Une journée normale chapitre 6
Et voilà c'est la fin. Merci à tous pour votre soutien et une léchouille particulière à ma chère correctrice qui parfois s'arrache les poils à comprendre ce que je veux dire. Merci à toi Bichette (euh pardon Caniche ^^)
Cabe, Paige et Toby passèrent par porte d'entrée du hangar. Walter se leva aussitôt pour les accueillir, puis il croisa le regard de Paige. Il s'adoucit et elle le prit à part.
« Ecoute Walter, on a bien bossé aujourd'hui, on est tous fatigués, on a envie de rentrer, s'il te plait ne commence pas à leur sauter à la gorge… »
Walter l'interrompit.
« Mais je n'en avais pas l'intention… »
Le regard accusateur de Paige le dissuada de continuer sa phrase.
« Bon ok, je voulais quand même leur dire quelque chose, je ne dois pas laisser ça comme ça ! C'est trop important. »
« Et je suis d'accord avec toi, mais il ne faut pas oublier qu'ils ont des sentiments que tu peux heurter et que le problème de Toby est bien plus profond que ça. C'est son rapport avec le jeu qu'il a transposé sur Happy, tu ne peux pas lui parler comme ça. Par ailleurs, il m'a promis de se soigner et il va le faire. Tu ne peux pas lui enlever tout ça d'un revers de la main. »
Walter sembla réfléchir.
« C'est ton pote, tu peux quand même pas lui faire ça, laisse-lui une chance… »
« D'accord. » rétorqua ce dernier, « mais tu es encore une fois responsable d'eux, je veux que tu les garde sous surveillance quand ils sont ensemble au travail. »
Pour toute réponse, Paige hocha la tête.
Au même moment, Sylvester, qui se sentait mal par rapport à Happy et Toby, entreprit de leur parler…
« Ecoutez, Happy, Toby, je suis vraiment désolé, je me sens coupable… »
« J'ai pas envie d'entendre ça, je vais me servir un café, j'en ai bien besoin… » Coupa Cabe, qui joint le geste à la parole et s'installa dans le canapé.
« Donc je disais, je suis désolé pour Walter, je voulais pas que ç'en arrive là… »
« Non, tu n'as pas à t'excuser Sly, c'est plutôt à Toby. » Happy regarda ce dernier.
« OOoooh ! Pourquoi je m'excuserais de t'aimer ma puce ? »
« Je t'ai dit de ne pas m'appeler comme ça au travail ! »
« Pour en revenir au sujet, j'ai essayé d'expliquer à Walter que j'avais exagéré mais il veut rien savoir, j'espère que Paige aura plus de chance que moi… »
« Ça, il y a aucun doute là-dessus. Sérieusement, s'il croit qu'il peut se servir de nous comme excuse pour ne pas déclarer sa flamme à Paige, il va m'entendre. »
Ses deux interlocuteurs restèrent sans voix.
« Ne me regardez pas comme ça ! Vous n'avez pas remarqué leur manège à tous les deux ? »
« Et si tu consacrais ton énergie à essayer de les mettre ensemble plutôt que de me... »
Elle n'eut besoin de continuer sa phrase, tout le monde avait comprit…
C'est à ce moment-là que Paige et Walter choisirent de venir rejoindre le reste de l'équipe.
« Ecoutez tous, il faut que je vous parle, c'est pas évident. Je veux que vous me laissiez finir sans avant de me couper la parole pour dire quoique ce soit. » Insista Walter en regardant Toby.
« Nous t'écoutons » Rétorqua ce dernier.
« Très bien, je ne vais pas y aller par quatre chemins. Happy et Toby vous avez….Enfin… je vais passer les détails, mais ce n'est pas tolérable. Si j'avais été un autre patron, un patron « normal », vous auriez tous les deux finis à la porte. Cela dit, nous ne sommes pas normaux et nous ne nous comportons pas de façon normale mais ça ne veut pas dire qu'il faut que j'accepte tout. Et ça, Toby je ne l'accepte pas. Donc, par conséquent, j'ai pris la décision de ne pas vous virer tous les deux et de ne pas vous laisser d'ultimatum ou quoique ce soit d'autre. Par contre, Toby tu dois te faire soigner concernant tes jeux, tes paris impulsifs et tout le reste... Paige sera là pour vérifier que tout soit fait dans les règles. Et une chose est sûre, je ne veux plus de ça au travail, c'est entendu ? »
Toby, prit conscience de son problème. Non seulement, ça le perturbait lui mais ça entrainait aussi toute l'équipe dans son délire.
« Ok alors je m'excuse, tout d'abord auprès de toi, Sly, car c'était pas cool, mais je m'excuse aussi auprès de vous, Walter et Paige, et aussi Cabe, là derrière… Et enfin toi, Happy. Non pas que je ne te respecte pas,enfin, sans le faire exprès, enfin tu me comprends, mais tu es la femme qui m'a rendu le sourire et qui fait que j'ai la « happytitude » en moi ! Parfois, je ne me rends pas compte que j'ai des problèmes avec les paris et le jeu et que j'ai transposé tout ça et que…. Bref je suis désolé ma pu… Happy… »
Happy ne put s'empêcher de sourire aux derniers mots de son doc.
« Tu n'as pas à t'excuser, c'est aussi comme ça que je t'aime, avec tes qualités et tes défauts. Je t'aime en entier et pas juste une partie. Je ne dis pas que tu ne dois pas changer… Mais sache que tu auras mon soutien. »
Toby s'approcha de Happy pour l'enlacer tendrement. Il savait à quel point c'était dur pour elle de mettre des mots sur ses sentiments mais là aux yeux de tous, c'était un exploit ! A ce moment-là, il savait que Happy l'aimait.
« Bon, petit génie, tu peux me lâcher maintenant. »
Toby se détacha de sa compagne et put voir le sourire franc de cette dernière.
*ce sourire vaut bien tout l'or du monde* pensa-t-il.
Et il n'avait aucunement envie de gâcher ça.
« Je vous propose de tous se retrouver sur le toit et de faire un barbeuc ! »
« Petit génie, il n'y a plus rien dans le frigo » Rétorqua Paige moqueuse.
« Paige, viens, on va faire les courses ensemble. » Lança d'un coup Walter.
« Ok, Paige et Walter vont s'occuper des courses. Cabe, tu veux bien t'occuper d'allumer le barbecue ? »
« En fait, je vais vous laisser entre vous ce soir. En effet, j'ai rencard ! »
Toute l'équipe s'arrêta et regarda Cabe d'un air stupéfait.
« Bah, il n'y a pas que vous qui avez le droit de vous amuser les jeunes. » Rétorqua ce dernier en insistant du regard sur Happy et Toby.
« Bon, alors Sly… »
« Non, non, non, je ne m'occuperais pas du feu, je vais…. Je vais faire la vaisselle et la l'astiquer pour qu'elle soit nickel ! »
« Euuhhh… Bah oui, fais donc ça et Happy et moi, on s'occupe du feu. »
Et tout le monde partit à ses occupations.
« Paige, on prend ma voiture. Ecoute, je te propose de te déposer à la superette et je vais chercher Ralph en attendant, qu'en penses-tu ? »
« T'es un peu gonflé Walter, tu n'étais pas censé m'aider à faire les courses ? »
« Tu sais, les courses et moi… Mais promis, on vient te chercher à la sortie. »
« Bon, de toute façon, si tu es comme Ralph, en effet, vaut mieux que tu ne sois pas dans mes pattes… »
Et ils rentrèrent dans la voiture. Ils étaient tous les deux silencieux et Paige décida de rompre cette tranquillité pour revenir sur l'attitude de Walter.
« Je te remercie, Walter, d'avoir écouté les sentiments des autres, c'est important. »
« J'ai appris, à ton contact, que ça pouvait rapporter gros… »
« T'es sérieux là ? »
« Disons que, prendre en compte ce que les autres ressentent, ça peut éviter parfois certaines situations… bizarres… Tu sais, des situations que je vivais avant que tu rentres dans ma vie… »
Paige se mit à rire doucement, elle aimait son humour décalé.
« Merci à toi Paige d'être là. Je ne suis pas facile et pourtant tu es toujours à mes côtés… Merci. »
Paige savait que faire dans les sentiments n'était pas le fort de Walter et elle se contenta largement de cette phrase.
Le trajet se continua dans le silence, mais un silence doux et apaisant.
Arrivé au supermarché, Walter se plaça en double file et laissa Paige sortir de la voiture. Elle ouvrit la porte et commença à sortir ses jambes.
Tout à coup, Walter la retint par le bras. Il la fixa du regard, approcha son visage du sien et l'embrassa. Ce ne fut pas un long baiser, mais un baiser doux, tendre et plein d'émotions. Walter s'était laissé aller à ce que son cœur lui dictait plutôt que sa raison. Une fois le contact rompu, Il se redressa.
« Je repasse dans 30 min, à plus tard »
Puis il démarra. Paige n'eut pas le temps de réaliser que la voiture était déjà partie. Elle se ressaisit et se dirigea vers le magasin.
Pendant ce temps-là, Walter pestait dans sa voiture. Il se demandait pourquoi il avait eu ce geste, et surtout, comment il allait s'en sortir maintenant…
*Non vraiment la fraternisation entre collègue, ça craint ! * Pensa-t-il.
Avant même d'y penser plus sérieusement, il était arrivé devant l'école de Ralph. Il le prit en lui expliquant qu'ils allaient faire un barbecue tous ensemble et que là, il fallait aller chercher sa mère au supermarché.
Au même moment au garage, tout se passait bien pour Sly, Happy et Toby. Happy s'approcha de Toby et lui glissa à l'oreille.
« C'est bien Toby, tu te comportes bien ! »
« Oui bah rigole pas car c'est pas facile là ! »
Puis ils se mirent à rire, l'ambiance était bon enfant.
Walter, de son côté, se gara près du supermarché et attendit Paige.
« Qu'est ce qu'on fait, petit, on l'attend là ou on rentre la chercher ? »
« Je pense que le plus prudent, c'est de l'attendre ici… »
Quelques instants plus tard.
« Mais on s'ennuie un peu là… On pourrait juste aller voir le rayon informatique en attendant… »
Ralph le regarda d'un air réprobateur.
« Oui t'as raison, c'est une mauvaise idée, puis si ta mère sort et qu'on perd la notion du temps… On pourrait peut-être l'attendre vers les caisses et l'aider à porter les sacs ? »
« Walter… Qu'est ce qui te rend si nerveux ? »
« Moi nerveux ? Mais pas du tout, je ne vois pas ce que tu veux dire… »
Ralph sourit en regardant vers le supermarché.
« Je sais que maman te plait, je sais que vous vous entendez bien et si tu veux tout savoir, cela ne me gêne pas… »
Walter se sentit rougir. Oui, Paige lui plaisait et il sentait que c'était réciproque, mais il avait peur de la perdre et peur de perdre tout le bonheur qu'il ressentait quand elle était à ses côtés… Et là, même Ralph le poussait dans ses bras. Happy, Toby et même Sly, il comprenait… Mais Ralph… C'était trop pour son cerveau émotionnel il ne pouvait pas gérer tout ça.
« Ecoute Ralph, ce sont des histoires de grand… »
« Oui, et des histoires bien dégoûtantes à mon goût, mais ce que je vois, c'est le sourire de maman quand tu es près d'elle et ça c'est important pour moi. J'aime la voir sourire, ça veut dire qu'elle est heureuse. Et une maman heureuse c'est… Pleins de bonnes choses pour moi… Puis je t'aime bien Walter. »
A ce moment précis, l'homme qui disait ne rien ressentir fut frappé par l'émotion. Il ne sut quoi répondre à Ralph. Il lui posa la main sur l'épaule, et le tira vers lui pour l'enlacer.
« Merci Ralph. »
Il voulut rajouter quelque chose mais il vit Paige arriver au loin, chargée de paquets de courses. Il rompit le contact avec Ralph pour partir à sa rencontre.
« Eh ben Paige, tu en as prévu pour un régiment là ! »
Dit-il en lui prenant deux sacs des mains.
« Oui faut croire ! Bonjour mon poussin, est ce que tout va bien ? »
Elle interrogea Walter du regard.
« Oui, on était simplement… En train de parler de trucs importants pour nous… »
Ils échangèrent un regard complice. Puis Ralph rentra dans la voiture pendant que Walter et Paige déposaient les sacs dans le coffre.
« Tu sais, pour tout à l'heure… Je suis désolée, je n'ai pas compris ce qui est arrivé… »
« Tu n'as pas à t'excuser Paige. Et je ne m'en excuse pas… Nous allons rejoindre les autres ? Ils doivent nous attendre… »
Perplexe à cause de cette réponse qui ne ressemblait pas à Walter, elle acquiesça.
Le chemin du retour se fit dans une bonne ambiance et les rires francs de Paige, rigolant aux pitreries de Walter. Ralph pensa dans son for intérieur qu'ils formaient tous les trois une très jolie famille.
Arrivés au garage, ils furent bien accueillis. La soirée s'annonçait belle et douce, une soirée entre amis comme on les aime. Des rires éclataient de toutes parts, quelques saucisses furent brûlées, des merguez tombées au feu (merci Toby…), des choses futiles furent racontées et quelques secrets éclatèrent. En effet, Toby, avec son côté à tout analyser, devina que Walter avait embrassé Paige, mais ce qu'il ignorait, c'est que pour une fois, il n'avait pas nié et qu'il même avait assumé ce geste.
La soirée se termina par un regard sur les étoiles.
Tous repartirent chez eux, le cœur léger, prêts à revivre de nouvelles aventures.
