El Síndrome de Estocolmo

Le syndrome de Stockholm

Note de la traductrice : Et encore un chapitre! :3 Je précise au passage que celui de demain sera publié un peu plus tard u.u Sur ce, bonne lecture! ;p


Note de l'auteur : Bonjour, à nouveau! Ce chapitre est un peu plus court que d'habitude mais c'est pour maintenir le suspens mwahaha! (Qu'est-ce que je suis méchante). J'espère que ça vous plaira.


Chapitre VI :

« Lâche-le et éloigne-toi lentement. Mets tes mains bien en vue. »

La voix grave et sérieuse de Roy Mustang fit irruption dans la scène. De mauvaise grâce, Envy, encore transformé en Roy lui-même, lâcha les pauvres lèvres du petit alchimiste et se tourna vers l'homme qui venait de l'interrompre d'une si désagréable manière.

Le véritable Roy Mustang était debout face à eux, à l'autre bout du salon. Il pointa sur Envy son révolver, qu'il tenait dans sa main gauche, tandis que la droite se levait, gantée, provocante. Des étincelles alchimiques éclataient autour de ses doigts, révélant l'énergie qu'ils contenaient à cet instant. Son visage n'était pas moins menaçant : Envy pouvait lire la haine et la fureur dans ses yeux noirs.

Malgré la scène à laquelle il avait assisté (lui-même sur un Ed à moitié dénudé, qu'il essayait de forcer), il réussit à garder un calme olympien. Au moins extérieurement, car il faisait intérieurement des efforts surhumains pour ne pas transformer en cendres l'homonculus à cet instant même.

« Éloigne-toi, je t'ai dit! » lui hurla-t-il en voyant qu'il ne bougeait pas.

Edward ne pouvait y croire. Ses yeux restaient fixés sur le nouvel arrivant comme s'il avait été un fantasme. Il sut qu'Envy lui avait menti et ne put s'empêcher de soupirer de pur soulagement.

« Roy...

- Ne t'inquiète pas, Edward, je suis enfin là. Je ne laisserai pas...

- Je ne laisserai pas ce maudit monstre toucher à un de tes cheveux de plus », termina pour lui l'homonculus tandis qu'il relâchait le garçon et se mettait debout. « Ce que vous êtes prévisible, Colonel.

- Je ne t'ai pas donné la permission de parler, saloperie. Maintenant, tu es en état d'arrestation », l'informa Roy d'un ton menaçant. « Reviens à ta forme originelle et marche lentement jusqu'à moi. »

Envy éclata en un rire dément. Roy ne s'énerva pas, il ne devait pas baisser sa garde. Edward n'était pas capable de bouger de là où il se trouvait.

« Tu crois que tu as l'avantage parce que tu es armé et moi pas, pas vrai? » lui dit-il quand il se fut calmé. « Je vais te dire quelque chose... »

Aussitôt, Envy/Roy disparut sous les yeux d'un Mustang surpris.

« Tu ne peux pas me vaincre. »

Il réapparut au même instant à quelques centimètres de lui et lui assena un terrible coup de poing au creux de l'estomac. Le revolver vola à l'autre bout de la pièce et Roy manqua de perdre l'équilibre et de tomber.

Mais au contraire du jeune alchimiste, Roy était un soldat aguerri. A peine sentit-il la présence de l'homonculus qu'il claqua ses doigts. Envy dut sauter en arrière pour éviter que les flammes calcinent sa peau, et celles-ci s'évanouirent dans l'air. Les deux réagirent avec rapidité et s'embarquèrent dans une violente lutte au corps à corps.

Roy savait qu'il avait besoin d'éloigner son adversaire pour pouvoir l'attaquer avec toute sa puissance, en utilisant son alchimie. Mais Envy le savait lui aussi et n'était pas enclin à céder. Il réussit à passer outre la garde du brun et lui envoya un coup de pied dans le menton qui le propulsa en l'air.

Roy encaissa bien la douleur et réussit à tomber au sol dans une bonne position, ce qui lui permit de se « catapulter » sur l'homonculus, le saisissant à la taille et le renversant. Les deux rivaux commencèrent ensuite leur lutte pour l'emporter sur l'autre, roulant au sol d'un côté à l'autre dans des cris de fureur et haletants sous le coup de l'effort.

Edward observa tout ceci sans bouger de sa place. Lui-même s'était souvent battu avec Envy et une seule fois contre Roy lui-même, mais il n'avait jamais vu de sa vie une lutte si sanglante. Le colonel attirait spécifiquement son attention, puisque c'était la première fois qu'il le voyait se battre avec une telle férocité. Il pouvait discerner une lueur meurtrière dans les pupilles des deux hommes. C'était comme voir s'affronter deux titans, il ne pouvait dire lequel des deux avait l'avantage à cet instant.

Mais Roy commit une erreur et Envy réussit à l'emporter sur lui, commençant à envoyer des coups de poings les uns après les autres dans le visage du Colonel.

« Comme ça tu apprendras où est ta place, colonel de pacotille! » hurlait celui aux yeux violets, son visage déformé par la haine et la folie. « Tu ne peux rien faire contre moi! »

Roy serra les dents pour supporter la douleur. Il sentait le sang couler de sa lèvre inférieure, à présent ouverte.

« Une expérience ratée comme toi ne pourra jamais se comparer à un humain », répliqua avec ironie le brun. « Tu n'es rien d'autre qu'un pauvre être sans âme. Tu me fais de la peine. » Et il lui cracha au visage.

Envy s'immobilisa, surpris. Une moue de dégoût se forma sur son visage et il hésita le temps suffisant pour que Roy puisse se débarrasser de lui. Les deux se mirent debout et s'observèrent quelques instants, planifiant le prochain assaut.

Envy sourit à nouveau avec cruauté et décida de jouer un peu avec le colonel.

« Alors comme ça, je suis un pauvre être sans âme? Ce n'est pas la première fois qu'on me le dit, si tu veux le savoir. Mais je préfère être n'importe quoi plutôt qu'un faible être humain. Il suffit d'un rien pour vous cassez! » ria-t-il. « Regarde le nabot, par exemple : quelques coups et le voilà au bout du rouleau. » Edward, qui fut surpris en entendant qu'Envy le mentionnait, se recroquevilla de peur sur son canapé. « C'est vraiment pathétique! Si faible, si mortel... Maintenant, là, tout de suite, je pourrais lui trancher la gorge sans qu'il ait le temps de crier.

- Tu ne le toucheras pas à nouveau tant que moi, je serai en vie », assura l'autre, levant sa main gantée, prêt à attaquer.

- Sérieusement? Tu donnerais ta vie pour le morveux? » lui demanda-t-il d'un ton goguenard. « Regarde, Edo-kun, il semble que ce qu'éprouve ton Colonel soit réciproque. Tu n'es pas content? »

Roy sursauta. De quoi parlait l'homonculus? Juste un instant, il détourna son regard pour le porter sur le plus jeune. Ce qu'il vit lui serra le cœur. Edward, grièvement blessé, saignant, la chemise déchirée, pelotonné dans un coin du fauteuil, le regardait avec des yeux apeurés. Que se serait-il passé s'il était arrivé juste une minute plus tard? Il ne voulait même pas l'imaginer et n'était pas habitué à voir le garçon si vulnérable. Et, cependant, ce que lui avait dit Envy le préoccupait : de quels sentiments parlait l'homonuculus...? Cela pourrait-il être...?

« Tais-toi. Ne dis plus rien », ordonna Edward depuis son coin d'une voix tremblante. Un sentiment de honte, mêlé à la peur qu'Envy puisse s'énerver, tenaillait sa poitrine.

« Que se passe-t-il, nabot? Est-ce que par hasard tu ne voudrais pas que j'explique au colonel ce que nous étions sur le point de faire lorsqu'il nous a interrompu? » Le ton d'Envy était effrontément explicite. Il savait qu'il avait le nabot entre ses mains. Son sourire devint enchanté quelques instants, encore plus lorsqu'il vit l'expression de confusion, mêlée à de la haine, de Mustang. « Vous êtes au courant, Colonel? Si j'ai pris cette apparence... » Il se désigna lui-même. « C'est parce que notre petit Edward me l'a expressément demandé. Je voulais réaliser sa petite fantaisie d'adolescent...

- C'est complètement faux! » s'indigna Edward, rouge de honte.

« Et maintenant tu le nies? Tch, c'est toujours après qu'ils ont honte. Quand je passais ma main sous ta chemise, tu ne me disais rien.

- Non! Tu mens!

- Tais-toi, homonculus. Je ne t'avertirai pas une seconde fois.

- Je ne comprends pas les adolescents : ils souhaitent tous sauter et se faire sauter et pourtant, ils le nient continuellement », poursuivit-il, sans prêter attention aux deux autres. « Pourquoi vous, les humains, avez honte de vos propres désirs? Qui a-t-il de mal à ce que le nabot veuille se faire prendre par son colonel?

- Ça suffit! » Hurla Edward, des larmes de frustration déjà prêtes à couler. Il ne voulait même pas imaginer ce que Roy pensait de lui à cet instant. Il était sûr qu'il était répugné, dégoûté face à cet adolescent perverti. Il voulait lui expliquer que tout ça n'étaient rien de plus que des fables de l'homonculus, mais cela faisait longtemps que la situation le dépassait.

« Ferme ta gueule saloperie! Je ne tolèrerai pas un calomnie de plus! »

Envy regarda fixement le colonel et sourit intérieurement. Après avoir vu la lueur de ses yeux, il décida de lui jouer un tour, son dernier atout. Pourquoi était-ce si outrageusement facile de deviner les sentiments des humains?

« Même si, maintenant que j'y pense, peut-être que notre aimable Colonel serait disposé à accomplir ton fantasme lui-même, chibi. Oui, le gosse vous plait, je me trompe? »

Roy ne put éviter qu'un changement sur son visage ne s'opère. Edward aussi le nota, mais ne put réussir à savoir ce qu'il signifiait. L'hésitation de Roy permit à Envy de parachever son mauvais tour.

« En vérité, je vous comprends. Le nabot a beau n'être d'aucune utilité, je dois reconnaître qu'il est assez attirant. Enfin, si les gamins efféminés te plaisent, évidemment. » Il avait récupéré un ton salement lascif. « Mais vous pouvez être tranquille : je ne lui ai encore rien fait. Vous l'avez tout entier pour vous si vous le voulez. Quand vous le prendrez vous verrez comme il est innocent : il réagit à chaque frôlement. Je suis sûr que vous vous éclaterez au possible en le dépucelant. Et, vous savez quoi? Lui aussi puisque... Il est amoureux de vous. »

Edward étouffa un gémissement. Il ne pensait pas qu'il pût ressentir plus de honte que celle qui l'étreignait à cet instant. Mais il ne se risqua pas à répondre, et n'avait même pas assez de forces pour se mettre debout.

Roy était en état de choc.

Envy profita de la situation. Il fit tomber Roy par un coup en pleine tête et fondit sur un Edward sans défenses, déterminé à terminer une bonne fois pour toutes ce qu'il était venu faire dans cette maison. Edward, en le voyant se rapprocher, hurla d'une pure terreur.

« Merde! » grogna Roy depuis le sol lorsqu'il se reprit.

Sous ses yeux, il vit Envy s'apprêter à attaquer à nouveau le garçon, et quelque chose en lui explosa. Sans savoir véritablement ce qu'il faisait, il attrapa une extrémité du tapis qui couvrait le sol et tira. Envy ne s'y attendait pas et tomba sur ce dernier de tout son long, se heurtant violemment la tête, ce qui le laissa désorienté suffisamment longtemps pour que Roy puisse contrattaquer.

L'alchimiste n'hésita plus. Il claqua ses doigts et une nouvelle flamme alchimique surgit au milieu de la pièce et zigzagua jusqu'à l'homonculus.

« Merde. »

Les flammes l'atteignirent et mirent le feu à ses habits et à sa peau.

Roy, sachant ce qui se passerait par la suite, courut jusqu'à Edward et se jeta sur son faible corps, le couvrant complètement et le blottissant contre son torse, essayant de couvrir ses oreilles de ses mains.

« Ne l'écoute pas! »

Edward ne savait pas de quoi il parlait jusqu'à ce qu'il l'entende. Un hurlement terrible, plus horrible que ce qu'il aurait jamais pu imaginer, s'échappa de la gorge de l'homonculus. C'était un cri déchirant, plein de douleur et de la plus grande souffrance. C'était le cri de quelqu'un qui voyait sa vie lui échapper des mains de l'une des façons les plus horribles qui pussent exister. Ce n'était pas la première fois que Roy en entendait et il savait que cela pouvait se révéler irréparablement traumatisant. Et l'esprit d'Edward n'était pas en état d'endurer un traumatisme de plus à ce moment.

Envy agonisait. Il avait perdu la vie des dizaines de fois et par de nombreuses manières, mais le feu alchimique l'emportait haut la main sans le moindre doute. Il sentait tout son corps fondre douloureusement et ne pouvait s'empêcher de crier.

Après d'interminables minutes, les flammes se consumèrent et le corps carbonisé d'Envy, encore sous l'aspect de Roy, tomba au sol.

Le brun soutint encore dans ses bras le plus jeune pendant quelques instants de plus.

« Calme-toi », lui murmura-t-il de la voix la plus douce que son corps crispé lui permettait d'avoir. « Le cauchemar est enfin terminé. »

Edward, les yeux encore exorbités, acquiesça lentement. Peu à peu, il sortit de sa torpeur. Tout à coup, il éclata violemment en sanglots et étreignit le corps de Roy grâce à son unique bras fonctionnel, comme s'il avait été une bouée de sauvetage.

« Calme-toi, c'est enfin terminé. Tu es sauf : tout est fini », continuait de le rassurer le plus âgé. Il commença à lui caresser tendrement les cheveux. « Pleure autant que tu veux, détends-toi.

- Je... Ce qu'a dit Envy... » bégaya Edward, mais sa voix se brisa à cause des larmes et du stress.

Roy eut un sourire triste . « Il a honte des mensonges qu'a raconté l'homonculus. Il ne veut pas penser que ce qu'il a dit à propos de ses sentiments soit vrai... »

« Ne t'inquiète pas pour ça maintenant. Je n'en ai pas cru le moindre mot », lui répondit-il, essayant de faire en sorte que sa voix ne tremble pas. La douleur physique qu'il ressentait (qui n'était pas rien) n'était pourtant pas comparable à celle de son esprit.

« La simple idée que ce soit vrai le répugne », pensa Edward. Quelque chose se brisa au fond de sa poitrine : son pauvre cœur désabusé. Brisé par la douleur, il se blottit encore plus fortement contre le plus âgé. Qu'il le haït par la suite, il s'en fichait, il voulait juste sentir son contact, sentir le corps fort de Roy protégeant le sien. La seule chose qu'il voulait à cet instant était un peu de sûreté.

Roy non plus n'avait pas envie de rompre l'étreinte mais le bon sens le rappela à l'ordre et il essaya de s'écarter du plus jeune tout en disant :

« Tu es grièvement blessé, tu as besoin d'une ambulance. Je vais appeler au QG pour qu'ils t'en envoient une et je t'amènerai sain et sauf à l'hôpital. Aucun homonculus ne saura plus où tu te trouves. Je te protègerai... Je nous protègerai », se corrigea-t-il.

Quelque chose d'étrange se produisit ensuite. Le corps d'Edward se crispa soudainement. Roy n'eut pas le temps de se tourner pour voir ce qui avait alerté le plus jeune; Edward n'eut pas le temps de crier.

Aucun des deux ne s'était rappelé des facultés régénératrices d'Envy. A cause de tout ce stress, ils ne s'étaient pas rendu compte que l'homonculus commençait lentement à se soigner. Ils ne virent pas non plus qu'il se levait et prenait le revolver de Roy, oublié dans un coin depuis le début du combat.

Edward eut juste le temps de voir l'homonculus charger l'arme et la pointer dans le dos du colonel. Il tira.

« Roy! »


Lady Lileni

Traduction : White Assassin