6-Les autres

Sommaire : Duplica commence à comprendre un peu plus ce qui se trame à l'intérieur de cette étrange secte.

Disclaimer : aucun de personnages de DW ne m'appartiens.

Warning : violence et torture

John et Jack n'avaient pas été en mesure de retracer le Docteur, même avec tous leurs efforts. Jack avait été capturé par un des membres des moines de la lune noire. Les créatures qui habitaient les corps humains ne les avaient pas que tués, mais elles avaient également dévoré leur âme. Façon de parler. Lorsqu'elles prenaient un hôte, elles se nourrissaient de son sang, mais pondaient des œufs dans leur cerveau. Les larves se nourrissaient des circuits électriques que provoquaient les synapses en échangeant de l'information.

En sommes, elles se nourrissaient des pensées et des émotions des gens. Elles finissaient par annuler les échanges. Peu à peu, l'hôte se transformait en automate, perdant graduellement sa propre conscience. Plus le cerveau était complexe, plus les larves grandissaient vite et pouvaient se reproduire à leur tour. Jack lui avait dit que l'autre monde était envahi par ces parasites.

L'inconnu avait raison, valait mieux qu'il reste ici pour ne pas offrir son cerveau supérieur à ces affreuses créatures. Combien de générations de ces parasites un cerveau à moitié Seigneur du Temps pourrait-il leur offrir ? Jack les avait combattu lorsqu'ils l'avaient envahi, mais il ignorait comment. Ils avaient probablement été affaiblis par sa mort, manquant de nourriture. Lorsqu'il était revenu, son corps avait pu facilement les éliminer. Jack croyait que le Docteur était atteint par le parasite. Il allait les combattre longtemps, mais allait-il gagner ? Impossible de savoir.

Étrangement, certains individus arrivaient à combattre les parasites. Il n'y avait pas de profil génétique déterminant. Ce qui rendait le remède encore plus difficile à trouver. Il n'y avait qu'un seul indice : le froid semblait freiner leur croissance. Ils passaient alors en phase léthargique. Jack était resté un certain temps avec lui. Puis, John lui avait permis de s'installer dans l'entrepôt. Après tout, c'était l'ancien emplacement de Torchwood !

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Jack avait rencontré Peter. Ensemble, ils travaillaient sur ces cas. Ils essayaient d'éliminer les parasites avant qu'ils ne deviennent aussi puissants que dans l'autre univers. Pour Jack, c'était une seconde vie. Le retour de son Torchwood. Même s'il ne voulait pas du tout remettre les pieds dans l'autre monde, il ne pouvait s'empêcher d'amener avec lui son ancienne équipe. Gwen revient travailler avec lui dans ce nouveau Torchwood.

Jack annonça à John que, étrangement, tous ceux qui avaient voyagé dans le TARDIS étaient immunisés. Ce qui était un peu bizarre puisque le Docteur lui-même ne semblait pas l'être.

Jack lui avait fait des prises de sang aussitôt qu'il lui avait dit avoir croisé ces moines de la lune noire, et qu'ils s'étaient sauvé de lui. Les résultats arrivèrent quelques jours plus tard. Il avait été contaminé et son corps les avait éliminé, mais comment ? Ça restait à voir.

Pour le moment, John continua d'enseigner. Plusieurs travaillaient sur ce problème dans Torchwood et UNIT. Alors, il pouvait se permettre de lâcher un peu. Surtout qu'il était malade depuis son enlèvement avec Rose. Il avait un rhume, virus bénin que tous les humains attrapaient au moins une fois dans leur vie, mais particulièrement pénible pour les demi-Seigneurs du Temps ! Il devait prendre des médicaments pour pouvoir travailler. Il ne voulait pas se reposer. Il devait continuer à chercher des indices sur le mode de recrutement des moines de la lune noire. Il y avait aussi ce garçon, Gabriel, qui l'intriguait.

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Le jeune s'était pris d'affection pour lui. Pourtant, il ne faisait que l'aider à accepter sa différence. Gabriel était différent, tout le monde le sentait. C'était ce qui poussait les autres à l'achaler et à l'intimider. Il était surdoué, même parmi les meilleurs de cette école. Il venait d'une famille d'accueil. Un orphelin qui vivait avec des jeunes instables et brisés. Il était donc victime d'intimidation même à la maison.

Il venait souvent à ses récupérations. Pas pour la matière, mais parce qu'il avait tout simplement envie de parler. Il lui avait parlé de sa mère, décédée très jeune, d'une malformation cardiaque. Il s'en souvenait très bien, même s'il n'avait que 5 ans à l'époque.

Il était un passionné de sciences et d'astronomie. Au lieu de faire de la récupération pour le cours, John lui enseignait des choses sur la science qu'un humain du 21e siècle n'était pas sensé savoir. Bien sûr, il lui disait que c'était seulement des théories non prouvables, mais il ne le croyait pas.

Un soir, alors qu'il le gardait en récupération, Gabriel lui demanda ce qu'il était. John ne su quoi répondre. Son malaise voulait tout dire pour Gabriel qui répondit à se place :

« Vous n'êtes pas humain. N'est-ce pas ? Enfin, pas complètement. À moins que vous soyez simplement un homme du futur, mais vous n'êtes pas comme... nous. »

Son regard était lucide. Aucun signe de fanatisme sur les extra-terrestres ou quoi que ce soit. C'était une question sincère. Il ne pouvait pas lui mentir ni lui dire toute la vérité.

« Tu as raison. Je ne suis pas tout à fait comme les autres. C'est tout ce que je peux te dire. Je m'en excuse.

- Vous travaillez pour une agence secrète qui traque les extra-terrestres ?

- Pourquoi dis-tu ça ? s'étonna John

- Je ne sais pas. C'est juste une impression. C'est étrange. Laissez tomber, parfois je divague.

- Non. Les moines de la lune noire, que penses-tu d'eux ? tenta-t-il.

- Je ne les aime pas du tout, avoua aussitôt l'adolescent.

- Tu fais bien. Reste très loin d'eux. Ils sont dangereux.

- Une de mes sœurs d'accueil les adore. Elle croit que ce sont d'authentiques vampires. Elle rêve d'entrer dans leur club.

- Dis- lui de s'éloigner. Ils n'ont rien à voir avec des vampires. Crois-moi.

- Vous enquêtez sur eux ?

- Je ne peux pas te répondre.

- Ma sœur en parle souvent. Elle dit connaître des gens qui sont dans le groupe. Alors, si je peux aider...

- Merci Gabriel, mais ne te mets pas en danger pour cela. Je t'en prie.

- Non. Je vais faire attention. »

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Gabriel avait pris cela très au sérieux. Il avait pu lui fournir quelques noms d'élèves. Il l'aida également à repérer des gangs qui prétendaient être membres du groupe. Il ne pouvait pas faire plus, mais c'était déjà trop. John avait peur pour lui. S'il lui arrivait quelque chose, il ne pourrait pas se le pardonner.

Il ne pouvait pas aider tous les jeunes qui tombaient sous le charme de ce groupe. Il avait essayé d'en parler à ses collègues pour qu'ils sensibilisent leurs classes au problème, mais très peu l'avaient fait, car personne ne savait à quel point les VRAIS membres étaient dangereux. Il avait rencontré les membres de ce clan qui venait à son école, mais ce n'était que des amateurs. Cela le rassurait un peu. Toutefois, certains d'entre eux étaient entrés en contact avec la mystérieuse fille Seigneur du Temps. Il reconnaissait sa trace, elle était donc toujours dans les parages.

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Malgré les avertissements, il fit un saut dans l'autre monde, mais en étant extrêmement prudent. Il n'avait vraiment pas envie de se faire enlever une troisième fois. Il avait l'impression que c'était ici qu'il allait trouver une façon d'aider le Docteur.

Plus le temps passait, plus ses cauchemars liés au Docteur étaient terrifiants et fréquents. Il savait, quelque part en lui-même, que ça pressait. Il devait le retrouver.

C'était désert et plutôt silencieux. Les gens qu'il croisait portaient le deuil des millions d'autres qui n'avaient pas survécus. Il tourna un coin de rue et vit un adolescent en planche à roulettes, qui venait vers lui. Il avait de longs cheveux bruns et portait des vêtements d'armée. Il semblait l'attendre. Il sentit un lien familier chez ce jeune. Comme s'il l'avait déjà connu. Ou, tout au moins, déjà croisé quelque part.

« On s'est déjà rencontré quelque part ? lui demanda John, incertain.

- Le Docteur m'a rencontré, mais pas vous, pas encore.

- Tu as rencontré le Docteur ?

- Plusieurs fois. Il m'a dit de vous remettre ceci.

Il lui donna une petite pierre bleue, brillante et lisse.

- Qu'est-ce que c'est ?

- Je l'ignore, mais il m'a dit que vous le sauriez.

- Merci. Comment tu t'appelles ?

- Je ne peux pas vous le dire.

- Pourquoi ?

- Paradoxe.

- Évidemment. Merci.

- Vous pouvez le faire, vous savez, poursuivit l'adolescent.

- Faire quoi ?

- Nous sauver. Je sais qu'on ne le mérite pas mais...

- Je vais faire de mon mieux. Je te le promets.

- Et vous allez réussir. »

L'adolescent avait poursuivit sa route. John le trouvait étrange. Ce jeune n'était probablement pas de ce monde. Il sentait cet aura qui entourait tous les voyageurs du temps. Ça ne s'expliquait pas, mais il savait que cet adolescent venait du futur. Plus précisément, de son futur. Il n'arrivait pas à en savoir davantage.

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Il continua son chemin en évitant de croiser les moines de la lune noire. Les rues en étaient remplies, mais ils se tenaient tranquillement dans les coins les plus sombres. Puisque la nuit n'était pas encore tombée. Il les avait sous-estimés. Les créatures, probablement désespérées, le pourchassaient de loin. Il ne s'en était pas aperçu sur le coup. Tout ce qu'il espérait à présent, c'était de s'approcher le plus près possible des ruines du Hu, et de retourner dans son monde.

Il utilisait un manipulateur de vortex ordinaire pour s'y téléporter. Il réapparut au bon endroit, mais devant le TARDIS. Son cœur s'emballa, même s'il sentait que quelque chose n'allait pas. La porte s'ouvrit et il entra. La porte se referma et il su qu'il était tombé dans un piège.

« Oh ! aussi stupide qu'un humain. N'est-ce pas ? C'est vrai, tu l'es à moitié. Quel dommage ! Le Docteur adore les aberrations, ricana le Maître, en le dévisageant.

- Que fais-tu là ? s'horrifia John.

- Je te sauve la vie voyons, sois donc un peu plus reconnaissant !

- Où est le Docteur ?

- Il est mort.

- C'est faux. Je le saurais.

- Je vais t'amener en voyage. Disons, dans le futur de ton père. Est-ce ainsi que je dois l'appeler ? Il t'a donné la vie après tout. Ou bien tu préfères le terme frère ? Je vais te montrer sa mort. Tu vas voir, je n'y suis pour rien.

- Je veux que tu me ramènes.

- Pauvre petit singe ignorant. Le TARDIS ne peut pas traverser d'un univers à l'autre. Il y a aussi la bande de vampires qui t'attendent. Voyage avec moi, tu vas adorer !

- J'en doute. »

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Ils arrivèrent sur le bord d'une plage. Au loin, il pouvait très bien voir le Docteur qui faisait un pique-nique avec Amy, Rory et River. Un mystérieux astronaute émergea de l'eau. Le Docteur alla vers le nouveau venu, qui lui tira dessus. Le Docteur commença à se régénérer et l'astronaute tira de nouveau, au beau milieu de sa régénération. Puis, retourna dans les abysses.

Les trois autres accoururent, affolés, mais il était trop tard. Un vieil homme apporta de l'essence et ils brûlèrent le corps. John était figé, ça ne pouvait être vrai. Si le Docteur était réellement mort, il le sentirait.

« Alors ? demanda le Maître.

- C'est impossible.

- Oui. C'est ce que je pense aussi, avoua le Maître.

- Quoi ?

- Je pense que le Docteur a trafiqué sa propre mort.

- Pourquoi ferait-il une telle chose ?

- Trop de monde est à ses trousses, peut-être. Allez savoir se qui se trame dans sa tête ?

- Pourquoi me le montrer, alors ?

- Parce qu'il lui est quand même arrivé quelque chose.

- Qu'est-ce que tu lui as fait bon sang ? s'impatienta John

- Pourquoi tu penses que c'est moi ?

- Pour plusieurs raisons : 1 : Tu es un psychopathe 2 : tu te prends pour Dieu 3 : tu as son TARDIS !

- Oui. Tu as de bons arguments.

- Réponds !

- Oh ! quel tempérament ! Je crois que je t'aime bien.

- Ce n'est pas réciproque.

- Attends que je te fasse l'amour. Tu vas changer d'opinion.

- Ne t'en avise pas !

- On verra. Pour l'instant, il y a plus important.

- Que veux-tu ?

- Calme-toi. D'abord, je vais te raconter une petite histoire. Allons faire cela dans le vortex. On va être plus tranquille.

- Je ne veux pas l'entendre !

- Tu n'as pas vraiment le choix. Toute cette fougue, cette fureur de vivre. Tu ressembles tellement à ta sœur de métacrisis.

- Qui t'as parlé de ce qui s'était passé au crusible ? Tu n'étais pas là.

- Le Docteur.

- Il ne t'aurait jamais raconté ça.

- Il n'a pas eu besoin. Je l'ai lu dans sa tête, lorsque nous avons fait l'amour. Un peu avant sa régénération.

- Tu n'es qu'un monstre.

- Il a aimé ça ! Peu importe. Maintenant tais-toi et écoute moi. Ne m'oblige pas à te bâillonner.

- Je t'écoute, » maugréa-t-il.

Il n'avait pas trop le choix.

« Ce que tu as vu est un point fixe créé par une certaine madame Kovarian et des créatures nommées les Silences. Ne cherche pas. Tu en as peut-être rencontré une centaine, mais tu ne t'en souviens pas. C'est leur spécialité, se faire oublier.

La dame a enlevée un bébé à moitié Seigneur du Temps qu'elle a transformée en arme pour tuer le Docteur. C'est l'astronaute que tu as vu. Par je ne sais trop quel moyen, il a truqué sa mort et elle l'a su. Elle veut sa revanche.

Elle ne peut plus compter sur les Silences, mais les Seigneurs du Temps sont une arme intéressante. Elle m'a sauvé avant que je ne sois enfermé avec les autres Seigneurs du Temps dans la boucle temporelle que ton... géniteur a dû refermer de nouveau. Une longue histoire.

- J'en ai eu vent, avoua-t-il, le Maître le gifla violemment.

- C'est moi qui parle ! On a donc fait une alliance. Je devais l'aider à se bâtir une armée de Seigneurs du Temps. River Song, l'enfant prodige, est l'assassin du Docteur...

- River ! » S'exclama John étonné.

Il se fit de nouveau gifler.

- Tais-toi et écoute! Elle a été conçue par de simples humains, mais dans le vortex. Alors, il nous fallait un TARDIS. Mon rôle était de voler celui du Docteur puisque c'est le seul disponible. Quant à lui, je devais le laisser sur une planète déserte et insignifiante. C'est ce que j'ai fait. Nous avons reproduit des conditions semblables. Avec des couples pris au hasard, mais ça n'a jamais fonctionné. ELLE n'est pas très coopérative! » dit-il, irrité.

Il parlait de la conscience du TARDIS. Il poursuivit :

« Madame Kovarian m'a demandé de ramener le Docteur pour le faire parler. Elle l'a torturé pour lui faire avouer ce qu'Amy et Rory avaient de si spécial. Il ne l'a jamais dit. Pas plus qu'il ne lui a indiqué où se trouvait le couple. J'ignore ce qu'elle a fait du Docteur après l'interrogatoire. De mon côté, j'ai fait des tests et un peu de manipulation génétique. J'ai obtenu quelques résultats intéressants, mais pas assez pour elle.

Les Seigneurs du Temps ne vieillissent pas assez vite, et ils n'obéissent pas systématiquement. Je lui ai donc parlé de la planète Messaline.

J'ai vu Jenny dans la tête du Docteur, et surtout, l'appareil duquel elle était sortie. Elle s'en est emparée et a commencé à produire des Seigneurs du Temps déjà adultes et entraînés à être soldats. Elle ne pouvait demander mieux. Ils ne vivaient pas très vieux, mais ce n'était pas le problème. Ils étaient nés pour tuer ou être tué.

C'était leur esprit de rébellion. Évidemment qu'ils étaient rebelles. Ils avaient été conçus à partir de River, du Docteur ou de moi ! Elle avait donc introduit ce petit parasite bouffeur de cerveau. Elle voulait qu'il freine un peu l'intelligence et le libre-arbitre de ses soldats. Quand ses soldats étaient assez abrutis à son goût, elle détruisait le parasite. Le problème c'est qu'il a commencé à migrer vers les humains. Leur température corporelle lui plaît davantage. Il s'est répandu parmi eux. Maintenant, elle a perdu le contrôle et s'est enfuit. J'ai récupéré le TARDIS. »

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John resta muet. Il n'arrivait pas à y croire. Si le Maître disait la vérité, c'était tout simplement horrible. Il n'avait aucune idée quoi faire. C'était donc cela qui avait terrifié Jack. Ça en prenait beaucoup pour le bouleversé.

« Tu peux parler, lui indiqua le Maître.

- Tu dois mentir.

- Attention. Le menteur c'est le Docteur, pas moi !

-Tu peux mentir pour arriver à tes fins.

- Et quelles seraient-elles ?

- J'aimerais bien le savoir.

- Regarde, » dit-il.

Il lui empoignant la tête à deux mains et le força à lire en lui. Il disait la vérité. Il y vit même plus que ce que le Maître avait voulu lui montrer.

« Tu veux récupérer tes enfants. Elle te l'a promis, mais elle t'a menti. Ce n'est pas une alliance, elle ne t'a pas laissé le choix. Elle t'a même torturé. »

Il s'éloigna. C'était la première fois de sa vie qu'il voyait le Maître aussi vulnérable, mais la brèche se referma rapidement.

« Je vais tout faire pour les récupérer. Même métamorphoser cette fichue planète en tas de cendre, dans les deux univers ! s'écria-t-il.

- Ton but est noble. Je te l'accorde, mais qu'attends-tu de moi ?

- Tu vas m'aider à passer de l'autre côté. Je suis sûr qu'ils y sont.

- J'ai quoi en échange ?

- Sauver des enfants kidnappés devrait être une assez bonne motivation pour toi, le pacifiste.

- Oui, mais je pense qu'ils sont mieux là où ils sont qu'avec leur père psychopathe. »

Il se fit gifler, évidemment. Il s'y attendait, mais c'était la vérité.

« C'est à moi de décider ce qui est mieux pour eux, pas à toi. En échange, je t'aiderais à trouver le Docteur. Même si je ne comprends pas pourquoi tu veux le sauver. Il ne t'aime pas trop, d'après ce que j'en sais.

- Il ne mérite pas de souffrir pour autant.

- Alors ?

- Je peux y réfléchir ? »

Le Maître le frappa de nouveau.

« Si tu refuses, je te tue.

- Tu ne le feras pas. Tu as besoin de moi.

- N'en sois pas si sûr.

- Je suis sûr d'une chose : je ne peux pas te faire confiance. Tu vas me poignarder dans le dos aussitôt que tu en auras la chance.

- Au moins, tu sais à quoi t'attendre.

- J'ai besoin d'y réfléchir.

- Oui, d'assurer tes arrières. Tu fais bien. J'ai quelque chose à te montrer qui pourrait accélérer ta décision. Suis-moi. »

Il obéit et le Maître l'amena dans une chambre isolée auprès de quelqu'un en profonde léthargie. C'était Donna.

« Non ! s'écria-t-il

- Elle va bien. Elle est dans un coma artificiel. Le temps que je fixe ses neurones pour éviter que sa tête explose. Comme je t'ai dit, j'ai travaillé sur la génétique. J'ai réparé et modifié quelques circuits dans son cerveau, mais il y a encore du travail à faire.

- Qu'est-ce que tu lui as fait. Espèce de monstre ?

- Un monstre, moi ! J'essaie seulement de réparer les dommages collatéraux de ta création, idiot.

- Pourquoi ferais-tu cela ?

- Ça ne te regarde pas. Tout ce que tu as à savoir, c'est qu'elle est à ma merci. Alors vas-y. Retourne dans ton monde et réfléchis. Je serai de retour dans une semaine. Même heure même endroit. »

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Il retourna dans son monde. Ses options étaient limitées. Il ne pouvait pas faire confiance à ce criminel, mais il ne pouvait pas y arriver seul. Il avait besoin du TARDIS et il devait sauver Donna. Il en parla à Jack. Il disait pouvoir se débrouiller sans ce sadique, mais John avait des doutes. C'est vrai qu'il ne possédait pas de monnaie d'échange, sauf le faire passer de ce côté. Il y avait, effectivement, ces mystérieux Seigneurs du Temps, dans son univers. Frère et sœur, apparemment. Et s'ils étaient les enfants du Maître ? Cela lui donnerait un avantage. Il avait une semaine pour les retrouver et essayer de le savoir. Il pouvait commencer par la fille. Elle rôdait autour de l'école, mais le fuyait. Si quelqu'un d'autre pouvait l'approcher, comme Gabriel. Il s'en voulait énormément de penser exploiter le gamin, mais quel autre choix avait-il ?

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Gabriel accepta de lui parler de cette fille. Il la connaissait. Tout le monde la connaissait. On la surnommait La sorcière de l'école parce qu'elle avait des dons de clairvoyance. Elle tirait les gens aux tarots pour une modique somme, et elle se trompait rarement dans ses prédictions. De plus, elle pouvait lire les pensées des gens. Alors, personne ne mettait en doute son authenticité de sorcière. Des enseignants la consultaient. Il savait d'avance qu'elle n'accepterait pas de le rencontrer pour une séance de tarots. Alors, il demanda à Gabriel de le faire. Il allait le payer, bien sûr. Gabriel accepta, bien qu'à contrecoeur.

Le lendemain, il lui apprit qu'elle avait refusé de lui faire une séance, malgré le bon montant. Elle ne lui avait pas dit pourquoi. Il remercia tout de même Gabriel et le paya. Le gamin ne voulait pas d'argent, il voulait de l'information sur lui. Il lui avoua qu'il n'était pas complètement humain et que sa planète d'origine (du moins de son côté non-humain) se nommait Gallifrey. La réaction de Gabriel l'étonna lorsqu'il répondit : Ce nom me dit quelque chose. Puis il partit, disant qu'il avait mal à la tête.

Le jour suivant, il s'était absenté. John se sentait coupable de l'avoir mêlé à cela. Il devait trouver un autre moyen d'approcher la jeune fille, sans impliquer personne. Il n'eut pas à attendre très longtemps. Elle vient à lui, à la fin des classes.

« Vous êtes vraiment déterminé à me trouver, pour exploiter ce pauvre petit souffre-douleur dans votre classe, lui dit-elle.

- Je veux seulement te parler.

- Je vous écoute.

- D'abord, qui es-tu ?

- La sorcière de l'école.

- À part ça.

- Vous voulez m'offrir comme monnaie d'échange à ce psychopathe. Vous pouvez toujours courir.

- Pas exactement. Il est ton père. N'est-ce pas ?

- Mon géniteur, rectifia-t-elle.

- Tu as beau être née sur Terre, tu penses comme une Gallifreyenne, » avoua John en souriant.

Cela lui rappelait tellement le système de reproduction artificielle sur Gallifrey.

« Je vais prendre cela comme un compliment. Les humains sont tellement primitifs. Ne vous emballez pas trop. Je ne suis pas un pur Seigneur du Temps. Il n'y en a que deux d'encore vivants : le Docteur et le fou.

- Bientôt il ne restera que le fou. Le Docteur est en train de mourir.

- Vous attendez quoi pour le sauver ?

- J'ai besoin d'aide.

- Mâle stupide. Humain ou Seigneur du Temps, les mâles sont tous idiots ! Vous êtes la meilleure personne au monde pour le retrouver, créature insignifiante. Vous êtes lui !

- Plus maintenant.

- Son sang coule toujours dans vos veines. Votre cerveau est semblable. Même sans lien télépathique, vous pouvez le retrouver mieux que n'importe qui. Il suffit de fouiller un peu dans votre tête !

- J'ai besoin du TARDIS et c'est le Maître qui l'a.

- Volez-lui. Vous pouvez dire à ce débile que vous avez retrouvé sa fille, mais qu'il ne s'attende pas à ce que je le laisse venir à moi aussi facilement. Avant de me pourchasser, obligez-le donc à sauver le Docteur. Sinon, vous allez arriver trop tard.

- Merci.

- Fichez-moi la paix maintenant, » conclut-elle.

Il rentra, troublé, mais il avait de l'espoir. C'était possible que cette fille lui ait monté un piège. Après tout, elle était la fille du Maître, mais il avait au moins une autre option, et une monnaie d'échange.

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Ce soir là, il se concentra pour entrer en communication avec le Docteur. Il n'obtient qu'un chaos indescriptible de pensées et d'émotions. Il lui envoya une vague de réconfort, avec la promesse de venir le chercher. Cela le calma un court instant, mais ce n'était pas suffisant. Le Docteur était en pleine détresse physique et psychologique.

Un appel à l'aide s'insinua dans sa tête au même instant, c'était River. Elle était désespérée, mais plus stable que le Docteur. Il avait pu avoir une réelle communication télépathique avec elle. Il lui promit qu'il venait les aider. Il voulait qu'elle lui indique où ils étaient. Ce qu'elle fit, avec difficulté, étant probablement blessée.

Elle lui envoya des visions, puisqu'elle ne savait pas exactement où elle était emprisonnée. Certaines visions étaient particulièrement troublantes et provoquèrent d'affreux cauchemars dès qu'il s'endormit. Il voyait des Seigneurs du Temps, une cinquantaine peut-être, mais avec le regard vide. Il y avait cette chose qui ressemblait à une chaise électrique. Un Seigneur du Temps y était enchaîné et électrocuté.

Lorsqu'il commençait à se régénérer, un autre appareil absorbait cette énergie. Cela força son corps à en produire encore plus pour se régénérer. Chose qu'il n'arrivait jamais à faire. Ensuite, il était libéré. Il survivait difficilement, ou mourait.

John se réveillait en sueurs et en tremblant à chaque fois. L'image de ces visages de Seigneurs du Temps à l'agonie ne s'estompait qu'après de très longues minutes, suivant son réveil brutal. Il était allé prendre une douche pour se calmer en se disant que ce n'était que des cauchemars. Il en était incapable. Il savait trop bien que ce n'était pas des rêves, mais des visions. Des S.O.S télépathiques anonymes et désespérés. C'était ce que Jack avait reçu, lors de sa dernière mort. C'était ce qui l'avait fait paniquer à son réveil.

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Il retrouva le Maître deux jours plus tard. Ébranlé, épuisé, mais déterminé.

« Alors, tu me fais traverser ? lui demanda ce dernier.

- On sauve d'abord le Docteur.

- Quoi ? Ce n'est pas à toi de décider de l'ordre des choses.

- J'ai rencontré ta fille. Elle te déteste.

- Je m'en fiche. Elle va quand même venir avec moi. Je tiens sa mère prisonnière.

- Quoi ?

- Mais oui. Donna Noble est sa maman.

- Tu as osé faire cela ! hurla-t-il hors de lui. »

Il voulait le tuer, l'étouffer de ses propres mains. Le Maître réussit à se libérer et pointa un fusil laser sur lui.

« Un geste de plus et tu vas savoir si tu peux te régénérer. »

John s'immobilisa. Ce n'était pas le temps de mourir. Trop de gens avait besoin de son aide. Le Maître parla.

« Tu deviens trop humain. Tu as oublié comment on fait des bébés sur Gallifrey. Aucun enfant ne peut naître d'un viol, sombre idiot. La dame contrôle son ovulation.

- Donna est humaine et ça arrive chez les humains.

- Les humains sont des animaux. Donna n'est plus humaine. C'est une bâtarde comme toi. Tu sais très bien comment Kovarian fait ses bébés Seigneurs du Temps. Tu l'as vécu avec Blondie.

- Rose n'était pas enceinte lorsqu'ils l'ont libéré.

- Tu crois vraiment qu'ils auraient pris la chance de lui laisser l'embryon ?

- Et elle est humaine.

- Elle a absorbé le vortex ! Tout est possible. Tu as un gamin quelque part, j'en suis certain. Ou bien ils l'ont tué parce qu'il n'était pas assez Seigneur du Temps. Tu ne le sauras peut-être jamais. Assez discuté, ma fille maintenant, dit le Maître.

- Non. Le Docteur d'abord. Je sais où il est et tu vas t'y rendre.

- J'ai le TARDIS et j'ai une arme pointée sur ta tête. Je décide où on va.

- Tu as une arme, c'est vrai, mais le TARDIS ne t'appartiendra jamais. »

Il ferma les yeux et entra en communication télépathique avec la conscience du TARDIS. Il lui envoya les visions que River avait implantées dans son cerveau, plus le chaos qui lui venait du Docteur lui-même.

Le TARDIS était une entité intelligente, elle saura faire le tri. Cela lui prit quelques minutes, mais elle comprit. Elle était liée au Docteur. Ce n'était pas le Maître qui allait se mettre à travers de son chemin, lorsqu'il était temps de sauver son cher voleur. C'est ce qu'elle lui avait fait comprendre et il l'aida de son mieux.

« Qu'est-ce que tu as fait ? lui cria le Maître, qui ne contrôlait plus aucune commande de la console.

- On va chercher le Docteur, » lui répondit-il, tout simplement.

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Un bruit rassurant le sortit de sa torpeur : le TARDIS ! Non, c'était sûrement un mauvais tour de son esprit. Personne ne savait où il était. Il n'y porta pas attention et se concentra sur l'énergie régénératrice qui brûlait dans ses veines. Il n'avait pas la force de se régénérer et il le savait, mais il pouvait utiliser une parcelle de cette énergie pour se maintenir en vie. Juste sur le bord du gouffre de la mort, pas plus. Le métacrisis lui avait dit qu'il venait le chercher. Alors, il attendait patiemment. Il allait attendre jusqu'à son dernier souffle. Qu'avait-il d'autre à faire, de toute façon ?

Il pensait aussi à River qui lui avait dit qu'il y avait toujours de l'espoir. Il ignorait si elle était toujours en vie depuis que Kovarian l'avait emprisonnée. Il aimait croire qu'elle l'était, et qu'elle avait besoin de lui. Le TARDIS imaginaire ne disparaissait pas. Il reconnu même une présence familière... deux en fait. Le métacrisis et le Maître.

Pourquoi le Maître était ici ? Que pouvait-il lui faire de plus ? Au point ou il en était, rien de ce qu'il pourrait faire ne changerait quoi que ce soit. Il était peut-être venu le libérer de ses souffrances, pourquoi ? Il n'avait aucune empathie, qu'est-ce que ça pouvait bien lui faire qu'il souffre ?

Les deux l'amenèrent dans le TARDIS. Il reconnaissait la présence de son vaisseau. Cette bonne vieille fille ne l'abandonnera jamais. Accroches-toi Docteur, lui ordonna le métacrisis, par télépathie. Il sentit une énergie régénératrice familière circuler dans ses veines. C'était la sienne, mais elle ne venait pas de lui. D'où venait-elle ? À sa connaissance, le métacrisis ne pouvait pas se régénérer. Il décida de ne pas s'en préoccuper pour le moment et laissa les ténèbres l'engloutir.