Hello les gens ! Vive le week-end ! \o/

Voici le chapitre 6 !

Plus que deux semaines avant la sortie du DVD ! *mode surexcitation ultime*

Merci aux reviews de Tsuki2608 (je dois dire que jusqu'à présent tu es ma lectrice la plus fidèle qui se manifeste ! Merci à toi \o/), amazone98 (tu me fais bien rire avec tes critiques directement aux persos XD) et caroline (ce que le «ça » vient faire là-dedans… gloups… T_T c'est un faute de frappe… pourtant, je me suis relu trois fois… T_T désolée !)

Et merci à toutes les autres lectrices qui prennent le temps de lire ma fanfic !

Disclaimer : l'univers des Légendes ©William Joyce, Les Cinq Légendes ©Dreamworks, Anastasie et Timothée (alias Stacy et Timmy) ©moi-même et en citation Jackie O'Lantern ©Bel Oujisama

Bonne lecture !


Chapitre 6 : Jack au cœur de l'intrigue

Desidone jeta un coup d'œil à sa sœur. Ces derniers jours, l'être aux ailes azur veinées d'or travaillait sans conviction. Elle prenait le temps de réponde à chacune des demandes mais on sentait, dans sa main et dans son visage, une inexpressivité comme si, du jour au lendemain, elle n'était plus qu'un androïde à l'apparence humaine mais dépourvu de vie. Cupamor avait repensé à son comportement et son acte. Grâce à sa sœur, elle avait percuté qu'elle n'était pas toute puissante sur les sentiments humains. Elle s'était laissée aveuglée par un certain goût pour le pouvoir et le contrôle qu'elle n'avait pourtant pas. Elle était une légende, certes, un être immortelle aux pouvoirs fantastiques, mais elle n'en était pas pour autant supérieurs aux humains. De plus, cette nouvelle vie que les jumelles avaient eu tant de mal à concevoir n'était rien d'autre qu'une faveur qu'on le leur avait accordée. Faveur qui avait une condition énorme : s'occuper des humains. A chaque légende était incombée une mission particulière mais elles se rejoignaient toutes au final. Les légendes ne disposaient pas tant du destin de l'humanité entre leurs mains sinon des clés pour les guider. Jamais personne n'avait osé envisager ce qui se passerait si ces êtres surnaturels prenaient partis. Ils ne devaient pas guider un seul humain, ils devaient guider tous les humains.

Une rose éclot et attira l'attention de Desidone, concentrée jusque-là sur sa sœur. Elle détourna le regard et toisa la feuille qui venait d'apparaître. Encore une. Un jour, l'être aux ailes pourpre devrait sérieusement envisagé l'installation informatique dans le Temple de Cupidon. Elle attrapa machinalement une dizaine de feuilles et commença à les lire. Elle y répondit, agitant son stylo frénétiquement sur la feuille. Elle répéta ainsi ces actions jusqu'à tomber sur une lettre. Elle réprima alors une petite envie de rire et se contenta d'un large sourire en coin. Elle avait entre les mains de quoi prouver à sa sœur que leur petite bataille n'avait plus lieu d'être, et qu'elle était, bien entendu, vainqueur. Elle se pencha vers Cupamor et lui glissa malicieusement :

- Eh eh ! Ma chère Cupamor, on dirait bien que ton raisonnement tombe à l'eau.

L'être vêtu de blanc tourna subitement la tête, surprise d'entendre la voix de sa sœur, rompant le silence de la grande salle.

- Pardon ? Tu disais ?

Desidone agita narquoisement la demande et répéta avec un sourire jusqu'aux oreilles.

- Je disais juste que j'ai entre les mains une lettre qui devrait t'intéresser. Ou peut-être préfèreras-tu bouder ?

Cupamor fronça les sourcils et détailla sa sœur longuement avant d'attraper la requête. Elle eut d'abord un mouvement de recul face à ces mots qu'elle n'avait pas l'habitude de lire. Ceux qu'elle lisait d'ordinaire étaient plus sensibles, d'une certaine manière. Plus le texte défilait, plus son air se rembrunit. Une fois terminé, elle posa la feuille bien à plat sur son bureau de pierre et la lissa. Elle fit la moue et attendit quelques secondes avant de répondre. Elle finit par rendre le papier à sa sœur.

- Oui… et ?

- Allez ! Avoue que j'avais raison depuis le début !

- Ça ne veut rien dire ! répliqua Cupamor

- Pff ! Mais si, relis-bien, tiens.

- Non. J'ai du travail, Idon.

Desidone prit la mouche.

- Je m'appelle Desidone ! Bordel ! Et arrête avec ta mauvaise foi. Tu sais que j'ai raison et…

- Bon ben si tu sais que je sais que tu as raison, pourquoi veux-tu absolument que je le dise ?

L'être vêtu de rose souffla en levant les yeux au ciel.

- Parce que je veux que tu l'avoues, que tu le dises haut et fort que j'avais raison ! Et puis si elle a envie de baiser, c'est bien par ta faute, non ?

L'être aux ailes azur eut un soubresaut.

- Mais… elle ne veut pas… elle veut juste aller plus loin. Quand arrêteras-tu avec ce langage cru ? Et ce n'est pas ma faute ! crut –elle bon d'ajouter en haussant le ton

- Allons bon ! Aller plus loin, ma p'tite, crois-en mon expérience, c'est finir au lit en train de jouir.

- Mais, mais, mais… ça va pas ?! On ne parle pas des gens comme ça, voyons.

- Eh ! C'est mon boulot. J'y peux rien.

- Ça ne t'empêche pas de modérer ton vocabulaire. Surtout avec moi.

- Et pourquoi ? T'es ma sœur, non ?

Cupamor ouvrit et referma la bouche comme une carpe en plein repas. Elle leva l'index, cherchant ses mots. Mais rien. Evidemment. Desidone savait désarçonner sa jumelle, mieux que personne. Néanmoins, l'être aux ailes azur finit par répliquer :

- Ça n'empêche que… que… qu'on parle d'une relation avec une légende. Voilà !

- A qui la faute, tiens ? ironisa Desidone en roulant des yeux

L'être vêtu de blanc fit la moue et toisa sa sœur du regard.

- Je ne suis pas…

- Si tu l'es, la coupa sèchement l'être vêtu de rose d'un air entendu

- Oui, bon… ça va… se renfrogna-t-elle

Après un instant, elle changea subitement de sujet comme si elle n'était aucunement impliquée dans cette affaire.

- Et du coup ? Tu comptes en faire quoi, de cette demande ?

Desidone soupira et se laissa aller en arrière sur son siège. Elle jugea avec sévérité sa sœur qui feignait l'innocence.

- Déjà, j'éviterais de faire la même bourde que toi. Je vais m'en tenir aux ordres.

- Mais… leur relation est déjà tellement avancée ! Quand bien même tu ne répondrais pas, elle finirait par faire ses propre choix.

- Et bien on n'a qu'à faire venir Jack Frost.

- Quoi ?

Cupamor dévisagea sa jumelle avec deux yeux grands ouverts.

- Tu veux… faire venir l'esprit en question ?

- Oui. Et je vais te sortir de ce mauvais pas, Cupa. Ma sœur ne pourra plus être incriminée d'un quelconque délit de fonction car ce ne sera plus que du passé.

L'être aux ailes azur veinées d'or fronça les sourcils.

- Où est-ce que tu veux en venir, Desi ?

- Si Jack Frost décide d'y mettre un terme de lui-même, ça se finira comme n'importe quelle relation et l'Homme de la Lune ne pourra rien te reprocher. Enfin… à part le fait d'avoir répondu à cette fameuse lettre. S'il la trouve.

- Qu'est-ce que tu veux dire ? demanda Cupamor avec suspicion, ce n'est pas contre les règles ?

Elle connaissait trop sa jumelle et son caractère malicieux, voire mesquin, pour savoir qu'il fallait se méfier. Desidone avait un sourire un peu trop en coin, un peu trop coincé sous sa fossette maligne pour qu'elle pense innocemment.

- Non. Tu as contré les règles. Alors, dès que Jack Frost aura mis un terme à tout ça, tu jettes toute preuve de l'existence de la conscience de cette Anastasie Lawford en ce Temple de Cupidon. Et c'est comme s'il ne s'était rien passé.

- Mais… cette humaine… elle sera triste. Elle souffrira de cette rupture.

Desidone haussa les épaules.

- C'est la vie, j'ai envie de dire.

Cupamor dodelina de la tête, ne sachant que répondre à ça. Finalement, elle finit par accepter après avoir reconsidéré les arguments de sa sœur. Aussitôt, cette dernière mit en œuvre un moyen d'entrer en contact avec l'esprit de l'hiver sans se faire prendre par l'Homme de la Lune. Elle demanda à voir le Père Noël. Tout en lui passant une commande d'un tout nouveau réseau informatique performant, qui assouvirait enfin son souhait et ferait taire ses marmonnements incessants, Desidone en profita pour lui faire passer un message à l'intention de Jack Frost. Le vieil homme à la longue barbe blanche accepta sans discuter. C'était les affaires des jumelles et il n'aimait pas y mettre son nez jovial. D'autant plus que son domaine à lui, c'étaient les cadeaux, la distribution et les enfants. Pas le cœur humain et les adultes. Trois jours plus tard, l'esprit de l'hiver vint se présenter au Temple de Cupidon.

Jack Frost n'était jamais venu ici. A dire vrai, il venait à peine d'apprendre l'existence de Cupidon. Enfin… des deux jumelles qui occupaient les fonctions de Cupidon. Il avait d'abord cru à une farce du Père Noël. Celui-ci lui avait alors proposé de l'accompagner, lui expliquant vaguement qu'il avait une histoire d'informatique à venir traficoter dans le coin. L'esprit de l'hiver n'avait pas bien compris de quoi il en retournait, mais au final il s'en moquait un peu. Nord s'était déjà engagé dans la grande cour à colonnade, sa hotte sur le dos. Jack observa une dernière fois le chapiteau de l'entrée et partit à grande enjambée rejoindre le vieil homme à la longue barbe blanche. Nord souleva les tentures et l'invita à entrer en premier. L'esprit découvrit alors la grande salle couvertes de roses, meublé d'un seul sofa et deux bureaux de pierre. Le Père Noël, d'humeur joviale comme à son habitude, alla saluer les deux êtres aux ailes veinées d'or et aux longues boucles blondes. Jack Frost resta en retrait, triturant nerveusement son bâton s'interrogeant sur sa venue, de plus en plus perplexe. Nord revint vers lui et l'attrapa soudain par les épaules.

- Les filles, je vous présente Jack Frost, le cinquième Gardiens.

Jack vit l'être vêtu de blanc avoir un léger sourire gêné et effectuer un petit hochement de tête pour le saluer, avant de baisser la tête, confuse. Quant à la deuxième, vêtu de rose, elle s'approcha à grand pas vers lui et lui tendit une main digne d'un homme d'affaire.

- Bienvenu au Temple de Cupidon, Jack Frost. Je suis Desidone, se présenta-t-elle avant de tendre le bras vers sa jumelle, et voici ma sœur, Cupamor.

Les yeux de l'esprit de l'hiver papillonnèrent. La ressemblance entre les deux êtres était on ne peut plus troublante. Il serra la main que Desidone lui tendait toujours.

- Enchanté. Même si je ne suis pas sûr de bien comprendre pourquoi je suis là…

L'être vêtu de rose inspira profondément en jetant un regard entendu à sa sœur, qui détourna la tête une fois de plus et alla s'asseoir en silence à son bureau de pierre.

- Hum… oui, viens je vais t'expliquer ça, dit-elle avant de s'adresser à Nord, vous voulez bien vous occuper du réseau avec Cupamor, s'il vous plaît.

- Mais bien sûr, Idon !

- C'est Desidone, grommela-t-elle

Le Père Noël prit avec lui sa hotte et traversa la salle à la rencontre de l'être vêtu de blanc. Pendant ce temps, celle vêtu de rose emmena Jack Frost s'installer sur le sofa. Une bonne minute durant, elle hésita sur les mots à employer pour commencer la conversation, tandis que l'esprit de l'hiver la dévisageait en fronçant les sourcils. Enfin, elle déballa toute l'histoire. Jack eut beaucoup de mal à saisir les limites de leur travail et fut d'abord écœuré, comprenant à tort que les jumelles manipulaient les gens. Du coup, Desidone dut non seulement narrer toute la mésaventure de sa sœur mais également lui expliquer en long en large et en travers leur travail. Elle conclut enfin :

- C'est pourquoi, en raison des circonstances, il serait peut-être préférable que tu… que tu choisisses ton camp.

- Mon… mon camp ? Mais y a pas de camp, enfin… je veux dire… je ne comprends pas, balbutia-t-il

Desidone soupira fortement. Elle avait essayé de lui parler avec tact. Elle fit alors la moue et décida au final de garder son caractère habituel. Jouer les diplomates, ce n'était décidément pas pour elle.

- Ecoute, Jack, sois tu nous aides et t'évites à deux légendes de se retrouver dans la merde, et occasionnellement mortes une bonne fois pour toute, ou alors tu restes avec ta petite copine à jouer et faire des galipettes.

- Des galipettes ? Pourquoi on ferait de la gym ?

- Oublie ça, soupira Desidone, retiens juste qu'il y a moi et ma sœur d'un côté, et ta copine de l'autre. Et que tu dois choisir.

Un instant, on entendait plus que le rire gras et porteur du Père Noël, en train d'installer un premier ordinateur sur le bureau de Desidone, laquelle eut un grand sourire jusqu'aux oreilles. Elle voyait déjà ses jours sous un soleil radieux et enfin un vide intersidérale sans papier à côté de son bureau. Enfin… si tant est qu'elle garde son travail et qu'elle et Cupamor restent en vie. Oui, elles jouaient gros. Elle pria fort pour que Jack Frost les choisissent elles et non pas une humaine. Il avait bien vécu trois cents ans seul, il pouvait bien continuer, pensait-elle. Et puis, les femmes, ce n'était pas ce qui manquait particulièrement sur cette planète. Il pouvait très bien faire comme Jackie O'Lantern. Elle se promit qu'une fois sorti de ce guêpier elle accéderait à tous les désirs du jeune homme. Elle eut soudain une pensée pour sa sœur. Elle se dit qu'il y avait quelque part une grosse injustice entre elles deux. Si l'une pouvait satisfaire les désirs humains même avec des légendes, Cupamor, elle, n'avait aucun droit sur les relations avec une légende. C'était totalement prohibé. Desidone jeta un œil à sa sœur : elle semblait fatiguée. Elle paraissait écouter à moitié le Père Noël divaguer sur les dernières années et les étranges listes qu'il avait pues recevoir. Puis, l'être vêtu de rose revint sur Jack Frost. Il semblait plongé dans une profonde réflexion. Soudain, il se leva, fit les cents pas, revint s'asseoir, se prit la tête et finit par soupirer profondément. Desidone se demandait si l'esprit de l'hiver s'était à ce point enticher de cette humaine. Si les deux jumelles avaient accès aux cœurs de chaque être humain, elles n'avaient absolument aucune connaissance sur celui des légendes. Et pourtant, ils en avaient un.

- C'est d'accord, déclara soudain Jack Frost

Son annonce laissa soudain perdurer un silence. Desidone et Cupamor le dévisagèrent avec de grands yeux ronds translucides. L'une parce que c'était presque un miracle et un soulagement pour elle d'entendre ça, l'autre parce qu'elle envisageait parfaitement les conséquences que cela entraînerait pour lui. L'esprit de l'hiver observa les jumelles avant de demander :

- Quoi ?

- Non, rien, répondit Desidone après un instant d'absence, merci beaucoup.

Jack Frost était perturbé. Il entendait encore les mots de Desidone résonner dans sa tête comme un ultimatum. Même s'il avait fini par comprendre comment fonctionnait ce que les gens prenaient pour une seule entité, il était un peu énervé. Il avait l'impression de s'être fait manipulé. Il n'arrivait plus très bien à distinguer le vrai du faux. Il avait du mal à comprendre les sentiments et tout ce qui régissait ce monde d'adultes. Est-ce que Stacy l'aimait vraiment ? N'était-elle qu'un objet entre les mains des deux jumelles ? Ses valeurs venaient d'en prendre un coup. Les humains venaient d'être réduits au stade de marionnettes. Les limites aux fonctions des légendes venaient de se flouter. Jack n'avait jamais connu ce problème. Pour lui, tout se résumait à créer de la neige, voler avec le vent, créer des marques de givre avec son bâton courbé. Néanmoins, il avait dû faire un choix. Il avait dû prendre part à une affaire qu'il ne considérait pas comme la sienne. Qu'est-ce qui l'avait amené à accepter, d'ailleurs ? Il fronça les sourcils et s'aperçut qu'il s'était inconsciemment dirigé vers la fenêtre de chambre de Stacy. Il s'en approcha. Lorsque sa main se posa sur la vitre, des arabesques gelées se dessinèrent sur le carreau. Il aperçut la grande silhouette carrée de Timothée. Il traversa alors la fenêtre pour voir ce qu'il faisait. Le frère de Stacy était installé sur la chaise de bureau. Il avait décalé les affaires de la jeune femme de sa table de chevet au sol et y avait posé à la place des flacons de verre teinté, une bassine d'eau avec un gant qui reposait sur le bord. Jack Frost découvrit alors, suintant à grosses gouttes sur son visage fiévreux et blafard, bien plus qu'à l'ordinaire, la jeune femme aux cheveux roux foncé, qui paraissaient d'ailleurs poisseux. Le corps de la jeune femme était pris de spasmes, coincé entre les étourdissements de la chaleur et la raideur du froid. Elle semblait piquée de partout. Elle respirait par la bouche, pantelante. Elle avait l'air en transe, ainsi avec son front plissé et ses yeux clos. Timothée prenait de temps à autre le gant, le trempait et l'appliquait tendrement sur le front de sa petite sœur. Puis, lorsqu'il reposait le gant mouillé, il croisait les bras et observait Stacy, enfouie sous ses couvertures et souffrant le martyr. L'esprit de l'hiver n'osa d'abord pas bouger. Puis, il alla se jucher sur l'armoire, les genoux ramenés contre sa poitrine.

- Non mais Stacy… soupira soudain Timothée, qu'est-ce qui t'as pris d'aller dehors quoi ? Tu le sais pourtant que le froid et toi, ça fait deux.

- J'étais… couverte… réussit-elle à articuler après une inspiration difficile

- Oui, peut-être. Mais je ne comprends pas. D'habitude, il peut encore y avoir ne serait-ce qu'un millimètre de neige ou de givre, tu ne sors pas. Pourquoi tu es sortie dimanche ? C'est pas que je ne suis pas d'accord, mais… je suis aussi responsable de ta santé. Et puis, tu restes ma sœur.

Il se pencha vers la jeune femme et lui dégagea une mèche de cheveux avant de passer une main fraternelle sur la joue de sa petite sœur. Puis, il se leva.

- Je reviens. Je vais te chercher un chocolat chaud.

Il sortit. Lorsque les pas se furent éloignés, Jack Frost descendit de son perchoir. Stacy éternua soudainement faisant sursauter l'esprit de l'hiver. Il observa la jeune femme, un air contrit. Il s'approcha un peu plus du lit. Il s'appuya sur son bâton veiné de glace, en silence. Stacy ouvrit les yeux et tourna la tête vers le jeune homme.

- Salut… dit-elle d'une voix faible

- Salut…

- C'est gentil d'être venu, s'essouffla-t-elle en ces quelques mots

Jack Frost ne répondit rien. Il aurait aimé lui dire quelques mots. Les derniers. Pourtant, il arrivait à peine à desserrer les lèvres. Il se contenta de secouer la tête négativement.

- Ça va ? finit-il par demander néanmoins

Elle hocha faiblement la tête avant de faire face à une quinte de toux qui lui arracha les cordes vocales. Jack Frost se précipita pour la relever et lui passer une main dans le dos. Néanmoins, lorsqu'il sentit l'épiderme de la jeune femme frissonner sous son pyjama, il retira sa main. Elle voulut s'asseoir et il releva son oreiller. Elle le remercia tandis qu'il s'asseyait sur la chaise que Timothée occupait auparavant. Voilà pourquoi il avait accepté d'aider les jumelles et de quitter Stacy. Il y avait pensé sérieusement depuis ce baiser. Tout en lui n'était que froid, alors que bizarrement son cœur brûlait aux côtés de Stacy. Cependant, la jeune femme ne supportait pas le froid. C'était dans son organisme. Elle n'y pouvait rien. Et Jack non plus n'y pouvait rien. Son corps était ainsi fait. Il était une légende de l'hiver face à une humaine affaiblie. Il avait tellement peur de la fragiliser, plus qu'elle ne l'était déjà. Pour la première fois de sa vie, il s'en voulait d'apporter le froid avec lui. Plus il y pensait, plus il se disait qu'ils auraient peut-être mieux fait de ne jamais se rencontrer. D'autant plus qu'il connaissait à présent des détails qu'il aurait peut-être préféré ne pas connaître. Il leva ses yeux bleu océan vers la pâle silhouette de la jeune femme qui le regardait également. Il détourna le regard. Soudain, la porte de la chambre s'ouvrit. Aussitôt Jack Frost s'envola. Timothée entra avec une tasse fumante dans laquelle baignait une guimauve.

- Oh ! Tu as réussi à t'asseoir, constata-t-il

Stacy sourit. Son visage était creusé par la fatigue et, souriant ainsi, elle faisait un peu peine à voir. Jack Frost eut un petit sourire triste. Il se sentait fautif que la jeune femme soit malade. Soudain, elle eut une quinte de toux si forte qu'elle se plia en deux et porta même une main à son ventre. Des larmes naquirent également au coin de ses yeux tant elle toussait. Jack voulut lui venir en aide mais aussitôt Timothée accourut, déposa la tasse sur le coin de la table et vint caresser le dos de sa petite sœur. Puis, quand la toux se calma un peu, il passa une main sur son front perlant de sueur.

- T'es encore bien brûlante. Rallonges-toi, tu veux ?

Stacy n'eut pas la force de répondre et se contenta de suivre les mouvements que son frère lui imposait. Jack Frost baissa la tête. Il rabattit son capuchon. Il s'apprêtait à partir lorsqu'une petite voix l'interpella.

- Jack…

Le jeune homme se tourna, le cœur oppressé, vers la voix qui l'appelait. Il aperçut le visage blafard de Stacy qui l'observait de ses grands yeux gris brillant de fièvre. Elle tendit une petite main hors de la couette, vers lui.

- Jack, répéta-t-elle d'une toute petite voix, Jack… reste.

On prit tendrement la main de Stacy dans la sienne. Mais ce n'était que celle de Timothée.

- Et bien, ma pauvre Stacy… ça ne te réussis vraiment pas de sortir dans le froid. Même en avril…

Un voile de déception passa sur son visage malade. Elle désespérait que son grand frère lui lâche la main et que Jack Frost s'en empare. Elle le désirait tellement et elle était tellement sous le coup de la fièvre qu'elle en vint à en sangloter. Elle implora du regard le jeune homme qui détourna aussitôt ses yeux bleu océan.

- Jack…

Stacy sanglotait dans son lit, alors que Timothée lui posait un gant d'eau fraîche sur le front. Le jeune homme n'osait plus la regarder en face. Il se sentait tellement responsable de son état alité. C'était lui qui l'avait poussé à aller dehors, l'avait emmené dehors. Et la pauvre jeune femme en avait pâtie, elle qui n'avait quasiment aucune défense immunitaire. Il aurait préféré lui expliquer la situation. Mais elle était avec son frère et malade. Il ne pouvait pas se permettre de lui révéler tout ce qui s'était tramé jusqu'à présent. Il inspira profondément. Puis, Jack Frost passa la fenêtre sans un regard pour la jeune femme qui pleurait déjà son départ.


Ce chapitre me plaît beaucoup également !

En fait, on est arrivé dans la période que j'aime le plus.

J'espère que vous ressentirez bien les émotions que j'ai voulu faire passer )

A bientôt !