Chapitre 6 : Secret révélé

Une fois m'être ressaisi, je quitte la cabane. Kurapika était assis sous un arbre près du lac. Il pleurait… Je ne savais pas qu'il était aussi sensible. Je suis un vrai salaud quand même, parce que le voir pleurer et souffrir ainsi pour moi… me fait quelque part plaisir. Je m'assois à coté de lui:

- Il fait un peu froid ce soir… tu ne trouves pas ?

- …

Je pose délicatement mes doigts sur la joue de Kurapika, lui séchant ses larmes et le caressant comme essayer de le rassurer:

- Tu avais quelque chose à me dire non ? Tu m'avais dit que c'était « très important », je t'écoute.

Kurapika pouvait à peine répondre, il bafouillait :

- …Je… Leo...rio...

Je repose ma main et soupire:

- Kurapika, je sais que c'est très dur à accepter, mais tu sais bien qu'on peut mourir n'importe quand. Tu en as eu la preuve… il y a dix. Et ces gens qui meurent comme ça, soudainement, n'ont pas toujours la chance de dire ce qu'ils ont sur le cœur aux gens qui leur sont chers. Ils ne peuvent pas profiter de leurs derniers instants avec eux, et partent comme ça, sans laisser de souvenir…

- …

- Tu sais, je t'ai appelé l'autre jour parce que j'avais très envie de passer ces derniers jours de ma vie à tes cotés. De toutes les choses qui me soient arrivées durant ces 25 années de mon existence, te rencontrer était… sûrement la plus belle chose. Je n'aurai jamais cru m'attacher autant à quelqu'un après la mort de Pietro. Tu es sûrement la personne que j'aime le plus au monde.

- Leorio…

Kurapika prit ma main. Je m'attendais à ce qu'il se fâche, qu'il s'en aille, qu'il me gifle… Mais ce qu'il a fait m'a vraiment choqué. Il a mis ma main… sous sa tunique. Je touchais du bout des doigts sa chaire. Je ne savais plus où me mettre, je n'ai pas tout de suite compris ce qu'il avait en tête. J'étais tout rouge et je me sentais vraiment mal. Je suis fou amoureux de Kurapika, mais je ne m'attendais pas à ce que lui aussi veuille de ce genre de choses… avec un homme. Voyant ma gêne, Kurapika me murmura à l'oreille :

- Bouge ta main Leorio, plus en haut…

Je n'ai pas tout de suite compris son délire, mais en m'exécutant, je sentis quelque chose… d'inhabituel chez un homme. Sa douce chaire se bombait au niveau de la poitrine. J'étais choqué parce que je ne comprenais rien à la situation. Kurapika est un homme, tout comme moi, alors pourquoi… a-t-il une poitrine ?

J'étais sans mots. Les idées les plus folles se mêlaient dans mon esprit. Je ne savais plus quoi penser, je ne pouvais même plus réfléchir... Soudain, je sentis… les lèvres de Kurapika caresser les miennes. J'écarquille les yeux, ne comprenant rien à la situation. Kurapika était entrain de m'embrasser, et ses lèvres… ses lèvres. Je n'ai jamais goûté une chose aussi douce, aussi délicieuse, aussi exquise. C'était l'extase à l'état pur, la beauté, la sensualité la volupté, le bonheur. C'était magique, c'était divin… Son baiser m'emportait dans une toute autre dimension. J'en oubliais mes malheurs, et je voyais devant moi un monde fait de couleurs: des terres fleuries, un ciel qui s'étend à perte de vue, un océan infini, un univers parfait, où il n'y a que Kurapika et moi. Ses lèvres répondaient à toutes mes questions, ses lèvres réparaient tous les maux et moi, moi… j'étais démuni face à cet amour inconditionnel. Je ne contrôlais plus mon corps, qui était déjà sous l'emprise du désir. A mon plus grand regret, nos lèvres se détachèrent. J'étais étourdi, ivre de son baiser. Kurapika me murmura :

- Je suis une femme… Leorio.

Kurapika… une femme. Je ne sais plus trop quoi penser, une femme… je crois que la logique veut que je sois en colère, car elle m'aurait apparemment menti pendant toutes ces années. Mais… Je n'arrive pas à réfléchir, j'ai l'impression d'être soûl, et c'est avec assurance que ce qui me brûlait les lèvres pendant tout ce temps finit par sortir :

- Je t'aime

Sans même attendre de réponse, je l'embrasse à nouveau avec toute la passion dont je suis capable. Je l'embrasse à en perdre haleine, je l'embrasse de toutes mes forces, en caressant sa langue, en me battant avec elle... Je l'embrasse comme je n'ai jamais embrassé personne. Les émotions les plus fortes me brûlent le cœur. Il bat tellement fort qu'il sortirait presque de sa place. Je n'arrive pas à me détacher d'elle, je me retrouve en elle, j'ai l'impression de voler. Je n'arrive même pas à décrire ce sentiment. Je me sens tellement petit, tellement vulnérable, et elle me manipule. Je suis amoureux, je suis fou amoureux, je suis tellement amoureux que je pourrai, là, en ce moment même, faire tomber toutes les montagnes, décomposer l'eau, toucher le vent, faire s'écrouler le ciel... Je pourrai même créer un monde, un monde pour elle, un monde pour nous. Je l'aime plus que tout, je l'aime à en mourir, je l'aime, mon Dieu comme je l'aime !

Mes lèvres descendent tout le long de sa nuque, embrassant son cou, le suçant, m'exaltant de son odeur. Elle gémit doucement, et je trouve ça tellement mignon. Kurapika est pour moi la définition de la perfection même, non, c'est une déesse. Ou alors, c'est la déesse du monde divin. Une humaine ne peut pas me rendre aussi fou. Je suis complètement submergé, je me noie dans un océan d'amour, et je ne veux même pas remonter à la surface. Je veux juste être entièrement uni à elle, je veux qu'on ne fasse plus qu'un. Je la désire… Kurapika…

Elle me murmure à l'oreille :

- Leorio, il y a un cabane de l'autre coté du lac… allons là bas.