après cette discussion, Alec a longtemps mijoté ce que Magnus lui avait dit, tout en continuant d'observer l'attitude de sa sœur. Bon, peut-être qu'elle était amoureuse, oui. Mais de qui ? C'était peut-être quelqu'un qu'il connaissait ? Il avait essayé de soutirer des informations à Jace mais celui-ci faisait plus attention à Clary qu'autre chose ces derniers temps. Depuis qu'ils avaient appris qu'ils n'étaient pas vraiment frères et sœurs, ils étaient devenus pire que des lapins. Mais Alec ne pouvait pas vraiment leur en vouloir, il était pareil avec Magnus. Il esquissa un sourire en repensant à son homme, mais secoua la tête pour se reconcentrer sur le vrai problème : Isabelle. Elle revenait justement de son entraînement, toujours accompagnée de son fouet.

-Hey.

-Hey big bro', dit-elle d'un ton las qu'Alec interpréta comme plus que de la fatigue.

-Ca va pas ?

-Si, en pleine forme.

-Sûre ? T'as l'air… Extenuée

-Mmh… Nuit agitée, on va dire.

-Explique ?

La jeune fille haussa un sourcil, surprise.

-Tu veux les détails de mes nuits maintenant ? C'est nouveau !

-Tu es ma petite sœur, c'est normal que je m'intéresse.

-Et toi avec Magnus ? Comment se passent vos nuits ? Sourit-elle narquoisement, ce qui fit rougir Alec. Cependant, il tiqua à sa réplique.

-Donc tu vois quelqu'un !

Et pour la première fois de sa vie, Alec vit Isabelle rougir, à son tour.

-Hum… J'te laisse, j'ai promis à Simon d'aller le voir au Dumort ! Dit-elle précipitamment.

-Mais-

-Bye frangin !

La jeune fille disparut rapidement, aussi vite qu'avec une rune de vitesse. « Mon dieu, Magnus avait raison ! » se dit-il mentalement. Mais pour vouloir le cacher à ce point, c'est qu'Alec connaît sûrement la personne en particulier… Puis, ça lui sauta aux yeux : Simon. C'est pour ça qu'elle allait souvent le voir au Dumort ?

Alec médita longtemps sur cette pensée : Isabelle était la seule à vraiment tolérer Simon au début, elle le trouvait « mignon » selon ses dires, et lui bien sûr était sous le charme de la beauté qu'était sa sœur. Mais s'étaient-ils vraiment rapprochés à ce point ? Si c'était le cas, Alec devait avouer que Simon n'était pas si terrible, juste trop bavard et geek à souhait. Mais il admirait la loyauté que ce dernier portait envers Clary, qui lui rappelait celle qu'il avait envers Jace. S'il n'était pas un vampire, ils feraient même de très bons parabataïs…

Il fut interrompu de ses pensées par sa sonnerie de téléphone. C'était Magnus. A peine décrocha-t-il que Magnus s'exclama tel un enfant :

-Soirée chez le Grand Sorcier de Brooklyn ce soir !

-Quoi ? Mais on a déjà fêté le retour de Jace l'autre jour.

-Ce n'est pas pour le Golden Boy cette fois, c'est pour ta sœur puisque tu es inquiet pour elle, il faut bien lui remonter le moral.

-Magnus, soupira Alec.

-Tututu, pas de refus autorisé ! Je sais que tu n'aimes pas ces fêtes mais ta sœur, elle, oui ! Vous êtes tous invités, à ce soir mon ange !

Magnus avait déjà raccroché, laissant son petit-ami ennuyé et amusé à la fois. Qui était-il pour empêcher Magnus Bane d'organiser une fête ?


L'appartement de Magnus était bondé de gens dont Alec ne connaissait même pas la moitié. Et pour cause, il y avait tellement de gens qu'Alec avait perdu de vue le sorcier, sûrement en train de se servir un verre quelque part. Il aperçut Clary et Jace en train de se rouler des pelles dans le canapé et bientôt il vit sa petite sœur, robe noire avec talons assortis et son rouge à lèvres rouge (sa marque de fabrique), danser sur une table basse toujours avec autant de grâce.

-Tu comptes danser toute la nuit ? Lui demanda-t-il d'en bas de la table.

-Peut-être ! Pourquoi, déjà fatigué ? Magnus t'a laissé dans ton coin ?

-Tu sais que je n'aime pas me donner en spectacle.

-Qui te dit que je me donne en spectacle ?

-Tu es sur une table en train de danser devant pleins de mecs en chaleur Izzy, dit-il en roulant les yeux au ciel.

Elle finit par descendre et chuchota à l'oreille de son frère : « Qui te dit que je ne danse pas pour quelqu'un en particulier ? ». Elle partit sans oublier de se prendre un autre verre et bientôt, Alec la perdit de vue. Ce qu'elle avait dit le travaillait de nouveau les méninges, mais il n'eut pas le temps de la rattraper parce qu'un bras le tira et le colla à un torse, qu'il ne connaissait que trop bien.

-Enfin je te retrouve, lui chuchota le sorcier de sa vie.

A ça, Alec ne put empêcher un sourire de naître à ses lèvres et bientôt, il en oublia Isabelle. Isabelle qui s'était volatilisé dans une des chambres avec quelqu'un.

Une heure plus tard, le loft était toujours aussi bondé si pas plus, la musique résonnait au point que tout Brooklyn l'entendait sûrement, et l'alcool coulait toujours autant à flot. La seule différence était qu'Alec avait complètement oublié sa sœur car… Comment se concentrer quand Magnus Bane était à califourchon sur ses genoux et l'embrassait comme s'ils allaient mourir demain.

-Trouvez-vous une chambre ! Rit Jace, à travers la musique, alors que lui et Clary étaient dans la même position, deux canapés plus loin il y a 10 minutes.

-Pour la première fois tu as eu une bonne idée, Blondie ! Lança Magnus en se relevant

Il agrippa Alec par la main, les deux, bien décidés à finir ce qu'ils avaient commencés.

-Mmh, c'est bien toi qui avait dit que cette fête n'était pas une bonne idée, si mes souvenirs sont bons, murmura Magnus à l'oreille de son amant.

Alec refoula un frisson quand Magnus se mit à mordiller son lobe d'oreille. Il poussa la porte du couloir qui était leur chambre. Mais… Disons que la chambre en question était déjà occupée.

Par Isabelle qui embrassait férocement Lydia, tout en enlevant sa robe.

-Par l'Ange ! S'écria Alec ce qui stoppa net, les deux jeunes filles.

-A-Alec, sors d'ici ! Répondit Isabelle, en se rhabillant.

-Oh mon dieu, oh mon dieu, oh mon dieu, ne cessait de répéter l'aîné.

Magnus, qui lui aussi avait tout vu, referma la porte de sa propre chambre.

-Alexander, respire, ce n'est rien de très alarmant.

-Mais, m-mais, Magnus ! C'est ma sœur ! Avec Lydia ! Avec mon ex-fiancée !

-Il est vrai que c'est inattendu.

-Inattendu ? C'est dingue, tu veux dire !

-Écoute le mieux c'est qu'on aille prendre l'air pour… oublier ces images. Je sais que tu es choqué mais je pense surtout que toi et ta sœur devez parler.

-Je ne saurais pas trop quoi lui dire. Je ne lui en veux même pas, c'est juste que… Je suis surpris. C'était la dernière personne à qui je m'attendais, quand tu m'as dit qu'Isabelle pourrait être amoureuse.

-Mon ange, soupira Magnus, en posant une main sur sa joue. De ce que j'ai compris, ta sœur était la seule personne au courant de ton attirance pour les hommes, et elle t'a toujours accepté. Quoiqu'il se passe entre elle et Lydia, soutient-la autant que tu le peux.

Alec acquiesça, totalement d'accord. Le choc étant passé, il attendrait de pouvoir parler avec Izzy.


Une demi-heure plus tard, Isabelle était assise sur le toit, se laissant distraire par la vue new-yorkaise. La musique de la fête résonnait toujours et il devait être dans les alentours d'une heure du matin.

Elle était perdue. Complètement, même. La cadette des Lightwood avait toujours l'air débordante de confiance, forte, intrépide. Mais au fond d'elle, elle ressentait un grand vide et avait plusieurs moments de solitude.

-Et bah alors, tu veux te transformer en glaçon ? Dit une voix, annonçant un nouveau venu.

Elle sentit une veste se poser sur ses épaules dénudées, se rendant compte qu'elle tremblait presque de froid.

-Merci Simon, sourit-elle alors qu'il s'assit à ses côtés.

-De rien, j'ai toujours voulu faire ça tu sais, mettre ma veste sur les épaules d'une jolie fille, en mode gentleman !

Cela suffit à faire rire Izzy, qui posa sa tête sur l'épaule du vampire.

-Qu'est-ce qui se passe ?

-Alec vient de nous surprendre.

-Oh ! Surprendre, dans le genre…

-Ouais. Dans leur chambre à lui et Magnus.

-Non, tu déconnes ? Éclata-t-il de rire mais cessa en voyant qu'Izzy n'était pas d'humeur à rire. Désolé… Mais, alors, il l'a mal pris ?

-Il était surpris ça c'est sûr, soupira-t-elle. Simon, je sais qu'on en a déjà parlés tous les deux, mais j'ai peur... Je sais plus où j'en suis, et j'ai l'impression de faire du mal à Lydia en même temps.

-Isabelle, c'est de ton frère dont on parle là. C'est certain qu'il va t'accepter, vous êtes dans le même sac. Tu as bien vu toi aussi, comment il s'est jeté sur Magnus au mariage ? J'en ai encore des frissons, ils étaient tellement mignons ! Et il se fichait du regard des autres, il a juste enfin fait ce qu'il voulait au fond de lui. J'aurais aimé faire ça moi aussi… Avec Raphaël.

-Au moins, maintenant vous êtes ensembles, c'est juste que c'est Raphaël qui fait le premier pas. Est-ce que tu l'as dit à Clary, d'ailleurs ?

-Non pas encore… Mais je crois que c'est le moment, il faut qu'elle sache, dit-il en se levant.

-Quoi, maintenant ?

-Oui, je te laisse, surtout que je sens Alec monter les escaliers jusqu'ici. Enfin, pas qu'il sente mauvais ou une odeur particulière hein ! Juste, tu sais, les instincts de vampire !

Izzy rit à nouveau et Simon passa la porte, la laissant de nouveau seule dans ses pensées. Elle ne fut cependant pas seule très longtemps car la porte s'ouvrit de nouveau. Nul besoin de se retourner pour savoir que c'était Alec. Le jeune homme resta figé au milieu du toit, durant un moment, pensif. Il savait qu'il n'avait pas eu la meilleure des réactions tout à l'heure mais cette situation était tellement… Imprévisible. Et attendez que Jace soit au courant de tout ça.

-Tu comptes rester là en statue encore longtemps ? Demanda finalement sa sœur, toujours dos à lui.

Alec sursauta de surprise, ayant presque oublié où il était, avec qui et pourquoi. Il expira longuement avant d'aller s'asseoir auprès d'Izzy. Celle-ci gardait la tête fixée sur l'horizon, tenant fermement de ses poings la veste de Simon, toujours sur ses épaules.

-Alors… Lydia ?

-C'est compliqué.

-J'ai tout mon temps.

-Je ne sais pas si j'ai envie de t'en parler, Alec, répondit-elle, irritée.

-Pourquoi ? D'habitude, tu me dis toujours tout.

-Et ce n'est pas réciproque à ce que je sache !

-Qu'est-ce que tu veux dire ? Demanda-t-il, confus.

Isabelle ouvrit la bouche, s'apprêtant à répondre mais se rétracta.

-Rien. Lâche l'affaire.

-Non, je veux savoir, Izzy. Que tu ne veuilles pas me parler de ce qui se passe avec Lydia, je le comprends et c'est ton choix. Mais il y a plus que ça, je le vois bien. Tu sais bien que tu peux tout me dire, que ce soit à moi, ou à Jace-

-Justement, parfois je ne peux pas ! Hurla-t-elle enfin, faisant sursauter Alec.

Les yeux d'Isabelle se remplirent de larmes, au point qu'elle craqua pour la première fois, depuis des années.

-Alec… Tu ne t'en rends toi-même jamais compte, mais ta vie, nos vies, se résument plus à Jace et toi, que Jace, toi et moi. Je le sais depuis des années, et je l'ai bien vu quand Magnus a invoqué le démon pour retrouver les souvenirs de Clary.

-Izzy… Fit Alec, sa voix se brisant petit à petit.

-L'image qui s'est imposée à moi était toi… Mais l'image de la personne que tu aimes le plus au monde, était celle de Jace.

Alec n'avait même pas réalisé que des larmes coulaient sur ses joues, tout comme Izzy. En faites, il y avait pleins de choses qu'il n'avait pas réalisé à propos de sa petite sœur, et qui lui tombaient dessus comme des grelons : Jace et lui étaient le duo, les parabatai respectés de l'Institut. Son frère, son meilleur ami, son pilier. Et Isabelle se sentait de côté.

Il réalisa à quel point il l'avait négligé. Il savait qu'Isabelle ne voulait même pas de parabatai, elle n'en a jamais voulu. Mais que quand elle était mal, quand elle se sentait seule, quand elle était celle qui se faisait sans cesse rabaisser par leur mère, elle avait besoin de ses frères. De ses grands frères.

-Je… Je suis tellement désolé…

Isabelle ne dit rien.


Pendant ce temps, une belle blonde était en train de pleurer devant l'immeuble où résidait le Grand Sorcier de Brooklyn. Pourquoi pleurait-elle ? Elle ne savait pas vraiment. Sûrement parce qu'elle se sentait légèrement humiliée d'avoir été surprise dans un lit qui n'était pas le sien, avec une fille dont elle commençait à tomber amoureuse.

-Lydia ?

La blonde essuya ses larmes rageusement, sa fierté reprenant le dessus, à l'idée qu'on la voie dans cet état. C'était Magnus qui venait d'arriver.

-Je… Je suis désolée pour… Dans ton lit et-

Magnus esquissa un sourire discret. La gêne et les joues rouges de la jeune fille lui rappelaient parfois son Alexander. Ces deux-là auraient fait un beau couple de fleurs bleues, en fin de compte.

-Ce n'est rien, ma belle. Ton cas m'a l'air plus important. Tu veux qu'on discute un moment ?

-Je vais bien, je-je suis juste stupide.

Magnus s'assit à ses côtés sur le banc devant son immeuble, et mit un bras sur les épaules de Lydia. Ce contact réchauffait Lydia d'une part qui n'avait même pas réalisé qu'elle s'était enfui du loft sans sa veste.

-Tu es loin d'être stupide, ma chère. Tu es d'ailleurs digne de tes ancêtres. Aussi intelligente qu'Henry, et une vraie meneuse comme Charlotte.

Cela suffit à remonter légèrement le moral à Lydia mais elle demeura silencieuse. Magnus ne voulait absolument pas la presser et voulait la laisser s'exprimer à son aise, si elle en avait besoin bien sûr. Lydia se dit quant à elle que se confier au sorcier pourrait l'aider. Il avait des siècles d'expérience après tout.

-Crois-tu que… Le sexe peut mener à l'amour ?

-Je n'ai pas d'avis sur la question. Cela dépend de la relation entre les deux concernés.

Lydia baissa la tête tandis que Magnus pencha la sienne sur le côté, la songeant.

-Est-ce… Ce que toi et Isabelle vivez ?

-Je… Je l'apprécie beaucoup. Plus que je ne le devrais, répondit-elle en se mordillant la lèvre.

-Et elle ?

-Je n'en sais absolument rien…


De retour sur le toit…

Le silence avait envahi le toit et les deux Lightwoods pendant deux bonnes minutes. Isabelle entendait des reniflements et réalisa qu'Alec pleurait. Alec ne pleurait jamais. Alec était le grand frère protecteur, parfois orgueilleux et têtu.

-Je suis désolé, répéta Alec, essuyant ses joues. Je n'avais jamais réalisé que… Que c'était ce que tu ressentais.

Isabelle n'était toujours pas décidée à répondre. A la place, elle soupira et reporta son regard sur l'horizon. Alec, lui, cherchait ses mots. Bien sûr qu'il aimait Isabelle autant que Jace, si pas plus ! Jace était arrivé chez eux quand il avait 10 ans, il avait grandi avec Isabelle. C'était sa petite sœur, sa famille…

-Tu… Tu te rappelles de mon 16ième anniversaire ?

Alec s'attendait à ce qu'Izzy continue de l'ignorer, mais elle se retourna vers lui, surprise. Mais oui, elle se rappelait de cette journée, elle était gravée dans sa mémoire. Elle hocha donc de la tête.

-Papa et maman n'étaient même pas revenus d'Idris, continua Alec. J'étais sur les nerfs parce que je ne pouvais pas voir Max, et en plus Jace était parti en mission sans moi.

Isabelle le laissa continuer, sachant qu'est-ce qu'il allait aborder. Alec n'avait jamais vraiment pris en compte les anniversaires, les considérant comme des jours comme les autres, mais cette journée-là, quelque chose avait changé en lui et Izzy l'avait vu.

-Tu étais la seule à être restée avec moi. Et ce soir-là… On était… dans ta chambre, on lisait des magazines terrestres que tu cachais. Tu te rappelles ce que j'ai dit, de ce que je t'ai demandé quand j'en lisais un avec toi ?

Nouvel hochement de tête, de la part d'Isabelle. Son regard se voila tristement en regardant son frère.

-Tu m'as demandé ce que le mot « gay » signifiait.

-Exact… Et quand tu m'as répondu que c'était le fait d'aimer une personne du même sexe que le sien, j'ai… Commencé à pleurer. J'ai commencé à chouiner comme un gosse parce que je croyais que j'étais une abomination, mais que quelque part, à l'extérieur de l'Institut où on a grandi toute notre vie, des gens, des terrestres acceptaient des gens comme moi.

Le visage d'Isabelle était à nouveau inondé de larmes tandis qu'elle se rappelait à quel point Alec avait dû souffrir, à quel point il était encore mal dans sa peau avant que Magnus n'arrive…

-Tu… Tu m'as consolé de ce pas et répété que je n'étais pas une abomination, que j'étais normalet que tu m'aimerais toujours quoique les autres pensent de moi. Izzy, ne dis jamais que j'aime Jace plus que toi. Parce que c'est faux. Je serais dévasté si je dois perdre ma petite sœur.

Isabelle se jeta dans les bras de son frère, au point qu'ils auraient pu tomber du toit s'ils étaient plus près du bord.

-Pardon hermano…

-Non, c'est à moi de m'excuser. Je sais que j'ai pas toujours été le grand frère le plus ouvert du monde, mais tu sais que je serais toujours là pour toi, hein ?

-Oui… Je le sais, t'inquiète pas.

-Si tu commençais par me raconter ce qu'il se passe avec Lydia ? Parce que… Hum, l'image de vous deux dans le lit de Magnus, dans MON lit, c'était vraiment perturbant.

-Désolée pour ça, rit Isabelle en essuyant ses larmes. Mais j'espère que tu as du temps devant toi, parce que cette histoire est vraiment compliquée.

-J'ai d'abord cru que tu étais avec Simon.

-Simon ? Rit-elle aux éclats. Tu veux vraiment que Raphaël me tranche la gorge ?

-C'est quoi le rapport avec Raphaël ?

-Oh, Magnus ne t'a pas dit ? Simon et Raphaël sont ensembles depuis quelques mois.

-Tu déconnes ?!

-Non, je te jure ! Enfin bref… Me concernant, ça a commencé à la fête que Magnus a organisé pour le retour de Jace. Je m'ennuyais un peu, et cet abruti de Meliorn m'avait définitivement largué. Alors je me suis retrouvée assise au bar et Lydia était là.

Alec hocha la tête, suivant tout jusque-là.

-Elle m'a révélé que ça faisait 3 ans, ce soir-là, que son mari était décédé et qu'elle n'était pas trop d'humeur à faire la fête. Elle m'a fait de la peine… Je ne sais pas pourquoi, mais la voir comme ça alors qu'elle est d'habitude si forte… On a beaucoup parlé, on s'est beaucoup confiées… Et hum… Disons qu'on a aussi beaucoup bu ?

-Bien sûr, soupira l'aîné en levant les yeux au ciel.

-Hey, ne me fais pas la morale, je te rappelle que c'est ton petit-ami qui les fait ces cocktails !

-Il ne t'ouvre pas la bouche de force pour que tu les boives, à ce que je sache.

-Bon, Alec, tu veux la suite de l'histoire ou pas ?

-Oui !

-Bien. On s'est vite retrouvées un peu saoules. Surtout Lydia, en faites, sourit Izzy en se rappelant de ce moment. Elle était trop mignonne parce qu'elle essayait de marcher droit avec les talons que je lui avais prêtés mais elle tanguait à chaque fois. Je l'ai tenu jusqu'à une des chambres d'amis pour qu'on s'allonge un peu après l'alcool mais… Ca a vite dérapé quand elle m'a embrassé.

-Je crois que je n'ai pas besoin de plus de détails.

-Sûr ? Parce que merde, t'as raté quelque chose en la laissant à l'autel hermano, elle a déchiré plusieurs de mes robes !

-IZZY ! Toi et Jace êtes vraiment des obsédés. Mais, attends… Donc c'est arrivé plusieurs fois ?

-C'est le principe… Le lendemain de la soirée, on s'est réveillées nues dans le même lit et elle a rougi comme une tomate en s'excusant 400 fois. Ce qui n'était au départ qu'un coup d'un soir s'est vite transformé en… Plus. Mais que du sexe. Le problème c'est que… Lydia veut plus. Et je ne suis pas contre, c'est juste que je ne sais pas si c'est vraiment ce que je veux, je n'ai pas envie de la faire souffrir, et puis par l'Ange, imagine la tête des parents en voyant qu'ils n'ont pas un, mais deux enfants passés de l'autre bord !

Alec éclata de rire, car effectivement, leur mère allait finir par faire une syncope. En ce qui concerne le cas d'Isabelle, il la connaissait par cœur.

-Excuse-moi, si je me trompe, mais tu as bien dit le prénom de Lydia au moins 3 fois, et à chaque fois c'était accompagné d'un sourire.

Isabelle rougit et cela accentua l'hilarité de son frère.

-Tu l'aimes bien, Izzy. Et c'est okay d'apprécier quelqu'un et la vouloir pour plus que du sexe.

-Simon m'a dit la même chose… Comme il avait vécu un peu la même chose avec Raphaël, c'est pour ça que je me confiais beaucoup à lui. Mais… Tu crois vraiment que…Ca pourrait marcher avec elle ? Elle est juste tellement… Tu sais. Belle, intelligente, une vraie leader.

- « L'amouuur brille sous les étoiles » chantonna Alec moqueusement.

-La ferme, dit-elle en tapant l'épaule de son frère. Si j'avais su un jour que ça serait toi qui me donnerait des conseils en amour.

-En tout cas, moi je te le dis : fonce.


Et Isabelle allait foncer. Enfin, si elle arrivait à rassembler tout le courage dans ses tripes pour toquer à cette foutue porte. La soirée d'hier s'était au final bien terminée, et elle était contente d'avoir enfin tout dit à Alec. Elle était donc devant une des portes de l'Institut qu'elle ne connaissait que trop bien désormais… Elle inspira profondément et toqua finalement sur le bois.

-Entrez.

Elle ouvrit la porte et fit face à une Lydia, les cheveux lâchés de leurs longues tresses et avec un peignoir recouvrant sa chemise de nuit bordeaux. Chemise de nuit beaucoup trop fine et courte aux yeux d'Isabelle qui devait s'empêcher de regarder ailleurs.

-Isabelle. On devait se… Voir ?

-Si ta question est, est-ce qu'on avait prévues une coucherie ce soir, la réponse est non, dit la jeune Lightwood pour détendre l'atmosphère, ce qui fit sourire la blonde.

Malgré cela, un silence un peu maladroit se fit sentir dans la pièce et aucune ne savait vraiment comment le dissiper.

-Hum… Tu a parlé à Alec ? Je veux dire après que lui et Magnus…

-Oui. Je lui ai tout dit, et il l'a bien pris.

-Et qu'est-ce que tu lui as dit exactement à propos de nous ?

-Qu'on… Prenait du bon temps ensemble ?

-Mais encore ? Dit Lydia en levant les yeux au ciel.

Isabelle expira, n'ayant pas remarqué qu'elle avait arrêté de respirer et alla s'asseoir au bord du lit, face à une Lydia toujours debout et les bras croisés.

-Que j'avais peur. Parce que je tombais amoureuse d'une blonde ensorceleuse.

-Hey ! Je-je ne suis pas une ensorceleuse !

-Lyds', c'est tout ce que t'as retenu, vraiment ?

-Non, enfin- quoi ? Tu… Je… Nous…

-Tu comptes faire tous les pronoms ?

-Isabelle ! J'essaye de m'exprimer correctement.

-C'est pas une réussite, continua de se moquer la brune.

-T'es vraiment une calamité quand tu veux, finit par abandonner Lydia, les joues rouges de honte.

Isabelle, elle, jubilait plus qu'autre chose. D'une, parce que voir Lydia se mettre dans tous ses états confirme que ses sentiments sont réciproques. De deux, parce qu'elle était bien la seule à voir Lydia Branwell, l'envoyé sérieuse et impénétrable de l'Enclave aussi gênée et vulnérable. Et de trois… Parce que ça la rendait incroyablement adorable et attirante.

Elle s'avança vers Lydia qui n'avait pas bougé d'un millimètre et doucement, elle défit le nœud de son peignoir. La blonde frissonna en sentant la soie glisser contre sa peau, la laissant dans sa légère chemise de nuit. Isabelle avait laissé ses talons de la journée et dépassait Lydia de peu.

-Je suis peut-être une calamité… Mais je suis une calamité qui te veut toi.

-Ca peut se faire, murmura Lydia. Tant que tu arrives à retenir tes pulsions de temps en temps et ne plus me plaquer contre les murs de l'Institut.

-C'est arrivé qu'une fois. T'avais qu'à pas être aussi belle…

Lydia la coupa en l'embrassant. D'abord plutôt tendrement, puis plus langoureusement. La blonde la poussa sur le lit sur lequel elle atterrit en riant. Mais son rire se coupa rapidement tout comme son souffle quand Lydia souleva sa chemise de nuit et la jeta à côté du lit, la laissant en culotte et… Rien d'autre. Isabelle continuait de lorgner sur sa poitrine plutôt généreuse, tandis que Lydia se mit à califourchon sur elle. Une pensée la saisit durant un instant :

Elle n'allait pas retourner auprès des hommes de sitôt.

FIN.

Voilà pour cet os Malec/Lyzzy. Oui oui je les ship ces deux petites et je ne soutiens absolument pas cette secte qui s'appelle le Clizzy Urgh… Rien que d'y penser, j'en ai la nausée. Bref, j'espère que vous avez apprécié cet os

AVIS A LA POPULATION ET AUX LECTEURS DE ALTERNATE UNIVERSE : je sais que j'ai beaucoup de retard mais pas de panique le chapitre 8 ne va pas tarder et je suis vraiment vraiment désolée de traîner autant pour le poster :3 Ne vous inquiétez pas, pour ma défense : il est assez long !

Bisous, Anne-So :D