Bonjour!
Une idée totalement folle, un bonus au premier chapitre de la fic du même nom, inspiré par vos reviews. Glasgow, nous en avons parlé, je l'ai fait, je n'ai pu résister.
Donc lisez et appréciez! (ou pas)
La mort vous va si bien...
Il fait froid ici. Très froid. Et je marche et déambule entre la table et les appareils de vivisection, mon corps sous tension. Il ne fait pas très clair, une ampoule agonisante jette des lueurs tremblotantes. Je l'ai à peine dévissée car alors, il me semble sous ses tressautements de lumière, que vous bougez.
Mais ce n'est qu'un mirage, vous allongé sur la table. Immobile. Sans vie. La mort vous a pris dans ses bras, vous a paré de ses atours, peau livide, lèvres bleuies, iris opalescents. Je vous ai étendu là moi-même, déshabillé, totalement, et recouvert d'un drap blanc.
Je cesse de m'agiter, vous contemple. Toubib a pris la place de patient, limier celle d'embaumeur non licencié mais qui s'en soucie? Pas moi, naturellement. Mais injections, instruments et formol attendront, nous sommes loin des premiers signes de putréfaction.
Puis d'un geste, j'arrache le drap, observe. Votre peau cireuse est belle sous la lumière, sans aspérité, lissée. Votre visage reposé. Et là, j'ai juste envie de vous embrasser. Je ne peux y résister. Mes lèvres se posent sur les vôtres, glaciales, statufiées. Cette fois, elles ne me répondent pas, pas de souffle s'en échappant. Et j'embrasse votre menton, glisse sur la mâchoire, descends sur le cou, longe la clavicule, pose mon oreille un instant sur votre cage thoracique, silencieuse. Pas un bruit, pas un son, pas un tap, pas un clac, pas un badam. Rien. Que le silence.
Et ma bouche descend, sur votre ventre que j'aime tant. Et descend, le long de votre sexe atone. Je sème des baisers sur vos cuisses jusqu'à vos chevilles puis remonte. Et le temps s'égraine, file trop vite, je voudrais le ralentir, le forcer à s'arrêter. Mais le temps file alors que je laisse courir sur vous mes mains qui vous dessinent, aquarelle mortelle. Mes doigts vous effleurent, partout.
Vous êtes si réel que j'en ai la tête qui tourne, le souffle court, haché, saccadé. Vous si pétrifié, vous m'essoufflez. Je prends votre main dans la mienne, la parsème de milles baisers, doux, à peine esquissés. Et je vous écoute parler, murmurer.
« Holmes, j'ai froid.
- Je sais.
- Je ne peux pas bouger.
- Je sais.
- Couvrez-moi.
- Oui.
- Prenez-moi dans vos bras.
- Oui.
- Emmenez-moi.
- Oui.
- Et je vous tuerai!
- Vraiment?
- Deuxième fois que vous me faites prendre la recette de Blackwood, déjà une aberration en soi. Mais cette fois, m'emmener à la morgue! Vous êtes cinglé!
- Mais ça, vous le saviez déjà. »
Je vous fais taire d'un baiser, vous n'avez pas retrouvé l'usage de vos mouvements. Une chance, du temps de gagné quand je pense à ce qui m'attend pour un tout petit instant si excitant! Désolé Watson, je n'ai pu résister, la mort vous va si bien quand elle n'est pas mortelle...
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- Le prêtre dit que c'est pas péché de tuer si on éprouve aucun plaisir à le faire. Moi je me demande, si l'indifférence, c'est pas encore pire que le plaisir ?
- Toutes ces considérations religieuses mises à part, la vérité c'est que les hommes qui ne peuvent pas tuer seront toujours soumis à ceux qui le peuvent...
Generation kill
FIN
Voilà!
Humour noir, bien sûr. Très Holmes, je l'imagine très bien, pas vous? J'espère que si ou alors, je vais passer pour aliénée... mais qui s'en soucie?
