CHAPITRE 6

Lundi (soirée)

POV Harry

Pour la énième fois, je me recoiffais devant le miroir de notre salle de bain. Il n'était que 23 h 30 mais je sentais déjà la nervosité me gagner.

Je ne sais pas ce qui m'énervait le plus, cette satanée tignasse indomptable ou le fait que j'avais l'air d'être une gonzesse se préparant pour assister à son premier rendez-vous.

J'avais évité de mettre un pyjama, d'une part parce que j'en avais que des ridicules avec des motifs enfantins et d'autre part, même si ma sortie ne ressemblait pas à un rendez-vous galant, je me devais, par respect pour mon égo, d'essayer de ressembler à quelque chose de désirable.

Je crois que c'est là que j'ai su que j'étais définitivement foutu.

Ron ronflait comme un bienheureux, Seamus avait déserté son lit pour celui de Dean et Neville était roulé en boule sous ses couvertures.

Au moins aucun d'entre eux ne me verrait sortir et je n'aurais pas d'excuses bidon à leur fournir.

J'attrapais ma cape et la glissais dans la poche arrière de mon pantalon satiné, noir, j'ouvrais un troisième bouton à ma chemise et tentais, de rassembler le peu d'amour propre qu'il me restait, planqué, entre le parfum dérobé subtilement à Seamus et mes chaussures vernies, celles qui crissaient sur le parquet ciré.

Minuit sonnaient et j'étais devant la porte de l'infirmerie. J'écoutais si du bruit me parvenait mais apparemment, j'étais encore une fois le seul à être en train d'errer dans les couloirs.

La porte grinça à peine et je me faufilais entre les lits, Michael n'était plus là et les rideaux autour du lit de Malefoy avaient disparus.

Il dormait comme un bébé, avec un peu de chance Pompom l'aura mis sous potion de sommeil et je serais libéré de toute contrainte.

- Malefoy, tu dors ?

- Non, je t'attendais Potter.

Et merde !

- Tu peux te lever et marcher ?

- Oui je ne suis pas handicapé.

- Continue et tu vas le devenir, marmonnais-je.

- Quoi ?

- Il faut vite partir.

- D'accord mais ne me touche pas ok, j'ai déjà beaucoup de mal à résister à ce putain de truc.

- Ma cape n'est pas si grande, on va être obligé de se frôler un peu.

- Il faut faire vite alors.

- Super, c'est ce que je me tue à te dire.

Il commençait déjà à m'exaspérer et on n'avait pas fait deux mètres.

La distance infirmerie-salle sur demande, fut un peu comme le parcours du combattant, semé d'obstacles en tous genres. Outre deux trois escaliers récalcitrant et un Rusard plus en forme que jamais, ne dormait-il donc jamais ? Il fut Jalonné d'une paire de claques, d'un coup de pied et deux trois réflexions désagréables.

Comme tue l'amour y'avait pas mieux, pas que je sois amoureux, non, mais bon j'allais coucher avec lui alors un peu gentillesse et de civisme n'allaient pas le tuer.

La salle sur demande nous donna une magnifique chambre avec salle de bain attenante. Le rêve pour un vrai couple et pour Malefoy aussi également, car il retrouva le sourire. Du moins jusqu'à ce qu'il me regarde et se souvienne de ma présence.

Il passa rapidement par la salle de bain et moi pendant ce temps-là, j'en profitais pour retirer mon pull, mes chaussures et mon pantalon.

Il reparut en boxer et tee-shirt et se hissa sur le lit.

- Je te préviens Potter, on fait ça vite fait bien fait ok ? On se libère de ce truc et on n'en parle plus jamais, on oublie.

- Comment es-tu au courant ?

- Par Blaise, tu crois vraiment que je t'aurais laissé me branler tout à l'heure et demandé de me baiser par plaisir ou parce que c'est toi ?

- Euh … non.

- Bien, allez fini de te dessaper.

- Et bien, soupirais-je, j'espère que je vais réussir à bander.

- Un petit problème Potter ?

- Contrairement à toi Malefoy je n'ai pas le feu au cul et il me faut un minimum de motivation pour bander.

- Désolé je n'ai pas pensé à amener de magazines porno, mais peut-être que la salle peut t'en fournir ?

- Ferme là Malefoy.

- Sinon quoi ? Me nargua-t-il.

- Sinon je … je.

- Tu quoi Potter ? Tu vas me faire taire en me fourrant ta queue dans la bouche ? Tu me diras vu sa taille actuelle je ne risque pas de m'étouffer.

En moins de temps qu'il faut pour le dire j'étais sur lui, tentant de lui faire ravaler sa morgue. Malheureusement, les gémissements qui lui échappèrent lors de mon assaut me firent vite perdre tous mes moyens et mon envie de l'envoyer ad patres.

- Tu verses dans le sado-maso Potter ?

- Ta gueule.

- Va s'y ferme la moi.

Là, mon sang ne fit qu'un tour, pour finalement se fixer plus au sud de mon anatomie.

Je lui arrachais son tee-shirt, baissais son boxer et jonglait entre mes différents appuis pour retirer le mien, sans à avoir à retirer ma bouche de la sienne.

Qui aurait pu croire qu'il embrassait si bien ? Pas moi je l'avoue, j'ignorais qu'une bouche capable de sortir autant d'insanités pouvait également procurer autant de plaisir et ce rien qu'en embrassant.

Nos corps se mouvaient l'un contre l'autre et Drago, dont j'avais lâché la bouche pour mordiller ses mamelons, poussait des petits couinements d'un érotisme torride. Comment voulait-il que je parvienne à oublier ce moment ?

Ma bouche descendait sur son ventre, suçant, léchant et mordillant cette peau diaphane et si tentante. Lui ouvrait les cuisses m'intimant à plus, me laissant accéder à son sexe tendu, lui aussi, de désir.

Il relevait son bassin par à coup et j'étais hésitant devant la marche à suivre.

- Suce-moi putain.

Il semblait que lui, n'avait aucune hésitation sur ce que je devais faire et comment le faire.

J'attrapais l'objet du délit à pleine main et lentement ma langue titilla la peau veinée mais pourtant d'une douceur incomparable.

Ses gémissements furent la motivation que j'attendais pour enfin oser l'engloutir dans sa quasi-totalité.

Mes lèvres glissaient de bas en haut, ma langue titillait et léchait, mes dents mordillaient doucement et ma main droite caressait l'intérieur de ses cuisses et venait parfois se perdre sur ses testicules.

Il ne tint pas longtemps et je n'eus pas le réflexe de me retirer avant l'éjaculation.

- Merde, jura-t-il, désolé.

- Ce n'est pas grave, répondais-je sincèrement.

- Merci, ajouta-t-il en m'attirant à lui et en me roulant la pelle de l'année.

Je crois que je n'oublierai jamais ses baisers et qu'ils deviendront ma référence pour juger ceux que je recevrais, d'autres, pour le reste de ma vie.

Ses mains glissèrent le long de mon dos pour ensuite venir agripper mes fesses. Je les sentais érafler ma peau et imprimer le mouvement que mon bassin appliquait contre le sien.

Je sentais un brasier m'irradier et un désir de le prendre, presque urgemment.

Nos sexes se frôlaient et les jambes de Drago encerclèrent mes reins intensifiant le contact.

- Prends-moi, gémit Drago.

- Il faut du lubrifiant.

- Trouve s'en, vite.

- Euh … oui.

Je me mis à y penser très fort en espérant que la salle m'en procure.

- Alors, ça vient ?

- Oui, fais-je avisant le flacon apparu sur la table de nuit.

Mes mains tremblaient et cela rendait l'opération, ouverture de flacon très difficile, pris entre l'excitation et ma nervosité je devenais maladroit.

- Je vais te mettre un doigt, d'accord ?

- Oui.

- Mets-toi sur le ventre.

Il se retourna et franchement le derrière valait largement le devant, j'appréciais sa chute de rein et la courbure très marquée par la naissance de ses fesses. L'envie de croquer dans cette chair charnue me fit rougir, et je me contentais de les caresser de ma main gauche tandis que mon majeur droit, enduit et luisant se frayait un chemin vers son antre encore inviolée.

Je n'eus aucune difficulté à le pénétrer, même si sa chair emprisonnait sans peine mon doigt celui-ci parvenait à coulisser en lui.

Mon excitation augmentait et je devais me contenir pour ne pas retirer mon doigt et lui mettre ma queue, quelque peu en manque d'action.

Lui il s'en fichait, je le suçais, le caressais, le léchais et il prenait son pied, moi pour l'instant j'attendais patiemment mon tour.

Je décidais d'accélérer le mouvement et fit couler un peu de lubrifiant entre ses fesses pour permettre d'enduire mon annulaire et le faire rejoindre mon premier doigt.

- Ça va ?

- Oh oui !

- Tu n'as pas trop mal ?

- Non.

- Je vais mettre un deuxième doigt.

- Va-s-y, gémit-il.

- Voilà je le rentre. Je force un peu car tu es un peu serré.

- Ta gueule.

- Quoi ?

- Tu me baises ou tu fais un reportage Potter ?

Il me les brisait sévère ce con, tant pis pour lui.

- Aie ! T'es malade.

- C'est ce que tu voulais Malefoy.

- Connard.

Tout sourire, je venais de faire baisser mon niveau de frustration.

Mes deux doigts s'activaient, élargissant son entrée. Je remarquais qu'il ne gémissait plus, malgré mon antipathie envers lui, ce constat était loin de me faire plaisir.

Je voulais qu'il prenne son pied, qu'il garde tout de même un bon souvenir de sa première fois, même si c'était avec moi.

- Détends toi, j'ai faire plus doucement.

Il opina en silence et je remuais mes doigts, les faisant sortir et entrer en rythme, n'hésitant pas à les pousser en maximum et à les écarter en lui.

Quand il poussa à nouveau des gémissements, je sus que je venais de trouver sa prostate.

J'ignorais s'il fallait que je continue, je ne voulais pas qu'il vienne juste avec mes doigts.

Aussi je les retirais, le faisant gémir de frustration.

- Retourne-toi Drago.

Il le fit sans rechigner et je découvris alors un Malefoy que je ne connaissais pas.

Se cheveux décoiffés, dont certaines mèches étaient collées sur son visage par la sueur, cachaient à peine ses joues rendues rouges par le désir et ses yeux perdus dans le vague.

Je ne pus m'empêcher de mordiller un de ses mamelons dressé par le désir, avant de fondre sur ses lèvres, carmines, d'avoir été mordillées à l'excès.

Je pouvais, à nouveau, sentir son sexe redevenu rigide venir se frotter contre le mien. Je rompais le baiser et me redressais pour me retrouver à genou entre ses cuisses.

J'attrapais ses jambes et les relevaient pour avoir accès à son intimité.

Je me sentais un peu empoté. Même si, en théorie, je connaissais par cœur la marche à suivre, la pratique, elle, laissait quelque peu à désirer.

Aussi je remerciais silencieusement Drago, quand il attrapa ses cuisses et les retint contre son torse.

J'avais la vue dégagée et j'étais excité comme jamais, mon sexe tressautait comme si il avait sa propre conscience et qu'il comprenait que le meilleur restait à venir.

Une main sur ses fesses, l'autre sur mon propre sexe je m'enfonçais lentement en lui. Je l'entendais glapir de plaisir ou de douleur, je crois que je préférais ne pas le savoir et restais concentrer sur ma queue, qui petit à petit disparaissait, engloutie par son cul, oh combien serré, mais pour autant très accueillant.

Il relâcha ses jambes qui prirent place à nouveau autour de ma taille et dont la pression fini de me faire m'enfoncer en lui.

Emprisonné, j'attendis que son visage se décrispe et qu'il me fasse comprendre que je pouvais commencer à me mouvoir en lui.

Son bassin parla pour lui, lorsque consciemment ou pas, il remua faisant coulisser légèrement mon sexe.

Je me reculais alors, pour mieux venir me renfoncer dans son cul, chaud, étroit. En cet instant j'étais fier, fier d'être le premier, parce que je savais que peu importe ce qu'il pourrait en dire, ce moment resterait graver dans sa mémoire pour la vie. Et savoir que c'était moi, m'enorgueillis.

On vint presque en même temps, lui entre nous, moi en lui.

J'avais joui en lui, je l'avais marqué d'un peu de moi-même.

J'aurais pu trouver cela ironique, le grand et fier Malefoy, baisé par son pire ennemi. J'aurais pu si en ce moment même, je n'étais pas aussi ému. J'avais aimé faire cela avec lui et le pire c'est que je pourrais recommencer s'il me le demandait.

A suivre …