Note : Voilà le chapitre 6 ! Merci pour toutes vos reviews, même si je n'ai pas eu le temps de vous répondre individuellement, vous allez avoir les réponses à vos questions dans ce chapitre. Je dois dire que j'ai été plutôt étonnée qu'aucun(e) d'entre vous ne fasse de réflexion sur le début de la vision d'Harry... Enfin, je n'en dit pas plus ! Merci à ma Bêta et bonne lecture !


Taking Away The Loneliness

Chapitre 6 : Something To Think About

Severus grogna et essaya une nouvelle fois de s'éloigner du Gryffondor. Il avait vu les différentes émotions défiler dans les yeux d'Harry et c'en était trop. Il était clair que le garçon n'était pas dans son état normal. Il tremblait et ses pupilles étaient dilatées, signes du sortilège Doloris. Il était, plus probablement, en pleine crise de panique, effrayé que Severus aille se faire tuer par Voldemort. Il n'y avait cependant aucun moyen d'être sûr que le statut d'espion du Maître des Potions avait été découvert, et les informations qu'il pourrait apporter à l'Ordre valaient tous les risques.

Harry vit la forte détermination dans les yeux onyx, et il siffla de frustration. L'homme ne voulait-il donc pas vivre ? Il ne souhaitait à personne de se retrouver entrer les mains de la face de serpent, mais cet homme-là en particulier, il ne pouvait pas le laisser partir et le laisser se faire tuer. Pas quand il commençait juste à comprendre ses propres sentiments.

Severus essayait toujours de se défaire de sa poigne, alors il s'écria : « Je ne vais pas vous laisser partir d'ici pour que vous alliez vous faire tuer, imbécile ! » En réponse, Severus le fixa dangereusement et il tenta d'attraper sa baguette avec son bras libre, mais Harry fut plus rapide. Étant déjà arrivé à la conclusion que le professeur n'allait pas vouloir rester, il allait donc devoir le faire rester de force, il avait déjà sorti sa baguette et il lança : « Stupéfix ! ». Severus s'effondra, figé, et Harry grogna lorsque le poids de l'autre homme lui tomba dessus.

En soupirant, il murmura : « Mobilicorpus » et traversa l'école, Severus le suivant derrière lui. S'arrêtant un bref moment dans le hall, il se dirigea vers l'Infirmerie. Il ne connaissait pas le mot de passe des appartements de Rogue, et il ne voulait absolument pas le laisser seul. S'il était sous la garde de Madame Pomfresh, alors Harry pourrait aller voir librement le Directeur et lui expliquer tout ce qui s'était passé. Bien sûr, il s'attendait à avoir des ennuis pour avoir attaqué un professeur, mais il espérait qu'il aurait droit à un peu d'indulgence pour avoir sauvé la vie de l'homme.

Ce qu'il n'avait pas prévu c'est la vitesse à laquelle le Seigneur des Ténèbres s'apercevrait de l'absence du Professeur Rogue. Ils passaient devant la bibliothèque lorsqu'il ressentit une violente douleur, semblable à celle d'un peu plus tôt, provenant de son front. Il s'effondra sur le sol, pressant ses deux mains sur sa cicatrice et en serrant violemment les dents. Essayant d'ignorer la douleur, il parvint à se remettre sur ses pieds et reprit le chemin de l'infirmerie. Une fois à l'intérieur, il déposa Severus sur un lit et appela Madame Pomfresh avant de s'effondrer à nouveau. La dernière pensée qu'il eut avant de sombrer dans l'inconscience fut quelque chose comme : « Ah, prends ça, sale face de serpent. »

Lorsqu'Harry se réveilla, la première chose qu'il entendit fut une voix grave et dangereusement doucereuse. Apparemment quelqu'un avait énervé le Maître des Potions, et celui-ci était furieux. Presque immédiatement, une voix ferme lui coupa la parole : « Harry sait ce qu'il fait, Severus. S'il a dit que Voldemort savait que vous étiez un traître, alors ça doit être vrai. De plus, je ne vous aurais pas laissé risquer votre vie si j'avais été mis au courant, mon garçon. »

Severus grogna mais ne dit rien, ce que le Directeur interpréta comme un acquiescement. Lorsqu'il reprit la parole, Harry pu véritablement entendre le pétillement dans ses yeux. « C'est un bon garçon. Nous avons un autre espion chez les Mangemorts et il sera capable de nous fournir les informations auxquelles vous ne pouvez plus accéder. » Harry entendit Severus demander l'identité de l'espion, et écouta attentivement, tout aussi curieux que l'homme.

Mais le Directeur se contenta de dire : « Je peux rien vous dire, Severus, vous le savez bien. Si vous êtes capturé par des Mangemorts, ils ne doivent pas pouvoir découvrir nos espions. »

Apparemment Severus acquiesça car il y eu un moment de silence. Puis le Maître des Potions reprit la parole : « Très bien, Albus. Je n'irais plus à aucune réunion et je resterai à Poudlard pour le moment. Entre-temps, que faisons-nous pour Harry ? »

Harry écarquilla les yeux. Est-ce que le Professeur Rogue venait bien de l'appeler par son prénom ? Lui ? Le cauchemar de son existence, le Garçon-Qui-Ne-Voulait-Pas-Mourir ? Apparemment, Severus s'en rendit compte car Harry entendit un juron étouffé suivit d'un grand éclat de rire. Albus Dumbledore trouvait son lapsus très amusant, et le lui fit comprendre, ses yeux brillants de malice comme jamais.

Severus se contenta de fixer le vieux sorcier, le défiant de lui faire une seule réflexion. Son mentor hocha simplement la tête, toujours en souriant, puis fit un geste en direction des rideaux d'Harry, les ouvrant. L'ex Mangemort vit que le Survivant était réveillé et grogna à nouveau, recomposant son masque impassible, arborant un air d'indifférence et d'hostilité.

Harry déglutit nerveusement, puis se tourna vers le directeur. « Professeur Dumbledore, j'ai eu une autre vision. Et je suis désolé d'avoir attaqué le Professeur Rogue, Monsieur, continua-t-il en jetant un bref coup d'œil à Severus avant de reporter son attention sur Dumbledore. C'est Bellatrix qui a dit à Voldemort qu'il était un espion, admit-il amèrement, son mépris pour le Seigneur des Ténèbres transpirant de ses paroles. Le Professeur Rogue a essayé de partir, mais je ne pouvais pas le laisser faire, alors je l'ai pétrifié et l'ai amené ici. Je comptais aller vous voir après, mais Voldemort s'est aperçu de son absence et il est devenu furieux. Je n'ai pas pu aller vous voir, et j'en suis désolé Monsieur, » expliqua-t-il rapidement.

Albus attendit jusqu'à ce que l'adolescent ai terminé avant de lui sourire gentiment et de le rassurer : « Tu as bien fait, Harry. Et tu n'auras pas d'ennuis pour ce que tu as fait. Tu empêché la mort de Severus, et pour ça, je te remercie. Il compte beaucoup pour moi, et je ne veux pas le perdre. » Severus et Harry cillèrent, étonnés. Le vieil homme n'était jamais si direct avec quelqu'un – pas avec eux, du moins.

Finalement, Harry hocha la tête et le remercia à son tour. Le professeur Dumbledore sourit et se leva, prenant le chemin de la sortie. « Vous devriez pouvoir sortir à l'heure du dîner, tous les deux. Pour l'instant, essayez de ne pas vous entre-tuer, d'accord ? » Sur ce, il sortit, ne leur laissant pas le temps de réagir.

Soupirant de résignation, Severus se rallongea sur son lit. Il avait seulement été pétrifié, il n'avait pas besoin de rester dans l'Infirmerie. Alors, bon sang, pourquoi l'obligeait-on à rester ici ? Har-... Potter, il pouvait comprendre, si ce qu'on lui avait dit à propos des visions du garçon était vrai, mais ça n'expliquait pas sa présence ici. Alors pourquoi ?

« Je pense que vous êtes ici pour que le Professeur Dumbledore puisse garder un œil sur vous, Professeur, » murmura Potter, le sortant de ses pensées. Lorsqu'il regarda l'adolescent, celui-ci mordilla sa lèvre inférieure et baissa les yeux, mais étant un vrai Gryffondor, il poursuivit : « Il a peur que vous essayiez d'aller à la réunion, et il vous garde probablement ici pour vous empêcher de vous enfuir et de vous faire tuer. »

Severus cligna des yeux, puis gronda : « Qu'est-ce qui vous fait penser que je suis assez stupide pour aller à une réunion qui me conduirait à ma mort ? » Harry renifla, mais ne dit rien, jusqu'à ce que Severus devienne impatient et il siffla : « Et bien ? » Puis Harry leva la tête et le fixa, ses yeux émeraudes brillants avec détermination et plusieurs autres émotions que le plus âgé ne voulait pas analyser.

« Votre mort n'est pas assurée, vous vous souvenez ? Je sais que vous ne m'avez pas cru, et je doute que vous me croyiez à présent. Mais je sais que c'était réel, et je sais également que vous auriez essayé d'aller quand même à la réunion pour obtenir d'autres informations pour l'Ordre. Il a dit qu'il avait déjà un autre espion sur place, et je ne vais pas vous laisser être torturé et tué, alors vous pouvez oublier tous vos plans ! » lança-t-il, avec colère.

Severus écarquilla les yeux et sa mâchoire se décrocha sous la surprise, mais il n'y pouvait rien pour le moment. Comment le garçon avait-il pu deviner qu'il aurait essayé d'aller à la réunion aussitôt qu'il serait sorti de l'infirmerie, insoucieux des paroles d'Albus ? Bon sang !

En voyant sa réaction, le visage d'Harry s'adoucit et la colère quitta ses yeux, remplacée par de la tristesse et ce qui ressemblait à de l'envie. « Je ne veux pas que vous soyez blessé ou tué, Professeur. Je commence seulement à comprendre certaines choses, et je ne veux pas vous perdre maintenant. S'il vous plaît, écoutez le Professeur Dumbledore et restez ici, en sécurité. »

Ces mots firent revenir Rogue à lui-même et fusilla faiblement le Gryffondor du regard. « Que voulez-vous dire en parlant de comprendre certaines choses ? Quelles choses ? » Harry mordilla ses lèvres, hésitant, puis il soupira et se glissa hors du lit. Malgré ses genoux tremblants, il s'approcha du lit de Severus. Il avait seulement fait deux pas lorsque ses jambes cédèrent sous lui et qu'il se sentit tomber. Rapidement, Severus le rattrapa et l'empêcha de s'écrouler au sol. Lorsqu'Harry le regarda à travers ses cheveux, il réalisa à quel point ils étaient proches l'un de l'autre.

Avant que Severus puisse s'éloigner de Potter, celui-ci eut l'audace de s'agripper à lui, passant ses bras autour de son cou et ses mains sans ses cheveux. « Hmmm... ce n'est pas graisseux du tout, » murmura-t-il distraitement. Severus retint son souffle, sans oser bouger, peu sûr de ce qui allait arriver ni de ce qu'il voulait. Une partie de lui voulait qu'Harry se reprenne et s'éloigne, mais il fut chagriné de s'apercevoir qu'une partie plus importante voulait que le jeune homme l'embrasse.

Tout à coup, Harry le regarda dans les yeux et sembla réaliser ce qu'il faisait, et avec qui. En s'éloignant, il bégaya : « J-Je suis désolé, Pro-Professeur, ». Il sortit de l'étreinte de Severus. Malheureusement, il n'était toujours pas stable sur ses jambes , alors au lieu de retourner dans son lit, il tomba sur le sol et tenta de reprendre son souffle.

Ils avaient été bien trop proches. Harry n'arrivait pas à y croire. Il avait presque embrassé son professeur. C'était la personne qui le détestait le plus, son détestable professeur de potions qui l'avait toujours critiqué et humilié à chaque fois qu'il en avait eu l'occasion. Et voilà, qu'il jouait avec ses cheveux en lui disant qu'ils n'étaient pas graisseux. Bordel.

Il rougit, en se remettant lentement sur ses pieds, et il attendit les remarques sarcastiques et les points en moins qui n'allaient pas tarder à venir. Les Gryffondors allaient être furieux en apprenant combien de points il allait probablement perdre. Même si Rogue le trouvait beau, il le détestait toujours. Lentement, comme aucune remarque acerbe ne venait, il leva les yeux.

Severus ne savait pas quoi penser. Harry avait été si proche de lui, pressé contre lui et il avait passé ses mains dans ses cheveux. Maintenant il était par terre après avoir réalisé à qui appartenait les cheveux avec lesquels il avait joué. Il ne savait pas quoi faire. Harry avait semblé vraiment s'inquiéter pour lui lorsqu'ils avaient été dehors, juste avant qu'il ne le pétrifie, mais maintenant il l'avait repoussé. Peut-être n'avait-il simplement pas voulu qu'il meure. Il aurait sûrement fait la même chose avec n'importe qui d'autre. Il était comme ça, après tout.

L'homme restait hébété lorsqu'Harry commença à se lever. Il n'était toujours pas guéri et avait besoin de repos. Quand il fut debout, il leva la tête et Severus se perdit à nouveau dans ses yeux émeraudes si expressifs. Ils reflétaient la douleur et l'embarras, et Severus ne pu s'empêcher de réagir. Se levant à son tour, il attrapa le bras d'Harry et l'aida à rejoindre son lit. Avant qu'il ne s'endorme, il l'entendit murmurer : « Merci Professeur, je suis heureux que vous alliez bien. »

Il attendit quelques minutes jusqu'à ce qu'il soit sûr que le Gryffondor dormait, avant de répondre doucement : « Il n'y a vraiment pas de quoi, Harry. »


Une petite review ?