Disclaimer : SE.
Merci de me dire, pour les fautes, pour vos remarques et impressions, une review fait toujours plaisir ! x)
... ...
Ce fut le bruit de plusieurs moteurs qui le réveilla. Ouvrant doucement les yeux, renforçant sa prise sur le corps à côté de lui, il reprit pied avec la réalité, triste réalité. Le nez dans les cheveux de son ami, Zack se recula délicatement et entreprit de se lever. Cloud, Yuffie et Kadaj dormaient encore, Tifa, Aerith, Loz, Yazoo et Shelke n'étaient plus présents dans la tente. Il sortit sans un bruit, curieux de voir le défilé des camions de la ShinRa qui repartait. Ce ne fut pas le soleil qui l'éblouit, mais les phares des véhicules qui s'éloignaient. Encore ce brouillard ? Les feux rouges s'en allaient, comme un descente en flambeau, les laissant, là, sans personne. La panique lui monta à la gorge lorsqu'il comprit que la seule route lui permettant de faire machine arrière était coupée. Eux aussi... Coupés du monde, à la lisière d'une forêt, en plein milieu d'une purée de poix qui ne voulait pas partir depuis leur arrivée. Cette Peur, celle dont avait parlé Shelke, rampa autour de lui, sur lui. Il ne reverrait plus l'auberge, ses amis étaient morts. Les visages souriants de ceux du quartier qui les accompagnaient normalement passèrent devant ses yeux. Plus jamais il ne les verrait. Qui les enterrera ? Quand est-ce qu'on pourra rentrer ? Une file de questions, toujours les mêmes envahit sa tête.
« Zack ? Demanda d'une voix inquiète Cloud. »
Regardant vraiment devant lui, le brun s'aperçut que non seulement son ami s'y tenait mais aussi qu'il était flou, l'image qu'il percevait du blond était floutée par les larmes qui s'étaient mises à couler à son insu. D'un geste rageur, il les essuya et réussit à sourire. Sans un mot, il prit son compagnon par le bras et ils se rapprochèrent de la « place centrale » où régnait déjà une grande fébrilité.
« Fichu brouillard , jura Cid.
_ D'jà entrain de râler dès le matin, lança Zack en guise de salut.
_ Bien dormi ? Demanda Tifa à ses amis.
_ Génial... On est au milieu de nul part, à la poursuite d'un fou psychopathe qui veut la fin du monde parce que la ShinRa n'a pas été foutu de garder ses dossiers secrets. Mais oui, bien dormi bien sûr. »
Le ton ronchon du blond surpris le reste du groupe. Cloud était sorti de sa réserve habituelle et s'exerçait au sarcasme. Reno éclata de rire et se mit à l'applaudir. Rufus essuya le regard furieux que lui lançait le jeune homme. Il ne comprenait pas ces sentiments. Il n'avait rencontré que la sévérité, la maltraitance et l'ignorance de son père. C'était même celle-ci qui le blessait le plus. Il savait que ses hommes ressentaient de la loyauté et une espèce de sympathie à double tranchant. Double tranchant parce que lui n'avait rien à leur offrir mais il expérimentait des émotions étranges qui le perturbaient quelque fois depuis qu'il était devenu officieusement chef des Turks. C'étaient des hommes simples, mais tout de même intelligents, qui faisaient ce qu'on leur disait. Évidemment, il y avait des exceptions...
Reno qui en félicitant Cloud, était plié en deux au point de tomber de la souche qui lui tenait lieu de siège. Son café se renversa avec lui pour s'étendre voluptueusement sur sa chemise blanche. Le roux se releva en criant sous la brûlure du liquide, il se dépêcha de retirer son vêtement et accrocha le regard du cadet des argentés qui le détaillait sans pudeur. Il eut un petit sourire avant de retourner à la tente changer de chemise. Yazoo continua à le suivre du regard jusqu'à ce que le corps du Turk disparaisse derrière l'épais tissu de la tente. Il sentit ses joues s'empourprer un peu aux souvenirs de certaines nuits, ou journées... Il ne réussit à se clamer que quand il s'aperçut qu'on lui parlait.
« Pardon ?
_ Eh, t'es parti où là, bonhomme ? Demanda d'un ton bourru le pilote blond. »
Il se contenta de sourire et reprit le fil de la conversation : où est-ce qu'on va maintenant ?
Il passa en revue les expressions de chacun. La tête à moitié endormie, puis toujours les mêmes sentiments, ceux qui les suivront pendant tout le voyage, inquiétude, doute, peine, peur, angoisse, colère. Quelques fois des soupçons d'amusement, de gaieté perçaient les différentes couches. Et ils n'en étaient qu'à l'aube du deuxième jour.
Il remarqua aussi que les groupes étaient toujours séparés. ShinRa, elle-même divisée en deux, SOLDIERS et Turks, puis eux. Seuls Rufus Shinra et le Général Séphiroth s'étaient isolés et semblaient être entré dans une discussion des plus importantes. Pourtant, aucun des deux ne changeait d'expression, ils restaient neutre à toute épreuve.
Son regard se déplaça sur les quelques SOLDIERS restants. Assis ou debout, les sens en alerte pour la plupart, ils ne disaient mot et attendaient les ordres de leur supérieur. Les Premières Classes étaient aussi avec eux, roux et brun, ce dernier discutait tout seul, ou presque, Genesis ne répondant que par borborygmes.
Vint le tour des Turks. Tous autour de l'Utaïen qui était leur chef, ils écoutaient les instructions avec attention. C'est ce moment-là que Reno choisit pour revenir, s'intégrant au cercle avec éclats et pitreries, saluant ses collègues à tour de bras. Il fut reçut par le visage irrité de Tseng et répondit par un énorme sourire chaleureux. Retenant ses envies meurtrières, le brun reprit l'organisation de ses troupes. Yazoo eut un sourire au comportement du Turk roux puis se désintéressa du groupe. Le sien comportait plus de membres, on pouvait même dire qu'ils étaient tous réveillés. Denzel et Marlène s'étaient assis aux côté de Cloud et Tifa qui discutaient avec Loz, Aerith et Zack, Kadaj se moquait de Yuffie, Azul, Rosso se tenaient aux côtés de Cid, lui-même en face de Barett. Une fois de plus, le mystérieux Vincent Valentine restait à l'écart, scrutant les groupes avec la même attention que Yazoo il y avait quelques instants. Un deuxième sourire éclaira le visage de l'argenté qui se leva pour rejoindre son aîné et ses amis.
Rien à signaler de bien important à ce petit déjeuner passé dans le brouillard le plus complet, que peinait à éclairer le grand feu de la veille.
Le fils Shinra se sépara du Général et s'adressa à tous :
« Dans cinq minutes, on y va. Les tentes rangées, le feu éteint, tout le monde doit être prêt. »
Et il fit demi-tour.
Des regards indignés des non-habitués s'échangèrent, les autres retinrent de justesse un sourire las et se mirent en route.
« Deux minutes pour plier les tentes, deux autres pour récupérer leurs affaires, une minute d'avance.
Cinq minutes pour mettre la main sur le peu d'affaires qu'ils ont, c'est-à-dire une paire de chaussures, se recompter, et encore, pas prêt.
Auberge vs ShinRa...
Team ShinRa gagne ! Commenta Cait Sith en observant le remue-ménage devant lui.
_ C'est injuste ! On n'a pas l'habitude, nous ! Se récria Yuffie.
_ T'inquiète, gamine, tu prendras le rythme, comme tout le monde, répondit Angeal en riant et en tapotant la tête de la jeune fille.
_ C'est Yuffie, mon nom ! Protesta-t-elle en se dégageant violemment. »
Le brun éclata de rire et alla rejoindre le reste des SOLDIERS.
Se fut le Général qui ordonna le départ. La formation de protection se fit en peu de temps. La « famille », Rufus Shinra au milieu, une première couche de protection avec les quatre chiens principaux du Vice-Président, sans les nommer, Tseng, Reno, Rude et Elena, accompagnés des Première Classes et du Général, puis une deuxième faite des quelques SOLDIERS restants. Une protection qui semblait bien mince quand on remarquait que le centre était plus important que les couronnes militaires qui les entouraient. C'est à peine s'ils voyaient toute la formation. Le brouillard était toujours là, omniprésent et ne semblait pas vouloir partir. Les mains se cherchaient pour mieux se saisir. Ne pas s'éloigner les uns des autres, rester groupé, les conseils avisés fusaient, mais l'espace ne leur permettait pas de les mettre en place. Comment est-ce qu'un groupe comprenant une quarantaine de personne peut rester côte-à-côte lorsqu'ils sont enserrés par des arbres tout les cinq mètres. Évidemment, il y eut des éloignements, puis on retrouvait toujours son camarade, d'un côté ou de l'autre. Encore, et encore, on s'éloignait, évitant au dernier moment un arbre qui avait apparu devant soi, repartait dans la direction opposé dans l'espoir de sentir le contact de l'autre, paniquait à l'idée de ne pas le retrouver, c'était comme un Colin Maillard XXL, avec en plus des obstacles non prévus. L'inquiétude se lisait sur les plus âgés, la peur sur les plus jeunes, la panique sur les benjamins. Denzel et Marlène étaient blottis contre Barett et prêtaient leur main libre à Tifa pour l'une et Loz pour l'autre. Ils tremblaient de tout leur corps mais s'efforçaient de le cacher. On ne voyait que des ombres, qu'elles soient animales ou végétales, on ne percevait que le bruit des feuilles mortes, des branches cassées sous leurs pas. Personne ne parlait, comme si la première parole prononcée allait engendrer une catastrophe, et ne pas parler pour certains, même dans cette condition bien particulière, était un véritable supplice. Les rares paroles se faisaient par pression sur la main de l'un puis de l'autre, les mots rassurants qu'on ne pouvait prononcer passaient par la peau. Étrange moyen de communication qui accentuait la dépendance de l'un à l'autre. Toujours à tâtons, toujours sous la panique, elles se séparaient, ces mains, se séparaient et ne semblaient vivre que lorsqu'elles se retrouvaient. Les aventuriers nouvellement recrutés n'étaient pas au bout de leur peine. « Hôjô a seulement une demi-journée, peut-être une journée d'avance. » Avait dit Tseng. Ils auraient pu le rattraper, sans ce brouillard. Avec un peu de chance, le scientifique sera aussi bloqué par la météo...
Seul Vincent semblait sûr de sa direction. Sans un mot, il marchait sans gêne hormis Yuffie qui s'accrochait à lui comme une bouée de sauvetage. Cette étrange gamine, comme tous les autres membres de cette « famille », ne semblait pas vouloir le lâcher. Il ne comprenait pas la vitesse à laquelle ces inconnus avaient pu s'attacher à lui aussi rapidement, lui qui ne s'était ému que pour une seule personne, morte. Le visage de la châtain se dessina devant lui et il s'arrêta un instant, surprenant la jeune fille qui le tenait. Elle leva un regard interrogatif sur lui. Pendant un court instant il la regarda sans la voir puis se ressaisissant, reprit sa marche. Devant lui, une ombre, une ligne, un autre groupe. Ils reconnurent Aerith et Kadaj, les deux paires se regroupèrent et ils continuèrent à marcher.
« Où sont les autres ? Murmura l'argenté. »
L'absence de réponse le persuada dans sa peur. Les cercles concentriques que traçaient Aerith sur sa main ne suffisaient plus à le calmer. Oubliant sa fierté, il se mit à trembler violemment. Perdu au milieu de cette forêt, de ce brouillard, sans personne, où étaient passés ses frères ? Où était-il tout simplement ? Pourquoi est-ce qu'il se retrouvait ici ? Encore et encore, les mêmes questions passaient, toujours. Avec honte, il reconnut que la présence familière de Yuffie le ramenait vers son esprit pragmatique qui se laissait de plus en plus envahir par les émotions. Aerith, Kadaj et Yuffie, un pied après l'autre, suivaient Vincent, le seul ayant l'air de savoir où aller. Petite banderole, ils avançaient en rythme. Le brun s'arrêta brusquement. Quelque chose n'allait pas. Il croisa le regard d'Aerith tandis que Yuffie s'exclamait qu'elle avait vu le reste de la bande. Plus doucement et avec prudence, les quatre compagnons d'infortune avancèrent. Le brouillard semblait se lever autour d'eux, ils virent bel et bien les silhouettes de Weiss, Nero et les deux inséparables de Rosso et Azul. Yuffie ouvrit la bouche pour les appeler quand Vincent lui mit la main sur les lèvres pour l'empêcher de proférer un son. Le regard braqué sur les silhouettes, le brun attendit, essuyant les trois regards surpris raqués sur lui.
« Bien joué ! Vous avez gagné un point ! Ce ne sont, en effet, pas vos amis. Vous avez un bel instinct, mister Vincent Valentine. Fit une voix ironique qui sortait, semblait-il, de nul part, tandis que le brouillard se refermait à nouveau sur eux. »
Aux aguets, les quatre se mirent à regarder plus ou moins désespérément autour d'eux, tentant de percer la nappe blanche. Des filets de lumière apparurent et le sol éclata au près d'eux. Vincent se mit automatiquement entre le danger et les trois autres. Il ne savait pas pourquoi il faisait ça. Le sentiment qu'il avait laissé s'exprimer qu'en présence de Lucrétia revenait et le tentait. Ces gens l'avaient accueilli sans poser de questions, qui étaient maintenant impliqués dans une mission suicidaire qui ne les concernait pas, il ne voulait pas qu'ils finissent comme Elle. Rouge était son corps, la tache s'agrandissait et il ne pouvait rien faire, impuissant. Non, ça ne se passerait pas comme ça, pas cette fois-ci. Il se l'était promis, il ne devait en rien rompre cette promesse-ci.
D'autres explosions retentirent, toujours précédés par ces rais de lumière, comme si les bombes lancées étaient lumineuses. Le brun sortit Cerbère du holster et se concentra. Yuffie et Kadaj se regardaient, jouant à non-ce-n'est-pas-moi-qui-ait-le-plus-peur ! Aerith leur prit la main et les ramena contre elle, dos au danger, pour ne pas qu'ils cèdent à la panique, déjà bien présente. Le brun dégageait une telle aura qu'elle n'osait pas les lâcher de peur qu'ils ne subissent ses foudres. Ils formaient ainsi une mêlée compacte. Machinalement, l'aînée avait repris ses caresses du bout des doigts sur les mains de ses cadets, à chuchoter des paroles rassurantes, qu'ils n'entendaient même pas à cause des explosions, mais la seule présence de la jeune femme suffisait à les rassurer un minimum. Ils n'étaient pas tout seuls, et l'homme en noir les sauverait, hein ?!
Autour d'eux, Vincent virevoltait. Esquivant, déviant la trajectoire des bombes qu'il anticipait, il tirait tout en cherchant où exactement se tenait le tireur. Dans cette purée de poix, il n'y voyait pas à cinq mètres et le lanceur de bombes aurait pu être n'importe où. S'il avait cédé aux émotions qui l'entouraient, celles avec lesquelles il avait appris à vivre, Valentine aurait même pu croire qu'il s'était dédoublé, les explosions ne cessaient d'arriver d'origines différentes. Il avait déjà expérimenté ce genre de situation plus d'une fois. Pas pour rien qu'il avait été le chien de garde de la femme qui reposait maintenant dans un cercueil malodorant. Repensant une fois de plus à ces années, qu'il aurait dû bannir de sa tête, il réagit moins vite et une motte de terre le frappa, touchant en plein sur la blessure fraîchement cicatrisée. Il sentit la plaire se rouvrir, les croûtes se fissurer. La douleur renfloua, partant de son flanc pour entourer son torse, remontant peu à peu. Masquant une grimace, il reprit le combat inégal, tirant dans l'espoir de toucher l'ennemi. Il ne tiendrait pas longtemps à ce rythme.
À quelques mètres de là, Cid jurait. Pour changer, me diriez-vous, mais c'était tout de même le cas. Non seulement, il avait été séparé de cette espèce de bombe sur patte, alias un nouveau brun ténébreux, mais en plus, il devait se farcir les deux mômes de Barett. Ces derniers avaient tellement la trouille que ça ne l'aurait pas étonné qu'ils aient déjà mouiller leur froc. Bon, OK, c'était pas sympa de ça part de réagir comme ça, mais il en avait ras la claque des plans foireux de la ShinRa.
Le métis ne s'en faisait par contre absolument pas pour l'aviateur, il avait connu bien pire... Il protégeait du mieux qu'il pouvait les deux petits, jetant quelques coups d'œil à la rouquine qui était avec eux. Shelke ne paraissait pas le moins du monde troublé – ou en tout cas le cachait bien – par les événements. Le calme relatif de la jeune femme l'impressionnait.
Relatif, c'était un bon adjectif pour la qualifier. Shelke ressentait encore la Peur, celle qui avait toujours était là depuis ce moment.
« Restez où vous êtes. Vous n'êtes pas habilité à ce travail. Rallongez-vous sur votre couchette, numéro deux cent quatorze. Plus vite !
Cette Peur, elle ne la montrait pas, pour la simple raison qu'elle ne voulait pas Lui montrer. C'était débile, non ? La Peur n'était pas une entité vivante, mais pour la rouquine, c'était le pire des contre-maître qu'il puisse y avoir. Courber la tête, obéir, elle n'avait fait que ça. Maintenant, elle osait lever la tête et montrer sa résolution. Cependant, l'envie de bâillonner ses cadets la démangeait, ils pourrait prendre exemple sur Tifa et Loz qui ne criaient pas à tout va, se contentant de rester le plus calme possible, pour ne pas les angoisser encore plus. Leur tenant la main, ils avaient plus peur de leur communiquer leurs sentiments que de la situation. Shelke se forçait à ne pas les imiter et ils craquaient devant elle, mettant ses nerfs à plus rude épreuve encore. Rentrant au plus profond d'elle-même, elle se calma, arrêta d'entendre cet appel lancinant de fuite. La sérénité qu'elle percevait sous la colère du blond à ses côtés l'aida à se concentrer sur autre chose. Elle eut même un semblant de sourire en l'entendant marmonner dans sa barbe. Vieil ours bourru !
« Nom de nom, ronchonna-t-il. Comment j'ai fait pour atterrir ici ? L'avion s'est scratché au mauvais endroit, c'pas possible ! 'Plus, faut qu'j'me tape deux mioches pleurnichards, et non un certain brun au corps sublime... »
Il se perdit dans des fantasmes. Vincent Valentine l'hypnotisait au plus haut point. Des fois, ça l'énervait, d'autre, il se plaisait à imaginer ce qui pourrait se passer.
Vincent rougissant.
Vincent gémissant.
Vincent nu tout simplement.
Trop perdu dans ses rêves éveillés, il accéléra sans s'en rendre compte, évitant par instinct les obstacles, perdit les autres. Il n'entendit pas le cri de Shelke et Tifa, ni les coups tirés pas Barett, ni les hurlement des deux gamins.
Vincent se tordant de plaisir sous des assauts cadencés.
Vincent jouissant.
Vincent sous la douche, tout simplement.
« Mais bordel ! Où est passé Cid ? Hurla Loz en regardant Barett sur le qui-vive. »
Ils se retrouvaient entouré par plusieurs personnes, sans que personne ne soit au courant. Cid avait disparu et ils ne savaient pas quoi faire.
« Ils sortent d'où, eux ? Demanda Barett, énervé.
_ Si on le saurait, on s'rait plus là, je crois. Lui répondit Loz.
_ Putain de bordel de merde... Jura-t-il.
_ Et qui est-ce qui nous dit de ne pas jurer devant les petits ? Lança narquoise Shelke.
_ C'est pour la forme, j'pense qu'au collège, ils en entendent des pires ! »
Le cercle se resserrait petit à petit, les six compagnons coincés entre une petite dizaines de personnes. Étrange, elles avaient un comportement identique, presque semblable à des robots, au premier coup d'œil. Cependant, elles agissaient presque comme des humains, n'ayant pas cette démarche cadencée, au contraire. La synchronisation parfaite de leurs mouvements, les yeux vides, elles paraissaient régi par des ordres inaudibles. Un pas après l'autre, elles se rapprochaient, invariablement, l'étau se refermait. Cependant, ils hésitaient. Barett surtout. Pouvait-il tirer en tout impunité ? Est-ce sûr qu'elles...
« Tire. C'est nous ou eux. »
L'évidence même.
La voix avait claqué, lui rappelant son ancien professeur de tir. En pilote automatique, sans chercher à savoir qui avait parlé, il visa, tira sur la plus proche. Un léger ralentissement, mais c'est tout. Le corps n'avait rien. La bouche de cet étrange personnage s'étira en un sourire. Lentement, ses mains attrapèrent l'arme à son côté. Caché dans une poche à sa ceinture, il retira un pistolet, 9mm, basique. À son tour, il visa, arma, tira, tout ça dans une fraction de secondes durant lesquelles le métis eut juste le temps de plaquer Denzel au sol. La balle siffla à son oreille et Marlène se mit à hurler. Tifa ne réussissait plus à la calmer, cédant elle aussi à la panique. Pourquoi est-ce que ça arrivait ? Quel était le sens de cette maudite mission à la con !? Malgré ses efforts pour faire surgir la colère, elle n'arrivait pas à réduire ses propres tremblements, alors celle de la petite brune... Celle-ci se précipita sur les deux membres de sa « famille ». Barett passa une main dans ses cheveux, puis se releva.
Ils s'étaient arrêté d'avancer.
« Y a un problème, là ! S'écria Loz. »
Les regards convergèrent vers lui. Il soutenait Shelke, prise à des soubresauts qui ne voulaient pas s'arrêter. Elle se tenait la tête, à genoux par terre, le souffle court.
Tifa l'appela, essayant de la faire revenir dans la réalité. Les yeux clos, la rouquine ne répondit pas, toute à sa concentration. D'un geste rapide, elle leur demanda de lui foutre la paix. Des perles de sueur se formaient à la base de ses cheveux.
Après un échange visuel, les deux jeunes gens accédèrent à sa reprise et firent leur possible pour rassurer Denzel et Marlène, accrochés l'un à l'autre. Doucement, les voix se délièrent, prononçant des mensonges, des promesses de retour au calme, des avenirs plus radieux.
Barett ne comprenait pas, ça non. Leurs ennemis s'étaient arrêté et ne semblaient plus vouloir bouger. Mais il ne voulait pas reprendre le risque de les shooter. Il inspira, scrutant ce qu'il pouvait voir de l'horizon. Et cet abruti qui s'est volatilisé ! Il n'y voyait pas dix mètres, et ce qu'il voyait était loin de lui convenir. Entourés par des psychopathes hypnotisés, en plus des arbres denses, de cette purée de poix, ils avaient l'air malin. Il pensa un moment à appeler à l'aide mais le bruit des détonations n'avaient pas été anodin. Si quelqu'un était dans les parages, il les aurait rejoint. Non, ils étaient seuls, au milieu de types bizarres. Il analysa ses adversaires. De tout sexe, ils étaient formés à combattre et la rapidité du tireur lui avait fait pensé à celle des SOLDIERS. Durant sa carrière, il avait eu l'occasion – malheureusement – de travailler avec eux, et sur certains points, ils se ressemblaient. Il vit toutes sortes d'armes et comprit les différentes positions prises par ses opposants. Corps à corps avec des gants américains, des Bagh-nakh, des épées, katanas, sabres de toutes tailles, de petites dagues ou poignards. Armes à distance avec des armes à feu, des armes de jet : couteaux à lancer surtout, même des arbalètes de poing accompagnées de carreaux minuscules. Une véritable armurerie sur pattes. Se dit le brun. Et la rouquine qui respirait de plus en plus mal. Il commença à angoisser. Ils étaient vraiment dans la merde. La marche reprit, il ne savait pas quoi faire.
« Tire, bon sang ! »
Un hoquet de surprise, la voix venait de sa tête, il devenait fou en prime... Il obéit, se replia en lui, et commença la danse macabre. Dieu savait qu'il détestait ça, les tirs, le bruit des détonations.
C'est nous ou eux. Il le savait, et c'était bien la seul raison qui finit de le persuader. Saccades, les tirs ricochaient, n'abîmant même pas les corps devant lui. La réciproque ne venait pas, ils le lassaient vider ses munitions, la tête partant en arrière avant de revenir à leur place d'origine, faisant un pas de plus, un large sourire sur les lèvres. Une belle armée de psychopathes, moi j'vous le dis ! Il sentit une présence à côté de lui. Jetant un regard, il vit Loz, poignard au poing, prêt. Il eut un sourire triste. Ils pouvaient peut-être faire quelque chose. Ils n'allaient pas tarder à être sur eux. Relevant le bras, position de défense, l'argenté attendait. Barett fit de même avec son bras armé.
Le choc arriva, Shelke hurla.
Eh, bien, me diriez-vous, ce n'est pas très gai aujourd'hui, n'est-ce pas ? Évidemment, dans tout ces combats qui se rapprochent contre des inconnus qui n'ont pas l'air très sympathique, j'irais même à dire antipathique, et qui semblent bien déterminés à en découdre avec nos amis, fallait bien qu'un groupe y échappe, non ?
Eh oui, c'est bel et bien le cas. Alors que le monde s'étripent autour d'eux sans qui le sache, les deux paires d'inséparables, qui font donc – Quatre personnes ! Bravo ! - que je nomme Weiss et son frangin asocial, puis une grande et élancée rouge et son compère bleu, vous aurez compris, Azul et Rosso. Ben, ces quatre-là, on ne va pas dire se prélasser, plutôt qu'ils continuaient leur chemin, bavardant presque gaiement, une belle promenade de santé dans cette forêt pour le moins vaporeuse...
Non ?
Bon, d'accord ! Pour éviter les répétitions, on va résumer. Les susnommés étaient certes paumés dans la nature comme les autres mais ils n'avaient pas de petits bonshommes désagréables collés au train. Pour la simple raison qu'ils avaient été plus lent que la plupart du groupe et les avaient perdu. En bref, ils avançaient, deux à deux. La bonne humeur n'était pas vraiment au rendez-vous mais ils avaient depuis longtemps appris à gérer la chose que l'on appelle la Peur. Ils la tenaient à distance avec pour seules pensées leur inquiétude pour le reste de la « famille aubergiale » (c'est beau, non ?). Les SOLDIERS et le reste de toute cette satanée ShinRa et représentants pouvaient crever devant qu'ils s'en foutraient, mais ceux qui les avaient accepté, avaient vécu avec eux durant ces deux ans, ceux-là, ils se damneraient pour eux. En particulier un bleu et un blanc. Pas que les deux autres s'en contrecarre, juste qu'ils n'avaient pas cette fervente foi de se convaincre qu'ils étaient autant liés. Tous étaient passé par des moments pas vraiment gais ou irréprochables moralement, et cela les avaient changé. Ils n'y avaient pas d'innocents dans leur bande. Abandon, misère, torture de toutes formes, maltraitance, tous avaient franchi un pas que les gens bien portant ne pouvaient comprendre, juste tolérer.
Ils avançaient.
Éclair, réflexe.
La lame passa juste à côté de sa tête.
Retour.
Pas en arrière, recul.
Néant.
Arrêt.
Tseng, Elena, Rude se regardèrent. Seul l'instinct de leur supérieur l'avait protégé. Le blond eut un sourire mauvais, regardant aux alentours.
Ils dégainèrent leur arme respective.
Éclat du fer contre le métal.
Katana contre revolver.
Entaille sur l'arme à feu.
Mouvements des chiens de garde devant leur maître.
Néant.
Arrêt.
La concentration se lisait sur les traits des trois protecteurs. On les attaquait et la dernière personne qui devait être touché, c'était bien Rufus Shinra !
Troisième attaque éclair.
Blessure.
Sang.
Deuxième estafilade.
Grognement de douleur.
Détonation.
Néant.
Arrêt.
Rude retint un grimace, la jambe entaillée, ce bâtard avait visé le bas ! Elena lui posa la main sur le bras, tout en regardant ailleurs. Simple contact, repli sur soi.
Respiration proche, trop proche.
Coup tiré au hasard.
Rires.
Deuxième tentative ratée.
Rires.
Présence oppressante, aveuglement.
Surprise.
Défense trop lente.
Douleur réprimée.
Colère exprimée.
Rufus touché.
« Enfin, ce pourrait être pire, non ? Avoir le grand frère sur le dos. Reno chuchota la dernière partie de sa phrase au creux de l'oreille de son voisin. »
Yazoo le repoussa du coude, un petit sourire aux lèvres. Le roux tentait d'apaiser les tensions que le petit groupe ressentait en dévidant son lot de conneries. Marchant juste devant eux, Cloud et Zack écoutaient, le brun surenchérissait souvent.
« J'pense qu'on va bien s'entendre, Fair, répétait souvent le Turk.
_ Et tu n'as pas peur de subir les représailles de ton supérieur ? Demanda celui-ci.
_ Lequel ? Dans les deux cas, j'suis bon pour la morgue, mais j'aurais au moins passé un bon moment avec Y... »
L'argenté le bâillonna. Malgré le discours incessant, toujours la même aura de Peur leur tournait autour. Les paroles de Shelke repassaient dans leur esprit et c'est à ce moment-là qu'ils expérimentaient vraiment, cette sensation désagréable, oppressante. Ils en suffoquaient presque, se fixant presque avec désespoir aux paroles du roux. Ce dernier savait gérer, il n'était pas Turk pour rien, mais il comprenait sans problème. Il se rappelait ses premières missions, cette nausée, la volonté dont chacun devait faire preuve pour continuer à avancer, toujours, avancer et ne pas se retourner en s'enfuyant en courant. En plus de cette ambiance, avoir perdu le reste du groupe, ne pas savoir ce qu'ils devenaient, où ils étaient, les angoissaient. Ce fichu brouillard n'aidait pas non plus. Les hallucinations auditives, parfois visuelles, les faisaient devenir de plus en plus paranoïaque. Cloud n'en pouvait plus, il aurait déjà dû craquer depuis un moment, sans cette main sur la sienne, ce contact. Il bénissait Zack d'être là, il ne pouvait que se focaliser sur cette étreinte. Ils trébuchaient tous les cinq pas, mettant encore plus leurs nerfs en pelote. Même Reno gardait une main sur l'arme à sa ceinture. Il était bien conscient que s'il arrivait quelque chose, il était le seul à avoir de quoi se défendre, défendre son compagnon et ses amis. Car oui, malgré son habituel nonchalance, il tenait beaucoup à l'argenté, pas seulement pour leurs parties de jambes en l'air, non, il voyait dans le jeune homme plus que ça. Un esprit fin, torturé, certes, mais au combien intelligent et observateur. Il le fascinait, par sa faiblesse naturelle, par cette force d'esprit. Le voir dans cet état, proche de la grande crise de nerfs le déboussolait plus qu'il ne voulait l'avouer. Dès que le silence retombait, rarement, il fallait le dire, la pression sur son bras s'accentuait, sa respiration s'accélérait imperceptiblement.
C'est pourquoi, quand ils arrivèrent dans un cercle où ils arrivèrent à voir à quinze mètres, ils firent une pause. Ils pouvaient au moins se voir de bas en haut, aperçurent même des souches d'arbres où ils s'assirent, se détaillant. Zack avait perdu son habituel sourire. Cloud semblait parti, très loin, en pilote automatique, il se réfugiait souvent dans son monde à lui, où il était inaccessible, la main fermement cramponnée à celle du brun. L'argenté s'obligeait à ne pas penser à ses deux frangins, se forçait à retrouver l'imperturbabilité qu'il pouvait adopter, qu'il avait dû prendre bien des fois.
« Où sommes-nous ? Elle est où maman ? Pourquoi elle n'est pas revenue ?
_ Elle ne reviendra pas.
_ Yazoo ! Écoute, Kadaj, on va s'en aller d'ici, d'accord ?
_ Mais comment est-ce qu'elle saura où on est ?
_ On lui laissera des messages partout où on passera, ne t'inquiète pas.
_ Elle ne reviendra pas, pas la peine de le berner, Loz.
_ Pourquoi est-ce qu'il dit ça ? Grand frère ?!
_ On y va, non ? Les flics vont arriver bientôt. »
Échange de regard des deux aînés. Loz porta le plus jeune et ils se mirent en marche, au travers des décombres, traversant les ruelles, déclenchant l'hilarité de leurs occupants.
« Vous n'arriverez pas à partir, les mioches. Elle sera toujours là, où que vous alliez, vous êtes marqués, pourquoi partir? »
Cassant, amère, il savait comment faire, il connaissait cette sensation, et c'était grâce à elle qu'il avait survécu.
Reno était aux aguets. Même entraîné, il ne savait pas si ce qu'il percevait était une énième hallucination ou était bien réel. Les silhouettes qui se découpèrent dans la brume lui firent pencher pour la deuxième option. Il sortit le revolver, étonnant les deux autres, Cloud ne revenant pas à la réalité. Les têtes se tournèrent. Deux jeunes hommes apparurent, sourire aux lèvres. Ils étaient là, puis ne l'étaient plus. La brume se referma. Paralysé, Zack ne cherchait plus à comprendre. C'est à peine s'il distinguait le blond à son côté. Tirant sur son bras, il le sentit se réveiller et le maudire. Il n'avait pas le choix, il fallait qu'ils fassent quelque chose.
« Yazoo ? Reno ? Appela-t-il. »
L'absence de réponse le fit frissonner.
« Bonjour. »
Cloud poussa un cri, Zack se retourna violemment, emportant le blond avec lui. Vaguement, ils entraperçurent le jeune homme. Le brun reçut un coup de poing dans le ventre, le faisant tomber à la renverse, son dos percutant un autre corps.
« Reno ! » L'argenté avait crié.
Reno, c'était donc le roux qu'il avait percuté. Cloud partit avec lui, toujours entrain de lui serrer la main. Il n'y eut plus aucun bruit, les deux paires s'étaient mises dos à dos, juste pour vérifier que les autres étaient bien là.
Le roux jura. La seule arme qu'il avait – exception faite de son corps – était inutilisable dans cette nappe compacte. Il sentit Yazoo tombait tandis que Cloud faisait de même.
Dans un même ensemble, ils chutèrent, se retenant à leur compagnon.
« Il m'a fauché, l'espèce de... Jura Yazoo, se faisant relever par le roux.
_ De même. Fut le seul commentaire de Cloud »
À quoi est-ce qu'ils jouent ? Se demanda le roux.
La journée allait vraiment être longue. Rien ne pouvait dire où est-ce que leurs deux adversaires étaient. Ils étaient ombres parmi les ombres et frappaient. Deux par deux, ils se faisaient touché, au même endroit, avec la même intensité, comme si les deux compères agissaient en...
« Miroir ! Ils agissent en miroir ! S'écria soudainement Yazoo en se faisant propulser, ayant bloqué de moitié un coup dans les côtés. »
Cloud derrière lui étouffa un cri de douleur. Il n'avait pas senti le coup arriver, n'avait pas amorti le choc.
L'absence d'attaque parut confirmer les dires de l'argenté, encore plus qu'en elles reprirent, avec plus d'intensité. Les coups volaient et ils ne savaient pas comment les éviter. Il ne leur fallut pas longtemps pour être confits de blessures, haletants sous la douleur, les larmes aux yeux. Cloud était assis par terre après un coup à la tête, Zack accroupi à côté de lui.
« Il y a forcément un point faible. Murmura-t-il avant que le brun ne s'effondre sur lui. Zack ?
_ C'est rien. Grimaça le brun. »
Le coup l'avait surpris.
S'habituant un peu plus à l'environnement, Reno commençait à anticiper quelques une des coups qui s'abattaient sur eux. Une pression sur son bras, il aida l'argenté à se relever, s'appuyant sur lui. Celui-ci avait perçu les paroles du blond et se mit à réfléchir intensément. La carapace anti-douleur se reforma, il y avait longtemps qu'elle ne s'était pas mise en place. Les vieilles habitudes revinrent. Se concentrer sur un unique point, faire abstraction de tout le reste, trouver la solution, qu'importe la situation, ça l'avait bien aidé dans le passé. L'urgence de la situation était évidente et il s'enveloppa de cette protection spirituelle. Il savait à quel point il allait souffrir, après, mais là, il ne pouvait pas se permettre de ressentir quoi que ce soit.
Zack enlaça le blond – qui eut un battement de cœur en moins – lui chuchotant : « Dépêche-toi de le trouver, ce putain de point faible, je ne vais pas pouvoir tenir cent sept ans. »
Se reprenant, Cloud s'obligea à ne pas se laisser aller contre le corps chaud, apprécier l'étreinte, ce n'était vraiment pas le moment. Il réfléchit alors que les coups faisaient gémir son bouclier humain.
« Eh, p'tit gars, là ça ne va pas le faire, lança Angeal à un jeune SOLDIER qui commençait à s'agiter »
Le Première Classe accompagna sa remarque d'un sourire compréhensif. Genesis n'adressa qu'un regard hautain au jeune, Sephiroth ne réagit pas, gardant ses yeux fixés sur le chemin. Avoir perdu Rufus ne le gênait en rien, au contraire, de toute façon, il finirait – malheureusement – par le retrouver. Le brouillard, par contre, commençait sérieusement à lui peser sur les nerfs. Seul Angeal réussissait à plaisanter et haranguer peu ou prou les troupes – prou surtout. Fidèles à leurs supérieurs, la dizaine de SOLDIERS restants étaient devenus leurs ombres.
« Dites les gars, vous en pensez quoi ? N'est-ce pas le cadre idéal ? Un ciel ensoleillé, la chaleur sur la peau, des filles magnifiques, regardez, y en a même une qui... Le Banoran laissa sa phrase en suspens. »
Il y avait effectivement une fille devant eux, un couloir de brume s'était levé jusqu'à elle, la révélant. Elle fumait nonchalamment, adossée à un arbre.
« Bonjour, fit-elle en se redressant. »
Elle se dirigea vers eux, un sourire aux lèvres. Ils la regardèrent s'avancer, pas après pas, jeter sa cigarette, tendre les mains, et comme s'ils n'étaient qu'un vulgaire orchestre, entama des mouvements dignes d'un chef d'orchestre un peu fou. Les premiers cris retentirent. La Douleur fusait. Elle sortait des jambes, arrachant les talons d'Achille, cinglant les cuisses, entaillant le tibia. Quelques SOLDIERS tombèrent, genoux à terre, retenant – ou non – une supplique. Le sourire de la nouvelle venue s'agrandit. Ses mouvements se firent plus rapide, d'autres jeunes reçurent les coups, le brouillard l'enveloppa à nouveau.
Le Général leva un sourcil, esquissa un croquis de grimace souriante, dégaina Masamune. Accompagné d'un soupir qui trahissait son impatience, Genesis fit de même, sortant sa lame rouge de son fourreau. Angeal eut un rire rapide en observant le comportement de ses deux amis, et les imita. Ça risquait d'être intéressant...
L'air siffla à leurs oreilles et ils n'entendirent plus que les gémissements retenus de leurs anciennes recrues, à présent inutilisables. Il y eut un moment de flottement, puis le brouillard se mit à crépiter, la danse de la Mort avait tout juste commencé le préambule, les cuivres entamèrent le concert, mettant tout les spectateurs dans l'ambiance. Insaisissable, la jeune femme blessait sans répit, elle finit par s'attaquer aux trois plus puissants, qui n'attendaient plus que ça. Ils perçurent un éclat de rire et ressentirent la Douleur, visage, jambes ou bras, les chairs découvertes furent tatouées de coupure sanglante, lentement, sadique. Douée, avec ses fils...
... ...
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Review ? =D
