Auteur : Nandra-chan
Disclaimer : Rien n'est à moi, sauf ce qui n'est pas aux autres.
Note : Hum… hum hum… c'est tout ce que je trouve à dire, j'en reste moi-même sans voix tellement il se passe des choses vraiment, vraiment, suspectes, dans ce manoir.
La review des reviews :
Hachi : bon, allez, pas de jaloux, aujourd'hui c'est Kuro-chan qui passe à la casserole.
Shini : Toujours pas d'Ashura… désolée. Au prochain chapitre peut-être ?
Etincelle : Le chapitre 5 t'a fait virer au vert, celui-là te fera virer au rouge ! (pour l'orange clignotant, ça va être plus délicat)
Soren : ça va je suis à l'heure cette fois ?
Pour me hurler dessus, c'est en bas à gauche !
Chapitre 6 – Migraine
Kurogane s'éveilla lentement, la tête lourde, le corps douloureux. Une migraine battait sourdement ses tempes. Il ouvrit les paupières, et ne vit rien. Il faisait nuit noire. Il prit lentement conscience du fait qu'il était allongé sur le côté, à même le sol froid et dur, et bascula pour se retrouver sur le dos, bras écartés.
Tandis que ses yeux commençaient à s'habituer à l'obscurité, il distingua un plafond en coupole orné de moulures. Il se trouvait au milieu d'une pièce ronde, dont la circonférence était composée de quatre marches de pierre, surplombées par des colonnes soutenant la voûte. On aurait dit une salle de réunion, ou peut-être un lieu de prière, mais il ne vit rien qui ressemble de près ou de loin à un autel.
Il était aussi nauséeux qu'un lendemain de beuverie. Il avait l'impression d'avoir du sable dans les yeux, la bouche pâteuse, et le cerveau aussi tremblotant qu'un dessert en gelée. Tous ses muscles étaient ankylosés, et il se sentait terriblement lourd, comme s'il allait s'enfoncer dans le marbre sur lequel il gisait.
Un froissement de tissu derrière lui le fit sursauter, et il se redressa, non sans un élancement douloureux dans le crâne. Il se tourna dans la direction d'où provenait le bruit, et distingua une petite silhouette tassée contre l'un des piliers.
- Vous êtes enfin réveillé, Kurogane-san ? demanda une voix féminine très douce.
Le guerrier fronça les sourcils. Cette voix, il la connaissait. C'était… Non, c'était impossible, ça ne pouvait pas être elle. Il se leva péniblement, et porta la main à sa ceinture, cherchant son sabre, mais il ne trouva que le vide. Ginryû n'était plus là.
Lentement, il s'approcha de la jeune fille qui n'avait pas bougé d'un pouce depuis qu'elle lui avait adressé la parole. Plus il avançait, mieux il la voyait, et moins il comprenait ce qu'il avait devant lui. Ce petit visage triangulaire, ces cheveux courts avec quelques mèches dépassant çà et là, et ces grands yeux un peu craintifs levés sur lui… des yeux qui accrochaient un rayon de lune entrant par une lucarne, des yeux d'un beau vert émeraude.
- Kurogane-san ? Vous vous sentez bien ? demanda la petite voix.
- Prin… cesse ? Qu'est-ce que… ?
- Je suis désolée. J'aurais voulu vous prévenir que j'étais encore en vie mais je ne le pouvais pas. Est-ce que… Fye-san…?
- Il va bien.
- Dieu merci ! J'ai eu très peur pour lui.
Le guerrier revenait peu à peu de sa surprise. Il s'était attendu à tout, mais certainement pas à retrouver Sakura en vie, et dans cet endroit. Tout ça avait quelque chose d'irréel, il osait à peine y croire. Pourtant, c'était bien elle qui se tenait juste devant lui, qui lui parlait comme s'ils s'étaient quittés la veille.
Il était heureux de la revoir, bien sûr, soulagé de la savoir saine et sauve, mais tout ça était si étrange, quand même ! Si seulement Fye était là… il savait toujours quoi faire ou dire dans ce genre de situation. Mais le magicien avait disparu dès leur entrée dans le manoir, et il ne l'avait pas revu.
Il s'assit sur les marches, près de la jeune fille, pour tenter de rassembler ses pensées. Il était entré dans le vestibule juste après que le mage ait été avalé par l'obscurité, et il avait commencé à se sentir très fatigué, et ensuite… plus rien. Le noir. Dans la pièce, et dans sa tête.
Et voilà qu'il se réveillait sans son compagnon, aux côtés d'une gamine censée être morte depuis plusieurs mois. Sa migraine empira. Il se frotta le front d'un geste nerveux.
- Vous n'avez pas l'air bien, Kurogane-san. Est-ce que ça ira ?
- C'est rien. J'ai mal au crâne.Ça fait longtemps que je suis là ?
- Une heure ou deux.
- Mais plus important, qu'est-ce que tu fais là, gamine ?
Elle souleva ses mains qui étaient restées dissimulées dans les plis de sa robe, et il constata qu'elle avait les poignets attachés. Il n'avait plus Ginryû, mais il avait toujours Sôhi. Il fit apparaître le sabre et trancha délicatement les liens. Elle le remercia d'un sourire, en se massant doucement là où les cordes s'étaient enfoncées dans sa peau.
- Après ma… mort, le vœu que j'avais fait a été réalisé, et mon corps a été emmené dans un autre monde.
- Comment ça, le vœu ? Quel vœu ?
- Je… Je savais ce qui allait arriver à Infinity. J'avais eu une vision. Et quand on est arrivés dans le monde du jeu d'échecs, j'ai compris que c'était là que ça allait se passer. C'est pour ça que j'ai voulu gagner le prix, pour pouvoir partir seule dans une autre dimension, avec l'aide de Yûko-san. Alors, quand j'ai été blessée, mon corps a été emmené ailleurs. Des gens m'ont trouvée et m'ont soignée. Je voulais vous rejoindre mais Yûko-san a dit que le prix pour ça était trop élevé.
Kurogane était de plus en plus furieux. Cette vieille radine savait… elle savait depuis le début que Sakura n'était pas morte, mais elle les avait laissés se débattre dans leurs ennuis sans un froncement de sourcils. A cause d'elle, le magicien avait failli devenir fou de douleur et de chagrin, et ils avaient tous les deux failli mourir. Il s'en était vraiment fallu d'un cheveu.
- J'aurai deux ou trois petites choses à dire à cette vieille peau quand je la reverrai.
- Kurogane-san ?
- Non, non, rien. Et ensuite, qu'est-ce que t'as fait ?
- Yûko-san a dit qu'elle avait peut-être une solution pour que je puisse vous retrouver. Et elle m'a proposé un travail.
- Laisse-moi deviner… tu devais retrouver une boite ?
- Comment le savez-vous ?
- Sans importance. Et donc, elle t'a envoyée ici.
- Mais quand je suis arrivée, je… j'ai… Shaolan-kun était là. Celui qui a… enfin… le premier Shaolan-kun.
- Et ?
- Il a dit qu'il y avait une plume dans cette maison. J'ai essayé de lui parler, mais il n'a pas voulu m'écouter. Et il a…
Elle ne put pas aller plus loin, et des larmes se mirent à couler le long de ses joues. Tandis qu'elle sanglotait doucement, le guerrier n'eut aucun mal à reconstituer le reste de son histoire. Le gosse avait dû vouloir se débarrasser d'elle, et il l'avait enfermée là, pour ensuite s'emparer de la plume et partir tranquillement dans un autre monde.
Il y avait fort à parier qu'il n'était déjà plus dans les environs. Ainsi, la boule de poils ne s'était pas trompée, la veille, en leur annonçant la présence d'une plume de Sakura. La princesse vivante, les plumes existaient encore bel et bien, partout dans les dimensions, et ce gamin continuait à les chercher… Si seulement il n'y avait pas eu cet orage qui les avait retardés, ils auraient peut-être pu le rencontrer. Il avait deux mots à lui dire à lui aussi à propos de ce qu'il avait fait à Tokyo.
- Gamine, tu peux te lever ?
- Oui, je crois.
- Alors viens, on sort d'ici. On doit retrouver le mage.
Une expression de tristesse passa sur le visage de la princesse et elle parut hésiter à le suivre.
- Je suis désolée, Kurogane-san. Si j'avais pu vous prévenir… Fye-san a dû être bouleversé après ce qui est arrivé.
- Comme s'il allait t'en vouloir pour ça…
- Vous avez raison, répondit-elle avec un pauvre petit sourire. Fye-san est si gentil.
Sôhi toujours en main, le guerrier s'avança vers les hautes portes qu'il devinait dans l'obscurité, la jeune fille sur les talons. Au bruit de ses pas, il devina qu'elle boitait toujours. Sa blessure à la jambe ne guérirait probablement jamais.
Ils franchirent le seuil de la salle et se retrouvèrent dans un couloir. De hautes fenêtres laissaient entrer la lumière de la lune. En jetant un coup d'œil à l'extérieur, Kurogane réalisa qu'ils se trouvaient dans les étages, assez haut, peut-être au quatrième ou au dernier. En tout cas, trop haut pour qu'il puisse voir les jardins en contrebas. Il se demanda ce qu'il était advenu de la boule de poils.
Devant eux s'étendait une longue galerie terminée par une cloison dans laquelle s'ouvrait une nouvelle porte. Sans doute donnait-elle sur un palier et sur des escaliers, qui devaient se situer au centre du bâtiment, évalua le guerrier. Logiquement, en descendant par là, ils se retrouvaient dans le vestibule par lequel il était entré avec Fye.
Devait-il aller par là et conduire la gamine en sécurité à l'extérieur avec le manjuu avant de partir à la recherche du magicien, ou alors était-il plus prudent de la garder avec lui ? Et s'il retraversait le vestibule, serait-il à nouveau pris de malaise ? La princesse serait-elle également affectée par le phénomène ? Mais surtout, où était donc passé cet idiot blond ?
Il se tourna vers Sakura.
- Tu étais déjà là quand j'ai été amené dans cette pièce ?
- Oui.
- Tu as vu le type ?
Car c'était forcément un homme qui l'avait porté jusque là, un homme ou une créature assez forte pour grimper plusieurs étages avec quelqu'un comme lui sur le dos. Il faisait tout de même son poids.
- Euh… pas très bien. Il faisait très sombre et j'avais peur, je m'étais cachée en l'entendant arriver… désolée.
- Ça fait rien, arrête de t'excuser toutes les cinq minutes.
- Désolée…
Le guerrier poussa un petit soupir. Cette gamine… Enfin, il était quand même bien content de savoir qu'elle était vivante. Il revint à ses préoccupations.
Il y avait tout de même quelque chose qui n'allait pas avec cette baraque tordue. D'abord il perdait le mage, ensuite il tombait tout simplement dans les pommes, pour se réveiller plusieurs étages plus haut, en compagnie d'une ressuscitée ligotée comme un saucisson, on s'était donné la peine de le hisser pratiquement jusqu'en haut du manoir, mais la pièce où on le retenait n'était pas fermée à clef. Ça n'avait vraiment aucun sens.
La gosse disait qu'elle était là depuis la veille, mais elle aurait pu facilement s'échapper, non ? Il la connaissait, elle n'avait pas l'air, comme ça, mais elle pouvait faire preuve de courage et de détermination quand il le fallait, alors pourquoi était-elle restée ? Même si elle avait essuyé un échec avec le gamin et qu'il l'avait encore repoussée, même si elle était un peu démoralisée, elle n'était pas du genre à abandonner pour si peu.
Et bon sang ce qu'il pouvait avoir mal à la tête ! C'était comme si on lui enfonçait un pieu dans le crâne à chaque pas. Le sang battait à ses tempes et un bourdonnement désagréable lui emplissait les oreilles. Sans parler de cette lourdeur sur la nuque, comme s'il se promenait avec un sac de sable sur les épaules. Il se massa le cou avec une petite grimace.
- Ça ne va pas, Kurogane-san ? s'inquiéta aussitôt la jeune fille.
- C'est rien… j'ai dû prendre un coup sur la tête.
- Vous devriez vous reposer un peu, vous n'avez pas beaucoup dormi.
- Plus tard. D'abord, on doit sortir d'ici. Et pour ça, il faut trouver l'autre idiot et cette maudite boite.
- Vous croyez qu'elle existe ? La boite…C'était peut-être juste un prétexte pour nous faire venir ici.
- Ça m'étonnerait. C'est pas le genre de l'autre vieille radine. Non, il y a sûrement une boite…
Mais tout ça, c'était plus facile à dire qu'à faire. Par où commencer ? Le mieux était encore d'aller tout en haut, et de parcourir les pièces les unes après les autres, d'un bout à l'autre du manoir. Fatalement, ils finiraient par tomber ou sur l'endroit où se trouvait la boite, ou sur le magicien. Sauf que, si la boite était protégée par un sortilège, sans Fye, ils passeraient peut-être juste à côté sans la voir.
La migraine qui lui martelait le cerveau l'empêchait de réfléchir. Après tout, la gosse avait peut-être raison, s'il prenait un peu de repos, il y verrait certainement plus clair ensuite. Mais il n'y avait pas de temps à perdre… Rah, il détestait être comme ça ! Cette indécision, ça ne lui ressemblait pas du tout !
- On retourne en bas, dit-il enfin. Le manjuu attend dans le jardin, tu resteras avec lui le temps que le mage et moi on s'occupe de cette boite.
- Mokona est ici ?
- Ouais. Il attend dehors.
- Je… je veux aller avec vous. Je veux me rendre utile, moi aussi. Je ne veux pas que les choses recommencent comme avant.
- On en discutera dehors. Pour l'instant, il faut que je sorte, j'ai besoin de respirer de l'air frais, et je meurs de soif.
- Il doit bien y avoir de l'eau quelque part dans cette maison.
- Hors de question que je mange ou boive quelque chose qui sort d'ici. Et tu ferais bien de faire pareil.
- Vous avez raison… Kurogane-san ? Où est Fye-san ?
- J'en sais rien. Allez, viens, on y va.
Ils repartirent en direction de la porte. En longeant le couloir, le guerrier inspecta une à une les salles qui se trouvaient sur leur droite, mais il ne trouva rien d'intéressant : des chambres, parfaitement rangées, un cabinet de travail, une salle de musique. Tout était en ordre, et totalement désert.
Quand ils arrivèrent enfin en vue de l'extrémité du couloir, Kurogane se sentait totalement épuisé. Il avait les jambes en coton, et ses paupières refusaient de rester ouvertes. Chaque pas était un combat contre la fatigue.
Cela avait-il un rapport avec le fait qu'il se rapprochait du palier ? Son premier malaise l'avait surpris dans le vestibule au pied des escaliers alors peut-être qu'il y avait quelque chose à cet endroit, une protection magique ?
Il se retourna vers la princesse, mais elle ne semblait pas affectée par le phénomène. Elle paraissait simplement inquiète pour lui, comment en témoignaient son visage grave et ses grands yeux verts sérieux levés sur lui, ses sourcils fins légèrement froncés et la moue vaguement réprobatrice de ses lèvres.
Elle est jolie… pensa-t-il. Il le savait déjà, c'était difficile de ne pas s'en rendre compte, au fil de leur voyage, à mesure qu'ils retrouvaient ses plumes et qu'elle recouvrait peu à peu sa vitalité, qu'elle s'animait de plus en plus. La poupée terne qu'il avait rencontrée un soir de pluie chez la Sorcière s'était transformée en une magnifique jeune femme.
Jeune femme qui l'observait à présent avec une inquiétude mêlée d'étonnement. Il réalisa qu'il la dévisageait depuis plusieurs secondes et détourna le regard. Qu'est-ce qu'il lui prenait, tout à coup ? Comme si c'était le moment pour des considérations esthétiques…
Il posa la main sur la poignée de la porte et ouvrit. Le palier était plongé dans l'obscurité, et malgré le peu de lumière qu'il y avait dans le couloir, il dut attendre un instant pour laisser à ses yeux le temps de s'adapter.
Il se sentit un peu soulagé par ces ténèbres, car la simple clarté d'un rayon de lune lui avait vrillé les rétines et avait aggravé sa migraine et sa nausée. Ici, au moins, il n'aurait pas à se soucier de ce genre de détail. Il faisait noir comme dans un four.
Il sentit la petite main de la princesse qui s'accrochait à son manteau. Elle ne voulait pas se perdre. A la façon dont ses doigts se crispaient sur son vêtement, il la devina effrayée. Bien sûr, on le serait à moins. Pauvre gamine…
- Reste derrière moi. Ça va aller ?
- Oui, Kurogane-san.
- Bien. On descend.
Il devina plus qu'il ne vit la première marche, quelque part sur sa gauche, et tâta le sol du bout du pied, puis tendit les doigts devant lui à la recherche d'une rampe. Quand il l'eut trouvée, il farfouilla dans son dos, et attrapa le poignet de la jeune femme pour le guider vers la rambarde en fer forgé.
- Accroche-toi là. Mais ne me lâche pas quand même.
Elle obéit. Lentement, pas à pas, ils entamèrent leur descente, s'arrêtant sur chaque degré pour scruter le silence, dans l'attente d'un éventuel danger, mais il n'y avait rien. Rien d'autre que le bruit de leur respiration et les froissements du tissu de leurs vêtements quand ils avançaient.
Sakura tremblait un peu, mais suivait bravement, et elle semblait se détendre petit à petit. Après un temps qui leur parut interminable, ils posèrent le pied sur un endroit plat, entre deux étages, là où l'escalier formait un angle avant de repartir dans la direction opposée.
Kurogane s'adossa contre la rampe. Il se sentait vraiment très mal. Son estomac semblait peser des tonnes et vouloir descendre dans le fond de son ventre, et sa tête, après un bref répit, le lançait plus que jamais.
Des myriades de taches de couleur explosaient devant ses yeux, et il fut pris d'un vertige soudain, si puissant qu'il sentit ses jambes se dérober sous lui. Sans un mot, il s'effondra vers l'avant et s'écroula sur la jeune femme qui l'avait un peu dépassé.
Elle poussa un petit cri en le sentant tomber, et tenta de le retenir, mais que pouvait-elle faire, elle si frêle, face à la masse imposante du ninja ? Emportée par son poids, elle bascula en arrière et se retrouva allongée sur le sol, le brun étendu sur elle, immobile.
- Kurogane-san ? Kurogane-san ?
Il ne bougeait plus. Sakura tenta de se dégager, mais elle était prise sous son corps, et elle ne pouvait que remuer les bras et les jambes comme une tortue qu'un enfant cruel aurait retournée sur le dos. Il n'y avait rien à faire. Elle était bel et bien coincée.
- Kurogane-san ? Revenez à vous ! Kurogane-san !
Il lui sembla que des heures s'écoulaient ainsi, et elle commençait à avoir du mal à respirer, quand elle sentit qu'il reprenait doucement conscience. Il bougea faiblement, grogna et marmonna quelque chose qu'elle ne put comprendre, puis releva la tête et se redressa sur un coude.
- Kurogane-san ? Est-ce que ça va ?
Le poids sur sa poitrine s'allégea légèrement. Elle ne pouvait pas voir son visage, juste au-dessus du sien, mais elle apercevait un peu ses yeux qui luisaient doucement, et elle sentait son souffle sur ses joues, sa respiration un peu courte, comme s'il haletait légèrement.
- Kurogane… san ? Vous allez bien ?
- Mmm.
- Vous pouvez vous lever ?
Elle tenta d'appliquer ses mains sur sa poitrine et de le repousser doucement, mais il ne bougea pas d'un centimètre. Il la regardait, et il restait là, immobile… Elle n'osa plus rien faire. C'était étrange de se retrouver ainsi, avec cet homme couché sur elle, ce poids rassurant, cette chaleur. Elle pouvait sentir toute la puissance qui émanait de lui, son corps durci par les entraînements et les combats, sa force tranquille, rassurante. Et en même temps, il était un peu effrayant, à la fixer comme ça. Elle ne savait plus comment se comporter.
Il se releva un peu, à peine, et lui caressa doucement la joue. L'odeur de la jeune fille montait vers ses narines, une odeur fruitée. Il sentit qu'elle frémissait légèrement au contact de ses doigts sur sa peau veloutée, si douce, c'était touchant. C'était la princesse, si fragile et si forte à la fois, si gentille, si humaine…
Sous lui, il sentait la chaleur de son corps, un corps de femme, de longues jambes fines mêlées aux siennes, une taille si menue qu'il aurait pu en faire le tour avec ses deux mains, sa poitrine qui palpitait doucement au rythme de sa respiration, la légère tension qui émanait d'elle alors qu'elle attendait, surprise par son geste. Il se pencha sur elle.
- Tu es tellement jolie, Sakura… murmura-t-il avant de poser ses lèvres sur celles de la jeune femme.
