Chapitre 11 : l'ultime épreuve.
En ouvrant les yeux, Sookie ne met qu'une seconde à rassembler ses esprits : Ha… oui… le club, la salle de jeux de Pam… ça y est.
Alors… comment se dégager du viking ? Muff, pas facile, il est bien accroché a elle… Voi…là. Très bien. Elle se lève, cherchant des yeux un habit mettable. Elle attrape la chemise de Bill et l'observe. Par chance, il reste un bouton opérationnel, parfait ! Elle jette un œil sur le lit en l'enfilant: Bill enserre Pam tendrement, elle est face à lui, tournant le dos à Eric qui s'est finalement mit sur le ventre quand Sookie s'est éclipsée.
- Y'a des photos qui se perdent… trop mimi les trois. Murmure la jeune fille en quittant la pièce.
Elle parcourt le club des yeux : quel calme ! La pendule au dessus du bar indique 17h. Elle a encore du temps avant qu'ils ne se réveillent. Elle a bien dormit ! D'ailleurs, elle se sent très bien… Merci Bill ! Elle se mord la lèvre en repensant à son acte. Mais, qu'est-ce qui lui a prit ? Déjà le mordre, le pauvre ! Il y était pour rien, lui. Mais surtout… pourquoi le boire ? Non, ça, ce n'est vraiment pas bien ! Et puis… le revoilà lié a elle, maintenant ! Pff… Oh là là… quel rêve ! Tous les deux, encore ! Si intense !
- Hey, ho ? Jeune fille ! Il va falloir freiner tes pulsions, sinon, tu ne tiendras jamais la cadence ! Se dit Sookie en contournant le Bar. Elle avait repérer la veille de quoi se préparer un bon petit dej.
Tout en mangeant, elle se demande si elle doit partir maintenant ou attendre qu'ils se réveillent. Son esprit vagabonde et elle repense à la veille.
Eric… elle n'avait rien contrôlé avec lui. Niall avait raison ! Elle était entièrement… sous son charme. Sookie soupire. Puis elle repense a ce qu'il lui avait dit chez elle. Avait-elle vraiment envie de le repousser ? Non. C'est évident qu'elle le désire. Elle admire son charisme, son humour et son assurance. Où est le problème après-tout ? Il ne cherchait pas a la tromper sur un hypothétique amour lui au moins et avait su se contrôler en la drainant. Il la voulait, comme depuis toujours, et pour une fois que c'est réciproque, elle continuerait a le fuir ? Pourquoi ? Parce que son désir était faux, induit par la transfusion ? Oui. Et alors ? Lui aussi, ses sens sont troublés par son sang de faé. Ils sont à égalité. Non, même pas, elle a un atout sur lui : Bill.
Bill est là et ça la rassure beaucoup. Ça se serait sûrement mal passé hier si il n'avait pas été là, d'ailleurs. Il est… si tendre, si fiable, si… différent! Sookie hoche la tête en repensant a sa déclaration à Eric. Il a tellement changé en trois mois… Et en bien ! Elle est contente de pouvoir conserver son amitié… heu… renforcée.
Et… Pam. Sookie grimace en débarrassant son repas terminé. Eric allait-il lui proposer de… ? Une nausée la parcourt. Sookie s'immobilise la main sur la bouche en essayant de gérer son malaise. Ah non… Il y a des choses concevables… et d'autre… pas ! Les regards que la vampire lui portaient l'avait toujours plus ou moins mit mal à l'aise mais si c'est vrai que cette pièce est à l'image de ses fantasmes… Pam est… une… horrible vicieuse ! Beurk !
Pourtant… Bill s'emble s'être attaché a elle, sincèrement. Et ça semble réciproque d'ailleurs. Et, entre-nous, pourquoi Eric l'aurait choisi si elle n'avait aucune qualité ? Elle se promet d'en parler avec le beau brun dès que possible… et en attendant : garder ses distances !
Elle retourne dans la chambre rouge. Le regard plein de tendresse, elle contemple Bill. Oui, c'est de ça qu'il avait besoin : d'un nid. Stable, fiable, sécurisant. C'est pour ça qu'il était si bien maintenant. Il avait besoin d'une famille. Qui peut s'en passer, d'ailleurs ? Puis son regard glisse sur son nouvel amant… hum… elle avait repoussé la couette en se levant et n'avait pas pensé la remettre. Maintenant sur le ventre, Sookie admire le verso qu'elle n'avait pas en le temps de détailler jusque là : ce dos… puissant ! Et ces fesses… Elle ne peut s'empêcher de s'humecter les lèvres en les contemplant, une pointe de désir s'insinuant au bas des reins. Un sourire sur les lèvres, elle parcourt furtivement la pièce des yeux et son regard tombe sur une porte qu'elle n'avait pas vu hier. Elle s'approche : Oh, extra ! Une salle de bain !
Ravie, elle entre et constate qu'il y a même des toilettes. Tiens ? Des humains passent part là souvent, alors ? N'essaye même pas d'y penser, tu serais horrifiée se dit Sookie. Elle soulage sa vessie et part prendre une douche.
Elle est en train de finir de se rincer quand elle prend conscience qu'elle ne s'est pas préparé de serviette. Zut ! Elle coupe l'eau et ouvre le rideau… et le referme aussitôt sur son corps, étouffant un cri de surprise. Pam est plantée devant elle, toute nue.
- Tu compte t'essuyer avec le rideau ? Original… S'amuse la vampire en lui tendant une serviette.
- Heu… non, bien sûr… merci. Bafouille la jeune fille contrariée, en l'attrapant.
Pam la regarde intensément et son visage perd toute expression amusée soudain.
- Tu… tu as peur de moi ?
- Non… mais… disons que je n'ai pas apprécié ta … familiarité, hier. Et là… je ne goûte pas non plus ton manque de pudeur… avoue la jeune fille, gênée.
- Pourquoi, c'est si moche que ça ? demande Pam en se regardant le nombril, très inquiète tout d'un coup.
- Mais non, tu es très belle… grogne Sookie. Mais moi, j'aime pas les femmes… et ton comportement me met mal à l'aise.
Pam relève les yeux sur elle et, après un instant de silence, elle dit d'une voix douce :
- Excuse-moi, pour hier, Sookie, j'ai été très maladroite. Ça ne se reproduira plus. T'es plutôt mimi, c'est vrai, mais je ne suis pas en train de te faire des avances, là, si c'est ça qui te tracasse. Je suis toujours la première à me lever… et là, quand j'ai entendu la douche, je me suis inquiétée, j'avais oublié que tu étais là. Et, sinon, si tu te demande ce que j'attends là, toute nue, devant toi…
- Oui, j'aimerais bien savoir. Confirme Sookie.
- Ben… c'est que tu me libère la place, ma douce, je voudrais me doucher.
- Ha ?
- Ben oui.
- Pardon. Dit Sookie en sortant.
Pam entre dans la douche et referme le rideau aussitôt. En s'essuyant, Sookie se dit qu'elle a été un peu ridicule, avec ses craintes mal placées. Elle brosse ses cheveux et demande :
- je peux t'emprunter un élastique ?
- Pas de problème, choisit.
La jeune fille se coiffe de sa queue de cheval légendaire et repasse la chemise de Bill pour sortir de la salle de bain. Les deux mâles dorment toujours. Elle fini par vraiment regarder chaque détail de la pièce. Elle s'approche du pilori, parcourue d'un frisson.
Mais quels pervers quand même… et en même temps… quand elle repense l'excitation ressentie quand elle était coincée les jambes grandes ouvertes, hier… Elle soupire. Son regard se pose sur la table d'examen gynéco et elle ne peut retenir une grimace : ça, par contre, lui rappelle plutôt de mauvais souvenirs…
- Alors ? ça te plait ? demande une petite voix.
Elle se retourne vers Pam qui la fixe d'un regard plein d'espoir. Elle a revêtue une tenue de sport violette pastelle, ravissante. Sookie ne peut cacher un sourire. Mais qui s'efface en reportant son attention sur l'environnement.
- C'est… très hard et ça me gêne, Pam… Non, ça ne me plait pas… dit-elle sincèrement en regardant chaque atelier. Elle soupire et reprend en haussant les épaules : Mais, je ne juge pas, chacun voit midi a sa porte. Pour moi, le sexe, ce n'est pas une lutte de pouvoir, c'est un partage. Il faudra que j'en dise deux mots à ton maker d'ailleurs. Par contre, on dirait une vrai. Dit-elle en désignant la table.
- Mais, c'est, une vrai ! s'exclame Pam en se rapprochant du meuble. Je m'étais installé gynéco avec mon propre cabinet quand Eric m'a libéré – le seul qui faisait un service de nuit, j'avais beaucoup de succès ! - Et puis… Il m'a demandé de venir en renfort ici. Je n'ai pas refusé car je suis ravie de pouvoir vivre avec lui de nouveau… mais je n'ai pas voulu m'en séparer... trop de bon souvenir avec cette table…
- Tu te moque de moi… sourit Sookie, incrédule.
- Mais non, pas du tout ! Je suis gynéco diplômée. Tu connais un autre métier, toi, qui permets de voir plein de petite chattes ouvertes et offertes, toute la journée ? Je sélectionnais soigneusement ma clientèle… Je te raconte pas : ça y allait l'hypnose !… Ah là là… c'était le bon temps ! se rappelle Pam, pensive.
- Hm … ça me fait penser que je vais devoir reprendre rendez-vous avec le mien… grimace Sookie d'un air dégoûté.
- C'est qui ?
- Kinnings.
- Non ? Anton Kinnings ?
- Oui.
- Ben dis donc, t'as du courage ! Il exerce encore, celui là ? il doit avoir au moins… Pam réfléchit en levant les yeux au ciel… 63 ans ! on a fait nos études ensemble. Lui, c'était un gros pervers !
- C'est toujours. Se renfrogne Sookie.
- Mais pourquoi tu ne change pas ? Je peux te donner des noms si tu veux…
- Oui… je sais. C'est juste qu'il n'est pas cher et près de chez moi. C'est juste pour de l'Orgaron, je ne le vois qu'une fois par an.
- Ha ? tu as des règles douloureuses ?
- Heu…oui. C'est pas pour les risques de grossesse, tu pense bien. Dit-elle en désignant les deux marmottes.
Pam soupire, elle passe derrière la table et tapote dessus.
- Ha non… sourit Sookie, la voyant venir.
- Tu ne discute pas. Je ne vais pas te laisser dans les mains de ce vieux cochon. Je ne vais pas abuser de la situation, Sookie, viens.
L'humaine roule des yeux et réfléchit un instant. Serait-ce pire qu'avec lui ? Non, impossible. Et, de toute façon… elles sont juste a coté des garçons, si ça ne va pas, elle crie et ils se réveillent... Elle s'assoit sur la table, malgré tout, très mal à l'aise.
- Pam… si c'est une tentative de manip…
- Non, Sookie, je suis vraiment gynéco et je veux juste te rendre service.
- Je t'en voudrais beaucoup sinon…
- Je sais, je ne prendrais pas ce risque.
- Ok.
Pam, le visage sérieux, passe les mains dans l'entrebâillement de la chemise et commence une palpation mammaire très… professionnelle : gardant ses yeux dans le vague, sur ses épaules, et lui demandant ses antécédents familiaux.
Sookie, étonnée, se détend progressivement. La vampire fait rapidement le tour de la question sans jamais dévier son geste en caresse et l'invite a s'allonger. Sans lui laisser le temps de s'inquiéter, restant près de son flanc, elle glisse la main entre ses cuisses et elle lui fait un toucher vaginal, très doux, franc, directe, le regard sur les plis de la chemise, sur son ventre.
- Bon, pas de problème. Tout va bien. Conclue-t-elle au bout d'une minute. (soupire) donc, là, j'ai fini.
- Oui… ? demande Sookie, amusée.
- Et donc, il faut que je retire ma main.
- Oui ! confirme la jeune fille a deux doigt d'éclater de rire devant la mine frustrée de Pam.
La vampire la regarde d'un petit air suppliant, les doigts toujours immobiles.
- Oh, non. Ne gâche pas tout, Pam. Je t'ai trouvé très bien, rassurante. Tu remontais dans mon estime, là. Dit Sookie gentiment, posant la main sur son bras libre.
Pam hoche la tête en faisant la moue et retire ses doigts aussitôt. Elle se les lèche avec regret, les yeux baissés, et soupire. Puis ouvre un petit tiroir sous la table et attrape un ordonnancier.
- Bon, Sookie, je ne veux plus que tu ailles voir ce gros lard. Tu te charge de trouver quelqu'un de mieux, je te donnerais des noms. En attendant, je te dépanne.
Et elle lui tend une ordonnance.
- Merci… dit-elle en la lisant. Mais ? c'est que pour un mois ?
- Ben, oui. Approuve la vampire retrouvant un air espiègle. Soit tu te trouve quelqu'un de bien qui fera ton suivi… Soit je te prends en charge mais… j'ai des honoraires non négociables.
- C'est-à-dire ?
- Tu devras… m'ouvrir tes cuisses, rien que pour moi, chaque mois. Explique-t-elle d'une voix sensuelle. Juste ça : un examen, complet, un tout petit peu plus long et détaillé à chaque fois… plus quelques baisers comme-ci comme ça, dans les coins, loin de leurs regards… Murmure-t-elle, en lançant une œillade aux deux loirs.
Une bouffée de chaleur trouble l'humaine a ces mots. Elle rougit et baisse les yeux. Pam s'approche de la jeune fille assise au bord de la table et murmure :
- C'est toi qui vois, y'a pas de problème. Va voir quelqu'un d'autre si je te met mal a l'aise. Mais, au moins, tu avoueras que je suis franche : je serais ravie de flirter un peu avec toi, tu me plais beaucoup… mais ça ne doit pas te contrarier. Et surtout… ça restera entre nous. Hors de question que je vous rejoigne pendant vos ébats, j'ai bien comprit que ce n'était pas ton truc. Dit-elle sérieusement.
Sookie ouvre la bouche pour lui répondre qu'elle va réfléchir, quand elle voit Pam se retourner vivement vers le lit. Elle chuchote :
- Tiens… regarde, Eric s'éveille. Il va se rapprocher de Bill… regarde… et voilà ! c'est comme ça à chaque réveil… S'amuse-t-elle en les couvant des yeux.
Sookie observe Eric dévorer la bouche de son filleul, un grognement sourd au fond de la poitrine. Quelle sensualité… Elle se surprend a envier Bill… et en même temps, aimerais bien être à la place d'Eric aussi… Quelle drôle de sensation… ça ne lui est jamais arrivé d'envier les – deux - partenaires d'un couple enlacé… Elle sent sa bouche saliver. Elle jette un œil furtif à sa voisine qui le lui rend en se mordant la lèvre inférieur d'envie.
- Tu… tu n'es pas jalouse ?
- Ah non, et tu ne doit pas l'être non plus…
- C'est pas le cas. Enonce Sookie sincèrement.
Puis tout d'un coup le visage de la jolie blonde exprime une grande agitation.
- Oh… ! Il est quelle heure ?
- Il doit être 18h15, 18h30…
- Mince ! Mince, mince, mince… gémit-elle en descendant de la table précipitamment.
Les deux mâles émergent à cette voix et se retournent vers elle.
- Hey ! tu vas où ?… s'insurge Eric, étonné. Et mon petit dej au lit ?
- Oublie ! lance Sookie en sortant de la pièce. J'ai un coup de fils à donner !
- C'est raté, apparemment…S'amuse Bill en se levant.
Sookie traverse la salle d'un pas rapide en direction du vestiaire. Zut, zappé Tara, complètement… Sookie espère qu'elle ne lui en voudra pas trop…
- Qui êtes-vous ? Demande une voix agressive.
Sookie sursaute et se retourne. Une belle humaine brune lui fait face et elle n'a pas l'air contente.
- Bonjour. Je suis Sookie.
- Mais que faites-vous là ! Je suis la première a arriver aujourd'hui, j'en suis sûr.
- Ben, oui ! J'ai dormi ici. J'ai remplacé Ginger, hier. Lâche la blonde en haussant les épaules, tentant de reprendre son chemin.
Katty lui attrape le bras :
- Quoi ? Mais jamais aucune d'entre nous ne dort ici ! et… c'est une chemise a Bill !
- Oui, d'ailleurs, j'aimerais bien la récupérer, moi… susurre le beau brun torse nu en se matérialisant dans son dos, esquissant une caresse dans son cou.
- Mais ? Je n'ai rien en dessous !
- Ah, oui…on sait ! s'amuse Eric maintenant devant elle.
Il l'enserre par la taille et l'embrasse doucement, sensuellement, penchant le buste pour qu'elle bascule légèrement en arrière et s'appui sur Bill. Puis il se détache à peine et lui murmure d'une voix chaude:
- Et on te préfère sans…
- Oui, oui, je sais… soupire Sookie, cachant difficilement son sourire.
Elle se dégage des vampires fermement. Ils la laisse faire mais leurs désir crève les yeux.
L'autre humaine n'en revient pas. Prenant Katty à témoin, Sookie rentre dans le vestiaire en grommelant :
- Non, mais, tu les a vu ? De vraies bêtes de sexe, ils ne pensent qu'a ça ! Pénibles…
Katty la suit, perplexe. Sookie cherche son portable dans son sac et appelle Tara.
- Salut ! …Oui… Hum ! Je suis encore au Fangtasia, désolée… ça va être juste pour la séance de 19h… on ira après manger, si tu veux ? Oui… Ok ! Rendez-vous dans une heure.
Et elle raccroche pour attraper sa robe.
- Mais… Tu es une nouvelle serveuse ?
- Non, j'ai juste dépanné hier. Je suis… une amie d'Eric.
Et pourquoi tu porte une chemise de Bill ?
- Heu… tu veux que je te fasse un dessin ?
- Quoi ?
Sookie se change en regardant Katty d'un air amusée. En faisant un petit tour dans son esprit elle y trouve une franche animosité et une énorme jalousie : elle accepte mal que Bill couche avec une autre humaine.
- Ne t'inquiète pas, je ne suis plus avec Bill. On a rompu il y a plusieurs mois déjà. Il est libre. Je te demanderais juste de ne pas le faire souffrir, j'y suis très attachée…
- Attend… tu as couché avec Eric et Bill, dormit ici et… tu n'as pas été mordu ?
- Tu crois à ce que tu dis, là ? lance Sookie en roulant des yeux.
- Mais… tu n'a aucune trace !
- Pff… Bill me cicatrise, il l'a toujours fait.
- Quoi ?
Ah… il ne le fait pas à toutes ses conquêtes apparemment… Sookie sourit et décide de la laisser dans le doute : les insultes qu'elle a entendu dans son esprit n'était pas à son goût... Et sur ce, elle tente de sortir. Katty lui barre le passage, lui arrachant la chemise des mains.
- Ecoute, pétasse, tu…
Sookie éclate de rire et force le passage sans difficulté. Elle débarque dans la salle, la brune furieuse, sur les talons.
- Qu'est ce qui se passe ? demande Eric.
Ta serveuse n'apprécie pas les égards que tu me porte, Bill, je viens de me faire traiter de pétasse… raconte Sookie, hilare.
Le visage du vampire concerné se ferme. Il fixe Katty avec férocité.
- Sookie est l'amour de ma vie, Katty. Plus jamais tu ne lui manque de respect, sinon…
Il n'a pas besoin de finir sa phrase, tous le monde a comprit. Eric et Sookie le regarde avec une admiration teintée de tristesse : il assume. Parfaitement.
- On ne dort jamais avec une humaine, ma douce. Tu va créer des jalousies… forcément. Lâche Pam, amusée.
- Forcément…murmure Sookie. Je ne dormirais donc plus ici… conclue-t-elle, pensive.
Elle regarde Eric furtivement, puis se ressaisit.
- Bon, j'y vais, je sors avec Tara, ce soir, on se fait une toile… Tu… n'as plus besoin de moi ? Demande-t-elle au maître des lieux.
Celui-ci, contrarié de la voir si pressée de partir se renfrogne un peu.
- Si. Viens là, on a un compte a régler tous les deux. Marmonne le viking en se dirigeant vers son bureau.
- Ah ? s'inquiète Sookie en le suivant.
Eric s'assoit d'emblée à son bureau et sort son chéquier au grand soulagement de Sookie. Ouf ! Il va lui régler ses honoraires, rien de plus. Il se lève et s'approche d'elle. Sookie regarde le montant et rougit.
- Oh, non, Eric, c'est beaucoup trop…
Un léger sourire sur ses lèvres, il argumente :
- J'ai compté aussi les frais de négociation auprès des faés. Si je n'avais plus ma mémoire, princesse, je perdrais beaucoup plus que ça aujourd'hui.
Sookie entrouvre les lèvres de surprise :
- Princesse ? murmure-t-elle.
- Ben… oui. J'ai dis ça… comme ça. Tu n'aime pas ?
- Mais… si, au contraire. Tu m'appelais comme ça quand tu étais amnésique. Se rappelle la jeune fille, nostalgique.
Elle baisse les yeux et son visage exprime une légère tristesse.
- Tu étais si gentil… murmure-t-elle d'une toute petite voix.
Décontenancé, Eric la prend dans ses bras avec beaucoup de douceur.
- Et je ne le suis plus, tu crois ?
- Attend ! Tu veux que je te rappelle le nombre de fois où je t'ai dit non, hier ? Tu m'as forcé, Eric… Et puis, tu m'as demandé de… de… vous… c'était trop fort ! (soupire) Je me suis sentie perdue, complètement dépossédée de ma volonté. Gémit Sookie en le serrant contre elle, la tête au creux de son bras.
- Mais… je sentais ton désir, ton plaisir, j'ai cru…
- Oui ! coupe Sookie… j'ai jouit intensément, ce n'est pas la question. Ton sang coule en moi, c'est évident que j'ai envie que tu me fasses l'amour… mais si tu me demande si je veux le refaire : c'est non, tout de suite ! Explique la jeune fille en levant son visage triste vers le viking. Elle cherche ses mots et poursuit :
- Pas… comme ça. Ne cherche pas a me dominer, Eric, sinon je me détournerais de toi. Je veux pouvoir t'admirer, avoir confiance en toi, pas… te craindre ! Je ne suis Pam ou Bill, tu ne peux pas exiger la même chose de moi, c'est impossible…
- Non… bien sûr que non… excuse-moi, Sookie, je n'avais pas vu les choses sous cet angle…
Il la soulève dans ses bras et part s'assoir sur le canapé. Sookie, sur ses genoux, continue a réfléchir a ce qu'elle voudrais vraiment qu'il comprenne.
- Ecoute… pendant ton amnésie, tu m'as demandé d'être ton amante, tu m'as dit que tu voudrais apprendre à me connaitre et faire un bout de chemin avec moi… et … ça me plaisait cette idée ! Je sais que je ne peux pas te demander de tomber amoureux ou d'être ta partenaire exclusive… mais… soit certain qu'il me sera impossible aussi de n'être qu'une de tes petites putes que tu consomme à ta guise et que tu jette après…
- Tu rigoles ? Jamais… s'exclame Eric, blessé.
Ils se regardent un instant intensément et il accepte de s'ouvrir un peu.
- Tu crois qu'il y en a beaucoup, des petites putes comme tu dis, pour qui je me suis offert au soleil, Sookie ? Si tu savais comme Pam m'en a voulu pour ça… Jamais une humaine n'a eu autant d'importance pour moi… et… (soupire) oui, j'aimerais que tu sois mon amante, Sookie et que nous fassions plus ample connaissance, si ça te tente toujours…
La jeune fille le regarde avec gentillesse et continue avec douceur :
- Eric…Je veux juste que tu… me considère un peu et que tu respecte mes décisions, d'accord ? Si je dis « non », c'est non. Point. Peu importe ce que tu crois ressentir par notre lien. Ce n'est pas parce que je suis excitée que c'est bon pour moi de céder et de te laisser me baiser et me drainer… Le prince des faés ne voulait pas te rendre la mémoire car il pensait que je ne pourrais plus te repousser. Je lui ai assuré que si, que je n'étais pas en danger avec toi. Hier, je voulais me prouver qu'il avait tord… et… c'est toi qui m'as prouvé qu'il avait raison. J'étais crevée, je ne voulais pas, vraiment ! Si tu ne me laisse pas décider ce qui est bon pour moi, je serais en danger a tes côtés, c'est certain. Tu es un vampire, Eric, et moi une faé… c'est, par définition, incompatible…
Eric encaisse ses paroles avec difficultés. Il croyait avoir « gagné » hier et vient de prendre conscience que ce n'ai pas le cas. Au contraire. Flute alors ! Il ressert son étreinte en esquissant un sourire. Il inspire une grande bouffée de son odeur enivrante, le nez dans son cou et se permet même de poser la langue sur sa carotide, savourant ses pulsions. Rien, a cet instant, ne peut l'empêcher de sortir les crocs… pourtant le cœur de Sookie bat régulièrement, elle n'a pas peur. Il l'admire pour ça. Eric se détache et la regarde, très serein.
- Plus jamais je ne te prendrais ni te mordrais de force, Sookie, c'est juré. Et moi, quand je promets une chose… plaisante-t-il en roulant des yeux.
- Oui, oui, on sait… ça tient encore un millénaire après ! s'exclame Sookie en riant.
Il lui sourit. Un sourire franc, gentil et, ma foi, complètement craquant ! Sookie lui croche la nuque et l'embrasse fougueusement. Ce moment se prolonge, mêlant sensualité et passion, le vampire s'autorise a bouger la main posée sur sa cuisse et la remonte doucement vers sa fesse. Oh… oui, c'est vrai, elle n'a plus de culotte, arrachée la veille. Humm… il effleure la douceur de sa peau… puis d'un coup, Eric se détache, le regard fixe.
- Lève-toi, Sookie, Bill me transmet que la reine arrive ! Salope, elle est en avance !
- Appelle André , on est à la bourre! transmet-il à Bill en la remettant debout.
- Tout de suite. Répond le beau brun, très inquiet.
Il avait a peine terminer sa phrase que Sophie-Ann entre dans le bureau. Elle se fige en voyant Sookie là, elle ne s'attendait pas à sa présence. Elle la détaille de haut en bas et sent sa rage ressurgir : elle n'avait jamais désiré une humaine autant.
Sookie baisse les yeux pour ne pas risquer de la contrarier… encore plus ! Beaucoup de chose allait se jouer, là… Une autre vampire entre derrière la reine, son expression cruelle impressionne Sookie qui recule d'un pas.
- Northman, laisse-moi te présenter Judy Flint, promue Magister sur mes recommandations. Enonce la reine en s'asseyant.
Le nouveau magister et l'intéressé se dévisage. A regret, Eric perçoit que cette femme est parfaitement étanche à son charme naturel, elle doit être lesbienne. Oye, pas bon… Bien joué, Sophie ! se dit Eric. Bill entre et referme la porte derrière lui.
- André ne viendra pas, il ne veut pas se mêler de ça. Lui transmet son filleul d'un air sombre.
- Il m'avait promit. Proteste Eric en proposant un siège à la juge.
Bill hoche la tête d'un air désolé et se rapproche de Sookie. Eric réfléchit rapidement, ses chances s'étaient réduite considérablement, il allait devoir jouer serré… allez, jouons les candides :
- Que me vaut l'honneur ? commence le viking avec légèreté.
La reine éclate de rire.
- Tu le sais parfaitement ! Tu avais le droit de demander des dommages et intérêts pour mes fautes, mais certainement pas de me faire subir tous ces outrages.
- Quels outrages ? L'intimité que nous avons partagé était, oui, très intense… mais tu y a pris beaucoup de plaisir ! C'est toi-même qui l'a dit… Enonce Eric avec son calme habituel, feignant la surprise.
- Certainement pas ! se défend la reine, outrée.
- Tu n'as pas pris de plaisir ?
- Non ! Ou bien je simulais pour abréger mon martyre.
Eric se détend. Décidément, elle est trop sûre d'elle-même et facile à manipuler. Il se redresse sur sa chaise et pose les coudes sur ses genoux, se penchant vers elle.
- C'est vrai que tu mens si bien… Je doute pourtant de m'y être laissé prendre… Tu dois confondre. Ma reine, rappelle-toi bien, ne t'ai-je pas fais jouir avec ma langue ? murmure-t-il avec douceur, prenant un air malheureux.
Puis, il se lève et vient s'accroupir à ses genoux.
- Moi, je me souviens pourtant parfaitement de ton parfum … de ta saveur… de tes gémissements et de ta voix quand tu m'as crié que tu adorais ce que je te faisais… énumère le viking lentement, feignant la tristesse qu'elle ne s'en souvienne pas.
Bill admire son jeu de scène, lui-même s'y laisserait prendre. Il observe la juge qui a l'air troublée, regardant à tour de rôle la reine et son maître d'un air suspicieux.
Sophie-ann ne s'attendait pas à ça. Elle l'avait sous-estimé. Encore. Elle réfléchi a une contre-attaque mais Eric ne le lui laisse pas le temps.
- Maintenant… si vraiment tu ne t'en souviens pas, je peux vous montrer la vidéo, mesdames.
Une expression horrifiée s'imprime sur le visage de la belle rousse.
- Tu as fais une vidéo ?
- Tout ce qui se passe dans ce club est filmé, c'est indiqué à l'entrée. C'est toi qui m'en as donné l'idée, d'ailleurs, en m'avouant avoir posé des micros dans ce bureau. Je voulais me protéger. Tu vois, j'ai bien fais, non ?
Il lève les yeux vers son compagnon :
- Bill ? Tu peux allez à la réserve voir les bandes de novembre ? Savez-vous la date, ma reine ? demande Eric avec courtoisie.
Sophie-Ann ouvre la bouche pour interdire la projection de cette monstruosité quand un rire grave retentit de la porte du bureau qui s'ouvre lentement. Tous se retournent et, constatant le propriétaire de ce rire, ont un vif mouvement de recule.
Eric serre les point et réfléchit a toute vitesse. Sophie-Ann sent une nausée la parcourir : non, c'est impossible ! Bill, instinctivement, se place devant Sookie, espérant pouvoir la protéger, au moins quelques instants.
- Oh, Eric… quel brillant esprit tu as… Ma chère, vous ne faites vraiment pas le poids face à lui, je me demande comment avez-vous pu devenir reine…
Celle-ci baisse les yeux, cherchant a se faire oublier.
- En tout cas, ne vous inquiétez pas, si vous estimez que cet… homme vous a outragé et doit être puni, soyez assurée que je me charge de son châtiment… (silence) oh oui… il va payer cher… très cher…
Ce ton, lourd de menace, glace le sang de Sookie qui commence a trembler, collée a Bill.
- Mesdames ? je ne vous retiens pas !
Sophie-Ann et Judy se lèvent précipitamment, contentes de sortir de là, vivantes. Bill et Sookie les suivent des yeux avec envie puis regarde Eric. Le viking, extrêmement tendu, les regarde un instant puis pose les yeux sur le nouvel arrivant.
Russel jubile. Très calme, il dévisage sa victime en se demandant ce qu'il allait essayer d'inventer pour lui échapper. Avec surprise, il voit le beau blond de détendre progressivement puis se mettre à rire silencieusement.
- ça te fait rire ? murmure-t-il, amusé.
- Oh… je ne vais pas pleurer, j'ai passé l'âge. Je savais que je mourrais de vos mains à l'instant où j'ai planté Talbot. J'étais prêt à mourir il y a trois mois, je le suis toujours. J'ai eu un sursis… et je l'ai vraiment beaucoup apprécié… murmure-t-il.
Il fixe le couple désespéré qui se serre l'un contre l'autre dans le coin de la pièce. Eric leur sourit un bref instant, un sourire triste et plein de regret, puis détourne les yeux.
- Quelqu'un m'a dit que, face à son maître, rien ne sert de se débattre, ça ne mène qu'à vous exciter davantage et rendre l'acte plus féroce. Dit Eric d'une voix douce, regardant son bourreau droit dans les yeux.
Russel rit doucement.
- Hum… sage conseil. Tu me considère donc comme ton maitre ?
Eric lève un sourcil et baisse les yeux aussitôt, feignant la pudeur. Bill à capté son attitude et s'interroge. Eric murmure :
- pouvez-vous leur épargner mon massacre, mon roi ? Ils restent à votre merci de toute façon… mais… je souhaiterais… être seul avec toi.
Eric lève les yeux sur le roi, troublé par le tutoiement soudain.
- S'il te plait. Souffle Eric, le regard suppliant.
Russel le dévisage avec étonnement puis lève la main d'un geste brusque signifiant « dégagez » aux deux autres. Bill saisit l'occasion et entraine Sookie. Elle résiste.
- Non ! Eric ! Non ! S'il vous plait !
Elle pleure et se débat. Soudain, une voix rassurante se fait entendre au clan du viking. Russel s'étonne sans comprendre, de les voir d'un coup tous les trois si attentifs.
- Eric a intuité la solution, Sookie. Il peut réussir s'il est sincère. Chuchote Godric d'une faible voix. Une très pale image de lui apparait et il leur sourit puis se retourne vers son fils : Ne me déçoit pas… dit-il avec un visage triste. Ou bien nous serons séparés à jamais… ton âme n'est pas prête a rejoindre la mienne.
Et il disparait.
Eric cligne des yeux pour refouler une larme qui aurait bien voulu sortir pourtant. Bill, empoignant une Sookie toute ramollie par l'impuissance, parvient à la faire sortir du bureau.
Pam a renvoyé le personnel en voyant arriver Russel et elle les rejoint en se tordant les mains, les joues zébrées de larmes. Bill lui ouvre un bras et, caressant les cheveux des deux femmes éperdues d'inquiétudes, il fixe la porte du bureau intensément. Que faire ?
S'en remettre à lui, lui faire confiance. Que peuvent-ils faire d'autre ? Russel est bien trop puissant et rapide, galvanisé par sa rage et sa soif de vengeance…
Après un silence, ils entendent des voix sans comprendre les mots. Puis le rire et les rugissements ravis du roi. Le bruit d'un meuble qui casse, suivit aussitôt d'un autre…
Puis un cri…
Bill ferme les yeux et une larme coule.
- Je peux pas… je peux pas, c'est trop difficile ! transmet Eric d'une voix paniquée.
- Tu te calme et tu le fais ! abois Bill en pensée. Je sais que c'est difficile. Mais si moi j'ai pu, tu pourras aussi, tu es plus fort que moi !
- J'en doute… non…c'est… impossible.
Chocs, hurlements et grognements se succèdent. Bill sent sa colère monter.
- Eric ! si jamais tu meures maintenant, je la tue, tu m'entends ? je l'égorge, là, tout de suite, au moins je serais certain qu'il ne jouera pas avec elle et j'aurais le plaisir de la drainer jusqu'au bout avant de mourir. Et pareil pour Pam, je la plante ! Tu m'entends ? Puis, j'attaque le roi dès qu'il sort. Bordel ! Tu auras provoqué notre mort à tous les trois ! C'est ça que tu veux !
- Non… gémit Eric.
- Alors calme toi et fais-le, sale pute!
Le temps passe, Bill continue ses encouragements télépathiques, le soutenant de tout son cœur. Et, progressivement, le rythme des cris diminue puis cessent. Le silence revient et se prolonge un petit moment, ponctué de petit rire moqueur du roi. Puis la porte s'ouvre, enfin.
Russel sort, couvert de sang, surtout au niveau de la bouche, un sourire satisfait sur les lèvres. Il s'approche d'eux. Sookie arme ses mains en défense, prête a lui projeter la plus puissante des flèches qu'elle puisse produire mais Bill pose doucement sa main sur son bras, l'invitant a cesser sa menace. Elle le regarde, surprise.
Il se place devant les femmes en dévisageant le roi sans sourciller, très sûr de lui. Russel lui adresse un sourire horrible, l'image même du monstre de série Z.
- Toi, t'es bien plus intelligent que je ne pensais…
Bill accueille le compliment d'un léger en hochement de tête, le visage serein.
- Toujours férocement fidèle à celle que tu aime, hein ? Près à tuer…
- Et à mourir pour eux. Oui, maître, vous le savez.
- Eux …?
- Mon amour, ma sœur… dit-il en désignant Sookie et Pam. Ma progéniture, Jessica. Et…surtout… le monstre d'orgueil à qui vous venez de mettre la volée de sa vie.
- Lui ? Tu tiens à lui ? s'amuse le roi.
- Oui. Je lui appartiens maintenant. A cause de votre reine, d'ailleurs… encore.
- Et bien… Tu dois la haïr au moins autant que tu me haïs.
- Pas de haine envers mon roi tant qu'il protège les miens.
- Hum… (rire) J'imagine donc que je pourrais compter sur toi si mon… épouse me pose un problème, hein ?
Bill acquiesce en silence, sans le lâcher du regard, un léger sourire sur les lèvres. Russel repose les yeux sur Sookie.
- Hm… toi… tu es aussi bien plus précieuse vivante que morte et serait difficilement manipulable sans eux… je ne vais donc pas gâcher mes chances de t'utiliser. Nous verrons ça plus tard…
Son regard glisse sur Pam puis il se détourne et se dirige vers la porte.
- Très sympa, ce club, je vais devenir un habitué, je pense… lance-t-il d'une vois gaie, en franchissant la porte.
Les trois regardent la porte se refermer derrière lui et Sookie pousse un grand soupire de soulagement. Rassemblant son courage, Bill se détache des femmes et entre dans le bureau. La pièce est complètement dévastée. Des documents, papiers factures, débris de bureau, de chaises jonchent le sol. Bill cherche et… trouve.
Il est là, sur le canapé… vivant… heu… presque.
Bill s'agenouille près de lui et prend son point dans le sien.
- Alors ? c'est qui le meilleur ? souffle le viking épuisé.
- C'est toi ! répond Bill, les yeux humides. Personne ne te résiste…
Il porte la main de son maître à sa joue et savoure son contacte en fermant les yeux. Puis contemple l'ampleur des dégâts : il est nu, entièrement couvert de plaies et de morsures profondes, la chair a été arrachée par plaque entière sur certaine zones. A plusieurs endroits, la tension de la peau ou des bosses bizarres laisse envisager des fractures. Bill grimace.
- Laissez-nous cinq minutes les filles, il est vivant mais… très moche, je ne veux pas que vous voyez ça, d'accord ? cri Bill à l'intention des deux femmes qui attendent avec impatience son verdict.
- Ok ! Lance Pam. Ne t'inquiète plus Sookie, viens, on va boire un verre.
- Si tu veux… murmure la jeune fille, tremblante.
Oui, un petit remontant, ça ne sera pas de trop… elle est bouleversée, ne comprenant toujours pas pourquoi elle est encore en vie… ni les trois autres d'ailleurs…
Bill fait la moue puis fixe Eric avec un sourire ambigu.
- J'y vais ?
- Va s'y… soupire le viking, esquissant un sourire. Je vais ressentir le plaisir que tu va y prendre, ça va adoucir ma douleur…
- Pff… moi, je vais ressentir ta douleur, ça va gâcher mon plaisir ! Grimace Bill.
Les deux échange un regard complice et Bill continue sur un ton léger :
- Non, mais… quand je pense que j'étais a deux doigt d'être enfin débarrassé de toi, j'avais plus qu'a consoler Sookie et Pam et me vautrer dans ma liberté, et non ! Il a fallut que tu t'en sortes – encore - T'es pire que de la mauvaise herbe, increvable !
- Bill ?
- Hum ? demande celui-ci en tâtant son avant bras.
- J'y serais jamais arrivé sans toi, sans ton exemple, sans ton soutien. Tu t'es abandonné a moi alors que nous étions ennemis. Si tu ne m'avais pas montré que c'est possible ça aurait été inenvisageable pour moi aujourd'hui et je serais mort.
- Tu crois ? Tu te sous-estime. Murmure Bill d'une voix distraite.
Et il tire fermement, remettant les os en place. Eric pousse un grognement féroce, déclenchant un petit rire gourmand chez son filleul.
- Bill ?
- Mais… je t'écoute, mon maître. Dit Bill en faisant courir ses doigts le long du bras, sans le regarder.
Eric attrape son menton et plonge son regard dans le sien.
- Bill, je suis ton maître et, en tant que tel, je t'affranchi.
Bill se fige. Une énorme chaine vient de se briser dans son esprit. Il observe le visage de l'homme allongé près de lui, incrédule. Un très long silence s'installe. Eric lâche le menton de son compagnon et apprécie qu'il ne hurle pas de joie en s'enfuyant a toute vitesse. Non. Bill reste près de lui avec un regard où la reconnaissance et la tristesse se mêle étroitement. Une larme s'apprête à couler, il fallait s'y attendre. Mais, ce qui est étonnant, c'est que c'est de l'œil d'Eric. Il regarde au plafond en soupirant. Non, c'est bon, il gère. Bill murmure :
- Tu regrette, déjà ?
- Oui. Répond le viking humblement.
Bill hoche la tête et, extrêmement troublé, ne trouvant pas les mots, se repenche sur sa corvée.
Nouveau grondement sourd. Ça y est, clavicule remise. Puis suivent l'humérus, les trois côtes et le maxillaire sans parler des doigts de la main droite et le sternum… Bill termine par le plus difficile : le fémur qui n'est pas vraiment déplacé mais en mile morceau a un endroit au dessus du genou et il essaye de trouver le bon angle pour qu'il cicatrise vite et … vite. Et puis vite, surtout ! Mais là… étonnamment, Bill prend tout son temps. Eric fini par éclater de rire en lui attrapant l'épaule.
- Mais c'est fini, oui ? Et après tu diras que c'est moi le sadique…
Bill rit de bon cœur. Il se sent mieux, l'émotion de la libération est passée et il regarde Eric avec tendresse. Il se penche et… s'arrête à deux centimètre de lui, les yeux baissés.
- Tu me capte toujours ?
- Haut et clair. Transmet le viking.
- Puis-je enfin rentrer chez moi ?
- Tu n'as plus à me le demander.
Le beau brun plante son regard droit dans le sien et dit :
- Je te le demande, pourtant.
- Alors non, je te l'interdit. Tu ES chez toi, mon fils… mon frère. Pam serait très malheureuse si tu nous quittais, je pense…
- Pam, hein… ?
Eric sourit et s'étire un peu. Ça y est, la cicatrisation est en marche et les douleurs diminuent. Se faisant il frôle les lèvres de son compagnon qui était resté penché sur lui. Bill réfléchit un instant : s'il veut s'affranchir, c'est maintenant. Il avait déjà pensé a cette situation, en avait rêvé même. Sa décision ne fut donc pas longue a prendre. Il ouvre la bouche et embrasse son amant avec fougue. Eric fond de reconnaissance… et ses pensées vont vers Godric, le remerciant de toute son âme pour l'avoir lié à lui. Bill se détache.
- Pam ? Sookie ? vous pouvez venir !
Les deux femmes entrent. Sookie offre son poignet aussitôt à Eric qui apprécie et la draine avec reconnaissance. Pam observe cicatriser ses morsures et demande, un peu perplexe :
- Mais, pourquoi t'a-t-il épargner ?
Eric regarde Bill et c'est lui qui répond :
- Il lui a joué le viking soumit. On n'est pas sûr que Russel soit complètement tombé dans le panneau mais… il a prit suffisamment de plaisir pour qu'il décide, de lui-même, qu'Eric serait plus… utile, vivant.
Eric de détache du poignet de Sookie et lui envoie un clin d'œil de remerciement.
- Je vais l'avoir sur le dos un moment, peut-être, mais au moins vous êtes vivant et moi aussi. Dit-il, pensif.
Sookie le dévisage, incrédule.
- Tu… tu l'as charmé ? tu t'es offert à lui et c'est pour ça qu'il ne t'a pas tué ? Il a prit son pied et en veut encore ?
Eric, ragaillardit par la transfusion, s'assoit avec quelques difficultés.
- Je me suis entièrement soumit, complètement, sincèrement et… comme il a toujours eu un petit faible pour moi… ça a marché. Pourtant…j'ai vraiment cru que j'allais y rester au début, car il me voyait venir et m'a rudement mis à l'épreuve…
Le beau blond regarde Bill intensément et poursuit son explication avec douceur.
- Mais Bill me soutenait par la pensée et je me suis accroché… c'est pourquoi je viens de l'affranchir, d'ailleurs. Il est libre.
Une ombre de panique traverse le regard de Pam. Elle pose les yeux sur son frère et s'agenouille près de lui, redoutant la réponse à la question qu'elle s'apprête à lui poser. Il lui sourit et prend sa main gentiment.
- Non, je reste. Dit-il, devançant sa demande.
Elle le prend dans ses bras et éclate de rire, rassurée.
- Félicitation, frangin… murmure-t-elle tendrement.
Eric gémit en s'étirant plus fort et fini par éclater de rire aussi.
- Oh non…Ch'uis vraiment qu'une grosse pute (rire), et il va falloir assumer ça… Pff.
- C'est toi qui l'a dit… murmure Sookie en écarquillant les yeux : il exprime exactement son impression là…
Il rit de bon cœur et regarde le plafond en poursuivant :
- Ouais… mais s'il y avait une autre solution, je ne l'ai pas vu. Et tes petites fesses valent largement la raclée que je viens de prendre, tu ne crois pas ?
Sookie se mord la lèvre. Elle n'avait pas vu ça comme ça… C'est vrai qu'il les a aussi sauvé tous les trois…
- Ah… le sexe ! C'est vraiment la chose la plus importante en ce bas monde ! Conclu Eric avec un sourire ravi.
Et son érection confirme ! Il dévisage Sookie avec envie et lui tend les bras :
- Nous avions commencé quelque chose, non ?
Elle sourit mais recule franchement, dégoutée.
- Tu rigoles ? T'es… absolument répugnant de crasse !
Eric lève un sourcil et, plantant son regard dans celui de Bill murmure d'une voix sensuelle :
- Ah ? Il va donc me falloir une douche…
Bill se mord la lèvre, brusquement envahi par le souvenir de leur première douche… avec fermeté, il attrape son maître, et le flanque sur son dos, tâtant avec envie les magnifiques courbes sur son épaule.
- Et bien, si tu n'en veux pas, moi je suis preneur ! lâche-t-il à Sookie, stupéfaite.
Puis, regardant Pam ravie de le voir si audacieux, il dit en quittant la pièce :
- Tu peux la cicatriser, s'il te plait ?
Pam rit de bon cœur et bouscule Sookie qui a du mal a encaisser ce qu'elle vient de voir.
- Ils ont beaucoup changé, hein ? Allez, montre-moi ce gros bobo…
Elle saisit le poignet de Sookie en hochant la tête, encore en train de savourer le soulagement de savoir Eric sauf et que Bill, désormais libre, reste avec eux. Sans réfléchir, elle le porte à ses lèvres et le lèche pour bien nettoyer la plaie et… Pam se fige, la langue plaquée sur l'artère. La vampire gémit sensuellement et quand elle lève les yeux sur la jolie blonde, celle-ci constate qu'elle a les crocs sortis.
- Hum… Sookie. Je n'y croyais pas… mais je comprends mieux maintenant…
- Pam ! S'inquiète l'humaine en armant sa main libre.
Celle-ci lève une épaule et nie doucement de la tête.
- ça va, ma douce, je gère…. Tu sais très bien qu'Eric ne me le pardonnerait jamais et son amour est plus important pour moi que ta saveur ! Ironise Pam, parfaitement calme.
Sookie se détend. Elle hausse les épaules d'un air fatigué et regarde la vampire s'ouvrir le doigt et lui masser les deux petits orifices.
- Bill te cicatrise toujours ?
- Oui.
- Tu sais, ma chérie, qu'un peu de son sang passe dans le tien à chaque fois ? Tu le laisse maintenir un lien avec toi en acceptant ça…
Sookie sourit franchement.
- Je m'en doute, Pam, ça ne me dérange pas... Hier, je l'ai mordu profondément et j'en ai bu une bonne gorgée, je ne sais pas ce qui m'a prit… (soupire) Mais ! T'es en train de me dire que tu vas être liée à moi, maintenant, aussi ? s'alarme la jeune fille.
Pam rit et se remet à lécher la plaie cicatrisée, activant sa langue avec douceur et… sensualité. Comme ça se prolonge un peu… trop, Sookie fini par sourire.
- Hey, ho ! Je te vois venir, coquine !
Pam cesse sa caresse et, tout sourire, entraine le poignet de l'humaine dans son dos, l'obligeant a se rapprocher. La prise est douce et Sookie pourrait se dégager mais elle n'essaye même pas, curieuse de savoir ce qu'elle veut faire.
- Coquine ? pff… oui, on peu dire que ça me va parfaitement…
Et, sans laisser le temps à Sookie de réaliser ce qui se passe… Elle l'embrasse. Un baiser, léger, délicat, se contentant d'effleurer ses lèvres, maintenant sa langue a fleur de bouche… Hum… un véritable moment de douceur, très tendre, aérien, magique.
Assez rapidement, elle se détache, et, déposant un bisou sur la joue de la jeune fille troublée, elle murmure :
- Le sexe n'est pas tout, ma douce… la tendresse aussi a beaucoup d'importance.
Et elle quitte la pièce.
Restée seule, Sookie réfléchit : Quelle douceur… Un frisson la parcourt. Ah non ! Depuis qu'elle était revenue de féérie, elle en avait accepté des choses, mais… là !
- Non, non, plus de temps… beaucoup plus. Marmonne-t-elle en sortant du bureau, contrariée.
Elle cherche des yeux et, ne trouvant personne, elle soupire. A contre cœur, elle se dirige vers la chambre rouge, légèrement nauséeuse. Elle ouvre la porte et… n'est pas surprise de ce qu'elle voit. Etonnant, non ? Elle lève les yeux au ciel et cri :
- Eric ?
- Oui ? Tu viens ?
- Non ! Je rentre, on s'appelle !
Et elle claque la porte, soulagée. Pam sort juste après, le visage anxieux :
- Tu… es fâchée ? tu veux que je parte ?
- Non, non, ça rien avoir avec toi, Pam. Dit Sookie avec un sourire fatigué.
- Ah ? j'ai cru … est-ce que je peux juste te prendre Bill quand même ?
- Mais non ! S'amuse la jeune fille. Je te les laisse tous les deux. Je n'ai pas envie, c'est tout. Ça fait beaucoup d'émotion d'un coup pour moi… ça frôle l'over dose, là. c'est juste que j'ai besoin… d'être un peu tranquille, d'accord ? Tu… tu lui explique ?
- Pas de problème, ma chérie… moi, ça m'arrange ! avoue-t-elle en roulant des yeux.
Sookie lui sourit gentiment, puis retourne récupérer son sac et sort du club. En montant dans sa voiture, elle sursaute en fronçant des sourcils : Zut ! Tara ! Elle va encore être en retard… Elle soupire et démarre en souriant. Elle fini même par rire un peu… heureuse.
