Note : Ceci est une traduction dont j'ai obtenu l'autorisation de la traduire.

Auteur:Helena Dax

Titre : Harry Potter y el secreto del monasterio

Rating/ Paring :M Slash HD

Disclaimer : Malheureusement tous les personnages appartiennent à J.K Rowling et l'histoire à Helena Dax


Chapitre 5 Le monastère

« Je suis vivant ? » Harry se sentait flotter au milieu d'une froide noirceur. Il n'arrivait pas à se concentrer mais il savait que quelque chose clochait. Etait-il à Azkaban ? Le froid commença à le faire grelotter et au milieu de sa confusion, une idée commença à germer dans son esprit, le faisant paniquer. Et si on l'avait déjà détraqué ? Et s'il était à l'intérieur d'un Détraqueur ? Et s'il était une âme coincée pour toujours dans cette atroce obscurité ?

Quand des cris d'horreur menacèrent de sortir de sa bouche, il remarqua que son corps était recouvert par quelque chose de légèrement lourd et chaud, et Harry gémit de soulagement au fur et à mesure que la chaleur parcourait ses muscles transis de froid. Non, il n'était pas dans un Détraqueur. Cette sensation était trop agréable. Encore commotionné par les sorts qu'il avait reçus à Azkaban, il était à peine conscient.

Quand il ouvrit les yeux, il avait les idées un peu plus claires, suffisamment pour remarquer qu'il ne voyait rien. Au fur et à mesure qu'il se rappelait des derniers événements –Malfoy, les Mangemorts libérés –, il prit conscience d'autre chose. Il était totalement immobilisé par un sort et il volait sur un balai. Ce dernier avait dû être modifié pour transporter deux personnes parce que la pression chaude et ferme dans son dos était le corps de quelqu'un d'autre. Un homme mince. Un homme mince qui le tenait par la taille et…qui sentait le miel ? Un Mangemort ? Les Mangemorts puaient la méchanceté, tout le monde le savait. Ils puaient comme il était sûr de puer lui aussi en ce moment, après presque un mois à bénéficier du confort d'Azkaban.

Mais ça devait être un Mangemort. Il avait beau sentir bon et l'avoir recouvert d'une cape, ça ne pouvait pas être un ami. Ses amis ne lui attachaient pas les mains ni ne l'aveuglaient d'un sort pour ne pas voir où il était. Et bien que la situation fût quelque peu inquiétante, car on l'emmenait certainement au quartier général des Renégats, il n'était pas aussi inquiet que ça. Même une mort lente et désagréable, qui fera certainement la joie des chiens de compagnie de Voldemort, sera mieux qu'être détraqué.

Au bout de quelques minutes, la pression sur sa taille augmenta et Harry sentit le balai descendre doucement. Un soupir involontaire s'échappa alors de ses lèvres. Le vol était terminé les tortures commenceraient bientôt. Oh, mais Malfoy n'avait jamais été capable de se contrôler envers lui. Il serait sans doute capable de le provoquer pour qu'il le tue rapidement. Quelques commentaires sur ses parents, la bite de Voldemort (1) et Malfoy battrait le record d'Avada Kedavra lancé par minute grâce à lui.

Ou alors, il commettrait une erreur dont il pourrait profiter.

Il se sentait bien d'être enfin loin des Détraqueurs.

Le balai atterrit et des bras différents le retinrent pour s'assurer qu'il ne perdît pas l'équilibre. Son corps était engourdi et il s'aperçut qu'il pouvait bouger, même si ses mains étaient attachées dans son dos. Autour de lui, il entendit le bruit de personne atterrissant, parlant à voix basse. Il manquait quelque chose pour Harry et mit quelques secondes à se rendre compte de quoi exactement. Où étaient les cris de joie des Mangemorts libérés ? Pourquoi personne ne l'insultait ou se moquait-il de lui ?

-Tout c'est bien passé ? demanda une femme.

-Bien sûr que oui, dit la voix reconnaissable entre toutes de Malfoy, faisant se tendre Harry. Allons à l'intérieur.

Quelqu'un lui posa une main sur l'épaule et lui indiqua d'un petit coup qu'il devait se mettre en marche. Harry obéit, désirant se mettre à l'abri. Marcher à l'aveuglette lui fit tourner la tête et il décida de ne pas essayer de s'échapper. Ca ne servirait à rien de toute façon, il pouvait très bien foncer droit dans un mur.

-Il y a un escalier, dit le sorcier qui le guidait.

Harry le reconnut tout de suite. En fin de compte, où était l'un, l'autre y était.

-Goyle ?

-Oui, c'est moi. Salut Potter.

-Où sommes-nous ?

-A la maison.

-Qu'allez-vous faire de moi ?

-Je ne sais pas…Ce que Draco voudra.

-Oh, c'est donc comme ça que ça fonctionne ? Vous faites tout ce que Malfoy vous ordonne ?

-J'ai toujours fait ce que Draco m'ordonnait. Baisse la tête.

Harry sentit une main sur sa tête qui le fit s'incliner jusqu'à une distance sûre.

-Il est apparemment clair que vous aimez avoir un maître à suivre. Et maintenant que Voldemort n'est plus, vous êtes devenu les esclaves de Malfoy, n'est-ce pas ?

-Je ne sais pas, Potter.

Essayer d'argumenter avec Greg Goyle était probablement l'un des actes les plus désespérés de toute sa vie. Il allait garder tout son venin pour Malfoy au moins il était capable de comprendre des mots de plus d'une syllabe.

Après ce qui lui parut une éternité, Harry arriva au bout de sa petite promenade. Sans avoir besoin de voir, il sut qu'il était dans une pièce agréablement chauffée et assez fréquentée. Goyle retira sa main de son épaule et Harry se prépara par instinct à recevoir l'impact du premier sort.

Cependant, un éclair de lumière dans les yeux, inévitablement douloureux, lui indiqua qu'il avait retrouvé la vue. Après quelques secondes, il découvrit qu'il était dans une pièce d'au moins cent mètres carrés, les murs et le sol en pierre. A en juger par les larges tables en bois et les chaises, ça devait être une salle à manger. Assis sans ordre apparent sur les sièges, il y avait une bonne vingtaine de sorciers et de sorcières qui le regardaient avec une expression sérieuse et curieuse. Harry découvrit plusieurs visages connus. Blaise Zabini, Théodore Nott, Daphné Greengrass…Ils avaient tous été à Poudlard, des Serpentard qui avaient la Marque des Ténèbres ou qui avaient été arrêtés pour ne pas avoir dénoncé les Mangemorts de leurs familles. Il y avait trois femmes beaucoup plus vieilles, de cinquante ans à peu près et sans les avoir jamais vu, il sut que l'une d'elles était la mère de Vince Crabbe, l'autre garde du corps de Malfoy. Il vit aussi quatre adolescents en âge d'être à Poudlard, l'observant avec cette expression sérieuse et méfiante qui était tant caractéristique aux Serpentard. Harry ne s'était pas attendu à trouver des enfants dans les rangs des Renégats.

Et bien sûr, face à lui, appuyé contre une table, Draco Malfoy lui adressa l'un de ses irritants sourires arrogants, les bras croisés.

-Ah, Potter… Les hauts et les bas de la vie, n'est-ce pas ?

Toutes les résolutions de Harry se dissipèrent en se trouvant dans la même pièce que le responsable de la mort Ginny Weasley et il le chargea comme un rhinocéros furieux.

-Assassin ! Je vais te tuer !

Mais Crabbe et Goyle lui donnèrent un fort coup de poing qui le jeta au sol. Avant qu'il ne puisse se relever afin de se jeter une nouvelle fois sur Malfoy, ils le retinrent énergiquement par les bras, qui étaient encore attachés derrière son dos. Le Serpentard lui adressa un regard d'indifférence.

-Ce n'est pas très intelligent de ta part d'essayer de me tuer sans baguette et entouré de mes amis, le balafré. J'avais oublié que les Gryffondor ne savaient pas réfléchir.

Si la magie de Harry n'avait pas été aussi faible à cause de son séjour à Azkaban, il aurait tué Malfoy d'un Avada Kedavra sans baguette. Il pouvait le faire. Probablement que l'effort le tuerait lui aussi mais il pouvait le faire. Et il n'espérait pas sortir vivant de là, il préférait donc mourir en emmenant avec lui ce rat méprisant. Le problème étant qu'il était tellement faible, il aurait à peine pu lancer un simple Lumos, il cessa donc de lutter et se contenta de le regarder avec haine.

-Un de ces jours tu payeras pour tous tes crimes.

Malfoy grimaça.

-Tu es toujours le même moraliste ennuyant de Poudlard, Potter.

-Draco… -intervint Crabbe. Quand l'attention des gens se centra sur lui, il eut l'air très nerveux. –Je…

-Qu'est-ce qu'il y a ? Dit Draco, s'approchant de lui.

-Je…je ne suis pas sûr, mais…il croit que tu as tué sa femme.

Malfoy fronça les sourcils, apparemment très surpris.

-C'est vrai ? dit-il à Harry. Pourquoi diable aurais-je voulu tuer ta petite femme?

-Pour me tendre un piège. Pour te venger de moi.

Il entendit alors un bruit de pas derrière son dos et il se tourna pour voir Narcissa Malfoy, la mère de Draco, s'approcher de son fils. Harry ne cacha pas son étonnement. Selon le Ministère, elle était morte. Quand elle fut aux côtés de Draco, elle posa un instant sa main sur son épaule et adressa à Harry un regard de dédain absolu.

-Et si l'intention de mon fils est de se venger de toi, pourquoi ne t'a-t-il pas laissé dans ta cellule pour que tu reçoives le baiser du Détraqueur ? demanda-t-elle de sa voix froide et aristocratique. Ses vêtements n'étaient pas aussi luxueux qu'avant mais, comme son mari et son fils, elle possédait une élégance innée qui la faisait paraître sophistiquée avec n'importe quoi.

-Il veut peut-être terminer le travail lui-même, répliqua Harry en égalant son mépris.

Malfoy plissa les yeux et esquissa un sourire malicieux.

-Tu veux dire, te torturer et te tuer lentement ?

-Tu as d'autres plans, Malfoy ?

Cette fois le sourire du Mangemort fut ouvertement cruel.

-Je détesterai te décevoir. –Il plissa son nez pointu. –Mais pour l'instant tu empestes et tu es dans un état lamentable. Je préfère m'occuper de toi quand tu seras frais. Blaise, conduis-le dans une chambre. Abigail, Pollux, occupez-vous de lui.

Harry vit Blaise, baguette en main, l'attraper par l'épaule et l'obliger à se mettre en marche. Deux adolescents qui contenaient à peine leur excitation devant ces ordres, les suivirent. Quand ils furent sortit de la pièce, Blaise le dirigea dans un couloir de pierre et tourna à droite, où une arche en pierre donnait sur des escaliers.

-Tu n'es qu'un con, Potter, tu le sais ?

-J'ai un mauvais comportement avec les assassins, je le sais. J'ai toujours eu un problème.

-Assassins ? Comme toi ?

Pour l'instant, Harry avait toujours pensé que Ginny avait été tué par Malfoy et les siens, mais alors qu'il descendait ces escaliers, il commença à avoir des doutes pour la première fois. Il connaissait très bien les Mangemorts, leur façon de penser et d'agir. Et dans cette situation, il y avait plusieurs détails qui ne cadraient pas du tout.

-Je n'ai tué personne. C'était un piège et tu le sais.

-Je sais que les choses ne sont pas toujours ce qu'elles semblent être.

Zabini s'arrêta devant une porte, l'ouvrit et fit rentrer Harry dans ce qui semblait être une salle de bain commune, similaires à celles de Poudlard. D'un sort, il défit ses liens et lui montra une des douches.

- Déshabille-toi et prends une douche.

Harry enleva le répugnant uniforme d'Azkaban sans aucune gêne et se mit dans la douche que lui avait montrée Zabini. Sur une petite tablette, il y avait un savon et une petite bouteille de shampoing, un détail qu'il trouva très incongru sans raison particulière. Il ouvrit le robinet. L'eau fut froide quelques secondes mais elle atteint une température plus agréable et un soupir de plaisir échappa à Harry. L'eau chaude n'était qu'un souvenir à Azkaban. Cependant, il ne se permit pas le luxe de lambiner sous l'eau et il se savonna rapidement et consciencieusement. En quelques minutes, il avait terminé. Pollux était là, tenant une grande serviette et des vêtements. Harry se sécha à toute vitesse et passa les sous-vêtements, la cape en laine bleue et les bottes qu'il lui avait laissées. Tout était à sa taille et quand il eut terminé, il eut l'impression d'être redevenu une personne.

Blaise le conduisit dans une pièce située de l'autre côté du couloir. Abigail attendait à la porte, tenant un plateau apparemment lourd. Blaise ouvrit la porte d'un coup de baguette et fit signe à Harry de rentrer. Il obéit et se retrouva dans ce qui semblait être une chambre austère avec un lit, une table de nuit sur laquelle brûlait une bougie, et un coffre. La sorcière posa le plateau au sol avec difficulté.

-En plus du repas, il y a deux fioles de potion –lui expliqua-t-elle d'un ton efficient qui lui rappela Hermione. – Prends-les avant d'aller dormir, elles t'aideront à te rétablir.

-Nous avons placé des sorts d'inhibition sur la chambre, ajouta Zabini. N'essaie pas d'utiliser la magie pour t'enfuir.

Sans dire un mot de plus, ils sortirent tous les trois de la chambre et refermèrent la porte derrière eux. L'oreille experte de Harry lui apprit que seul deux personnes étaient parties, l'une d'entre elles devait être resté pour monter la garde. Mais il mit cette question de côté. Avec tout ce qu'il s'était passé aujourd'hui, il n'arrivait plus à penser. Le plateau au sol attira toute son attention. Harry le ramassa, le posa sur la table de nuit et l'ouvrit. Il y avait un plat d'estouffade ayant l'air délicieux, une tranche de pain, deux pommes vertes et une barre chocolatée. L'estomac de Harry rugit de joie et, décidant plus vite que son cerveau, il commença à manger avec envie. Quand il eut terminé, il se sentit bien malgré tout. Il était propre, repu et l'influence des Détraqueurs se faisait sentir de moins en moins. Un bâillement lui rappela qu'il devait être deux ou trois heures du matin. Il avait sommeil et il avait enfin un vrai lit. La situation ne pouvait pas être plus simple. Avant de se blottir sous les couvertures, il regarda d'un air dubitatif les deux fioles de potion. Il avait vraiment du mal à croire qu'elles aillaient l'aider à se rétablir. De tout façon si Malfoy cherchait à l'empoisonner, le repas et la boisson était une option plus probable et si c'était le cas, il avait déjà fait une gaffe.

Seul un imbécile boirait ces potions.

Il préféra alors se coucher.

Harry dormait encore quand il entendit toquer à la porte. Ouvrant les yeux, il vit de la lumière entrer dans la chambre par une petite fenêtre qu'il n'avait pas remarquée la nuit dernière et il supposa qu'il devait être neuf ou dix heures du matin. La porte s'ouvrit alors et Abigail entra dans la chambre en portant un plateau. Derrière elle, Adrian Pucey, un autre ancien élève de Serpentard plus vieux que Harry, joueur de Quidditch tout comme lui, le surveillait attentivement avec la baguette sortie.

-Tu as bien dormi ? Lui demanda la fille, qui ce matin avait tressé ses cheveux bruns.

-Oui.

En réalité, non. Son sommeil avait été agité et remplit de cauchemars dans lesquels une armée de Détraqueurs libéré par Malfoy le persécutait et ce matin il était autant fatigué que la veille. Mais il ne voulait pas se montrer faible devant eux.

-Voilà ton petit-déjeuner et une autre potion pour récupérer des forces. –Abigail regarda le plateau du dîner et découvrit les fioles de potion intactes. –Mais…tu ne les as pas prises. Adrian ! Il n'a pas pris les potions que nous lui avons laissées hier.

Pucey observa les fioles que lui montrait la fille et regarda Harry avec ennui.

-Tu crois que nous allons t'empoisonner ?

-Tu crois que j'attends quelque chose de bon de vous ?

-Tu n'as donc rien laissé du dîner alors qu'il aurait pu être empoisonné. –Il le visa de sa baguette.- Bois la potion.

-Tu n'as qu'à m'y obliger. - répliqua-t-il.

- Tu préfères peut-être que je te lance un Stupefix pour te la faire boire de force ? Ne fais pas l'imbécile et prends-la de bon gré. Elle n'est pas empoisonnée.

Harry se dit que même s'il lui laissait le choix, la potion finirait quand même dans son estomac et il décida d'opter pour l'option la plus facile. Pucey disait peut-être vrai et on ne lui avait encore rien fait de bizarre Malfoy était capable de le remettre sur pied uniquement pour le torturer le plus longtemps possible. Il ouvrit alors la fiole, la renifla et la but. Son goût lui rappela celle de Mme Pomfresh, l'infirmière de Poudlard, même si elle était un peu meilleure.

-Tu as bien fait, dit Pucey. Elles ne sont pas du tout empoisonnées.

Pucey l'accompagna jusqu'à la salle de bain. Harry alla aux toilettes, se lava le visage et les dents et retourna dans sa chambre. Une fois là-bas, ils l'enfermèrent une nouvelle fois et il ouvrit le plateau du petit-déjeuner. Il y avait une tasse de café, quatre tartines beurrées, deux tranches de bacon et une autre barre chocolatée. Le café était trop doux pour lui –il ne mettait pas autant de sucre –mais il mangea tout avec appétit, se demandant comment ils se débrouillaient pour avoir de la nourriture aussi bonne dans ces circonstances. Il avait les idées plus claires aujourd'hui et il était de plus en plus curieux. Tandis qu'il mangeait sa dernière tartine, il remarqua une chose qu'il n'avait pas vue aussi la nuit dernière, une ombre sur le mur au dessus de son lit. Harry y regarda de plus près et il fut presque sûr qu'un crucifix avait été accroché ici. Il comprit alors qu'ils devaient être dans un monastère, un des endroits les plus improbables pour des Mangemorts. A travers la petite fenêtre de sa chambre, qui faisait à peine vingt centimètre de largeur, il vit un petit bout de jardin. Etait-ce un patio intérieur ? Harry essaya de distinguer un quelconque bruit mais il n'entendit rien, excepté la rumeur du vent.

Le matin passa, ennuyant, mais il s'y était déjà habitué à Azkaban. A midi, il eut une nouvelle visite. Cette fois, son gardien allait être Blaise Zabini. Après un autre voyage à la salle de bain, Harry retourna dans la cellule. Pollux avait laissé le plateau sur le lit et s'en était déjà allé avec les restes du petit-déjeuner. Harry mangea un bout de chausson fourré au poulet, but son verre de jus de citrouille et, se sentant s'assoupir, s'allongea sur le lit. Quand il rouvrit les yeux, il faisait nuit et Abigail entrait dans la chambre avec le troisième plateau de la journée. Théodore Nott, un autre camarade d'école, était de garde cette fois.

-On m'a dit que tu devais prendre les potions devant moi, dit Abigail.

Il le fit celle de ce matin ne lui avait rien fait en fin de compte. Après un voyage à la salle de bain avec Nott, il mangea son dîner et retourna se coucher.

Et pour la première fois depuis le début de tout ça, son sommeil fut profond et calme.

Le lendemain, la sorcière lui donna des vêtements de rechange et Blaise lui ordonna d'aller se laver. Harry obéit en se demandant le sens de tout ceci, s'habilla et retourna dans sa chambre. Ce matin, le café doux et la potion étaient accompagnés d'un plat d'œufs brouillés et d'une pomme verte. Il n'y avait pas de chocolat mais peu importait car il avait presque récupéré de son séjour parmi les Détraqueurs. Bien qu'il n'ait rien à faire, il ne s'ennuyait pas quand il vit la lumière changer et il pensa au tournant qu'avait pris sa vie. Il avait l'intention de profiter de cette période de calme pour récupérer des forces et réunir toutes les informations qu'il pourrait. Il ne voulait en aucun cas rendre les choses faciles pour Malfoy.

Peu après que Abigail lui est emmenée le déjeuner, Malfoy ouvrit la porte de sa chambre. Harry se mit instinctivement debout.

-L'heure de la torture n'est pas encore arrivée, Potter –dit-il de sa manière trainante bien à lui. –Je suis venu voir si tu voulais faire un tour.

-Un tour ?

-Oui, tu sais. Marcher. A l'extérieur.

Harry n'avait pas du tout confiance mais que faire d'autre ? Ils avaient des baguettes contrairement à lui et ils n'avaient en aucun cas besoin d'user de subterfuge s'ils voulaient l'emmener quelque part. Et puis si ce n'était pas un piège, ce serait un bon moment pour en apprendre un peu plus sur cet endroit.

-D'accord, dit-il en haussant les épaules.

Malfoy lui tendit une cape.

-Tiens, il fait froid dehors. –Harry mit la cape noire et épaisse et il ressentit immédiatement sa chaleur. –Allons-y.

Harry le suivit en restant derrière lui. Malfoy n'était pas seul bien sûr. Zabini et Narcissa Malfoy faisaient partie du groupe, un derrière et l'autre à ses côtés. Apparemment ce n'était pas une promenade, on l'emmenait dans un autre endroit et il eut un mauvais pressentiment. Mais Malfoy tourna à droite et ils débouchèrent dans un vestibule ample. Il ouvrit une porte et la lumière illumina la salle ombragée, couvrant d'étoiles la chevelure des Malfoy, surtout celle de Draco. Harry, dont les cheveux étaient une masse confuse de pointes noires, se sentit un peu envieux. Malfoy disparut par la porte et Harry le suivit, se retrouvant dans un jardin hivernal sans charme.

-Viens Potter, dit-il en lui faisant signe de la main. Et n'essaie pas de transplaner cet endroit est protégé par un sort que même toi tu ne peux briser.

A la surprise de Harry, Narcissa et Zabini restèrent plusieurs mètres derrière eux tandis que Malfoy se mettait à ses côtés. Pendant quelques secondes, ils marchèrent sans dire un mot. Malgré le froid, il y avait du soleil et Harry en était reconnaissant. Il jeta un coup d'œil à Malfoy. Son expression était insondable mais quelque chose dans ses yeux ou dans sa façon de bouger fit comprendre à Harry qu'il n'était plus en face de l'adolescent pleurnichard, roublard et gâté de Poudlard. Il était beaucoup plus dangereux qu'avant.

-Pourquoi crois-tu que j'ai tué ta femme, Potter ? demanda-t-il soudainement, d'un ton calme.

Harry y avait déjà pensé. La seule preuve qu'il détenait contre lui, était le fait qu'il le considérait comme un enfoiré sans-cœur capable de faire beaucoup de mauvaises choses. Mais ça ne prouvait rien en réalité. Malfoy pouvait avoir les mains tachées de sang et ne pas avoir tué Ginny.

-Tu l'as fait ?

-Non. Et toi ?

-Non, bien sûr que non.

-Tu ne m'as toujours pas dit pourquoi tu crois que c'est moi ? As-tu trouvé une preuve qui m'incrimine ? Quelqu'un t'a dit que c'était moi ?

-Non, pas du tout.

Malfoy acquiesça lentement comme si c'était important et s'appuya contre un arbre en croisant les bras, fronçant les sourcils.

-En quel honneur alors ?

-Ces meurtres ont été planifiés pour me faire passer pour un monstre incontrôlable. Quelqu'un veux me détruire et tu es la personne qui me hait probablement le plus sur cette planète.

Malfoy grimaça.

-Ca, c'est ma mère Potter. –Un courant d'air fit voler ses cheveux devant ses yeux et il les enleva d'un geste impatient. –Que tu le crois ou non, on n'a rien à voir avec ce qui est arrivé à Ginny Weasley.

-Ca ne change pas grand chose.

-Non ? –Mais c'était une question rhétorique. –Non, je suppose que non. Viens, je vais te montrer quelque chose.

Malfoy se remit en marche et Harry le suivit. Une partie de lui était assez curieuse suite à cette conversation et une autre partie calculait les possibilités de s'enfuir. Narcissa et Zabini les suivaient toujours à quinze ou vingt mètres de distance, baguette en main. Et Malfoy était sûrement beaucoup plus sur ses gardes qu'il y semblait.

-Quel est cet endroit? On dirait un monastère.

-C'est un monastère. Les moldus l'ont abandonné.

-Vous êtes là depuis longtemps?

-Ma mère, mes amis et moi sommes arrivés une semaine avant que la guerre ne commence. Les autres sont venus après, quand les persécutions contre les Serpentard et les familles de Mangemorts ont débuté.

Harry fronça légèrement les sourcils.

-Je sais que le Ministère a exilé plusieurs familles de Mangemorts.

-Les autres pays ne veulent pas accueillir des personnes comme Daphné ou la mère de Vince. En plus, le Ministère a gardé toutes les affaires de ces familles. Nous n'avions aucun endroit où aller et nous sommes venus ici.

-Comment connaissiez-vous cet endroit ?

-On le connaissait un point c'est tout. Je ne vais pas te raconter tous mes petits secrets en une seule fois, Potter.

Draco s'arrêta devant une fenêtre et lui fit signe de regarder à l'intérieur. Harry s'exécuta et un sourire involontaire lui échappa. C'était une classe, une classe avec des enfants de tous âges. Il distingua Abigail, Pollux et plusieurs adolescents qu'il avait vu à son arrivée mais il y avait aussi un garçon de deux ou trois ans, deux jumeaux qui n'avaient pas plus de dix ans, un petit garçon beaucoup plus petit de peau sombre qui devait être le fils de Zabini et, à côté de lui, un autre petit garçon à la peau pâle et aux cheveux blonds reconnaissable.

-Tu as un fils ?

Malfoy grogna, un peu amusé.

-Potter, je suis gay. C'est mon petit frère.

Harry en resta bouche bée. Même si dans le monde magique l'homosexualité était bien vue, il ne s'attendait pas à ce que Malfoy le lâchât ainsi, sans plus. Et il n'y avait jamais eu aucune rumeur sur l'existence de ce petit garçon. Le service de renseignement des Aurors était vraiment mauvais. Par Merlin, Lucius Malfoy pouvait très bien apparaître d'un instant à l'autre. En fin de compte, la seule preuve qu'ils avaient de sa mort était la parole de Snape.

-Tu as un frère ?

-Et bien, quand mon père s'est échappé de Azkaban pour retrouver Voldemort, il n'a pas perdu de temps. Merci Merlin, parce que sinon je serai le seul Malfoy et je devrai me marier afin d'avoir un héritier. Maintenant, la tâche de procréer est sienne.

Harry se retourna pour regarder Narcissa. Elle avait déjà cinquante et un ans mais les sorciers vivaient jusqu'à cent soixante dix ou cent quatre-vingt ans, on pouvait encore la considérait comme étant jeune. Et comme la plupart des sorcières de son âge, elle faisait beaucoup moins, quarante ans tout au plus.

-Je croyais…je croyais que Pansy et toi étiez ensemble.

-Les Aurors ne savent vraiment que dalle, dit Draco en répétant sans le savoir ce que Harry avait pensé quelques secondes avant.

Il retourna à son observation de la classe. En dépit des lois magiques, les plus petits avaient une baguette et apprenait apparemment à réaliser un Alohomora. Quand aux élèves plus âgés, ils étaient plongés dans des sorts plus compliqués. Le professeur, une sorcière d'à peu près quarante ans que Harry ne connaissait pas, avait l'air submergé.

-Ce sont tous des idiots décérébrés, même mon frère. Je leur donne des cours de Potions trois fois par semaine et quand j'en ressors je n'ai qu'une envie, exterminer la race humaine.

Harry esquissa encore une fois un sourire mais il disparut dès qu'il percuta que Malfoy avait parlé d'exterminer la race humaine. Plus ou moins. Il était difficile de toujours assurer qu'il était un assassin quand il parlait de son petit frère et qu'il conversait civilement avec lui.

Mais ces enfants étaient innocents et Harry crut comprendre ce que Malfoy essayait de lui dire c'était un refuge, qu'ils avaient crée leur société. Ce qu'il ne comprenait pas était le pourquoi. Depuis qu'il était arrivé dans ces lieux, ces convictions étaient de moins en moins sûres.

-Malfoy, qu'attends-tu de moi ? Pourquoi voulais-tu que je vois ça ?

Le sorcier mit quelques secondes à répondre.

-Rentrons.

La promenade était finie et Harry le suivit avec l'absurde sensation qu'il avait commis une erreur. Il savait parfaitement avec qui il était et dès qu'il baissait sa garde, il se mettait à croire qu'il était dans un lieu sûr et que Malfoy était capable de lui parler avec civisme sans aucune raison cachée. Harry se reprocha lui-même sa stupidité mais cette sensation ne se dissipa pas.

-Comment s'appelle ton frère ? demanda-t-il soudainement sans savoir pourquoi.

Malfoy le regarda, légèrement surpris.

-Altair. Altair Severus Malfoy.

Harry fut aussi surpris que lui.

-Severus ?

-Je n'ai pas trouvé de meilleur prénom, dit Draco de sa façon bien caractéristique à répondre sans n'apporter aucune réelle réponse.

-Vous ne le considérez pas comme un traître ?

-Non Potter. Tu ne t'en es toujours pas rendu compte ?

-De quoi ? s'exclama Harry, qui souhaitait réellement comprendre ce qu'il se passait ici.

Mais Malfoy ne dit rien jusqu'à ce que Harry ne fût dans sa chambre. Malfoy le regarda alors droit dans les yeux, d'un air extrêmement sérieux.

-Il n'y a aucun Mangemort ici.

Deux jours après alors que la nuit commençait à tomber, Zabini et Crabbe ouvrirent la porte de sa chambre, le visant de leur baguette.

-Viens avec nous Potter, dit Zabini d'un air sombre.

Harry se leva du lit sans savoir pourquoi il se sentait trahi. Malgré toutes les mises en garde qu'il s'était fait à lui-même, il ne s'était plus sentit en danger après la conversation avec Malfoy. Et bien, une erreur de plus à ajouter à la liste.

Mais il avait récupéré assez de magie et avec un peu de chance, ce serait suffisant pour qu'il ne quittât pas ce monde seul.

Cependant, il eut encore une fois l'impression que quelque chose ne collait pas, comme il en avait pris l'habitude ces dernier temps, car au lieu de le conduire dans un cachot, ce qui semblait être plus pertinent dans ce cas-là, Zabini et le gros Crabbe le conduisaient vers la salle à manger où il s'était retrouvé quelques jours plus tôt. Sa confusion crût quand il vit que tout le monde semblait être là, même un couple de personne âgés et des enfants en bas âge. Il y avait même deux femmes assises tranquillement avec des bébés dans les bras. Est-ce que c'était comme dans un film historique, où les gens se réunissaient sur la place du village pour voir le délinquant se faire pendre?

Malfoy l'attendait à l'endroit où il lui avait parlé la première fois. Il portait un pantalon noir et une chemise blanche avec les manches un peu retroussées. Harry put distinguer sur son bras la Marque des Ténèbres, très estompée maintenant que Voldemort n'était plus.

-Bien, Potter…veux-tu encore que je te torture et que je te tue lentement ?

Harry entendit un petit rire et vit à la table sur laquelle s'appuyait Malfoy, son petit frère et le fils de Blaise se couvrant la bouche de leurs mains.

-Ai-je le choix ?

Malfoy lui indiqua une chaise vide à la table, à côté de Daphné Greengrass.

-Tu peux t'asseoir et dîner avec nous.

Harry plissa les yeux.

-Et c'est tout ?

Narcissa Malfoy grogna de mépris.

-Quand vas-tu te rentrer dans la tête que mon fils ne t'a pas sauvé la vie pour te faire du mal, stupide Gryffondor ?

Malfoy soupira et secoua la tête.

-Assis-toi, Potter. Assis-toi et mange, merde.

A suivre…

(1) : oui oui c'est la bonne traduction lol ! L'auteur m'a expliqué que Harry planifié d'insinuer que Narcissa et Lucius avaient des relations sexuelles avec Voldemort pour provoquer Draco, donc voilà !